Connu surtout pour son travail de producteur de séries (The Good Lord Bird, Loudest voice, nommées toutes les deux aux Golden Globes), Padraic McKinley surprend en se lançant pour la première fois au cinéma. Bonne nouvelle : son travail n’évoque pas un seul instant le côté feuilletonnant et prolixe des séries. Il s’inspire bien davantage des films d’aventures à l’ancienne qui avaient cours à Hollywood dans les années 70, des films comme Le Convoi de la peur (Sorcerer) de William Friedkin, Jeremiah Johnson de Sidney Pollack, ou encore Délivrance de John Boorman, des oeuvres qui voient s’affronter l’infiniment grand de la nature et un petit groupe plus ou moins réduit d’aventuriers. Moins bonne nouvelle : son oeuvre manque de dynamisme et d’aspérités pour accrocher le regard du chaland. et se situer au même niveau que ses oeuvres de référence.
Oregon, 1933. Après la mort de sa femme, Samuel Murphy est arraché à sa fille et envoyé dans un camp de travail impitoyable. Lorsqu’un surveillant sans scrupule lui promet la liberté contre une périlleuse mission de contrebande d’or, Murphy saisit sa seule chance de rentrer chez lui. Il s’embarque alors dans une expédition de tous les dangers, au cœur d’une nature hostile, où les trahisons se multiplient.
Le premier véritable rôle de maturité d’Ethan Hawke, un rôle dépourvu d’effets, sobre et très intériorisé,
Le film commence un peu comme Paper Moon de Peter Bogdanovich, la relation d’un père et sa fille durant la Grande Dépression dans un registre plus grave et moins humoristique qu’à l’accoutumée, mais bifurque au bout d’un quart d’heure à partir de l’arrestation du père, Samuel Murphy, vers le film d’aventures à l’ancienne, à la manière de classiques hollywoodiens des années 70, à la manière du Convoi de la peur de William Friedkin, sans en avoir l’ampleur ni la qualité. .
En effet, Les Contrebandiers ne cache pas le souhait de son auteur de s’inscrire dans le sillon d’une certaine nostalgie d’un cinéma hollywoodien, au risque de basculer parfois dans une forme de désuétude volontaire. De bonne facture classique, le film ne cherche pas à renvoyer vers notre époque mais assume son statut de film de divertissement moyennement inspiré mais assez solide, qui fait un atout de son filmage en paysage naturels.
En fait, bien au-delà de ses qualités stylistiques relativement basiques, Les Contrebandiers (The Weight en version originale) relève essentiellement du film servant de véhicule pour ses acteurs. Il est un peu survendu sur la confrontation Ethan Hawke -Russell Crowe qui tourne assez vite court, car Crowe n’apparaît qu’une demi-heure pendant la première heure, avant de revenir furtivement dans la deuxième. Les autres personnages du film étant assez stéréotypés, tout repose donc sur les épaules de Ethan Hawke, plutôt bon dans le registre du père uniquement tendu vers l’objectif de retrouver sa fille, voix caverneuse et cernes à l’avenant. Il s’agit peut-être du premier véritable rôle de maturité d’Ethan Hawke, révélé par Le Cercle des poètes disparus et la trilogie des Before (Sunset, Sunrise, Midnight). Un rôle dépourvu d’effets, sobre et très intériorisé, peut-être trop dépouillé pour le qualifier de performance, mais qui pourrait servir à se souvenir de lui pour les Oscars.
RÉALISATEUR : Padraic McKinley
NATIONALITÉ :
GENRE : action, aventure, thriller
AVEC : Ethan Hawke, Russell Crowe, Julia Jones
DURÉE : 1h53
DISTRIBUTEUR : SND
SORTIE LE 16 septembre 2026


