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	<title>CULTURE - MovieRama - Nouvelles images, Nouvelles critiques</title>
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	<description>Nouvelles Images, Nouvelle Critique</description>
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	<title>CULTURE - MovieRama - Nouvelles images, Nouvelles critiques</title>
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		<title>Christopher Nolan : Histoire, mémoire, magie et rêves</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Jul 2023 08:37:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Avec Oppenheimer, Christopher Nolan s&rsquo;attaque pour la première fois véritablement à l&rsquo;Histoire et au réel le plus brûlant, celui de la bombe atomique. Certes, il avait déjà réalisé Dunkerque sur le débarquement en Normandie lors de la Seconde Guerre Mondiale, mais l&rsquo;avait transformé en exercice de style sur le film de guerre, considérant les divers éléments (eau, terre, air) avec des données temporelles distinctes. Cette fois-ci, il se confronte via la forme du biopic à toute la densité existentielle d&rsquo;un être humain ayant réellement existé, après tant de détours par la fiction. Cette rencontre avec le réel devait fatalement avoir lieu. On peut même ajouter qu&rsquo;à l&rsquo;alternance Trilogie Dark Knight et films plus personnels, a succédé une autre alternance entre des films de genre (Interstellar, Tenet) et des films sur l&rsquo;Histoire (Dunkerque, Oppenheimer). C&rsquo;est l&rsquo;occasion de revenir sur toute l&rsquo;oeuvre de Christopher Nolan, film par film, en s&rsquo;apercevant qu&rsquo;il a créé l&rsquo;événement, presque à chaque fois.  </strong></p>



<p><strong>David Speranski</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Following : la matrice de l&rsquo;oeuvre </h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Following-19173356lpw-19173456-article-jpg_6402404_980x426-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-29600" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Following-19173356lpw-19173456-article-jpg_6402404_980x426-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Following-19173356lpw-19173456-article-jpg_6402404_980x426-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Following-19173356lpw-19173456-article-jpg_6402404_980x426-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Following-19173356lpw-19173456-article-jpg_6402404_980x426-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Following-19173356lpw-19173456-article-jpg_6402404_980x426.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Certains critiques peuvent écrire sans états d&rsquo;âme « <em>Nolan n&rsquo;est pas un grand cinéaste</em>« . Ils feraient bien de (re)voir <strong>Following</strong>. En seulement soixante-dix minutes, l&rsquo;auteur d&rsquo;<strong>Oppenheimer</strong> prouve qu&rsquo;il est du moins un cinéaste-né. Il lui suffit d&rsquo;une minute pour nous accrocher définitivement jusqu&rsquo;à la fin du film. « <em>Ce qui suit est ma version, ou plutôt l&rsquo;histoire de ce qui s&rsquo;est passé »</em>. Le film est à peine commencé que Nolan nous oblige à nous demander de quelle histoire ou version le personnage parle, pourquoi trois lignes temporelles s&rsquo;entrelacent, en étant identifiées par l&rsquo;état physique du personnage (cheveux mi-longs et mal rasé, ou bien en complet cravate ou encore le visage tuméfié), ce qui peut bien expliquer le passage de l&rsquo;une à l&rsquo;autre. </p>



<p>Bill, chômeur qui rêve d&rsquo;être écrivain, essaie de retrouver l&rsquo;inspiration en suivant des inconnus, sans but mercantile ou visée sexuelle, simplement pour imaginer leur vie. Il croise un jour Cobb un cambrioleur qui s&rsquo;introduit dans la maison des gens et bouleverse ainsi leur quotidien. Il va devenir son ombre, son double, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il s&rsquo;aperçoive qu&rsquo;il est en fait le jouet d&rsquo;une machination diabolique&#8230;</p>



<p>Dans <strong>Following</strong>, tout est déjà là. Le premier plan sur des mains enfilant des gants, celles d&rsquo;un voleur qui pourraient aussi bien être celles d&rsquo;un magicien, d&rsquo;un maître des illusions. Les fétiches : une photo collée trois fois sur un mur, celle du sourire de Jack Nicholson dans Shining, lorsqu&rsquo;il tente d&rsquo;enfoncer une porte fermée à coups de hache, représentant l&rsquo;admiration indéfectible pour Stanley Kubrick (Nolan présentera à Cannes la version restaurée de <strong>2001</strong>) ;  un autocollant affiché sur une porte, celui du logo de Batman, annonçant avec des années d&rsquo;avance la trilogie <strong>Dark Knight</strong>. Le jeu avec le temps, comme dans Oppenheimer, le personnage principal, Bill, étant représenté trois fois à des moments différents de l&rsquo;histoire, et la narration entrelaçant ces trois moments, de manière faussement  aléatoire et rigoureusement précise. Le personnage de femme sacrifiée, la Blonde, figure de femme fatale, n&rsquo;existant qu&rsquo;en fonction des desideratas et des développements des figures masculines, tout comme ce sera le cas pour Kitty et Jean Tatlock dans <strong>Oppenheimer</strong>. La thématique du double, Bill et Cobb étant deux faces d&rsquo;une même pièce et Bill fusionnant dans l&rsquo;imitation de son modèle, en devenant son ombre, sa réplique parfaite. La manière dont Nolan fait comprendre, en même temps qu&rsquo;il avance dans son histoire, la structure de sa narration, faisant participer le spectateur activement à la construction de son film. </p>



<p>Tout est déjà là, Par manque d&rsquo;argent, Christopher Nolan a tourné son film tous les week-ends, par petits bouts, accumulant les prises pour un résultat bluffant de maîtrise. On souhaite à tous les grands cinéastes de pouvoir en faire autant. </p>



<p><strong>David Speranski </strong></p>



<p></p>



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<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Memento :  mémoire en miroir </h2>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="740" height="380" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Memento.jpg" alt="" class="wp-image-29566" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Memento.jpg 740w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Memento-300x154.jpg 300w" sizes="(max-width: 740px) 100vw, 740px" /></figure>



<p></p>



<p>Leonard Shelby (Guy Pearce) enquête sur le meurtrier de sa femme, un certain John G., celle-ci étant morte asphyxiée suite à un cambriolage qui aurait mal tourné. Mais après avoir reçu un coup sur la tête, Leonard a perdu la mémoire immédiate des choses – êtres et évènements – si bien qu&rsquo;il doit tout noter et ne se sépare jamais d&rsquo;un polaroïd avec lequel il prend en photo les personnes avec lesquelles il entre en relation, agrémentées à chaque fois d&rsquo;un commentaire positif ou négatif selon les circonstances. Il va jusqu&rsquo;à se faire tatouer sur le corps certains faits et/ou informations qu&rsquo;il recueille au cours de son enquête. Une enquête troublante au travers de la mémoire d&rsquo;un homme en quête du meurtrier de sa femme comme il l&rsquo;est de sa propre identité.</p>



<p>Comme nombre de films de Christopher Nolan,&nbsp;<strong>Memento</strong>&nbsp;se prête à un jeu de reconstruction de l&rsquo;intrigue de la part du spectateur. Il s&rsquo;agit de reconstituer le puzzle d&rsquo;un récit explosé, dont les éléments sont disséminés à travers la diégèse; à l&rsquo;image du corps de Leonard traversé par des tatouages constituant autant de faits et d&rsquo;indices relevant de son enquête, en fait la nôtre – ou si l&rsquo;on préfère, celle du spectateur – en quête de l&rsquo;identité du meurtrier. Particularité du film de Nolan, les évènements nous sont présentés selon un ordre chronologique inverse, de la fin de l&rsquo;intrigue à son début. Séquence en couleurs entrecroisée avec une séquence chronologique en noir et blanc qui suit l&rsquo;ordre temporel « normal » au cours de laquelle Leonard mène une conversation téléphonique avec un inconnu et où il nous fait le récit d&rsquo;une autre enquête, celle qu&rsquo;il a menée pour le compte d&rsquo;une compagnie d&rsquo;assurances au cours de laquelle il a dû investiguer sur le cas d&rsquo;un certain Sam Jenkis, soupçonné de simuler le désordre mental dont il souffre, à savoir le même mal de perte de la mémoire immédiate dont souffre Leonard. Et les deux séquences d&rsquo;alterner au montage.</p>



<div class="wp-block-group is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow"><div class="wp-block-group__inner-container">
<p>Comme si la vérité oscillait sans cesse d&rsquo;un extrême à l&rsquo;autre et que chaque personnage devait tantôt attirer notre sympathie pour l&rsquo;instant d&rsquo;après inspirer notre dégoût et/ou notre répulsion, en un jeu de miroirs réfléchissants qui met mal à l&rsquo;aise un spectateur déboussolé privé des repères habituels du polar – sentiment de malaise que partage ce dernier avec le personnage principal.</p>
</div></div>



<p>Du parallélisme trouble entre Leonard et Jenkis se rapprochent les effets dus à une caractérisation ambiguë et souvent réversible des personnages: l&rsquo;ami dont il faut se méfier – Teddy – faisant pendant à la serveuse désespérée saisissant l&rsquo;opportunité du mal dont souffre Leonard pour régler ses problèmes personnels – Natalie. Comme si la vérité oscillait sans cesse d&rsquo;un extrême à l&rsquo;autre et que chaque personnage devait tantôt attirer notre sympathie pour l&rsquo;instant d&rsquo;après inspirer notre dégoût et/ou notre répulsion, en un jeu de miroirs réfléchissants qui met mal à l&rsquo;aise un spectateur déboussolé privé des repères habituels du polar – sentiment de malaise que partage ce dernier avec le personnage principal. Personnages qui manipulent sciemment Leonard dans un but d&rsquo;intérêt personnel, auquel nous nous identifions d&rsquo;autant plus facilement qu&rsquo;en raison de la façon dont est structuré le récit, nous n&rsquo;en savons pas plus – ni moins – &nbsp;que lui sur ce qui s&rsquo;est passé juste avant. Du moins jusqu&rsquo;à un certain point. Car au fur et à mesure que le film avance se reconstruit une globalité – celle de l&rsquo;intrigue dans sa totalité – à laquelle nous sommes seuls à avoir accès.</p>



<p>Et l&rsquo;enquête que nous menons dès lors porte plutôt sur l&rsquo;identité du personnage principal, objet du film, tant les lacunes de sa mémoire nous interrogent sur ce qui le constitue en tant qu&rsquo;être humain – seules quelques bribes de souvenirs sous forme de flashes nous parviennent de sa vie passée avec son épouse.&nbsp; L&rsquo;identité de Leonard est celle que construit le récit&nbsp;<em>a posteriori</em>&nbsp;des aventures de Leonard, ou plutôt celle que ce dernier reconstruit à partir des indices et des faits qu&rsquo;il recueille. Le film pose la question de savoir de quelle marge de liberté dispose alors le récit enfermé dans la structure close d&rsquo;un passé qui revient à lui comme on revient à sa source. La réponse est une belle démonstration de toute la liberté possible que confère l&rsquo;imagination à un créateur tout-puissant. Le personnage de Leonard n&rsquo;est qu&rsquo;un double de Christopher Nolan.</p>



<p><strong>Sébastien Lamothe  </strong></p>



<p></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Insomnia : une obsession de justice</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="696" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/in-1024x696.jpg" alt="" class="wp-image-29393" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/in-1024x696.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/in-300x204.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/in-768x522.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/in-1536x1044.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/in-770x524.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/in-1400x952.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/in-1320x898.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/in.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Après <strong>Following, le suiveur </strong>et <strong>Memento</strong>, Christopher Nolan réalise<strong> Insomnia</strong>, un thriller intense réunissant deux grands acteurs du cinéma américain, Robin Williams et Al Pacino. Avec le récit d’un duel psychologique violent entre un tueur narcissique et un inspecteur obsédé par la soif de justice, le cinéaste récite brillamment ses gammes, montant encore en puissance, dans un film où son style commence à s’affiner, avec une ambiance tendue où&nbsp;le corps et l’esprit sont mis à rude épreuve. Bien que ce film prenne des allures de polars, il contient certains éléments caractéristiques du travail de Christopher Nolan, dont la cinématographie est souvent imprégnée de violence, de rapport au temps ou de souffrances physiques, d’une description d&rsquo;âmes humaines prises dans un tourbillon de confusion. Comme la plupart de ses autres productions, ce long-métrage ne mise pas sur un cinéma grandiose ou spectaculaire, mais sur la psychologie travaillée de ces deux personnages, mélange de perversité, de narcissisme et d’obsession. <strong>Insomnia</strong>, œuvre de qualité, permet de mieux comprendre ce qu’est le cinéma du réalisateur d’<strong>Interstellar</strong>, avec deux acteurs au sommet, dont un Robin Williams inquiétant.&nbsp;</p>



<p>D’une froideur glaciale, d’une violence angoissante et suggérée,<strong> Insomnia </strong>plonge dans les abîmes du polar, pour en faire ressortir un affrontement plein de tension, où la recherche de la vérité se transforme en véritable quête obsédante. Dans cette traque palpitante, un policier se trouve malmené par un manque de discernement, qui le conduit à perdre un peu le contrôle de son esprit, tout en enquêtant sur un crime sordide perpétré par un pervers psychopathe.</p>



<p>En effet, Christopher Nolan n’a aucunement l’intention de raconter une histoire classique de tueur en série, à la manière d’un David Fincher, le thriller ne faisant pas partie intégrante de son cheminement cinématographique. En réalité, ce qui nourrit sa pensée réside dans la psychanalyse de son personnage principal, un policier troublé par une accusation de l’Inspection Générale, venant en aide à une jeune inspectrice dans le cadre du meurtre d’une lycéenne. Comme dans <strong>Memento</strong>, il s’agit plus d’une plongée dans les mécanismes de l’esprit. Ainsi, <strong>Insomnia </strong>s’éloigne d’un polar standard pour décrire les failles psychiques d’une personnalité tourmentée. Les soucis de cet homme mettent alors à mal ses facultés de réflexion, dans une affaire grave plongeant une région désertique dans le chaos et l’insécurité. Christopher Nolan continue de réfléchir sur le fonctionnement psychique, avec son lot de troubles et de perturbations. Al Pacino campe un homme vêtu d’une veste de cuir noir se retrouvant rapidement dans une enquête criminelle qui, peu à peu, le ronge, le dévore, dévoilant ses faiblesses. Loin des caractéristiques habituelles du policier, ce personnage est encore un exemple de cette volonté d’expliciter sur les confusions de l’âme humaine, que Nolan sait retranscrire. Dès le début, tous les protagonistes nous sont présentés comme des hommes perdus dans leurs fonctions, cherchant dans la résolution de ce crime un moyen de retrouver un professionnalisme disparu, sauf ce Will Dormer, sûr de lui et qui va s’investir pleinement dans l’enquête. Pourtant, celui-ci va progressivement sombrer dans une forme de souffrance, touché par des insomnies persistantes altérant ses capacités. C’est là que Nolan joue avec nos nerfs, également celui de son personnage diminué par une fatigue grandissante, dans une atmosphère froide et sombre.&nbsp; Le scénario argumente sur ces tendances insomniaques, celles-ci devenant un autre adversaire coriace, avec bien sûr la présence d&rsquo;un tueur manipulateur et organisé. Dans <strong>Insomnia</strong>, les défaillances se révèlent plus importantes que le duel, et l’environnement montagnard et glacial ne fait que les augmenter. L’autre protagoniste est bien ce milieu naturel, à une époque où le soleil ne se couche pas, favorisant les insomnies, preuve que Nolan utilise ce décor comme  déclencheur du déclin physique.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Insomnia</strong> s’amuse à rentrer dans le fonctionnement du cerveau d’un homme désabusé, affrontant un ennemi pervers. Personnage purement nolanien puisque perturbé par une affaire passée (on l’a aussi vu dans <strong>Memento</strong>), ce Will Dormer rentre dans le piège de la manipulation orchestrée par un Walter Finch profitant de la situation pour s’en sortir. De ces insomnies découle un déséquilibre palpable et un récit surprenant proposant de multiples possibilités et directions, allant vers une fin indécise où tout est possible. Robin Williams interprète parfaitement ce tueur finissant par prendre une ascendance psychologique et tirant profit de la déchéance physique. Christopher Nolan filme une opposition violente, mais contrastée, jouant sur cet équilibre instable. Toutefois, <strong>Insomnia</strong> ne propose pas qu’une lutte, mais se concentre surtout sur ce manque de sommeil conduisant Will à tuer involontairement son collègue dans une brume épaisse. On peut considérer qu’il existe dans ce film une forme de distorsion du réel, d’une déformation de la réalité touchant la perception et les capacités cognitives de cet inspecteur chevronné, ce rapport au temps et à l’espace que nous verrons dans d’autres films comme <strong>Inception </strong>ou<strong> Tenet</strong>. Même si <strong>Insomnia</strong> reste différent de ces deux films, on peut néanmoins y voir cette évocation d’un réel troublé par un épuisement psychique, surtout par une nature hostile contribuant fortement à cet état de fatigue, dans une région à la permanente luminosité. Avec sa mise en scène, Christopher Nolan met en scène un homme physiquement touché. Les plans rapprochés expriment la douleur d’un personnage face à une lumière aveuglante, et l’ensemble permet au spectateur de rentrer dans ce schéma obsédant, cette envie de justice. Cependant, l’œuvre gagne en qualité une fois que les deux personnages se rencontrent, et que l’écriture insiste sur le rapport de force déséquilibré, entre domination et mental détruit. Dès lors,<strong> Insomnia </strong>bascule dans une sorte de jeu entre un policier et un meurtrier, un duel psychologique où la faiblesse devient finalement une force pour mettre fin à la folie meurtrière. Dans le rôle de Walter Finch, Robin Williams impressionne encore, alors qu’il avait déjà tourné <strong>Photo obsession</strong> en 2001. Avec ce film, le metteur en scène valide son entrée dans la cour des plus grands, avant de s’atteler à la réalisation de sa trilogie sur <strong>Batman</strong>.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Sylvain Jaufry</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Batman Begins : la fêlure sous le masque</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/batman-begins-template-images-jdg-pptx9-1-7-1024x682.webp" alt="" class="wp-image-29576" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/batman-begins-template-images-jdg-pptx9-1-7-1024x682.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/batman-begins-template-images-jdg-pptx9-1-7-300x200.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/batman-begins-template-images-jdg-pptx9-1-7-768x511.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/batman-begins-template-images-jdg-pptx9-1-7-360x240.webp 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/batman-begins-template-images-jdg-pptx9-1-7-720x480.webp 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/batman-begins-template-images-jdg-pptx9-1-7-770x513.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/batman-begins-template-images-jdg-pptx9-1-7-1320x879.webp 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/batman-begins-template-images-jdg-pptx9-1-7.webp 1400w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Batman est un personnage iconique maintes fois interprété à l’écran, aussi bien sur le petit que sur le grand, en live action ou en animé. Mais parmi toutes ces représentations, seuls deux films et une série animée sortent véritablement du lot: le dyptique <strong>Batman / Batman le défi </strong>réalisé par le génie décalé Tim Burton et la série animée en découlant de Bruce Timm et Paul Dini.</p>



<p>En dehors de ces adaptations particulièrement sombres, les dernières itérations du Chevalier Noir orchestrées par Joel Schumacher à la fin des années 90 n’étaient que de vastes blagues potaches sous LSD. Toute la violence réaliste, sombre et froide du personnage avait disparu au profit d’une psychologie de pacotille et de personnages tous plus débiles les uns que les autres. Alors quand, en 2005,&nbsp; sort sur les écrans <strong>Batman Begins</strong>, les spectateurs sont en droit d’avoir quelques appréhensions.</p>



<p>Son réalisateur, un Anglais seulement connu pour un très bon thriller à petit budget et au montage tordu (<strong>Memento</strong>) et une première grosse production avec deux têtes d’affiche qui n’a pas trouvé son public (<strong>Insomnia</strong>), n’est pas forcément rassurant… Cela l’est encore moins, quand on apprend qu’il a décidé d’écrire lui-même (avec l’aide de son frère) le scénario en s’appuyant en partie sur un roman graphique de Frank Miller&nbsp;: <strong>Batman&nbsp;: Année Un</strong>. Un bon épisode qui retrace les tout débuts du personnage, mais peu commercial et réservé aux fans hardcore.</p>



<p>Alors, un réalisateur qui doit encore faire ses preuves sur une grosse machine, un scénario original écrit de sa main et s’appuyant sur une vision nouvelle et décalée d’un monument de la culture populaire&nbsp;: cela semblait plus qu’osé&nbsp;!</p>



<p>Et pourtant, quelle claque&nbsp;! Ce film a tout bousculé et a créé un nouveau mythe, une nouvelle façon de représenter les super-héros&nbsp;: à la fois réaliste, sombre et violente, sans artifice, à la réalisation chirurgicale. Le scénario de Nolan pose les bases d’une future trilogie qui changera tout, aussi bien pour le petit que le grand écran&nbsp;: il suffit de voir les séries <strong>Daredevil</strong>, <strong>The Punisher</strong> ou encore <strong>The Boys</strong> pour se rendre compte de l’influence de <strong>Batman Begins</strong>.</p>



<p>Nolan, non content de réhabiliter le Chevalier Noir, devient avec ce film et ceux qui suivront, le créateur d’un nouveau genre de cinéma&nbsp;: le blockbuster intelligent&nbsp;!</p>



<p>En effet, depuis la création par Steven Spielberg en 1975 du film qui «&nbsp;casse la baraque en période estivale&nbsp;», le blockbuster est devenu au fil des ans une machine à fric, sans âme et sans intérêt. Mais, 40 ans plus tard, l’arrivée de cet Anglais en costume trois pièces, qui impose son contrôle total sur ses œuvres, rend ses lettres de noblesse au genre, et le plaisir coupable devient alors plaisir tout court.</p>



<p>Il faut dire que<strong> Batman Begins</strong> est avant tout une suite de bonnes idées. Tout d’abord un casting royal, composé de Christian Bale dans le rôle éponyme, soutenu par Michael Caine en un Alfred Pennyworth splendide et touchant et un Gary Oldman en Gordon pas encore commissaire&nbsp;!&nbsp; Et que dire du grand Liam Neeson en méchant de service plus ambigu et charismatique que jamais&nbsp;? La qualité de l’interprétation et la direction d’acteurs sont fabuleuses mais ne sont pas en reste face à une réalisation au cordeau, efficace et toujours lisible où les effets spéciaux numériques sont réduits à la portion congrue. C’est du cinéma à l’ancienne tout en étant ultra moderne et cela fait un bien fou.</p>



<p>Le spectateur, tout au long des 2h20 que dure le film, ne verra pas le temps passer et en aura pour son argent, aidé en cela par une musique grandiose et lyrique du plus bel effet due au duo Hans Zimmer et James Newton Howard. Pourquoi deux grands compositeurs pour un seul film&nbsp;? De l’aveu même de Zimmer qui devait, au départ, signer seul la BO, son style était parfait pour les grandes scènes d’action mais pas pour les moments plus intimistes. D’où cette idée de partager la baguette avec un collègue dont la renommée pour ce type de musique n’est plus à faire. Et force est de reconnaître que le résultat est superbe&nbsp;!</p>



<p>Toutefois, tout n’est pas rose pour autant. Ce film possède de nombreuses qualités, mais aussi un défaut majeur, qui aurait pu tout gâcher&nbsp;: Katie Holmes&nbsp;! Comment un film parfait à tous les niveaux de réalisation, d’écriture, et de musique, peut-il commettre l’irréparable en proposant le rôle si important de Rachel Dawes,&nbsp; l’amour de jeunesse de Bruce Wayne, à une actrice aussi médiocre&nbsp;? Heureusement, Nolan ne commettra pas une deuxième fois la même erreur, et Holmes sera tout bonnement remplacée par Maggie Gyllenhal dans le deuxième opus, pour le bien de tous. Ouf&nbsp;! Il faut bien avouer qu’elle faisait un peu tâche dans le décor&#8230;</p>



<p>Nolan, nous présente ici sa version du&nbsp;Batman. Il en fait&nbsp;un personnage schizophrène et complexe, dont le sens aigu de la justice le sauve de justesse de la folie. Ce n’est pas juste un super-héros tout lisse, sans reproches, sans faiblesses et sans défauts. Il doit vivre avec de profondes cicatrices, frôlant constamment le bord d’un gouffre insondable. A maintes reprises il est tenté d’y plonger tête la première. Mais son sens du devoir, de la responsabilité qu’il a envers les gens qui ne peuvent se défendre seuls, finissent toujours par le faire revenir à la raison.</p>



<p>Cette dichotomie dans le personnage fascine autant qu’elle terrifie et nous renvoie à nos propres peurs. Ces phobies que tout un chacun tente tant bien que mal de dissimuler derrière un masque, social cette fois-ci.</p>



<p><strong>Thomas Artemniak </strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Le Prestige : Ars Poetica </h2>



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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="960" height="540" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/LE-PRESTIGE-5455735.webp" alt="" class="wp-image-29603" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/LE-PRESTIGE-5455735.webp 960w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/LE-PRESTIGE-5455735-300x169.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/LE-PRESTIGE-5455735-768x432.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/LE-PRESTIGE-5455735-770x433.webp 770w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></figure>



<p></p>



<p>Après le triomphe de <strong>Batman Begins</strong>, son premier grand succès, Christopher Nolan a les mains libres. Il en profite pour mettre en scène à la fois sa première adaptation littéraire et son premier film d&rsquo;époque. Dit comme cela, on pourrait craindre que Nolan soit guetté par l&rsquo;académisme qui a souvent étouffé ce type de film. Bien au contraire, par ses choix de mise en scène radicaux, caméra à l&rsquo;épaule, éclairage naturel, montage cut,<strong> Le Prestige</strong> ne ressemble absolument pas à un film d&rsquo;époque et semble rendre compte de la période victorienne, comme si elle s&rsquo;était déroulée la veille, parvenant à rendre justice à son ébullition intellectuelle. Il n&rsquo;a pourtant pas remporté un grand succès au box-office. En dépit ou à cause de son côté avant-gardiste, il est resté un film méconnu, Néanmoins, pour la plupart des spécialistes de Christopher Nolan, c&rsquo;est sans doute son plus beau film, jusqu&rsquo;à <strong>Oppenheimer</strong>, celui où il se permet de révéler son <em>ars poetica</em>. « <em>Pour moi, Le Prestige résume bien le cinéma, Cela résume bien ce que je fais. L&rsquo;objectif est également de suggérer au public certaines des idées selon lesquelles le film dévoile lui-même sa narration aux spectateurs. Nous voulons que les gens soient conscients de l&rsquo;effet que le film exerce sur eux à mesure qu&rsquo;il progresse devant eux</em>« .   </p>



<p>Dans <strong>Le Prestige</strong>, Nolan se penche sur la rivalité existant entre deux magiciens, Le Grand Danton et Alfred Borden, à l&rsquo;époque victorienne, à Londres. Cette rivalité jusqu&rsquo;à la mort ira jusqu&rsquo;à présenter des numéros de magie concurrents, se piquer des secrets ainsi que des femmes&#8230;</p>



<p>Ce qui est frappant, lorsque l&rsquo;on revoit le film, c&rsquo;est que Nolan se permet de traiter à égalité des magiciens comme des scientifiques. Il suffit de voir quelques films de Nolan, en particulier celui-ci, pour se rendre compte que la magie et la science sont des éléments consubstantiels et indissociables du pouvoir immense du cinéma sur les spectateurs. Avec Christopher Nolan, il ne s&rsquo;agit pas seulement de raconter une bonne histoire mais de se trouver au coeur de ce qui fait la magie du cinéma, un mélange de science et d&rsquo;illusion. Ainsi <strong>Le Prestige</strong> n&rsquo;est pas seulement une simple histoire de concurrence entre deux magiciens doués, mais une vision métaphorique du cinéma, un mixage entre artifice et naturel. D&rsquo;une certaine manière, <strong>Le Prestige</strong> peut être considéré comme une transposition de l&rsquo;émulation existant entre les deux frères Nolan, Christopher et Jonathan, essayant de réussir chacun le plus beau tour cinématographique.  </p>



<p>D&rsquo;un côté, la croyance en la magie comme réalisation d&rsquo;une illusion en trois parties, la Promesse, montrer quelque chose d&rsquo;ordinaire, le Tour, prendre quelque chose d&rsquo;ordinaire et lui faire faire quelque chose d&rsquo;extraordinaire, et enfin le Prestige, car « <em>faire disparaître quelque chose ne suffit pas, il faut le ramener</em>« . De l&rsquo;autre, une duplication par la science, via l&rsquo;invention de Nikola Tesla, premier personnage historique de scientifique représenté par Nolan, bien avant Oppenheimer (en vedette invitée, rien moins que David Bowie) qui va donc multiplier les êtres pour faire croire à un prodige qui n&rsquo;a pourtant rien de magique mais se révèle bien réel. Le cinéma selon Nolan procède des deux, à la fois fantasmagorie où l&rsquo;on cache l&rsquo;essentiel et procédé scientifique qui va créer de nouvelles réalités grâce à des effets spéciaux. </p>



<p>Christopher Nolan n&rsquo;a peut-être jamais exploré autant qu&rsquo;ici sa thématique du double : réalité naturelle ou duplication scientifique. Cette thématique se trouve au coeur du principal numéro de magie, attraction ultime, que se disputent Angier et Borden, L&rsquo;Homme transporté, faisant rêver le spectateur sur la possibilité d&rsquo;ubiquité. Comment être à la fois ici et ailleurs? Selon les deux méthodes, l&rsquo;art est aussi question de sacrifice : d&rsquo;un côté, répartition équitable dans la vie privée ou de l&rsquo;autre, mort par noyade concomitante à une résurrection par l&rsquo;électricité. Il s&rsquo;agit par un pacte faustien passé avec soi-même à sacrifier des animaux, du temps, des femmes, voire même sa propre vie. </p>



<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;exprime Christopher Nolan dans <strong>Le Prestige</strong>, et que l&rsquo;on a assez peu décelé, déchiffré, décrypté : le cinéma, comme la magie, est avant tout affaire de sacrifice. Si l&rsquo;on n&rsquo;est pas près d&rsquo;y sacrifier sa vie, l&rsquo;art qui en résultera sera de peu d&rsquo;intérêt. </p>



<p><strong>David Speranski</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">The Dark Knight &#8211; Le Chevalier noir<strong> </strong>: tout est chaos </h2>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="512" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/the-dark-knight-tf1-comment-heath-ledger-a-prepare-son-role-du-joker-1024x512.jpg" alt="" class="wp-image-29582" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/the-dark-knight-tf1-comment-heath-ledger-a-prepare-son-role-du-joker-1024x512.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/the-dark-knight-tf1-comment-heath-ledger-a-prepare-son-role-du-joker-300x150.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/the-dark-knight-tf1-comment-heath-ledger-a-prepare-son-role-du-joker-768x384.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/the-dark-knight-tf1-comment-heath-ledger-a-prepare-son-role-du-joker-770x385.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/the-dark-knight-tf1-comment-heath-ledger-a-prepare-son-role-du-joker-1140x570.jpg 1140w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/the-dark-knight-tf1-comment-heath-ledger-a-prepare-son-role-du-joker.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>The Dark Knight</strong> fait suite à <strong>Batman Begins</strong>, en proposant toujours une vision réaliste du justicier. Sorti en 2008 après <strong>Begins </strong>en 2005 et <strong>Le Prestige</strong> en 2006, <strong>The Dark Knight</strong> offre une vision sombre de l’avancement du projet Batman de Bruce Wayne.</p>



<p>Après avoir établi les origines du super-héros, son affrontement contre Ra’s al Ghul et porté un message d’espoir aux habitants de Gotham dans <strong>Begins</strong>, Batman affronte son némésis et sa vision du chaos dans la suite. C’est donc le Joker (campé par Heath Ledger ) l’antagoniste principal de ce volet, épaulé par une apparition de l’Epouvantail (interprété par Cillian Murphy) ainsi que par Harvey Dent/Double-Face (Aaron Eckhart) qui mettront à mal le Chevalier Noir dans ce film.</p>



<p>Alors que le premier volet se concentrait sur l’entraînement de Bruce Wayne et les notions de peur et de symbole que pouvait inspirer la venue du justicier dans la ville de Gotham à ses habitants, Nolan préfère se libérer de ces acquis et se concentre plutôt sur la descente aux enfers que provoque le Joker. Ici pas de bienséance, c’est la terreur, la folie et le désespoir qui s’abat sur la ville à mesure que l’histoire se déroule. Cette aura malfaisante est portée par l’arrivée du Joker en ville, qui mettra en mauvaise posture le justicier et les forces de l’ordre, tout en tenant en laisse les familles des mafias de la ville en peu de temps. Tout ce qui intéresse le Joker est de faire ce qu’il lui plait, sans pour autant avoir de plan à l’avance.</p>



<p>Tout ceci est fait dans l’optique de remettre le Batman en question. Si son arrivé a pu calmer certains des malfrats de la ville de peur de le croiser, d’autre n’en ont rien à faire et voient justement son arrivée comme une opportunité. C’est dans ce contexte que les forces de l’ordre tentent de faire régner la justice dans Gotham.</p>



<p>Ce rapport à la justice est représenté par le trio Batman-Gordon-Dent dans le film, qui tentera de faire équipe pour éradiquer la mafia de Gotham.</p>



<p>Malheureusement avec le Joker rien n’est simple, et il montrera à Batman qu’il ne suffit de pas grand-chose pour détourner le plus droit des hommes du bon chemin. C’est ce qui arrivera avec Dent lors du dernier tiers du film. Tiraillé entre amener les malfrats devant le tribunal et rendre justice lui-même, Dent perdra la raison après un évènement déclenché par le Joker et qui le fera devenir Double-Face, passant alors le reste de son temps à décider du sort de ses ennemis en tirant à pile ou face avec une pièce.</p>



<p>Ainsi Nolan met plus en avant les antagonistes que Batman lui-même dans ce film, même s’il a le droit aussi à son arc narratif. Est-il bon pour la ville de continuer son rôle de justicier, doit-il raccrocher le costume, ou même transmettre ses idéaux à quelqu’un ? Toutes ces questions hanteront Bruce Wayne à travers le film.</p>



<p>Mais si on ne devait retenir qu’une chose de ce film serait surement la prestation de Heath Ledger en Joker. Véritable tsunami à l’époque, Ledger a proposé sa version du personnage, complètement différente de celles proposées par Jack Nicholson et César Romero, ici nous avons le droit à un Joker anarchiste, ne voulant qu’une chose&nbsp;: le chaos. Tellement terrifiant dans son rôle que pour l’anecdote, dans la scène du gala pour Harvey Dent où le Joker fait irruption, Michael Caine, tellement abasourdi par la prestance de Ledger lors de son arrivée, en oublie ses dialogues et reste muet. Ce n’est que récemment que le personnage du Joker a pu renaître sur grand écran, dans une version lui faisant honneur, avec Joaquin Phoenix dans le film <strong>Joker </strong>(la version de Leto ne compte pas).</p>



<p><strong>The Dark Knight</strong> a donc posé les bases de ce que sera une des variantes du genre super- héroïque pour la décennie à venir. Un film sombre, réaliste et incroyablement réalisé et ayant un casting parfait, le tout porté par une musique de Hans Zimmer et James Newton Howard. Le scénario et les nombreux dialogues font honneur aux personnages et leur proposent un développement comme rarement vu auparavant dans ce registre de film. Un film qui reste, encore aujourd’hui pour de nombreuses personnes, comme la meilleure adaptation des aventures du Chevalier Noir sur grand écran.</p>



<p><strong>Quentin Eluau </strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Inception<strong> </strong>:<strong> </strong>le pouvoir des rêves </h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="580" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/INCEPTION-1200x680_19439303.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-1024x580.webp" alt="" class="wp-image-29607" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/INCEPTION-1200x680_19439303.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-1024x580.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/INCEPTION-1200x680_19439303.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-300x170.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/INCEPTION-1200x680_19439303.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-768x435.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/INCEPTION-1200x680_19439303.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-770x436.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/INCEPTION-1200x680_19439303.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.webp 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>François Truffaut tournait son prochain film contre le précédent, distinguant entre les films faits pour le public et les films réalisés pour soi. On pourrait dire la même chose de Christopher Nolan qui, après ses deux premiers films (<strong>Following</strong>, <strong>Memento</strong>) qui ont circonscrit son univers, a ensuite alterné entre films de commande (les trois volets de la Trilogie Dark Knight) et des oeuvres plus personnelles qu&rsquo;on pourrait, hormis <strong>Le Prestige</strong>, caractériser comme la Trilogie des In (<strong>Insomnia</strong>, <strong>Inception</strong>, <strong>Interstellar</strong>). </p>



<p>Avec <strong>Inception</strong>, Christopher Nolan acquiert un nouveau statut, extrêmement rare à Hollywood, celui d&rsquo;un super-auteur à qui les studios confient des budgets comparables à ceux de blockbusters pour concrétiser des visions personnelles. Un statut extrêmement rare que Kubrick cultivait, et que aujourd&rsquo;hui, seuls Spielberg, Scorsese ou Cameron peuvent revendiquer. Par conséquent, Nolan est sans doute le plus jeune admis dans ce club très sélect qui lui permet à partir d&rsquo;<strong>Inception</strong> de bénéficier des mêmes budgets que ceux qui lui sont alloués pour ses films consacrés à Batman. </p>



<p>Depuis l&rsquo;arrivée de Christopher Nolan à Hollywood, <strong>Inception </strong>se distingue aussi comme étant le premier film-cerveau de son auteur à grande échelle, presque dix ans après <strong>Memento</strong>, c&rsquo;est-à-dire un film reproduisant les mécanismes neuronaux du cerveau, tout comme ses dysfonctionnements. Suivront ensuite <strong>Tenet </strong>puis plus récemment <strong>Oppenheimer</strong>. Pour Nolan, il s&rsquo;agit ici d&rsquo;investir le champ des rêves, en reproduisant un certain nombre de comportements habituels des rêveurs (l&rsquo;impossibilité de mourir dans un rêve, qui fait que l&rsquo;on se réveille si on y meurt, le sursaut lors du réveil, etc.) et en édictant un lot de règles plus ou moins arbitraires (la notion d&rsquo;architecte du rêve dans le cadre d&rsquo;un rêve collectif, les rêves enchâssés les uns dans les autres, leur durée à différents niveaux, etc.) Nolan fait ainsi preuve d&rsquo;une incroyable inventivité en créant tout un monde de rêves qui s&rsquo;apparente avec ses différents niveaux à celui d&rsquo;un jeu vidéo. </p>



<p><strong>Inception </strong>innove aussi dans les films de Christopher Nolan, en étant volontairement incompréhensible pendant ses vingt premières minutes. Un revisionnage de l&rsquo;oeuvre s&rsquo;avère forcément nécessaire pour mieux les comprendre suite à l&rsquo;explication du mécanisme des rêves qui survient entre Cobb (nom du personnage de DiCaprio, clin d&rsquo;oeil au cambrioleur de <strong>Following</strong>) et Ariane (clin d&rsquo;oeil à la notion mythologique du Labyrinthe). Nolan reproduira ce fonctionnement pour <strong>Tenet </strong>ou <strong>Oppenheimer</strong>, mécanisme qui préexistait déjà plus ou moins dans <strong>Following </strong>ou <strong>Memento</strong>. </p>



<p><strong>Inception </strong>ressemble à un film de casse à la Michael Mann, voire à un James Bond, cf. toute la dernière partie du film qui fait directement référence à <strong>Au service secret de sa Majesté</strong>, le Bond préféré de Nolan. Un film de casse mais&#8230;.dans le monde des rêves. Par conséquent, le film s&rsquo;avère très brillant, parsemé de visions inoubliables, Paris plié en deux par la puissance de l&rsquo;esprit d&rsquo;Ariane, Arthur luttant dans un monde qui n&rsquo;est plus soumis à la gravité (citation de 2001 de Kubrick), etc. Néanmoins, tout aussi brillant soit-il, il n&rsquo;est pas complètement exempt de défauts, trois en particulier : 1) une certaine lourdeur qui n&rsquo;avait pas droit de cité dans les autres films précédents de Nolan, peut-être inhérente à l&rsquo;infrastructure du blockbuster, consistant à répéter indéfiniment les mêmes actions (ex: les passagers en suspension dans la voiture dans la dernière partie du film). 2) une stigmatisation de la femme fatale, toujours sacrifiée, comme dans ses précédents films, et arborant ici le doux nom de Mal (Marion Cotillard). 3) une représentation beaucoup trop rationnelle des rêves alors que les rêveurs savent bien que des éléments incongrus y font souvent leur apparition. Ici, le rêve est l&rsquo;application d&rsquo;un plan très précis qui ne tolère aucune déviation. </p>



<p>Malgré tout, on peut savoir gré à Nolan de ne pas avoir tout expliqué et de laisser quelques zones de mystère dont par exemple, le sort final de la toupie, totem de Cobb, hérité de Mal. Presque tout dans le film s&rsquo;explique rationnellement mais subsiste ainsi cette interrogation finale qui n&rsquo;est pas levée : sommes-nous dans la réalité ou dans le rêve? Quoi qu&rsquo;il en soit, <strong>Inception </strong>est aussi la représentation d&rsquo;une équipe de tournage en train de préparer à chaque rêve un film différent, cette métaphore cinématographique s&rsquo;avérant particulièrement pertinente et fructueuse. </p>



<p><strong>David Speranski</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">The Dark Knight rises <strong>: </strong>une conclusion tristement cohérente </h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="512" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/darkknightrises_orig-1024x512.jpg" alt="" class="wp-image-29584" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/darkknightrises_orig-1024x512.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/darkknightrises_orig-300x150.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/darkknightrises_orig-768x384.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/darkknightrises_orig-770x385.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/darkknightrises_orig-1140x570.jpg 1140w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/darkknightrises_orig.jpg 1186w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Il fut enrichissant de profiter du confinement pour revoir un pan du cinéma de super-héros (plus ou moins) récent, en particulier les 2 Batman de Tim Burton puis la trilogie de Christopher Nolan, tant cela permet d&rsquo;apprécier les forces et faiblesses des approches (ainsi que des films individuels) mais qualifier aussi, avec plus de recul, en quoi la trilogie Nolan n&rsquo;est peut-être pas le parangon qualitatif à sa sortie (notamment en 2008 avec <em>The Dark Knight</em>). En cela, le revisionnage de <strong>The Dark Knight Rises</strong> (TDKR) à la lumière de l&rsquo;ensemble de ces 5 films, permet de mettre le doigt sur les limites, notamment scénaristiques et structurelles, de la trilogie récente dont <strong>TDKR</strong> semble être la somme la plus flagrante, laissant un sentiment d&rsquo;étonnante approximation, comme si les scénaristes avaient épuisé leur rigueur sur les 2 précédents films.</p>



<p>Ce qui surprend dès le début, c&rsquo;est que là où <em>The Dark Knight</em> avait réussi à éviter l&rsquo;écueil de l&rsquo;interminable exposition de <em>Batman Begins</em>, <strong>TDKR</strong> retombe à pieds joints dans ce travers : si le film ne dure pas moins de 2h44, cela semble principalement être parce qu&rsquo;il met près d&rsquo;1h20 à placer ses pions, et que cela se fait à grands coups de tunnels de dialogues, digressions et scènes d&rsquo;action dispensables et pas franchement bien troussées. Ces dernières offrent un festival de Christian Bale beuglant sous son masque dès qu&rsquo;il interagit avec un sbire (« WHERE IS IT ?!! TELL ME WHERE IS IT ?!! »), façon vidéo Youtube parodique et qui, malheureusement, est bien éloignée de ce qu&rsquo;inspirait la seule présence (malgré des gabarits pourtant bien différents) de Michael Keaton chez Burton. Ces deux éléments se rejoignent en surlignant la principale tare des 3 films de Nolan : une incapacité à filmer et monter efficacement une scène de baston à mains nues. Tout tombe à plat, filmé trop près ou trop loin, et est surtout monté à la truelle avec un gros problème d&rsquo;énergie et de hargne. Comment le duel climatique entre Bane et Batman peut paraître aussi peu physique, convoyer aussi peu de punch, de ressenti ? On cherche encore. Peut-être que la réponse se trouve aussi dans la très mauvaise idée d&rsquo;utiliser l&rsquo;ignoble bande originale signée Hans Zimmer comme une musique d&rsquo;ascenseur, couvrant quasiment l&rsquo;intégralité du film au point d&rsquo;annihiler toute intensité musicale.</p>



<p>Tout cela finit par transformer ce qui aurait du être une conclusion épique en un gloubi-boulga de luxe qui semble oublier que le plus est souvent l&rsquo;ennemi du mieux, et préfère à la place jouer la surenchère, emberlificotant une intrigue à tiroirs crachant sur l&rsquo;intellect des personnages principaux (Wayne et Gordon, passés de quasi-mentalistes dans TDK à un duo d&rsquo;inspecteurs Clouseau ici) en se contentant pourtant de recycler le film précédent (un méchant financier essayant de cacher son jeu auprès de Wayne Enterprises, un grand méchant voulant punir Gotham pour ses pêchés, une femme qui sera la perte morale de Bruce), ajoutant des détails qui rendaient probablement bien sur le papier mais s&rsquo;avèrent superficiellement traités (le poids des bagarres impactant le corps de Bruce Wayne, mais soudainement et de manière inconstante), sans compter le caméo de luxe de Cillian Murphy (dont on cherche encore l&rsquo;utilité). Finalement, il apparait fort probable que cette somme de défauts ne fait que traduire la vraie priorité du film : pousser au maximum le curseur d&rsquo;un « Bigger &amp; Louder » si typiquement hollywoodien, quitte à s&rsquo;affranchir assez ostensiblement des velléités « réalistes » déployées jusqu&rsquo;ici &nbsp;: les Bat-Véhicules se multiplient mais surtout pour mieux se sortir de n&rsquo;importe quelle impasse (et ne sont surpuissants que si un gentil est au volant), le « Puits de l&rsquo;enfer » a fait des dizaines de morts mais est en fait super facile à grimper sauf UN saut (et Bruce est de toute manière invulnérable), Gotham City est très clairement New York et le film semble ne plus avoir aucune envie de se casser la tête à cacher le nom des rues, les affrontements sont toujours plus larges mais les méchants armés jusqu&rsquo;aux dents savent aussi bien viser que des Stormtroopers (hilarant affrontement à Wall Street), tout cela pour que les grands méchants meurent comme des buses (le final de <em>Batman Returns </em>parait bien loin), le tout en faisant fi du cheminement physico-spirituel de Bruce et qui occupe pourtant une part non négligeable du film.</p>



<p>On pourrait pardonner cette somme d&rsquo;inconsistances (plus ou moins) négligeables à un film plus court, ou pourvu d&rsquo;une intrigue plus dense, de thèmes moins superficiellement traités, de personnages moins mécaniques (les personnages féminins auront été maltraités jusqu&rsquo;au bout), ou (surtout) moins clairement ancré dans un « réalisme » visuel et psychologique. Mais c&rsquo;est plus difficile ici de ne pas avoir simplement la sensation d&rsquo;une folle mais évitable baisse de régime, résultat tant d&rsquo;une course à l&rsquo;échalote faisant ressortir les pires écueils des deux films précédents (mais aussi, probablement, du style Nolan post-Prestige) que d&rsquo;une incapacité, semble-t&rsquo;il, à penser cette conclusion autrement qu&rsquo;à travers une surenchère tristement académique. Un comble pour une franchise qui n&rsquo;a jamais autant sondé la psyché et l&rsquo;humanité intime de son protagoniste-titre.</p>



<p>Restent quelques moments épiques très bien amenés, des VFX d&rsquo;une intégration toujours aussi impressionnante et la performance de Gary Oldman, mais cela ne suffit bien évidemment pas à laisser intact l&rsquo;écran de fumée qu&rsquo;est cette conclusion, redite interminable et en moins bien de ce qui précède. Dommage.</p>



<p> <strong>Rémy Pignatiello</strong></p>



<p></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Interstellar<strong> : </strong>l&rsquo;homme entre les étoiles </h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Interstellar-1240x827-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-29591" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Interstellar-1240x827-1-1024x683.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Interstellar-1240x827-1-300x200.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Interstellar-1240x827-1-768x512.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Interstellar-1240x827-1-360x240.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Interstellar-1240x827-1-720x480.jpg 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Interstellar-1240x827-1-770x514.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/Interstellar-1240x827-1.jpg 1240w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Hostile, impitoyable, et imprévisible, l&rsquo;espace terrifie autant qu&rsquo;il rapproche. Un pas dans le vide pour un voyage à l&rsquo;allure existentiel : celui, à l&rsquo;image, de Sandra Bulloch dans <strong>Gravity </strong>en 2013, de Brad Pitt dans <strong>Ad Astra</strong> en 2019, et entre les deux, de Matthew McConaughey dans&nbsp;<strong>Interstellar&nbsp;</strong>en 2014. L&rsquo;espace, c&rsquo;est à la fois, en cosmologie, l&rsquo;au-delà de notre atmosphère, mais également, au sens plus littéraire, la distance existant entre des sentiments, des personnes. Et c&rsquo;est dans ces interstices cosmiques, minuscules et immenses, que gît toute la relativité de nos représentations. Une manière, au final, de flotter autour d&rsquo;un sujet alors trop pesant et de réviser nos perceptions. Dans&nbsp;<strong>Interstellar</strong>, Christopher Nolan exploite l&rsquo;immensité de l&rsquo;espace et tord le temps afin de brouiller, autant que se peut, le chemin vers notre berceau originel. Face à cet éloignement physique et temporel, se pose la question de ce qui subsiste : là où la Terre existe pour elle-même, qu&rsquo;en est-il de l&rsquo;humanité ? Alors que la poussière s&rsquo;abat sur les récoltes et que les sols s&rsquo;éteignent, un monde semble disparaître, faut-il impérativement disparaître avec lui ? Vaincre la fatalité, c&rsquo;est le saut de foi de Cooper et de son équipage. Une odyssée spatiale, teinte de romantisme, à la rencontre d&rsquo;un sentiment transcendant : l&rsquo;amour.</p>



<p>Commenté en long et en large dans toutes les langues,&nbsp;<strong>Interstellar&nbsp;</strong>captive par sa capacité à vulgariser le concept de la relativité. Une introduction à la physique, avec les compromis du réalisateur britannique : la science oui, le spectacle plus encore. C&rsquo;est cette propension à l&rsquo;expression qui caractérise le voyage d&rsquo;<strong>Interstellar</strong>, contrairement à un <strong>2001 </strong>de Stanley Kubrick, froid, cohérent, silencieux, quelque part aussi implacable que son mystérieux monolithe. L&rsquo;urgence n&rsquo;est pas la même il faut dire : là où, dans <strong>2001</strong>, l&rsquo;Homme s&rsquo;est élevé technologiquement (au détriment de sa capacité d&rsquo;expression), dans le monde de Joseph Cooper, l&rsquo;humanité ne regarde plus les étoiles. Foulant une terre impassible au drame dont elle est le théâtre, la société s&rsquo;adapte tant bien que mal à son funeste destin. D&rsquo;une génération à l&rsquo;autre, au gré des saisons et des récoltes, le flambeau se fait de moins en moins visible. Volontairement taiseux sur ce qui dépasse la famille Cooper,&nbsp;<strong>Interstellar&nbsp;</strong>dépeint néanmoins une société où l&rsquo;homme ne peut plus se projeter : l&rsquo;impératif de la survie impose le pragmatisme de tous. Celui qui représente le mieux cet état d&rsquo;esprit utilitariste est le fils Cooper, Tom. Il lui incombe la préservation des terres et du patrimoine familial. Si la relation entre le père et le fils n&rsquo;incarne pas le coeur du récit, sa présence catalyse néanmoins la puissance émotionnelle d&rsquo;<strong>Interstellar.</strong> C&rsquo;est à l&rsquo;effet de la dilatation du temps que Christopher Nolan doit, dans sa filmographie, notre première larme. Au terme de son périple nautique, Joseph découvre à son retour deux décennies de la vie de son fils. Un instant suspendu, profondément humain. Les joies et peines, les naissances et disparitions,&nbsp;le deuil. Tom ne croît plus et coupe le lien avec son père. Une fin de transmission qui sonne comme le glas d&rsquo;une relation ternie par l&rsquo;absence, justement, du modèle paternel. Entre en résonance avec cet événement, la perte d&rsquo;humanité de Tom. Il se détache du monde et entre en conflit avec lui, il ne parvient plus à communiquer. L&rsquo;échec est complet pour le père Cooper. Plus généralement, ce moment de rupture montre l&rsquo;importance de la famille (et plus particulièrement des parents) dans la construction de soi et de nos rapports aux autres. L&rsquo;histoire interstellaire, techniquement complexe, se transforme en un drame intime, questionnant durement le rôle du modèle paternel dans notre lien à la société.</p>



<p>Le travail de déconstruction d&rsquo;<strong>Interstellar</strong>&nbsp;ne s&rsquo;arrête pas là, la fille du professeur Brand, Amelia, enfonce plus durablement encore l&rsquo;importance de la notion de confiance. Le fils Cooper ne croît plus, il ne fait donc plus confiance aux autres. De la même manière, Amelia a construit son existence autour de l&rsquo;optimiste projet de son père. Lorsqu&rsquo;elle découvre le véritable sens de sa mission, sa réalité s&rsquo;effondre. Malgré une intention louable, la dissimulation du professeur Brand ne peut qu&rsquo;altérer le jugement de sa fille : comment croire et faire confiance quand le mensonge peut être le terreau de nos relations ? S&rsquo;ensuit son installation sur la planète Edmunds, seule, avec comme compagnie l&rsquo;amour qu&rsquo;elle porte au feu docteur Wolf Edmunds. Un instant plus tôt, un échange entre Amelia et Joseph apporte une piste de réflexion vis-à-vis d&rsquo;une dimension alors négligée, l&rsquo;amour. « Peut-être que l&rsquo;amour a un sens plus profond que nous ne pouvons pas encore comprendre. Ce peut être un témoignage. Je vais à l&rsquo;autre bout de l&rsquo;univers, attirée par un homme parti il y a dix ans et qui est, selon toute vraisemblance, mort. De tout ce que nous percevons, seul l&rsquo;amour transcende les dimensions temporelles et spatiales. Il nous pousse à accepter en confiance ce qu&rsquo;on ne saisit pas encore. ». Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;amour sans confiance et vice-versa. La société ne peut se bâtir sans le sentiment d&rsquo;amour, au sens général du terme, ciment des relations humaines. Et c&rsquo;est ce sentiment qui nous pousse à agir, à construire, à survivre ensemble.</p>



<p>Tout ceci nous amène à Murphy, la fille de Joseph, réponse à l&rsquo;équation d&rsquo;<strong>Interstellar.</strong> Jouant des mystères de l&rsquo;amour, le récit construit autour de ce sentiment une dimension qui existe en parallèle du temps et de l&rsquo;espace. Le tesseract ramène très symboliquement Joseph dans sa demeure familiale, derrière la bibliothèque de sa fille, autre composante de sa culture. L&rsquo;hypothèse d&rsquo;Amelia prend ainsi forme : l&rsquo;amour n&rsquo;est pas qu&rsquo;un puissant sentiment, mais aussi une donnée quantifiable. Finalement, et sans que l&rsquo;on en comprenne réellement les tenants et aboutissants, c&rsquo;est à cette dimension que l&rsquo;on doit notre salut. Joseph Cooper, messager interstellaire, a pu transmettre à sa fille les connaissances acquises lors de son odyssée, son héritage pour les générations futures. Des années plus tard, la station Cooper, réplique de la Terre (preuve, quelque part, de l&rsquo;attachement de l&rsquo;humanité à son berceau), flotte tranquillement dans l&rsquo;espace : « l&rsquo;homme est né sur Terre, rien de l&rsquo;oblige à y mourir », slogan d&rsquo;<strong>Interstellar</strong>, prend ainsi tout son sens.</p>



<p><strong>Pierre Larvol</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Dunkerque : une plongée sensorielle dans l’opération Dynamo</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="512" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/dunkerque-1024x512.jpg" alt="" class="wp-image-29397" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/dunkerque-1024x512.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/dunkerque-300x150.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/dunkerque-768x384.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/dunkerque-770x385.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/dunkerque-1400x700.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/dunkerque-1140x570.jpg 1140w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/dunkerque-1320x660.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/dunkerque.jpg 1440w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>Dixième film du réalisateur britannico-américain, <strong>Dunkerque</strong> entend illustrer de façon réaliste et épurée l’une des opérations les plus spectaculaires de l’histoire militaire du début de la Seconde Guerre mondiale. Débarrassé en grande partie de l’imagerie pompeuse et naïve qui parasitait ses films précédents, et malgré une dernière partie moins réussie, Nolan livre un long métrage parfaitement maîtrisé.</p>



<p>Peu après le début de la Seconde Guerre mondiale, en mai 1940, environ 400&nbsp;000&nbsp;soldats britanniques, canadiens, français et belges se retrouvent encerclés par les troupes allemandes dans la poche de Dunkerque. L&rsquo;opération Dynamo est mise en place pour évacuer le Corps expéditionnaire britannique vers l&rsquo;Angleterre. L&rsquo;histoire du film s&rsquo;intéresse aux destins croisés des soldats, pilotes, marins et civils anglais mobilisés pour leurs bateaux durant l&rsquo;opération Dynamo.</p>



<p><strong>Dunkerque</strong> constitue une nouveauté pour Christopher Nolan qui, après des incursions peu convaincantes dans la science-fiction et le fantastique (contribuant pourtant à sa réputation de «&nbsp;grand&nbsp;» cinéaste), s’attaque pour la première fois à un genre plus classique, le film historique et plus précisément le film de guerre. Bénéficiant de gros moyens (100 millions de $ de budget, 6000 figurants, des centaines de techniciens, une utilisation de vrais navires destroyers), le pari de Nolan était de restituer, aux niveaux visuel et sonore, à la manière d’une épopée, ce que fut cet épisode militaire, à la fois héroïque et tragique, car conséquence de la débâcle des troupes anglaise et française face au rouleau compresseur allemand. La vision de cette œuvre permet d’affirmer, sans nul doute, qu’il y est parvenu, dépassant même le cadre stricto sensu du film de guerre.</p>



<p>Impressionnant dès les premières séquences, le film plonge le spectateur directement dans «&nbsp;l’Enfer&nbsp;». En quelques scènes, le chaos et la panique sont particulièrement bien rendus&nbsp;: les soldats anglais (et un peu français) sont pris en tenaille, repoussés vers les plages où l’ordre d’évacuation a été donné. L’élément qui fascine le plus dans cette véritable expérience de cinéma (qu’il convient d’ailleurs de ne voir qu’en salle, sur un très grand écran), c’est la façon dont Nolan la situe, à la croisée de la grande Histoire (la vue d’ensemble sur l’opération Dynamo) et de l’intime (au plus près de certains soldats dont on suit le parcours), du réalisme et de l’abstraction (encore plus marquée dans son film suivant, <strong>Tenet</strong>). Aidé par de superbes images filmées en 70 mm IMAX et Super Panavision 65 mm (Nolan est l’un des grands défenseurs de l’utilisation de la pellicule contre le numérique&nbsp;!), le récit sait alterner moments angoissants et passages plus épiques, notamment par le choix des cadres larges et ceux beaucoup plus resserrés (à l’image de la scène dans un bateau échoué, pris pour cible, dans lequel plusieurs personnages ont trouvé refuge). Il faut saluer ici le travail de mise en scène, vraiment remarquable, tout comme le montage au cordeau pour aboutir à un film de seulement 1h47, une rareté en la matière. De la même manière, la structure de <strong>Dunkerque</strong> est plus complexe qu’il n’y paraît, moins linéaire qu’attendu&nbsp;: l’opération est ainsi racontée selon trois points de vue distincts, en quelque sorte selon trois temporalités propres en lien avec les éléments&nbsp;: la terre, la mer, l’air. Le film montre habilement que la perception de l’événement en question fut bien différente pour un soldat sur la plage, dans un bateau ou dans un Spitfire. On suit d’ailleurs plus particulièrement tout cela à travers les regards de Tommy, jeune combattant anglais, de Dawson, plaisancier venant aider à récupérer les soldats et de Farrier, un pilote de la RAF (interprété par Tom Hardy, un habitué du réalisateur). Ces narrations, au départ indépendantes, vont finir par se rejoindre, notamment dans un moment précis, qui sera montré à l’écran sous trois angles (séquence assez virtuose, il faut bien l’avouer).</p>



<p>Finalement le tour de force de Nolan est de proposer quelque chose de neuf au sein d’un genre cinématographique très codifié (le spectacle de la guerre, entre <strong>Le Jour le plus long</strong> et <strong>Il faut sauver le soldat Ryan</strong> de Steven Spielberg pour ne citer que deux exemples). La raison est simple, le film n’est probablement pas tout à fait un film de guerre, au sens classique du terme. Dans les interviews accordées au moment de sa sortie, Nolan l’a répété&nbsp;: il a réalisé un film sensoriel plus que graphique (importance des sons et de la musique signée Hans Zimmer, calquée sur le rythme du tic-tac d’une horloge), expérimental, quasiment sans dialogues, avec des soldats sans histoire racontée à l’écran et un ennemi invisible (les Allemands / les nazis ne sont pas directement montrés). Son objectif était de faire ressentir de l’intérieur l’expérience des personnages, leur doute, leur angoisse et même le sentiment de frustration face à une situation effrayante. C’est donc, pour reprendre ses propres mots, <em>«&nbsp;un survival à suspense et une course contre le temps&nbsp;»</em>.</p>



<p>Seul bémol à cette belle réussite&nbsp;: le dernier quart d’heure. Alors que pendant près de 90 minutes, Nolan réussit à immerger le spectateur dans un remarquable récit de survie étouffant, il finit par céder aux sirènes du patriotisme le plus outrancier, le plus grossier, dans une séquence assez lourdingue renouant ainsi, le temps d’un instant, avec les pires travers d’un certain cinéma de guerre mais aussi de son propre cinéma (la plupart du temps lourd et indigeste). Il conviendrait également ici de discuter de la place accordée aux soldats français, à peine présents pour la forme (ce qui a suscité, à juste titre, de vives réactions d’ailleurs), mais à vrai dire, on s’écarterait un peu du long métrage qui n’entend pas être une reconstitution fidèle et qui adopte le point de vue des Anglais.</p>



<p>Mais cette réserve et ce faux pas final ne sauraient annuler la réussite indéniable de <strong>Dunkerque</strong> (en tous cas sur le plan purement formel), qui apparaît comme l’un des meilleurs films de son auteur, et de loin&nbsp;!</p>



<p><strong>Xavier Affre </strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Tenet :  un film d’action jubilatoire lorgnant vers l’abstraction</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/tenet-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-29400" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/tenet-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/tenet-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/tenet-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/tenet-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/tenet-1320x742.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/tenet.jpg 1350w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>Sorti trois ans après <strong>Dunkerque</strong>, en pleine pandémie de COVID, <strong>Tenet</strong> était attendu comme le messie par les spectateurs cinéphiles (après de nombreux reports), mais aussi par les exploitants et distributeurs. Première grosse production américaine sortie en salle après la fin du confinement, ce blockbuster a incontestablement constitué un film porteur. Et bonne nouvelle, il s’agit d’un très bon film, à la fois complexe et divertissant, à n’en pas douter le meilleur film de Christopher Nolan à ce jour.</p>



<p>Renouant avec le genre de la science-fiction, Nolan met en scène une histoire imaginée il y a vingt ans et sur laquelle il travaillait depuis 7 ans. Muni d&rsquo;un seul mot – <em>Tenet</em> – et décidé à se battre pour sauver le monde, un agent de la CIA (nommé le protagoniste) sillonne l&rsquo;univers crépusculaire de l&rsquo;espionnage international. Sa mission le projettera dans une dimension qui dépasse le temps. Il pourra compter sur l’aide d’un confrère et d’une héroïne, sérieusement malmenée par un mafieux psychopathe. Pourtant, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un voyage dans le temps, mais d&rsquo;un renversement temporel…</p>



<p>Malgré une complexité indiscutable du récit, <strong>Tenet</strong> tient largement toutes ses promesses. A ce titre, la séquence d’ouverture (une prise d’otage et un assaut dans une salle de spectacle, un opéra, à Kiev) est un modèle de mise en scène immersive, même si les enjeux apparaissent assez flous pour le spectateur. Le protagoniste, en danger, est sauvé par une «&nbsp;balle inversée&nbsp;», début du mystère. C’est d’ailleurs durant cette séquence introductive que le mot <em>Tenet</em> surgit, un palindrome (tiré du carré Sator, un carré magique de l’Antiquité) qui peut se lire de gauche à droite ainsi que de droite à gauche. Mot étrange, comme l’est l’ensemble du long métrage, signifiant «&nbsp;principe&nbsp;», «&nbsp;doctrine&nbsp;». Le cinéaste parsème d’autres indices et s’amuse d’ailleurs à brouiller les pistes régulièrement, à manipuler la vérité (et le spectateur avec), faisant preuve d’une grande virtuosité technique.</p>



<p>Mais malgré un synopsis relativement classique, Il est évident que nous ne sommes pas devant un quelconque James Bond. On qualifiera volontiers <strong>Tenet </strong>de méta-film d’action virant vers une certaine abstraction, au cœur duquel se trouve une réflexion sur le temps (thématique temporelle déjà à l’œuvre dans <strong>Memento</strong>, <strong>Inception, Interstellar</strong> ou même <strong>Dunkerque</strong>, dans un autre registre). Sans trop en dévoiler, précisons que les personnages peuvent voyager dans le passé et anticiper le futur. Il ne faut pas s’attendre à un film purement linéaire, une chronologie classique mais plutôt à un tourbillon spatio-temporel qui culmine dans des scènes d’action incroyables, utilisant des dizaines de véhicules pour l’occasion et comprenant une «&nbsp;manipulation du temps&nbsp;» (ces séquences ont été filmées à la fois en avant et en arrière). Visuellement très travaillé, <strong>Tenet </strong>est un objet presque hybride, constamment excitant et passionnant, dont il est bien difficile de décrocher. Si la qualité technique de l’ensemble y est pour beaucoup (le film a été tourné en pellicule aux formats 70 mm et IMAX), la performance des acteurs permet au film de fonctionner. Le duo formé par John David Washington (vu notamment dans <strong>BlacKkKlansman </strong>de Spike Lee et plus récemment dans <strong>Malcolm et Marie</strong> ou <strong>Amsterdam</strong>) et Robert Pattinson (dont la filmographie ne cesse d’étonner et d’enthousiasmer) est remarquable et tout à fait crédible, permettant même une identification du spectateur. De la même manière, l’actrice Élisabeth Debicki (aperçue dans Les Veuves de Steve McQueen II) compose un personnage féminin intéressant et bien présent (loin d’être un simple faire-valoir à l’intrigue, bien au contraire). Sa relation avec Le Protagoniste n’est pas uniquement professionnelle, Nolan n’hésitant pas à injecter des éléments d’une trame secondaire, en apparence seulement. Enfin, signalons la performance de Kenneth Branagh dans le rôle de l’homme d’affaires russe, véritable pervers. Un type cruel et effrayant, bien plus encore que dans les aventures de 007, illustrant parfaitement la célèbre formule d’Alfred Hitchcock selon laquelle un film est d’autant plus réussi que le méchant l’est également.</p>



<p>Ce film cérébral et spectaculaire mérite en réalité plusieurs visions. Le revoir permet bien entendu d’en saisir toutes les subtilités (ainsi que mieux appréhender les enjeux de l’histoire qui nous est montrée) mais aussi et surtout de constater que le cinéma de Christopher Nolan évolue favorablement, abandonnant des tics agaçants et se tournant davantage vers une épure bienvenue (au niveau de la trame ici). Malgré des passages relativement bavards (mais jamais abscons), et une intrigue à tiroirs volontairement complexe (mais jamais gratuitement), <strong>Tenet</strong> est une proposition de cinéma quasiment métaphysique mais néanmoins rythmée (notamment par la musique envoûtante composée par Ludwig Göransson) et résolument ludique ; Nolan n’oubliant pas au passage de soigner les nombreux morceaux de bravoure qui jalonnent cette œuvre. Bénéficiant d’effets visuels hallucinants, des chorégraphies jamais vues (à l’instar de la scène de bataille finale) et un montage de haute précision, ils constituent indiscutablement un plaisir des yeux de tous les instants. Certains d’entre eux restent en mémoire longtemps après la vision du film, comme ce moment où un Boeing 747 explose réellement (ou la scène de course-poursuite sur une autoroute, uniquement avec des effets réels, sans fond vert.</p>



<p><strong>Xavier Affre</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Oppenheimer <strong>: </strong>tempête sous un crâne </h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/OPPENHEIMER-160523-default-GF-06457_MSG-1024x576.webp" alt="" class="wp-image-29611" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/OPPENHEIMER-160523-default-GF-06457_MSG-1024x576.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/OPPENHEIMER-160523-default-GF-06457_MSG-300x169.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/OPPENHEIMER-160523-default-GF-06457_MSG-768x432.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/OPPENHEIMER-160523-default-GF-06457_MSG-1536x864.webp 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/OPPENHEIMER-160523-default-GF-06457_MSG-770x433.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/OPPENHEIMER-160523-default-GF-06457_MSG-1400x788.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/OPPENHEIMER-160523-default-GF-06457_MSG-1320x743.webp 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/07/OPPENHEIMER-160523-default-GF-06457_MSG.webp 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>Depuis le début de sa carrière, Christopher Nolan a toujours déployé les ressources infinies de son imagination, en passant de genre en genre (film de super-héros, espionnage à la James Bond, science-fiction). Hormis dans&nbsp;<strong>Dunkerque</strong>&nbsp;où il abordait à sa manière très conceptuelle et abstraite le film de guerre, il ne s’était jamais véritablement confronté à la réalité et à l’Histoire. C’est aujourd’hui chose faite avec&nbsp;<strong>Oppenheimer</strong>, biopic de l’un des hommes les plus importants du XXème siècle, celui dont l’implication dans le Projet Manhattan et le largage de bombes sur Hiroshima et Nagasaki l’ont conduit à être surnommé le «&nbsp;Père de la bombe atomique&nbsp;». Evidemment, en se confrontant à une matière humaine aussi dense et explosive, Christopher Nolan ne renonce pas à ses marottes : tournage en couleurs et en noir et blanc, entrelacement de trois lignes temporelles, expérimentation de la mise en scène. Ce faisant, il livre avec son douzième film l’une de ses oeuvres les plus abouties, ses jeux formels et cinématographiques étant lestés cette fois-ci d’une gravité différente, celle du poids incontestable de l’Histoire.</p>



<p>En 1942, convaincus que l’Allemagne nazie est en train de développer une arme nucléaire, les États-Unis initient, dans le plus grand secret, le «&nbsp;Projet Manhattan&nbsp;» destiné à mettre au point la première bombe atomique de l’histoire. Pour piloter ce dispositif, le gouvernement engage J. Robert Oppenheimer, brillant physicien, qui sera bientôt surnommé «&nbsp;le père de la bombe atomique&nbsp;». C’est dans le laboratoire ultra-secret de Los Alamos, au cœur du désert du Nouveau-Mexique, que le scientifique et son équipe mettent au point une arme révolutionnaire dont les conséquences, vertigineuses, continuent de peser sur le monde actuel…</p>



<p>Au début, avouons-le, le spectateur est un peu perdu et déstabilisé, sans révisions préalables. Car, comme dans tout film de Christopher Nolan qui se respecte, la linéarité temporelle est brisée. Le film commence par l’audition d’avril 1954 destinée à établir le sort de l’habilitation de sécurité de Robert Oppenheimer, soupçonné en pleine période maccarthyste de cultiver des sympathies communistes et donc d’être l’ennemi de la Nation américaine. A partir de là, au fur et à mesure des questions, surgiront progressivement des bribes du passé d’Oppenheimer, de sa carrière estudiantine, de ses amours diverses, officielles (son mariage avec Kitty) et clandestines (sa liaison avec Jean Tatlock), jusqu’au point culminant de son parcours, la conduite du Projet Manhattan. Le film nous livre donc le passé, le présent du célèbre physicien mais aussi son futur en nous montrant Oppenheimer à la fin et au début des années soixante, après le verdict de l’audition de sécurité. Les trois dimensions s’entrelacent et s’interpénètrent continuellement dans le film, nous laissant toujours dans un état de surprise et d’imprévisibilité.</p>



<p>En adaptant la biographie&nbsp;<strong>American Prometheus : the Triumph and Tragedy of J. Robert Oppenheimer, de Kai Bird et Martin J. Sherwin</strong>, Christopher Nolan ne pouvait se résoudre à garder une linéarité trop évidente à ses yeux. Il fallait à l’instar de ses autres films (<strong>Following</strong>,&nbsp;<strong>Memento</strong>) nous plonger au coeur du temps et déconstruire l’histoire d’Oppenheimer, en faisant surgir toutes les dimensions de sa vie, passé, présent et futur, en même temps et non successivement. Le spectateur est ainsi perdu comme dans la première demi-heure d’Inception, ayant l’impression d’entrer dans un jeu, sans que le maître d’oeuvre lui ait fourni le mode d’emploi. Mais ce qui est souvent formidable dans les films de Nolan, c’est que cette impression brumeuse se dissipe car il fait comprendre intuitivement les règles de son propre film. Si l’on réfléchit un minimum (ne cachons pas que les films de Nolan sont avant tout cérébraux), l’identification des différentes dimensions temporelles devient un jeu d’enfant, le passé, le présent et le futur étant marqués par une localisation géographique et l’état de vieillissement des personnages. Comme dans&nbsp;<strong>Memento</strong>, le fait de distinguer couleur et noir et blanc sert de marqueur pour des séquences qui ne se situent ni dans la même optique (la couleur exprimant la conscience subjective d’Oppenheimer alors que le noir et blanc établit l’objectivité des faits) ni au même stade temporel.</p>



<p>Christopher Nolan ne s’arrête pas là et expérimente également aux niveaux sonore et visuel. Pendant une grande partie du film, on entendra un grésillement incessant, symptôme sonore de la fission nucléaire. Alors qu’on aurait pu s’attendre à une explosion nucléaire spectaculaire et inoubliable, Nolan se montre sobre et très mature dans le filmage de l’essai Trinity, en désynchronisant image et son, montrant dans un premier temps l’explosion nucléaire et seulement après son retentissement sonore, permettant ainsi de décupler son effet dans le temps tout en amoindrissant son intensité. Le film fonctionne souvent sur ce principe de désynchronisation : on entend ainsi des bruits de pieds frappant de manière intensive le plancher, bruits qui hantent la conscience tourmentée de Oppenheimer, et on découvrira seulement vingt minutes plus tard à quelle situation ces bruits se rapportent. Idem pour les flashes d’atomes en fusion qui apparaissent furtivement comme si l’on se trouvait véritablement dans la tête de Robert Oppenheimer. Nolan joue avec l’intelligence du spectateur, mais en la respectant et en ayant pleine confiance en ses capacités.</p>



<p>Tous ces jeux formels pourraient apparaître un peu vains, ce qui est parfois le cas chez Christopher Nolan (à cet égard, certains ne se sont toujours pas remis de&nbsp;<strong>Tenet</strong>), mais pas ici, car il s’agit de pénétrer la conscience particulièrement tourmentée du physicien (morale ou opportunisme, fidélité ou trahison) et d’en rendre compte de la manière la plus précise et juste. Jusqu’à la fin, on ne saura pas vraiment qui Oppenheimer a réellement aimé, s’il était communiste ou non, s’il était imbu de lui-même ou humble devant le pouvoir que la vie lui a donné. C’est cette dimension humaniste et existentielle (qui n’existe pas toujours chez Nolan) qui est mise en avant ici et servie par d’exceptionnels comédiens, Cillian Murphy, Robert Downey Jr., Emily Blunt, Florence Pugh, Matt Damon, Benny Safdie, etc. Grâce à eux, la mise en scène qui pourrait aisément tourner à la démonstration magistrale devient humaine et terriblement émotionnelle. Murphy, dans son premier grand rôle au cinéma, montre toutes les facettes de cet homme complexe, hanté par la culpabilité, voyant ses proches se transformer virtuellement en victimes de la bombe atomique dans un cauchemar blanc. C’est ainsi l’oeuvre de loin la plus engagée politiquement de Nolan, de nombreux clins d’oeil étant faits à l’actualité (la réplique d’Oppenheimer disant ne pas croire que les Russes auront un jour la bombe atomique, ou la discussion finale, que l’on n’espère pas prémonitoire, entre Einstein et Oppenheimer).</p>



<p>Avec&nbsp;<strong>Oppenheimer</strong>, Christopher Nolan signe l’un de ses films les plus habités, une oeuvre hantée par une dimension historique et humaine assez peu fréquente chez lui, le portrait d’un homme qui a volé le Feu de la création et en a été puni pour le reste de sa vie,</p>



<p><strong>David Speranski   </strong> </p>



<p></p>



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<p></p>



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		<title>Steven Spielberg : cinquante ans de cinéma. Docteur Steven et Mister Spielberg. Les films de Spielberg préférés de la rédaction</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Apr 2023 08:40:26 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Duel est sorti dans les salles en France le 21 mars 1973. C&rsquo;était la toute première sortie d&rsquo;un film de Spielberg au cinéma. Fêter en 2023 les cinquante ans de carrière de Steven Spielberg se justifie donc parfaitement. Celui qui est devenu le cinéaste le plus célèbre de la planète méritait bien un hommage de notre rédaction.</strong> <strong>Ce qui est frappant chez Spielberg, c&rsquo;est la diversité impressionnante des genres qu&rsquo;il a abordés</strong> : <strong>thriller (Duel, Les Dents de la mer), road-movie (Sugarland Express), science-fiction (Rencontres du 3ème type, E.T., A.I., Minority report, La Guerre des mondes, Ready Player One), comédie (1941, Le Terminal), drame historique (La Couleur pourpre, L&rsquo;Empire du soleil, La Liste de Schindler, Munich, Pentagon Papers), aventure (Les Aventuriers de l&rsquo;arche perdue, Jurassic Park), comédie romantique (Always), guerre (Il faut sauver le soldat Ryan, Cheval de guerre), comédie dramatique (Arrête-moi si tu peux). animation (les Aventures de Tintin), espionnage (Le Pont des espions), comédie musicale (West Side Story), autofiction (The Fabelmans)</strong>. <strong>Seuls le western et le péplum lui ont échappé pour l&rsquo;instant. </strong></p>



<p><strong>Il ne s&rsquo;agissait pas ici pour autant de se montrer exhaustif. C&rsquo;est une sélection subjective, volontairement partielle et partiale des films de Spielberg préférés par la rédaction : sur un total considérable de 36 films, seules vingt oeuvres (+ un film bonus) ont été retenues, pas forcément les plus réputées ni les plus connues. Vous ne trouverez pas dans ce dossier les Indiana Jones qui auraient mérité un article entier à part, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;ils appartiennent autant à George Lucas qu&rsquo;à Steven Spielberg. Nous avons également omis deux écueils assez récurrents chez Spielberg : les films pour enfants, trop sucrés et mièvres (Hook, Les Aventures de Tintin, Le Bon Gros Géant), les drames historiques longs, emphatiques et souvent soporifiques (Amistad, Il faut sauver le soldat Ryan, Lincoln). </strong></p>



<p><strong>Steven Spielberg est sans doute le cinéaste le plus schizophrène de l&rsquo;histoire du cinéma A sept reprises, il a sorti dans la même année deux films complètement dissemblables, l&rsquo;un destiné au public, l&rsquo;autre, plus personnel, pour lui, le paradoxe étant que le plus réussi des deux n&rsquo;est pas toujours le plus intime : 1989 (Indiana Jones et la dernière croisade et Always), 1993 (Jurassic Park et La Liste de Schindler), 1997 (Le Monde perdu et Amistad), 2002 (Minority Report et Arrête-moi si tu peux), 2005 (La Guerre des Mondes et Munich), 2011 (Les Aventures de Tintin et Cheval de guerre) et 2018 (Pentagon Papers et Ready Player One). Et nous n&rsquo;incluons même pas dans la liste en 1982 E.T. et Poltergeist, signé par Tobe Hooper, mais conçu, scénarisé et produit par Spielberg. Comme si le fait de faire des blockbusters permettait financièrement de monter les projets les plus risqués et personnels ou inversement que le fait de concevoir des films à Oscars, destinés à recueillir les suffrages des membres de l&rsquo;Académie, autorisait à se lâcher dans des films joyeusement divertissants et récréatifs. Docteur Steven et Mister Spielberg. Lors des années 1993-1994, c&rsquo;est sans doute le seul cinéaste à avoir atteint les sommets du box-office (Jurassic Park), tout en ayant obtenu la reconnaissance des critiques et de l&rsquo;Académie des Oscars (La Liste de Schindler), avec deux films différents. Quelques années plus tard, en 1997, James Cameron réussira la même prouesse avec un film unique, Titanic. </strong></p>



<p><strong>Spielberg s&rsquo;est longtemps vu comme un imposteur, celui du groupe du Nouvel Hollywood qui n&rsquo;avait pas fait d&rsquo;études dans une prestigieuse université de cinéma (alors que Scorsese, De Palma, Lucas, Coppola ont tous étudié à NYU ou USC, lui a dû se contenter d&rsquo;une université plus modeste à Long Beach dont il a d&rsquo;ailleurs à peine suivi les cours, préférant déjà réaliser des séries et téléfilms pour le studio Universal). Ce sentiment d&rsquo;exclusion l&rsquo;a longtemps poursuivi et continue d&rsquo;ailleurs à le hanter, ce qui l&rsquo;a mené à enchaîner les oeuvres et la plupart du temps les réussites, à continuellement se remettre en question et à demander toujours l&rsquo;amour du public, pour tenter de cicatriser cette fêlure originelle.</strong> <strong>Longtemps la critique élitiste l&rsquo;a ignoré, le prenant pour un vulgaire faiseur de blockbusters, ne se doutant guère que derrière ses films se cachaient de véritables classiques du cinéma. La carrière de Steven Spielberg ressemble à un parcours bipolaire avec des hauts qui peuvent se prolonger (de <strong>Duel</strong> à <strong>Indiana Jones et la dernière croisade</strong>, de <strong>A.I</strong>. à <strong>Munich</strong>) et des bas récurrents (de <strong>Always</strong> à <strong>Hook</strong>, de <strong>Indiana Jones</strong> <strong>et le Royaume de Cristal</strong> à <strong>Lincoln</strong>), ce qui a longtemps fait qualifier son oeuvre de fondamentalement inégale. Certes, sur 36 films, on peut compter environ quatre ou cinq films ratés et à peu près autant de films moyens ou anodins, en fait guère plus que ceux de ses illustres collègues. Son oeuvre montre sur cinquante ans une métamorphose des plus passionnantes : de roi du film de genre et de divertissement (Duel, Les Dents de la mer, Rencontres du troisième type, E.T.), il est progressivement passé à un statut de cinéaste politique, peut-être l&rsquo;un des plus engagés à Hollywood (Munich, Le Pont des espions, Pentagon Papers, West Side Story). Et si, contrairement à ce que l&rsquo;opinion critique sous-entend souvent, de tous les metteurs en scène importants issus du Nouvel Hollywood, Spielberg était finalement le plus grand? </strong></p>



<p><strong>David Speranski</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Duel : <strong>à la route, à la mort&nbsp;!</strong></h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Duel-1971-Steven-Spielberg-1-1024x576.png" alt="" class="wp-image-24591" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Duel-1971-Steven-Spielberg-1-1024x576.png 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Duel-1971-Steven-Spielberg-1-300x169.png 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Duel-1971-Steven-Spielberg-1-768x432.png 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Duel-1971-Steven-Spielberg-1-1536x864.png 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Duel-1971-Steven-Spielberg-1-770x433.png 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Duel-1971-Steven-Spielberg-1-1400x788.png 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Duel-1971-Steven-Spielberg-1-1320x743.png 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Duel-1971-Steven-Spielberg-1.png 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Tourné avec un petit budget (moins de 400&nbsp;000 $) au Nord-Est de Los Angeles, au départ pour la télévision, ce qui explique son format 4/3, ce deuxième long métrage du tout jeune Steven Spielberg est réellement un coup de maître, d’une maitrise étonnante, qui lança la carrière de l’un des Wonder Boy du cinéma américain. Lors de sa première diffusion en novembre 1971 sur A.B.C., le film rencontre un énorme succès, ce qui permet à Universal de le sortir en salles à l’étranger, surtout en Europe dans une version rallongée de 16 min (Spielberg tourna pour l’occasion des scènes supplémentaires). En 1973, le film remporte même le Grand Prix du premier Festival d’Avoriaz.</p>



<p><strong>Duel </strong>met en scène un représentant de commerce, David Mann, au volant de sa voiture qui se retrouve bloqué par un camion roulant lentement et dégageant une épaisse fumée. Il le dépasse, le camion le dépasse à son tour. C’est le début alors d’une course-poursuite effrénée dont l’issue paraît bien incertaine. L’un des points forts de cette œuvre de jeunesse, adaptée d’une nouvelle de Richard Matheson (elle-même inspirée d’une aventure arrivée à l’auteur), crédité comme scénariste, reste sans nul doute la mise en scène de Spielberg (qui se montre déjà très à l&rsquo;aise dans les scènes d&rsquo;action pure, l&rsquo;un des traits structurants de sa future filmographie).</p>



<p>Avec précision, un sens du cadre et du découpage, le cinéaste réussit à faire monter la tension et l’angoisse dans ce qui s’apparente à une version sur route du western (impression renforcée, en plus du titre très éclairant, par les paysages désertiques de la Californie). Le recours à des caméras fixées sur une voiture pour les scènes filmées embarquées permet notamment aux spectateurs d’être au plus près du suspens. Mais le pari le plus judicieux et le plus réussi est d’avoir choisi, en face d’un Américain ordinaire pris dans la tourmente et auquel le spectateur peut s’identifier (grand classique dans le cinéma américain, un peu à l’image de Roger Thornhill dans <strong>La Mort aux trousses</strong>), interprété par Dennis Weaver (que Spielberg avait repéré dans <strong>La Soif du mal</strong> d’Orson Welles), un chauffeur de camion anonyme dont on ne découvrira jamais le visage durant toute la confrontation. Mais dont on verra néanmoins quelques attributs, comme les santiags dans la scène du restaurant station-service, seule pause dans le récit. Son camion, filmé dans les moindres détails (intérieurs comme extérieurs), donne des indications sur son conducteur.</p>



<p>Au niveau de l’écriture, Spielberg et Matheson se sont concentrés sur l’essentiel et d’ailleurs ne se sont embarrassés ni de psychologie, ni d’explications&nbsp;: ainsi, nous ne connaîtrons pas vraiment les motivations du routier (pourquoi en effet, un tel acharnement sur un automobiliste innocent ?), l’objectif étant de mettre en scène cette lutte à mort entre un dénommé «&nbsp;Mann&nbsp;» (l’homme, en allemand) et un camion dont le chauffeur ne semble pas être humain («&nbsp;la machine&nbsp;»). L’ensemble prend alors la forme certes d’un divertissement mais placé sous le signe de l’épure, de l’abstraction même, et d’un certain minimalisme (à la fois dans la forme et dans le fond) terriblement efficace&nbsp;: ce qui, somme toute, restera relativement rare dans la suite de la carrière de Spielberg capable du meilleur (<strong>Jaws</strong>, ou plus récemment <strong>The Fabelmans</strong>) comme du pire (<strong>Always,</strong> <strong>Hook </strong>ou une adaptation dispensable des aventures de <strong>Tintin</strong>).</p>



<p>La lutte engagée, qui apparaissait au départ comme une sorte de provocation gratuite, devient au fil de l’intrigue un combat vital dans lequel l’instinct de survie de David Mann prend le dessus, décuplant son énergie et lui donnant des forces insoupçonnables. C’est ainsi, qu’une fois victorieux de ce duel sans merci, il manifestera sa joie de manière très expressive, finissant même par contempler longuement le «&nbsp;cadavre&nbsp;» de ferraille du camion dans le ravin. Avant de s’asseoir face au coucher du soleil, une fois l’adrénaline retombée, dans un repos final bien mérité. Le repos du guerrier, du vainqueur.</p>



<p>Il faut bien l’avouer. Après avoir vu ce film, il est bien difficile de rester stoïque sur la route à la vue d’un camion doublant à grande vitesse sa propre voiture.</p>



<p><strong>Xavier Affre</strong></p>



<p></p>



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<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sugarland Express :  la gloire ou la mort <strong> </strong></h2>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="750" height="422" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Sugarland-Express.jpg" alt="" class="wp-image-24997" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Sugarland-Express.jpg 750w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Sugarland-Express-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>



<p></p>



<p>« <em>Du point de vue du plaisir que la maîtrise technique procure au public, ce film est l&rsquo;un des premiers les plus phénoménaux de toute l&rsquo;histoire du cinéma</em> « . Pauline Kael, qui s&rsquo;est montrée parfois très injuste et cruelle envers bien des films, n&rsquo;a pas tari d&rsquo;éloges concernant ce premier véritable film de Steven Spielberg. Coincé entre <strong>Duel </strong>et <strong>Les Dents de la mer</strong>, <strong>Sugarland Express</strong> a pourtant légèrement sombré dans l&rsquo;oubli, probablement à tort. Auparavant, Spielberg a tourné à 18 ans un premier film en super-8, <strong>Firelight</strong>, qui a eu droit à une seule projection publique et n&rsquo;est jamais sorti ensuite en salles. <strong>Duel </strong>était à l&rsquo;origine un téléfilm qui n&rsquo;est finalement sorti qu&rsquo;en Europe et non aux Etats-Unis ou dans le reste du monde. Par conséquent, seul <strong>Sugarland Express</strong> signe les véritables débuts de Steven Spielberg au cinéma ; c&rsquo;est même sans doute son long métrage le plus émouvant. </p>



<p><strong>Sugarland Express</strong> raconte l&rsquo;odyssée de deux délinquants, mari et femme, Clovis et Lou Jean Poplin pour récupérer leur fils, confié à une famille d&rsquo;accueil. Par un mauvais concours de circonstances, sans avoir tué qui que ce soit, Lou et Clovis kidnappent un policier qui va devenir leur otage, puis progressivement leur complice consentant. <strong>Sugarland Express </strong>appartient au genre du road-movie, particulièrement en vogue depuis la naissance du Nouvel Hollywood (<strong>Bonnie et Clyde</strong>, <strong>Easy Rider</strong>), et plus précisément des couples en cavale, remontant à des exemples plus anciens comme <strong>J&rsquo;ai le droit de vivre </strong>de Fritz Lang, <strong>Les Amants de la Nuit</strong> de Nicholas Ray et <strong>Gun Crazy</strong> de Joseph H. Lewis. Spielberg s&rsquo;inscrit donc dans un genre connoté, celui où les amants romantiques sont poursuivis sur la route, condamnés par la fatalité car en réalité innocents de tout ce dont on les accuse. La même année d&rsquo;ailleurs, un autre très grand cinéaste, Terrence Malick, a sorti également un road-movie qui est resté, lui, très célèbre, <strong>La Balade Sauvage</strong>. Depuis, on peut retrouver des échos de <strong>Sugarland Express</strong> dans d&rsquo;autres road-movies américains réalisés dans les années 90, <strong>Sailor et Lula</strong> de David Lynch, <strong>Thelma et Louise</strong> de Ridley Scott (le même esprit, rebelle, anticonformiste et innocent existe chez Thelma et Louise) ou encore <strong>Un Monde parfait</strong> de Clint Eastwood (toute la fin). </p>



<p>En voyant <strong>The Fabelmans</strong>, on comprend mieux ce qui a pu intéresser Spielberg dans ce fait divers qui s&rsquo;est réellement passé quelques années plus tôt, en 1969. Alors que le jeune Steven souffrait toujours du divorce de ses parents, il a vu dans cette histoire un couple prêt à tout pour récupérer leur enfant, ce qui ne pouvait que l&rsquo;émouvoir jusqu&rsquo;aux larmes. Ce souhait de réunion au-delà des lois et de la justice représentait la situation complètement inverse de ce qu&rsquo;il avait vécu dans sa propre famille, ce qui explique qu&rsquo;il lui ait consacré son premier film de cinéma. </p>



<p>Stylistiquement, hormis la maîtrise hors pair des scènes d&rsquo;action, <strong>Sugarland Express</strong> ne ressemble pas vraiment au reste de la filmographie du Wonder Boy et évoque ce qu&rsquo;aurait pu être la carrière de Steven Spielberg s&rsquo;il était devenu un cinéaste indépendant. Il se caractérise par les caractéristiques suivantes : absence d&rsquo;effets spéciaux, attention donnée aux acteurs, maîtrise de la progression dramatique et de la mise en scène (un ballet de voitures parfaitement chorégraphié). C&rsquo;est avec ce film que Spielberg se révèle un exceptionnel directeur d&rsquo;acteurs et surtout d&rsquo;actrice : Goldie Hawn y tient son plus beau rôle, de très loin, en femme-enfant immature et profondément touchante. C&rsquo;est aussi la première affirmation d&rsquo;un féminisme non revendiqué en tant que tel et pourtant bien réel, que l&rsquo;on retrouvera de loin en loin, mais régulièrement, chez les personnages féminins de <strong>La Couleur pourpre</strong>, Dorinda dans <strong>Always</strong>, Katharine Graham (<strong>Pentagon Papers</strong>) ou encore Mitzi Fabelman (<strong>The Fabelmans</strong>). </p>



<p>C&rsquo;est donc par la mère, souvent le personnage le plus crucial dans la famille des personnages de Spielberg, que naît une émotion qui n&rsquo;a pourtant rien de mélodramatique (contrairement à un grand nombre de ses films), une émotion sobre, sèche et irrépressible comme une marée montante. La quête de Clovis et Lou Jean est vouée à l&rsquo;échec ; cependant, le film, pendant 90% de son déroulement, montre la situation sous un jour presque joyeux et enthousiaste, les fugitifs étant portés par une vague de popularité invraisemblable et inexplicable. En cela, Spielberg s&rsquo;est inspiré du <strong>Gouffre aux chimères</strong> de Billy Wilder, en décrivant un phénomène médiatique qui s&rsquo;amplifie progressivement à partir d&rsquo;un fait divers presque banal. Clovis et Lou Jean deviennent ainsi des vedettes, ce qui les incite à continuer leur quête d&rsquo;un impossible bonheur. Seul Clovis semble se rendre compte de leur échec programmé lorsqu&rsquo;il synchronise pour Lou Jean un dessin animé vu via l&rsquo;écran d&rsquo;un drive-in et s&rsquo;interrompt brutalement lorsqu&rsquo;il voit le coyote tomber d&rsquo;une falaise dans un ravin. Spielberg situe également son oeuvre sous le patronage humaniste de John Ford en lui empruntant Ben Johnson, le cow-boy du mythique <strong>Convoi des Braves</strong>, pour le rôle du Capitaine Tanner, policier a priori sympathique et loyal. </p>



<p>La fin du film s&rsquo;annonce tragique et ne nous déçoit pas. Pourtant l&rsquo;impression de tristesse est surtout créée par la mise en scène et la musique de John Williams (première collaboration avec Spielberg pour Williams qui a depuis composé la musique de tous les films de Spielberg, hormis <strong>La Couleur pourpre </strong>et<strong> Ready Player One</strong>). Car, si on regarde bien le dernier plan, on s&rsquo;aperçoit à la lecture des informations incrustées que le film se termine bien pour la plupart des protagonistes, dont deux membres de la famille Poplin, montrant l&rsquo;incurable optimisme de Spielberg à cette époque. Mais l&rsquo;atmosphère de la fin, renforcée par la musique lancinante, fait que, contrairement à ses autres films, cette happy end demeure inaperçue. Ceci explique sans doute l&rsquo;échec cuisant du film au box-office, à peine compensé par un Prix du Scénario glané au Festival de Cannes 1974, le seul prix jamais remporté par Steven Spielberg à Cannes. Depuis <strong>Sugarland Express </strong>pâtit de cet échec commercial, rare chez Spielberg, et est resté dans l&rsquo;ombre de beaucoup de ses succès. A tort certainement car il s&rsquo;agit d&rsquo;un grand film qu&rsquo;il est urgent et indispensable de redécouvrir. </p>



<p><strong>David Speranski </strong></p>



<p></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Les Dents de la mer : <strong>le requin du succès&nbsp;!</strong></h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="653" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/MBD7EI3SVNA27JGMRV5ZRVKP4Y-1024x653.jpg" alt="" class="wp-image-24636" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/MBD7EI3SVNA27JGMRV5ZRVKP4Y-1024x653.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/MBD7EI3SVNA27JGMRV5ZRVKP4Y-300x191.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/MBD7EI3SVNA27JGMRV5ZRVKP4Y-768x490.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/MBD7EI3SVNA27JGMRV5ZRVKP4Y-1536x980.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/MBD7EI3SVNA27JGMRV5ZRVKP4Y-2048x1306.jpg 2048w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/MBD7EI3SVNA27JGMRV5ZRVKP4Y-770x491.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/MBD7EI3SVNA27JGMRV5ZRVKP4Y-1400x893.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/MBD7EI3SVNA27JGMRV5ZRVKP4Y-1320x842.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">LES DENTS DE LA MER
JAWS
1975
de Steven Spielberg
Steven Spielberg sur le tournage
d&rsquo;apres le roman de Peter Benchley
based on the novel by Peter Benchley
COLLECTION CHRISTOPHEL © Universal &#8211; Zanuck-Brown
on set; tournage (Photo by Universal &#8211; Zanuck-Brown / Collection ChristopheL via AFP)</figcaption></figure>



<p></p>



<p>Après <strong>Duel</strong> et <strong>Sugarland Express</strong>, Steven Spielberg sort en 1975 <strong>Jaws</strong> (traduit en français par <strong>Les Dents de la mer</strong>), adaptation d’un roman à succès de Peter Benchley publié l’année précédente. Ce dernier a écrit la première mouture du scénario, Carl Gottlieb l’a modifié pendant le tournage qui s’est révélé être long et éprouvant (budget en constante augmentation, faux requins défectueux, menace de grèves sur le plateau, comédiens peu convaincus…).</p>



<p>Le sujet annonce un film à la fois ambitieux et terrifiant&nbsp;: à quelques jours du début de la saison estivale, les habitants de la petite station balnéaire d&rsquo;Amity sont mis en émoi par la découverte sur le littoral du corps atrocement mutilé d&rsquo;une jeune vacancière. Pour Martin Brody, le chef de la police, il ne fait aucun doute que la jeune fille a été victime d&rsquo;un requin. Il décide alors d&rsquo;interdire l&rsquo;accès des plages mais se heurte à l&rsquo;hostilité du maire uniquement intéressé par l&rsquo;afflux des touristes.</p>



<p>Le film est un tournant à plus d’un titre&nbsp;: dans la carrière de Spielberg – dont ce n’est que le quatrième long métrage – qui est définitivement lancée&nbsp;; au niveau des recettes et du box-office (les 12 millions de dollars de budget sont remboursés en seulement quelques jours, c’est aussi le premier film à dépasser les 100 millions de dollars de recette aux États-Unis)&nbsp;; enfin à propos de la stratégie commerciale des studios (le film lance ainsi la mode du blockbuster estival, alimenté par des campagnes de publicité agressives).</p>



<p>Pour autant, il serait injuste de limiter <strong>Jaws </strong>à ces considérations économiques, aussi importantes soient-elles. Il apporte la preuve que Steven Spielberg est bien un cinéaste talentueux, très habile dans la mise en scène des séquences d’action&nbsp;: celles situées sur les plages mais plus encore celles situées dans l’eau (les attaques du requin) impressionnent par leur réalisme. Le film navigue allègrement entre le thriller et le film d’horreur, réservant quelques moments de pur effroi. À ce titre, la séquence d’ouverture est un modèle du genre&nbsp;: alors qu’une fête a lieu sur la plage un soir, une jeune femme décide d’aller se baigner et finit par se faire attaquer par le squale avant de disparaître totalement sous l’eau. Pouvoir total de la suggestion puisque le spectateur ne voit jamais l’animal en question mais croit immédiatement à ce qu’il se passe à l’écran. L’une des scènes suivantes provoque également un certain trouble : alors que des habitants et touristes profitent des joies de la plage en plein jour, sous la surveillance du chef de la police, le requin attaque de nouveau et s’en prend à un jeune garçon sur son matelas gonflable. Cette fois-ci, alors que l’on n’aperçoit guère le monstre, les litres de sang se chargent de montrer toute la violence de l’attaque. Cruauté étonnante et audace suprême, dans la mesure où Spielberg met en scène frontalement la mort d’un enfant, chose assez rare (dans <strong>Munich</strong>, on se souvient de l’effort de l’un des agents du Mossad pour aller désamorcer une bombe qui menaçait un enfant).</p>



<p>Sur le plan scénaristique, si <strong>Jaws</strong> reprend certains des éléments du roman éponyme, Spielberg recentre son récit sur la chasse au requin, supprimant les aspects psychologiques des personnages, atténuant ainsi la noirceur du livre (la femme de Brody qui a une liaison avec l’océanographe Matt Hooper, le maire de la station balnéaire qui a des liens avec la mafia). La force du long métrage est donc de suggérer plutôt que de tout montrer, laissant hors-champ le plus sordide, ce qui permet aux spectateurs d’imaginer les choses. Un choix qui se révèle payant et d’une redoutable efficacité.</p>



<p>Enfin, il semble difficile de ne pas évoquer la musique du film. Après <strong>Sugarland Express</strong>, et annonçant une longue et fructueuse collaboration entre le musicien et le cinéaste (l’une des plus prolifiques de l’histoire du cinéma), John Williams signe une partition d’une grande modernité, qui participa pour beaucoup au succès colossal du film&nbsp;: un thème répétitif, fait de deux notes, associé aux multiples attaques du grand requin blanc. La combinaison musique/images filmées en caméra subjective place le spectateur en immersion, et ce, dès le générique signalant un danger à venir, une menace diffuse.</p>



<p>En définitive, loin d’être l’échec tant redouté, <strong>Jaws</strong> est devenu très rapidement un film culte, aux multiples références (le parallèle entre l’obsession du pêcheur Quint pour les requins et celle pour la baleine blanche de Achab dans Moby Dick) et interprétations (la nature contre les hommes&nbsp;; critique du capitalisme et de l’individualisme…). Une œuvre qui installa définitivement son auteur dans le succès mais qui causa un traumatisme durable chez de nombreux baigneurs ou pour les requins dont l’image fut abimée et ce pour quelques longues années.</p>



<p><strong>Xavier Affre </strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Rencontres du troisième type : Sol, La, Fa, Fa, Do</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/rencontresdutroisiemetype-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-24680" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/rencontresdutroisiemetype-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/rencontresdutroisiemetype-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/rencontresdutroisiemetype-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/rencontresdutroisiemetype-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/rencontresdutroisiemetype.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>Sous le regard de curieux, des lumières colorées s&rsquo;évanouissent dans un ciel orageux. Au loin, une ville s&rsquo;illumine lentement, le temps reprend son cours. Pour les spectateurs de cette surprenante scène, c&rsquo;est une nouvelle page qui s&rsquo;ouvre : une image s&rsquo;est imposée, elle va rapidement devenir une obsession, une fuite en avant. Bien que père et mari, Roy Neary échappe lentement aux siens. Comme les lumières, il ne laisse dans son sillage qu&rsquo;incompréhension et grondement. Cette obsession, c&rsquo;est aussi celle de Steven Spielberg qui, de 1977 à 2023, n&rsquo;a cessé de graviter autour du thème de la famille. Avec <strong>Rencontres du troisième type</strong>, son quatrième long métrage métrage (cinquième en comptant la version cinéma de <strong>Duel</strong>), le cinéaste s&rsquo;échappe des fonds marins et s&rsquo;élève vers d&rsquo;autres cieux. Un premier rendez-vous avec les extra-terrestres dans une carrière parsemée d&rsquo;étranges rencontres avec des êtres venus d&rsquo;ailleurs (pas toujours bien intentionnés).</p>



<p>En 1977, le&nbsp;Nouvel&nbsp;Hollywood, un mouvement inspiré par la Nouvelle Vague, se trouve à la croisée des chemins : il faut choisir entre la marginalisation ou le début de l&rsquo;ère des superproductions. Quelques années avant la fin de cette brève parenthèse, deux jeunes cinéastes commencent déjà à scruter par-delà l&rsquo;horizon : George Lucas et Steven Spielberg. La même année, ils sortent <strong>Star Wars</strong> et <strong>Rencontres du troisième type</strong>. La science-fiction, le cinéma de genre, est à l&rsquo;honneur, c&rsquo;est une rupture de ton et un changement important de paradigme. On se met à rêver d&rsquo;un nouveau monde, le rêve américain de Ronald Reagan, passé d&rsquo;Hollywood à la Maison-Blanche, approche.</p>



<p>Là où le film de Lucas se déroule dans une galaxie lointaine peuplée de différentes races d&rsquo;extraterrestres, <strong>Rencontres du troisième type</strong> s&rsquo;inscrit dans un contexte bien plus terre-à-terre. En Indiana, un réparateur de câbles, Roy Neary, est témoin d&rsquo;un phénomène étrange dans le ciel. Son visage brûlé est autant marqué que son esprit : il doit comprendre ce qui s&rsquo;est passé cette nuit. Une forme l&rsquo;obnubile sans qu&rsquo;il ne sache ce que c&rsquo;est, ni où elle se situe. Ailleurs dans le pays, une mère cherche désespérément Barry, son enfant enlevé lors d&rsquo;une nuit étrangement lumineuse. Enfin, le savant français Claude Lacombe parcourt le monde à la recherche de réponses : d&rsquo;où vient ce cargo échoué dans le désert de Gobi, ces avions de la Seconde Guerre au Mexique, et ces entêtantes notes de musique ?</p>



<p>La réponse à ces questions se trouve quelque part dans l&rsquo;ombre, dans le hors-champ. Comme dans <strong>Les Dents de la mer</strong>, Spielberg construit son film autour d&rsquo;un paradoxal duo absence physique/présence permanente. Eblouis, les personnages ne peuvent voir ce qui se cache dans le halo, c&rsquo;est à la fois un mystère et une invitation. Baigné dans la lumière,&nbsp;Roy&nbsp;se transforme en un Moïse en quête de sa terre promise. Pour atteindre son objectif, le père de famille doit se dépouiller de ce qui l&rsquo;alourdit : son mode de vie, sa famille et sa maison. Un geste de destruction libérateur, sans remords, une véritable fuite vers un avenir impénétrable.&nbsp;Roy&nbsp;vit son rêve, quoi qu&rsquo;il en coûte. Derrière ce comportement immature, on retrouve le thème de l&rsquo;enfance, cher à Spielberg, mais aussi celui de la fragilité de la cellule familiale, gangrenée par un élément extérieur. On ne comprend plus le père de famille, qui agit et parle comme un illuminé, comme sous le coup d&rsquo;une maladie qui ne dit pas son nom. La communication étant impossible, les liens se défont. Et c&rsquo;est justement tout l&rsquo;enjeu de <strong>Rencontres du troisième type</strong> : créer un langage commun.</p>



<p>Une thématique que l&rsquo;on retrouve notamment dans <strong>Premier Contact</strong> de Denis Villeneuve. Dans l&rsquo;oeuvre de Spielberg, ce sont cinq petites notes du compositeur John Williams qui nous permettent d&rsquo;échanger avec nos visiteurs nocturnes. Un lexique épuré, pour ne rien dire de plus que l&rsquo;essentiel. En haut d&rsquo;un monolithe, la Devils Tower, l&rsquo;entêtante musique transcende les frontières. Une conclusion mémorable, teintée d&rsquo;innocence, où se rencontrent l&rsquo;intime et le collectif, ici et au-delà. Les yeux dans le ciel, on rêve d&rsquo;ailleurs.</p>



<p><strong>Pierre Larvol </strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">1941 :  la guerre joyeuse </h2>



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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="956" height="410" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/1941-02.jpg" alt="" class="wp-image-25110" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/1941-02.jpg 956w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/1941-02-300x129.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/1941-02-768x329.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/1941-02-770x330.jpg 770w" sizes="(max-width: 956px) 100vw, 956px" /></figure>



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<p>C&rsquo;est la première fois que Spielberg traite dans son oeuvre de la Seconde Guerre Mondiale, thème qui deviendra prégnant dans ses films postérieurs. On la retrouvera ensuite jusqu&rsquo;à la fin des années 90 dans<strong> Les Aventuriers de l&rsquo;Arche perdue, Empire du Soleil, Indiana Jones et la dernière croisade</strong>, <strong>La Liste de Schindler,</strong> <strong>Il faut sauver le soldat Ryan</strong>. Pour se décomplexer par rapport à la gravité des faits historiques, Spielberg choisit de l&rsquo;aborder sous l&rsquo;angle de la farce, s&rsquo;inspirant d&rsquo;autres films complètement délirants, <strong>Hellzapoppin&rsquo; </strong>(comme par hasard, sorti en 1941) de H.C. Potter, <strong>Un Monde fou, fou, fou</strong>, de Stanley Kramer, <strong>The Party </strong>de Blake Edwards, ou encore<strong> Docteur Folamour</strong> de Stanley Kubrick (à qui il emprunte l&rsquo;inoubliable interprète du commandant T.J. « King » Kong, Slim Pickens). </p>



<p><strong>1941 </strong>est la première comédie de Steven Spielberg, survenant après l&rsquo;énorme succès de deux blockbusters, <strong>Les Dents de la mer</strong> et <strong>Rencontres du troisième type</strong>. En 1979, Hollywood ne pouvait plus rien lui refuser et Spielberg se sentait sans doute comme un Dieu intouchable. Il choisit de mettre en scène ce scénario chaotique et abracadabrantesque de Robert Zemeckis et Bob Gale, deux talents qu&rsquo;il avait repérés et qui s&rsquo;illustrèrent quelques années plus tard dans la trilogie de <strong>Retour vers le futur.</strong> Or <strong>1941</strong>, d&rsquo;un point de vue historique, a contribué avec quelques autres films (<strong>Sorcerer</strong> de William Friedkin, <strong>La Porte du Paradis </strong>de Michael Cimino et <strong>Coup de Coeur</strong> de Francis Ford Coppola) à enfoncer les clous du cercueil du Nouvel Hollywood, ces films réalisant des bides retentissants et s&rsquo;affichant surtout comme des caprices mégalomaniaques de cinéastes surdoués. Par rapport à ses illustres collègues, Spielberg n&rsquo;était guère en retrait, dépensant tout l&rsquo;argent de son budget à détruire des décors pharamineux et à utiliser le gadget de la Louma. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la seule fois où il se laissa emporter par la folie des grandeurs, l&rsquo;échec du film lui servant de cinglante leçon pour ses films futurs. </p>



<p>Pure comédie de Spielberg, <strong>1941 </strong>a recours à un procédé narratif qu&rsquo;il n&#8217;employa plus jamais par la suite : le récit polyphonique. En effet, l&rsquo;histoire de <strong>1941</strong> fait s&rsquo;entrecroiser sept saynètes, se déroulant après l&rsquo;attaque japonaise sur Pearl Harbor et décrivant la panique à Los Angeles, suite à des menaces planant sur Hollywood : un pilote déjanté, « Wild Bill » Kelso (John Belushi) traque les avions japonais dans tout l&rsquo;Ouest des Etats-Unis ; le général Stilwell (Robert Stack) minimise le danger japonais ; la secrétaire de Stillwell, Donna, n&rsquo;arrive à atteindre l&rsquo;orgasme qu&rsquo;à bord d&rsquo;un avion ; une bagarre homérique a lieu dans un dancing local, suite à une rivalité entre le caporal Sitarski et un plongeur dans un restaurant, Wally Stephens, au sujet d&rsquo;une jeune femme, Betty ; sur la côte de Santa Monica, les Douglas (Ned Beatty et Lorraine Gary) voient à leur grand déplaisir le jardin de leur maison réquisitionné par l&rsquo;artillerie ; enfin un sous-marin japonais, avec à son bord un officier nazi, longe cette même côte, de manière menaçante. Pour Spielberg, la structure chaotique de ce scénario devait contribuer à exprimer le chaos de l&rsquo;histoire. Or les critiques de l&rsquo;époque l&rsquo;attendaient au tournant et ont, avec une rare unanimité, rejeté son film. Commercialement, il a fini par rentrer dans ses fonds, grâce aux recettes à l&rsquo;étranger et aux ventes vidéo. </p>



<p>Il faut souligner qu&rsquo;en l&rsquo;absence de vedettes charismatiques et avec au contraire la présence alcoolisée de John Belushi qui déstabilisait le tournage, Spielberg manquait d&rsquo;un centre névralgique qui aurait permis à <strong>1941 </strong>d&rsquo;affronter les critiques. Pour la plupart, <strong>1941 </strong>se résumait à un délire hystérique, une cacophonie sans nom où les spectateurs étaient parfois obligés de se boucher les oreilles, étant donné le déluge sonore d&rsquo;explosions, de cris et de hurlements qu&rsquo;ils recevaient. Spielberg ne s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas privé d&rsquo;en rajouter au générique de fin, en filmant la présentation de chaque acteur en train de hurler. Pourtant les moments d&rsquo;anthologie ne manquent pas dans ce film brillamment mis en scène : le passage surréaliste où le général Stilwell stoppe tout pour aller voir <strong>Dumbo </strong>au cinéma ; les tentatives de Donna, sa secrétaire, pour atteindre l&rsquo;orgasme en plein vol ; la bagarre homérique suite au concours de jitterbug (premier moment de comédie musicale chez Spielberg, bien avant <strong>West Side Story</strong>), rappelant une autre bagarre mémorable dans <strong>L&rsquo;Aigle vole au soleil</strong> de John Ford ; la destruction de la maison des Douglas et du parc d&rsquo;attractions voisin dont la grande roue finit par atterrir dans l&rsquo;Océan Pacifique, etc.  </p>



<p>Au moins à deux reprises le film est signé de façon indubitable par Spielberg : lorsqu&rsquo;un train miniature fonce sur un visage cf. <strong>The Fabelmans</strong>, et lorsque Donna et son pilote atterrissent dans le parc d&rsquo;attractions, nez-à-nez face à une affiche de dinosaures. Pendant longtemps, Spielberg a passé sous silence ce film, n&rsquo;en parlant jamais et le considérant comme le plus grand échec de sa carrière. Or, avec le temps, <strong>1941</strong> apparaît surtout comme un immense plaisir régressif, un rare délire jubilatoire, d&rsquo;autant plus précieux qu&rsquo;il est totalement excessif. C&rsquo;est quasiment devenu un classique de la comédie, que l&rsquo;on rangera désormais aux côtés de <strong>Hellzapoppin</strong>, <strong>Un monde fou, fou, fou</strong>, <strong>The Party</strong>, <strong>Playtime </strong>ou <strong>Docteur Folamour</strong>. </p>



<p><strong>David Speranski</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong>E.T. l&rsquo;extra-terrestre </strong>: E.T.ernellement&#8230;</h2>



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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="726" height="415" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/E.T..webp" alt="" class="wp-image-24630" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/E.T..webp 726w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/E.T.-300x171.webp 300w" sizes="(max-width: 726px) 100vw, 726px" /></figure>



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<p>1982, Steven Spielberg a 36 ans, et, après la terreur du requin blanc sorti de l’océan pour dévorer les humains (<strong>Les Dents de la mer</strong> en 1975), l’arrivée d’aliens sortis de l’espace de leur soucoupe volante (<strong>Rencontres du troisième type</strong> en 1977), c’est au tour d’un extra-terrestre attendrissant de devenir une star plus réputée encore que n’importe quelle autre étoile humaine de chair et d’os. Ce depuis plus de quarante ans. Ce pour notre plus grand plaisir, notre souvenir, notre doudou éternel (en ce qui me concerne j’avais acheté sa peluche&nbsp;!) : il s&rsquo;appelle <strong>E.T. </strong>Pourtant, le film de notre héros ne s’apparente qu’à une sorte de buddy movie tourné du côté de la science-fiction, le pote du duo de copains étant une créature perdue sur la Terre. En effet, le film raconte la rencontre et le lien qui se créent entre Elliott – interprété par Henry Thomas et dont l’incarnation et la naïveté ne sont pas sans faire penser à Gabriel LaBelle interprétant Sammy soit Steven Spielberg lui-même dans sa dernière œuvre autobiographique, <strong>The Fabelmans</strong> –, la dizaine au milieu de sa fratrie de trois enfants sans leur papa, et E.T., arrivé et découvert par lui dans sa banlieue américaine, où ce dernier s’ennuyait quelque peu… entre enfants ou adultes, isolé qu’il était, à attendre que quelque chose se passe. Qui se passe et pas des moindres&nbsp;! S’en suivront la protection de l’extra- humain E.T. tel que la petite sœur Gertie (Drew Barrymore devenue célèbre) l’a nommé, avec qui Elliott entrera en osmose (physique et psychique), son apprentissage du langage humain, car il parvient à (nous) comprendre et &nbsp;à (se) faire comprendre, le récit de ses (nos) expériences humaines (telles un Halloween), sa maladie, sa récupération par le gouvernement. Entre les rires et les larmes successifs évoqués par les situations dans lesquelles se trouve E.T. et le fait que le spectateur puisse s’identifier tour à tour au petit monstre ou à son protecteur, c’est un happy end comme sait les faire le cinéaste, car on ne casse pas les rêves d’enfant (de réalisateur&nbsp;!) comme ça&nbsp;: ressuscité de la mort, le cœur rouge et battant, l’index lumineux et protecteur, notre bébé à tous finira par s’envoler vers ses cieux familiers sous le regard et les larmes de tous ceux qui l’ont côtoyé…</p>



<p>En faisant la part belle à l’imaginaire, à la manière d’un conte, à faire que l’alien (s’) illumine le cœur des enfants (mais pas que),<strong> E.T. l’extra-terrestre</strong> pose d’abord les non-limites du pouvoir&nbsp;: pouvoir d’un cinéaste d’abord avec sa capacité à renouveler le genre de la science-fiction et les films d’aliens avec leurs types destructeurs attendus, en leur attribuant ici une fonction thérapeutique et non conflictuelle&nbsp;: « pacifiction »&nbsp;!&nbsp;; pouvoir des enfants, qui si on le connaissait déjà en opposition à celui des adultes, vient montrer comment ils peuvent se désolidariser de leurs modèles familiaux&nbsp;: déculpabilisation&nbsp;; pouvoir du cinéma enfin, capable de démultiplier ses effets (et déjà ses budgets) pour fabriquer trois animatroniques, faits de costumes de 20 kilos, interprétés par des acteurs pas comme les autres (l’acteur Pat Bilon mesurant 86 cm ou le mime Caprice Roth pour l’usage de ses mains dans des gants imitant la peau d’E.T.). On peut d’ailleurs rappeler, pour la petite histoire et la Grande du coup, que les designers se sont inspirés du scientifique Albert Einstein ou du poète Cat Sandburgh&nbsp;: pouvoir évocateur donc et prompt à nous rendre un Autre plus proche et familier qu’un des nôtres… Cette nouvelle vision de l’extra-terrestre comme la nouvelle vision de l’attitude humaine, le premier perdant sa famille, le second ne possédant pas de modèle paternel, et alors que ce sont deux mâles, est déjà une manière de parler des hommes autrement&nbsp;: si Keys (Peter Coyote) joue le rôle du méchant, même en hors-champ avec pour symbole ses clés, les jeunes enfants ici ne cherchent pas à imiter ceux qui jouent aux grands en faisant la guerre, en surveillant, en faisant peur à ceux qu’ils craignent mais ils se retrouvent, naïvement, humainement, simplement à protéger un Autre, et à faire preuve de tendresse. Steven Spielberg a montré tout au long de sa carrière qu’il était un cinéaste placé du côté des bons et beaux sentiments – tout à fait bibliques au passage, notamment avec l’affiche et sa reprise du tableau de la création d’Adam par Michel-Ange –, luttant à sa manière contre toute forme de racisme ordinaire, et il vient, avec <strong>E.T.</strong> <strong>l&rsquo;extra-terrestre</strong>, faire vivre des attitudes et éprouver des sentiments en voie de disparition&nbsp;: la découverte, la rencontre, la différence, l’innocence et le caractère bienfaiteur pour lutter contre les comportements discriminants s’érigent contre le rejet, la peur, la propagande, la supériorité et le caractère prédateur qui s’en suit – même si les enfants n’échappent pas à la possession et indirectement à la surveillance en enfermant leur trésor. Mais comment ne pas préserver ce trésor trouvé, notre petit trésor à tous, car il nous fait nous souvenir de nos secrets enfantins les plus inavoués? Jeu sur le passé et le futur, ce qui existe encore et ce qu’on a perdu, pour quel discours&nbsp;? – limiter la violence –&nbsp;: rappelons aussi que Steven Spielberg lui-même a fait machine arrière avec l’usage des talkies-walkies que tenaient les policiers à la recherche de l’alien perdu à la place d’armes (des pistolets) qui réintègreront l’image dans l’édition du Blu-ray, des choses qui restent, d’autres qui partent tels ces objets d’un autre temps. C’est qu’à la logique du film américain était aussi venue répondre la logique affective&nbsp;: comment des adultes pourraient-ils braquer leurs armes sur des enfants&nbsp;?&nbsp;Pourtant, contre une image qui fait s’envoler vers le ciel à pleine lune un enfant sur son vélo, aucune arme ne peut rien… Pour la petite histoire encore, on peut rappeler que le travail de création de la scène d’envol entre Elliott et E.T. devenue mémorable, fut un casse-tête, ce malgré l’usage d’effets spéciaux&nbsp;: trouver le bon spot pour capturer une pleine lune la plus proche de la Terre tout en juxtaposant les images sur le vélo de l’enfant. L’image figurera finalement le logo d’Amblin Entertainment,la société de production de Steven Spielberg, c’est bien l’histoire d’une madeleine, d’une continuité, celle de nos années, passées à se remémorer non pas combien c’était mieux avant mais comment aujourd’hui et demain peuvent s’inspirer du bon vieux temps, de sa joie et faire du cinéma, même quarante plus tard, toujours un recommencement.</p>



<p><strong>E.T. l’extra-terrestre</strong> a été en effet remis à l’honneur, grand bien lui a fait, lors de son arrivée sur Netflix, fin 2020, une histoire de COVID&nbsp;: c’est encore pas mal de la part d’un film réalisé tant d’années plus tôt d’évoquer autant de définitions du confinement sans le vouloir&nbsp;! En effet, c’est d’abord l’histoire du confinement d’une créature, dans un espace qui n’est pas le sien avant d’être confinée dans un placard pour lui éviter de se faire capturer (virussé&nbsp;?), quand sont inversement montrés comme confinés des esprits incapables de tolérer un extra-terrestre inoffensif, ou déconfinés dans le cas des enfants qui tentent, eux, de se rapprocher d’un être qui n’est pourtant en rien l’un des leurs, et d’en faire un ami, de lui apprendre à parler et de l’aider à retrouver les siens… Solidarité. La question de l’enfermement jusqu’à l’emprisonnement a toujours été présente dans le cinéma de Steven Spielberg, et, comble du comble, il choisit, dès son plus jeune âge, d’enfermer à son tour les images qui passent devant ses yeux ou dans sa tête, dans une boîte noire, sauf que, par chance, celle-ci vivra la reproductibilité… devenant presque infinie ou éternelle, au choix. Cette question de l’étendue temporelle trouve aussi son répondant dans celle des territoires (eux-mêmes renvoyant aux classes sociales, origines, identités), déjà présente dans le film, ne serait-ce que par l’opposition des topos Terre/Cosmos, que le cinéaste tente de relier&nbsp;: même si on reste prisonnier de nos souvenirs et des émotions qui y sont liées, comment ne pas garder la phrase d’E.T. s’envolant vers chez lui «<em>&nbsp;je suis toujours là&nbsp;</em>?&nbsp;» à l’esprit&nbsp;? Territoires d’images, passant par le visuel comme le sonore, au titre de la réminiscence encore. Et, toujours là, c’est encore George Lucas qui, dans l’épisode 1 de <strong>Star Wars, <em>La Menace Fantôme</em>,</strong> intégrait, 17 ans plus tard, des aliens à l’image d’E.T. dans une scène se situant au cœur d’un Sénat galactique&nbsp;! Alors on peut se demander ce qui fait que les films de Steven Spielberg, on les aime, et particulièrement celui dans lequel un Autre que nous-mêmes s’est perdu sur la planète Terre&nbsp;: ne serait-ce pas une des questions primordiales dans la réception du cinéma que celle de l’identification&nbsp;? à nous faire aussi nous questionner sur notre identité… Qui serait au fond l’extra-terrestre&nbsp;? E.T, Elliott au sein de sa propre famille, chacun d’entre nous, ou bien même le cinéaste lui-même&nbsp;: venu d’ailleurs, passé sur Terre, toujours en partance vers d’autres territoires d’images, d’autres mondes à remonter le temps ou à faire surgir le futur, son «&nbsp;épopée minuscule&nbsp;», comme Steven Spielberg avait caractérisé lui-même son film, devenue grande aujourd’hui eu égard à l’œuvre accomplie, a rendu éternel E.T., même parti dans son cosmos infini&nbsp;! Mieux que l’identification, la conscience, c’est que le cinéaste avait déjà bien compris que la Nature, il fallait la chérir plutôt que de la détruire, comme il avait prédit que la nature humaine avait bien moins à conquérir que de s’enrichir auprès de ceux qui ne sont pourtant pas elle. Preuve de la force de son cinéma et de fonction de cinéaste au monde, E.T. c’est lui, et comme avait dit Isidore Ducasse dit le comte de Lautréamont en surréaliste de son temps, le film est «&nbsp;<em>beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d&rsquo;une machine à coudre et d&rsquo;un parapluie…</em>&nbsp;» et marque(ra) les temps, E.T.ernellement&#8230;</p>



<p><strong>Ana Hyde </strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Couleur pourpre </strong>:<strong> une première incursion réussie dans le drame historique</strong></h2>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="640" height="420" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/la-couleur-pourpre-critique.jpeg" alt="" class="wp-image-24575" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/la-couleur-pourpre-critique.jpeg 640w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/la-couleur-pourpre-critique-300x197.jpeg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></figure>



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<p>Sorti en 1985, ce magnifique film marque un tournant dans la carrière de Steven Spielberg. Après s&rsquo;être brillamment essayé au thriller (<strong>Duel</strong>), l&rsquo;horreur (<strong>Les Dents de la mer</strong>), la science-fiction (<strong>E.T L&rsquo;Extraterrestre</strong>, <strong>Rencontres du troisième type</strong>) et l&rsquo;aventure (trilogie<strong> Indiana</strong> <strong>Jones</strong>), <strong>La Couleur pourpre</strong> est la première œuvre à s&rsquo;éloigner des codes habituels du cinéaste, faits de divertissement et d&rsquo;émerveillement, lui qui aime si fort les images fixes qui bougent et proposait jusqu&rsquo;alors un cinéma conforme à ses rêves d&rsquo;enfant passionné par la pellicule. Dans son dernier film, <strong><a href="https://movierama.fr/the-fabelmans-lenfance-de-lart/">The Fabelmans</a></strong>, le cinéaste américain explique ce qui l&rsquo;anime, cette passion dévorante pour le Septième Art. Après avoir régalé les rétines de plusieurs millions de spectateurs, à travers ses films cultes, Spielberg se réinvente, d&rsquo;excellente manière, pour devenir un véritable conteur d&rsquo;histoires, complétant ainsi une palette de metteur en scène déjà accompli. Ce film mettant en scène Whoopi Goldberg devient le premier essai dans un nouveau genre, le drame historique. Nommé dans plusieurs catégories aux Oscars 1986 (sans récompenses), ce récit narrant l&rsquo;histoire de ces deux sœurs séparées se transforme en une fresque historique puissante, dans une Amérique au double visage, marquée profondément par le racisme, et où la condition des femmes de couleur est  explicitée avec dureté, montrant une soumission à la domination masculine.</p>



<p>Nettie et Celie vivent sous l&rsquo;autorité d&rsquo;un patriarche autoritaire leur manifestant que peu d&rsquo;intérêt. Ce père indigne les sépare honteusement. Pendant de nombreuses années, Celie subit violence et mépris, tout en gardant un espoir de retrouvailles.</p>



<p>Steven Spielberg se change en cinéaste de la dramaturgie, à une époque où son cinéma proposait un spectacle misant sur le divertissement. En racontant les trajectoires de Nettie et Celie, son style s&rsquo;affirme encore plus, tout en se réinventant, et ce film aux accents humains et dramatiques n&rsquo;est que l&rsquo;entame d&rsquo;un cheminement cinématographique différent qui va donner lieu à de multiples productions de qualité, plus variées, telles que <strong>La Liste de Schindler </strong>ou <strong>Il faut sauver le soldat Ryan</strong>. </p>



<p><strong>La Couleur pourpre</strong>, injustement mésestimé, possède toute la matière d&rsquo;un chef-d&rsquo;œuvre dont la maîtrise est incontestable. Dès les premiers instants du film, la mise en scène inonde de sa beauté ces paysages de champ de coton à perte de vue, magnifie cette relation paraissant indestructible entre ces sœurs dont la grande complicité saute aux yeux, dans un environnement dur, peu propice aux épanouissements. La beauté relative de ces scènes montrant ce lien fort, contraste cependant avec les complications de la vie quotidienne, dans un univers dominé par une forme d&rsquo;esclavagisme, de soumission, et par une inéluctable séparation orchestrée par un père peu aimant mettant la toute jeune Celie dans les mains brutales de Monsieur Johnson (Danny Glover). Dès lors, le film rentre dans une autre dimension, plus dramatique et poignante. Ce début réussi se compose tout de même de certains codes chers à Spielberg, celui de l&rsquo;enfance, de ce monde enfantin qu&rsquo;il aime tant, même si celui décrit dans ce film diverge et présente des connotations plus tragiques. Néanmoins, la proximité de ces sœurs, faite d&rsquo;une débordante affection cachant la misère de leur condition, expose encore ce sentiment de magie si abondant dans les films d&rsquo;avant. Ce côté magique s&rsquo;estompe, laissant place au romanesque, dans ce qui est une fresque humaine aussi attachante que terrifiante. <strong>La Couleur pourpre </strong>évoque beaucoup de choses, pas seulement des destinées différentes, mais également la condition des femmes, soumises aux hommes ou subissant les difficultés d&rsquo;une Amérique gangrenée par la haine raciale. Spielberg nous plonge complètement dans cette histoire, dans une communauté faite de personnes de couleur vivant autour de ces champs de coton, un milieu ressemblant à un microcosme différent où les joies se mêlent à la douleur indicible de Celie. Celle-ci, sous l&#8217;emprise de la violence, s&rsquo;assujettit. Toute la force de Spielberg réside ici dans la mise en lumière de ce rapport dominant/dominée où nous sentons un personnage féminin enfermé, se raccrochant au moindre espoir de retrouver sa sœur. Le metteur en scène explique la domination de la virilité masculine, de cette violence mortifère, thème qui traverse fortement tout le film et crée indéniablement un grand sentiment d&rsquo;affection et d&rsquo;attachement. Durant 2&nbsp;h&nbsp;34, le scénario déroule son récit se tissant autour de cette douloureuse séparation, laissant place à une dramaturgie encore jamais vue auparavant. La relation remplie de haine et de vengeance, entre cet homme brutal et cette femme fragile, est au cœur du développement, et c&rsquo;est la première fois qu&rsquo;un contact aussi sauvage, violent apparaît dans la filmographie d&rsquo;un cinéaste qui aime les rapports humains simples et non complexes. </p>



<p><strong>La Couleur pourpre</strong> est un film déterminant dans sa carrière. En effet, il lui permet de toucher à un registre moins spectaculaire et plus dramatique, et le faiseur de magie devient un conteur formidable. Une galerie de personnages s&rsquo;offre à nous, décrivant chacun une part de l&rsquo;histoire des États-Unis, entre les rudesses du travail du coton, et Sofia (Oprah Winfrey), symbole du racisme ambiant et de l&rsquo;asservissement. Le film trouve sa puissance dans la dénonciation des oppressions raciales et sexuelles, à une époque où les femmes ont une infime influence sociale. En parcourant plusieurs décennies, le film retrace ainsi l&rsquo;évolution des conditions, des mentalités, collant à la réalité historique. Adaptation d&rsquo;un roman d&rsquo;Alice Walker, censuré pour ses passages sexuellement et verbalement explicites, ce long-métrage, sans toutefois verser dans le malsain, se révèle être d&rsquo;une grande puissance psychologique, bénéficiant d&rsquo;une tension permanente. L&rsquo;ensemble de l&rsquo;œuvre, malgré le contenu dramatique, comporte une note d&rsquo;espérance, celle d&rsquo;une communauté avide de liberté et de jours meilleurs, désireuse de s&rsquo;élever socialement et de pouvoir s&rsquo;affranchir du pouvoir des Blancs. </p>



<p><strong>Sylvain Jaufry</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Empire du Soleil <strong>: </strong>la mort de l&rsquo;innocence</h2>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="650" height="436" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Empire-du-Soleil-48989348.jpg" alt="" class="wp-image-25182" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Empire-du-Soleil-48989348.jpg 650w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Empire-du-Soleil-48989348-300x201.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Empire-du-Soleil-48989348-360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 650px) 100vw, 650px" /></figure>



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<p>Longtemps <strong>Empire du Soleil </strong>a été un mal-aimé de la filmographie de Spielberg, la faute certainement à un personnage principal d&rsquo;enfant mal-aimable, gâté et souvent insupportable, interprété magistralement par un Christian Bale pré-adolescent. Pendant une période qui s&rsquo;est prolongée, jusqu&rsquo;au début du XXIème siècle, <strong>Empire du Soleil </strong>était considéré comme une étape intermédiaire vers le cinéma adulte que Spielberg souhaitait maîtriser, une deuxième étape après celle initiée par <strong>La Couleur Pourpre</strong>, et qui allait conduire vers l&rsquo;accomplissement de <strong>La Liste de Schindler.</strong> Or, avec le temps, <strong>Empire du Soleil </strong>apparaît de plus en plus comme le centre névralgique de l&rsquo;oeuvre de Spielberg, le film où l&rsquo;enfant effectue sa transition vers sa vie d&rsquo;adulte, via les différents moments d&rsquo;une lutte pour la survie, le film de la mort de l&rsquo;enfance, du deuil de l&rsquo;innocence.    </p>



<p>Pourtant, à l&rsquo;origine, <strong>Empire du Soleil</strong> n&rsquo;était pas destiné à Spielberg mais à David Lean, avec qui Spielberg était devenu ami, en participant à la restauration et la ressortie de <strong>Lawrence d&rsquo;Arabie.</strong> David Lean, en raison de son grand âge et d&rsquo;un autre projet, l&rsquo;adaptation de <strong>Nostromo </strong>de Joseph Conrad, qui ne vit jamais le jour, dut abandonner <strong>Empire du Soleil</strong>. En le reprenant, Spielberg y vit l&rsquo;occasion de rendre hommage à son maître en s&rsquo;inspirant de son style opératique et à grand spectacle, et de faire progresser son oeuvre. En adaptant le roman éponyme et autobiographique de James G. Ballard (où l&rsquo;auteur y révélait les sources d&rsquo;inspiration de ses romans d&rsquo;anticipation, soit l&rsquo;occupation japonaise de la ville de Shanghai), Spielberg poursuivait sa thématique très personnelle des enfants perdus qui allait proliférer ensuite avec <strong>A.I., intelligence artificielle </strong>et <strong>Arrête-moi si tu peux</strong>.   </p>



<p>Dans <strong>Empire du Soleil</strong>, Jamie, l&rsquo;enfant gâté-pourri, va apprendre à survivre tant bien que mal. Tout commence par cette séparation déchirante d&rsquo;avec sa mère, avec en toile de fond, l&rsquo;une des plus belles scènes de foule tournées par Spielberg, avec celles de <strong>La Guerre des mondes</strong>. Dans un plan bouleversant, il suffit que Jamie se penche pour ramasser son avion miniature, symbole de son enfance persistante, pour qu&rsquo;il perde la main de sa mère, et se retrouve irrémédiablement seul. Dans un récit à la Dickens, il va trouver un père de substitution, Basie (le troublant et ambigu John Malkovich), qui lui apprendra les règles de la survie, en passant par un peu de malhonnêteté et de délinquance. Quelques temps plus tard, il trouvera aussi une mère de substitution, Mme Victor (Miranda Richardson) qu&rsquo;il verra presque faire l&rsquo;amour avec son mari, dans un remake de la scène originelle oedipienne. </p>



<p>Christian Bale, exceptionnel dans son premier rôle, ne sourira quasiment jamais de tout le film, exactement comme Jean-Pierre Léaud dans <strong>Les Quatre Cent Coups</strong> de Truffaut, donnant consistance à son personnage de sale gosse pourri, qu&rsquo;on prend pourtant en pitié, tant les événements de la Seconde Guerre Mondiale se liguent contre lui.  La miséricorde qu&rsquo;on lui accorde est d&rsquo;autant plus forte que Jamie n&rsquo;essaie jamais d&rsquo;être émouvant, déployant une suractivité agaçante (à l&rsquo;image sans doute de Spielberg enfant) en voulant s&rsquo;occuper de tout le monde. Jamie croit avoir des dons surnaturels et pense pouvoir sauver tout mourant. Il échouera pourtant à deux reprises à le faire, envers une patiente du Docteur Rawlins et un jeune soldat japonais avec qui il a sympathisé et qu&rsquo;il n&rsquo;arrivera pas à faire revenir à la vie, suite à une balle tirée à bout portant, par un des acolytes de Basie. Spielberg montre sans fards l&rsquo;immaturité de Jamie lorsqu&rsquo;il croit voir en l&rsquo;explosion de la bombe atomique d&rsquo;Hiroshima l&rsquo;âme de Mme Victor monter au ciel. Cette prise de distance est peut-être due au statut récent de père qu&rsquo;a acquis Spielberg (il est devenu le père de Max quelques années auparavant). Avec la lumière blanche de la bombe d&rsquo;Hiroshima, ce n&rsquo;est pas seulement la mort de l&rsquo;innocence de Jim mais celle d&rsquo;un monde tout entier qui s&rsquo;effondre, Spielberg réussissant à mettre en parallèle sans difficulté la vision de l&rsquo;enfant et celle d&rsquo;un monde en totale déliquescence. Contrairement à ce qui se passe dans <strong>E.T</strong>., Spielberg ne s&rsquo;identifie plus complètement à l&rsquo;enfant. Depuis lors, les enfants perdus de sa filmographie seront toujours vus d&rsquo;un oeil critique, même s&rsquo;ils s&rsquo;avèrent être les points de repère autobiographiques de son oeuvre. </p>



<p>Dans <strong>Empire du Soleil</strong>, les plans d&rsquo;ensemble sont souvent somptueux, témoignant du sens du paysage et du cadre de Spielberg, avec ce placement très sûr de la ligne d&rsquo;horizon, chèrement appris chez John Ford. En témoignent cette séquence au début lors d&rsquo;une réception, où Jamie découvre une armée de Japonais au-delà d&rsquo;une colline, ou encore cette autre scène hallucinante de l&rsquo;entrepôt à ciel ouvert des richesses laissées par les Anglais qui ont fui Shanghai, sorte de déversoir de toutes les souvenirs d&rsquo;une époque défunte. A la fin du film, Jamie retrouvera ses parents mais Spielberg a l&rsquo;habileté de ne pas filmer la scène comme une happy end. Cheveux courts, regard vide, Jamie a l&rsquo;air d&rsquo;avoir pris dix ans de plus et ne reconnaît même pas ses parents. Lorsqu&rsquo;il finit par serrer sa mère dans ses bras, il réagit de manière mécanique et presque sans affects, de manière bien plus désincarnée que David dans <strong>A.I.</strong> A la fin, flottera sur le fleuve la valise de Jamie, celle qui l&rsquo;a accompagné pendant tout son long périple vers la survie, et qui contient tous ses souvenirs d&rsquo;enfance. C&rsquo;est en cela que <strong>Empire du Soleil </strong>est l&rsquo;un des plus beaux films de Spielberg, il nous montre comment l&rsquo;enfance meurt, de quelle manière elle disparaît sans laisser de traces. </p>



<p><strong>David Speranski</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading"> <strong>Jurassic Park : </strong>la vie trouve toujours un chemin</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/jurassic-park-photo-1436630-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-24625" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/jurassic-park-photo-1436630-1024x683.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/jurassic-park-photo-1436630-300x200.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/jurassic-park-photo-1436630-768x512.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/jurassic-park-photo-1436630-1536x1024.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/jurassic-park-photo-1436630-2048x1366.jpg 2048w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/jurassic-park-photo-1436630-360x240.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/jurassic-park-photo-1436630-720x480.jpg 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/jurassic-park-photo-1436630-770x513.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/jurassic-park-photo-1436630-1400x933.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/jurassic-park-photo-1436630-1320x880.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>Comment ne pas penser à Spielberg, aux années&nbsp;90 et à un blockbuster sans avoir en tête la mythique scène de l’apparition du T-Rex sous la pluie ?</p>



<p>Nous sommes en 1993, Steven Spielberg compte déjà plus de 15&nbsp;films à son actif, et sort tout juste d’un tournage plutôt fastidieux avec <strong>Hook ou la revanche du capitaine Crochet</strong>. Il se lance alors dans la production de ce qui deviendra l’un de ses films phares&nbsp;: <strong>Jurassic Park</strong>. Le défi est pourtant de taille&nbsp;: comment rendre vivant des êtres ayant vécu il y a plus de 65&nbsp;millions d’années sans rendre le tout ridicule ? Il sera pour cela épaulé par Phil Tippett, pour les modèles réduits de dinosaures, Stan Winston, pour les animatroniques géantes, ainsi que Dennis Muren travaillant pour Industrial Light &amp; Magic (ILM) pour la représentation en images de synthèse. C’est d’ailleurs en voyant les premiers résultats de cette démonstration par ordinateur que Spielberg sera bluffé et voudra donc utiliser cette méthode pour marquer le spectateur. Avant ce film, les dinosaures n’avaient jamais été représentés de manière aussi réaliste à l’écran. Le travail effectué par ILM, la société de George Lucas, a permis de créer des animaux préhistoriques qui semblaient vivants. Les mouvements, les textures et les détails des dinosaures étaient si réalistes qu’ils semblaient vraiment présents à l’écran. Le réalisme de ces dinosaures a permis au public de s’immerger dans le monde de <strong>Jurassic</strong> <strong>Park</strong> et de vivre l’expérience avec les personnages.</p>



<p>Ce film d’aventure et de science-fiction est un exemple brillant de la façon dont le cinéma peut transporter les spectateurs dans un autre monde. Le scénario est basé sur le livre de Michael Crichton, ayant aussi coécrit le scénario du film avec David Koepp. L’histoire se déroule sur Isla Nublar, une île non loin du Costa Rica, où un milliardaire excentrique, interprété par Richard Attenborough, a créé un parc à thème rempli de dinosaures clonés. Lorsque les choses tournent mal et que les dinosaures s’échappent de leurs enclos, les personnages doivent faire face à des dangers mortels tout en essayant de survivre.</p>



<p><strong>Jurassic</strong> <strong>Park</strong> est un regroupement des thèmes de prédilection de Spielberg&nbsp;: l’enfance, la famille, l’Homme face à la Nature, la critique du capitalisme, les dérives de la technologie&#8230; L’histoire est racontée de manière cohérente et logique, et le suspense est maintenu tout au long du film. L’action, le montage et la mise en scène offrent des moments de tension élevée pour les spectateurs. Et c’est d’autant plus incroyable quand on sait que les dinosaures n’ont qu’environ 15&nbsp;minutes de temps d’apparition à l’écran. En limitant leurs apparitions, Spielberg arrive à nous offrir des scènes devenues cultes&nbsp;: le verre d’eau qui tremble annonçant l’arrivée du T-Rex, les ombres des vélociraptors projetées sur les murs&#8230;</p>



<p>La musique de John Williams est un autre point fort de <strong>Jurassic</strong> <strong>Park</strong>. La partition orchestrale de Williams est devenue emblématique et est instantanément reconnaissable. La musique accompagne parfaitement les scènes, créant ainsi une expérience cinématographique émotionnelle.</p>



<p>Enfin, <strong>Jurassic Park </strong>a su marquer son temps et continuer à séduire de nouvelles générations de spectateurs. Depuis sa sortie en 1993, il a été réédité en 3D et a inspiré plusieurs suites et spin-offs, ainsi que des attractions dans les parcs à thème. Il est devenu un classique du cinéma de science-fiction, un film qui a émerveillé et effrayé des millions de personnes à travers le monde.</p>



<p><strong>Jurassic Park</strong> reste l’un des chefs-d’œuvre de la carrière de Spielberg. Il a captivé des millions de spectateurs à travers le monde grâce à ses effets spéciaux novateurs, son intrigue passionnante et son casting de talentueux acteurs. Tout ceci en fait un de mes films préférés du réalisateur. Divertissant, le résultat est un film d’action palpitant qui suscite la réflexion et reste gravé dans l’esprit des spectateurs.</p>



<p><strong>Quentin Eluau</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Liste de Schindler </strong>: le petit Chaperon rouge</h2>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/La-Liste-de-Schindler-AAAABcVBJRPaz5bj1oUSCZhsUB84R98jtcsVqFrkBTctp-lAtmm7fAbbIz1etpVY-w_TpOZ9Fob13-iKbW3NvtedlpV5cAy73nvaeZfv.jpg" alt="" class="wp-image-25235" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/La-Liste-de-Schindler-AAAABcVBJRPaz5bj1oUSCZhsUB84R98jtcsVqFrkBTctp-lAtmm7fAbbIz1etpVY-w_TpOZ9Fob13-iKbW3NvtedlpV5cAy73nvaeZfv.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/La-Liste-de-Schindler-AAAABcVBJRPaz5bj1oUSCZhsUB84R98jtcsVqFrkBTctp-lAtmm7fAbbIz1etpVY-w_TpOZ9Fob13-iKbW3NvtedlpV5cAy73nvaeZfv-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/La-Liste-de-Schindler-AAAABcVBJRPaz5bj1oUSCZhsUB84R98jtcsVqFrkBTctp-lAtmm7fAbbIz1etpVY-w_TpOZ9Fob13-iKbW3NvtedlpV5cAy73nvaeZfv-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/La-Liste-de-Schindler-AAAABcVBJRPaz5bj1oUSCZhsUB84R98jtcsVqFrkBTctp-lAtmm7fAbbIz1etpVY-w_TpOZ9Fob13-iKbW3NvtedlpV5cAy73nvaeZfv-770x433.jpg 770w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>Après <strong>La Couleur pourpre</strong> et <strong>Empire du Soleil</strong>, snobés par l&rsquo;Académie des Oscars, <strong>La Liste de Schindler </strong>représente l&rsquo;aboutissement de cette veine « adulte » du cinéma de Spielberg, avec un total de sept Oscars à la clé. Aujourd&rsquo;hui, <strong>La Liste de Schindler</strong> est le film le plus admiré et respecté de l&rsquo;oeuvre de Steven Spielberg (film classé numéro 8 dans une autre liste, celle des 100 meilleurs films américains, décrétée par l&rsquo;American Film Institute), à défaut d&rsquo;être sans doute le plus aimé. Pourtant rien n&rsquo;allait de soi pour cette adaptation du livre de Thomas Keneally. Depuis l&rsquo;achat des droits fin 1983, Spielberg a plusieurs fois reculé devant l&rsquo;obstacle, craignant de manquer de maturité, essayant plusieurs fois de refiler ce projet de film à Sidney Pollack, Martin Scorsese, Roman Polanski ou encore Billy Wilder, Finalement neuf ans plus tard, Spielberg a compris que son destin le menait inéluctablement à la réalisation de ce film. Personne d&rsquo;autre n&rsquo;aurait pu le tourner mieux que lui. </p>



<p>Néanmoins, pour y parvenir, il a fallu qu&rsquo;il change radicalement de style. Au revoir les beaux mouvements de caméra, amples et lyriques de <strong>Empire du Soleil</strong>, finies les teintes  chatoyantes de <strong>La Couleur Pourpre</strong>. Place désormais au noir et blanc sec et documentaire, à la caméra à l&rsquo;épaule dans le plus pur style des reportages d&rsquo;actualité, au montage abrupt, rapide et dénué du moindre pathos. Ce changement de style est certainement le coup de génie du film. Spielberg le doit à sa rencontre avec Janusz Kaminski, son nouveau directeur de la photographie, avec qui il entamera une collaboration de longue durée qui se poursuit jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui. Contrairement à Allan Daviau, le précédent directeur de la photographie de Spielberg, responsable des superbes images de <strong>E.T.</strong>, <strong>La Couleur Pourpre </strong>et <strong>Empire du Soleil</strong>, Kaminski choisit un traitement beaucoup plus dur de l&rsquo;image, réaliste et dépourvu de joliesses. Le choix déterminant du noir et blanc plonge d&#8217;emblée dans le cauchemar de la Seconde Guerre Mondiale, Kaminski parvenant à atteindre le sublime sans chercher à faire de belles images. Les prises de vues et le montage haché nous font participer à une atmosphère intense, oppressante et étouffante qui est pour beaucoup dans la réussite du film. </p>



<p>Ce terrible noir et blanc, synonyme de désespoir, est juste troublé par la présence d&rsquo;une petite fille au manteau rouge, symbole de la prise de conscience de Schindler, au moment de la rafle dans le ghetto de Cracovie. Cette petite fille, seul Schindler semble la voir, métaphore de son chemin de Damas. Cette couleur rouge est exactement la même que celle de la voiture de <strong>Duel </strong>: doit-on voir dans ce choix de couleur, symbole prégnant de l&rsquo;individualité contre la machine, qu&rsquo;elle soit mécanique ou nazie, un simple hasard? Entre Spielberg et Schindler, l&rsquo;identification est totale, cf. le même nombre de lettres dans leur nom. Oskar Schindler (immense Liam Neeson dans tous les sens du terme), homme d&rsquo;affaires nazi, est traversé d&rsquo;un seul coup par une illumination morale, alors qu&rsquo;il exploitait les Juifs dans ses usines d&rsquo;armement et de matériel de cuisine, tout comme Spielberg a décidé de tourner ce film, alors qu&rsquo;il récoltait des sommes incroyables d&rsquo;argent avec ses premiers blockbusters. La force du film tient à ce qu&rsquo;il ne cherche absolument pas à expliquer le comportement de Schindler, celui-ci restant jusqu&rsquo;au bout une énigme. La bonté est un mystère. Pendant que les exécutions sommaires de Juifs se multiplient autour de lui, Schindler navigue à vue entre deux personnes représentatives des deux pôles de sa personnalité, le Bien et le Mal : Isaak Stern, le petit comptable juif, magistralement interprété par Ben Kingsley, et Amon Goeth, l&rsquo;officier nazi, cruel et sardonique (impressionnant Ralph Fiennes, découvert spécialement par Spielberg pour l&rsquo;occasion). Il eût été facile pour Spielberg de forcer le trait et de faire d&rsquo;Amon Goeth un véritable monstre, ce que, pour certains, il est déjà. Pourtant, même lui, qui s&rsquo;amuse à tirer à bout portant sur les prisonniers de son camp, possède ici sa part d&rsquo;humanité, son amour sans espoir pour sa servante juive, Helen. Une attirance irrationnelle, imprévisible, paradoxalement émouvante.   </p>



<p>Le film fonctionne de manière cumulative : les morts s&rsquo;amoncellent ; Schindler ne cesse de tromper sa femme, en entretenant diverses liaisons ; certains Juifs sont sauvés de la barbarie de manière occasionnelle par Stern ou Schindler. Le décompte entre morts et vivants demeure ainsi fondamentalement inégal et pourtant c&rsquo;est ce que va retenir Spielberg, preuve de son incurable optimisme : les personnes sauvées et non la tragédie de l&rsquo;Holocauste. « <em>Celui qui sauve une vie sauve l&rsquo;humanité tout entière</em>« , cette phrase du Talmud deviendra le message de <strong>La Liste de Schindler</strong> : retenir dans ce monde chaotique les actes de bonté et non la propagation du Mal. Les formidables scènes où Schindler, cigarette au bec, dicte les noms de sa liste à Isaak Stern, sont déjà entrées dans la légende du cinéma mondial, se concluant par ces mots définitifs de Stern : « <em>cette liste, c&rsquo;est la vie</em>« . </p>



<p>Pourtant, <strong>La Liste de Schindler </strong>n&rsquo;est pas, en dépit de ses nombreuses réussites (en particulier une reconstitution poignante de la rafle dans le ghetto de Cracovie, moment d&rsquo;anthologie du film pendant quinze minutes), complètement exempt de défauts. Deux ou trois séquences paraissent un peu en-dehors du film et ont parfois créé la polémique. La séquence où des femmes de la liste de Schindler sont victimes d&rsquo;un mauvais aiguillage de train et se retrouvent par accident à Auschwitz, a déclenché le courroux de certains cinéphiles et cinéastes dont Claude Lanzmann, l&rsquo;auteur de <strong>Shoah</strong>, au sujet de l&rsquo;impossibilité de la représentation des chambres à gaz. Spielberg joue ici d&rsquo;un suspense hitchcockien qui peut sembler de fort mauvais goût, si ce suspense n&rsquo;était conforme à une vérité historique accréditée par les survivantes de la liste de Schindler. Le tort de Spielberg consiste à avoir voulu se montrer trop fidèle aux faits et témoignages des Juifs de Schindler et de n&rsquo;avoir pas pris conscience du mauvais goût inhérent à la situation et des accusations qui pouvaient être occasionnées par celle-ci. Une autre séquence où Schindler se lamente de n&rsquo;avoir pas sauvé plus de vies paraît assez puérile et manque à l&rsquo;évidence de sobriété, alors que tout le film se caractérise auparavant par sa pudeur et son absence d&rsquo;exhibitionnisme mélodramatique. Enfin, la toute fin du film, passant à la couleur et à une longue et interminable procession de membres de la liste de Schindler accompagnés des acteurs qui les ont interprétés, posant chacun une pierre sur la tombe d&rsquo;Oskar Schindler, joue un peu à l&rsquo;encontre des trois heures qui l&rsquo;ont précédée et nous sort du film, à proprement parler, en virant à l&rsquo;hagiographie. Néanmoins, tous comptes faits, ces quelques moments mis bout à bout ne pèsent pas grand-chose par rapport aux trois heures extraordinaires de<strong> La Liste de Schindler</strong>, un immense morceau de cinéma et d&rsquo;Histoire reconstituée. </p>



<p><strong>David Speranski</strong> </p>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong> A.I. intelligence artificielle </strong>: Pinocchio 2000 </h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="570" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Artificial-Intelligence-1024x570.webp" alt="" class="wp-image-24622" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Artificial-Intelligence-1024x570.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Artificial-Intelligence-300x167.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Artificial-Intelligence-768x427.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Artificial-Intelligence-770x429.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Artificial-Intelligence-1400x779.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Artificial-Intelligence-1320x735.webp 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Artificial-Intelligence.webp 1432w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>Pinocchio 2000, ou bien, les intermittences du goût. Apprenez que lorsque je le vis pour la première fois, je détestai ce gros pudding sentimental, orné des flonflons émotionnants de John Williams. Que les amateurs de Spielberg ne me fassent pas tout de suite sortir de leur bureau, apprenez aussi que peu de temps après, votre humble serviteur changea d’opinion. Lui restait en tête un souvenir pas loin d’être bouleversant — la fin est un truc de dingue, du jamais vu, allait-il jusqu’à s’entendre s’exclamer in petto, voyant simultanément son index se lever en direction du plafond. Il faut avouer que la représentation de l’exaucement d’une prière, c’est toujours beau, n’importe quel quidam espérant vous le confirmera. Je dirais même plus, plus l’espérance dure longtemps, plus c’est beau. Mais bon, on n’est quand même pas chez Dreyer, les flonflons sont toujours là, et les aliens en pixels moches aussi, comme j’ai pu le constater à cette nouvelle vision. Pour ne rien arranger, à certains moments j’entendis, dans le voisinage de la personne chère à mon cœur — elle ne l’avait jamais vu, je me faisais une joie de lui faire découvrir ce film on ne peut plus adapté à l’esprit de Noël —, de brefs mais incontestables ricanements. Oui, vous avez bien lu — à tel point que je n’osai presque pas verser ma petite larme, quand la mère indigne abandonne son enfant artificiel, puis quand apparaît la Fée bleue. Entre ces deux épisodes, il faut se farcir un clip de Ministry. Mais laissons ces bêtises, et concluons sérieusement. C’est quand même pas mal comme film, Haley Joel Osment aux ossements métalliques est parfait — mémorable scène dite des épinards —, et j’aime bien le fait que le sous-texte sexuel bien connu du conte de Collodi soit malicieusement incarné par Jude Law, AKA Gigolo Joe et sa bite probablement en bois.</p>



<p><strong>Poulet Pou </strong> </p>



<p>Quand on regarde aujourd&rsquo;hui <strong>A.I. Intelligence Artificielle</strong>, sorti en 2001, on peut s&rsquo;étonner de voir à quel point le film devançait son époque et annonçait la nôtre. Le film commence ainsi : « <em>C&rsquo;était après la fonte des calottes glaciaires dues aux gaz à effet de serre. Les océans avaient recouvert tant de villes, le long des côtes du monde. Amsterdam, Venise, New York, disparues à jamais&#8230;Des millions de personnes déplacées. Un bouleversement climatique.</em>  » Cela évoque bien la catastrophe climatique qui nous semble nous guetter. De plus, lorsque Elon Musk et des centaines de personnalités ont signé mercredi 29 mars 2023 une tribune pour suspendre pendant six mois la recherche sur les intelligences artificielles, il est difficile de ne pas songer à ce film intitulé <strong>Intelligence Artificielle</strong> et au projet initié dans le scénario de créer pour la première fois des robots doués de sentiments. </p>



<p>Flash-back : Stanley Kubrick meurt en 1999 en pleine post-production d&rsquo;<strong>Eyes Wide Shut</strong>. Il laisse un projet dans ses cartons, inspiré d&rsquo;une nouvelle de Brian Aldiss. Il en avait parlé souvent à Steven Spielberg, le jugeant plus apte à mettre en scène cette histoire que lui-même. Spielberg récupère donc le projet et en fait un cauchemar froid et clinique, une vision futuriste glaçante où un robot doué de sentiments réclame de l&rsquo;amour de la part de sa « mère », sans espoir de retour. On peut s&rsquo;interroger sans fin sur la paternité du projet <strong>A.I. </strong>mais il ne fait nul doute que Spielberg s&rsquo;est complètement réapproprié le sujet et qu&rsquo;il est désormais difficile de démêler dans le film ce qui lui appartient en propre et ce qui revient à Kubrick. </p>



<p>Les cinquante premières minutes de <strong>A.I. </strong>sont tout bonnement exceptionnelles, décrivant l&rsquo;éducation de David, l&rsquo;enfant-Méca, &#8211; parfaitement incarné par Haley Joel Osment qui signe là sa plus grande interprétation après <strong>Sixième sens</strong> de Shyamalan,- son amour éperdu pour sa mère, sa rivalité avec Martin, l&rsquo;enfant légitime réveillé de son coma, et son abandon final au milieu d&rsquo;une forêt. Cette première partie s&rsquo;avère très âpre et froide, assez kubrickienne, avec ce mot d&rsquo;adieu sybillin de Monica Swinton, la « mère » de David, « <em>Pardon de ne pas t&rsquo;avoir expliqué le monde</em>« , rappelant à tous les parents leur rôle protecteur à l&rsquo;égard de leurs enfants et leurs défaillances fréquentes à ce sujet. Aucun parent ne prépare suffisamment ses enfants à la cruauté de ce monde, c&rsquo;est ce que rappelle opportunément Monica. </p>



<p>Il ne faut pas oublier que <strong>A.I.</strong> arbore les atours d&rsquo;un conte futuriste. Dans la deuxième partie, on ne sait plus trop si Spielberg s&rsquo;adresse aux enfants avec des fétiches (Teddy le nounours qui parle, le Docteur Je-sais-tout en incarnation de synthèse tout droit sortie d&rsquo;un film d&rsquo;animation) ou aux adultes (Gigolo Joe, le robot d&rsquo;amour, la tristesse qui se dégage de l&rsquo;ensemble). Dans cette partie, une grande séquence s&rsquo;impose : celle de la Foire à la chair, inspirée des jeux du cirque, où les Mécas servent de chair à canon pour divertir les humains. Cette séquence revendiquée par Spielberg rappelle étrangement les camps où les nazis disposaient de la vie et de la mort des Juifs, dans une optique de complète déshumanisation. En plein coeur d&rsquo;un film qu&rsquo;on aurait pu croire un retour aux films fantastiques et de science-fiction du début de sa carrière, Spielberg montre que l&rsquo;heure n&rsquo;est plus vraiment aux rêves et à l&rsquo;illusion. La réalité est déjà là, guère enthousiasmante, l&rsquo;Histoire nous rattrape, y compris dans nos plus belles fictions. </p>



<p>Dans la troisième partie, arrivé à New York avec Gigolo Joe et Teddy, David retrouve son véritable père, le Professeur Hobby qui l&rsquo;a créé en prenant pour modèle son fils défunt. Mais il s&rsquo;aperçoit qu&rsquo;il a été créé à des milliers d&rsquo;exemplaires, en découvrant une multitude de doubles. Il n&rsquo;est donc pas le seul David sur Terre, ce qui a pour effet de le plonger dans une profonde dépression et de le conduire jusqu&rsquo;au suicide. Il en réchappe et part avec Teddy explorer l&rsquo;océan, ayant entraperçu lors de sa tentative de suicide la silhouette de la Fée Bleue qui est censée pouvoir le transformer en petit garçon, cf. l&rsquo;histoire de Pinocchio. Il la découvre au fond de l&rsquo;océan et reste médusé et figé dans son vaisseau sous-marin pendant deux mille ans&#8230;Les détracteurs de Spielberg l&rsquo;ont souvent accusé d&rsquo;avoir ajouté la suite de l&rsquo;histoire, plus sentimentale, à partir de la découverte de la Fée bleue, alors qu&rsquo;il a juré ses grands dieux que Kubrick avait spécialement conçu la fin du film et qu&rsquo;il a respecté scrupuleusement sa vision.</p>



<p>Dans la dernière partie, David et Teddy sont sauvés par des Mécas du futur qui les ont retrouvés au fond de l&rsquo;océan. L&rsquo;un des Mécas (voix de Ben Kingsley) explique à David que les hommes ont définitivement disparu et qu&rsquo;il ne lui est donc plus possible de revoir sa mère Monica, à moins qu&rsquo;il ait gardé un échantillon physique de son corps. Teddy a miraculeusement gardé une mèche de cheveux de Monica, ce qui permet de la ressusciter, mais comme chanterait Bowie, « just for one day ». David vit avec exaltation cette journée unique avec sa mère et lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;endort pour toujours, décide de la rejoindre au pays des rêves, c&rsquo;est-à-dire de mourir avec elle. Cette fin sublime, assez oedipienne, montre pour la première fois que le voeu ultime de l&rsquo;enfant perdu de Spielberg consiste à dormir dans le même lit que sa mère, tout au moins à la rejoindre définitivement. <strong>A.I.</strong> est donc un conte étrange, parfois visant les enfants, souvent davantage destiné aux adultes, où Spielberg franchit un palier incontestable, en s&rsquo;instituant héritier naturel de Kubrick dans l&rsquo;un de ses plus beaux films et en atteignant une profondeur insoupçonnée dans son dénouement, une conclusion inouïe, traitée sans la moindre provocation, avec une extrême douceur et une poésie indicible.  </p>



<p><strong>David Speranski</strong> </p>



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<h2 class="wp-block-heading">Minority Report <strong>: </strong>futur ou déjà présent?</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/00699.mpls_snapshot_02.00.01-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-24843" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/00699.mpls_snapshot_02.00.01-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/00699.mpls_snapshot_02.00.01-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/00699.mpls_snapshot_02.00.01-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/00699.mpls_snapshot_02.00.01-1536x864.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/00699.mpls_snapshot_02.00.01-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/00699.mpls_snapshot_02.00.01-1400x788.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/00699.mpls_snapshot_02.00.01-1320x743.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/00699.mpls_snapshot_02.00.01.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>Réalisé juste après <strong>A.I.</strong> et quelques années à peine avant <strong>La guerre des mondes</strong>, <strong>Minority Report </strong>est ainsi la 2ème incursion de Spielberg dans la SF sur une période très brève, 25 ans après <strong>Rencontres du 3ème type</strong>. Adaptant une nouvelle d&rsquo;anticipation de Philip K. Dick, le réalisateur restitue avec un soin particulier l&rsquo;univers de la nouvelle, ce qui explique en partie la postérité du film, dont les technologies imaginées et surtout les thématiques discutées (certes déjà présentes dans la nouvelle) restent d&rsquo;une actualité presque effrayante.</p>



<p>Ce sont aussi la qualité et la cohérence de l&rsquo;adaptation qui permettent cela, offrant une collaboration avec Tom Cruise dont la qualité (y compris de ton) continuera sur <strong>La guerre des mondes</strong>. Si le film est aussi (et, en fonction de ce qu&rsquo;on cherche, surtout) un blockbuster de divertissement très (très) efficace, c&rsquo;est avant tout la construction de son monde de 2054 et ses études sociopolitiques et psychologiques qui permettent au film de résonner dans le temps, que ce soit sur la boucle ultra-sécuritaire des PréCogs finissant par se mordre la queue, l&rsquo;illusion de son fondateur d&rsquo;une maitrise du monde qu&rsquo;il n&rsquo;aura jamais, ou la discussion plus philosophique de l&rsquo;opposition entre déterminisme et libre arbitre. C&rsquo;est la fluidité avec laquelle le film enchevêtre cela dans un film à suspense à gros budget qui enthousiasme, d&rsquo;autant que la maestria technique développée par Spielberg et son équipe atteint sans doute ici un paroxysme. Au-delà du travail particulièrement marquant de Janusz Kaminski sur la photo tout en bleach bypass et en grain argentique exacerbé, un choix assez fou quand on y réfléchit pour un film hollywoodien pareil.</p>



<p>Mais c&rsquo;est justement la brutalité de cet étau sécuritaire, tour à tour abstrait et ultra-administré,&nbsp;que le film met en scène : ce sentiment de maîtrise basé sur un mensonge, le péché originel transformant le système en colosse aux pieds d&rsquo;argile à trop supposer que tout le monde est coupable et que ce n&rsquo;est qu&rsquo;une question de temps avant que la démonstration soit faite. Tout le monde ? Non, bien sûr : pas les architectes du système, forcément au-dessus de la plèbe, des gens qui ne sont rien et peuvent donc disparaître discrètement pour mieux permettre au système de profiter à ceux qui le mettent en place, et au-dessus de ceux qui maintiennent ce système, petites mains sacrifiables à l&rsquo;envi une fois leur rôle effectué ou qu&rsquo;ils commencent à dépasser le minuscule cadre qui leur est imparti. En cela, la course de Thomas Anderson est autant une course vers l&rsquo;enquête de ce qu&rsquo;il se passe qu&rsquo;une quête vers l&rsquo;émancipation et la quiétude.</p>



<p>C&rsquo;est cette construction narrative qui propulse le récit et scotche le spectateur, avec une science du spectacle et du montage faisant du film une des plus grandes réussites du genre, et un des tout meilleurs films de son réalisateur.</p>



<p><strong>Remy Pignatiello  </strong> </p>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Arrête-moi si tu peux : à la recherche de l&rsquo;enfance perdue</strong></h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="557" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/PHOTO-CRITIQUE-ARRETE-MOI-SI-TU-PEUX-1024x557.jpeg" alt="" class="wp-image-24581" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/PHOTO-CRITIQUE-ARRETE-MOI-SI-TU-PEUX-1024x557.jpeg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/PHOTO-CRITIQUE-ARRETE-MOI-SI-TU-PEUX-300x163.jpeg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/PHOTO-CRITIQUE-ARRETE-MOI-SI-TU-PEUX-768x418.jpeg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/PHOTO-CRITIQUE-ARRETE-MOI-SI-TU-PEUX-770x419.jpeg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/PHOTO-CRITIQUE-ARRETE-MOI-SI-TU-PEUX.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>Vingt-deuxième long métrage de Steven Spielberg, <strong>Arrête-moi si tu peux</strong> est une des œuvres les plus populaires du cinéaste. Réputé pour son casting trois étoiles et son incroyable scénario inspiré d’une histoire vraie mêlant action et humour, le film a rapporté plus de 352 millions de dollars au box-office mondial. Mais derrière le blockbuster hollywoodien sans âme, se cache une œuvre plus intimiste qu’il n’y paraît, une véritable plongée dans la psyché du réalisateur.</p>



<p>En partie basé sur l’autobiographie de Frank Abagnale Jr parue en 1980, le film retrace le parcours atypique de cet adolescent, incarné par Leonardo DiCaprio, devenu l’un des plus grands escrocs américains en se faisant passer tour à tour pour un pilote de ligne, un médecin et un avocat. En parallèle, le long métrage suit l’enquête de l’agent du FBI chargé de l’arrêter, Carl Hanratty joué par Tom Hanks.</p>



<p>Le générique d’<strong>Arrête-moi si tu peux</strong> &#8211; référence de la pop culture maintes fois parodiée (dans la série<strong> Les Simpsons</strong> par exemple) &#8211; introduit le jeu du chat et de la souris qui va opérer entre les deux hommes. Une relation qui n’a jamais existé dans la réalité et qui a été créée de toutes pièces par Spielberg pour traiter le sujet qui l’intéresse réellement derrière cette histoire de chasse à l’homme : la quête d’une figure paternelle.</p>



<p>On retrouve dans le film deux visions de la paternité qui s’opposent : d’un côté le fantasque Frank Senior (Christopher Walken), aimant mais défaillant, et de l’autre le terre-à-terre Carl, distant mais rassurant. Le film se clôt d’ailleurs sur la mort du premier et le ralliement au second. Une fois que Frank réalise qu’il a trouvé la stabilité qu’il cherchait en la personne de Carl, il décide de stopper sa fuite en avant pour exercer ses talents à ses côtés.</p>



<p>Au-delà du portrait d’un voleur plein d’assurance à la Arsène Lupin, Spielberg nous donne à voir celui d’un adolescent apeuré qui ne parvient pas à faire le deuil de la douce période de l’enfance. A partir d’un matériau universel, le réalisateur parvient à nous livrer un de ses récits les plus personnels regroupant toutes les thématiques qui lui sont chères : l’enfance, la famille, l’Histoire.</p>



<p>Bien avant <strong>The Fabelmans</strong>, Spielberg était déjà en train de nous parler de lui. Tout comme Frank, le jeune Steven a grandi dans les années 60, a été profondément marqué par le divorce de ses parents et a usé de subterfuges pour arriver à ses fins &#8211; il se serait notamment fait passer, à l’âge de 16 ans, pour un cadre afin de pénétrer dans les studios d’Universal. On retrouve dans <strong>Arrête-moi si tu peux </strong>ce qui fait l’essence du cinéma de Spielberg : un récit de l’intime &#8211; le cocon familial &#8211; au cœur d’un grand spectacle.&nbsp;</p>



<p><strong>Emmanuelle Etienne</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Terminal : </strong>(pas) seul au monde </h2>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="670" height="440" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Le-Terminal-6Ter-L-incroyable-histoire-vraie-derriere-le-film-de-Spielberg.jpg" alt="" class="wp-image-25308" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Le-Terminal-6Ter-L-incroyable-histoire-vraie-derriere-le-film-de-Spielberg.jpg 670w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Le-Terminal-6Ter-L-incroyable-histoire-vraie-derriere-le-film-de-Spielberg-300x197.jpg 300w" sizes="(max-width: 670px) 100vw, 670px" /></figure>



<p></p>



<p>Dans la série mirifique de réalisations de Spielberg du début du XXIème siècle, (peut-être sa plus grande période). six grands films enchaînés comme à la parade, <strong>Le Terminal</strong>, coincé  entre <strong>Arrête-moi si tu peux</strong> et <strong>La Guerre des mondes</strong>, fait un peu office d&rsquo;enfant délaissé, recevant un accueil mitigé de la part du public comme des critiques.  Pourtant cette rare incursion dans la comédie, le seul précédent étant <strong>1941</strong>, est loin d&rsquo;être négligeable, ne déparant pas dans cette incroyable suite de films allant de <strong>A.I.</strong> à <strong>Munich </strong>et faisant de Spielberg probablement le plus grand cinéaste américain des années 2000. <strong>Le Terminal</strong> possède beaucoup de scènes comiques, voire burlesques, mais ne relève pas complètement de la pure comédie, car elle se teinte beaucoup de commentaire social et politique sur l&rsquo;Amérique de George W. Bush qui était le président des Etats-Unis à l&rsquo;époque.  </p>



<p>En apparence, <strong>Le Terminal</strong> ressemble à une pause dans l&rsquo;oeuvre de Spielberg, entre deux blockbusters avec Tom Cruise (<strong>Minority Report</strong>, <strong>La Guerre des Mondes</strong>) et un film extrêmement personnel, sorte d&rsquo;autobiographie cachée (<strong>Arrête-moi si tu peux</strong>). Comme l&rsquo;indique le slogan promotionnel du film, « <em>la vie attend</em>« . Ce film distille pourtant à chaque nouvelle vision un charme certain, ce qui contribuera sans doute à en faire un futur classique. L&rsquo;histoire du film s&rsquo;inspire d&rsquo;un fait divers réel, survenu à un réfugié iranien, Mehran Karimi Nasseri, bloqué de 1988 à 2006 dans un terminal de l&rsquo;aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Bien que Spielberg ait acheté les droits de ce fait divers, il n&rsquo;en sera jamais fait mention dans la promotion du film, le metteur en scène souhaitant exploiter la dimension métaphorique de l&rsquo;histoire, plutôt que retranscrire son contexte politique de manière documentaire. </p>



<p><strong>Le Terminal</strong> donne surtout l&rsquo;occasion à Spielberg et Tom Hanks de réitérer leur collaboration, leur troisième après <strong>Il faut sauver le soldat Ryan</strong> et <strong>Arrête-moi si tu peux</strong>, et peut-être leur plus belle, Tom Hanks étant quasiment de toutes les séquences du début jusqu&rsquo;à la fin. Spielberg ne se privait d&rsquo;ailleurs pas de dire qu&rsquo;il s&rsquo;agissait du plus beau rôle de Tom Hanks, bien plus que ceux qui lui ont permis de remporter des Oscars (<strong>Philadelphia</strong>, <strong>Forrest Gump</strong>). Tourné quelques années après <strong>Seul au monde</strong>, <strong>Le Terminal </strong>fait écho au film de Robert Zemeckis, Tom Hanks devant apprivoiser progressivement l&rsquo;art de la survie dans un milieu sinon hostile, du moins indifférent à son sort. De façon singulière, <strong>Le Terminal </strong>renvoie également à un film de Spielberg, <strong>Empire du Solei</strong>l, où le petit Jamie doit faire aussi flèche de tout bois pour pouvoir survivre. </p>



<p>L&rsquo;immense décor reconstituant un terminal d&rsquo;aéroport évoque <strong>Playtime </strong>de Tati. Envahie par les marques, symboles de la société de consommation, cette gigantesque toile de fond, sorte d&rsquo;Amérique en modèle réduit, n&rsquo;apparaît guère comme une terre d&rsquo;accueil favorable aux immigrants. Le message est clair : l&rsquo;Amérique bushienne n&rsquo;accueille pas à bras ouverts les immigrants. Ceux avec qui l&rsquo;immigrant Viktor Navorski va sympathiser travaillent donc aux portes de New York, demeurant ainsi à la limite de l&rsquo;intégration, tolérés plus qu&rsquo;acceptés ; Dolores Torres, une Afro-américaine, employée au service de l&rsquo;immigration (Zoe Saldana, quelques années avant le triomphe d&rsquo;<strong>Avatar</strong>), Enrique (Diego Luna), le transporteur mexicain, amoureux platonique de l&#8217;employée ; Gupta (excellent Kumar Pallana, acteur fétiche de Wes Anderson, qui tient peut-être ici le rôle de sa vie), un vieil agent d&rsquo;entretien, venu d&rsquo;Inde suite à un homicide. A travers cette réunion, Spielberg expose ainsi un rêve utopique de société multiculturelle que l&rsquo;Amérique a rejeté aux frontières de New York. Même Viktor Navorski, quand il finira par atteindre son but, ne restera pas aux Etats-Unis mais repartira presque aussitôt. L&rsquo;Amérique n&rsquo;est plus une terre d&rsquo;accueil, semble signifier Spielberg mais un espace transitoire de passage. </p>



<p>La romance que Victor va nouer avec Amelia Warren, une hôtesse de l&rsquo;air dépressive, déçue par une relation insatisfaisante avec un homme marié, démontrera la même chose. Elle ne représentera que du provisoire, la promesse d&rsquo;un amour impossible qu&rsquo;il vaut mieux ne pas concrétiser pour pouvoir se contenter des illusions qu&rsquo;il a produites. Catherine Zeta-Jones, en femme de trente-cinq ans perdue entre sa carrière d&rsquo;hôtesse de l&rsquo;air, un rythme exténuant de voyages incessants et une vie sentimentale qui paraît s&rsquo;auto-détruire sous ses yeux, tient assurément dans <strong>Le Terminal </strong>son plus beau rôle celui d&rsquo;une illusion amoureuse terriblement séduisante à qui on ne peut se fier. </p>



<p>Dans la séquence d&rsquo;introduction, des touristes se présentant aux guichets de l&rsquo;aéroport sont filmés exactement de la même manière que les Juifs de <strong>La Liste de Schindler,</strong> par une suite de plans abrupts, montés cut de manière sèche, histoire de montrer que l&rsquo;Amérique photographiée sous des teintes froides (bleues ou vertes) n&rsquo;est guère hospitalière. Viktor Navorski sera même qualifié d »<em>inacceptable</em>« , ce qui renvoie aux heures les plus sombres de notre Histoire. Si <strong>Le Terminal </strong>est une grande comédie qu&rsquo;on revoit toujours avec un plaisir non dissimulé, c&rsquo;est parce qu&rsquo;elle s&rsquo;appuie, comme les films de Chaplin, sur un sens du détail que les plus démunis comprendront sans peine (l&rsquo;argent que Viktor gagne pièce par pièce en comparaison de la maigre pitance que ces revenus lui rapportent) et sur un contexte très sombre, celui d&rsquo;une Amérique qui ferme ses portes.  </p>



<p><strong>David Speranski</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Guerre des Mondes : </strong>festival d&rsquo;apocalypses </h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="575" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/la-guerre-des-mondes-280921550aa961089986fb08b2-la-guerre-des-mondes-film-de-science-fiction-programme-tv-1-1024x575.jpg" alt="" class="wp-image-24615" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/la-guerre-des-mondes-280921550aa961089986fb08b2-la-guerre-des-mondes-film-de-science-fiction-programme-tv-1-1024x575.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/la-guerre-des-mondes-280921550aa961089986fb08b2-la-guerre-des-mondes-film-de-science-fiction-programme-tv-1-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/la-guerre-des-mondes-280921550aa961089986fb08b2-la-guerre-des-mondes-film-de-science-fiction-programme-tv-1-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/la-guerre-des-mondes-280921550aa961089986fb08b2-la-guerre-des-mondes-film-de-science-fiction-programme-tv-1-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/la-guerre-des-mondes-280921550aa961089986fb08b2-la-guerre-des-mondes-film-de-science-fiction-programme-tv-1.jpg 1260w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Tim Robbins, Tom Cruise, Dakota Fanning</figcaption></figure>



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<p>Avant tout, permettez-moi de vous adresser tous mes vœux de bonheur pour 2023. J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop si je cause des deux films concomitamment, ils se ressemblent un peu. J’aime bien, mais la personne chère à mon cœur, qui s’était déjà distinguée par une généreuse salve de persiflages lors du visionnage d’<strong>A.I.</strong>, ne semble pas, à en croire ceux entendus ici, professer un goût immodéré pour le cinoche de Spielberg. Le pire, c’est qu’elle a raison, ah Hollywood et ses personnages chaussés de gros sabots, mauvais père féru de mécanique, petite fille crispante nourrie au houmous — en ce qui me concerne, ça ne me dérange pas, plutôt que de sabots je préfère parler d’archétypes. Elle concède cependant un surcroît d’inclination pour le virtuose <strong>Minority Report</strong>, dont les constantes ruptures de ton — de la noirceur dystopique au burlesque, en passant par le drame intime du deuil de l’enfant — sont une des composantes de la maestria.</p>



<p><br>Votre humble serviteur quant à lui préfère l’autre, plus uniment sombre — peut-être pour ces moments que je trouve très beaux, comme la première succession d’images, de l’échelle de la bactérie à celle de la planète, qui font un trône pour la voix de Morgan Freeman (il récite le début du bouquin de Wells, un peu réécrit. C’est un texte que je connais par cœur, ’’<em>Yet across the gulf of space, intellects vast and cool and unsympathetic regarded our planet with envious eyes, and slowly and surely, drew their plans against us’</em>’). Il y a aussi l’incroyable séquence où le premier tripode sort de terre, celle du ferry qui chavire, celle de la sempiternelle colline spielbergienne derrière laquelle c’est l’horreur, il y a la rivière charriant des cadavres et le train fou en flammes, bref c’est un festival d’apocalypses, jusqu’à la fin qui refait celle de <strong>La Prisonnière du désert</strong> — le héros à défauts, mauvais père, voleur de voiture, assassin, ne peut pénétrer dans la maison du bonheur.</p>



<p><br>Puisque nous sommes au rayon réminiscences de classiques, revenons à <strong>Minority Report</strong>, dont la fin fait, elle, penser à celle de <strong>L’Invraisemblable Vérité</strong>, avec le méchant qui se trahit en énonçant étourdiment ce qu’il n’était pas censé savoir. De même, une des plus belles scènes — même si à la re-vision, j’ai trouvé ça moins impressionnant que le souvenir que j’en avais —, celle où Cruise rejoue Chaplin avalé par la chaîne de montage des <strong>Temps modernes</strong>. Il me semble également avoir entraperçu des images de <strong>House of Bamboo,</strong> excellent polar de Fuller qui se passe à Tokyo, diffusées dans le cabinet de l’ophtalmo clandestin. Quittons les rives du classicisme pour conclure, deux mots sur ce qui fait la spécificité du cinoche hollywoodien late nineties/early noughties, à savoir le scénario alambiqué. Primo, ça génère des incohérences — comment se fait-il que l’empreinte oculaire du prévenu continue d’ouvrir sans problème les portes sécurisées, appelez-moi le directeur. Secundo, ça nécessite certaines stations explicatives pendant lesquelles on s’ennuie un peu, comme la rencontre avec la sorcière — je veux dire, la fondatrice du programme ’’pré-crime’’ —, l’analyse du faux écho du pré-crime bidon par l’infortuné Colin Farrell, ou l’épilogue vengeur avec cette autre figure du mauvais père qu’incarne Max von Sydow</p>



<p><strong>Poulet Pou </strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Munich : </strong>un monde désolé </h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/munich-8762c89b105a7606238157f67659e83868c2b8fd_55209135A6584DF09E457FF5788AE1BF-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-24608" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/munich-8762c89b105a7606238157f67659e83868c2b8fd_55209135A6584DF09E457FF5788AE1BF-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/munich-8762c89b105a7606238157f67659e83868c2b8fd_55209135A6584DF09E457FF5788AE1BF-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/munich-8762c89b105a7606238157f67659e83868c2b8fd_55209135A6584DF09E457FF5788AE1BF-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/munich-8762c89b105a7606238157f67659e83868c2b8fd_55209135A6584DF09E457FF5788AE1BF-1536x864.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/munich-8762c89b105a7606238157f67659e83868c2b8fd_55209135A6584DF09E457FF5788AE1BF-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/munich-8762c89b105a7606238157f67659e83868c2b8fd_55209135A6584DF09E457FF5788AE1BF-1400x788.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/munich-8762c89b105a7606238157f67659e83868c2b8fd_55209135A6584DF09E457FF5788AE1BF-1320x743.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/munich-8762c89b105a7606238157f67659e83868c2b8fd_55209135A6584DF09E457FF5788AE1BF.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Mathieu Kassovitz, Eric Bana</figcaption></figure>



<p>Après le dénouement tragique de la prise en otage des athlètes israéliens par Septembre noir aux Jeux olympiques de Munich de 1972, la Première ministre Golda Meir ordonne le déclenchement de l’opération ’’Colère de Dieu’’ : la traque et l’exécution de plusieurs activistes palestiniens.</p>



<p><strong>Munich </strong>met en scène les actions de l’équipe du Mossad et de leur chef Avner Kaufman (interprété par Eric Bana). Le film s’attache à en rendre les membres sympathiques – leur caractérisation est digne des clichés des buddy movies – pour mieux faire ressortir le sordide absolu de leur mission. La ’’scène de trop’’, courante chez Spielberg, survient assez tôt et fonctionne comme un révélateur : les agents du Mossad ont piégé le téléphone d’une de leurs cibles, mais c’est la fille de celle-ci qui décroche. Va-t-il y avoir une victime collatérale ? Le film se joue très cruellement du spectateur avec ce suspense atroce ; évidemment les héros parviennent in extremis à sauver l’enfant – mais ce répit moral n’est qu’un leurre.</p>



<p>Au début plein d’allant et confiant quant à la légitimité de sa tâche, Avner Kaufman, au fur et à mesure que les cadavres s’entassent, finit par sombrer dans la dépression et la paranoïa (le film cite la célèbre scène de <strong>The Conversation </strong>de Coppola où le héros démonte son appartement à la recherche de micros).</p>



<p>Très tôt – dès les premières scènes, on s’attarde longuement sur divers écrans de télévision accaparés par les preneurs d’otages – on se rend compte qu’Israël a perdu la guerre des images : à chaque meurtre minutieusement préparé en secret répond un nouvel attentat palestinien largement médiatisé. Il y a d’ailleurs un dialogue fructueux entre les images des journaux télévisés et les images mentales de la prise d’otages, faux souvenirs que se fabrique le héros tout au long du film.</p>



<p>Comme souvent avec Spielberg, j’ai ressenti de l’écœurement lors du visionnage. C’est dû à l’aspect volontiers caricatural des personnages, à la musique pompeuse de John Williams, à des effets de mise en scène qui semblent à première vue extrêmement grossiers (je pense en particulier aux images sanglantes de la prise d’otages alors que le héros tente de faire l’amour avec son épouse). Mais comme souvent avec Spielberg, le film se bonifie et se magnifie dans le souvenir<em>. </em>Ce qui était lourd devient puissant, et toute la subtilité de <strong>Munich</strong>, qui subvertit les conventions du film d’espionnage hollywoodien, se révèle. Il reste en mémoire la description d’un monde désolé, où la violence finit par séparer ceux-là mêmes qui partageaient un idéal. Le film <strong>A.I.</strong> m’a fait exactement le même effet : la scène finale m’avait sur le moment semblé d’une mièvrerie totale, mais je la considère maintenant comme une des plus belles choses que j’ai vues de ma vie au cinéma.</p>



<p><strong>Poulet Pou </strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Le Pont des Espions <strong>: </strong>guerre froide </h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="655" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Le-Pont-des-espions-1024x655.webp" alt="" class="wp-image-25333" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Le-Pont-des-espions-1024x655.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Le-Pont-des-espions-300x192.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Le-Pont-des-espions-768x492.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Le-Pont-des-espions-1536x983.webp 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Le-Pont-des-espions-770x493.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Le-Pont-des-espions-1400x896.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Le-Pont-des-espions-1320x845.webp 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/Le-Pont-des-espions.webp 1656w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Après <strong>Munich </strong>qui a beaucoup divisé à la fois les sionistes, les antisionistes et tous les autres, Spielberg s&rsquo;est accordé une longue pause de trois ans et termine cette décennie 2000, peut-être la plus belle de son cinéma, par un film divertissant et récréatif, comme s&rsquo;il avait déjà tout dit de 2001 à 2005. <strong>Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal</strong> n&rsquo;a rien apporté à sa gloire de metteur en scène, même si le succès public a encore une fois été au rendez-vous. Il est troublant de constater que ses meilleurs films dans cette décennie ont été tournés au climax du double mandat de George W. Bush. Etrangement, en 2009, depuis l&rsquo;investiture de Barack Obama qu&rsquo;il a finalement soutenu après Hilary Clinton, Spielberg se tait, n&rsquo;ayant rien à ajouter sur le plan politique ni cinématographique. De 2008 (où l&rsquo;on pouvait déjà pressentir, prédire et ressentir l&rsquo;Obamamania) à 2013, Spielberg va traverser une période de creux artistique, comparable à celles qu&rsquo;il a déjà vécues de 1989 à 1991 (de <strong>La Dernière croisade </strong>à <strong>Hook</strong>) ou de 1997 à 1998 (du <strong>Monde Perdu</strong> à <strong>Il faut sauver le soldat Ryan</strong>). Rebelote donc de 2008 à 2013, excepté que la période de brouillard artistique va durer deux fois plus longtemps. Entendons-nous bien, la plupart de ces films ne représentent pas des échecs publics ou critiques (on avouera même des plaisirs coupables éprouvés devant <strong>La Dernière Croisade</strong> ou <strong>Le Monde perdu</strong>) mais ne se trouvent pas exactement au même niveau de réussite et de qualité que les autres films se trouvant dans ce dossier. Naviguant à vue entre des films trop « enfantins » (<strong>Tintin</strong>, <strong>Indiana Jones 4</strong>) et d&rsquo;autres trop académiques (<strong>Lincoln</strong>), Spielberg semble avoir bien du mal à trouver ses marques depuis l&rsquo;élection d&rsquo;Obama. </p>



<p>Les fans de Spielberg trépignent et commencent à perdre confiance, surtout après ce parangon d&rsquo;académisme boursouflé, paraissant tourné sur mesure pour l&rsquo;Académie des Oscars, <strong>Lincoln</strong>. Paradoxalement, malgré un record de nominations, Spielberg ne recevra aucun Oscar pour ce film, hormis l&rsquo;Oscar du meilleur acteur dévolu à la prestation figée de Daniel Day-Lewis, tout droit sorti du Musée Grévin. Il repart donc presque bredouille comme il l&rsquo;a fait totalement pour <strong>La Couleur pourpre</strong> ou <strong>Empire du Soleil</strong>. Là où John Ford continue à éblouir les cinéphiles avec son magistral <strong>Young Mister Lincoln</strong>, le <strong>Lincoln </strong>de Spielberg semble déjà prendre la poussière dont il a été douloureusement exhumé. Mais cet échec artistique représente en fait un mal pour un bien, et oblige Spielberg à se recentrer sur ses véritables plaisirs de cinéma et de mise en scène. </p>



<p>Après le camouflet reçu aux Oscars, Spielberg préside presque par compensation le 66ème Festival de Cannes (exactement son âge au moment du Festival) et se confronte donc à la vitalité du cinéma mondial. Avec son jury, il décerne à l&rsquo;unanimité la Palme d&rsquo;or à <strong>La Vie d&rsquo;Adèle</strong> d&rsquo;Abdellatif Kechiche, accompagnée d&rsquo;une double Palme pour ses interprètes, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux, décision exceptionnelle sans précédent ni suite. Consécutivement à sa présidence cannoise, Spielberg est quelque peu guetté au tournant. Il abandonne successivement les projets de <strong>Robopocalypse</strong>, film de science-fiction sur la révolte des robots (trop coûteux) et d&rsquo;<strong>American</strong> <strong>Sniper </strong>(trop polémique) qu&rsquo;il passera à son collègue Clint Eastwood. Que va-t-il donc pouvoir faire? </p>



<p>Or, en mars 2014, Vladimir Poutine annexe la Crimée à la fédération de Russie, violant le droit international et suscitant un immense tollé dans le monde occidental, Ce faisant, il réactive la Guerre froide et les menaces d&rsquo;attaques nucléaires dans un contexte d&rsquo;équilibre de la terreur. C&rsquo;était l&rsquo;inspiration dont Spielberg avait besoin pour s&rsquo;intéresser de nouveau à la Guerre froide qui l&rsquo;avait beaucoup perturbé lorsqu&rsquo;il était enfant dans les années 1950, au point de croire à une fin du monde très proche. Si <strong>Lincoln </strong>représentait déjà un début de tournant politique dans son oeuvre, cet intérêt politique est confirmé de belle manière par <strong>Le Pont des Espions</strong>, où l&rsquo;on retrouve enfin le Spielberg que l&rsquo;on aime, malicieux et humaniste, ménageant de formidables séquences de suspense (la filature sous la pluie, l&rsquo;échange des espions sur le pont) et de superbes moments de direction d&rsquo;acteurs (les dialogues entre James Donovan, avocat d&rsquo;assurances catapulté dans un roman d&rsquo;espionnage, et Rudolf Abel, l&rsquo;espion soviétique interprété très finement par l&rsquo;excellent Mark Rylance). Pour sa quatrième collaboration avec Spielberg (sa plus remarquable avec <strong>Le Terminal</strong>), Tom Hanks consolide sa stature d&rsquo;héritier de James Stewart en défenseur des valeurs démocratiques, avocat sachant négocier et y voir clair dans le jeu trouble des faux-semblants. Travaillant pour la première fois avec Spielberg, Mark Rylance, en espion matois, avec sa fameuse réplique ironique  » <em>ça aiderait?</em>« . compose un personnage mémorable, enrichi par la participation des frères Coen au scénario et aux dialogues, en économisant de façon remarquable ses effets, ce qui lui permettra de décrocher en 2016 l&rsquo;Oscar du meilleur second rôle masculin. </p>



<p>En le comparant avec <strong>Lincoln</strong>, <strong>Le Pont des Espions</strong> permet de saisir la différence entre académisme et classicisme. En usant d&rsquo;une mise en scène précise, discrète mais redoutablement efficace, Spielberg se coule dans le moule d&rsquo;un classicisme brillant, un peu désuet et anachronique, mais extrêmement plaisant. On peut voir et revoir <strong>Le Pont des Espions </strong>et y trouver toujours le même plaisir renouvelé. C&rsquo;est peut-être même le premier film où l&rsquo;on peut percevoir avec clarté un des grands projets implicites de Spielberg, c&rsquo;est-à-dire retracer une histoire politique des Etats-Unis lors des deux siècles derniers, avec <strong>Amistad</strong>, <strong>Lincoln</strong>, <strong>La Couleur Pourpre</strong>, <strong>Il faut sauver le soldat Ryan</strong>, <strong>Le Pont des Espions</strong>. <strong>Pentagon Papers</strong> continuera quelques années plus tard cette saga historique. On peut même rajouter que Spielberg étend son histoire au monde entier, horizontalement sur tous les continents (<strong>Empire du Soleil</strong>, <strong>La Liste de Schindler, Cheval de Guerre</strong>) et verticalement, servant de trait d&rsquo;union incongru et exceptionnel entre les dinosaures (<strong>Jurassic Park</strong>, <strong>Le Monde perdu</strong>) et les extra-terrestres (<strong>Rencontres du troisième type</strong>, <strong>E.T.</strong>, <strong>La Guerre des mondes</strong>). </p>



<p>Au premier abord,<strong> Le Pont des espions</strong> n&rsquo;est sans doute pas le film le plus impressionnant de Steven Spielberg, s&rsquo;épanouissant dans un classicisme ultra-balisé mais distillant un plaisir certain. Cependant il possède l&rsquo;immense mérite d&rsquo;avoir remis le Maître en selle et de l&rsquo;avoir relancé pour la cinquième grande période de son parcours artistique. </p>



<p><strong>David Speranski</strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pentagon Papers : </strong>une femme envers et contre tout </h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/pentagon_papers_home_6454-1024x576.webp" alt="" class="wp-image-25350" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/pentagon_papers_home_6454-1024x576.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/pentagon_papers_home_6454-300x169.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/pentagon_papers_home_6454-768x432.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/pentagon_papers_home_6454-770x433.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/04/pentagon_papers_home_6454.webp 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Au cours de l&rsquo;année 2017, la post-production de <strong>Ready Player One</strong> prend un temps infini en raison du grand nombre d&rsquo;effets spéciaux et de la performance capture. Donald Trump, candidat républicain, vient d&rsquo;être élu et investi Président des Etats-Unis, et fait peser des menaces importantes sur la démocratie, la liberté d&rsquo;opinion et de la presse. Il n&rsquo;en faut pas davantage pour réveiller Spielberg qui avait soutenu comme à l&rsquo;accoutumée le camp démocrate en la personne d&rsquo;Hilary Clinton et pour réactiver la veine politique de son oeuvre. </p>



<p>Conçu, écrit et tourné au pas de course, <strong>Pentagon Papers</strong> constitue donc la réaction de Spielberg à l&rsquo;élection-surprise de Donald Trump. Spielberg qui avait commencé à se réfugier dans ses fictions fantastiques et féériques habituelles (<strong>Le Bon Gros Géant</strong>, <strong>Ready Player One</strong>), se voit obligé de reprendre sa casquette de cinéaste engagé et donc de sortir le troisième volet de sa trilogie politique : après le lénifiant <strong>Lincoln</strong>, écho à son admiration pour Obama, puis le classique mais efficace <strong>Pont des Espions</strong>, voici donc le revigorant <strong>Pentagon</strong> <strong>Papers</strong>, sur la publication d&rsquo;une étude préparée par le département de la Défense, soit plus de sept mille pages top secret dévoilant l&rsquo;implication politique et militaire des&nbsp;Etats-Unis dans la guerre du Viet-Nam, par deux journaux, le New York Times et le Washington Post, l&rsquo;histoire étant racontée du point de vue de la rédaction du Washington Post (<strong>The Post</strong> étant le titre original du film).  </p>



<p>Spielberg qui était sans doute le moins politisé des enfants terribles (<em>Movie Brats</em>) du Nouvel Hollywood, cf. son indifférence presque totale au conflit vietnamien dans les années 60 et 70, est paradoxalement devenu au fil du temps le cinéaste le plus politique du groupe. Il commence ainsi <strong>Pentagon Papers</strong> par quatre minutes de guerre du Viet-Nam, au point que certains spectateurs pourront légitimement croire s&rsquo;être trompés de salle. </p>



<p>Si <strong>Le Pont des Espions</strong> indiquait un net regain de forme artistique chez Spielberg, avec <strong>Pentagon Papers</strong>, pas de doute, Spielberg est de retour au plus haut niveau : mise en scène inspirée, mouvements de caméra vifs, direction d&rsquo;acteurs au cordeau (Bob Odenkirk, Carrie Coon, Matthew Rhys). Spielberg a mis en route ce projet extrêmement vite mais cette précipitation dans l&rsquo;urgence n&rsquo;a étrangement pas nui à sa qualité, bien au contraire. On ressent presque physiquement la circulation des informations, leurs conséquences sur l&rsquo;opinion, et le travail frénétique des journalistes, se privant de déjeuner ou de loisirs pour rester à l&rsquo;affût du moindre scoop. Spielberg se paie même le luxe d&rsquo;inventer des séquences typiquement spielbergiennes, comme celle du stagiaire devant infiltrer une rédaction concurrente, ou de réussir à rendre crédible un véritable suspense qui ne devrait pourtant pas occasionner de surprise aux vrais connaisseurs de l&rsquo;Histoire. Tom Hanks, pour sa cinquième et dernière collaboration à ce jour avec son metteur en scène favori, compose cette fois-ci un personnage à la John Wayne, Benjamin Bradlee, rédacteur en chef du Post, sorte de cow-boy égaré dans une rédaction, après s&rsquo;être inspiré de James Stewart pour son rôle dans <strong>Le Pont des Espions</strong>. </p>



<p>Néanmoins l&rsquo;interprétation la plus remarquable du film n&rsquo;est point celle de Tom Hanks, contrairement à ce que l&rsquo;on aurait pu croire. Avec un sens du timing exceptionnel auquel on reconnaît parfois les grands metteurs en scène, Spielberg rend hommage quelques mois après #MeToo à Katharine Graham, grande patronne de presse, directrice du Washington Post. Katharine Graham n&rsquo;était pourtant pas faite a priori pour devenir directrice de journal. Après le suicide de son mari Phil Graham qui dirigeait le Washington Post alors qu&rsquo;elle s&rsquo;est occupée de l&rsquo;éducation de leurs enfants, elle lui a succédé à la tête du journal. Manquant de confiance et d&rsquo;expérience, elle se sentait méprisée et sous-estimée par ses collaborateurs. Or c&rsquo;est elle qui, par une résolution inébranlable, a courageusement décidé, au risque de finir ses jours en prison, de publier les Pentagon Papers. Meryl Streep qui n&rsquo;avait jamais collaboré avec Spielberg, hormis la voix de la Fée Bleue dans <strong>A.I,</strong> donne au personnage toute sa dimension d&rsquo;humilité non feinte et d&rsquo;intelligence intuitive exceptionnelle. Filmée selon la situation de domination ou de soumission en plongée ou en contre-plongée, Meryl Streep incarne pleinement cette femme forte, malgré ses hésitations et failles, isolée et opprimée dans un monde d&rsquo;hommes. Sur l&rsquo;ensemble de sa filmographie, Spielberg est assez peu réputé pour sa direction d&rsquo;actrices : il a pourtant offert de très beaux personnages à des actrices qui s&rsquo;en sont brillamment emparé : Goldie Hawn (<strong>Sugarland Express</strong>), Whoopi Goldberg (<strong>La Couleur Pourpre</strong>), Meryl Streep (<strong>Pentagon</strong> <strong>Papers</strong>) et Michelle Williams (<strong>The Fabelmans</strong>). Le personnage de Katharine Graham est certainement l&rsquo;expression la plus évidente d&rsquo;un féminisme discret, non militant, dû au fait que Spielberg a été élevé dans un environnement presque exclusivement féminin (sa mère et ses trois soeurs). </p>



<p><strong>Pentagon Papers</strong> représente donc un hymne extrêmement convaincant à la liberté de la presse. La fourmilière de journalistes en ébullition dépouillant les Pentagon Papers demeure sans doute une image inoubliable et un exemple iconique pour tous les journalistes dignes de ce nom. Lorsque Spielberg filme à la fin du film les rotatives d&rsquo;impression avec une gourmandise non dissimulée, il se dégage de <strong>Pentagon Papers</strong> un ineffable plaisir physique, voire presque l&rsquo;odeur fraîche du papier journal diffusant les bonnes ou mauvaises nouvelles. L&rsquo;ombre de Nixon, filmée de dos, plane sur le long-métrage, (Spielberg a utilisé la vraie voix de Nixon dans sa pénultième séquence) en reflet annonciateur d&rsquo;un Trump qui rôde à l&rsquo;époque dans les couloirs de la Maison-Blanche. Spielberg affiche même la suprême élégance d&rsquo;interrompre son film juste avant la découverte du scandale du Watergate, raccordant avec un classique du cinéma d&rsquo;investigation, <strong>Les Hommes du Président</strong> de Alan J. Pakula, et définissant modestement <strong>Pentagon Papers</strong> comme une préquelle indispensable dans le cadre de l&rsquo;histoire du cinéma politique des Etats-Unis. </p>



<p><strong>David Speranski  </strong></p>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ready Player One  : </strong>Pop Culture </h2>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="960" height="540" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/READY-PLAYER-ONE-3196357.webp" alt="" class="wp-image-24606" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/READY-PLAYER-ONE-3196357.webp 960w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/READY-PLAYER-ONE-3196357-300x169.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/READY-PLAYER-ONE-3196357-768x432.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/READY-PLAYER-ONE-3196357-770x433.webp 770w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></figure>



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<p>On avait laissé Steven Spielberg deux mois auparavant sur <strong>Pentagon Papers</strong> qui exprimait un net regain de forme de sa part. Néanmoins le sujet beaucoup trop classique de journalisme politique ligotait un peu l’expression de son style. On attendait avec <strong>Ready Player One</strong> la confirmation de cette inspiration revivifiée. Le Boss (un peu comme Springsteen dans le rock) est réellement de retour avec ce film de science-fiction qui s’avère être sans doute le seul classique instantané de ce genre cette année, voire de cette décennie. Il a enfin fallu ce film pour retrouver Spielberg à son plus haut niveau d’inventivité narrative et de prouesse technologique, alliance rare qu’il est le seul à pouvoir offrir ainsi au grand public.</p>



<p>Ce n’était pourtant pas partie gagnée au vu de ses derniers films. <strong>Lincoln</strong>, <strong>Le Bon Gros Géant</strong>, etc. étaient des films mineurs qu’on allait voir en étant un peu obligés, pour ne pas manquer un chapitre de son œuvre. Il faut remonter à <strong>La Guerre des Mondes</strong> (2005) pour se souvenir d’un Spielberg véritablement enthousiasmant. Néanmoins il fallait compter sur la schizophrénie assumée du bonhomme: il s’attache souvent à produire alternativement un film pour l’Académie des Oscars (<strong>La Couleur Pourpre</strong>, <strong>L’Empire du Soleil</strong>, <strong>La Liste de Schindler,</strong> <strong>Amistad</strong>, <strong>Il faut sauver le soldat Ryan</strong>, <strong>Munich</strong>, etc. ) et un film pour le fun, le divertissement, pour l’adolescent qu’il n’a jamais cessé d’être (<strong>Les Dents de la mer</strong>, <strong>Rencontres du troisième type</strong>, <strong>Les Aventuriers de l’arche perdue</strong>, <strong>E.T.</strong>, <strong>Jurassic Park</strong>, <strong>Minority Report</strong>, <strong>Arrête-moi si tu peux</strong>, etc.). Souvent ses films les plus sérieux ne sont pas forcément ses films les plus personnels et inversement.</p>



<p><strong>Ready Player One</strong> est ainsi une fiction dystopique où le monde va particulièrement mal, sur les plans social, politique et écologique : les gens vivent pour leur plus grande majorité dans des bidonvilles et se réfugient par mode compensatoire dans un univers de fiction partagée, l’OASIS, créée par un mystérieux démiurge, James Halliday, qui vient de disparaître. Ce dernier a laissé une énigme disséminée dans son monde virtuel. Celui qui trouvera les trois clés de cette énigme deviendra le propriétaire de l’OASIS. Face à Nolan Sorrento, propriétaire de l’OAI, multinationale dominant une partie du monde économique, quelques rebelles, Wade Watts, un jeune homme à peine sorti de l’adolescence, Samantha et quelques autres, cherchent à résoudre l’énigme avant lui.</p>



<p>Cette intrigue, inspirée par le roman culte d’Ernest Cline, s’avère être le prétexte pour Spielberg, tel un Janus à deux visages, pour regarder à la fois le passé et l’avenir. Du côté du passé, comme Halliday fait des références incessantes à la culture de sa jeunesse, les années 80 sont à l’honneur. <strong>Ready Player One</strong> ressemble à une synthèse ahurissante de la pop culture issue de cette décennie: la musique (Van Halen, New Order, Duran Duran, Tears for fears, etc.), la littérature <strong>(Le Seigneur des anneaux</strong>, les mangas), le cinéma (<strong>Alien</strong>, <strong>Shining</strong>, <strong>Retour vers le futur</strong>, via le Cube Zemeckis et la musique pour une fois laissée à Alan Silvestri, en lieu et place de John Williams). Du côté de l’avenir, Spielberg explore le terrain des identités virtuelles et des jeux vidéo en VR. Chaque personnage ou presque possède ainsi un double virtuel, plus beau, plus élégant, plus fort, Parzival pour Wade, Art3miz pour Samantha, etc. Parfois les âges et les sexes ne correspondent pas forcément mais tout est permis dans l’enclave de l’univers fictionnel de l’OASIS. Tout n’est qu’illusion et l’OASIS est bien entendu une métaphore sublime du cinéma qui « <em>substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs</em> « , comme le disait André Bazin ou plutôt Michel Mourlet.</p>



<p>De nombreux réalisateurs pressentis (Christopher Nolan, Matthew Vaughn, Peter Jackson, Edgar Wright, Robert Zemeckis) ont tous échoué à mettre en scène ce projet. La plupart sont d’ailleurs cités dans le film, nommément (Nolan Sorrento, Zemeckis) ou par l’image (<strong>King</strong> <strong>Kong </strong>de Peter Jackson). Cependant, seul Steven Spielberg pouvait réussir ce cocktail d’humour et de technologie de haute volée. Seul Spielberg, hormis peut-être James Cameron, pouvait réussir à montrer aussi bien la séparation et l’alternance de deux mondes, le virtuel et le réel, montrer le premier en motion captures, en faisant des dizaines de clins d’œil à la culture geek et le second, sombre et désespéré, avec la photographie typique du cinéma des années 80. Seul Spielberg pouvait aussi bien relier les deux, en intégrant des personnage de VR dans le réel ou inversement, sans que le public ne s’y perde un seul instant. Seul Spielberg pouvait enfin se montrer aussi virtuose dans l’enchaînement et la fluidité des mouvements de caméra, passant de l’un à l’autre, sans discontinuer. La caméra flotte dans la virtualité, tout comme les personnages, comme dans ce numéro hallucinant de danse de Parzival et d’Art3mis sur <strong>Saturday Night Fever</strong> des Bee Gees.</p>



<p>Tout comme sa caméra, Steven Spielberg n’a plus de limites et peut même se permettre de rendre hommage avec humour à l&rsquo;un de ses maîtres et amis, Stanley Kubrick. Pourtant dans cet univers dépourvu de frontières, hormis celles de l’imagination, Spielberg n’oublie pas en définitive de renvoyer vers le réel, l’ultime limite car « <em>la réalité a pour principale qualité d’être réelle</em>  » . A travers son personnage, qui est d’ailleurs son portrait craché à l’adolescence, Spielberg souhaite nous dire que, bien maîtrisée, la fiction n’isole pas mais permet bien au contraire de s’épanouir, de connaître l’amour et l’amitié. En tant que Rosebud du film, c’est sans doute l’une des plus belles leçons de confiance en son moyen d’expression qu’un cinéaste pouvait nous donner.</p>



<p><strong>David Speranski  </strong></p>



<p></p>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong>West Side Story : </strong>version diversité </h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/west-side-story-1024x682.webp" alt="" class="wp-image-24602" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/west-side-story-1024x682.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/west-side-story-300x200.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/west-side-story-768x512.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/west-side-story-360x240.webp 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/west-side-story-720x480.webp 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/west-side-story-770x513.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/west-side-story.webp 1240w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Tourné du 10 juin au 28 septembre 2019, <strong>West Side Story </strong>de Steven Spielberg est sans doute l’un des films les plus attendus de la planète cinéma depuis quelques années car il fut mis sous carafe pendant plus de deux ans, en raison de la pandémie de Covid-19. Il devait ainsi déjà sortir en décembre 2020 mais sa sortie fut reportée jusqu’à l’année suivante. L’attente est donc immense car le défi se révèle assez incroyable pour l’un des metteurs en scène les plus brillants de notre époque. Comment donner de l’intérêt et une certaine actualité au remake d’un classique de la comédie musicale qui fait partie des films préférés de nombre de spectateurs et cinéphiles? Steven Spielberg s’en sort avec les honneurs en proposant une version de <strong>West Side Story</strong> sur le mode de la diversité, bénéficiant de tous les progrès technologiques, dans le tournage et le montage des séquences, même s’il atteint rarement -mais parfois -le niveau de son modèle.</p>



<p>A New York, en 1957, deux gangs de rue rivaux, les Jets (Américains d’origine polonaise, irlandaise et italienne), avec Riff à leur tête, et les Sharks (immigrés d’origine portoricaine), menés par Bernardo, font la loi dans le quartier West. Ils se provoquent et s’affrontent à l’occasion. Tony, ex-chef des Jets qui a maintenant pris ses distances avec le gang, et ami de Riff, et Maria, la sœur de Bernardo, le chef des Sharks, tombent amoureux, mais le couple, en raison de la situation tendue entre les deux clans, doit se résoudre à constater que leur amour est impossible.</p>



<p>Steven Spielberg le précise à de nombreuses reprises : sa version de <strong>West Side Story</strong> ne constitue pas un remake du film de Robert Wise et Jerome Robbins, sorti en 1961, mais une nouvelle adaptation du « musical » de Broadway qui a connu le succès à la fin des années cinquante, comme s’il voulait se prémunir de toute comparaison possible avec le film estampillé chef-d’oeuvre de Robbins et Wise. Or, il est bien trop intelligent pour ne pas le savoir : une infime minorité de gens sont encore vivants pour avoir vu cette production théâtrale alors que chacun peut se reporter à la vidéo du <strong>West Side Story</strong> de 1961. Il se lance donc un défi quasiment insurmontable, refaire un chef-d’oeuvre, en réaliser une version différente, afin de lui donner une résonance accordée à notre époque.</p>



<p>Comment définir un chef-d’oeuvre? Une oeuvre dont tous les éléments, aussi différents soient-ils (scénario, réalisation, interprétation, direction artistique, photographie, musique, montage), fusionnent harmonieusement pour livrer un film unique, visité par la grâce. <strong>West Side Story</strong> de Wise et Robbins, combine ainsi de nombreux éléments hétérogènes qui se trouvent tous, ô miracle, au summum de la perfection : une interprétation bouleversante (Natalie Wood au pic de son pouvoir d’émotion, George Chakiris et Rita Moreno pleins d’allant et d’élégance), un livret joliment ouvragé d’Arthur Daniels inspiré du shakespearien <strong>Roméo et Juliette</strong>, des paroles ciselées par le regretté Stephen Sondheim, récemment disparu, une musique inoubliable de Leonard Bernstein, alignant les perles, une chorégraphie moderne et innovante de Jerome Robbins, enfin une mise en scène ample et efficace de Robert Wise.</p>



<p>Le projet de Steven Spielberg est donc à la fois extrêmement intime (le film est dédié à son père, avec qui il a sans doute partagé nombre de visionnages du film de Robbins et Wise) et résolument moderne, rendre <strong>West Side Story</strong> actuel, en en proposant une version à la hauteur des enjeux de notre temps. En ce qui concerne l’actualité du film, la réécriture de <strong>West Side Story</strong> par le scénariste Tony Kushner (<strong>Munich</strong>, <strong>Lincoln</strong>), donne en effet une consistance documentaire à l’opposition entre les Jets et les Sharks et une résonance assez profonde aux thèmes de l’intégration, du racisme et de l’opposition entre les communautés, consistance et résonance bien plus marquées sur le terrain sociétal que l’oeuvre de Robbins et Wise. Sur ces thèmes, on ne peut guère soupçonner Steven Spielberg d’opportunisme, lui qui a déjà plus de trente ans auparavant filmé <strong>La Couleur pourpre</strong>. Les Jets sont ici ouvertement racistes, alors que cela apparaissait de manière bien plus édulcorée dans la version de 1961, trouvant un écho très moderne dans certains des supporters trumpistes. De l’autre côté, les Sharks s’expriment très souvent en espagnol, Spielberg intégrant tout simplement ces bribes de dialogue dans le flux du film. Allant dans le même sens que cette actualisation sociétale, la distribution a fait l’objet de principes stricts : choisir des interprètes jeunes et appartenant à la communauté spécifiée dans le film, ce qui n’était pas forcément le cas dans la version Wise-Robbins. Idem pour l’exigence que les comédiens soient aussi des chanteurs et danseurs accomplis (Natalie Wood était doublée par Marti Nixon dans la version de 1961). On peut même souligner le fait d’avoir engagé un interprète trans pour le rôle de Anybodys, le garçon manqué qui tient un rôle-clé dans l’intrigue. Par conséquent, les intentions étaient plus que louables mais retrouver ainsi l’alchimie de la distribution originelle relevait d’un défi aussi impossible que l’amour qui lie María à Tony. La distribution du <strong>West Side Story</strong> originel en constitue l’un des grands points forts : comment imaginer égaler la performance très émouvante d’une Natalie Wood au summum de son art? Ou encore l’élégance et la grâce de George Chakiris et Rita Moreno, tous les deux oscarisés pour leurs rôles respectifs ; sans même parler des noms déjà évoqués, Richard Beymer (Tony) et Russ Tamblyn (Riff) étaient également excellents dans leurs personnages et sont ensuite réapparus dans <strong>Twin Peaks</strong> de David Lynch, qu’on suppose sans trop de mal être un des grands fans de cette comédie musicale.</p>



<p>C’est bien là où le bât blesse, dans la distribution. En dépit d’efforts méritoires, Ansel Elgort (<strong>Baby Driver</strong>) et la débutante Rachel Zegler forment un couple relativement anodin, comparé au duo tragique Natalie Wood-Richard Beymer ; David Alvarez propose une version intello et engagée de Bernardo, à mille lieues des entrechats magiques de George Chakiris. Seule la moitié de la distribution principale s’avère plutôt réussie : Ariana DeBose, extrêmement douée, parvient presque à faire oublier Rita Moreno en Anita ; Josh Andrès Rivera se révèle assez émouvant dans le rôle de Chino, l’amoureux éconduit de María. La plus grande innovation de la distribution consiste en fait à avoir transformé le rôle de Doc en celui de sa veuve Valentina et surtout à confier ce rôle à la revenante Rita Moreno, l’interprète originelle d’Anita. Dans ce qui est peut-être le plus beau moment du film, elle se voit attribuer le morceau culte <strong>Somewhere</strong>, l’occasion de grands frissons garantis, son interprétation jetant un pont à travers le temps entre le <strong>West Side Story</strong> de 1961 et celui de Steven Spielberg.</p>



<p>Par conséquent, <strong>West Side Story</strong> version Spielberg ne mérite guère d’être vilipendé. Le coeur du film, soit le flush royal de cinq chansons cultes, <strong>María</strong>, <strong>America</strong>, <strong>Tonight</strong>, <strong>I feel pretty</strong>, <strong>Somewhere</strong>, met en valeur des versions cinématographiques qui n’ont guère à rougir face aux originales (surtout <strong>America </strong>et <strong>Tonight </strong>bénéficiant d’une caméra plus mobile et d’effets de montage originaux). Steven Spielberg a fait preuve d’efforts extrêmement louables dans l’actualisation des thèmes et la mise en avant de la diversité. S’il ne s’approche que rarement de son modèle plus ou moins avoué, en raison d’une distribution inégale, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mais contrairement au facteur, la grâce ne sonne pas deux fois au même endroit.</p>



<p><strong>David Speranski</strong></p>



<p></p>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong>The Fabelmans : </strong>l&rsquo;Enfance de l&rsquo;art </h2>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1000" height="563" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/fabelmans-gabe-1.jpg" alt="" class="wp-image-24597" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/fabelmans-gabe-1.jpg 1000w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/fabelmans-gabe-1-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/fabelmans-gabe-1-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/fabelmans-gabe-1-770x434.jpg 770w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p></p>



<p>Le cinéma relève très souvent de l’art du souvenir. Se souvenir des belles choses, du vert paradis de son enfance, des épiphanies de son passé, pour les fixer définitivement sur pellicule ou désormais en numérique, recréant ainsi des images ressuscitées afin de les rendre inaltérables, en les partageant avec tous. Pour un écrivain comme pour un cinéaste, le processus autobiographique est souvent gratifiant car il permet au lecteur/spectateur de s’identifier à l’artiste, en ayant traversé souvent les mêmes épreuves, et à l’auteur de livrer fréquemment l’une de ses oeuvres les plus personnelles et réussies. Depuis une avant-première mondiale triomphale au Festival de Toronto le 10 septembre 2022, d’où il est reparti avec le Prix du Public, Steven Spielberg était un peu attendu en France au tournant de son oeuvre la plus autobiographique. Il a choisi le Festival Lumière pour offrir l’exclusivité européenne de <strong>The Fabelmans</strong> et révéler ainsi son oeuvre a priori la plus personnelle le 18 octobre. A l’orée du possible crépuscule d’une carrière qui fut longue et passionnante et n’est pas encore près de s’achever, Spielberg a décidé de tomber le masque et de révéler le traumatisme profond à l’origine de sa vocation de cinéaste : la séparation de ses parents. Certes tous les enfants de divorcés ne deviennent pas, loin s’en faut, des virtuoses de la caméra. Mais <strong>The Fabelmans</strong>, en revenant sur le passé et l’enfance de Spielberg, parvient à faire comprendre à quel point chez Spielberg les deux phénomènes sont liés : pas de cinéma authentique sans un douloureux apprentissage de la vérité.</p>



<p>Après la Seconde Guerre mondiale, du début des années cinquante à la clôture des années soixante, Sammy Fabelman grandit paisiblement dans l’Arizona. Alors que le couple de ses parents se délite imperceptiblement, Sammy se prend d’une passion incommensurable et illimitée pour le cinéma, pressentant en lui les germes d’une vocation précoce.</p>



<p></p>



<p>En littérature, les ouvrages autobiographiques sont légion ; c’est presque autant le cas au cinéma. Pour ne citer que les plus remarquables et célèbres films autobiographiques, il faudrait mentionner <strong>Les Quatre cent coups</strong> de François Truffaut (cinéaste admiré par Spielberg), <strong>Au revoir les enfants</strong> de Louis Malle, <strong>Le Miroir</strong> d’Andrei Tarkovski, <strong>Amarcord </strong>de Federico Fellini, <strong>Fanny et Alexandre</strong> d’Ingmar Bergman, ou le moins connu <strong>Hope and Glory</strong> de John Boorman. De grands cinéastes reviennent ainsi sur leur passé, souvent leur enfance, et donnent à leurs admirateurs des clés précieuses pour comprendre et interpréter leur oeuvre. Cette tendance autobiographique s’est accrue avec le confinement qui a signifié pour beaucoup de cinéastes un repli sur eux-mêmes, une introspection forcée qui les a obligés assez souvent à interroger les origines de leur désir de création. Cette tendance récente a été inaugurée, voire précédée par <strong>Roma </strong>d’Alfonso Cuarón. Lors de la sortie de pandémie, nous voyons se succéder <strong>La Main de Dieu</strong> de Paolo Sorrentino, <strong>Belfast</strong> de Kenneth Branagh, <strong>Armageddon Time</strong> de James Gray et donc <strong>The Fabelmans</strong> de Steven Spielberg. Tous ces films ont pour point commun de revenir sur le passé (souvent l’enfance, dans quatre films sur cinq) d’un cinéaste, nous permettant d’observer ce qui a pu le constituer en tant qu’individu et le former en tant que créateur.</p>



<p>Steven Spielberg ne fait donc pas exception à la règle. Reconnaissons-le, hormis l’exception insolite de <strong>Ready Player one</strong>, depuis une bonne vingtaine d’années, Spielberg se retourne systématiquement vers le passé : il faut remonter à <strong>La Guerre des mondes</strong> pour dénicher un Spielberg contemporain de son époque, ce que l’on peut expliquer par le traumatisme vécu lors des attentats du 11 septembre 2001, dernier fait historique récent dont Spielberg a témoigné via un remake d’un film de science-fiction. Son dernier film sorti en date, <strong>West Side Story</strong>, représentait ainsi une tentative de créer une version modernisée d’un spectacle de la fin des années cinquante, mais était trop éloignée de la version originelle pour satisfaire les fans, et trop proche de cette dernière pour plaire à ses détracteurs. Cette tendance nostalgique, Spielberg n’essaie pas d’y échapper, il la cultive même.</p>



<p>C’est pourtant la première fois que Spielberg se livre à l’exercice de l’autobiographie de manière aussi directe. Il avait déjà distillé par endroits de-ci de-là des parcelles de son histoire personnelle, à chaque fois assez dissimulées derrière son art de la narration et du grand spectacle. <strong>Rencontres du troisième type</strong>, <strong>E.T.</strong>, <strong>Empire du soleil</strong>, <strong>Arrête-moi si tu peux</strong>, contiennent ainsi des bribes du passé de Steven Spielberg, déversant leur lot de familles dysfonctionnelles et d’enfants perdus, abandonnés à leur sort, Ce n’est que la troisième fois que Spielberg signe le scénario de son film, après <strong>Rencontres du troisième type </strong>et <strong>A.I. intelligence artificielle</strong>. Ce désir de fiction autobiographique le taraudait depuis plus de quarante ans puisque en 1978, il avait déjà confié au tandem Zemeckis-Gale l’écriture d&rsquo;un scénario revenant sur son enfance. Mais sa légendaire pudeur a sans cesse différé la réalisation de ce projet qui lui tenait pourtant à coeur. Il a fallu un événement crucial, la mort de son père en 2020, trois ans après celle de sa mère, pour qu’il se résolve à aborder peut-être l’histoire la plus douloureuse de sa vie, celle qui se trouve à l’origine de toutes ses histoires de cinéma.</p>



<p>Au commencement était donc le cinéma, plus particulièrement une séance de cinéma qui lui faisait peur, celle de <strong>Sous le plus grand chapiteau du monde</strong> de Cecil B. de Mille. Accompagné presque de force par ses parents, le jeune Sammy vit alors un traumatisme profond et durable. D’un côté, son père, scientifique, (le placide Paul Dano) le rassure sur la nature inquiétante du phénomène cinématographique, en lui expliquant que le cinéma, ce sont simplement vingt-quatre images par seconde. On croit presque entendre la réplique fameuse du<strong> Petit Soldat</strong> de Godard, « <em>le cinéma, c’est la vérité vingt-quatre fois par seconde</em> » . De l’autre, sa mère, (merveilleuse Michelle Williams), l’artiste, musicienne et concertiste qui a sacrifié sa carrière pour ses enfants, rassure Sammy, en lui assurant que ce sont des rêves sur pellicule. Là aussi, on croit presque entendre Orson Welles et sa célèbre expression du ruban de rêves.</p>



<p>Il faudra que se joigne au couple le meilleur ami du père (Seth Rogen dans un rôle inattendu de sensibilité) pour que se forme un trio à la manière de <strong>Jules et Jim</strong>, un Jules et Jim chaste et empêché par la morale et les convenances de l’époque. On comprend aujourd’hui à quel point Spielberg a pu être marqué par le film de Truffaut et y reconnaitre un écho direct de son histoire familiale personnelle. En parallèle, Sammy commence à tourner de petits films amateurs avec ses soeurs ou ses camarades d’école, changeant souvent de distribution en fonction des déménagements fréquents causés par le métier de son père. Il grandira pour s’affirmer enfin cinéaste, d’où la rencontre mythique avec un John Ford, admiration de toujours, campé ici par David Lynch, dans une séquence destinée à devenir culte. <strong>The Fabelmans</strong> est ainsi un film en apparence léger et drôle qui se révèle progressivement déchirant. Comme l’annonce un des oncles de Sammy, interprété par Judd Hirsch (<strong>Des gens comme les autres</strong>, <strong>A bout de course</strong>), «<em> l’art et la famille, ça va te déchirer en deux!</em> » , indiquant à quel point la famille peut empêcher l’art et réciproquement. Le cinéma représente ici une passion dévorante à laquelle beaucoup de choses et de personnes se verront sacrifiées, un instrument de vérité et de combat certes (en particulier contre l’antisémitisme) mais également un ogre dévorant comme Saturne ses propres enfants. D’une certaine manière, Spielberg rejoint la dimension crépusculaire d’un Eastwood dans la dissection d’un mythe originel mais surtout fait pour la première fois de l’un de ses travers habituels, le sentimentalisme, une de ses forces. Dans <strong>The Fabelmans</strong>, l’émotion ne se cache plus et n’existe pas pour se donner bonne conscience, elle se trouve au coeur du projet,, elle est incontestablement nécessaire, ce qui rend ce film de Spielberg, introspectif et récapitulatif, essentiel pour tous ceux qui aiment le cinéma.</p>



<p><strong>Remy Pignatiello  </strong></p>



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<!-- INTERLUDE 2 -->
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		<title>TOP 10 Cinéma 2022 : les films préférés de MovieRama en 2022</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Jan 2023 00:59:47 +0000</pubDate>
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<p><strong>Comme l&rsquo;on dit parfois que nous vivons des Nuits de la Pleine Lune, dixit Eric Rohmer, l&rsquo;un des cinéastes dont nous regrettons le plus la disparition, cette année 2022 a été depuis trois ans la première année “pleine” de cinéma, dans tous les sens du terme, que ce soit pour le nombre de jours où les salles sont restées ouvertes, ou encore pour la jubilatoire pléthore d&rsquo;oeuvres de cinéma qui sont venues illuminer nos jours et nos nuits. Deux films ont largement dominé cette année 2022, ce dont le classement de cette année s&rsquo;est fait l&rsquo;écho, à tel point qu&rsquo;ils ne sont séparés que d&rsquo;une minuscule unité de vote : <a href="https://movierama.fr/licorice-pizza-a-la-recherche-du-temps-disparu/">Licorice Pizza</a> de Paul Thomas Anderson et <a href="https://movierama.fr/pacifiction-tourment-sur-les-iles-paranoia-en-polynesie/">Pacifiction </a>d&rsquo;Albert Serra. Ces deux oeuvres, en évoquant le passé directement (la crise du pétrole en 1973 pour<a href="https://movierama.fr/licorice-pizza-a-la-recherche-du-temps-disparu/"> Licorice Pizza</a>) ou indirectement (la reprise des essais nucléaires dans <a href="https://movierama.fr/pacifiction-tourment-sur-les-iles-paranoia-en-polynesie/">Pacifiction</a>), éclairent d&rsquo;une étrange lumière notre présent. L&rsquo;art possède une prescience dont les horoscopes ne disposent souvent pas. Les deux films ont ainsi prévu, alors qu&rsquo;ils ont été tournés avant l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine, la hausse infernale du prix des carburants et l&rsquo;actualisation du risque d&rsquo;intervention nucléaire. Le passé éclaire le présent et le cinéma invente l&rsquo;avenir.</strong></p>



<p><strong>TOP GENERAL FILMS 2022 </strong></p>



<p>1. <strong><a href="https://movierama.fr/licorice-pizza-a-la-recherche-du-temps-disparu/">Licorice Pizza</a></strong> de Paul Thomas Anderson, 31 points.<br>2. <strong><a href="https://movierama.fr/pacifiction-tourment-sur-les-iles-paranoia-en-polynesie/">Pacifiction </a></strong>d&rsquo;Albert Serra, 30 points.<br>3. <strong><a href="https://movierama.fr/aucun-ours-aux-frontieres-du-reel/">Aucun ours</a></strong> de Jafar Panahi, 24 points.<br>4. <strong><a href="https://movierama.fr/joyland-corps-emprisonnes-et-esprits-rebelles/">Joyland </a></strong>de Saim Sadiq, 24 points.<br>5. <strong><a href="https://movierama.fr/bruno-reidal-ame-meurtriere/">Bruno Reidal</a></strong> de Vincent Le Port, 21 points.<br>6. <strong><a href="https://movierama.fr/la-nuit-du-12-chat-noir-dans-la-penombre/">La Nuit du 12</a></strong> de Dominik Moll, 18 points.<br>7. <strong><a href="https://movierama.fr/ad-bestas-nos-pires-voisins/">As Bestas</a></strong> de Rodrigo Sorogoyen, 17 points.<br>8. <strong><a href="https://movierama.fr/armageddon-time-enfance-qu-es-tu-devenue/">Armageddon Time</a></strong> de James Gray, 16 points.<br>9. <strong><a href="https://movierama.fr/petite-nature-johnny-belle-gueule-johnny-pepite/">Petite nature</a></strong> de Samuel Theis, 15 points.<br>10 ex aequo. <a href="https://movierama.fr/decision-to-leave-basic-instinct-a-la-coreenne/"><strong>Decision to leave</strong> </a>de Park Chan-wook et <strong><a href="https://movierama.fr/contes-du-hasard-et-autres-fantaisies-lamour-nest-pas-gai/">Contes du hasard et autres fantaisies </a></strong>de Ryusuke Hamaguchi, 13 points. <strong> </strong></p>



<p>N.B. : en dépit d&rsquo;un nombre identique de points, la 3ème place d&rsquo;<strong><a href="https://movierama.fr/aucun-ours-aux-frontieres-du-reel/">Aucun ours</a></strong> par rapport à <strong><a href="https://movierama.fr/joyland-corps-emprisonnes-et-esprits-rebelles/">Joyland </a></strong>s&rsquo;explique par un nombre plus élevé de premières places (2) dans les listes de rédacteurs. </p>



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<p></p>



<ul>
<li><strong>ANA HYDE</strong></li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="752" height="423" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/aucun-ours-phpjopJyX.jpg" alt="" class="wp-image-22031" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/aucun-ours-phpjopJyX.jpg 752w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/aucun-ours-phpjopJyX-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 752px) 100vw, 752px" /></figure>



<p></p>



<p>L’année 2022 fut riche et contrastée, multiple et dispersée, comme en réponse à deux années de crise sanitaire durant lesquelles une somme de films dut attendre que la tempête passe pour sortir sur les grands écrans. Bien que le confinement et par là l’enfermement nous aient tous précédés, on constate que l’image de la libération et par elle le pouvoir libérateur du cinéma ait finalement coïncidé à, certes, un souci d’émancipation, visible à travers des destinées de héros essayant d’en sortir, mais par eux, comme vœux trop pieux, à la traduction de quelques autres enfermements dont nous semblons tous dépendants d’une manière ou d’une autre. Que ce soit via le biopic, le western, le huis-clos, le film engagé et leur détournement par le cinéma, pris dans les psychismes de personnages ou seulement clos dans la boîte noire, dans des registres du plus burlesque au plus tragique, du plus chic au plus fou, voici quelles sont les dix propositions qui révèlent qu’on ne sort pas si facilement de deux années trop policées, même à vouloir s’émanciper ou alors pas sans drame… finalement.</p>



<p>1. <strong><a href="https://movierama.fr/aucun-ours-aux-frontieres-du-reel/">Aucun ours</a></strong> de Jafar Panahi <br>2. <strong><a href="https://movierama.fr/joyland-corps-emprisonnes-et-esprits-rebelles/">Joyland </a></strong>de Saim Sadiq <br>3. <strong><a href="https://movierama.fr/bruno-reidal-ame-meurtriere/">Bruno Reidal</a></strong> de Vincent Le Port <br>4. <strong><a href="https://movierama.fr/medusa-le-miroir-des-maudites/">Medusa </a></strong>d&rsquo;Anita Rocha Da Silveira <br>5. <strong><a href="https://movierama.fr/la-legende-du-roi-crabe-laraignee-et-la-barbe/">La Légende du roi crabe</a></strong> d&rsquo;Alessio Rigo de Righi et Matteo Zoppis<br>6. <strong><a href="https://movierama.fr/petite-nature-johnny-belle-gueule-johnny-pepite/">Petite nature</a></strong> de Samuel Theis <br>7. <strong><a href="https://movierama.fr/juste-sous-vos-yeux-et-a-travers-les-siens/">Juste sous vos yeux</a></strong> de Hong Sang-soo <br>8. <strong><a href="https://movierama.fr/she-said-lenquete-avant-la-tempete/">She said </a></strong>de Maria Schrader <br>9. <strong><a href="https://movierama.fr/mauvaises-filles-de-si-beaux-soleils-interieurs/">Mauvaises filles</a></strong> d&rsquo;Emérance Dubas <br>10. <strong><a href="https://movierama.fr/after-blue-paradis-sale-dead-can-dance/">After blue &#8211; Paradis sale</a></strong> de Bertrand Mandico </p>



<p><br>Ce sont dix trajectoires, des chemins ou des cheminements, à travers forêts intérieures ou déserts imaginaires, des routes infinies ou des voies sans issues, des parcours d’émancipation où souvent rôde pourtant la mort – la perte, le deuil ou l’emprisonnement –, où les héroïnes n’ont rien à envier aux héros, surtout quand elles les dépassent, que ces dix films choisis nous donnent à voir. De façon certaine, directement ou directement – consciemment ou inconsciemment –, ce sont plus que les maux de la Terre qui se partagent ici, à travers des géographies, des cultures, des habitus, ou leurs fantasmes qui se traduisent par, pour et dans l’image de cinéma. S’il est impossible de classer en croissance ou décroissance ces dix films, ils se répondent pourtant dans un chœur à réveiller les morts ou à vouloir même les déterrer. L’enfer reste bien les autres [Sartre], c’est un existentialiste qui l’a dit, même si à côté de lui, on peut toujours imaginer Sisyphe… heureux…<br>À vos amours, et surtout… en 23, allez au cinéma !</p>



<p>Dans tous les cas, et au-delà de cette petite liste, il faut nécessairement aller voir <a href="https://movierama.fr/coma-generation-desenchantee/"><strong>Coma</strong> </a>de Bertrand Bonello, <strong><a href="https://movierama.fr/viens-je-temmene-eloge-de-la-diversite/">Viens je t&#8217;emmène</a> </strong>d&rsquo;Alain Guiraudie, <a href="https://movierama.fr/eo-sous-le-signe-de-lanimal/"><strong>Eo</strong> </a>de Jerzy Skolimowski et <strong><a href="https://movierama.fr/la-nuit-du-12-chat-noir-dans-la-penombre/">La Nuit du 12</a></strong> de Dominik Moll.</p>



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<ul>
<li><strong>BERENICE PAUL </strong> <strong> </strong></li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="573" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/les-nuits-de-mashhad-1024x573.jpg" alt="" class="wp-image-22037" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/les-nuits-de-mashhad-1024x573.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/les-nuits-de-mashhad-300x168.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/les-nuits-de-mashhad-768x430.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/les-nuits-de-mashhad-770x431.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/les-nuits-de-mashhad.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>1. <strong><a href="https://movierama.fr/les-chroniques-de-poulet-pou-jack-l-eventreur-en-iran/">Les Nuits de Mashhad</a></strong> d&rsquo;Ali Abbasi </p>



<p>Ali Abbasi compose un chef-d’oeuvre d’une incroyable densité en forme de réquisitoire contre la société patriarcale iranienne.</p>



<p>2. <a href="https://movierama.fr/pacifiction-tourment-sur-les-iles-paranoia-en-polynesie/"><strong>Pacifiction</strong> </a>d&rsquo;Albert Serra </p>



<p>Une oeuvre magnifique qui enchante l’oeil autant qu’elle charme l’esprit. </p>



<p>3. <strong><a href="https://movierama.fr/everything-everywhere-all-at-once-apprendre-a-aimer/">Everything everywhere all at once</a></strong> de Daniel Scheinert et Daniel Kwan</p>



<p>Un film qui fait de la science-fiction un art martial mâtiné d’humour tendre.</p>



<p>4. <strong><a href="https://movierama.fr/la-nuit-du-12-chat-noir-dans-la-penombre/">La nuit du 12</a></strong> de Dominik Moll </p>



<p>Une oeuvre qui démonte la mécanique du féminicide tout en pointant les défaillances du système politico-judiciaire.</p>



<p>5. <a href="https://movierama.fr/joyland-corps-emprisonnes-et-esprits-rebelles/"><strong>Joyland</strong> </a>de Saim Sadiq </p>



<p>Un chef-d’oeuvre qui annonce le renouveau du cinéma pakistanais.</p>



<p>6. <a href="https://movierama.fr/fumer-fait-tousser-changement-depoque-en-cours/"><strong>Fumer fait tousser</strong> </a>de Quentin Dupieux </p>



<p>Qui a dit fumer ne faisait pas rire ? Quentin Dupieux nous le prouve en faisant de l’industrie du tabac le terreau humoristique de son dernier film.</p>



<p>7. <strong><a href="https://movierama.fr/licorice-pizza-a-la-recherche-du-temps-disparu/">Licorice Pizza</a></strong> de Paul Thomas Anderson </p>



<p>Une oeuvre humoristique et tendre sur l’amour adolescent qui rend hommage au San Francisco des années 70.</p>



<p>8. <strong><a href="https://movierama.fr/tout-le-monde-aime-jeanne-monologue-interieur/">Tout le monde aime Jeanne</a></strong> de Céline Devaux </p>



<p>Une oeuvre tendre et sympathique qui renoue avec la tradition de la rom’com à la française.</p>



<p>9. <strong><a href="https://movierama.fr/sans-filtre-la-spirale-du-declin-et-de-la-joie/">Sans filtre</a></strong> de Ruben Östlund&nbsp; </p>



<p>Le grand gagnant de la Palme d’Or 2022 s’annonce comme l’oeuvre-monstre de cette année.</p>



<p>10. <strong><a href="https://movierama.fr/coupez-silence-on-tourne-ou-on-gueule-au-choix/">Coupez !</a></strong> de Michel Hazanavicius </p>



<p>Michel Hazanavicius rend hommage aux trucages à la Méliès avec ce remake d’un film japonais.</p>



<p>&nbsp;</p>



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<ul>
<li><strong>XAVIER AFFRE</strong></li>
</ul>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="602" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/pacifiction-1024x602.jpg" alt="" class="wp-image-22041" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/pacifiction-1024x602.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/pacifiction-300x176.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/pacifiction-768x452.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/pacifiction-770x453.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/pacifiction-1320x776.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/pacifiction.jpg 1360w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>1 / <strong><a href="https://movierama.fr/pacifiction-tourment-sur-les-iles-paranoia-en-polynesie/">Pacifiction </a></strong>(Albert Serra) : une œuvre marquante, fascinante, d’une audace incroyable ;<br>le geste impressionnant de 2022, le tout magnifiquement interprété par Benoit Magimel.<br>2 / <a href="https://movierama.fr/bruno-reidal-ame-meurtriere/"><strong>Bruno Reidal</strong> </a>(Vincent Le Port) : L&rsquo;un des meilleurs films français sortis ces dernières<br>années. Une œuvre forte et remarquable, qui tranche et donne furieusement envie de suivre son réalisateur. <br>3 / <a href="https://movierama.fr/licorice-pizza-a-la-recherche-du-temps-disparu/"><strong>Licorice Pizza</strong> </a>(Paul Thomas Anderson) : un long métrage virtuose. Une histoire<br>d&rsquo;amour de deux adolescents dans le Los Angeles des années 70. Romantique, fantasque,<br>mélancolique et doux-amer.<br>4 / <strong><a href="https://movierama.fr/contes-du-hasard-et-autres-fantaisies-lamour-nest-pas-gai/">Contes du hasard et autres fantaisies </a></strong>(Ryusuke Hamaguchi) : Les jeux de l&rsquo;amour et du hasard selon Hamaguchi, l&rsquo;un des réalisateurs asiatiques les plus importants. Une oeuvre d&rsquo;une finesse et d&rsquo;une sensualité bouleversantes. <br>5 / <strong><a href="https://movierama.fr/armageddon-time-enfance-qu-es-tu-devenue/">Armageddon Time</a></strong> (James Gray) : Une évocation des souvenirs d&rsquo;enfance du cinéaste<br>bouleversante, teintée de mélancolie et de gravité. Une mise en scène élégante et intelligente qui prouve une fois encore la grandeur de James Gray.<br>6 / <strong><a href="https://movierama.fr/saint-omer-la-puissance-de-la-narration-pour-sublimer-le-reel/">Saint Omer</a></strong> (Alice Diop) : L’une des œuvres marquantes de cette année, par son<br>intelligence, son propos subtil, son côté radical et sa nécessité, par la justesse de son scénario.<br>7 / <strong><a href="https://movierama.fr/aucun-ours-aux-frontieres-du-reel/">Aucun ours</a></strong> (Jafar Panahi) : ce long métrage sort sur nos écrans alors que son auteur est désormais en prison. Une mise en abyme passionnante, bouleversante et une réflexion sur l&rsquo;Iran actuel ainsi que sur le statut des images. <br>8 / <strong><a href="https://movierama.fr/les-passagers-de-la-nuit-la-fragilite-de-la-vie/">Les Passagers de la nuit</a> </strong>(Mikhael Hers) : le 4e long métrage de Mikhael Hers est<br>magnifique, délicat et réussit à reconstituer intelligemment les années 80. Charlotte<br>Gainsbourg est magistrale !<br>9 / <strong><a href="https://movierama.fr/leila-et-ses-freres-au-nom-de-la-famille/">Leila et ses frères</a></strong> (Saeed Roustaee) : Grâce à une mise en scène tendue et délicate, ainsi que des comédiens formidables, une réflexion puissante et bouleversante sur la famille, sur la place des femmes au sein de la société, sur l’ascension sociale en Iran.<br>10 / <a href="https://movierama.fr/babi-yar-context-la-toute-puissance-de-l-image-et-du-montage/"><strong>Babi Yar, contexte</strong> </a>(Sergei Loznitsa) : un travail de montage d’images d’archives<br>remarquable, des choix audacieux pour un documentaire essentiel, à voir absolument !<br>Mentions spéciales :</p>



<ul>
<li>le magnifique hommage de Shlomi Elkabetz à sœur Ronit avec <strong><a href="https://movierama.fr/cahiers-noirs-jamais-sans-ma-soeur/">Cahiers noirs I et II</a></strong></li>



<li>l’excellence (et la constance) de Hong Sangsoo : <strong><a href="https://movierama.fr/juste-sous-vos-yeux-et-a-travers-les-siens/">Juste sous vos yeux</a></strong>. </li>



<li><strong><a href="https://movierama.fr/crimes-of-the-future-le-corps-est-la-realite/">Les Crimes du Futur</a></strong> : le retour de Cronenberg dans un film-somme dense et abstrait.</li>



<li>2 documentaires essentiels : <strong>Everything will be ok</strong> (Rithy Panh) et <strong>Et j’aime à la fureur</strong><br>(André Bonzel).</li>



<li>2 premiers films étonnants revêtant les aspects de la fable, du conte : <strong>Sous le ciel de<br>Koutaïssi</strong> (Aleksandre Koberidze) ; <strong><a href="https://movierama.fr/feathers-les-plumes-et-le-goudron/">Plumes </a></strong>(Omar El Zohairy)</li>



<li><strong><a href="https://movierama.fr/le-lyceen-surmonter-la-tragedie/">Le Lycéen</a></strong> (Christophe Honoré) : un film bouleversant, une révélation : Paul Kircher !</li>



<li>Le thriller très réussi de Thierry de Peretti, <strong><a href="https://movierama.fr/enquete-sur-un-scandale-detat-secrets-et-mensonges/">Enquête sur un scandale d’État</a></strong></li>
</ul>



<p></p>



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<ul>
<li><strong>SYLVAIN JAUFRY</strong></li>
</ul>



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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="664" height="373" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/As-bestas-a2ea58c_1657811145940-k0a1025-2-c-lucia-faraig.jpg" alt="" class="wp-image-22050" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/As-bestas-a2ea58c_1657811145940-k0a1025-2-c-lucia-faraig.jpg 664w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/As-bestas-a2ea58c_1657811145940-k0a1025-2-c-lucia-faraig-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 664px) 100vw, 664px" /></figure>



<p></p>



<p>1 <strong><a href="https://movierama.fr/ad-bestas-nos-pires-voisins/">As bestas</a></strong> de Rodrigo Sorogoyen </p>



<p>Chef-d&rsquo;œuvre de Rodrigo Sorogoyen, sur une humanité bestiale, qui rappelle l &lsquo;ambiance du film de Sam Peckinpah, <strong>Les Chiens de paille </strong>.</p>



<p>2<strong> </strong><a href="https://movierama.fr/licorice-pizza-a-la-recherche-du-temps-disparu/"><strong>Licorice pizza</strong> </a>de Paul Thomas Anderson </p>



<p>Un film incontournable de 2022. Paul Thomas Anderson analyse la jeunesse américaine des années 70. Une œuvre d&rsquo;amour , romantique, une gourmandise de cinéma avec un sujet qui réchauffe le cœur.</p>



<p>3 <strong><a href="https://movierama.fr/a-plein-temps-a-bout-de-course/">A plein temps</a></strong> de Eric Gravel </p>



<p>Un excellent film réalisé par Éric Gravel . Emmené par une Laure Calamy dynamique, voici une œuvre menée tambour battant décrivant le rythme fou et insensé de la vie en région parisienne.</p>



<p>4 <strong><a href="https://movierama.fr/la-vraie-famille-filiation-temporaire-amour-veritable/">La vraie famille</a></strong> de Fabien Gorgeart </p>



<p>A la fois familial , touchant , attendrissant, Fabien Gorgeart met en scène un univers montrant le bonheur d&rsquo;une famille , et surtout celui d&rsquo;un enfant subissant la séparation de ses parents .</p>



<p>5 <strong><a href="https://movierama.fr/revoir-paris-apres-un-vendredi-13/">Revoir Paris</a></strong> d&rsquo;Alice Winocour <br>Film choc, essentiel, pour comprendre les conséquences psychologiques liées aux attentats de novembre 2015. En s&rsquo;inspirant du témoignage de son frère, Alice Winocour rend un hommage fort aux survivants et aux défunts. Quelle prestation de Virginie Efira !</p>



<p>6 <strong><a href="https://movierama.fr/les-passagers-de-la-nuit-la-fragilite-de-la-vie/">Les Passagers de la nuit</a></strong> de Mikhael Hers </p>



<p>Mikhael Hers nous emmène dans le tourbillon des nuits parisiennes, à la rencontre de personnes issues de milieux différents, qui vont finalement se lier d&rsquo;amitié.</p>



<p>7 <a href="https://movierama.fr/the-innocents-petits-mais-puissants/"><strong>The Innocents</strong></a> de Eskil Vogt </p>



<p>C&rsquo;est le film de genre de 2022, à découvrir. Si vous êtes amateurs de David Cronenberg, découvrez cette réalisation ou l enfant devient meurtrier .</p>



<p>8 <strong><a href="https://movierama.fr/places-le-coeur-a-la-bonne-place/">Placés  </a></strong> de Nessim Chikaoui .</p>



<p>Excellente surprise du début d&rsquo;année 2022. Cette immersion dans le quotidien d&rsquo;une structure d&rsquo;accompagnement comporte son lot d&rsquo;émotions et de vérités sur une dure réalité sociale , la descolarisation .</p>



<p>9 <strong><a href="https://movierama.fr/ouistreham-la-traversee/">Ouistreham </a></strong>d&rsquo;Emmanuel Carrère </p>



<p>Une des réussites de janvier 2022. Emmené par une distribution majoritairement amateure, <strong><a href="https://movierama.fr/ouistreham-la-traversee/">Ouistreham </a></strong>nous plonge dans un milieu professionnel dur, précaire. Percutant et réaliste, ce film nous raconte les difficultés physiques , financières, morales du métier de femme de ménage.</p>



<p>10 <strong><a href="https://movierama.fr/murina-la-murene-dans-le-vivier/">Murina </a></strong>de Antoneta Alamat Kusijanovic</p>



<p>Camera d&rsquo;or du Festival de Cannes 2021. Une pépite filmée dans les beaux paysages grecs, et un thriller vénéneux sur un modèle familial dominé par un patriarche autoritaire .</p>



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<ul>
<li><strong><a href="https://movierama.fr/author/pierre-larvol/">PIERRE LARVOL </a></strong></li>
</ul>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="554" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/05/nuitdu12-1024x554.jpg" alt="" class="wp-image-15253" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/05/nuitdu12-1024x554.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/05/nuitdu12-300x162.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/05/nuitdu12-768x415.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/05/nuitdu12-770x416.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/05/nuitdu12.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Dans un monde toujours plus intense, où une chose en chasse aussitôt une autre, l&rsquo;heure du bilan cinématographique est toujours un exercice salutaire : une occasion de renouer avec des joies, des peines, des réflexions, des impressions, et surtout des images. Une nuit s&rsquo;est imposée, <a href="https://movierama.fr/la-nuit-du-12-chat-noir-dans-la-penombre/"><strong>celle du 12</strong></a>, recouvrant de son mystère et de ses thématiques une année pourtant chargée en propositions. Je me souviens encore des chants discrets et mélancoliques d&rsquo;Olivier Marguerit, de la photographie crépusculaire du film, teinté d&rsquo;un étrange optimisme qui contraste avec la gravité du sujet traité par Dominik Moll. Dans une ambiance tout aussi crépusculaire, Albert Serra nous a conviés à une « <strong><a href="https://movierama.fr/pacifiction-tourment-sur-les-iles-paranoia-en-polynesie/">Pacifiction</a></strong> » passionnante, une oeuvre maîtrisée, audacieuse, littéralement hors du temps. Au coeur de la tempête, un Benoît Magimel presque polymorphe : représentant de l&rsquo;Etat français, mafieux des îles ou patron de boîte de nuit ? Autre figure énigmatique de 2022, Viggo Mortensen dans <strong><a href="https://movierama.fr/crimes-of-the-future-le-corps-est-la-realite/">Les Crimes du futur</a> </strong>de David Cronenberg, à la fois artiste performer et espion aux intentions troubles. Une méditation sur l’avenir (organique) de l’humanité, sublimée par les étranges et grouillantes sonorités d&rsquo;Howard Shore. Inutile toutefois d&rsquo;aller aussi loin dans le futur pour retrouver des monstruosités : à la manière de <strong><a href="https://movierama.fr/la-nuit-du-12-chat-noir-dans-la-penombre/">La nuit du 12</a></strong>, le cinéaste Rodrigo Sorogoyen nous rappelle la banalité du mal avec <strong><a href="https://movierama.fr/ad-bestas-nos-pires-voisins/">As Bestas</a></strong>, un thriller puissant et virtuose, dont on retient notamment l&rsquo;interprétation de Marina Foïs. Comment ne pas citer également le futur apaisé d&rsquo;<strong><a href="https://movierama.fr/after-yang-repenser-lhumanite/">After Yang</a></strong>, la force émotionnelle de <strong><a href="https://movierama.fr/piccolo-corpo-les-ames-en-peine/">Piccolo Corpo</a></strong>, la surprenante mise en scène de <strong><a href="https://movierama.fr/decision-to-leave-basic-instinct-a-la-coreenne/">Decision to Leave</a></strong>, les contes de <strong><a href="https://movierama.fr/trois-mille-ans-a-tattendre-faites-un-voeu/">3000 ans à t&rsquo;attendre</a></strong>, l&rsquo;épopée romantique de <a href="https://movierama.fr/la-legende-du-roi-crabe-laraignee-et-la-barbe/"><strong>La légende du roi crabe</strong>&nbsp;</a>et&nbsp;l&rsquo;originalité d&rsquo;<strong>Unicorn Wars</strong>, à la profondeur insoupçonnée.</p>



<p>1. <strong><a href="https://movierama.fr/la-nuit-du-12-chat-noir-dans-la-penombre/">La nuit du 12</a></strong> de Dominik Moll</p>



<p>2. <strong><a href="https://movierama.fr/pacifiction-tourment-sur-les-iles-paranoia-en-polynesie/">Pacifiction &#8211; Tourment sur les îles</a> </strong>d&rsquo;Albert Serra</p>



<p>3. <strong><a href="https://movierama.fr/crimes-of-the-future-le-corps-est-la-realite/">Les Crimes du futur</a></strong> de David Cronenberg</p>



<p>4. <strong><a href="https://movierama.fr/ad-bestas-nos-pires-voisins/">As Bestas</a></strong> de Rodrigo Sorogoyen</p>



<p>5. <strong><a href="https://movierama.fr/after-yang-repenser-lhumanite/">After Yang</a></strong> de Kogonada</p>



<p>6. <strong><a href="https://movierama.fr/piccolo-corpo-les-ames-en-peine/">Piccolo Corpo</a></strong> de Laura Samani</p>



<p>7. <strong><a href="https://movierama.fr/decision-to-leave-basic-instinct-a-la-coreenne/">Decision to Leave</a></strong> de Park Chan-wook</p>



<p>8. <strong><a href="https://movierama.fr/trois-mille-ans-a-tattendre-faites-un-voeu/">3000 ans à t&rsquo;attendre</a></strong> de George Miller</p>



<p>9. <strong><a href="https://movierama.fr/la-legende-du-roi-crabe-laraignee-et-la-barbe/">La légende du roi crabe</a></strong> d&rsquo;Alessio Rigo de Righi, Matteo Zoppis</p>



<p>10. <strong>Unicorn Wars </strong>d&rsquo;Alberto Vázquez</p>



<p></p>



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<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong>JOLAN MAFFI</strong></li>
</ul>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/petite-nature-critique-1-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-22060" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/petite-nature-critique-1-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/petite-nature-critique-1-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/petite-nature-critique-1-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/petite-nature-critique-1-1536x864.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/petite-nature-critique-1-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/petite-nature-critique-1-1400x788.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/petite-nature-critique-1-1320x743.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/petite-nature-critique-1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>1-<strong><a href="https://movierama.fr/petite-nature-johnny-belle-gueule-johnny-pepite/">Petite Nature</a></strong> de Samuel Theis </p>



<p>Regard de génie sur les désirs chamboulés d’un jeune garçon impeccablement interprété par Aliocha Reinert. Humble, féroce, et terriblement entêtant.</p>



<p>2-<a href="https://movierama.fr/joyland-corps-emprisonnes-et-esprits-rebelles/"><strong>Joyland</strong> </a>de Saim Sadiq</p>



<p>Un premier film saisissant de maturité et de maitrise. Ses deux récompenses cannoises sont définitivement les plus méritées de toute l’édition 2022. Un chef-d’oeuvre.</p>



<p>3-<a href="https://movierama.fr/magdala-quand-on-na-plus-que-lamour/"><strong>Magdala</strong> </a>de Damien Manivel </p>



<p>L’histoire d’amour de l’année, entre deux âmes muettes, immatérielles, errantes. Nouvelle preuve de la vitalité d’un cinéma français en marge, qui réinvente l’art et sa conception. Elsa Wolliaston, elle, est la plus grande interprète de l’année.</p>



<p>4-<strong>Jerk</strong> de Gisèle Vienne </p>



<p>Gisèle Vienne propose une expérience inconfortable, aux confins de l’esprit dérangé et pervers d’un homme qui a dépassé toutes les limites humaines. Un acteur, une chaise, quelques marionnettes : il ne lui en faut pas grand chose pour faire un grand film.</p>



<p>5-<strong><a href="https://movierama.fr/inu-oh-maitriser-son-art/">Inu-Oh</a></strong> de Masaaki Yuasa </p>



<p>La folle frénésie de Yuasa rencontre son amour de l’émotion pure. <strong>Inu-Oh</strong> est de ces films qui ne quitte jamais notre esprit, grâce à la sidération que ces scènes provoquent.</p>



<p>6-<strong>Apollo 10 1/2</strong> de Richard Linklater </p>



<p>L’animation en rotoscopie à son plus haut niveau pour un film sensible, puissant et limpide dont seul Linklater a le secret. Le cinéma américain n’aura pas fait mieux cette année.</p>



<p>7-<a href="https://movierama.fr/cow-une-vie-de-vache/"><strong>Cow</strong> </a>d&rsquo;Andrea Arnold </p>



<p>Qui d’autres qu’Andrea Arnold pour filmer la vie d’une vache de manière aussi juste, sensible et belle ? Documentaire de l’année et animal de l’année, rien que ça</p>



<p>8-<a href="https://movierama.fr/days-jours-de-lenteur/"><strong>Days</strong> </a>de Tsai Ming-liang </p>



<p>Pendant deux heures, le temps se suspend, les sens s’éveillent et les images d’un grand film défilent devant nos yeux. Une fois de plus, Tsai Ming-liang prouve son essentialité au cinéma.</p>



<p>9-<strong>La Casa Lobo</strong> de Cristóbal León et Joaquín Cociña</p>



<p>Son animation mouvante et insaisissable, où tout se défait et se refait aussitôt, son ambiance horrifique glaçante, la maîtrise de sa mise en scène, son propos radical et subtil…. pas de doutes,<strong> La Casa Lobo</strong> est un grand film sorti bien trop discrètement sur Mubi.</p>



<p>10-<strong>Residue</strong> de Merawi Gerima</p>



<p>Sorti la toute première semaine de 2022, Residue a marqué au fer rouge l’année par son urgence, son discours enragé et sa virtuosité à le mettre en scène.</p>



<p>Mention spéciale à <strong><a href="https://movierama.fr/cahiers-noirs-jamais-sans-ma-soeur/">Cahiers Noirs 1&amp;2</a></strong> de Ronit Elkabetz, <a href="https://movierama.fr/feu-follet-2069-annee-erotique-bon-cest-dans-longtemps/"><strong>Feu Follet</strong> </a>de Joao Pedro Rodrigues, à la saison 2 d’<strong>Undone</strong> et à la superbe série française <strong>Chair Tendre</strong>.</p>



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<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong>POULET POU </strong></li>
</ul>



<p><strong> </strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="583" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/Aucun-Ours-5-1024x583.jpg" alt="" class="wp-image-22084" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/Aucun-Ours-5-1024x583.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/Aucun-Ours-5-300x171.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/Aucun-Ours-5-768x437.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/Aucun-Ours-5-770x439.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/Aucun-Ours-5.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Votre humble serviteur ne fait pas de tops ciné, mais s’il en faisait — jésuitisme forever —, vous ne seriez nullement étonné d’y voir figurer au moins deux Hong Sang-soo (<strong><a href="https://movierama.fr/introduction-la-beaute-des-commencements/">Introduction </a></strong>+ <strong><a href="https://movierama.fr/juste-sous-vos-yeux-et-a-travers-les-siens/">Juste sous vos yeux</a></strong>) et un Jafar Panahi (<strong><a href="https://movierama.fr/aucun-ours-aux-frontieres-du-reel/">Aucun ours</a></strong>), tant vous savez, depuis le temps que vous vous farcissez ses interminables blablas, à quel point il goûte le genre d’arte povera cultivé par les chouchous susnommés. Vous savez également qu’en tant que buñuelo-langien, il ne peut pas ne pas distinguer le retour de David Cronenberg, dont le film, sous une apparence décevante de florilège (encore, décidément), qui pioche son inspiration ici ou là dans la carrière de son auteur, possède un synopsis des plus éclairants — il s’agit du futur, peuplé de types qui mangent du plastique au lieu de chocolats ou de topinambours. Seule la crainte de lui porter malheur me retient de déclarer que c’est au fond le <strong>Mille Yeux du Docteur Mabuse </strong>du démiurge de Toronto, et j’espère bien qu’il fera encore d’autres films. Soit dit en passant, je me suis longuement interrogé sur le sens du titre. Or je crois avoir eu cette nuit une idée — il faut bien que les insomnies servent à quelque chose. N’est-ce pas que les errements et négligences d’aujourd’hui constituent déjà <a href="https://movierama.fr/crimes-of-the-future-le-corps-est-la-realite/"><strong>Les Crimes du futur</strong> </a>? Le moindre rapport du GIEC vous le dira.</p>


<p>1. <strong><a href="https://movierama.fr/aucun-ours-aux-frontieres-du-reel/">Aucun ours</a></strong> de Jafar Panahi <br>2. <strong><a href="https://movierama.fr/les-chroniques-de-poulet-pou-introduction-breve-duree-emotion-maximale/">Introduction </a></strong>de Hong Sang-soo <br>3. <strong><a href="https://movierama.fr/juste-sous-vos-yeux-et-a-travers-les-siens/">Juste sous vos yeux</a></strong> de Hong Sang-soo <br>4. <strong><a href="https://movierama.fr/days-jours-de-lenteur/"><strong>Days</strong> </a></strong>de Tsai Ming-liang <br>5. <a href="https://movierama.fr/les-chroniques-de-poulet-pou-retour-sur-tori-et-lokita-encore-un-dardenne/"><strong>Tori et Lokita</strong> </a>de Jean-Pierre et Luc Dardenne<br>6. <a href="https://movierama.fr/la-combattante-pas-de-repos-pour-les-braves/"><strong>La Combattante</strong> </a>de Camille Ponsin <br>7. <strong><a href="https://movierama.fr/a-vendredi-robinson-double-portrait-dartiste-en-vieil-homme/">A vendredi, Robinson</a></strong> de Mitra Farahani <br>8. <strong><a href="https://movierama.fr/crimes-of-the-future-le-corps-est-la-realite/">Les Crimes du futur</a></strong> de David Cronenberg <br>9. <strong><a href="https://movierama.fr/armageddon-time-enfance-qu-es-tu-devenue/">Armageddon Time</a></strong> de James Gray <br>10. <a href="https://movierama.fr/viens-je-temmene-eloge-de-la-diversite/"><strong>Viens je t&#8217;emmène</strong> </a>d&rsquo;Alain Guiraudie</p>


<p><strong>Mentions spéciales</strong> : </p>



<p><strong>Au cœur des volcans</strong> de Werner Herzog<br><strong><a href="https://movierama.fr/rien-a-foutre-toute-ma-vie-jai-reve-detre-hotesse-de-lair/">Rien à foutre</a></strong> d&rsquo;Emmanuel Marre et Julie Lecoustre<br><strong><a href="https://movierama.fr/enquete-sur-un-scandale-detat-secrets-et-mensonges/">Enquête sur un scandale d’État</a></strong> de Thierry de Peretti)<br><strong><a href="https://movierama.fr/les-chroniques-de-poulet-pou-incroyable-mais-vrai-grimm-du-futur/">Incroyable mais vrai</a></strong> + <a href="https://movierama.fr/fumer-fait-tousser-changement-depoque-en-cours/"><strong>Fumer fait tousser</strong> </a>de Quentin Dupieux</p>



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<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong>DAVID SPERANSKI </strong></li>
</ul>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/licorice-pizza-ob_7efad2_licorice-pizza-1-1280x720-1-1024x576.webp" alt="" class="wp-image-22124" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/licorice-pizza-ob_7efad2_licorice-pizza-1-1280x720-1-1024x576.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/licorice-pizza-ob_7efad2_licorice-pizza-1-1280x720-1-300x169.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/licorice-pizza-ob_7efad2_licorice-pizza-1-1280x720-1-768x432.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/licorice-pizza-ob_7efad2_licorice-pizza-1-1280x720-1-770x433.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/licorice-pizza-ob_7efad2_licorice-pizza-1-1280x720-1.webp 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Cette année, peu de films américains intéressants, hormis <strong><a href="https://movierama.fr/licorice-pizza-a-la-recherche-du-temps-disparu/">Licorice Pizza</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/armageddon-time-enfance-qu-es-tu-devenue/">Armageddon Time</a></strong> et le controversé <strong><a href="https://movierama.fr/blonde-fragments-dune-vie-en-decomposition/">Blonde</a></strong>, qu&rsquo;il sera bon de redécouvrir avec un certain recul. Quant à James Cameron, <strong><a href="https://movierama.fr/avatar-la-voie-de-leau-retour-a-la-mer/">Avatar : la voie de l&rsquo;eau</a></strong> propose une expérience immersive tellement différente de tous les autres films qu&rsquo;elle mériterait d&rsquo;être placée hors concours. En revanche, le cinéma asiatique était à la fête : <strong><a href="https://movierama.fr/decision-to-leave-basic-instinct-a-la-coreenne/">Decision to leave</a></strong>, le prix de la mise en scène cannois, le diptyque, <strong><a href="https://movierama.fr/suis-moi-je-te-fuis-fuis-moi-je-te-suis-ni-avec-toi-ni-sans-toi/">Suis-moi je te fuis &#8211; Fuis-moi je te fuis</a></strong> de Koji Fukada, les trois <a href="https://movierama.fr/contes-du-hasard-et-autres-fantaisies-lamour-nest-pas-gai/"><strong>Contes du hasard et autres fantaisies</strong> </a>de Ryusuke Hamaguchi,<strong> <a href="https://movierama.fr/les-bonnes-etoiles-creve-coeur/">Les Bonnes étoiles</a></strong> issu de l&rsquo;excursion coréenne de Hirokazu Kore-eda. et nous ne parlons même pas des deux films annuels de Hong Sang-soo ni celui de Tsai Ming-liang&#8230;Quant au cinéma français, à lui tout seul, il aurait pu remplir le Top 10, ce qui fait que la moitié a dû atterrir dans les mentions spéciales. Dans ce Top, intégrant les mentions spéciales, ont ainsi été privilégiés les cinéastes francs-tireurs, en rupture avec le politiquement correct (James Gray, Vincent Le Port, Albert Serra, Bertrand Bonello, Arnaud Desplechin, Gaspar Noé, Andrew Dominik, Ruben Östlund, etc.), délivrant un cinéma non aseptisé, défiant les conventions, expérimental, libre et indépendant dans tous les sens du terme. </p>



<p>1. <strong><a href="https://movierama.fr/licorice-pizza-a-la-recherche-du-temps-disparu/">Licorice Pizza</a></strong> de Paul Thomas Anderson</p>



<p>Un teen movie de plus? Evidemment non, Paul Thomas Anderson délimite définitivement son territoire de cinéma qui n&rsquo;appartient qu&rsquo;à lui, Los Angeles, plus précisément la vallée de San Fernando dont il est originaire, à laquelle il a désormais consacré la moitié de ses films. <strong><a href="https://movierama.fr/licorice-pizza-a-la-recherche-du-temps-disparu/">Licorice Pizza</a></strong> est un film sur ce moment précis, la jeunesse, où tout est encore possible dans la vie, où les portes restent ouvertes, où le champ des possibles demeure une zone riante et débordante de vitalité. </p>



<p>2. <a href="https://movierama.fr/decision-to-leave-basic-instinct-a-la-coreenne/"><strong>Decision to leave</strong> </a>de Park Chan-wook </p>



<p>On a souvent vanté à juste titre la mise en scène virevoltante et fourmillant d&rsquo;idées de Park Chan-wook. Mais cela fait passer au second plan que <strong><a href="https://movierama.fr/decision-to-leave-basic-instinct-a-la-coreenne/">Decision to leave</a></strong> est aussi et surtout une tragique histoire d&rsquo;amour entre un insomniaque perfectionniste et une manipulatrice qui choisit de baisser la garde. </p>



<p>3. <strong><a href="https://movierama.fr/armageddon-time-enfance-qu-es-tu-devenue/">Armageddon Time</a></strong> de James Gray</p>



<p>James Gray surprend avec ce film à la forme modeste, voire très lisse. Derrière se cache un contenu explosif en ces temps de promotion de la diversité, l&rsquo;admission des règles de l&rsquo;intégration, afin de substituer l&rsquo;intégration de la communauté juive à celle de la communauté noire.</p>



<p>4. <strong><a href="https://movierama.fr/suis-moi-je-te-fuis-fuis-moi-je-te-suis-ni-avec-toi-ni-sans-toi/">Suis-moi je te fuis &#8211; Fuis-moi, je te suis</a></strong> de Koji Fukada</p>



<p>Fukada parvient enfin à faire entendre sa voix dans la nouvelle génération du cinéma japonais, en exposant un cinéma bien plus âpre que celui de Hamaguchi, se référant au tragique des histoires d&rsquo;amour truffaldiennes (<strong>La Femme d&rsquo;à côté</strong>) ou à l&rsquo;ambiguïté des romans dostoievskiens. </p>



<p> 5. <strong><a href="https://movierama.fr/contes-du-hasard-et-autres-fantaisies-lamour-nest-pas-gai/">Contes du hasard et autres fantaisies</a></strong> de Ryusuke Hamaguchi </p>



<p>Ce film commence gentiment par une intrigue vaguement rohmérienne, avec des emprunts à Hong Sang-soo (une femme se lie d&rsquo;amitié avec une autre qui, sans le savoir, a séduit l&rsquo;ex de la première) puis bascule dans le troublant (la lecture érotique d&rsquo;un roman devant son auteur) pour finir par le bouleversant (deux inconnues rejouent leur passé virtuel de leur ancienne amitié qui n&rsquo;a jamais existé). Une montée en puissance assez orgasmique. </p>



<p>6. <strong><a href="https://movierama.fr/les-bonnes-etoiles-creve-coeur/">Les Bonnes étoiles</a></strong> de Hirokazu Kore-eda </p>



<p>Un road-movie sur l&rsquo;adoption où Kore-eda réaffirme son credo de toujours sur la prééminence des liens du coeur sur les liens du sang. Bénéficiant de l&rsquo;interprétation de Song Kang-ho et Donna Bae, cette virée en Corée atteint une maturité unanimiste supérieure par rapport à ses films précédents. </p>



<p>7. <strong><a href="https://movierama.fr/bruno-reidal-ame-meurtriere/">Bruno Reidal</a> </strong>de Vincent Le Port</p>



<p>Premier film saisissant sur la genèse d&rsquo;un adolescent meurtrier, ce film signe l&rsquo;irruption fracassante d&rsquo;un grand metteur en scène dans l&rsquo;horizon du cinéma français. En utilisant une voix intérieure qui vient souligner et non répéter l&rsquo;action, Vincent Le Port retrouve les traces d&rsquo;un chemin que Bresson et Pialat ont déjà arpenté. </p>



<p>8. <strong><a href="https://movierama.fr/falcon-lake-a-ghost-story/">Falcon Lake</a></strong> de Charlotte Le Bon</p>



<p>En entremêlant histoire de fantômes et apparent teen movie, Charlotte Le Bon crée avec un sens esthétique certain un doux apologue sur la vérité des sentiments. La révélation d&rsquo;une vraie réalisatrice, avec des partis pris visuels audacieux et un sens inné de la direction d&rsquo;acteurs. </p>



<p>9. <strong><a href="https://movierama.fr/pacifiction-tourment-sur-les-iles-paranoia-en-polynesie/">Pacifiction </a></strong>d&rsquo;Albert Serra</p>



<p>Un immense morceau de cinéma qu&rsquo;il faut prendre en bloc, ce dont on est mille fois récompensé, car il crée sa propre durée comme beaucoup de grands films (<strong>L&rsquo;Amour fou</strong> de Rivette, <strong>La Maman et la Putain</strong> d&rsquo;Eustache). Pendant près de trois heures, on vit dans la bulle de Tahiti, avec un Benoit Magimel, désorienté et lâchant prise. </p>



<p>10. <strong><a href="https://movierama.fr/la-nuit-du-12-chat-noir-dans-la-penombre/">La Nuit du 12</a></strong> de Dominik Moll</p>



<p>Plus qu&rsquo;une intrigue policière, un constat lucide et accablant sur les origines et causes d&rsquo;un féminicide. Echappant au film à thèse, Dominik Moll parvient à imposer un ton sec et pessimiste sur des personnages qui n&rsquo;échappent à aucun moment à la triste et terrible condition d&rsquo;humains. </p>



<p><strong>Mentions spéciales</strong> : </p>



<ul>
<li><strong><a href="https://movierama.fr/un-beau-matin-le-droit-a-loubli-dans-un-recite-de-vie/">Un beau matin</a></strong> de Mia Hansen-Løve : une oeuvre tendre et cruelle sur une jeune femme partagée entre les ravages du 3ème Age affectant son père et la naissance d&rsquo;un nouvel amour. La maturité du regard de  Mia Hansen-Løve. </li>



<li><strong><a href="https://movierama.fr/coma-generation-desenchantee/">Coma </a></strong>de Bertrand Bonello : ce qui se passe dans la tête d&rsquo;une adolescente bloquée chez elle à l&rsquo;époque du confinement. Un film poétique, atmosphérique, visionnaire où la jeune fille est obsédée par les portraits de serial-killers, les sitcoms de l&rsquo;actualité et le côté obscur des limbes dans lesquelles il est délicieux de se perdre. </li>



<li><strong><a href="https://movierama.fr/frere-et-soeur-je-te-hais-moi-non-plus/">Frère et soeur</a></strong> d&rsquo;Arnaud Desplechin : le sujet qui fâche des inimitiés qui naissent on ne sait pourquoi, entre un frère et une soeur. Desplechin prend tous les risques et réussit tout la plupart du temps, en bousculant son univers du côté de la crudité et de la trivialité. </li>



<li><strong><a href="https://movierama.fr/chronique-dune-liaison-passagere-les-intermittences-du-coeur/">Chronique d&rsquo;une liaison passagère</a></strong> d&rsquo;Emmanuel Mouret : un film sur le sentiment amoureux où la conjugalité est laissée hors champ, ce qui laisse la place à une singulière pudeur des sentiments entre des êtres délicats qui ne voudront jamais s&rsquo;avouer qu&rsquo;ils s&rsquo;aiment. </li>



<li><strong><a href="https://movierama.fr/vortex-on-est-bien-peu-de-choses-et-mon-amie-la-rose/">Vortex </a></strong>de Gaspar Noé : loin de la provocation d&rsquo;antan, Gaspar Noé se recentre sur l&rsquo;essentiel, des parents qui continuent à vivre ensemble mais n&rsquo;existent plus que dans leur portion séparée d&rsquo;univers. La vieillesse, l&rsquo;incompréhension, la solitude n&rsquo;éliminent pas la profonde tendresse qui existe toujours entre eux. </li>



<li><strong><a href="https://movierama.fr/sans-filtre-la-spirale-du-declin-et-de-la-joie/">Sans Filtre</a></strong> de Ruben Östlund&nbsp;: en rupture avec le politiquement correct qui voudrait imposer une version univoque de la vie, Östlund&nbsp;met en scène trois paraboles de l&rsquo;existence remettant en cause les rapports de séduction dévoyés par le féminisme, l&rsquo;entre-soi entre les ultra-riches capitalistes et le renversement des rapports de pouvoir où les pauvres font finalement bien pire que les riches. </li>



<li><strong><a href="https://movierama.fr/blonde-fragments-dune-vie-en-decomposition/">Blonde </a></strong>d&rsquo;Andrew Dominik : revisitant la légende de Marilyn Monroe, ce faux biopic, transposant assez fidèlement le roman-fleuve de Joyce Carol Oates se révèle être une ode à une jeune femme dépressive qui n&rsquo;a jamais su reprendre définitivement le contrôle de sa vie. </li>



<li><strong><a href="https://movierama.fr/avatar-la-voie-de-leau-retour-a-la-mer/">Avatar : la Voie de l&rsquo;eau</a></strong> de James Cameron : on pensait <strong>Avatar </strong>oublié, abandonné, loin de nous. Il ressuscite de belle manière dans cette suite où Cameron n&rsquo;a pas perdu sa maestria de conteur et de poète lyrique des océans. Une expérience immersive à laquelle il est difficile d&rsquo;échapper et de résister. </li>
</ul>



<p></p>



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<p></p>



<p></p>



<p></p>
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		<title>TOP 10 SERIES 2022 : les séries préférées de MovieRama en 2022</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Jan 2023 01:00:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blu-Ray/DVD]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques SERIES TV]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[DOSSIERS]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
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		<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette année 2022, ce fut l&#8217;année de la création française en matières de séries : des oeuvres fictionnelles souvent sur Arte (Le Monde de demain, En thérapie), parfois ailleurs (Irma Vep, la série mutante d&#8217;Olivier Assayas sur HBO/OCS, Drôle sur Netflix). Cette année aussi, trois grandes séries nous ont quittés : Better call Saul, Ozark et Westworld, les deux premières allant jusqu&#8217;au bout de leur chemin, la troisième ayant vu son envol brisé. Pour succéder aux séries qui ont tiré [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Cette année 2022, ce fut l&rsquo;année de la création française en matières de séries : des oeuvres fictionnelles souvent sur Arte (Le Monde de demain, En thérapie), parfois ailleurs (<a href="https://movierama.fr/irma-vep-lamour-du-cinema/">Irma Vep</a>, la série mutante d&rsquo;Olivier Assayas sur HBO/OCS, <a href="https://movierama.fr/drole-les-dessous-pas-toujours-comiques-du-stand-up/">Drôle</a> sur Netflix). <strong>Cette année aussi, trois grandes séries nous ont quittés : <a href="https://movierama.fr/better-call-saul-saison-6-partie-2-goodbye-saul/">Better call Saul</a>, <a href="https://movierama.fr/ozark-saison-4-partie-1-que-le-matriarcat-commence/">Ozark </a>et <a href="https://movierama.fr/westworld-saison-4-en-route-vers-le-sublime/">Westworld</a>, les deux premières allant jusqu&rsquo;au bout de leur chemin, la troisième ayant vu son envol brisé.</strong> Pour succéder aux séries qui ont tiré leur révérence, quelques titres semblent prometteurs, <a href="https://movierama.fr/house-of-the-dragon-saison-1-soeurs-ennemies/">House of the Dragon</a>, le prequel de Game of Thrones, <a href="https://movierama.fr/peripheriques-les-mondes-de-flynne-saison-1-objectif-2099/">Périphériques</a>, la nouvelle création des inventeurs de <a href="https://movierama.fr/westworld-saison-4-en-route-vers-le-sublime/">Westworld</a><a href="https://movierama.fr/stranger-things-saison-4-volume-2-kate-bush-contre-le-mal/"> </a>ou la toute nouvelle venue sur Apple TV+, <a href="https://movierama.fr/severance-lesprit-dentreprise/">Severance</a>. Quoi qu&rsquo;il en soit, cette année, même si dans notre rédaction, <a href="https://movierama.fr/better-call-saul-saison-6-partie-2-goodbye-saul/">Better call Saul</a> l&#8217;emporte très largement sur toutes les autres, l&rsquo;éventail des séries présentées dans ce Top 10 montre que l&rsquo;art sériel n&rsquo;a pas fini d&rsquo;inventer et de se réinventer.  </strong></p>



<p><strong>TOP 10 GENERAL SERIES 2022  </strong></p>



<p>1/ <strong><a href="https://movierama.fr/better-call-saul-saison-6-partie-2-goodbye-saul/">Better call Saul Saison 6</a></strong> (Netflix), 25 points.  </p>



<p>2/ <a href="https://movierama.fr/house-of-the-dragon-saison-1-soeurs-ennemies/"><strong>House of the Dragon Saison 1</strong> </a>(HBO/OCS), 11 points. </p>



<p>3/ ex aequo <strong><a href="https://movierama.fr/stranger-things-saison-4-volume-2-kate-bush-contre-le-mal/">Stranger Things Saison 4</a></strong> (Netflix)/<strong><a href="https://movierama.fr/severance-lesprit-dentreprise/">Severance </a></strong>(Apple TV +)/<a href="https://movierama.fr/westworld-saison-4-en-route-vers-le-sublime/"><strong>Westworld</strong> <strong>Saison 4</strong></a>, (HBO/OCS), 10 points.</p>



<p>6/ ex aequo <strong><a href="https://movierama.fr/irma-vep-lamour-du-cinema/">Irma Vep</a></strong> (HBO/OCS)/<strong>Jojo Bizarre Adventure : Stone ocean</strong> (Netflix), 9 points. </p>



<p>8/ ex aequo <strong><a href="https://movierama.fr/ozark-saison-4-partie-1-que-le-matriarcat-commence/">Ozark Saison 4</a> </strong>(Netflix)/<strong>Andor</strong> (Disney +)/<strong><a href="https://movierama.fr/peripheriques-les-mondes-de-flynne-saison-1-objectif-2099/">Périphériques Saison 1</a>  </strong>(Amazon Prime Video), 8 points. </p>



<p> </p>



<p><strong> </strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong>EMMANUELLE ETIENNE </strong></li>
</ul>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="505" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/severance-1024x505.jpg" alt="" class="wp-image-21860" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/severance-1024x505.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/severance-300x148.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/severance-768x379.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/severance-770x380.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/severance.jpg 1060w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>La pandémie ayant retardé la sortie de certaines séries, cette année 2022 a été particulièrement riche. Sur Netflix, de grands classiques ont fait leur retour, comme <strong><a href="https://movierama.fr/stranger-things-saison-4-volume-2-kate-bush-contre-le-mal/">Stranger Things</a></strong>, alors que d’autres ont tiré leur révérence, comme <a href="https://movierama.fr/better-call-saul-saison-6-partie-2-goodbye-saul/"><strong>Better Call Saul</strong> </a>et <strong><a href="https://movierama.fr/ozark-saison-4-partie-1-que-le-matriarcat-commence/">Ozark</a></strong>. Dans les deux cas, le succès a été au rendez-vous. Au rayon nouveautés, la plateforme s’est également fait remarquer avec deux pépites à l’univers diamétralement opposé&nbsp;: <strong><a href="https://movierama.fr/dahmer-portrait-dune-amerique-monstrueuse/">Dahmer</a> </strong>et <strong><a href="https://movierama.fr/heartstopper-leducation-sentimentale/">Heartstopper</a></strong>.</p>



<p>L’autre mastodonte du streaming, Amazon Prime, s’est fait plus discret avec peu de sorties marquantes hormis <a href="https://movierama.fr/montre-jamais-ca-a-personne-partie-2-petit-guide-du-processus-creatif-dorelsan/"><strong>la suite du documentaire sur Orelsan</strong></a> et <a href="https://movierama.fr/les-anneaux-de-pouvoir-une-serie-pour-les-endormir-tous/"><strong>Les Anneaux de pouvoir</strong> </a>qui s’est fait complètement éclipser par <strong><a href="https://movierama.fr/house-of-the-dragon-saison-1-soeurs-ennemies/">House of the Dragon</a></strong> sortie simultanément sur OCS. La véritable surprise est venue de la plateforme, encore trop peu connue, Apple TV+ dont le show <a href="https://movierama.fr/severance-lesprit-dentreprise/"><strong>Severance</strong> </a>nous a ébloui par son audace créative.</p>



<p>1/ <strong><a href="https://movierama.fr/severance-lesprit-dentreprise/">Severance </a></strong>(Apple Tv+)</p>



<p>2/ <strong><a href="https://movierama.fr/better-call-saul-saison-6-partie-2-goodbye-saul/">Better Call Saul Saison 6</a></strong> (Netflix)</p>



<p>3/ <strong><a href="https://movierama.fr/stranger-things-saison-4-volume-2-kate-bush-contre-le-mal/">Stranger Things Saison 4</a></strong> (Netflix)</p>



<p>4/ <strong><a href="https://movierama.fr/dahmer-portrait-dune-amerique-monstrueuse/">Dahmer </a></strong>(Netflix)</p>



<p>5/ <strong><a href="https://movierama.fr/house-of-the-dragon-saison-1-soeurs-ennemies/">House of the Dragon Saison 1</a></strong> (OCS)</p>



<p>6/ <strong><a href="https://movierama.fr/ozark-saison-4-partie-1-que-le-matriarcat-commence/">Ozark Saison 4</a></strong> (Netflix)</p>



<p>7/ <strong><a href="https://movierama.fr/heartstopper-leducation-sentimentale/">Heartstopper </a></strong>(Netflix)</p>



<p>8/ <strong>Bad Sisters</strong> (Apple TV+)</p>



<p>9/ <strong><a href="https://movierama.fr/drole-les-dessous-pas-toujours-comiques-du-stand-up/">Drôle </a></strong>(Netflix) </p>



<p>10/ <strong><a href="https://movierama.fr/montre-jamais-ca-a-personne-partie-2-petit-guide-du-processus-creatif-dorelsan/">Montre jamais ça à personne Partie 2</a> </strong>(Amazon Prime Video) </p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong>QUENTIN ELUAU</strong></li>
</ul>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="963" height="481" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/BETTER-CALL-SAUL-SAISON-6-PART-1.jpg" alt="" class="wp-image-21865" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/BETTER-CALL-SAUL-SAISON-6-PART-1.jpg 963w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/BETTER-CALL-SAUL-SAISON-6-PART-1-300x150.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/BETTER-CALL-SAUL-SAISON-6-PART-1-768x384.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/BETTER-CALL-SAUL-SAISON-6-PART-1-770x385.jpg 770w" sizes="(max-width: 963px) 100vw, 963px" /></figure>



<p></p>



<p>Ce fut une bonne année pour les séries. De bonnes découvertes, d&rsquo;autres excellentes mais aussi des déceptions. Cette année marque aussi la fin de <strong><a href="https://movierama.fr/better-call-saul-saison-6-partie-1-le-succes-sonne-toujours-deux-fois/">Better Call Saul</a></strong> qui, pour moi, est en tout point incroyable (et peut-être meilleur que <strong>Breaking Bad</strong>).<br>Concernant 2023, j&rsquo;attends avec impatience la serie <strong>The Last of Us</strong>, ainsi que l&rsquo;animé <strong>Uzimaki</strong>, basé sur le mange du même nom de Junji Ito. Je profiterais aussi pour rattraper mon retard sur certaines séries telles que <strong><a href="https://movierama.fr/severance-lesprit-dentreprise/">Severance </a></strong>ou encore <strong><a href="https://movierama.fr/ted-lasso-saison-2-le-ballon-dor-des-sitcoms/">Ted Lasso</a></strong>, qui auraient pu faire partie de ce classement.</p>



<p>1 &#8211; <a href="https://movierama.fr/better-call-saul-saison-6-partie-1-le-succes-sonne-toujours-deux-fois/"><strong>Better call Saul</strong> <strong>Saison 6</strong></a> (Netflix)<br>2 &#8211; <strong>Jojo Bizarre Adventure : Stone ocean</strong> (Netflix)<br>3 &#8211; <strong>Andor&nbsp;</strong>(Disney +)<br>4 &#8211; <strong>Cyberpunk Edgerunners</strong> (Netflix)<br>5 &#8211; <strong><a href="https://movierama.fr/le-cabinet-des-curiosites-une-agreable-surprise/">Le Cabinet des curiosités</a></strong> (Netflix)<br>6 &#8211; <strong>Le Flambeau</strong> (Canal Plus) <br>7 &#8211; <strong><a href="https://movierama.fr/les-anneaux-de-pouvoir-une-serie-pour-les-endormir-tous/">Les Anneaux de pouvoir</a></strong> (Amazon Prime)<br>8 &#8211; <strong>Sandman</strong> (Netflix) <br>9 &#8211; <strong><a href="https://movierama.fr/the-boys-saison-3-mauvais-garcons/">The Boys</a></strong> (Amazon Prime) <br>10 &#8211; <a href="https://movierama.fr/stranger-things-saison-4-volume-1-cauchemar-sur-hawkins/"><strong>Stranger Things</strong></a><strong><a href="https://movierama.fr/stranger-things-saison-4-volume-1-cauchemar-sur-hawkins/"> Saison 4</a> </strong>(Netflix) </p>



<p></p>



<p></p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong>DAVID SPERANSKI </strong></li>
</ul>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/westworld04w0189475-vod-003-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-21868" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/westworld04w0189475-vod-003-1024x683.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/westworld04w0189475-vod-003-300x200.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/westworld04w0189475-vod-003-768x512.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/westworld04w0189475-vod-003-360x240.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/westworld04w0189475-vod-003-720x480.jpg 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/westworld04w0189475-vod-003-770x513.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/westworld04w0189475-vod-003.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>On espérait voir <strong><a href="https://movierama.fr/westworld-saison-4-en-route-vers-le-sublime/">Westworld </a></strong>aller jusqu&rsquo;à son terme. A une saison de la fin, ce ne sera pas le cas. On avait oublié la loi cruelle des audiences, comptant sur le prestige et la qualité d&rsquo;une série pour lui sauver la mise. Hélas, comme <strong>Sense8</strong> ou <strong>The OA</strong>, la série de Lisa Joy et Jonathan Nolan a rejoint le cimetière des séries inachevées. On tremble ainsi pour <strong><a href="https://movierama.fr/peripheriques-les-mondes-de-flynne-saison-1-objectif-2099/">Périphériques </a></strong>qui, pour l&rsquo;instant, n&rsquo;a pas été officiellement renouvelée. Tel quel, le débat des séries semble encore se dérouler entre les séries HBO et les franchises Netflix, avec quelques apparitions intéressantes d&rsquo;autres diffuseurs comme Apple TV +, Amazon Prime et Arte, qui tirent de plus en plus leur épingle du jeu. Le futur des séries s&rsquo;annonce passionnant.  </p>



<p> </p>



<p>1/ <strong><a href="https://movierama.fr/westworld-saison-4-en-route-vers-le-sublime/">Westworld Saison 4</a></strong> (HBO/OCS)</p>



<p>2/ <strong><a href="https://movierama.fr/irma-vep-lamour-du-cinema/">Irma Vep</a></strong> (HBO/OCS)</p>



<p>3/<strong> <a href="https://movierama.fr/peripheriques-les-mondes-de-flynne-saison-1-objectif-2099/">Périphériques Saison 1</a></strong> (Amazon Prime) </p>



<p>4/<strong> <a href="https://movierama.fr/lamie-prodigieuse-saison-3-identite-trouvee/">L&rsquo;Amie Prodigieuse Saison 3</a></strong> (Canal Plus)</p>



<p>5/<strong> <a href="https://movierama.fr/better-call-saul-saison-6-partie-2-goodbye-saul/">Better Call Saul Saison 6</a></strong> (Netflix)</p>



<p>6/<strong> <a href="https://movierama.fr/house-of-the-dragon-saison-1-soeurs-ennemies/">House of the dragon Saison 1</a> </strong>(HBO/OCS)</p>



<p>7/ <a href="https://movierama.fr/euphoria-saison-2-la-fin-de-l-extase/"><strong>Euphoria Saison 2</strong> </a>(HBO/OCS) </p>



<p>8/<strong> </strong><a href="https://movierama.fr/ozark-saison-4-partie-1-que-le-matriarcat-commence/"><strong>Ozark Saison 4</strong> </a>(Netflix)</p>



<p>9/ <a href="https://movierama.fr/the-crown-saison-5-la-monarchie-dans-la-tourmente/"><strong>The Crown</strong> <strong>Saison 5</strong></a><strong> </strong>(Netflix) </p>



<p>10/ <strong><a href="https://movierama.fr/stranger-things-saison-4-volume-2-kate-bush-contre-le-mal/">Stranger Things Saison 4</a> </strong>(Netflix)</p>



<p>Mentions spéciales : <strong>Le Monde de demain </strong>(Arte/Netflix) et <strong>En Thérapie Saison 2</strong> (Arte). </p>



<p></p>



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<p></p>



<p></p>



<p></p>
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		<item>
		<title>Cadeaux de Noël 2022 : les conseils de la rédaction de MovieRama</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Dec 2022 10:16:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blu-Ray/DVD]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[LIVRES]]></category>
		<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous les avez suivis, lus, vous avez parfois (souvent) écouté leurs recommandations sur le cinéma et les séries. Les rédacteurs de MovieRama ont encore une fois pensé à vous, à l&#8217;heure cruciale du choix des cadeaux de Noël. Dans cet article, se trouvent rassemblées toutes leurs recommandations. Certaines apparaissent même plusieurs fois (le coffret Nosferatu, l&#8217;ouvrage de Thierry Jousse sur les bandes originales, le coffret Kinuyo Tanaka, le livre sur David Fincher, signé Stéphane Bouley). Il y en aura pour [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Vous les avez suivis, lus, vous avez parfois (souvent) écouté leurs recommandations sur le cinéma et les séries. Les rédacteurs de MovieRama ont encore une fois pensé à vous, à l&rsquo;heure cruciale du choix des cadeaux de Noël. Dans cet article, se trouvent rassemblées toutes leurs recommandations. Certaines apparaissent même plusieurs fois (le coffret Nosferatu, l&rsquo;ouvrage de Thierry Jousse sur les bandes originales, le coffret Kinuyo Tanaka, le livre sur David Fincher, signé Stéphane Bouley). Il y en aura pour tous les goûts, de la BD au CD, du blockbuster des séries (<a href="https://movierama.fr/house-of-the-dragon-saison-1-soeurs-ennemies/">House of the Dragon</a>) aux carnets d&rsquo;Ingmar Bergman! Toute la rédaction de MovieRama vous souhaite de très Joyeuses Fêtes ! </strong></p>



<p><strong> </strong></p>



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<ul>
<li><strong>EMMANUELLE ETIENNE </strong></li>
</ul>



<p>&#8211; <strong>Séries illimitées : Le guide ultime pour ne plus chercher des heures un truc à regarder,</strong> présenté par L&rsquo;Arrière-Cuisine. Préface par Alexandre Astier. Editions Marabout. </p>



<p>Un guide utile pour les spectateurs indécis.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="379" height="499" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/SERIES-ILLIMITEES-41ao2YjWzcL._SX377_BO1204203200_.jpg" alt="" class="wp-image-21089" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/SERIES-ILLIMITEES-41ao2YjWzcL._SX377_BO1204203200_.jpg 379w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/SERIES-ILLIMITEES-41ao2YjWzcL._SX377_BO1204203200_-228x300.jpg 228w" sizes="(max-width: 379px) 100vw, 379px" /></figure>



<p></p>



<p>&#8211;<strong> <a href="https://movierama.fr/house-of-the-dragon-saison-1-soeurs-ennemies/">House of The Dragon &#8211; Saison 1</a> </strong><br>L’occasion de voir ou revoir l’une des séries les plus marquantes de 2022.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="342" height="477" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/HOUSE-81rbJVFzrwL._AC_SX342_.jpg" alt="" class="wp-image-21097" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/HOUSE-81rbJVFzrwL._AC_SX342_.jpg 342w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/HOUSE-81rbJVFzrwL._AC_SX342_-215x300.jpg 215w" sizes="(max-width: 342px) 100vw, 342px" /></figure>



<p></p>



<p>&#8211; <strong>Gadgy Machine à popcorn à air chaud</strong> &#8211; Machine à popcorn rétro &#8211; Popcorn sans graisse et sans huile. L’accessoire indispensable pour les soirées «Netflix and chill » !</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="425" height="630" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/GADGY-71sgNgPzomL._AC_SX425_.jpg" alt="" class="wp-image-21093" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/GADGY-71sgNgPzomL._AC_SX425_.jpg 425w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/GADGY-71sgNgPzomL._AC_SX425_-202x300.jpg 202w" sizes="(max-width: 425px) 100vw, 425px" /></figure>



<p></p>



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<p></p>



<ul>
<li><strong>ANA HYDE</strong></li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="680" height="680" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz.jpg" alt="" class="wp-image-21108" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz.jpg 680w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-300x300.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-150x150.jpg 150w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-120x120.jpg 120w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-240x240.jpg 240w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-360x360.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-540x540.jpg 540w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 680px) 100vw, 680px" /></figure>



<p></p>



<p>Pour les gros budgets, le coffret<strong> BR Nosferatu</strong>, une symphonie de l&rsquo;horreur, édité chez Potemkine, vous fera passer des nuits blanches, quand les mots de l&rsquo;<strong>ouvrage illustré Bandes originales</strong> <strong>de Thierry Jousse</strong>, édité chez Epa éditions, vous endormiront sous l&rsquo;effet de ses choix de douces musiques de nuit.</p>



<p> </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="397" height="499" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/BANDES-ORIGINALES-51RGzwT0JGL._SX395_BO1204203200_-1.jpg" alt="" class="wp-image-21118" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/BANDES-ORIGINALES-51RGzwT0JGL._SX395_BO1204203200_-1.jpg 397w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/BANDES-ORIGINALES-51RGzwT0JGL._SX395_BO1204203200_-1-239x300.jpg 239w" sizes="(max-width: 397px) 100vw, 397px" /></figure>



<p></p>



<p>Et pour les petits budgets, le <strong>BR Moonage Daydream</strong> (de Brett Morgen sur David Bowie) est déjà en précommande quand vous pourrez vous offrir la bande originale en <strong>CD du Pinocchio</strong> de Guillermo del Toro par Alexandre Desplats !</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="320" height="445" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/MOONAGE-7197aKkR5GL._AC_SY445_.jpg" alt="" class="wp-image-21098" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/MOONAGE-7197aKkR5GL._AC_SY445_.jpg 320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/MOONAGE-7197aKkR5GL._AC_SY445_-216x300.jpg 216w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong>MARIE MOY</strong></li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="472" height="713" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/affiche-orange-mecanique.jpg" alt="" class="wp-image-21101" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/affiche-orange-mecanique.jpg 472w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/affiche-orange-mecanique-199x300.jpg 199w" sizes="(max-width: 472px) 100vw, 472px" /></figure>



<p></p>



<p>Une affiche originale de <strong>Orange Mécanique</strong> pour que le destinataire du cadeau s&rsquo;endorme tous les soirs sous le regard rassurant d&rsquo;Alex et fasse des doux rêves paisibles (c&rsquo;est génial de parler des nouveautés, mais ne pas oublier les classiques).</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="640" height="333" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/gilmore-girls.jpg" alt="" class="wp-image-21114" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/gilmore-girls.jpg 640w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/gilmore-girls-300x156.jpg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></figure>



<p></p>



<p>Une clé d&rsquo;accès à la série <strong>Gilmore Girls</strong>, drôle et réconfortante, elle ne fera qu&rsquo;enrichir votre culture cinématographique avec les références permanentes de Lorelai mère et fille à une multitude de films des plus divers et variés.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="510" height="510" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/sony-pxw-z190-8-510x510-1.jpg" alt="" class="wp-image-21107" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/sony-pxw-z190-8-510x510-1.jpg 510w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/sony-pxw-z190-8-510x510-1-300x300.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/sony-pxw-z190-8-510x510-1-150x150.jpg 150w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/sony-pxw-z190-8-510x510-1-120x120.jpg 120w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/sony-pxw-z190-8-510x510-1-240x240.jpg 240w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/sony-pxw-z190-8-510x510-1-360x360.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/sony-pxw-z190-8-510x510-1-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 510px) 100vw, 510px" /></figure>



<p><strong>Une caméra </strong>pour filmer vos instants de vie, parce que ce que le cinéma montre, c&rsquo;est l&rsquo;importance des mots des images et des instants que seul une caméra peut réussir à figer et conserver bien chaudement dans un petit boitier.</p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong>BERENICE PAUL </strong></li>
</ul>



<p> <strong> </strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="312" height="445" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/penny-dreadful-61v-MjSx0iS._AC_SY445_.jpg" alt="" class="wp-image-21115" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/penny-dreadful-61v-MjSx0iS._AC_SY445_.jpg 312w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/penny-dreadful-61v-MjSx0iS._AC_SY445_-210x300.jpg 210w" sizes="(max-width: 312px) 100vw, 312px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Côté série&nbsp;</strong></p>



<p>Coffret DVD de <strong>l&rsquo;intégrale de&nbsp;Penny Dreadful</strong><em>&nbsp;</em>(19,99 euros)</p>



<p>Ce coffret DVD est l’occasion de découvrir l’une des séries fantastiques les plus (injustement) sous-estimées de ces dernières décennies. Eva Green y confirme ses talents d&rsquo;actrice en interprétant une femme trouble, plongée dans les méandres d&rsquo;un XIXe tourmenté.&nbsp;</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="342" height="456" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/pasolini-61PADeCNE4S._AC_SX342_.jpg" alt="" class="wp-image-21116" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/pasolini-61PADeCNE4S._AC_SX342_.jpg 342w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/pasolini-61PADeCNE4S._AC_SX342_-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 342px) 100vw, 342px" /></figure>



<p></p>



<p><strong><u>Côté film&nbsp;</u></strong></p>



<p><strong>Coffret DVD Pasolini</strong> (29,99 euros)</p>



<p>En 2022, Pier Paolo Pasolini aurait eu cent ans. Cinquante ans après sa mort, le cinéaste continue de fasciner le public. Quoi de mieux qu’un coffret DVD pour appréhender ses œuvres aussi exigeantes que provocatrices&nbsp;? &nbsp;</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="206" height="293" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/tout-sur-le-cinema-51QDaFr18NL._SY291_BO1204203200_QL40_ML2_.jpg" alt="" class="wp-image-21117"/></figure>



<p></p>



<p><strong><u>Côté livre&nbsp;</u></strong></p>



<p><strong>Tout sur le cinéma. Panorama des chefs-d&rsquo;oeuvre et des techniques&nbsp;</strong>(29,90 euros)</p>



<p>Pour moins de trente euros, cet ouvrage constitue une bonne entrée en matière dans l’Histoire du cinéma. Les genres cinématographiques sont abordées avec une écriture simple et efficace, qui donne (encore plus) envie d’aller au cinéma. &nbsp;</p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong>XAVIER AFFRE</strong></li>
</ul>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="397" height="499" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/BANDES-ORIGINALES-51RGzwT0JGL._SX395_BO1204203200_-1.jpg" alt="" class="wp-image-21118" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/BANDES-ORIGINALES-51RGzwT0JGL._SX395_BO1204203200_-1.jpg 397w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/BANDES-ORIGINALES-51RGzwT0JGL._SX395_BO1204203200_-1-239x300.jpg 239w" sizes="(max-width: 397px) 100vw, 397px" /></figure>



<p></p>



<p>1/ Un livre : <strong>Thierry Jousse, Bandes originales, une histoire illustrée de la musique au cinéma, </strong>Édition E/P/A, 288 pages, nov. 2022. Une évocation du 7e art par le biais de la musique, un voyage passionnant à travers des documents d&rsquo;archives et une furieuse envie de revoir (ou plutôt de réécouter) plein de films / 45 euros</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="680" height="680" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-1.jpg" alt="" class="wp-image-21119" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-1.jpg 680w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-1-300x300.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-1-150x150.jpg 150w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-1-120x120.jpg 120w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-1-240x240.jpg 240w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-1-360x360.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-1-540x540.jpg 540w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Nosferatu-Fj3ypG5XgAAFJSz-1-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 680px) 100vw, 680px" /></figure>



<p></p>



<p>2/ Un DVD : <strong>Nosferatu, une symphonie de l&rsquo;horreur</strong> (Friedrich Wilhelm Murnau) / Coffret Blu-ray DVD version restaurée,&nbsp;boîtier métal Futurepak limité &amp; livre dans un coffret bois. Potemkine. Sortie le 8 décembre 2022. Pour redécouvrir un chef d&rsquo;oeuvre du cinéma d&rsquo;épouvante, par un grand maître du cinéma. Une magnifique utilisation des lumières et des jeux d&rsquo;ombre. / 69.90 euros.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="300" height="399" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LES-PIONNIERS-789748_1.jpg" alt="" class="wp-image-21120" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LES-PIONNIERS-789748_1.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LES-PIONNIERS-789748_1-226x300.jpg 226w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p></p>



<p>3/ Une BD sur le cinéma : <strong>Les Pionniers, vol. 1 : La machine du diable. Dorison / Maric / Hostache.</strong> Éd. Rue de Sèvres. Avril 2022. Une évocation des premiers pas du cinéma, au temps des inventeurs, ingénieurs et industriels. Où l&rsquo;on rencontre Charles Pathé, Louis Gaumont, Georges Méliès ou encore Alice Guy. / 25 euros</p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong>QUENTIN ELUAU</strong></li>
</ul>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="340" height="500" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/loeuvre-de-David-Fincher-9782377842339-475x500-1.webp" alt="" class="wp-image-21122" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/loeuvre-de-David-Fincher-9782377842339-475x500-1.webp 340w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/loeuvre-de-David-Fincher-9782377842339-475x500-1-204x300.webp 204w" sizes="(max-width: 340px) 100vw, 340px" /></figure>



<p></p>



<p><strong><a href="https://movierama.fr/loeuvre-de-david-fincher-scruter-la-noirceur/">L&rsquo;oeuvre de David Fincher : Scruter la noirceur de Stéphane Bouley</a></strong>. Third Editions. Une plongée dans l&rsquo;univers de David Fincher, d&rsquo;<strong>Alien 3</strong> à <strong>Mank</strong>, en passant par <strong>Mindhunter</strong>, tout est analysé dans ce livre de 500 pages.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1000" height="798" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LEGO-Ideas-21336-The-Office.jpg" alt="" class="wp-image-21125" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LEGO-Ideas-21336-The-Office.jpg 1000w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LEGO-Ideas-21336-The-Office-300x239.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LEGO-Ideas-21336-The-Office-768x613.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LEGO-Ideas-21336-The-Office-770x614.jpg 770w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p></p>



<p>Des<strong> Legos The Office</strong>. Quoi demander de mieux cette année ?&nbsp;</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="280" height="445" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/THE-LEFTOVERS-81NVilGddML._AC_SY445_.jpg" alt="" class="wp-image-21126" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/THE-LEFTOVERS-81NVilGddML._AC_SY445_.jpg 280w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/THE-LEFTOVERS-81NVilGddML._AC_SY445_-189x300.jpg 189w" sizes="(max-width: 280px) 100vw, 280px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>The Leftovers</strong>, série créée par Damon Lindelof (<strong>Lost</strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/watchmen-lamerique-raciste-demasquee/">Watchmen</a></strong>). </p>



<p>Que se passerait-il si demain 2% de la population mondiale disparaissait ? C&rsquo;est ce que Damon Lindelof souhaite raconter dans cette série dramatique.</p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong>SYLVAIN JAUFRY</strong></li>
</ul>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="387" height="499" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Romy-Sautet-41V0oOQ7CiL._SX385_BO1204203200_.jpg" alt="" class="wp-image-21129" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Romy-Sautet-41V0oOQ7CiL._SX385_BO1204203200_.jpg 387w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Romy-Sautet-41V0oOQ7CiL._SX385_BO1204203200_-233x300.jpg 233w" sizes="(max-width: 387px) 100vw, 387px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Romy Schneider/Claude Sautet, un coup de foudre créatif, de Jean-Pierre Lavoignat, </strong>Editions de la Martinière. Pour voir la nature de cette relation, qui a débouché sur quelques films de qualité.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="357" height="499" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Bertrand-Tavernier-41fXisSZ2ZL._SX355_BO1204203200_.jpg" alt="" class="wp-image-21130" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Bertrand-Tavernier-41fXisSZ2ZL._SX355_BO1204203200_.jpg 357w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Bertrand-Tavernier-41fXisSZ2ZL._SX355_BO1204203200_-215x300.jpg 215w" sizes="(max-width: 357px) 100vw, 357px" /></figure>



<p><br></p>



<p><strong>Bertrand Tavernier. Le cinéma et rien d&rsquo;autre. de Laurent Delmas</strong>, Editions Gallimard. des précisions sur le travail et la filmographie de l un des plus grands réalisateurs français.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="329" height="445" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/AGUIRRE-71wnyZ9FaXS._AC_SY445_.jpg" alt="" class="wp-image-21133" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/AGUIRRE-71wnyZ9FaXS._AC_SY445_.jpg 329w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/AGUIRRE-71wnyZ9FaXS._AC_SY445_-222x300.jpg 222w" sizes="(max-width: 329px) 100vw, 329px" /></figure>



<p><br></p>



<p>Dvd du film de <strong>Werner Herzog, Aguirre la colère de Dieu</strong>. Potemkine Editions.</p>



<p>Un chef-d&rsquo;œuvre où l&rsquo;on peut admirer la folie de Klaus Kinski . A conseiller avec <strong>Fitzcarraldo</strong>.</p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong><a href="https://movierama.fr/author/pierre-larvol/">PIERRE LARVOL </a></strong></li>
</ul>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="282" height="445" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LES-CRIMES-DU-FUTUR-71xScaQDmRL._AC_SY445_.jpg" alt="" class="wp-image-21138" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LES-CRIMES-DU-FUTUR-71xScaQDmRL._AC_SY445_.jpg 282w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LES-CRIMES-DU-FUTUR-71xScaQDmRL._AC_SY445_-190x300.jpg 190w" sizes="(max-width: 282px) 100vw, 282px" /></figure>



<p></p>



<p><strong><a href="https://movierama.fr/crimes-of-the-future-le-corps-est-la-realite/">Les Crimes du Futur</a> de David Cronenberg&nbsp;</strong>-Blu-ray / 4K<strong> :</strong> Cronenberg oblige, l&rsquo;ambiance n&rsquo;est pas franchement à la fête dans<strong> <a href="https://movierama.fr/crimes-of-the-future-le-corps-est-la-realite/">Les Crimes du Futur</a></strong>, film aussi clivant qu&rsquo;important dans la filmographie du cinéaste canadien. Un film&nbsp;d&rsquo;ambiance, à la fois étrange et familier, porté par un casting international convaincant et une bande-son envoûtante. Une méditation pertinente et particulièrement organique sur l&rsquo;avenir de l&rsquo;humanité.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="425" height="425" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/tambour-vision-81U5xYQcBHL._SX425_.jpg" alt="" class="wp-image-21141" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/tambour-vision-81U5xYQcBHL._SX425_.jpg 425w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/tambour-vision-81U5xYQcBHL._SX425_-300x300.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/tambour-vision-81U5xYQcBHL._SX425_-150x150.jpg 150w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/tambour-vision-81U5xYQcBHL._SX425_-120x120.jpg 120w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/tambour-vision-81U5xYQcBHL._SX425_-240x240.jpg 240w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/tambour-vision-81U5xYQcBHL._SX425_-360x360.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/tambour-vision-81U5xYQcBHL._SX425_-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 425px) 100vw, 425px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Tambour Vision de Bertrand Belin</strong>&nbsp;&#8211; CD / Vinyle : la voix suave, le dandy chic et décalé Bertrand Belin continue son voyage musical avec un septième album hybride, quelque part entre le new wave et l&rsquo;électro. On y retrouve des accents de Bowie et de Dutronc époque <strong>Madame l&rsquo;existence</strong>, des textes&nbsp;empreints&nbsp;de poésie et surtout, un véritable esprit de liberté pour ce chanteur qui vient d&rsquo;une « <em>longue lignée de zéros, de uns</em>« .</p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong>JOLAN MAFFI</strong></li>
</ul>



<p></p>



<p> </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="340" height="340" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Jerk-DVD.jpg" alt="" class="wp-image-21148" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Jerk-DVD.jpg 340w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Jerk-DVD-300x300.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Jerk-DVD-150x150.jpg 150w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Jerk-DVD-120x120.jpg 120w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Jerk-DVD-240x240.jpg 240w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Jerk-DVD-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 340px) 100vw, 340px" /></figure>



<p></p>



<p>Le DVD de <strong>Jerk de Gisèle Vienne</strong>, pour ne pas rater la plus grande expérience ciné de l’année.  Shellshock Editions. </p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="340" height="340" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Coffret-Kinuyo-Tanaka-realisatrice-de-l-age-d-or-du-cinema-japonais-Blu-ray.jpg" alt="" class="wp-image-21149" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Coffret-Kinuyo-Tanaka-realisatrice-de-l-age-d-or-du-cinema-japonais-Blu-ray.jpg 340w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Coffret-Kinuyo-Tanaka-realisatrice-de-l-age-d-or-du-cinema-japonais-Blu-ray-300x300.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Coffret-Kinuyo-Tanaka-realisatrice-de-l-age-d-or-du-cinema-japonais-Blu-ray-150x150.jpg 150w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Coffret-Kinuyo-Tanaka-realisatrice-de-l-age-d-or-du-cinema-japonais-Blu-ray-120x120.jpg 120w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Coffret-Kinuyo-Tanaka-realisatrice-de-l-age-d-or-du-cinema-japonais-Blu-ray-240x240.jpg 240w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Coffret-Kinuyo-Tanaka-realisatrice-de-l-age-d-or-du-cinema-japonais-Blu-ray-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 340px) 100vw, 340px" /></figure>



<p></p>



<p>Le <strong>coffret Kinuyo Tanaka</strong>, pour découvrir cette grande cinéaste oubliée, aux Editions Carlotta.  </p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="354" height="500" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/jeanne-dielman.jpg" alt="" class="wp-image-21152" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/jeanne-dielman.jpg 354w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/jeanne-dielman-212x300.jpg 212w" sizes="(max-width: 354px) 100vw, 354px" /></figure>



<p></p>



<p>Le DVD de <strong>Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles, de Chantal Akerman</strong>, parce qu’il était temps de réhabiliter ce film et sa réalisatrice. </p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong>REMY PIGNATIELLO</strong></li>
</ul>



<p><strong> </strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="340" height="340" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Coffret-Kinuyo-Tanaka-realisatrice-de-l-age-d-or-du-cinema-japonais-Blu-ray.jpg" alt="" class="wp-image-21149" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Coffret-Kinuyo-Tanaka-realisatrice-de-l-age-d-or-du-cinema-japonais-Blu-ray.jpg 340w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Coffret-Kinuyo-Tanaka-realisatrice-de-l-age-d-or-du-cinema-japonais-Blu-ray-300x300.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Coffret-Kinuyo-Tanaka-realisatrice-de-l-age-d-or-du-cinema-japonais-Blu-ray-150x150.jpg 150w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Coffret-Kinuyo-Tanaka-realisatrice-de-l-age-d-or-du-cinema-japonais-Blu-ray-120x120.jpg 120w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Coffret-Kinuyo-Tanaka-realisatrice-de-l-age-d-or-du-cinema-japonais-Blu-ray-240x240.jpg 240w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Coffret-Kinuyo-Tanaka-realisatrice-de-l-age-d-or-du-cinema-japonais-Blu-ray-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 340px) 100vw, 340px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Coffret Kinuyo Tanaka</strong>&nbsp;(Carlotta Editions) : parce qu’il est toujours fabuleux de voir débarquer en Blu-ray à partir de restaurations 4K de pareils films, quasi jamais vus depuis leurs sorties à l’époque, permettant ainsi une disponibilité à toujours plus de films parmi l’immensité du cinéma.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="305" height="445" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LHomme-tranquille-51CjQDVlaIL._AC_SY445_.jpg" alt="" class="wp-image-21158" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LHomme-tranquille-51CjQDVlaIL._AC_SY445_.jpg 305w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LHomme-tranquille-51CjQDVlaIL._AC_SY445_-206x300.jpg 206w" sizes="(max-width: 305px) 100vw, 305px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>L’homme tranquille</strong>&nbsp;<strong>de John Ford</strong> (Rimini Editions) : parce que pas mal de Français se languissaient de voir le film dans une édition à la légalité indéniable, et que les éditions Rimini l’ont fait d’une splendide manière.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="800" height="565" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LAMORTD_UNBUCHERON-OUVERTE_800x.webp" alt="" class="wp-image-21161" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LAMORTD_UNBUCHERON-OUVERTE_800x.webp 800w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LAMORTD_UNBUCHERON-OUVERTE_800x-300x212.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LAMORTD_UNBUCHERON-OUVERTE_800x-768x542.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LAMORTD_UNBUCHERON-OUVERTE_800x-770x544.webp 770w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p><strong>Vague Le chat qui fume de novembre-décembre 2022</strong>&nbsp;: Parce qu’il n’y en a jamais autant eu pour tous les goûts chez l’éditeur, que ce soit du Jesus Franco en UHD, du film contemporain (Luz et Achoura), deux polars français (<strong>A coups de crosse</strong> et <strong>Le bar du téléphone</strong>), et même quelques raretés québécoises (<strong>La tête de Normande St-Onge</strong>, <strong>La mort d’un bûcheron </strong>et <strong>Gina</strong>).</p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<ul>
<li><strong>DAVID SPERANSKI </strong></li>
</ul>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="345" height="499" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Bergman-41wvzD2uhnL._SX343_BO1204203200_.jpg" alt="" class="wp-image-21168" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Bergman-41wvzD2uhnL._SX343_BO1204203200_.jpg 345w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Bergman-41wvzD2uhnL._SX343_BO1204203200_-207x300.jpg 207w" sizes="(max-width: 345px) 100vw, 345px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Ingmar Bergman. Carnets de 1955-2001</strong> (Carlotta). Auteur d&rsquo;une oeuvre pléthorique de plus d&rsquo;une quarantaine de films qui font l&rsquo;admiration de ses pairs (Lynch, Lars Von Trier, Paul Verhoeven, Woody Allen, etc.) et de tous les cinéphiles de goût, Ingmar Bergman a également écrit une oeuvre littéraire conséquente. Dans la lignée des carnets d&rsquo;Ozu, voici donc ses carnets tenus de 1955 à 2001 qui nous plongent dans l&rsquo;intimité et le laboratoire de création de l&rsquo;un des plus grands cinéastes du monde. On se demande comment ce diable d&rsquo;homme a pu trouver le temps de les rédiger. Un génie.</p>



<p> </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="333" height="500" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LOURCELLES-9782382922965-475x500-1.webp" alt="" class="wp-image-21175" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LOURCELLES-9782382922965-475x500-1.webp 333w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/LOURCELLES-9782382922965-475x500-1-200x300.webp 200w" sizes="(max-width: 333px) 100vw, 333px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="333" height="499" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Lourcelles-2-41EXx5q0SrL._SX331_BO1204203200_-1.jpg" alt="" class="wp-image-21182" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Lourcelles-2-41EXx5q0SrL._SX331_BO1204203200_-1.jpg 333w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/Lourcelles-2-41EXx5q0SrL._SX331_BO1204203200_-1-200x300.jpg 200w" sizes="(max-width: 333px) 100vw, 333px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Dictionnaire des films de Jacques Lourcelles. Tome 1 : des Origines à 1950. Tome 2 : de 1951 à nos jours.</strong> Collection Bouquins chez Robert Laffont. Ceux qui ont déjà l&rsquo;édition en un seul volume, <strong>Dictionnaire du cinéma</strong>, avec Louise Brooks en couverture, se demanderont pourquoi l&rsquo;acheter à nouveau. Car Lourcelles l&rsquo;a augmentée de plusieurs centaines de critiques et de quelques essais, ce qui en fait la nouvelle édition refondue et totalement remaniée d&rsquo;une Bible pour tous les cinéphiles exigeants. Si Lourcelles passe largement à côté du cinéma moderne qu&rsquo;il ne comprend pas (Antonioni, Resnais, la Nouvelle Vague, etc.), hormis quelques rares exceptions (Bergman, Lynch), son livre demeure l&rsquo;ouvrage absolu de référence pour tout le cinéma classique.  </p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="340" height="500" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/loeuvre-de-David-Fincher-9782377842339-475x500-1.webp" alt="" class="wp-image-21122" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/loeuvre-de-David-Fincher-9782377842339-475x500-1.webp 340w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/loeuvre-de-David-Fincher-9782377842339-475x500-1-204x300.webp 204w" sizes="(max-width: 340px) 100vw, 340px" /></figure>



<p></p>



<p><strong><a href="https://movierama.fr/loeuvre-de-david-fincher-scruter-la-noirceur/">L&rsquo;Oeuvre de David Fincher : Scruter la noirceur de Stéphane Bouley</a></strong>. Third Editions. Pour tout savoir sur l&rsquo;une des oeuvres les plus fascinantes du cinéma contemporain (<strong>Seven</strong>, <strong>The Game</strong>, <strong>Fight Club</strong>, <strong>Panic Room</strong>, <strong>Zodiac</strong>, <strong>Benjamin Button</strong>, <strong>The Social Network</strong>, <strong>Gone Girl</strong>). Une passionnante étude remplie d&rsquo;anecdotes savoureuses et d&rsquo;analyses détaillées. </p>



<p></p>



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<p></p>
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		<title>L’œuvre de David Fincher : Scruter la noirceur</title>
		<link>https://movierama.fr/loeuvre-de-david-fincher-scruter-la-noirceur/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Quentin ELUAU]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Dec 2022 10:18:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[LIVRES]]></category>
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		<category><![CDATA[David Fincher]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[Third Editions]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Pourquoi lui faites-vous confiance ? Ce n’est qu’un vendeur de pompes ! ». C’est pratiquement sur cette citation de David Giler (producteur d’Alien 3, à l’époque de cette remarque) que commence l’ouvrage de Stéphane Bouley au sujet de David Fincher. À travers plus de 500 pages, l’auteur se penche sur tout ce qui fait le cinéma de Fincher. Sa jeunesse en Californie, ses travaux, en tant que réalisateur de publicités, ses débuts au cinéma et surtout sa passion pour la manipulation du public et son [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>« <em>Pourquoi lui faites-vous confiance ? Ce n’est qu’un vendeur de pompes !</em> ». C’est pratiquement sur cette citation de David Giler (producteur d’<strong>Alien 3,</strong> à l’époque de cette remarque) que commence l’ouvrage de Stéphane Bouley au sujet de David Fincher. À travers plus de 500 pages, l’auteur se penche sur tout ce qui fait le cinéma de Fincher. Sa jeunesse en Californie, ses travaux, en tant que réalisateur de publicités, ses débuts au cinéma et surtout sa passion pour la manipulation du public et son attirance pour la noirceur humaine.</p>



<p>À la différence du <a href="https://movierama.fr/loeuvre-de-christopher-nolan-les-theoremes-de-lillusion-par-guillaume-labrude/">livre sur Christopher Nolan</a> dont nous avions déjà parlé, Stéphane Bouley ne retrace pas l&rsquo;univers de Fincher film par film. Il préfère aborder les thèmes et sujets propres à Fincher, en puisant dans les films pour argumenter son propos.</p>



<p>Du travail de la lumière et des ombres, le choix des couleurs lors de l’étalonnage, son utilisation du numérique ou encore sa fâcheuse manie à vouloir retourner des scènes, tout le côté obsessionnel et méticuleux de Fincher est détaillé. On découvre alors que le tournage de <strong>Gone</strong> <strong>Girl</strong> comptait une moyenne de cinquante prises par plan (d’après Ceán Chaffin, femme et productrice de Fincher depuis <strong>The Game</strong>). On y apprend aussi que Fincher n’a quasiment jamais retouché directement à un scénario, de lui-même, il ne se considère pas comme un scénariste.</p>



<blockquote class="wp-block-quote">
<p>&nbsp;« Je me considère comme un interprète. J’interprète un texte écrit et je le transforme en film […] Cela fait-il de moi un homme qui ne fait que de la science appliquée ? Je ne crois pas ».</p>
</blockquote>



<p>Le livre regorge de détails et d’anecdotes en tout genre. Le tout est accompagné de nombreuses illustrations réalisées par Capucine Bouley, reprenant des plans phares des films. D’<strong>Alien&nbsp;3</strong> à <strong>Seven</strong>, en passant par <strong>Fight Club</strong>, <strong>Zodiac</strong> ou encore <strong>Gone Girl</strong>, l’œuvre de David Fincher constitue l’une des plus intéressantes du cinéma moderne. Film après film, il ausculte la nature humaine, les conflits qui peuvent en découler, mais aussi toute sa noirceur.</p>



<p>Ce livre est donc parfait pour quiconque attache un peu d’importance à l’œuvre de Fincher et souhaite approfondir sa connaissance du réalisateur. L’ouvrage, à la fois dense et accessible, analyse avec force, détails et transversalité les choix de mise en scène du réalisateur, ses motifs et thèmes récurrents, ainsi que le travail essentiel de ses collaborateurs.</p>



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<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-center" style="grid-template-columns:23% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="900" height="962" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/l-oeuvre-de-david-fincher-scruter-la-noirceur.png" alt="" class="wp-image-20952 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/l-oeuvre-de-david-fincher-scruter-la-noirceur.png 900w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/l-oeuvre-de-david-fincher-scruter-la-noirceur-281x300.png 281w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/l-oeuvre-de-david-fincher-scruter-la-noirceur-768x821.png 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/12/l-oeuvre-de-david-fincher-scruter-la-noirceur-770x823.png 770w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-medium-font-size"><strong>L’œuvre de David Fincher : Scruter la noirceur</strong></p>



<p class="has-medium-font-size">Stéphane Bouley / <a href="https://www.thirdeditions.com/">Third Editions</a></p>



<p class="has-black-color has-text-color">Le livre est disponible sur <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color">le site</mark> de l&rsquo;éditeur ainsi qu&rsquo;en librairie.</p>
</div></div>



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<p></p>
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		<title>Il y aura peut-être une suite directe à la saga Harry Potter</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yassine Belhadj]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Nov 2022 10:07:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[LIVRES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le patron de Warner Bros. Discovery (WBD), David Zaslav, a déclaré dans une interview vouloir relancer la saga des Harry Potter en adaptant au cinéma la pièce de théâtre créée en 2016 sur une histoire originale de J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany, Harry Potter et l&#8217;enfant maudit. La pièce se déroule dix-neuf ans après la fin du dernier film de la saga Harry Potter et les Reliques de la mort &#8211; 2ème partie et suit Albus, le fils [&#8230;]</p>
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<p>Le patron de Warner Bros. Discovery (WBD), David Zaslav, a déclaré dans une interview vouloir relancer la saga des <strong>Harry Potter</strong> en adaptant au cinéma la pièce de théâtre créée en 2016 sur une histoire originale de J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany, <strong>Harry Potter et l&rsquo;enfant maudit</strong>. </p>



<p>La pièce se déroule dix-neuf ans après la fin du dernier film de la saga <strong>Harry Potter et les Reliques de la mort &#8211; 2ème partie</strong> et suit Albus, le fils d&rsquo;Harry et Ginny qui s&rsquo;apprête à faire sa rentrée à Poudlard. Grand ami de Scorpius Malefoy, le fils de Drago, et de Delphini Diggory, cousine de Cedric, tué lors du « Tournoi des trois sorciers », Albus retourne à plusieurs reprises dans le passé pour tenter de changer le cours des choses… et bouleverse complètement le présent. Le projet en est seulement au stade d&rsquo;idée pour l&rsquo;instant, à l&rsquo;heure où la préparation de <strong>Les Animaux Fantastiques 4</strong> est encore incertaine.</p>



<p></p>



<p></p>



<p></p>



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		<title>La dernière saison de The Walking Dead s&#8217;achève le 21 novembre prochain sur OCS</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yassine Belhadj]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Nov 2022 11:40:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BD]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques SERIES TV]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il était peut-être temps d&#8217;arrêter le massacre. Ce qui commençait comme une excellente série il y a déjà douze ans est donc sur le point de s&#8217;achever le 21 novembre 2022 par le dernier épisode d&#8217;une onzième et ultime saison. La troisième partie de la saison est en cours de diffusion sur OCS et plusieurs indices montrent que la fin ne suivra pas celle du comic-book. Cette saison se veut comme un retour aux sources de la série, dans laquelle [&#8230;]</p>
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<p>Il était peut-être temps d&rsquo;arrêter le massacre. Ce qui commençait comme une excellente série il y a déjà douze ans est donc sur le point de s&rsquo;achever le 21 novembre 2022 par le dernier épisode d&rsquo;une onzième et ultime saison. La troisième partie de la saison est en cours de diffusion sur OCS et plusieurs indices montrent que la fin ne suivra pas celle du comic-book. </p>



<p>Cette saison se veut comme un retour aux sources de la série, dans laquelle les « Walkers » redeviennent l&rsquo;ennemi principal de Rick Grimes, Maggie, Eugene, Daryl ou encore Negan. Les zombies deviendront plus redoutables que jamais et on se demande donc qui survivra au grand final de cette série ayant pour thèmes de prédilection la survie, l&rsquo;humanité, l&rsquo;espoir et le sacrifice. Et pour ceux à qui l&rsquo;univers de The Walking Dead manquera, il y aura toujours la possibilité de se réconforter avec les spin-off prévus sur Negan et Maggie.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="THE WALKING DEAD Dernière Saison Teaser (2022)" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/ZdZDf1gKu2U?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
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		<title>La série de jeux Bioshock aura droit à son adaptation en film par Netflix</title>
		<link>https://movierama.fr/la-serie-de-jeux-bioshock-aura-droit-a-son-adaptation-en-film/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yassine Belhadj]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Nov 2022 10:50:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BANDES-ANNONCES]]></category>
		<category><![CDATA[JEUX VIDEO]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[PLATEFORMES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quel joueur ne se rappelle pas de cette introduction à l&#8217;univers Art déco d&#8217;un des survival-horror à la première personne les plus marquants des années 2000 : Jack, survivant d&#8217;un accident aérien en pleine mer, découvre la ville sous-marine de Rapture, une ville construite par un mégalomane milliardaire, Andrew Ryan, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale afin d&#8217;y réaliser ses rêves les plus fous d&#8217;une société utopique, loin de toute morale extérieure. Netflix l&#8217;a annoncé de manière officielle : [&#8230;]</p>
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<p>Quel joueur ne se rappelle pas de cette introduction à l&rsquo;univers Art déco d&rsquo;un des survival-horror à la première personne les plus marquants des années 2000 : Jack, survivant d&rsquo;un accident aérien en pleine mer, découvre la ville sous-marine de Rapture, une ville construite par un mégalomane milliardaire, Andrew Ryan, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale afin d&rsquo;y réaliser ses rêves les plus fous d&rsquo;une société utopique, loin de toute morale extérieure. </p>



<p>Netflix l&rsquo;a annoncé de manière officielle : son studio produira l&rsquo;adaptation filmique de la série de jeux <strong>Bioshock</strong> et c&rsquo;est Francis Lawrence (<strong>Je suis une légende, Hunger Games</strong>) qui signera la réalisation. Le projet, abandonné à plusieurs reprises par d&rsquo;autres studios dans la décennie précédente, est encore en cours d&rsquo;écriture et c&rsquo;est Michael Green, le scénariste de <a href="https://movierama.fr/blade-runner-2049-etre-ou-ne-pas-etre/"><strong>Blade Runner 2049</strong> </a>et de <strong>Logan</strong> qui s&rsquo;y colle. La ville steam-punk de Rapture, ses « Petites Soeurs » et autres plasmides semblent donc de retour pour les fans qui espèrent une adaptation à la hauteur de la beauté du jeu. </p>



<p></p>



<p></p>



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		<title>Top 10 David Lynch : un classement subjectif de ses dix films</title>
		<link>https://movierama.fr/top-10-david-lynch/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yassine Belhadj]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Nov 2022 14:33:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blu-Ray/DVD]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[DOSSIERS]]></category>
		<category><![CDATA[METTEURS EN SCENE]]></category>
		<category><![CDATA[TOPS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>David Lynch, cinéaste aussi dérangeant qu&#8217;accompli, scénariste, acteur, peintre, musicien et photographe, a réalisé 10 films entre 1977 et 2006, qui, chacun à leur manière, ont laissé une empreinte dans l&#8217;histoire récente du cinéma américain, et influencé une tripotée de réalisateurs dans cette mouvance surréaliste qui lui a valu un Lion d&#8217;Or d&#8217;honneur à Venise en 2006 pour sa carrière. Le top qui va suivre est purement subjectif et ne représente pas bien sûr l&#8217;avis de toute la rédaction de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>David Lynch, cinéaste aussi dérangeant qu&rsquo;accompli, scénariste, acteur, peintre, musicien et photographe, a réalisé 10 films entre 1977 et 2006, qui, chacun à leur manière, ont laissé une empreinte dans l&rsquo;histoire récente du cinéma américain, et influencé une tripotée de réalisateurs dans cette mouvance surréaliste qui lui a valu un Lion d&rsquo;Or d&rsquo;honneur à Venise en 2006 pour sa carrière. Le top qui va suivre est purement subjectif et ne représente pas bien sûr l&rsquo;avis de toute la rédaction de MovieRama. </p>



<p><strong>10. Une histoire vraie (1999)</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="658" height="370" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/The-Straight-Story.jpg" alt="" class="wp-image-19736" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/The-Straight-Story.jpg 658w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/The-Straight-Story-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 658px) 100vw, 658px" /></figure>



<p></p>



<p>Petit OVNI de sa filmographie, de par sa narration limpide et son ambiance touchante et loin du bizarre auquel le réalisateur nous avait habitué, ce road-movie raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;Alvin, 73 ans, qui après une chute l&rsquo;obligeant à utiliser une deuxième canne, apprend que son frère, avec qui il est fâché depuis 10 ans, a été victime d&rsquo;une attaque. Problème : il habite le Wisconsin et Alvin n&rsquo;a plus de permis de conduire valide. Il se résout à prendre la route sur son micro-tracteur tondeuse à gazon pour parcourir les 240 miles (386 kilomètres) qui le séparent de son frère. Un récit simple et touchant, ponctué de rencontres qui l&rsquo;amèneront à faire le point sur les grands évènements de sa vie, et qui se veut l&rsquo;éloge de la lenteur dans un monde qui va trop vite, où seules quelques touches d&rsquo;effets sonores bien sentis ou de mouvements de caméra caractéristiques rappellent que David Lynch est derrière la caméra.</p>



<p><strong>9. Inland Empire (2006)</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="663" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Inland-Empire-1-1024x663.jpg" alt="" class="wp-image-19735" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Inland-Empire-1-1024x663.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Inland-Empire-1-300x194.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Inland-Empire-1-768x497.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Inland-Empire-1-770x498.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Inland-Empire-1-1320x854.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Inland-Empire-1.jpg 1400w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Dernier long-métrage en date du cinéaste, <strong>Inland Empire</strong> (qui est aussi le nom d&rsquo;un quartier de la cité des anges, et donc dernier film de la trilogie de Los Angeles après <strong>Mulholland Drive</strong> et <strong>Lost Highway</strong>) raconte l&rsquo;histoire très décousue de Nikki Grace (Laura Dern), actrice, épouse d&rsquo;un homme fortuné, qui attend avec impatience de savoir si elle a été sélectionnée pour un rôle dans une nouvelle production hollywoodienne. Une voisine énigmatique lui rend visite et lui prédit qu&rsquo;elle sera acceptée. Le lendemain, elle reçoit un appel qui lui annonce qu&rsquo;effectivement elle est retenue pour le rôle mais il s&rsquo;avère que le film est maudit, le tournage précédent ayant été annulé après que les deux comédiennes principales ont été assassinées. Cauchemar hollywoodien, film expérimental, difficile d&rsquo;accès, à l&rsquo;intrigue éclatée, qui incarne dans toute sa splendeur ce qui peut rebuter certains spectateurs à pénétrer l&rsquo;univers sombre et onirique du réalisateur. En somme, l&rsquo;exact opposé d&rsquo;<strong>Une Histoire Vraie</strong>.</p>



<p><strong>8. Dune (1984)</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="572" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Capture-decran-2022-11-16-a-14.46.15-1024x572.png" alt="" class="wp-image-19729" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Capture-decran-2022-11-16-a-14.46.15-1024x572.png 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Capture-decran-2022-11-16-a-14.46.15-300x167.png 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Capture-decran-2022-11-16-a-14.46.15-768x429.png 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Capture-decran-2022-11-16-a-14.46.15-1536x857.png 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Capture-decran-2022-11-16-a-14.46.15-770x430.png 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Capture-decran-2022-11-16-a-14.46.15-1400x781.png 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Capture-decran-2022-11-16-a-14.46.15-1320x737.png 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Capture-decran-2022-11-16-a-14.46.15.png 1942w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>L&rsquo;unique film de science-fiction que Lynch a réalisé est aussi son plus grand échec tant personnel que commercial (par rapport à son budget de production). Dix-sept ans avant le <a href="https://movierama.fr/dune-une-histoire-de-sable-et-de-vent/"><strong>Dune</strong> </a>de Denis Villeneuve, Lynch nous racontait l&rsquo;histoire de la planète Arrakis, de son Épice, des Atréïdes et des Harkonnens. Le tournage est marqué par des conflits avec la production, mais aussi des montages et remontages dont certains pour lesquels le fameux pseudonyme d&rsquo;Alan Smithee (nom utilisé pour les longs métrages que les auteurs ne veulent pas signer) sera crédité au générique&#8230; Un film qui n&rsquo;a malheureusement pas très bien vieilli, mais qui est devenu culte pour une partie de la communauté de fans du roman du <strong>Premier cycle de Dune </strong>de Frank Herbert, ayant surtout le mérite de provoquer la rencontre décisive entre David Lynch et Kyle MacLachlan.</p>



<p></p>



<p><strong>7. Eraserhead (1977)</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Eraserhead-2-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-19744" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Eraserhead-2-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Eraserhead-2-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Eraserhead-2-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Eraserhead-2-1536x864.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Eraserhead-2-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Eraserhead-2-1400x788.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Eraserhead-2-1320x743.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Eraserhead-2.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Premier long-métrage du cinéaste, <strong>Eraserhead</strong> est l&rsquo;histoire de Henry Spencer, un homme sans histoire vivant dans une ville industrielle particulièrement lugubre, dont la femme vient de le quitter en lui laissant dans les bras un nouveau-né, prématuré et monstrueux. Il s&rsquo;échappe de son univers oppressant, dans lequel le bébé ne cesse de pleurer, pour aller dans un monde parallèle où vit la Dame du radiateur. Une ambiance terriblement angoissante et morose, Lynch pose alors les jalons aux yeux du grand public de ce qui deviendra sa patte cinématographique.</p>



<p></p>



<p><strong>6. Elephant Man (1980)</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/elephant-man-02-tt-width-1600-height-1067-crop-1-bgcolor-000000-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-19731" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/elephant-man-02-tt-width-1600-height-1067-crop-1-bgcolor-000000-1024x683.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/elephant-man-02-tt-width-1600-height-1067-crop-1-bgcolor-000000-300x200.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/elephant-man-02-tt-width-1600-height-1067-crop-1-bgcolor-000000-768x512.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/elephant-man-02-tt-width-1600-height-1067-crop-1-bgcolor-000000-1536x1024.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/elephant-man-02-tt-width-1600-height-1067-crop-1-bgcolor-000000-360x240.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/elephant-man-02-tt-width-1600-height-1067-crop-1-bgcolor-000000-720x480.jpg 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/elephant-man-02-tt-width-1600-height-1067-crop-1-bgcolor-000000-770x513.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/elephant-man-02-tt-width-1600-height-1067-crop-1-bgcolor-000000-1400x934.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/elephant-man-02-tt-width-1600-height-1067-crop-1-bgcolor-000000-1320x880.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/elephant-man-02-tt-width-1600-height-1067-crop-1-bgcolor-000000.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Ce film, également tourné en noir et blanc, est une adaptation romancée des mémoires de Frederick Treves, le médecin (joué par Anthony Hopkins, <strong>Le silence des agneaux</strong>) qui prit en charge Joseph Merrick, surnommé « Elephant Man » (« l&rsquo;homme-éléphant ») du fait de ses nombreuses difformités dues à son elephantiasis, une pathologie du système lymphatique. Une adaptation tout en finesse, en pudeur, qui soulève la question de la normalité des personnes vues comme des monstres et de la monstruosité de ceux qui se considèrent dans la norme.</p>



<p></p>



<p><strong>5. <a href="https://movierama.fr/blue-velvet-bienvenue-a-lynchland/">Blue Velvet</a> (1986)</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1000" height="500" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/title-1600868667.jpg" alt="" class="wp-image-19732" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/title-1600868667.jpg 1000w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/title-1600868667-300x150.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/title-1600868667-768x384.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/title-1600868667-770x385.jpg 770w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Blue Velvet </strong>raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un jeune étudiant (Kyle MacLachlan) qui, rentrant chez lui pour rendre visite à son père malade, découvre une oreille humaine coupée dans un champ. L&rsquo;oreille l&rsquo;amène à découvrir une vaste conspiration criminelle et à nouer une relation amoureuse avec une chanteuse de bar à problèmes. Une ambiance de film néo-noir hypnotique au milieu de l&rsquo;Amérique fantasmée des années 50 si chère à Lynch, un Dennis Hopper (<strong>Easy rider</strong>) délirant et un érotisme marqué grâce au talent et à la beauté d&rsquo;Isabella Rossellini, sont les ingrédients de ce long-métrage qui restera longtemps dans les mémoires, d&rsquo;ailleurs supposé par certains cinéphiles être un préquel à <strong>Twin Peaks</strong>. </p>



<p></p>



<p><strong>4. Lost Highway (1997)</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/LostHighway-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-19733" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/LostHighway-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/LostHighway-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/LostHighway-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/LostHighway-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/LostHighway.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Le film suit un musicien (Bill Pullman, <strong>Independance day, The Sinner</strong>) qui commence à recevoir de mystérieuses cassettes VHS de lui et de sa femme (Patricia Arquette, <strong>True romance, Human nature</strong>) dans leur maison. Il est soudainement condamné pour meurtre, après quoi il disparaît inexplicablement à cause d&rsquo;un homme mystérieux (Robert Blake). Il est remplacé par un jeune mécanicien (Balthazar Getty, <strong>Lame de fond</strong>) menant une vie différente. Mais, peu à peu, des éléments de son passé resurgissent. Un récit divisé en deux parties, demandant plusieurs visionnages pour être bien compris, avec des zones d&rsquo;ombres qui persistent encore malgré tout, pendant que l&rsquo;on voit passer les lignes jaunes de l&rsquo;autoroute la nuit, et que défile le générique de fin dans le silence puis avec « <strong>I&rsquo;m deranged</strong>« , de David Bowie. Film culte des nineties, avec ses références soulignées au film noir Hollywoodien, ses cigarettes, ses femmes fatales, et ses personnages torturés, on atteint la quintessence de l&rsquo;art de David Lynch dans ce top. </p>



<p></p>



<p><strong>3. Sailor &amp; Lula (1990)</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="435" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/wild-at-heart-2-1536x652-1-1024x435.jpg" alt="" class="wp-image-19734" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/wild-at-heart-2-1536x652-1-1024x435.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/wild-at-heart-2-1536x652-1-300x127.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/wild-at-heart-2-1536x652-1-768x326.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/wild-at-heart-2-1536x652-1-770x327.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/wild-at-heart-2-1536x652-1-1400x594.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/wild-at-heart-2-1536x652-1-1320x560.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/wild-at-heart-2-1536x652-1.jpg 1536w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Dans ce road-movie rock’n’roll, tragique, étrange et sexy, Sailor (Nicolas Cage, <strong>Leaving Las Vegas</strong>) et Lula (Laura Dern) s&rsquo;aiment d&rsquo;un amour fou, absolu. Mais ils doivent échapper à la mère psychopathe de cette dernière, Marietta (Diane Ladd, nulle autre que la mère de Laura Dern!), qui s&rsquo;oppose à cette liaison. Au cours de leur cavale pour échapper à Marietta, ils croisent de nombreux personnages étranges et inquiétants, parmi lesquels le déjanté Bobby Peru (Willem Dafoe, <strong>The Lighthouse</strong>). Une ribambelle de personnages dérangeants et hauts en couleurs, des scènes cultes à foison (entre autres Cage qui chante « <strong>Love me</strong> » d&rsquo;Elvis sur scène), ce film auréolé de la Palme d&rsquo;or de l&rsquo;année 1990 raconte la pureté de l&rsquo;amour progressivement contaminé par la noirceur du monde qui l&rsquo;entoure. </p>



<p></p>



<p><strong>2. Twin Peaks : Fire Walk With Me (1992)</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1000" height="560" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/WEB_twin-peaks_cccb_gandules_2019.jpg" alt="" class="wp-image-19737" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/WEB_twin-peaks_cccb_gandules_2019.jpg 1000w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/WEB_twin-peaks_cccb_gandules_2019-300x168.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/WEB_twin-peaks_cccb_gandules_2019-768x430.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/WEB_twin-peaks_cccb_gandules_2019-770x431.jpg 770w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p></p>



<p>Dans une petite ville de l&rsquo;état de Washington en apparence tranquille, une lycéenne, Laura Palmer, est retrouvée décédée au bord d&rsquo;un lac, emballée dans un sac en plastique. C&rsquo;est le pitch de l&rsquo;épisode pilote de la série <strong>Twin Peaks</strong> co-créée avec Mark Frost et diffusée entre 1990 et 1991, qui connaîtra initialement deux saisons, dont le préquel sortira un an plus tard. On découvre alors ce qui s&rsquo;est réellement passé les sept derniers jours de la vie de Laura Palmer. Toute l&rsquo;ambiance de cette bourgade est là, mais portée à un niveau cinématographique qui sublime l&rsquo;intrigue, les personnages, la musique inoubliable d&rsquo;Angelo Badalamenti, pour ce film qui sera un passage obligé à quiconque s&rsquo;aventurera à regarder la saison 3, sortie vingt-cinq ans plus tard dans laquelle on retrouvera le légendaire Dale Cooper (Kyle MacLachlan).</p>



<p></p>



<p><strong>1. <a href="https://movierama.fr/mulholland-drive-sinueux-objet-du-desir-cinephile/">Mulholland Drive</a> (2001)</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="550" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Mulhollanddrive-3-1024x550.jpg" alt="" class="wp-image-19747" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Mulhollanddrive-3-1024x550.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Mulhollanddrive-3-300x161.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Mulhollanddrive-3-768x413.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Mulhollanddrive-3-770x414.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Mulhollanddrive-3.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Sans surprise, le numéro 1 de ce top est donc le film le plus abouti, le plus maitrisé et le plus caractéristique de toute l’œuvre de David Lynch. <strong><a href="https://movierama.fr/mulholland-drive-sinueux-objet-du-desir-cinephile/">Mulholland Drive</a></strong> raconte l&rsquo;histoire de Betty Elms (Naomi Watts, <strong>21 grammes, Funny Games US</strong>), aspirante actrice fraîchement arrivée à Los Angeles, qui se lie d&rsquo;amitié avec une femme amnésique (Laura Harring, <strong>The Punisher</strong>) rescapée d&rsquo;un accident qui lui a permis d&rsquo;échapper à un meurtre. Le récit expose d&rsquo;autres faits sans lien apparent, qui finissent par se connecter de diverses manières, un puzzle de symboles à recomposer soi-même, sans jamais avoir la garantie d&rsquo;avoir élucidé la totalité du mystère à double voire triple lecture. </p>



<p>Mais peu importe, cet étrange sentiment difficile à caractériser, mélange d&rsquo;amertume, de mélancolie, de confusion, et de refus de quitter l&rsquo;univers fantasmagorique du film, que l&rsquo;on porte en nous à la fin du visionnage, est peut-être ce qui définit le mieux le style cinématographique inégalable de David Lynch. </p>



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