Habitué du mélange des genres, le cinéaste Michel Leclerc s’attaque à la réinvention historique avec sa dernière réalisation, Les Caprices de l’enfant roi. S’inscrivant dans la lignée de classiques comme La Folie des Grandeurs de Gérard Oury, le film fait le pari de brasser les registres et de faire dialoguer les époques, entre fidélité et création. Lettre d’amour aux planches, Les Caprices de l’enfant roi rappelle ce que le cinéma partage ardemment avec le théâtre : le pouvoir de nous changer. Un honnête et lumineux divertissement estival.
1651. Louis (XIV) est un jeune adolescent. Alors que la Fronde menace, sa mère Anne d’Autriche décide d’exfiltrer son fils pour le mettre à l’abri et le remplace par un sosie. Louis est confié par D’Artagnan à Cyrano de Bergerac qui le cache au sein de la troupe de théâtre de Madeleine Béjart et Molière. Ainsi débute une véritable aventure humaine.
Ce qui est certain, c’est que Michel Leclerc ne s’émeut pas de prendre des libertés avec l’Histoire. Il convoque les figures du milieu du XVIIᵉ siècle, à commencer par Cyrano et un jeune Roi Soleil, sans se soucier qu’ils soient fictionnels ou non. Le mot d’ordre tient en une courte phrase : le plaisir d’imaginer. Loin d’être avare en intrigue, le film mêle les registres, passant de la comédie au drame, de la cape et épée aux péripéties politiques, le tout sur fond de récit initiatique. Une liberté qui insuffle une belle énergie au film, certes un peu dense, mais toujours empreint d’une forme de légèreté. Si on est assez vite conquis par le duo Niels Hamel-Brochen en double roi et Artus en Cyrano de Bergerac, on apprécie d’autant plus que le film soigne l’ensemble de ses personnages : il peut notamment compter sur le talent de Julia Platon en Madeleine Béjart, de Doria Tillier en Anne d’Autriche, et Suzanne de Baecque, impeccable dans son rôle de conspiratrice.
Les Caprices de l’enfant roi n’a rien d’un caprice de Michel Leclerc : s’il joue avec le feu en mariant les registres et tons, il parvient néanmoins à faire son petit bout de chemin avec malice et sincérité
Au milieu de tout ça, loin de son monde doré et artificiel, le jeune Roi Soleil apprend au plus près de son peuple. Au contact d’artistes, il se découvre de nouvelles facettes, et façonne déjà son goût pour les arts. Si le fond est plutôt réussi, on regrette néanmoins que le film tire autant en longueur et souffre d’un rythme inégal. Des coups aux répliques, le tempo est essentiel dans un film de cape et épée. Ici, c’est surtout la réalisation qui pêche : elle peine terriblement à restituer l’intensité des combats. Dommage, quand décors et costumes sont pourtant convaincants. Les Caprices de l’enfant roi n’a rien d’un caprice de Michel Leclerc : s’il joue avec le feu en mariant les registres et tons, il parvient néanmoins à faire son petit bout de chemin avec malice et sincérité. Le jeune roi s’amuse, et nous avec.
RÉALISATEUR : Michel Leclerc
NATIONALITÉ : France
GENRE : Comédie dramatique
AVEC : Artus, Julia Piaton, Nemo Schiffman, Niels Hamel-Brochen
DURÉE : 1h54
DISTRIBUTEUR : Le Pacte
SORTIE LE 24 juin 2026


