Les Chroniques de Poulet Pou : retour sur La Gradiva de Marine Atlan. L’Incompris

Pas la Gradiva Jensen + Freud + Robbe-Grillet, même si une séquence de rêve érotique à l’inquiétante étrangeté peut évoquer cet héritage onirico-psychanalytico-surréaliste. Séquence qui m’a semblé à première vue superfétatoire, mais à y réfléchir mieux, ce rêve ne vient pas seul. Il y en a un autre, conclu par un cri effrayant, sans oublier les photos de famille du passé rêvé de la grand-mère du héros. Rêves qui contribuent à apporter du poids — gravitas, eh — à l’ensemble. Car si on pense à Renoir lors des images façon Bête humaine des rails du train qui transporte la classe de terminale de Montrouge en voyage scolaire à Naples, si pour l’aspect portrait de groupe de jeunes, dont la grâce fragile va bientôt se dissoudre dans les angoisses des horizons bouchés de Parcoursup et de l’âge adulte — jeunes au naturel confondant, les acteurs non-professionnels sont super, car super bien dirigés —, si ces jeunes disais-je nous font penser au Pialat de Passe ton bac d’abord, et par ricochet à son continuateur le plus fameux, j’ai nommé Kechiche, il y a un twist. Revenons à notre accroche, plongés dans de magnifiques paysages italiens à la lumière mordorée, les petits Français ne peuvent que suivre la pente du mélodrame le plus poignant, qui saisit sans crier gare le spectateur dans la dernière partie. No spoilers, allez voir ce beau film.