Les Chroniques de Poulet Pou : retour sur Les Roches rouges de Bruno Dumont. Bizarre Love Triangle

Bizarre Love Triangle. Dumont et moi, ça ne fait en général pas grand-chose. Mais j’avais bien aimé France, et foin de la politique des auteurs, allons voir les films bon sang. Résultat, autant le dire tout de suite, je n’ai pas été convaincu, cependant la personne chère à mon cœur si. Allons voir les films à deux, intéressantes discussions après. Revenons à notre accroche, Dumont a choisi pour héros un petit gars dont la bouille évoque vaguement celle de Barney Sumner, mais affligé de tics faciaux. Se pose la question de savoir si le regard est surplombant, ou affectueux, ou les deux. Mon sentiment est que n’est pas Tod Browning qui veut. Premier problème. Deuxième problème — revenons à notre accroche —, l’intrigue, qui n’est pas de l’âge de ses interprètes, et pour laquelle il y a zéro suspension d’incrédulité de la part du spectateur. C’est fait exprès, tout est fabriqué par le montage (et les effets spéciaux), et j’adhère en théorie, mais en pratique, boring, rather. Car une fois qu’ont été vus, petit a, les plans façon train électrique du paysage où évolueront les gosses, et petit b, ceux façon Tout l’univers de leurs visages, l’expérimentation à laquelle se livre Dumont m’a paru longuette. Pas comme dans, petit a, Le Garçu de Maurice Pialat, où c’était les adultes qui prenaient en charge le récit, le gamin trouant celui-ci de part en part par sa présence autre — un acteur qui ne joue pas, mais joue tout le temps, vous voyez. Ni comme dans, petit b, Récréations de Claire Simon, où tout venait des enfants, sans triturations artificielles d’un démiurge désireux de se démunir.