Écoutèze. Telle est l’imitation de Jacques Chirac à laquelle un éminent contact aime se livrer, et que la fin du film a rappelée à mon souvenir — plus que Don’t Talk (Put Your Head on My Shoulder) des Beach Boys. Veuillez m’excuser d’être aussi cryptique, mais vous irez bien voir le film, et comprendrez alors mes fines allusions. Ce que je veux dire, c’est que j’ai balancé entre deux états. Petit a, être comme un gosse devant l’entrain et la virtuosité de certaines scènes — tout le début, où l’on ne comprend pas encore bien de quoi il retourne, est une course-poursuite géante qui ne laisse pas de répit au spectateur. Petit b, malgré le talent des comédiens, ressentir une lassitude crescendo devant les gros effets sentimentaux et la niaiserie mystico-pétée de ce qui nous est raconté. Spielberg quoi. Deux heures et demie de film et des millions de dollars engloutis pour nous annoncer, par l’intermédiaire des proverbiaux petits hommes verts, qu’il faut aimer son prochain, chapeau l’artiste.
Deux mots pour conclure au sujet de ces petits hommes verts mystico-pétés. Le récit nous soumet ce questionnement ridicule, je cite, la foi en Dieu peut-elle s’accommoder de la connaissance de leur existence. Heureusement, petit a, on n’a pas le temps pour ces sottises, vu qu’on a un truc pire que la CIA et le FBI réunis aux fesses. Petit b, ça tombe bien, il y a justement là une aimable bonne sœur qui se fera un plaisir de donner la réponse à la question vite fait bien fait. Bref, la traduction VF de son titre révélerait — astuce — la teneur cul-bénit de la chose, dont les défenseurs rétorqueront sans doute que c’est le merveilleux plus que le religieux qui intéresse Spielberg. Cependant, tout ça rappelle à mon souvenir les critiques formulées à l’endroit de son plus fameux continuateur — je veux parler de Shyamalan, à qui certains reprochèrent parfois que ses thématiques sur la croyance donnassent du grain à moudre aux pires complotistes. Que diront-ils ici.


