The Good Sister est le premier long métrage de la réalisatrice allemande Sarah Miro Fischer. Après avoir été présenté dans la section WIP Europa du Festival international du film de Saint-Sébastien, où il a remporté un prix avant d’être acquis par New Europe Film Sales, le film a fait sa première mondiale dans la section Panorama de la Berlinale en 2025.
L’histoire débute lorsque la jeune Rosa arrive chez son frère Sami et lui annonce qu’elle vient de se séparer de sa compagne et qu’elle vivra chez lui quelque temps. Ce retour au foyer, paradoxalement, conduira Rosa à se détacher progressivement de sa propre famille, dont les liens — à travers une multitude de gestes de tendresse et de chaleureuses réunions familiales — apparaissent pourtant évidents dès les premières secondes du film.
The Good Sister s’inscrit dans la lignée de plusieurs films européens récents [..] qui semblent chercher de nouvelles formes pour raconter une quête féminine où, contrairement au traditionnel voyage du héros masculin, il s’agit de progresser à travers l’incertitude et de rompre les liens avec ceux que l’on aime.
Si quelques fissures affleurent déjà sous cette apparente harmonie familiale — la préférence à peine voilée de la mère pour son fils plutôt que pour sa fille, ou encore les doutes quant à la capacité de Rosa à reconstruire sa vie après sa rupture — c’est seulement lorsqu’elle est appelée à témoigner contre son frère dans le cadre d’une enquête pour viol que le lien entre les deux est véritablement mis à l’épreuve. C’est à partir de ce moment que l’héroïne et son parcours prennent véritablement forme. Déjà fragilisée par la perte de son ancienne vie, Rosa découvre une facette inconnue de la personne qui lui est la plus proche et avance dès lors sans véritable logique apparente. C’est précisément là que réside la plus grande qualité du film : montrer comment l’importance de sa propre voix construit un point de vue profondément subjectif.
En ce sens, The Good Sister s’inscrit dans la lignée de plusieurs films européens récents — de Anatomie d’une chute à La Salle des profs — qui semblent chercher de nouvelles formes pour raconter une quête féminine où, contrairement au traditionnel voyage du héros masculin, il s’agit de progresser à travers l’incertitude et de rompre les liens avec ceux que l’on aime. Le parcours est donc loin d’être agréable, aussi bien pour le personnage que, par moments, pour le spectateur, puisque s’éloigner du schéma classique du héros implique une approche narrative moins familière et moins immédiatement captivante que celle fondée sur l’action. L’histoire de Rosa est floue, rugueuse, déroutante au premier abord, et ne devient réellement intelligible qu’a posteriori. Pourtant, le film ne se perd jamais dans cet océan d’incertitude, car cette ambiguïté narrative est compensée par plusieurs trouvailles visuelles. La scène intimiste et minimaliste de la lecture du testament est particulièrement saisissante, tout comme la forme de psychanalyse improvisée que Rosa entreprend avec une connaissance rencontrée à son cours de dessin, lorsqu’elle tente d’endosser le rôle de son frère.
Au final, The Good Sister s’impose comme un premier long métrage particulièrement convaincant, tant sur le plan technique que dans la maîtrise avec laquelle Sarah Miro Fischer développe son idée centrale. Une entrée en matière solide qui donne envie de découvrir les futurs projets de cette réalisatrice prometteuse.
RÉALISATEUR : Sarah Miro Fischer
NATIONALITÉ : Allemagne, Espagne
GENRE : Drame
AVEC : Marie Bloching, Anton Weil, Proschat Madani
DURÉE : 1h 36min
DISTRIBUTEUR : Memento
SORTIE LE 2 septembre 2026


