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	<title>Archives des Tous les évènements - MovieRama</title>
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	<description>Nouvelles Images, Nouvelle Critique</description>
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	<title>Archives des Tous les évènements - MovieRama</title>
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		<title>Cannes 2026 : bilan, analyse et décryptage. A l&#8217;Est rien de nouveau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 11:25:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette année a vu le triomphe du cinéma européen, en particulier de l&#8217;Est pour le haut du palmarès, au dernier Festival de Cannes 2026. Lors de notre présentation de la compétition de la Sélection Officielle, nous avions regroupé en quatre subdivisions les films sélectionnés : films français et affiliés (réalisés en France, avec des acteurs français par des metteurs en scène étrangers), films américains, films asiatiques et enfin films européens. Autant le reconnaître tout de suite, ce fut une déferlante [&#8230;]</p>
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<p class="has-drop-cap">Cette année a vu le triomphe du cinéma européen, en particulier de l&rsquo;Est pour le haut du palmarès, au dernier Festival de Cannes 2026. Lors de notre présentation de la compétition de la Sélection Officielle, nous avions regroupé en quatre subdivisions les films sélectionnés : films français et affiliés (réalisés en France, avec des acteurs français par des metteurs en scène étrangers), films américains, films asiatiques et enfin films européens. Autant le reconnaître tout de suite, ce fut une déferlante pour les films européens :<a href="https://movierama.fr/fjord-particularites-de-leducation-nationale"> <strong>Fjord</strong></a> (Palme d&rsquo;or), le film roumano-norvégien de Cristian Mungiu, <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev">Minotaure</a></strong> (Grand Prix du Jury), le film russo-letton de Zviaguintsev,<a href="https://movierama.fr/fatherland-le-chronotope-perdu/"> <strong>Fatherland </strong></a>du polonais Pawel Pawlikowski (Prix de la mise en scène ex aequo), <strong><a href="https://movierama.fr/la-bola-negra-un-drame-gay-espagnol-de-80-ans-impregne-de-poesie/">La Bola Negra</a></strong>, le film espagnol des Javis (Prix de la mise en scène ex aequo), <strong><a href="https://movierama.fr/coward-la-fleur-au-fusil">Coward </a></strong>(prix d&rsquo;interprétation masculine ex aequo) du jeune prodige belge Lukas Dhont, et <strong><a href="https://movierama.fr/laventure-revee-archeologie-des-temps-obscurs/">L&rsquo;Aventure rêvée</a></strong> (Prix du Jury) de l&rsquo;allemande Valeska Grisebach, qui ont trusté les prix les plus importants, bien plus que pour le cinéma français qui, en dépit d&rsquo;une très forte présence (5 films + 3 affiliés, soit plus du tiers de la compétition), dut se contenter d&rsquo;un unique Prix du Scénario de consolation pour le valeureux <strong><a href="https://movierama.fr/notre-salut-marre-de-cette-epoque/">Notre Salut</a></strong>, d&rsquo;Emmanuel Marre, le favori de la presse&#8230;française! Mentionnons également le Prix d&rsquo;interprétation ex aequo décerné à Virginie Efira et Tao Okamoto pour <strong><a href="https://movierama.fr/soudain-le-bouleversant-melodrame-humaniste-de-ryusuke-hamaguchi/">Soudain</a></strong>, le film franco-japonais de Ryusuke Hamaguchi, l&rsquo;un des grands favoris cannois avant le début du Festival, qui doit également se satisfaire d&rsquo;un prix périphérique. Le cinéma asiatique a aussi été réduit à la part congrue, ce qui ne laisse guère de doute sur l&rsquo;objectivité et l&rsquo;intégrité du président Park Chan-wook.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="429" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-1024x429.jpg" alt="" class="wp-image-52560" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-1024x429.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-300x126.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-768x322.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-1536x643.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-770x322.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-1400x586.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-1320x553.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Sebastian Stan et Renate Reinsve dans Fjord de Cristian Mungiu </figcaption></figure>



<p></p>



<p>Globalement, ce Palmarès du 79ème Festival de Cannes récompense les films les plus salués par la critique et le public au cours de la quinzaine, ceux qui étaient annoncés comme les favoris le dernier jour du Festival, en évitant les films trop personnels ou clivants. Ces films répondent presque tous à un profil assez précis, celui du film d&rsquo;auteur européen sérieux et grave à forte thématique sociétale, politique ou historique. Cette ligne représentée surtout par <strong><a href="https://movierama.fr/fjord-particularites-de-leducation-nationale/">Fjord</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev/">Minotaure</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/fatherland-le-chronotope-perdu/">Fatherland</a></strong> est très symbolique d&rsquo;un cinéma d&rsquo;auteur européen conscient de ses sujets et de ses effets stylistiques, ne prenant pas trop de risques (<strong><a href="https://movierama.fr/fatherland-le-chronotope-perdu/">Fatherland </a></strong>reproduisant le noir et blanc austère et auteuriste des précédents films de Pawlikowski, <strong>Ida </strong>ou <strong>Cold War</strong>) mais étant particulièrement efficace (la forme impeccable de <strong><a href="https://movierama.fr/fjord-particularites-de-leducation-nationale/">Fjord </a></strong>de Mungiu, construite sur des plans fixes enchaînés à un rythme parfait, ou les beaux mouvements de caméra de Zviaguintsev dans <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev/">Minotaure</a></strong>). Ce Palmarès restitue une certaine idée du cinéma d&rsquo;auteur, surtout européen, impeccable dans la forme, idéalement engagé et dénonciateur sur le fond (les dérives du conservatisme et du progressisme dans <strong><a href="https://movierama.fr/fjord-particularites-de-leducation-nationale/">Fjord</a></strong>, la guerre dans <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev/">Minotaure</a></strong>). On a d&rsquo;ailleurs longtemps pensé que <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev/">Minotaure</a> </strong>de Zviaguintsev allait triompher de <strong><a href="https://movierama.fr/fjord-particularites-de-leducation-nationale/">Fjord </a></strong>de Mungiu, tant la guerre s&rsquo;avérait prégnante dans tous les esprits et dans la Sélection Officielle (focus sur la Première Guerre Mondiale via<a href="https://movierama.fr/coward-la-fleur-au-fusil/"> <strong>Coward</strong></a><strong> </strong>ou la Guerre d&rsquo;Espagne cf.<a href="https://movierama.fr/la-bola-negra-un-drame-gay-espagnol-de-80-ans-impregne-de-poesie/"> <strong>La Bola Negra</strong></a> ou surtout la Seconde Guerre Mondiale). Mais finalement la finesse du scénario, de la direction d&rsquo;acteurs et de la mise en scène de Cristian Mungiu ont su l&#8217;emporter sur le côté parfois ampoulé de celle de Zviaguintsev qui emprunte bon nombre des éléments de son film à <strong>La Femme infidèle</strong>, l&rsquo;un des chefs-d&rsquo;oeuvre de Claude Chabrol. Presque vingt ans après <strong>4 mois, 3 semaines et 2 jours</strong>, son deuxième film, déjà Palme d&rsquo;or en 2007, Cristian Mungiu rentre donc dans le club très fermé des doubles Palmes d&rsquo;or (dix au total, dont Coppola, Haneke, Kusturica, les Dardenne, Ostlund, etc.)</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="546" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/MINOTAURE-2-copyright-MK-Productions-CG-CinemaB-1024x546-1.jpg" alt="" class="wp-image-52563" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/MINOTAURE-2-copyright-MK-Productions-CG-CinemaB-1024x546-1.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/MINOTAURE-2-copyright-MK-Productions-CG-CinemaB-1024x546-1-300x160.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/MINOTAURE-2-copyright-MK-Productions-CG-CinemaB-1024x546-1-768x410.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/MINOTAURE-2-copyright-MK-Productions-CG-CinemaB-1024x546-1-770x411.jpg 770w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Iris Lebedeva et Dmitri Mazourov&nbsp;dans Minotaure d&rsquo;Andrei Zviaguintsev </figcaption></figure>



<p></p>



<p>Cette certaine idée du cinéma d&rsquo;auteur apparaît presque un peu académique, tant les films récompensés (<strong><a href="https://movierama.fr/la-bola-negra-un-drame-gay-espagnol-de-80-ans-impregne-de-poesie/">Fjord</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev/">Minotaure</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/fatherland-le-chronotope-perdu/">Fatherland</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/la-bola-negra-un-drame-gay-espagnol-de-80-ans-impregne-de-poesie/">La Bola Negra</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/soudain-le-bouleversant-melodrame-humaniste-de-ryusuke-hamaguchi/">Soudain</a></strong>) seront probablement tous nommés aux Oscars dans la catégorie du meilleur film international. Il y manque un certain grain de folie qui apparaît en revanche dans certains films rejetés par le jury : <strong><a href="https://movierama.fr/paper-tiger-tragedie-americaine/">Paper Tiger</a> </strong>de James Gray, <strong><a href="https://movierama.fr/linconnue-ni-vu-ni-connue/">L&rsquo;Inconnue</a></strong> d&rsquo;Arthur Harari et <strong><a href="https://movierama.fr/hope-lutte-contre-les-infiltrations-exterieures/">Hope</a> </strong>de Na Hong-jin, et dont on pensait que Park Chan-wook, auteur de certains films déjantés et autres films de genre, allait faire son miel, ce qui est loin d&rsquo;avoir été le cas. C&rsquo;est comme s&rsquo;il y avait eu pendant le Festival deux lignes parallèles qui ne se sont (quasiment) jamais rencontrées : une ligne dédiée à la gravité et au sérieux, une autre consacrée à l&rsquo;esthétisme, au risque et au plaisir pur du spectateur. Hormis <strong><a href="https://movierama.fr/hope-lutte-contre-les-infiltrations-exterieures/">Hope</a> </strong>promis à un beau succès populaire, de par sa nature de blockbuster, les deux autres semblent appartenir à la catégorie des films cultes évoqués par Pedro Almodóvar dans <strong><a href="https://movierama.fr/autofiction-dans-les-meandres-de-la-creation/">Autofiction</a> </strong>: des films trop personnels, vus par peu de gens mais qui les soutiennent mordicus. Le seul tort véritable du Palmarès qui répond à une certaine idée conventionnelle du cinéma, c&rsquo;est de ne pas valoriser l&rsquo;originalité, la recherche et les expériences de cinéma. James Gray, éternel maudit du Festival de Cannes, (six sélections, aucun prix), s&rsquo;acharne à poursuivre sa quête introspective sur la criminalité et la famille, est parvenu à un aboutissement certain avec <strong><a href="https://movierama.fr/paper-tiger-tragedie-americaine/">Paper Tiger</a></strong> (incroyable sans-faute de mise en scène) mais se retrouve bien trop éloigné des thématiques politico-sociales de l&rsquo;époque pour pouvoir espérer un prix à Cannes. Gray devait peut-être envisager un repli bénéfique vers Venise qui a su accueillir à bras ouverts d&rsquo;autres déçus de Cannes, comme Almodóvar ou Jarmusch. Quant à Arthur Harari, il a sans doute réalisé le film le plus passionnant du Festival avec <a href="https://movierama.fr/linconnue-ni-vu-ni-connue/"><strong>L&rsquo;Inconnue</strong> </a>mais sa nature de pari expérimental a probablement clivé au sein du jury et lui a nui à l&rsquo;arrivée.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="768" height="414" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6-1-768x414-1.webp" alt="" class="wp-image-52565" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6-1-768x414-1.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6-1-768x414-1-300x162.webp 300w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption class="wp-element-caption">Léa Seydoux dans L&rsquo;Inconnue d&rsquo;Arthur Harari </figcaption></figure>



<p></p>



<p>Au niveau thématique, nous avions identifié trois thématiques principales : fiction et réalité, l&rsquo;Histoire et enfin la vie en société. Constatons que ce sont les deux derniers aspects, les plus concernés par l&rsquo;actualité, qui l&rsquo;ont largement emporté, au détriment de l&rsquo;aspect purement esthétique et cinématographique. Du côté des femmes, contrairement à l&rsquo;affiche du festival qui arborait de façon triomphale <strong>Thelma et Louise</strong>, le film féministe iconique de Ridley Scott, la réalité était en fait bien moins glorieuse ; 5 sur 22 participaient à la compétition de la Sélection Officielle : Charline Bourgeois-Tacquet (<strong><a href="https://movierama.fr/la-vie-dune-femme-lea-en-onze-chapitres/">La Vie d&rsquo;une femme</a></strong>), Jeanne Herry (<strong><a href="https://movierama.fr/garance-la-jeune-femme-et-la-mort/">Garance</a></strong>), Marie Kreutzer (<strong><a href="https://movierama.fr/gentle-monster-le-loup-et-lagneau/">Gentle Monster</a></strong>), Léa Mysius (<strong><a href="https://movierama.fr/histoires-de-la-nuit-une-histoire-de-violence/">Histoires de la Nuit</a></strong>), Valeska Grisebach <strong>(<a href="https://movierama.fr/laventure-revee-archeologie-des-temps-obscurs/">L&rsquo;Aventure rêvée</a></strong>). Mais aucune ne paraissait pouvoir prétendre à la récompense suprême : tout le monde n&rsquo;est pas Julia Ducournau ou Justine Triet. Le Prix du Jury octroyé à Valeska Grisebach apparaissait comme, pour <a href="https://movierama.fr/notre-salut-marre-de-cette-epoque/"><strong>Notre Salut</strong> </a>ou <strong><a href="https://movierama.fr/soudain-le-bouleversant-melodrame-humaniste-de-ryusuke-hamaguchi/">Soudain</a></strong>, un prix de consolation, attribué en bout de course.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/paper-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-52567" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/paper-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/paper-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/paper-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/paper-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/paper.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Scarlett Johansson dans Paper Tiger de James Gray </figcaption></figure>



<p></p>



<p>De la même façon, si <strong><a href="https://movierama.fr/paper-tiger-tragedie-americaine/">Paper Tiger</a></strong> avait remporté la Palme d&rsquo;or ou le moindre prix, c&rsquo;eût été l&rsquo;arbre qui aurait caché le désert de la production américaine. Thierry Frémaux l&rsquo;avait déjà annoncé lors de la présentation de la Sélection Officielle : le cinéma américain, en pleine reconfiguration (le studio Warner) et en butte à des débats sur l&rsquo;intelligence artificielle, ne serait pas aussi présent. A terme, cela peut poser un sérieux problème au Festival de Cannes car, même si la compétition se nourrit surtout de cinéastes indépendants américains, les séances hors compétition dépendent beaucoup d&rsquo;avant-premières exceptionnelles venues des majors américaines. Sur la durée, l&rsquo;absence des majors peut causer beaucoup de tort au Festival de Cannes, en particulier lors du 80ème Festival de Cannes qui devrait pouvoir se fêter en grande pompe. Frémaux est sans doute prévenu et va probablement prendre toutes les précautions possibles pour éviter cette situation. En 2007, l&rsquo;année du 60ème anniversaire du Festival de Cannes, la délégation américaine était composée de Quentin Tarantino (<strong>Boulevard de la mort</strong>), David Fincher (<strong>Zodiac</strong>), James Gray (<strong>La Nuit nous appartient</strong>), Gus Van Sant (<strong>Paranoid Park</strong>) et Joel et Ethan Coen (<strong>No country for old men</strong>). Souhaitons de pouvoir retrouver une sélection aussi étincelante et prestigieuse du côté des Etats-Unis en 2027. Rappelons que, ironiquement, en 2007, avait triomphé&#8230;.<strong>Quatre mois, trois semaines et deux jours</strong>, d&rsquo;un certain Cristian Mungiu (<strong><a href="https://movierama.fr/fjord-particularites-de-leducation-nationale/">Fjord</a></strong>)!</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><tbody><tr><td>Longs métrages</td></tr><tr><td></td></tr><tr><td>Palme d&rsquo;or</td></tr><tr><td><strong>FJORD&nbsp;</strong><br>Cristian MUNGIU</td></tr><tr><td>Grand Prix</td></tr><tr><td><strong>MINOTAURE&nbsp;</strong><br>Andreï ZVIAGUINTSEV</td></tr><tr><td>Prix de la Mise en Scène ex-aequo</td></tr><tr><td><strong>LA BOLA NEGRA&nbsp;</strong><br>Javier CALVO et Javier AMBROSSI&nbsp;</td></tr><tr><td><strong>FATHERLAND &nbsp;</strong><br>Pawel PAWLIKOWSKI&nbsp;</td></tr><tr><td>Prix du Scénario</td></tr><tr><td><strong>NOTRE SALUT&nbsp;</strong><br>Emmanuel MARRE&nbsp;</td></tr><tr><td>Prix du Jury&nbsp;</td></tr><tr><td><strong>DAS GETRÄUMTE ABENTEUER</strong><br>Valeska GRISEBACH&nbsp;</td></tr><tr><td>Prix d&rsquo;Interprétation Féminine</td></tr><tr><td><strong>Virginie EFIRA</strong>,&nbsp;<strong>Tao OKAMOTO</strong><br>dans SOUDAINréalisé par HAMAGUCHI Ryusuke&nbsp;</td></tr><tr><td>Prix d&rsquo;Interprétation Masculine</td></tr><tr><td><strong>Emmanuel MACCHIA</strong>,<strong>&nbsp;Valentin CAMPAGNE</strong><br>dans COWARD&nbsp;réalisé par Lukas DHONT</td></tr><tr><td>Courts métrages</td></tr><tr><td></td></tr><tr><td>Palme d&rsquo;or</td></tr><tr><td><strong>PARA LOS CONTRINCANTES (AUX ADVERSAIRES)&nbsp;</strong><br>Federico LUIS</td></tr><tr><td>Un Certain Regard</td></tr><tr><td></td></tr><tr><td>Prix Un Certain Regard</td></tr><tr><td><strong>EVERYTIME</strong><br>Sandra WOLLNER</td></tr><tr><td>Prix du Jury</td></tr><tr><td><strong>LES ÉLÉPHANTS DANS LA BRUME&nbsp;</strong><br>Abinash BIKRAM SHAH<br>1er film</td></tr><tr><td>Prix Spécial du Jury</td></tr><tr><td><strong>LE CORSET&nbsp;</strong><br>Louis CLICHY&nbsp;</td></tr><tr><td>Prix d&rsquo;Interprétation Féminine</td></tr><tr><td><strong>Marina DE TAVIRA, Daniela MARÍN NAVARRO, Mariangel VILLEGAS</strong><br>dans SIEMPRE SOY TU ANIMAL MATERNO réalisé par Valentina MAUREL</td></tr><tr><td>Prix d&rsquo;Interprétation Masculine</td></tr><tr><td><strong>Bradley FIOMONA DEMBEASSET</strong><br>dans CONGO BOY réalisé par Rafiki FARIALA</td></tr><tr><td>Caméra d&rsquo;or</td></tr><tr><td></td></tr><tr><td><strong>BEN&rsquo;IMANA&nbsp;</strong><br>Marie-Clémentine DUSABEJAMBO&nbsp;<br>Un Certain Regard</td></tr><tr><td>La Cinef</td></tr><tr><td></td></tr><tr><td>Premier Prix</td></tr><tr><td><strong>LASER-GATO (Laser-Cat)</strong><br>réalisé par Lucas Acher<br>NYU, États-Unis</td></tr><tr><td>Deuxième Prix</td></tr><tr><td><strong>SILENT VOICES</strong><br>réalisé par Nadine Misong Jin<br>Columbia University, États-Unis</td></tr><tr><td>Troisième Prix ex aequo</td></tr><tr><td><strong>ALDRIG NOK (Jamais assez)</strong><br>réalisé par Julius Lagoutte Larsen&nbsp;<br>La Fémis, France<br><br><strong>GROWING STONES, FLYING PAPERS</strong><br>réalisé par Roozbeh Gezerseh &amp; Soraya Shamsi<br>Filmuniversität Babelsberg Konrad Wolf, Allemagne</td></tr><tr><td>Commission Supérieure Technique</td></tr><tr><td></td></tr><tr><td>Le jury 2026 du PRIX CST de l&rsquo;artiste-Technicien décerne le prix à Nicolas Rumpl, Chef Monteur de&nbsp;<em>Notre salut</em>&nbsp;réalisé par Emmanuel MARRE. Les partis pris subtils du montage révèlent l&rsquo;esthétique visuelle, l&rsquo;ambition de la mise en scène et le jeu des comédiens du film&nbsp;<em>Notre salut</em>&nbsp;d&rsquo;Emmanuel MARRE.Le jury 2026 du PRIX CST de la Jeune Technicienne est fier de décerner cette année le prix à Esther MYSIUS, cheffe décoratrice du film&nbsp;<em>Histoires de la nuit</em>&nbsp;réalisé par Léa MYSIUS. Le travail intime d&rsquo;élaboration des décors leur permet de devenir une réelle partie prenante à la narration.</td></tr></tbody></table></figure>
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		<title>The New West : histoires des Badlands — comment être une femme</title>
		<link>https://movierama.fr/the-new-west-histoires-des-badlands-comment-etre-une-femme/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Hanna Hromovetska]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 15:15:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVALS]]></category>
		<category><![CDATA[Tous les évènements]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À la recherche d’une héroïne pour son film, la réalisatrice américaine Kate Beecroft est partie en tournée dans le Dakota du Sud avec le directeur de la photographie Austin Shelton. Fascinés par la communauté de cow-boys et en filmant l’une de ses membres féminines, ils ont été conduits vers un ranch ostracisé dirigé par Tabatha Zimiga, qui recueille des chevaux et les entraîne pour les revendre, notamment via TikTok. La réalisatrice a passé cinq ans à vivre trois semaines par [&#8230;]</p>
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<p>À la recherche d’une héroïne pour son film, la réalisatrice américaine Kate Beecroft est partie en tournée dans le Dakota du Sud avec le directeur de la photographie Austin Shelton. Fascinés par la communauté de cow-boys et en filmant l’une de ses membres féminines, ils ont été conduits vers un ranch ostracisé dirigé par Tabatha Zimiga, qui recueille des chevaux et les entraîne pour les revendre, notamment via TikTok. La réalisatrice a passé cinq ans à vivre trois semaines par mois dans ce ranch, observant ses habitants et absorbant les détails de leur quotidien afin de créer une histoire pour le film — fictive, mais plausible.</p>



<p>Initialement envisagé comme un clip musical ou un court métrage, ce projet s’est transformé en un véritable premier long métrage qui conserve cette double nature comme principal atout : semi-documentaire, mais fiction jouée ; avec des acteurs professionnels dans les rôles secondaires (Scoot McNairy, chargé d’incarner une forme occasionnelle de suprématie masculine blanche, et Jennifer Ehle — une (grand-)maternité irresponsable), mais aussi la véritable propriétaire du ranch — Tabatha Zimiga — et sa fille Porshia, parmi d’autres interprètes non professionnels. Ce mélange de réel et de fiction s’avère paradoxalement cohérent et offre un réalisme de premier ordre. Par moments, la frontière entre la dimension documentaire des personnages et la mise en scène est si floue que la question de savoir ce qui se passe réellement à l’écran se transforme peu à peu en un engagement profond dans l’histoire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Par moments, la frontière entre la dimension documentaire des personnages et la mise en scène est si floue que la question de savoir ce qui se passe réellement à l’écran se transforme peu à peu en un engagement profond dans l’histoire.</p>



<p></p>
</blockquote>



<p>Ce qui s’y déroule est le suivant : situé au cœur d’un nulle part pittoresque, le ranch accueille non seulement des chevaux à dresser, mais aussi des adolescents à élever. Abandonnés par des parents irresponsables — pour un été ou pour toujours — les enfants affluent vers le ranch. Mais après la mort du mari de Tabatha, John, pilier du lieu, surgissent des difficultés — à la fois interpersonnelles et financières. Ainsi, la vente de chevaux n’est plus un simple hobby, mais le seul moyen de survie pour Tabatha et sa famille. Impressionné par son histoire et sa connaissance exceptionnelle des chevaux, un homme d’affaires local, Roy Waters (Scoot McNairy), propose de racheter le ranch et d’améliorer les conditions de toute la « famille », en partie pour son propre intérêt, mais aussi en raison d’une étrange attirance envers Tabatha. Comme toujours, une telle offre a un prix — ici, celui du mode de vie même du ranch.</p>



<p>Que les habitants conservent leur statu quo ou acceptent l’offre ne signifie pas une libération totale, mais plutôt un passage d’une forme d’oppression financière à une autre, liée à la perte de liberté. L’apparition de cette figure masculine de pouvoir reflète les failles — jusque-là implicites — de l’ancien équilibre familial du temps où le mari de Tabatha était encore en vie. Cette comparaison, subtilement suggérée, permet au film d’atteindre un niveau inattendu pour un récit ancré dans l’esthétique brute des plaines de l’Ouest : celui de la place de la femme dans la hiérarchie familiale.</p>



<p>Né de l’admiration pour son personnage principal, <strong>The New West</strong> fait preuve d’une grande justesse dans le portrait de Mme Zimiga : à partir de l’ampleur des tâches quotidiennes qu’elle doit assumer seule se dessine une personnalité indéniablement forte et puissante, véritable boussole morale dans les turbulences de la crise familiale. Le choix de ne pas adapter le récit aux conventions du cinéma mainstream — avec son accent sur la douceur féminine et une vision stéréotypée de la beauté — mais de recréer fidèlement le monde réel de Tabatha, afin que sa position centrale en révèle la force, constitue une approche rafraîchissante de la représentation féminine à l’écran.</p>



<p>Finalement, le film peut d’abord dérouter par son esthétique intense, mais à mesure que l’engagement grandit, il plonge le spectateur dans un univers à la fois étranger et fascinant, où le plaisir du cinéma devient presque inévitable. Un incontournable audacieux venu de l’« autre Amérique » — à ne pas manquer sur grand écran !</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Kate Beecroft<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  U. S. A.<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Porshia Zimiga, Tabatha Zimiga, Scoot McNairy<br><strong>DURÉE : </strong>1h 37min<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Pyramide Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>6 mai 2026</pre>
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		<title>Un lugar mas grande : peuple fiction</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Pouteau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 08:24:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Souvent situé au bord d’un conflit — entre ce qui a été pris et ce qui tente de se dire — le documentaire contemporain n’a cessé de déplacer ses formes pour interroger la place des communautés invisibilisées. En début de mois, avec Nuestra Tierra, Lucrecia Martel donnait à voir la persistance d’une dépossession, celle des communautés indigènes face à une nation coloniale, et laissait affleurer une question vertigineuse : que reste-t-il à faire lorsque la justice n’opère pas pour tous [&#8230;]</p>
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<p>Souvent situé au bord d’un conflit — entre ce qui a été pris et ce qui tente de se dire — le documentaire contemporain n’a cessé de déplacer ses formes pour interroger la place des communautés invisibilisées. En début de mois, avec <strong><a href="https://movierama.fr/nuestra-tierra-colonoscopie-dun-pays/">Nuestra Tierra</a></strong>, Lucrecia Martel donnait à voir la persistance d’une dépossession, celle des communautés indigènes face à une nation coloniale, et laissait affleurer une question vertigineuse : que reste-t-il à faire lorsque la justice n’opère pas pour tous ? Que faire, ensuite ? Peut-on se soustraire à un État ? À ce film argentin semble répondre, en écho, un voisin mexicain. <strong>Un lugar más grande</strong>, de Nicolas Défossé, observe, presque en temps réel, les formes incertaines d’une tentative d’organisation, de justice, de vie collective.<br></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1920" height="1080" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_004_1920x1080_300dpi.jpg" alt="" class="wp-image-51208" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_004_1920x1080_300dpi.jpg 1920w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_004_1920x1080_300dpi-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_004_1920x1080_300dpi-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_004_1920x1080_300dpi-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_004_1920x1080_300dpi-1536x864.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_004_1920x1080_300dpi-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_004_1920x1080_300dpi-1400x788.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_004_1920x1080_300dpi-1320x743.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Une Mattina Films</figcaption></figure>
</div>


<p>Ce qui affleure d’abord, c’est moins la politique comme thème que comme scène — un théâtre du pouvoir, au sens concret. Non pas celui des institutions établies, mais celui qui se rejoue ailleurs, autrement. Au Chiapas, dans le sillage du mouvement zapatiste, le film observe une organisation collective qui s’invente au quotidien, entre la langue du colon (espagnole) et la langue indigène (ch’ol), dans des espaces déplacés : la rue, les gymnases, des lieux sans apparat, là où la mairie a été symboliquement vidée de sa centralité. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p> Un film exigeant, parfois déroutant, mais profondément vivant. Un film qui ne documente pas seulement un peuple, mais qui en accompagne l’élaboration. </p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Ce déplacement est décisif. On retrouve bien des figures de représentation, mais sans les signes qui les consacrent : pas d’habit, pas de bureau, pas de scène surélevée. Traditionnellement, l’habit fait la fonction ; ici, l’habitant fait la nation. L’autorité circule autrement : désignés par la collectivité, des représentants voient leur mandat limité dans le temps — trois ans — sans rétribution. Une politique sans carrière, sans accumulation, sans mise en spectacle de soi. Et surtout sans impunité : lorsque deux représentants, ivres, disjonctent au volant d’un camion, ils sont rappelés à l’ordre. Le pouvoir n’est pas aboli, mais rejoué, exposé, constamment réinscrit dans le regard des autres.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1920" height="1080" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_008_1920x1080_300dpi.jpg" alt="" class="wp-image-51209" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_008_1920x1080_300dpi.jpg 1920w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_008_1920x1080_300dpi-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_008_1920x1080_300dpi-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_008_1920x1080_300dpi-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_008_1920x1080_300dpi-1536x864.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_008_1920x1080_300dpi-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_008_1920x1080_300dpi-1400x788.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_008_1920x1080_300dpi-1320x743.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Una Mattina Films</figcaption></figure>
</div>


<p>Le film s’attache à ces gestes précis. Il ne cherche pas l’événement, mais la manière dont une décision se fabrique. Une longue séquence autour du ramassage des ordures en donne la mesure : qui travaille, qui ne travaille pas ? Faut-il une égalité stricte ou une forme de compensation ? Questions simples, presque prosaïques — et pourtant au cœur de toute démocratie. Ici, le politique ne se situe pas ailleurs : il s’ancre dans l’organisation du quotidien, dans ces frictions concrètes où le collectif doit se penser lui-même.</p>



<p>La caméra accompagne ce mouvement avec une attention égale. Elle ne hiérarchise pas. Elle passe d’un visage à un autre, d’un groupe à un paysage, laissant la forêt, la végétation, précéder parfois les corps. Comme si le film rappelait que cette organisation humaine s’inscrit d’abord dans un territoire, dans une continuité plus large. Il n’y a pas de personnage central, mais une multiplicité de présences, de voix, de rythmes. C’est là que le film se distingue d’un certain cinéma politique. Là où l’on pourrait attendre une démonstration ou un discours, en voix-off par exemple, Défossé maintient l’aventure de l’ouverture. Il ne gomme pas les tensions : les discussions s’étirent, les décisions hésitent, les formes collectives tâtonnent. Ces hésitations ne sont pas des failles — elles en constituent la matière même, la condition.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1920" height="1080" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_Extra_01.jpg" alt="" class="wp-image-51210" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_Extra_01.jpg 1920w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_Extra_01-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_Extra_01-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_Extra_01-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_Extra_01-1536x864.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_Extra_01-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_Extra_01-1400x788.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/UnLugarMasGrande_Still_Extra_01-1320x743.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Une Mattina Films</figcaption></figure>
</div>


<p>On pense alors à Frederick Wiseman pour cette attention aux rituels, mais ici déplacés, comme vidés de leur appareil institutionnel. Et en creux, à ce que disait Lucrecia Martel : la difficulté de faire du documentaire face à une nation (argentine) qui n&rsquo;est ni plus ni moins fondée que sur une fiction dominante. <strong>Un lugar más grande</strong> en prend acte. Il ne cherche pas à opposer une vérité à une autre, mais à accompagner l’invention d’une forme — politique autant que cinématographique. Car il y a bien, dans ce film, une proximité entre filmer et organiser. Dans les deux cas, il s’agit de composer avec des présences, de distribuer des places, de faire tenir ensemble des voix hétérogènes sans les réduire. Le cinéma devient alors moins un outil de captation qu’un espace d’expérimentation, au même titre que ces assemblées qu’il observe.</p>



<p>Il en résulte un film exigeant, parfois déroutant, mais profondément vivant. Un cinéma du direct qui ne cherche pas à simplifier, mais à laisser apparaître ce qui est en train de se construire. Un film qui ne documente pas seulement un peuple, mais qui en accompagne l’élaboration. Peut-être est-ce là que tout se joue : dans cette tentative fragile de faire advenir, à la fois par la politique et par le cinéma, une forme commune. En somme, une peuple fiction.</p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Nicolas Défossé<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> mexicaine<br><strong>GENRE </strong>: documentaire<br><strong>DURÉE : </strong>1h55<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Una Mattina Films<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
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		<title>La Corde au cou : une semaine de chien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2026 11:15:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On avait perdu la trace de Gus Van Sant depuis une bonne quinzaine d&#8217;années. Certes il continuait à sortir des films : le joli Restless (2011), le solide Promised Land (2012), l&#8217;incompris Nos Souvenirs (2015) qui écopa d&#8217;une réception catastrophique au Festival de Cannes, le sympathique Don&#8217;t worry, he won&#8217;t get far on foot (2018) mais avouons-le, rien de comparable aux films de ses deux décennies dorées, les années 90 et 2000, de My own private Idaho à Harvey Milk. [&#8230;]</p>
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<p>On avait perdu la trace de Gus Van Sant depuis une bonne quinzaine d&rsquo;années. Certes il continuait à sortir des films : le joli <strong>Restless </strong>(2011), le solide <strong>Promised Land </strong>(2012), l&rsquo;incompris <strong>Nos Souvenirs</strong> (2015) qui écopa d&rsquo;une réception catastrophique au Festival de Cannes, le sympathique <strong>Don&rsquo;t worry, he won&rsquo;t get far on foot</strong> (2018) mais avouons-le, rien de comparable aux films de ses deux décennies dorées, les années 90 et 2000, de <strong>My own private Idaho</strong> à <strong>Harvey Milk</strong>. Après sept ans sans tourner, Gus Van Sant montre un net regain de forme en signant son meilleur film depuis presque vingt ans. Certes, ce n&rsquo;est pas encore tout à fait ça, <strong>La Corde au cou </strong>est à l&rsquo;évidence un film de commande où le vieux routier étale tous les ressorts de sa science de metteur en scène pour rendre le film à la fois attractif et âpre. Mais le film respire une véritable joie de filmer, phénomène assez rare pour être terriblement communicatif. </p>



<p>D&rsquo;après une histoire vraie. Dans les années 1970, Tony Kiritsis, en proie à des difficultés financières, décide d&rsquo;enlever Richard O. Hall, son courtier hypothécaire. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>un film de commande où le vieux routier étale tous les ressorts de sa science de metteur en scène pour rendre le film à la fois attractif et âpre. Mais le film respire une véritable joie de filmer, phénomène assez rare pour être terriblement communicatif. </p>
</blockquote>



<p></p>



<p>A l&rsquo;origine, le projet d&rsquo;adaptation de ce fait divers devait être réalisé en 2024 par Werner Herzog, avec Nicolas Cage dans le rôle principal. On peut saliver sur ce projet qui ne se réalisera jamais, abandonné pour des raisons de planning et qui aurait réuni deux esprits parmi les plus délirants de la planète cinéma, quelques années après leur vrai-faux remake du film de Ferrara, <strong>Bad Lieutenant : escale à la Nouvelle-Orléans </strong>(2009). Gus Van Sant a toujours été plus sage, même si une certaine folie douce se manifestait dans ses projets les plus expérimentaux, de <strong>Gerry </strong>à <strong>Paranoid Park</strong>, en passant par Elephant, Palme d&rsquo;or du Festival de Cannes en 2003. </p>



<p>Avec ce film, Gus Van Sant jette un pont entre le passé et l&rsquo;avenir. Le passé : le film renvoie immanquablement à la prise d&rsquo;otages décrite dans<strong> Un après-midi de chien </strong>de Sydney Lumet, datant également des années 70 comme le fait divers du film (février 1977), en opérant un clin d&rsquo;oeil à Al Pacino, passé du côté des puissants, en interprétant ici le père du courtier. L&rsquo;avenir : le soutien affiché à Lucas Mangione, assassin du PDG d&rsquo;United Healthcare, Brian Thompson, en décembre 2024. Entre ces deux faits divers, le sentiment diffus qu&rsquo;en presque vingt ans, rien n&rsquo;a vraiment changé : les institutions broient toujours les individus, leur révolte de David contre Goliath est quasiment d&#8217;emblée condamnée à l&rsquo;échec, et nourrit un système qui les absorbe dans le jeu médiatique. </p>



<p>Si le film permet enfin de révéler le vrai visage de Bill Skarsgard, longtemps camouflé derrière un masque de clown ou des prothèses de vampire. il n&rsquo;atteint certes pas le niveau naturel de délire d&rsquo;un Nicolas Cage, mais s&rsquo;en tire avec les honneurs. Le film réserve même un twist surprenant pour qui ne connaissait pas les détails du fait divers reproduit. C&rsquo;est surtout Gus Van Sant qui oeuvre avec maestria en reconstituant le fait divers avec ses différents acteurs se situant à des endroits différents soumis à une même temporalité. Le travail effectué par le montage du film (séquence très jouissive de la mise en parallèle avec la participation de John Wayne aux Oscars) et la juxtaposition de différentes textures d&rsquo;image s&rsquo;avère assez hallucinant, rappelant celui déjà existant dans <strong>Harvey Milk</strong>. Gus Van Sant y montre une dextérité certaine s&rsquo;apparentant au travail du D.J. noir qui, de son émission de radio, fait presque office de narrateur implicite. En-dehors de sa reconstitution d&rsquo;un fait divers,<strong> La Corde au cou </strong>rend aussi un bel hommage à la musique noire des années 70 qui accompagne la bande-son du film et prend le pouls d&rsquo;une société dont on ne sait plus s&rsquo;il s&rsquo;agit de celle des années 70 ou de la nôtre. </p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Gus Van Sant <br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  américaine <br><strong>GENRE </strong>: thriller <br><strong>AVEC : </strong>Bill Skarsgård, Dacre Montgomery, Colman Domingo, Cary Elwes, Al Pacino <br><strong>DURÉE : </strong>1h45 <br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>ARP sélection <br><strong>SORTIE LE </strong>15 avril 2026 </pre>
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		<title>Les Chroniques de Poulet Pou : retour sur Silent Friend. La vie secrète des plantes bis.</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Apr 2026 08:16:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La vie secrète des plantes. Ce n’est pourtant pas Stevie Wonder qu’on entend dans la BO, mais plutôt les fleurons de la nueva canción chilena, ainsi que Blixa Bargeld récitant du Goethe. Confession, je n’ai jamais écouté ledit album de Stéphane Merveille, dont la réputation est semble-t-il contrastée, in-the-know dites-nous si ça vaut le coup. Cependant ne nous égarons pas trop, et revenons au film, le premier de la réalisatrice hongroise Ildikó Enyedi que je vois. Pas certain que ça [&#8230;]</p>
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<p class="has-drop-cap">La vie secrète des plantes. Ce n’est pourtant pas Stevie Wonder qu’on entend dans la BO, mais plutôt les fleurons de la nueva canción chilena, ainsi que Blixa Bargeld récitant du Goethe. Confession, je n’ai jamais écouté ledit album de Stéphane Merveille, dont la réputation est semble-t-il contrastée, in-the-know dites-nous si ça vaut le coup. Cependant ne nous égarons pas trop, et revenons au film, le premier de la réalisatrice hongroise Ildikó Enyedi que je vois. Pas certain que ça me donne envie de creuser, mais prenons les choses dans l’ordre, et tâchons de nous expliquer. Trois histoires s’entrecroisent. L’une raconte en N&amp;B les difficultés de la première étudiante en biologie végétale dans l’atmosphère phallocrate d’une université allemande au début du XXe siècle. Une autre en 16mm la vraie-fausse idylle de deux étudiants de la même université au début des années 1970. Enfin, il y a celle 50 ans plus tard d’un chercheur en neurosciences venu de Hong Kong, et qui se retrouve coincé dans l’université à cause du Covid. Le tout sous les augustes frondaisons du même arbre centenaire. Observe-t-on les végétaux, ou est-ce le contraire, telle est la question que pose le film.</p>



<p class="has-drop-cap">L’interprétation est bien, Tony Leung en majesté — une review Letterboxd du film m’a fait sourire, qui se contentait de dire, In the wood for love —, Léa Seydoux en visio, sans oublier trois jeunes comédiens allemands tout ce qu’il y a de charmants. Le filmage est soigné, jolies rimes visuelles d’une séquence à l’autre, le propos nous-sommes-tous-connectés sympa, il y a de l’humour, cf. Gundula et son géranium qui ouvre les portes (de la perception), mais en fin de compte on s’ennuie quand même un peu. Le film aurait voulu, et pu, être un méga trip psychédélique, mais même si j’ai pensé fugacement à Cronenberg, lors de je ne sais plus quel moment à base d’électrodes reliant le cerveau du savant à l’arbre vénérable, j’ai trouvé que ça manquait de jusqu’au-boutisme, que ça restait trop gentil/poli, voire gnangnan/cliché, pour emporter. Que ça ne vous empêche pas de tenter l’expérience.</p>
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		<title>La Fille du Konbini : ultra-moderne solitude</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 07:04:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cinéma japonais, on connaît Hirokazu Kore-eda, Takeshi Kitano, Ryusuke Hamaguchi, Koji Fukada, etc. On connaît nettement moins les réalisatrices, hormis la glorieuse exception de Naomi Kawase. Pour son premier film, Yûho Ishibashi a choisi d&#8217;adapter un livre qui a reçu l&#8217;équivalent au Japon du Prix Goncourt, le Prix Akutagawa, La Fille de la supérette de Sakuta Murata, Cette dernière a en fait adapté elle-même son propre roman. D&#8217;une grande brièveté (1h16, pas plus), La Fille du Konbini peut [&#8230;]</p>
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<p>Dans le cinéma japonais, on connaît Hirokazu Kore-eda, Takeshi Kitano, Ryusuke Hamaguchi, Koji Fukada, etc. On connaît nettement moins les réalisatrices, hormis la glorieuse exception de Naomi Kawase. Pour son premier film, Yûho Ishibashi a choisi d&rsquo;adapter un livre qui a reçu l&rsquo;équivalent au Japon du Prix Goncourt, le Prix Akutagawa, <strong>La Fille de la supérette</strong> de Sakuta Murata, Cette dernière a en fait adapté elle-même son propre roman. D&rsquo;une grande brièveté (1h16, pas plus), <strong>La Fille du Konbini </strong>peut séduire les amateurs de cinéma japonais, tout comme dérouter les autres par son climat extrêmement contemplatif et méditatif. </p>



<p>Iizuka est caissière dans un&nbsp;konbini, épicerie de quartier. Très solitaire, elle accepte souvent de travailler le soir. Pourtant, elle n&rsquo;est pas une étudiante comme les autres employés&nbsp;: auparavant commerciale dans une agence de publicité, elle a abandonné son travail du jour au lendemain. Otomo, ancienne camarade de collège, de passage par hasard, la reconnaît et lui propose d&rsquo;aller discuter.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>D&rsquo;une grande brièveté (1h16, pas plus), <strong>La Fille du Konbini </strong>peut séduire les amateurs de cinéma japonais, tout comme dérouter les autres par son climat extrêmement contemplatif et méditatif. </p>
</blockquote>



<p>Dans l&rsquo;adaptation de son propre roman, Sakuta Murata a modifié quelques détails essentiels, l&rsquo;âge du personnage principal féminin passant de 36 à 24 ans. et le contexte de l&rsquo;histoire. Au départ, le roman est en fait une allégorie sur le droit à la différence et à la marginalité, à travers l&rsquo;histoire d&rsquo;une femme qui ne s&rsquo;est ni mariée ni n&rsquo;a essayé d&rsquo;obtenir un travail salarié plus gratifiant, en dépit d&rsquo;études supérieures. Travaillant elle-même dans une supérette, Sakuta Murata s&rsquo;est inspirée de sa propre expérience, ayant choisi ce métier pour pouvoir se livrer lors de son temps libre à l&rsquo;écriture. La thématique du roman ressemble donc plutôt à celle de<a href="https://movierama.fr/a-pied-doeuvre-luberisation-du-monde"> <strong>A pied d&rsquo;oeuvre</strong></a> de Valérie Donzelli, d&rsquo;après l&rsquo;ouvrage de Franck Courtès.</p>



<p>Le film est en fait assez différent, du fait du rajeunissement du personnage principal féminin. Alors que le roman était plutôt centré sur l&rsquo;aspect sentimental, Murata a rajouté une circonstance économique importante, l&rsquo;abandon de son travail par Iizuka, ce qui en fait une victime du burn out et du stress ambiant du système capitaliste, en particulier japonais, qui presse comme un citron tous les employés. On ne saura pas exactement ce qui est arrivé à Iizuka mais les signes évidents d&rsquo;une dépression traversent le film comme ceux d&rsquo;une maladie latente qui n&rsquo;ose dire son nom. </p>



<p>Yûho Ishibashi filme cet état végétatif avec beaucoup de discrétion, voire peut-être trop, en ne surlignant jamais, au point que certains spectateurs pourront imaginer qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;histoire. Elle est en cela fidèle au style traditionnellement pudique et peu démonstratif du cinéma asiatique. En fait, Iizuka va progressivement se relever d&rsquo;un état psychologique quasiment comateux, très fragile, au point que les moindres incidents (des remarques agressives d&rsquo;un client, une plaisanterie déplacée de son patron) lui paraîtront des agressions. Il lui faudra, pour lui permettre de se relever, l&rsquo;écoute d&rsquo;une amie de collège, afin d&rsquo;espérer pouvoir avouer la vérité à sa mère et commencer une ébauche d&rsquo;histoire d&rsquo;amour avec un collègue.   </p>



<p>Pour mettre en valeur cet état psychologique très particulier, Yûho Ishibashi se repose essentiellement sur Erika Karata, jeune comédienne japonaise déjà remarquée dans <strong>Asako I &amp; II</strong> de Ryusuke Hamaguchi et <strong><a href="https://movierama.fr/love-on-trial-lamour-plus-fort-que-le-systeme-des-idoles/">Love on trial</a></strong> de Koji Fukada. Son jeu, tout en nuances et en retenue, font beaucoup pour la qualité du film, qu&rsquo;on pourrait apparenter à une autre description clinique de l&rsquo;ultra-moderne solitude, celle de <strong><a href="https://movierama.fr/on-falling-la-boucle-productiviste">On Falling</a></strong>, autre remarquable film signé par Laura Carreira.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-5"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:41%"></div></div><div class="score">3</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATRICE :</strong> Yûho Ishibashi<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  japonaise <br><strong>GENRE </strong>: drame <br><strong>AVEC : </strong>Erika Karata, Haruka Imô, Kazuma Ishibashi<br><strong>DURÉE : </strong>1h16 <br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Art House <br><strong>SORTIE LE </strong>15 avril 2026 </pre>
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		<title>Good Luck Have Fun Don&#8217;t Die : piégés dans la boucle d’un jeu vidéo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hanna Hromovetska]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 07:00:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Good Luck Have Fun Don&#8217;t Die marque le retour très attendu de Gore Verbinski après un long exil du réalisateur : l’auteur qui a offert au public des films comme Mouse Hunt (1997), The Ring (2002) et les trois premiers films de Pirates des Caraïbes revient après plus de dix ans de silence. Et bien que présenté en avant-première au Festival International du Film de Berlin, Good Luck Have Fun Don&#8217;t Die s’avère controversé, tant par les idées qu’il propose [&#8230;]</p>
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<p><strong>Good Luck Have Fun Don&rsquo;t Die</strong> marque le retour très attendu de Gore Verbinski après un long exil du réalisateur : l’auteur qui a offert au public des films comme <strong>Mouse Hunt</strong> (1997), <strong>The Ring</strong> (2002) et les trois premiers films de <strong>Pirates des Caraïbes</strong> revient après plus de dix ans de silence. Et bien que présenté en avant-première au Festival International du Film de Berlin, <strong>Good Luck Have Fun Don&rsquo;t Die</strong> s’avère controversé, tant par les idées qu’il propose que par la manière dont elles sont mises en scène.</p>



<p>Une soirée conventionnellement ennuyeuse dans un restaurant de Los Angeles est interrompue par l’apparition soudaine d’un homme qui prétend venir du futur et chercher son équipe de rêve pour sauver le monde de l’IA. Ayant l’air non seulement étrange mais carrément bizarre et excessif, cet homme n’est guère un leader séduisant pour les clients présents. Le protagoniste psychotique, resté sans nom, se réfugie alors dans son dernier recours et fait chanter les personnes présentes avec une bombe reliée à son costume totalement aléatoire (il affirme qu’il s’agit d’une tenue de haute couture dans son monde futur). Contre toute attente, l’équipe se forme et les aventures commencent.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>&#8230;dans une tentative constante de prouver sa propre folie, le film ne semble presque jamais vraiment séduisant.</p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Sur leur chemin pour sauver le monde, les personnages reviennent sur leurs vies passées, ce qui apporte une motivation bienvenue. Cependant, ces récits sont conçus avec des retournements de situation si audacieux et des contextes si extravagants que, dans une tentative constante de prouver sa propre folie, le film ne semble presque jamais vraiment séduisant. Par exemple, l’une des protagonistes, une mère célibataire, a récemment perdu son fils adolescent dans une fusillade scolaire. Pour soulager sa souffrance, le marketing d’un produit nouvellement lancé la contacte, lui proposant de fabriquer une copie de son fils — pas une copie complète, mais plutôt un corps avec des caractéristiques au choix. La femme vit dans un monde si saturé de fusillades répétées que ce produit est largement répandu parmi ses voisins, qui ont perdu et remplacé leurs enfants une, deux, trois et même quatre fois. Toutefois, les dépenses marketing étant inévitables, chaque « copie » doit à un moment donné réciter une publicité — par exemple en complimentant étrangement la marque de céréales que la famille mange au petit-déjeuner. Ainsi, la question extrêmement problématique des fusillades scolaires américaines est présentée d’une manière si sarcastique et inadéquate qu’aucune grande idée ne pourrait justifier une telle approche — s’il y avait finalement une idée cohérente derrière elle. Et il en va de même pour presque chaque ligne narrative du film.</p>



<p>Ayant commencé sa carrière dans les clips musicaux et la publicité, Verbinski adopte pleinement un montage abrupt, proche du clip, et un rythme qui ne ralentit jamais, comme s’il réalisait un clip musical de deux heures ou adaptait un jeu vidéo à un public habitué aux vidéos courtes des réseaux sociaux. Associée à la lutte constante contre non seulement l’IA mais la technologie en général que le film prétend représenter, cette direction artistique paraît contre-intuitive et révèle plutôt la préférence du réalisateur pour ce contre quoi ses personnages sont censés lutter.</p>



<p>Finalement, le film propose un mélange si audacieux de narration provocatrice et d’images saturées de méthodes issues d’autres arts audiovisuels qu’il aurait facilement pu se situer quelque part entre un divertissement de soirée efficace et une percée dans la comédie de science-fiction. Pourtant, il échappe à ce paradigme et se révèle être un film stylistiquement riche servant des idées si banales que même l’engagement minimal du spectateur n’est pas garanti.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-4"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:60%"></div></div><div class="score">2</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Gore Verbinski<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  U.S.A., Allemagne<br><strong>GENRE </strong>: Aventure, Comédie, Science Fiction<br><strong>AVEC : </strong>Sam Rockwell, Juno Temple, Haley Lu Richardson<br><strong>DURÉE : </strong>2h 15min<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Metropolitan FilmExport<br><strong>SORTIE LE </strong>15 avril 2026</pre>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/good-luck-have-fun-dont-die-pieges-dans-la-boucle-dun-jeu-video/">Good Luck Have Fun Don&rsquo;t Die : piégés dans la boucle d’un jeu vidéo</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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		<title>Sélection Officielle du Festival de Cannes 2026 : analyse et décryptage. Changement d&#8217;époque en cours&#8230;</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 09:08:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVAL]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comme l&#8217;a indiqué Iris Knobloch, Présidente du Festival de Cannes, dans un contexte politique et militaire aussi grave et peu rassurant que celui que nous vivons, il serait légitime de se demander pourquoi on s&#8217;intéresserait au Festival de Cannes. Or le Festival de Cannes, comme elle l&#8217;a justement rappelé, est né deux fois en 1939 et 1946 pour nous rappeler à quel point nous sommes humains et de nous en souvenir pour toujours. Comme elle l&#8217;a dit, « le cinéma, on [&#8230;]</p>
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<p class="has-drop-cap">Comme l&rsquo;a indiqué Iris Knobloch, Présidente du Festival de Cannes, dans un contexte politique et militaire aussi grave et peu rassurant que celui que nous vivons, il serait légitime de se demander pourquoi on s&rsquo;intéresserait au Festival de Cannes. Or le Festival de Cannes, comme elle l&rsquo;a justement rappelé, est né deux fois en 1939 et 1946 pour nous rappeler à quel point nous sommes humains et de nous en souvenir pour toujours. Comme elle l&rsquo;a dit, « <em>le cinéma</em>, <em>on y entre parfois seul ; on en sort la plupart du temps plus proches les uns des autres</em> ». Le cinéma comme remède à la guerre et à la dépression qui en découle, beau programme pour ce 79ème Festival de Cannes.</p>



<p>Comme le dit également Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, le cinéma est loin d&rsquo;être mort, contrairement à ce que pouvaient prophétiser dans les années 80 Jean-Luc Godard, Serge Daney, voire Wim Wenders : 2541 longs métrages venant de 141 pays ont été vus cette année par le comité de sélection, soit 1 000 de plus qu&rsquo;en 2016. Selon lui, dans cette sélection, il existe cette année « <em>des choses très belles, des films très intelligents, montrant un très haut niveau de pensée, nous disant ce qu&rsquo;est le monde contemporain</em> », mettant en valeur la vie en groupe, à travers la douceur, la nature, les chansons, la famille, etc.</p>



<p>Plus prosaïquement, le cinéphile pourra constater que cette sélection poursuit le mouvement amorcé à partir de l&rsquo;année dernière, soit un renouvellement naturel des générations. Les grands maîtres tournent plus rarement ; d&rsquo;autres metteurs en scène plus jeunes prennent leur place, héritent de la pleine lumière et construisent une oeuvre qui fera ensuite référence comme celles de leur prédécesseurs. On ne peut en effet plus guère faire le reproche à Thierry Frémaux de se reposer sur une politique des auteurs abonnés. Cette année en 2026, sur 21 films sélectionnés en compétition, onze viennent de metteurs en scène primo-entrants qui n&rsquo;avaient jamais été sélectionnés. Mais explorons plus en détail cette compétition de la Sélection Officielle. </p>



<p><strong>Le cinéma français en force</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="552" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6-1024x552.webp" alt="" class="wp-image-51310" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6-1024x552.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6-300x162.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6-768x414.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6-1536x828.webp 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6-770x415.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6-1400x755.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6-1320x712.webp 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6.webp 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>Il est difficile de ne pas constater une certaine hégémonie française : un quart de la compétition est strictement français (Charline Bourgeois-Tacquet, Arthur Harari, Léa Mysius, Emmanuel Marre, Jeanne Herry) mais cet ensemble déjà imposant se gonfle de trois unités supplémentaires avec les films français de cinéastes étrangers, <strong>Moulin </strong>de Laszlo Némès, <strong>Soudain </strong>de Ryusuke Hamaguchi, avec Virginie Efira et <strong>Histoires parallèles </strong>d&rsquo;Asghar Farhadi, avec Isabelle Huppert, Vincent Cassel et encore Virginie Efira, ce qui fait passer le total à plus du tiers environ de la compétition, sans même compter l&rsquo;ouverture <strong>La Vénus Electrique </strong>de Pierre Salvadori, hos compétition. Dans ces huit films figurent les actrices françaises en vogue du moment, récemment nommées aux César : Adèle Exarchopolos (<strong>Garance</strong> de Jeanne Herry), Léa Drucker et Mélanie Thierry (<strong>La Vie d&rsquo;une femme</strong> de Charline Bourgeois-Tacquet), Léa Seydoux (<strong>L&rsquo;Inconnue</strong> d&rsquo;Arthur Harari), Hafsia Herzi (<strong>Histoires de la nuit</strong> de Léa Mysius, d&rsquo;après le roman de Laurent Mauvignier, récent Prix Goncourt pour <strong>La maison vide</strong>), Virgine Efira (<strong>Soudain</strong>, <strong>Histoires parallèles</strong>) et l&rsquo;éternelle Isabelle Huppert (<strong>Histoires parallèles</strong>). Dans les cinq films du quota français originel, il est possible de se demander lesquels seront distingués pour leur interprétation, en particulier féminine, et ceux qui permettront à leurs autrices ou auteurs d&rsquo;effectuer une « Justine Triet », soit en un film, de devenir un metteur en scène indispensable et incontestable. Sans avoir vu les films, on ne s&rsquo;aventurera pas à départager Jeanne Herry, Léa Mysius et Charline Bourgeois-Tacquet (même si les deux premières semblent a priori les hypothèses les plus favorables), tant le Festival de Cannes a été propice aux surprises les plus invraisemblables. Néanmoins une énorme curiosité va sans doute entourer <strong>L&rsquo;Inconnue</strong> d&rsquo;Arthur Harari, avec Léa Seydoux et Niels Schneider, inspiré d&rsquo;un roman graphique, dont le point de départ, à grand renfort de substitution de personnalité et de schizophrénie, semble rappeler <strong><a href="https://movierama.fr/the-substance-le-portrait-de-dorian-gray-en-body-horror/">The Substance </a></strong>de Coralie Fargeat. Frémaux évoque au sujet de<strong> L&rsquo;Inconnue</strong> un des films les plus disputés au sein du comité de sélection et une possible bataille d&rsquo;Hernani comparable à celles de <strong>L&rsquo;Avventura</strong> et de <strong>La Dolce Vita</strong>, On a hâte d&rsquo;y être.</p>



<p><strong>Le cinéma américain en berne </strong></p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/91125dce7c191b60f071b3fd999e48cb-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-51311" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/91125dce7c191b60f071b3fd999e48cb-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/91125dce7c191b60f071b3fd999e48cb-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/91125dce7c191b60f071b3fd999e48cb-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/91125dce7c191b60f071b3fd999e48cb-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/91125dce7c191b60f071b3fd999e48cb.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>On peut se demander si cette mise en avant du cinéma français n&rsquo;est pas également due en compensation à une grande discrétion du cinéma américain, par effet de vases communicants. Frémaux, en préambule, a d&rsquo;ailleurs prévenu que cette année, les majors américaines ne seraient pas au rendez-vous, contrairement aux années précédentes où <strong><a href="https://movierama.fr/top-gun-maverick-petit-tom-face-a-leternel-retour">Top Gun : Maverick</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/furiosa-une-saga-mad-max-au-dela-de-la-vengeance">Furiosa</a></strong>, <a href="https://movierama.fr/killers-of-the-flower-moon-les-nouveaux-monstres-americains"><strong>Killers</strong> <strong>of the flower moon</strong></a>, <a href="https://movierama.fr/mission-impossible-the-final-reckoning-a-limpossible-tom-est-tenu/"><strong>Mission : Impossible : the final reckoning</strong> </a>avaient fait les belles heures des amateurs de spectacle hollywoodien. Par conséquent, cette année, on ne pourra pas trop compter, à moins d&rsquo;immenses surprises, sur <strong>L&rsquo;Odyssée</strong> de Christopher Nolan ou <strong>Disclosure day</strong> de Steven Spielberg qui ont sans doute emprunté d&rsquo;autres chemins de promotion. Seul en compétition pour l&rsquo;instant, apparaît <strong>The Man I love</strong> d&rsquo;Ira Sachs, digne représentant du cinéma indépendant américain, sur la vie au temps du Sida dans les années 80, ce qui peut paraître un peu mince. Thierry Frémaux promet néanmoins un film qui ne se trouve pas dans la sélection mais qui devrait y être dans quelques jours, dans les compléments de sélection. Selon toute probabilité, il ne pourrait s&rsquo;agir que de <strong>Paper tiger</strong> de James Gray, avec Adam Driver, Scarlett Johansson et Miles Teller, ce qui permettrait de rehausser légèrement le taux de participation du cinéma américain, très faible cette année.</p>



<p><strong>Les cinéastes asiatiques en embuscade</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/fffc3ece6e1eb43bc2e4007ea5bc467b-1024x682.webp" alt="" class="wp-image-51312" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/fffc3ece6e1eb43bc2e4007ea5bc467b-1024x682.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/fffc3ece6e1eb43bc2e4007ea5bc467b-300x200.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/fffc3ece6e1eb43bc2e4007ea5bc467b-768x512.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/fffc3ece6e1eb43bc2e4007ea5bc467b-1536x1023.webp 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/fffc3ece6e1eb43bc2e4007ea5bc467b-360x240.webp 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/fffc3ece6e1eb43bc2e4007ea5bc467b-720x480.webp 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/fffc3ece6e1eb43bc2e4007ea5bc467b-770x513.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/fffc3ece6e1eb43bc2e4007ea5bc467b-1400x933.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/fffc3ece6e1eb43bc2e4007ea5bc467b-1320x879.webp 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/fffc3ece6e1eb43bc2e4007ea5bc467b.webp 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>Est-ce parce que Park Chan-wook est président du jury? Cette année, contrairement à l&rsquo;année dernière, les cinéastes asiatiques sont plutôt bien représentés en compétition, en particulier du côté du Japon. Trois grands cinéastes japonais viennent en délégation : Hirokazu Kore-eda (<strong>Sheep in the box</strong>, avec un synopsis assez proche de <strong>A.I. : intelligence artificielle</strong> de Steven Spielberg), Koji Fukada (<strong>Quelques jours à Nagi</strong>, dont le scénario semble assez correspondre à la description de la beauté entrevue dans les films cette année par Frémaux) et Ryusuke Hamaguchi (<strong>Soudain</strong>, dont nous avons déjà parlé, sur la vie dans un EHPAD en région parisienne). Pourtant la grande surprise, c&rsquo;est sans doute la présence en compétition de <strong>Hope </strong>de Na Hong-jin, l&rsquo;auteur sud-coréen de thrillers cultes (<strong>The Chaser,</strong> <strong>The Murderer,</strong> <strong>The Strangers</strong>). Thierry Frémaux évoque à son sujet un film qui se métamorphoserait au fil de son déroulement, une sorte de film mutant, avec au milieu d&rsquo;un casting coréen, la présence intrigante de Michael Fassbender et d&rsquo;Alicia Vikander. Là aussi, l&rsquo;impatience est avérée. </p>



<p><strong>L&rsquo;Europe et les cinéastes en quête de Palme d&rsquo;or </strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="684" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/21b5a3e94ef46f0d7f60adabcf6d26eb-1024x684.webp" alt="" class="wp-image-51314" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/21b5a3e94ef46f0d7f60adabcf6d26eb-1024x684.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/21b5a3e94ef46f0d7f60adabcf6d26eb-300x200.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/21b5a3e94ef46f0d7f60adabcf6d26eb-768x513.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/21b5a3e94ef46f0d7f60adabcf6d26eb-1536x1026.webp 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/21b5a3e94ef46f0d7f60adabcf6d26eb-360x240.webp 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/21b5a3e94ef46f0d7f60adabcf6d26eb-720x480.webp 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/21b5a3e94ef46f0d7f60adabcf6d26eb-770x514.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/21b5a3e94ef46f0d7f60adabcf6d26eb-1400x935.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/21b5a3e94ef46f0d7f60adabcf6d26eb-1320x882.webp 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/21b5a3e94ef46f0d7f60adabcf6d26eb.webp 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>Le reste de la sélection concerne essentiellement des cinéastes européens, avec un accent particulier sur l&rsquo;Espagne, après le coup d&rsquo;éclat l&rsquo;année dernière réussi par <strong><a href="https://movierama.fr/sirat-voyage-au-bout-de-lenfer/">Sirāt</a>&nbsp;</strong>d&rsquo;Oliver Laxe. Le grand patron Pedro Almodóvar&nbsp;(<strong>Autofiction</strong>, déjà sorti en Espagne et qui sortira en France le 20 mai pendant le Festival) qui a choisi cette fois-ci des acteurs peu habituels dans sa filmographie (Barbara Lennie et Victoria Luengo), est accompagné par des cinéastes de la génération suivante, dans la quarantaine, Rodrigo Sorogoyen (<strong>L&rsquo;Etre aimé</strong>, avec Javier Bardem et à nouveau Victoria Luengo) et Javier Calvo et Javier Ambrossi (<strong>La Bola Negra</strong>, avec une apparition de Penelope Cruz, la muse de Pedro, que Frémaux promet inoubliable). Deux réalisatrices seront également présentes : Marie Kreutzer (<strong><a href="https://movierama.fr/corsage-dans-un-corps-pas-sage/">Corsage</a></strong>) pour l&rsquo;Autriche, avec <strong>Gentle Monster</strong>, une étrange histoire de couple, bénéficiant de la présence de Léa Seydoux, et Valeska Grisebach (<strong>L&rsquo;Aventure rêvée</strong>), produite par Maren Ade (<strong>Toni Erdmann</strong>). Enfin quatre cinéastes européens complètent la sélection : l&rsquo;un, Cristian Mungiu, cinéaste roumain, est un habitué de la compétition et a déjà remporté la Palme d&rsquo;or avec <strong>4 mois, trois semaines et deux jours</strong> en 2007. Avec <strong>Fjord</strong>, il expérimente un casting totalement inédit pour lui : Sébastien Stan (le Donald Trump de <strong>The Apprentice</strong>) et Renate Reinsve, la muse norvégienne des récents Joachim Trier (<strong><a href="https://movierama.fr/julie-en-douze-chapitres-entre-lancien-et-le-nouveau-monde/">Julie (en douze chapitres)</a> </strong>et <strong><a href="https://movierama.fr/valeur-sentimentale-la-tentation-du-vertige/">Valeur sentimentale</a></strong>). Il pourrait très bien rééditer l&rsquo;exploit de remporter la Palme d&rsquo;or, presque vingt ans après sa première, avec l&rsquo;histoire d&rsquo;un couple roumano-norvégien aux principes d&rsquo;éducation peut-être trop traditionnels. Les trois autres ont tous reçu des honneurs divers au Festival de Cannes et sont des postulants sérieux pour la Palme d&rsquo;or : Lukas Dhont (Caméra d&rsquo;or pour <strong>Girl</strong>, Grand Prix du jury pour <strong><a href="https://movierama.fr/close-pres-des-yeux-pres-du-coeur/">Close</a></strong>), jeune cinéaste belge de 34 ans, présente son troisième film, <strong>Coward</strong>, film d&rsquo;époque et de guerre, sur la Première Guerre Mondiale ; Pawel Pawlikowski, metteur en scène polonais (<strong>Ida</strong>, Oscar du meilleur film étranger en 2015, <strong>Cold</strong> <strong>War</strong>, Prix de la mise en scène à Cannes en 2018), propose <strong>Fatherland </strong>, oeuvre en noir et blanc comme ses deux précédents films, sur le retour de Thomas Mann en terre allemande, qu&rsquo;il avait fuie à l&rsquo;arrivée au pouvoir des nazis, avec Hanns Zischler, Sandra Hüller, August Diehl ; enfin Andreï Zviaguintsev (Prix du Scénario pour <strong>Léviathan </strong>en 2014, Prix du jury pour <strong>Faute d&rsquo;amour</strong> en 2017) , cinéaste russe ayant quitté la Russie, met en scène avec <strong>Minotaure </strong>la vie d&rsquo;un chef d&rsquo;entreprise en Russie en 2022 qui va basculer dans la violence. Si on rajoute donc Pedro Almodóvar&nbsp;et James Gray (potentiel sélectionnable) qui n&rsquo;ont jamais vaincu le signe indien, en dépit d&rsquo;un record remarquable de sélections en compétition, cela constitue un nombre impressionnant de prétendants sérieux à la Palme d&rsquo;or, récompense qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais remportée.</p>



<p><strong>Les autres sections</strong>, <strong>les oubliés, les pronostics</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="554" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/1909e9c54c476076e4a485531de407d5-1024x554.webp" alt="" class="wp-image-51320" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/1909e9c54c476076e4a485531de407d5-1024x554.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/1909e9c54c476076e4a485531de407d5-300x162.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/1909e9c54c476076e4a485531de407d5-768x415.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/1909e9c54c476076e4a485531de407d5-1536x830.webp 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/1909e9c54c476076e4a485531de407d5-770x416.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/1909e9c54c476076e4a485531de407d5-1400x757.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/1909e9c54c476076e4a485531de407d5-1320x714.webp 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/1909e9c54c476076e4a485531de407d5.webp 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<p>Cet article est essentiellement centré sur la compétition de la Sélection Officielle. Pourtant les autres sections offriront certainement leur lot de bonnes surprises. Citons presque au hasard par exemple dans Un Certain regard son film d&rsquo;ouverture <strong>Teenage sex and death at camp miasma</strong> de Jane Schoenbrun, un film d&rsquo;horreur avec Hannah Eibinder, la star de <strong>Hacks </strong>et Gillian Anderson, <strong>Les Eléphants dans la brume</strong> de Abinash Bikram Shah, premier film népalais sélectionné à Cannes, <strong>Club Kid</strong>, premier film de Jordan Firstman, avec Cara Delevingne,<strong> Quelques mots d&rsquo;amour</strong> de Rudi Rosenberg, avec Hafsia Herzi, <strong>De toutes les nuits, les amants</strong> de Yukiko Sode, sans doute le plus beau titre des films de la Sélection officielle, en espérant que le film se montrera à la hauteur de son titre. Pour le hors compétition, on sera sans doute intéressé par <strong>L&rsquo;Abandon</strong> de Vincent Garencq sur le destin tragique de Samuel Paty, le retour d&rsquo;Agnes Jaoui dans <strong>L&rsquo;Objet du délit </strong>sur #MeToo à l&rsquo;opéra, ainsi que par le nouveau Nicolas Winding Refn, <strong>Her private hell</strong>, avec Sophie Thatcher, Quant aux séances de minuit, c&rsquo;est évidemment le refuge des marginaux et excentriques : Quentin Dupieux (<strong>Full Phil</strong> avec Kristen Stewart, Woody Harrelson), Bertrand Mandico (<strong>Roma Elastica</strong>, avec Marion Cotillard et Noémie Merlant), Marion Le Coroller (<strong>Sanguine</strong>, premier film à la Ducournau), Marco Nguyen et Nicolas Athane (<strong>Jim Queen</strong>, film d&rsquo;animation sur un virus qui transformerait les gays en hétérosexuels), et Yeon Sang-ho (<strong>Colony </strong>sur la contamination et le confinement), quelques années après <strong>Dernier train pour Busan</strong>. Pour Cannes Première, citons <strong>Le château d&rsquo;Arioka</strong> de Kiyoshi Kurosawa, l&rsquo;un des maîtres de Ryusuke Hamaguchi, et pour les séances spéciales, <strong>L&rsquo;Affaire Marie-Claire </strong>de Lauriane Escaffre et Yvo Muller, où Charlotte Gainsbourg interprète Gisèle Halimi.</p>



<p>En revanche, hormis James Gray (<strong>Paper Tiger</strong>) dont la présence serait attendue dans les compléments de sélection, certains cinéastes manquent à l&rsquo;appel : Albert Serra (<strong>Out of this world,</strong> au beau titre inspiré par The Cure, avec Riley Keough, remplaçant Kristen Stewart), Kantemir Balagov (<strong>Butterfly Jam</strong>), Werner Herzog (<strong>Bucking Fastard</strong>, avec les soeurs Mara), David Robert Mitchell (<strong>The End of Oak Street</strong>, avec Anne Hathaway et Ewan MacGregor), Joel Coen (<strong>Jack of Spades</strong>), Kirill Serebrennikov (<strong>Après</strong>, avec un casting principalement français), Nanni Moretti (<strong>It will happen tonight</strong>, avec Louis Garrel, Jasmine Trinca), Bruno Dumont (<strong>Les Roches rouges</strong>), Radu Jude (<strong>Journal d&rsquo;une femme de chambre</strong>), etc. Si certains pourront trouver refuge cannois à la Quinzaine des Cinéastes (peut-être Serra, Balagov, Serebrennikov, Dumont, Jude), d&rsquo;autres choisiront sans doute l&rsquo;option Venise (Herzog, Moretti, Mitchell, Coen), à moins que Frémaux n&rsquo;en rattrape in extremis certains dans ses fameux compléments de sélection. Quoi qu&rsquo;il en soit, deux absents de marque ont probablement décidé de retrouver la Croisette pour le 80ème Festival dans un choc hors du commun : Terrence Malick qui achèvera peut-être son projet serpent de mer sur la vie du Christ (<strong>The Way of the Wind</strong>) versus Ruben Östlund qui est reparti peaufiner le montage de <strong>The Entertainment System is down</strong>, avec Keanu Reeves et Kirsten Dunst, pour essayer d&rsquo;obtenir une troisième Palme d&rsquo;or, ce qui représenterait un record inégalé dans l&rsquo;histoire du Festival.</p>



<p>D&rsquo;après certains commentaires que Thierry Frémaux a laissé échapper lors de la conférence de presse, Javier Bardem ferait une performance d&rsquo;acteur monumentale dans <strong>L&rsquo;Etre aimé</strong> de Rodrigo Sorogoyen, tandis que Lukas Dhont (<strong>Coward</strong>) et les réalisateurs de <strong>La Bola Negra</strong> se signaleraient particulièrement par leur mise en scène. De là à ce qu&rsquo;ils obtiennent les prix correspondants&#8230;On peut aussi remarquer la longueur impressionnante de <strong>Soudain </strong>de Ryusuke Hamaguchi, 3h16 qui laisse augurer d&rsquo;un beau et immersif voyage cinématographique. Il est possible aussi de remarquer que, hormis l&rsquo;Almodóvar qui sortira le 20 mai et le Kore-eda qui reste fidèle à son sacro-saint mois de décembre, certains films ont déjà leur date de sortie en France calée entre août et octobre 2026 : <strong>Soudain</strong>, <strong>L&rsquo;Inconnue</strong>, <strong>Fjord</strong>, <strong>Histoires de la nuit</strong>, <strong>Moulin</strong>, <strong>Minotaure</strong>. Auto-satisfaction un peu précoce ou prévision raisonnable de possibles récompenses?</p>



<p><strong>L&rsquo;Histoire, la fiction, la vie en groupe</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1600" height="1067" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/e7153314ec9e9d81776555905875e7f8-1.webp" alt="" class="wp-image-51318" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/e7153314ec9e9d81776555905875e7f8-1.webp 1600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/e7153314ec9e9d81776555905875e7f8-1-300x200.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/e7153314ec9e9d81776555905875e7f8-1-1024x683.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/e7153314ec9e9d81776555905875e7f8-1-768x512.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/e7153314ec9e9d81776555905875e7f8-1-1536x1024.webp 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/e7153314ec9e9d81776555905875e7f8-1-360x240.webp 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/e7153314ec9e9d81776555905875e7f8-1-720x480.webp 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/e7153314ec9e9d81776555905875e7f8-1-770x513.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/e7153314ec9e9d81776555905875e7f8-1-1400x934.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/e7153314ec9e9d81776555905875e7f8-1-1320x880.webp 1320w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /></figure>



<p></p>



<p>Trois thématiques semblent se partager assez équitablement les films de cette compétition : la fiction à travers des comparaisons entre fiction et réalité ou des histoires de cinéma (<strong>Autofiction </strong>de Pedro Almodovar, <strong>Histoires parallèles</strong> d&rsquo;Asghar Farhadi, <strong>La Vie d&rsquo;une femme</strong> de Charline Bourgeois-Tacquet, <strong>Garance </strong>de Jeanne Herry, <strong>L&rsquo;Etre aimé </strong>de Rodrigo Sorogoyen, <strong>L&rsquo;Inconnue</strong> d&rsquo;Arthur Harari) ; l&rsquo;Histoire sur différentes périodes, avec un focus particulier sur la Seconde Guerre Mondiale (<strong>Notre Salut </strong>d&rsquo;Emmanuel Marre, <strong>Moulin </strong>de Laszlo Némès, <strong>La Bola Negra </strong>de Javier Calvo et Javier Ambrossi, <strong>Fatherland </strong>de Pawel Pawlikowski, <strong>Coward </strong>de Lukas Dhont, <strong>The Man I love </strong>d&rsquo;Ira Sachs), la vie en groupe, de couple ou de famille (<strong>Soudain </strong>de Ryusuke Hamaguchi, <strong>Gentle</strong> <strong>monster </strong>de Marie Kreutzer, <strong>Fjord </strong>de Cristian Mungiu, <strong>Histoires de la nuit </strong>de Léa Mysius, <strong>Minotaure </strong>de Andrey Zviaguintsev, <strong>Hope </strong>de Na Hong-Jin, <strong>Sheep in the box</strong> de Hirokazu Kore-eda, <strong>Quelques jours à Nagi </strong>de Koji Fukada, <strong>L&rsquo;Aventure rêvée</strong> de Valeska Grisebach). A travers ces trois thématiques, cette édition du Festival de Cannes compte bien radiographier, pour paraphraser Quentin Dupieux dans <strong><a href="https://movierama.fr/fumer-fait-tousser-changement-depoque-en-cours/">Fumer fait tousser</a></strong>, ce « <em>changement d&rsquo;époque en cours</em> », que nous vivons tous actuellement. Un changement de génération mais aussi d&rsquo;époque tout court, dont ce Festival se fera le témoin.</p>



<p></p>



<p></p>



<p><strong>COMPÉTITION</strong><br><strong>12 au 23 Mai 2026</strong></p>



<p>Film d’Ouverture :<br>LA VÉNUS ÉLECTRIQUE Pierre SALVADORI Hors Compétition</p>



<p>AMARGA NAVIDAD Pedro ALMODÓVAR<br>HISTOIRES PARALLÈLES Asghar FARHADI<br>LA VIE D&rsquo;UNE FEMME Charline BOURGEOIS-TACQUET<br>LA BOLA NEGRA Javier CALVO et Javier AMBROSSI<br>COWARD Lukas DHONT<br>DAS GETRÄUMTE ABENTEUER Valeska GRISEBACH<br>SOUDAIN HAMAGUCHI Ryusuke<br>L&rsquo;INCONNUE Arthur HARARI<br>GARANCE Jeanne HERRY<br>SHEEP IN THE BOX KORE-EDA Hirokazu<br>HOPE NA Hong-jin<br>NAGI NOTES FUKADA Koji<br>(QUELQUES JOURS À NAGI)<br>GENTLE MONSTER Marie KREUTZER<br>NOTRE SALUT Emmanuel MARRE<br>FJORD Cristian MUNGIU<br>HISTOIRES DE LA NUIT Léa MYSIUS<br>MOULIN László NEMES<br>FATHERLAND Pawel PAWLIKOWSKI<br>THE MAN I LOVE Ira SACHS</p>



<p>EL SER QUERIDO Rodrigo SOROGOYEN</p>



<p>MINOTAURE Andrey ZVYAGINTSEV</p>



<p></p>
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		<title>Silent friend : la vie secrète des plantes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 12:32:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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		<category><![CDATA[FESTIVALS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Singulière, telle est Idliko Enyedi, cinéaste hongroise. C&#8217;était déjà le cas dès sa première apparition à Cannes, avec Mon XXème siècle, film lumineux, dense et expérimental, qui lui a permis de remporter la Caméra d&#8217;or en 1989. Après ce coup d&#8217;éclat, la carrière de Idliko Enyedi connut beaucoup d&#8217;éclipses, certains de ses films n&#8217;étant même pas distribués en France, ce qui rendait l&#8217;analyse de son oeuvre particulièrement difficile et hachée. Il a fallu attendre février 2017 pour la voir renaître [&#8230;]</p>
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<p>Singulière, telle est Idliko Enyedi, cinéaste hongroise. C&rsquo;était déjà le cas dès sa première apparition à Cannes, avec <strong>Mon XXème siècle</strong>, film lumineux, dense et expérimental, qui lui a permis de remporter la Caméra d&rsquo;or en 1989. Après ce coup d&rsquo;éclat, la carrière de Idliko Enyedi connut beaucoup d&rsquo;éclipses, certains de ses films n&rsquo;étant même pas distribués en France, ce qui rendait l&rsquo;analyse de son oeuvre particulièrement difficile et hachée. Il a fallu attendre février 2017 pour la voir renaître définitivement de ses cendres avec le très beau <strong>Corps et âme</strong>, Ours d&rsquo;or au Festival de Berlin. Si <strong>L&rsquo;Histoire de ma femme</strong> présenté en 2021 à Cannes a un peu déçu par son trop grand classicisme romanesque et reste certainement à redécouvrir, <strong>Silent Friend</strong>, un des favoris de la Mostra 2025, parait être le parfait écrin pour la résurrection d&rsquo;Ildliko Enyedi l&rsquo;expérimentatrice. </p>



<p>Dans un jardin botanique, un arbre veille et observe, témoin patient des siècles. .En 1908, il suit Grete, une étudiante surdouée qui lutte pour exister dans un milieu qui l’ignore. Dans les années 70, il voit Hannes, un autre étudiant, s’éveiller à l’amour et au monde des plantes. Aujourd’hui, le vieil arbre parle avec Tony, un neurobiologiste hong-kongais, dans son langage secret. Autour de lui, certains se cherchent, d’autres se rencontrent. Lui demeure, ami silencieux, dans un temps plus vaste que le leur.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Silent Friend</strong> d&rsquo;Idliko Enyedi n&rsquo;est pas toujours parfaitement compréhensible car jouant souvent de l&rsquo;ellipse et l&rsquo;allégorie, mais il demeure de bout en bout fascinant, se prêtant à de multiples visionnages.</p>
</blockquote>



<p>Avec <strong>Silent Friend</strong>, Idliko Enyedi retrouve la nature expérimentale de son travail, en superposant trois histoires se passant à des périodes historiques différentes, dans le même lieu, le jardin botanique de l&rsquo;université de Marburg. A Cannes, l&rsquo;année dernière, on se souvient que de manière assez similaire, Mascha Schilinski avait conjugué dans <a href="https://movierama.fr/les-echos-du-passe-une-narration-semblable-a-une-maison-abritant-des-vies-feminines"><strong>Les Echos du passé</strong> </a>(<strong>Sound of falling</strong>) quatre histoires de jeunes filles vivant dans la même ferme isolée de l&rsquo;Altmark en Allemagne, en brassant des thématiques autour de la mort, la mutilation et du harcèlement. Pour Enyedi, les thématiques sont différentes mais le procédé est similaire. Tout d&rsquo;abord, en 1908, Grete (Luna Wedler), étudiante surdouée, avide de savoir, est la première femme admise pour étudier à l&rsquo;Université de Marburg. Pendant qu&rsquo;elle tente de s&rsquo;imposer dans ce monde d&rsquo;hommes, elle se découvre une passion pour la photographie. Bien des années plus tard, en 1972, l&rsquo;étudiant Hannes (Enzo Brumm) s&rsquo;éprend d&rsquo;une jolie camarade qui mène alors une expérience ambitieuse sur un géranium. Lorsqu&rsquo;elle part en voyage, il s&rsquo;occupe de son domicile et par conséquent de la plante. Enfin en 2020, le neuroscientifique Tony Wong (Tony Leung) quitte son Hong-Kong natal pour se rendre à Marburg afin d&rsquo;y donner une conférence sur les capacités neurologiques des jeunes enfants. Mais la pandémie de coronavirus éclate, et il se retrouve coincé seul avec le concierge sur le campus universitaire désert. Lorsqu&rsquo;il tombe sur Internet sur un projet de recherche de la biologiste Alice (Léa Séydoux), il décide d&rsquo;appliquer ses concepts issus des neurosciences au ginkgo du jardin botanique de l&rsquo;université : la plante peut-elle éprouver des sentiments?</p>



<p>Par conséquent, avec cette oeuvre très dense, Enyedi aborde foultitude de thématiques, en traitant en parallèle et en comparant diverses histoires se passant dans le même lieu : la vie, l&rsquo;âme et la sensibilité des plantes, l&rsquo;affranchissement intellectuel des femmes, la solitude, le rejet et le manque de communication. Le festin proposé est très riche, presque trop, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;Enyedi prend royalement son temps dans l&rsquo;exposition de ses trois histoires, en les présentant dans le détail. Certains peuvent aisément décrocher, en particulier s&rsquo;ils ne sont pas rôdés au film d&rsquo;auteur. Pourtant, une fois les trois intrigues lancées, l&rsquo;entrecroisement des trois finit par former un enchevêtrement particulièrement jouissif de fictions. La perspective historique permet de comparer les difficultés rencontrées par Grete au début du vingtième siècle et l&rsquo;épanouissement d&rsquo;Alice un siècle plus tard, ou encore le déficit de communication lié à la période du Covid et le bouillonnement d&rsquo;idées et de rencontres dans les années 70, voire la persistance d&rsquo;un questionnement sur l&rsquo;âme des plantes. </p>



<p>Pour ce faire, Enyedi mélange joyeusement noir et blanc léché, 16mm granuleux et images numériques, en réconciliant passé et futur du cinéma. Le film ne fonctionne pas comme un suspense narratif mais comme une sorte de méditation poético-lyrique sur la perception du monde, humain et extra-humain. Certes le film ne nous captiverait pas par une certaine magie visuelle, si Enyedi ne multipliait pas les plans à effets : plongées zénithales, contrastes entre infiniment petit et infiniment grand, jeu subtil sur le décalage de la mise au point, visions abstraites très colorées au microscope. Donc la séduction du film passe par une certaine fascination exercée par cette diversité presque infinie de plans qui nous permet d&rsquo;envisager une certaine globalité de l&rsquo;univers, à travers des points de vue très opposés.</p>



<p>De plus, le film manifeste un humour certain à travers ses échanges dialogués, même si à l&rsquo;arrivée, l&rsquo;incompréhension et le manque de communication entre humains prédomine. Ce qui permet à Enyedi de se reporter vers une autre forme de communication, infra-humaine, avec des végétaux, comme espoir suprême de connexion entre des formes différentes de présence au monde. Les plans les plus impressionnants allant dans ce sens figurent dans la partie contemporaine du film, où, par moments, des visions colorées semblent faire fusionner l&rsquo;humain et le végétal, dans une conscience augmentée du monde. </p>



<p>Par conséquent, <strong>Silent Friend</strong> d&rsquo;Idliko Enyedi n&rsquo;est pas toujours parfaitement compréhensible car jouant souvent à fond de l&rsquo;ellipse et l&rsquo;allégorie, mais il demeure de bout en bout fascinant, se prêtant à de multiples visionnages.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATRICE :</strong> Idliko Enyedi <br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  hongroise <br><strong>GENRE </strong>: drame <br><strong>AVEC : </strong> Tony Leung Chiu-Wai, Léa Seydoux, Luna Wedler<br><strong>DURÉE : </strong> 2h27 <br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>KMBO <br><strong>SORTIE LE </strong>1er avril 2026 </pre>
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		<title>Nuestra Tierra : colonoscopie d&#8217;un pays</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Pouteau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 09:18:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme une voix qui monterait du sol pour fissurer le ciel, le cinéma de Lucrecia Martel a toujours travaillé les surfaces pour en révéler les failles. De La Ciénaga, où la torpeur domestique contaminait tout un ordre social, à Zama, méditation sur la colonisation et l’attente, la cinéaste argentine filme les hiérarchies par décalages, par frôlements, par troubles sonores. Avec Nuestra Tierra, son premier documentaire — projet au long cours mené auprès de la communauté Chuschagasta — elle déplace son [&#8230;]</p>
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<p>Comme une voix qui monterait du sol pour fissurer le ciel, le cinéma de <strong>Lucrecia Martel</strong> a toujours travaillé les surfaces pour en révéler les failles. De <strong>La Ciénaga</strong>, où la torpeur domestique contaminait tout un ordre social, à <strong><a href="https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=221314.html">Zama</a></strong>, méditation sur la colonisation et l’attente, la cinéaste argentine filme les hiérarchies par décalages, par frôlements, par troubles sonores. Avec <strong>Nuestra Tierra</strong>, son premier documentaire — projet au long cours mené auprès de la communauté Chuschagasta — elle déplace son geste vers le réel sans renoncer à sa grammaire. Ici, ce ne sont plus des personnages fictifs qui révèlent les failles d’un système ; ce sont des corps, des voix et un territoire bien concrets qui mettent à nu l’histoire encore active d’une dépossession.<br></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="600" height="338" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/03/600x-13f60f25-1434-NT-still-004.jpeg" alt="" class="wp-image-50638" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/03/600x-13f60f25-1434-NT-still-004.jpeg 600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/03/600x-13f60f25-1434-NT-still-004-300x169.jpeg 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Météore Films</figcaption></figure>
</div>


<p>Le film s’ouvre très haut. La caméra surplombe la terre, en épouse les lignes et les parcelles géométriques, tandis qu’un chant religieux s’élève. Le geste pourrait sembler dominateur ; il est plutôt déconcertant. En s’éloignant des corps et des affects, Martel suspend l’évidence même de la propriété. Vue du ciel, la terre n’apparaît plus comme un bien à posséder mais comme une étendue continue, où les frontières se réduisent à de fragiles tracés. Le surplomb n’entérine pas la possession : il en révèle la fiction. La formule de Proudhon — « <em>La propriété, c’est le vol</em> » — affleure alors, mais déplacée.  Le vol n’est plus seulement celui du larcin travesti en droit ; il devient aussi le vol au sens littéral : celui de l’oiseau qui traverse les terres sans connaître leurs limites, celui du drone qui permet une élévation salutaire, embrassant la complexité d&rsquo;une géographie et structurant une partie des plans de<strong> Nuestra Tierra</strong>. Marqué par un imaginaire militaire, outil de surveillance et de contrôle, il est ici retourné contre ceux qui l’ont inventé. Ce qui servait à surveiller devient instrument de dévoilement. Une bataille des images se joue — et, avec elle, une bataille des outils. Martel s’empare de cette technologie pour cartographier, pour rendre lisible une organisation spatiale invisible depuis le sol. Elle utilise l’œil du pouvoir pour exposer les lignes de force qu’il a lui-même tracées artificiellement. Une fois cette donnée posée — jusqu’à ce plan d’un cheval dans les prés — le dispositif se fait plus descriptif que dialectique. La puissance du film se déplace alors ailleurs : dans la proximité des corps, dans les visages filmés de biais, dans cette manière très martelienne de laisser le cadre respirer autour des tensions.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Filmer de biais, filmer les marges plutôt que le centre, détourner les outils du pouvoir pour les retourner contre lui : autant de gestes qui obligent l’Argentine à se regarder autrement.</p>
</blockquote>



<p>Le documentaire s’articule autour du meurtre de Javier Chocobar, leader indigène abattu lors d’un conflit territorial : un pistolet face à des pierres et des bâtons, des individus face à une communauté. Une partie de l’affrontement a été filmée, mais il manque l’image décisive — celle de l’instant exact de l’assassinat. Il reste un trou dans la preuve. Martel s’empare de cette absence, laissant ce vide résonner comme un héritage : ce qui manque devient signe, indice, mémoire à reconstituer.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="600" height="338" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/03/600x-13f60f00-1432-NT-still-002.jpeg" alt="" class="wp-image-50639" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/03/600x-13f60f00-1432-NT-still-002.jpeg 600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/03/600x-13f60f00-1432-NT-still-002-300x169.jpeg 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Météore Films</figcaption></figure>
</div>


<p>En descendant du ciel vers le sol, de l’espace ouvert aux salles d’audience, Martel déplace le regard vers les arcanes du pouvoir. Le huis clos du tribunal devient un théâtre social. Même la reconstitution des faits, sur les lieux du crime, prend des allures de performance : les accusés y évoluent avec assurance, maîtrisant les codes, les postures, la parole. À l’inverse, les membres de la communauté indigène semblent déplacés dans cet espace pourtant censé incarner l’universalité républicaine. Le contraste est net : la justice apparaît comme le langage des dominants, et la caméra en enregistre patiemment l’asymétrie.</p>



<p>Ce déséquilibre affleure déjà dans la scène matricielle du conflit. Tandis que trois hommes viennent évaluer les possibilités d’extraction minière, des membres de la communauté Chuschagasta les photographient. La tension monte, et une phrase claque : « <em>À quoi ça leur sert ? Personne ne les écoute au tribunal. </em>» Elle est prononcée avant même le procès, comme une intuition tragique. La justice est perçue d’emblée comme une scène où certains disposent de la parole et d’autres non.</p>



<p>Martel prolonge ce geste politique par un léger déplacement du regard : elle filme aussi les travailleurs invisibles du tribunal — agents d’entretien, serveurs de café —, ceux qui circulent aux marges de l’institution. Le pouvoir demeure au centre ; la caméra, elle, observe ses périphéries.</p>



<p>Par le montage, Martel fissure l’autorité judiciaire : champs et contrechamps ne coïncident pas toujours, les regards semblent se répondre hors du temps. La vérité n’est plus un bloc, mais une construction fragile. « <em>L’Histoire mentira, comme toujours</em> », cite un journaliste. Le film devient lutte entre récit officiel et mémoire vivante. Car <strong>Nuestra Tierra</strong> est aussi un film d’archives : photos, vidéos familiales, chants, voix-off qui réactivent une lignée de coupeurs de canne à sucre. Face à l’effacement, la communauté produit son propre récit.&nbsp;<br></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="600" height="338" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/03/600x-13f60f11-1433-NT-still-003.jpeg" alt="" class="wp-image-50640" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/03/600x-13f60f11-1433-NT-still-003.jpeg 600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/03/600x-13f60f11-1433-NT-still-003-300x169.jpeg 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Météore Films</figcaption></figure>
</div>


<p>Le carton final, annonçant la libération anticipée des condamnés deux ans après leur peine, laisse une impression sourde : la justice a parlé, le système demeure. </p>



<p>Dans le paysage documentaire contemporain, Lucrecia Martel refuse la démonstration et lui préfère la sensation, le décalage, la fragmentation. Ce sont les plans obliques et les légers déphasages sonores — notifications de SMS, téléphones qui vibrent, interférences techniques — qui fissurent véritablement l’autorité des scènes. Ces intrusions troublent la solennité judiciaire, rappellent que le présent s’infiltre partout, que la vérité n’est jamais isolée du monde qui la traverse. <strong>Nuestra Tierra</strong> n’explique pas : il met à l’épreuve la possibilité de dire « nous » lorsqu’une terre, avant d’être partagée, a d’abord été prise. Faire communauté ne suffit pas ; il s’agit d&rsquo;un au-delà, de faire pays — et, plus encore, de faire humanité — à partir d’une histoire de dépossession. Le film agit alors comme une exploration interne : une colonoscopie d’un pays qui examine ses propres conduits juridiques, ses réflexes institutionnels, ses zones d’ombre.</p>



<p>Filmer de biais, filmer les marges plutôt que le centre, détourner les outils du pouvoir pour les retourner contre lui : autant de gestes qui obligent l’Argentine à se regarder autrement. Non plus comme un territoire aux frontières tracées, mais comme une histoire encore en cours d’écriture.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATRICE :</strong> Lucrecia Martel<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> argentine<br><strong>GENRE </strong>: documentaire<br><strong>DURÉE : </strong>1h59<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Météore Films<br><strong>SORTIE LE </strong>1er avril 2026</pre>
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