La Vénus électrique (Salvadori, 2026).
Le dernier Salvadori que j’ai vu devait être son pénultième, En liberté, 2018 déjà, déjà avec Pio Marmaï. Quoique ses héros gravitent dans le monde de la peinture, artiste, modèle, muse, galeriste, cette Vénus a un rendu plastique plutôt moche, reconstitution Années folles qui fait penser très fort à Amélie Poulain. Qu’importe, la patte Salvadori est bien là, humour drôle, dialogues bien balancés et scénario très écrit, lequel tisse avec habileté une nouvelle variation sur le thème de prédilection du réalisateur — le mensonge, AKA la vie rêvée. Je dis, très écrit, au fond j’ai trouvé ça un poil mécanique, et que ça manquait d’un brin de folie pour vraiment emporter — par ailleurs, 2 heures, c’est 20 minutes de trop, à mon avis. Anaïs Demoustier est top, on est toujours content de voir Vimala Pons — du reste l’une et l’autre ont échangé leurs couleurs de cheveux habituelles, c’est amusant —, et Gilles Lellouche n’est pas insupportable. Enfin, la BO est assez relou mais Venus, classique pop sixties des Hollandais Shocking Blue, au générique de fin, c’est sympa.
Dao (Gomis, 2026).
En illustration. Portraits de l’héroïne quinqua et de sa famille, montage parallèle entre petit a, une cérémonie rituelle à la mémoire de son père en Guinée-Bissau — pays déjà à l’affiche dans le récent Rire et le Couteau, ce me semble —, et petit b, le mariage de sa fille en France. Contrairement à son affiche qui de loin ressemble à celle d’un polar seventies à la noix, Ford Mustang incluse — c’est la bagnole des mariés —, le film est une splendeur visuelle à chaque plan, et sa forme façon faux documentaire convainc. Réflexions sur la famille, le déracinement, le choc des cultures européenne et africaine, le patriarcat, les traditions, c’est riche. Le film est très long, 3 heures quand même, ça fait partie de l’expérience, qui confine à l’ivresse voire l’hypnose. Le moins réussi se trouve peut-être lors des scènes — je pense à celles avec Thomas Ngijol et Samir Guesmi — qui font un peu impro de comédiens sur indications minimales, du style, vous faites votre coming out de but en blanc, ou bien, vous étiez amants, vous vous retrouvez vingt ans après, ça tourne, à vous de jouer.


