Après que l’équipe de Godzilla Minus One a remporté l’Oscar des meilleurs effets visuels en 2024, il ne pouvait se passer que très peu de temps avant qu’une suite ne soit mise en chantier. Ce fut fait assez rapidement puisque en voici déjà le résultat, Godzilla Minus Zero, reprenant beaucoup de personnages de l’opus précédent, sous la houlette du même réalisateur, Takashi Yamazaki. On ne change pas une équipe qui gagne, selon le dicton bien connu. Godzilla Minus Zero est ainsi donc une suite qui s’inscrit véritablement dans la continuité du précédent, à force de flash-backs et de direction artistique similaire et impressionnante.
En 1949, deux ans après la défaite de Godzilla et après que ses restes ont été engloutis dans la baie de Sagami, le Japon d’après-guerre peine toujours à se reconstruire après les ravages du conflit et les précédentes attaques du monstre. Kōichi Shikishima, ancien pilote kamikaze, a épousé Noriko, qui a survécu à l’attaque du monstre sur Ginza avec une résistance hors du commun. Ensemble, ils élèvent leur fille adoptive Akiko, avec le soutien de leur voisine Sumiko Ōta, qui dirige désormais un orphelinat. Kenji Noda, aujourd’hui directeur du Bureau gouvernemental de gestion des catastrophes à grande échelle, travaille avec d’anciens collègues, notamment le jeune membre d’équipage Shirō Mizushima, le capitaine de navire Seiji Akitsu et l’ancien commandant de destroyer Tatsuo Hotta, ainsi qu’avec de nouveaux collaborateurs, afin de se préparer à de futures menaces.
Godzilla Minus Zero est ainsi donc une suite qui s’inscrit véritablement dans la continuité du précédent, à force de flash-backs et de direction artistique similaire et toujours aussi impressionnante.
En 2023, suite à la sortie d’Oppenheimer de Christopher Nolan, les sorties successives de Le Garçon et le Héron de Hayao Miyazaki et Godzilla Minus One de Takashi Yamazaki sont apparues comme une sorte de réponse nippone à Oppenheimer, exprimant le point de vue japonais sur les holocaustes nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki. C’était déjà le cas avec le Godzilla originel de 1954, sorte de personnification monstrueuse des effets collatéraux désastreux de l’utilisation de la bombe atomique. Ces dernières années, le contexte mondial s’est aggravé avec l’invasion de l’Ukraine, conduisant à une menace bien plus pesante de l’arme nucléaire, ce qui a engendré tous les films susmentionnés.
Ce deuxième volet est une suite plus réflexive avec une utilisation récurrente des flash-backs sur les événements réels et historiques d’Hiroshima de 1945 et la défaite fictive et cinématographique de Godzilla en 1947. Les personnages sont peu ou prou les mêmes : Kōichi Shikishima, l’ancien pilote kamikaze souffrant de stress post-traumatique, Noriko la jeune femme survivante contaminée dans sa chair (oeil et haut du dos) par Godzilla, Kenji Noda l’ingénieur devenu responsable gouvernemental. Le seul nouveau personnage important est le professeur Kanji Murakami, un biologiste profondément marqué psychologiquement par la guerre et survivant du bombardement atomique d’Hiroshima, où il a perdu toute sa famille,
L’autre grande nouveauté, c’est l’apparition d’un nouveau monstre, Ghidorah, qui ressemble davantage à un dragon à trois têtes,. Pour parvenir à le vaincre, Noda va avoir l’idée insensée de l’opposer à Godzilla dans un combat meurtrier et gigantesque. L’intrigue se révèle donc plutôt simple, voire enfantine, opposer les deux monstres et voir comment s’accommoder du monstre survivant. Sur le fond, nous ne sommes donc pas très loin de Alien vs. Predator, même si Yamazaki s’évertue à complexifier artificiellement la donne avec un nombre croissant de personnages et une dimension inédite de flash-backs. Ainsi l’un des personnages principaux va mourir mais on s’apercevra, par quelques flash-backs, qu’il aura finalement tout organisé avant son départ. De même, loin des moments spectaculaires et pyrotechniques, ce film montrera un ultime moment d’émotion lors de l’instant de la séparation devant l’orphelinat, avec les larmes d’Akiko qui ne s’arrêteront pas de couler, sa tristesse se nourrissant d’elle-même.
En projection normale ou en séance 4DX, c’est donc un festival de scènes d’action entrecoupées de scènes dialoguées ou plutôt inversement. Le film aurait peut-être gagné à travailler sa ligne mélodramatique à travers le personnage de Noriko mais Yamazaki a préféré recentrer le film autour de son affrontement mythique et spectaculaire, Godzilla versus Ghidorah. Avouons qu’en tant que spectacle d’attraction foraine, cela tient parfaitement la distance et signalons que sur un siège 4DX, il faudra même s’accrocher au bastingage pour ne pas être complément chaviré.
RÉALISATEUR : Takashi Yamazaki
NATIONALITÉ : japonaise
GENRE : science-fiction, fantastique
AVEC : Ryûnosuke Kamiki, Minami Hamabe, Yamada Yuki
DURÉE : 2h15
DISTRIBUTEUR : CGR Events/Apollo Fims
SORTIE LE 4 novembre 2026


