The Green Knight : une incroyable épopée



David Lowery, connu pour avoir réalisé A Ghost Story, revient avec l’adaptation d’un roman de chevalerie du XIVe siècle « The Green Knight« . Adapter, avec plus ou moins de libertés, la légende Arthurienne au cinéma n’est pas une chose rare (Monty Python – Sacré Graal !, Excalibur, Merlin, Kaamelott…) de nombreux réalisateurs ont déjà tenté l’expérience, chacun apportant leurs pierres à l’édifice. C’est dans ce cadre que le cinéaste installe son nouveau film, sortant alors de son terrain de prédilection, le Texas, pour visiter les contrées britanniques et tenter l’aventure des mythes et légendes du roi Arthur.

Le postulat de base de ce film est simple : Gauvain (joué par Dev Patel), chevalier à la cour du Roi Arthur, est défié en duel par un mystérieux Chevalier Vert (interprété par Ralph Ineson) après que son honneur fut mis à l’épreuve. La règle est simple : « peu importe le coup porté à son encontre, le chevalier vert pourra rendre la même à son opposant un an plus tard ». Gauvain tranche alors la tête du Chevalier Vert. Celui-ci se relève, récupère sa tête et repart en lui disant « rendez-vous dans un an à la chapelle verte ».

L’une des principales différences entre le texte initial et le film vient de l’âge et de la prestance de Gauvain. Fort, courtois, sans attache auprès des femmes et souvent considéré comme l’un des meilleurs chevaliers de la Table Ronde, c’est ici, dans le film, une quasi-opposition que nous voyons. Gauvain est jeune, inexpérimenté et relativement amoureux d’une femme, Essel (Alicia Vikander). C’est en voulant faire ses preuves à son oncle, le Roi Arthur (interprété par Sean Harris), que Gauvain défie le chevalier Vert. Le film raconte alors son périple pour rejoindre la chapelle verte et les différentes épreuves qu’attende le héros lors de son périple. Découpé en plusieurs chapitres, comme si l’on lisait un livre, on suit alors, non pas une nouvelle histoire de prouesses chevaleresques, mais le récit initiatique d’un jeune en quête d’identité et souhaitant faire ses preuves. C’est pour cela qu’on peut le voir hésiter, commettre des erreurs qui auraient pu être évitées facilement par un chevalier expérimenté et c’est ainsi le spectateur s’identifie plus facilement à lui durant son aventure.

Ce n’est qu’ensuite qu’il comprendra le véritable but de son voyage: l’humilité. Être digne comme un roi sans prétendre au trône, et protéger les plus démunis sans chercher à en tirer gloire.

Véritable réflexion sur la gloire et l’image de soi, The Green Knight ne fait pas dans la dentelle. Avec un Camelot délabré, un Arthur vieillissant et un ton général démarrant sur du gris, peu de choses nous font envier au début de ce film. On note aussi ce message porté sur la gloire au travers du prisme de Gauvain. Lui qui cherche la gloire et des histoires à raconter à son oncle, part à l’aventure, apeuré, mais prêt à acquérir une renommée. Ce n’est qu’ensuite qu’il comprendra le véritable but de son voyage: l’humilité. Être digne comme un roi sans prétendre au trône, et protéger les plus démunis sans chercher à en tirer gloire.

Le film regorge de symbolisme. C’est notamment le cas avec la couleur verte. De plus en plus présente au fur et à mesure que Gauvain s’approche de la chapelle verte. Le vert fait d’un premier sens, écho au chevalier, mais représente aussi la Nature, la vie, les êtres vivants mais aussi la pourriture. En contraste, on note aussi des notes de rouges représentant le désir, notamment pendant la partie dans le château de Bertilak de Hautdésert. On peut aussi noter le symbolisme représenté par le renard présent lors du voyage de Gauvain. Le renard peut représenter de nombreuses choses, dont l’intelligence, la ruse, ou la tromperie. Ici il représente Gauvain lui-même. Il devra donc être intelligent pour réussir les épreuves qui se dresseront devant lui, là où la force ne lui servira à rien.

La réalisation est maîtrisée, de nombreux plans larges et de longues séquences en travelling nous font ressentir la solitude de chevalier dans sa quête.

Le travail sur l’image n’est pas en reste. La réalisation est maîtrisée, de nombreux plans larges et de longues séquences en travelling nous font ressentir la solitude de chevalier dans sa quête. Autre point positif, le casting. Dev Patel joue à merveille le rôle de Gauvain et représente bien les différentes facettes du personnage. Les autres acteurs et actrices ne sont pas en reste en proposant des performances solides chacun réussissant à marquer, peu importe leurs temps à l’écran. Pas exempt de défauts, le film souffre de quelque longueur, notamment vers la moitié du film. De plus, le scénario n’est pas accessible à tous. Si le postulat de départ l’est, la réflexion et la finalité du film l’est beaucoup moins. D’autant plus que si l’on ne dispose pas de connaissances sur le roman de base, on risque de rester hermétique à la fin du film.

Pour conclure, on peut dire que The Green Knight est une réussite. Attention toutefois, il ne s’agit pas d’un film d’action débordant d’effets spéciaux, l’œuvre de David Lowery s’approche plus d’un film d’ambiance, où l’imaginaire et les symbolismes sont mis à l’épreuve.

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RÉALISATEUR :  David Lowery
NATIONALITÉ : Américano-irlandais
AVEC : Dev Patel, Alicia Vikander, Ralph Ineson, Joel Edgerton
GENRE : Fantastique
DURÉE : 2h10
Disponible sur Amazon Prime Video depuis le 3 janvier 2022

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