Une année italienne : un hymne à la jeunesse

Le film était sélectionné dans la catégorie Cannes Écrans Juniors au Festival de Cannes 2026 – sélection de longs métrages internationaux qui présentent un intérêt particulier pour des jeunes à partir de treize ans car ils développent des thématiques ou mettent en scène des univers susceptibles de les confronter au monde et aux autres cultures, tout en leur faisant découvrir l’art cinématographique. En outre, Laura Samani obtient le prix de la meilleure réalisatrice de moins de 40 ans et celui de la Lanterne Magique à la Mostra de Venise de la même année, sans parler des acteurs eux-mêmes qui raflent à eux seuls le prix Horizon du meilleur acteur pour Giacomo Covi et celui des meilleurs jeunes acteurs pour les trois protagonistes du film réunis. Une pluie de récompenses bien méritée donc. Car le talent des jeunes acteurs du film mérite d’être signalé en même temps qu’une façon de mettre en scène ses personnages de façon souple et dynamique à la fois de la part de sa réalisatrice. Les évènements se déroulent en 2007 : autant dire que Laura Samani se sera servi de ses propres 18 ans – puisqu’elle est née en 1989 – à cette époque pour imaginer et décrire celle des protagonistes du film qui aura donc une part autobiographique, même si indirecte.

Ce qui le confirme c’est que la scène se situe à Trieste, ville de naissance de la réalisatrice : la jeune Fred y emménage, venant de Suède, avec son père qui y est muté dans le cadre de son travail pour effectuer un dégraissage de l’entreprise du coin. Elle fait sa rentrée au lycée technique de la ville où elle est la seule fille de sa classe. Tout de suite l’esprit macho et sexiste des élèves du lycée fait son office et les remarques déplacées ne manquent pas de voler à l’encontre de la jeune fille. Celle-ci fait front et s’en moque mais se retrouve bien isolée dans ce contexte. Pas pour longtemps cependant car elle fait la connaissance de trois garçons, sérieux à l’école mais fêtards qui la prennent sous leur aile. La métamorphose de Fred est délicieusement rendue par le jeu de l’actrice mais aussi par le scénario qui la met en situation de se retrouver avec ses nouveaux amis dans le monde de la nuit et de l’alcool et éventuellement des drogues qui participent des expériences de la jeunesse. Le film nous pousse à voir les choses du point de vue de Fred et nous ressentons le plaisir qu’elle prend à partager ces moments précieux avec ses nouveaux amis.

Une atmosphère de fête ininterrompue alterne avec des moments de gravité vite surmontés pour laisser place à la camaraderie des jeunes gens.

Progressivement une relation de plus en plus intime se fait jour entre elle et les garçons et les fêlures se font jour comme le personnage de Pasini le laisse entrevoir, lui qui a perdu son frère encore très jeune il n’y a pas si longtemps, qui rêve de quitter Trieste pour voyager en vespa jusqu’à Istanbul. Pas une seule fois nous ne soupçonnons l’un des trois garçons de ressentir du désir pour Fred, une fois les allusions pour rire faites à son physique dépassées, car elle semble intégrée au groupe au même titre qu’un garçon. L’union des quatre protagonistes entre eux est délicieusement rendue jusqu’à la complicité la plus parfaite. Mais Fred reste une fille et une belle fille qui ne peut manquer de laisser indifférent. La question se posant alors du risque qu’elle encourt de faire dérailler le groupe comme un grain de sable dans la mécanique bien huilée de celui-ci. En effet, une relation toute en tendresse semble l’unir de façon plus particulière à Antero, le beau gosse romantique et peut-être plus intellectuel et sensible que les autres. Même si cela semble n’avoir rien tout d’abord que d’un flirt sans conséquences sérieuses.

Le tout se joue sur fond d’année de transition : les personnages sont à un âge fatidique entre l’adolescence et l’âge d’homme et vivent leur dernière année au lycée avant de s’éparpiller dans les diverses universités du pays selon le choix qu’ils auront fait. Et le film s’imprègne d’un certain sentiment de nostalgie au su de cette donnée. Dépassé par le renouveau qui les attend à l’aube d’une vie nouvelle pleine de promesses. Une atmosphère de fête ininterrompue alterne avec des moments de gravité vite surmontés pour laisser place à la camaraderie des jeunes gens. Et c’est cet esprit rafraîchissant qui imprègne tout le film du début à sa fin, rendant le propos doux-amer. Une ode à la jeunesse et à la vie !

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RÉALISATEUR : Laura Samani
NATIONALITÉ : Italie, France
GENRE : Drame
AVEC : Stella Wendick, Giacomo Covi, Pietro Giustolisi
DURÉE : 1h42
DISTRIBUTEUR : Arizona Distribution
SORTIE LE 10 juin 2026