In Waves : vagues émotionnelles

Présenté en ouverture de la 65ème Semaine de la Critique à Cannes, In Waves de la réalisatrice franco-vietnamienne Phuong-Mai Nguyen fait l’effet d’une déferlante émotionnelle : une belle et puissante vague qui vient percuter nos sentiments. Adapté du roman graphique de l’illustrateur (et surfeur) AJ Dungo, le film impressionne par la maîtrise de sa réalisation, à mi-chemin entre la 2D et la 3D, et la sincérité de son récit, tiré d’une histoire vraie. Une œuvre originale et touchante.

Lui s’appelle AJ, elle Kristen. Tous les deux sont passionnés par le mouvement : l’un skate sur la terre ferme à Los Angeles, l’autre surfe sur les vagues californiennes. Lorsqu’ils se rencontrent, ils deviennent rapidement inséparables. Comme une marque du destin, ce qui fut le geste de leur rencontre marquera tout le reste de leur histoire : la chute. Une nuit, la jambe de Kristen devient douloureuse. Une vague s’écrase sur le couple : le cancer s’est invité dans la vie de la jeune femme. Ensemble et avec leurs amis, ils vont faire face à la fragilité de la vie.

Pour la cinéaste Phuong-Mai Nguyen, le baptême de feu est passé, et elle a assurément su choisir sa vague.

In Waves est une histoire de premières fois : premier long-métrage, premier roman graphique et premier film d’animation à ouvrir la Semaine de la Critique lors du Festival de Cannes. Une œuvre comme une vague émotionnelle, à la fois douce et puissante. L’histoire fait cohabiter les époques, des débuts du surf (dans un magnifique style noir et blanc) à sa pratique actuelle, jouant de métaphores pour annoncer la catastrophe à venir. Bien que le passé n’apparaisse que lors de courtes interludes, elle souligne néanmoins la principale qualité du film : sa fluidité. Tout est fluide, flux, eau qui ruisselle, bulles à profusion et corps qui flottent. 

Ode à la solidarité, à l’amour et au temps présent, In Waves sonne toujours juste, à bonne distance de son sujet et de ses personnages. Pour AJ, dans la vie comme dans le surf, tout est question de tempo : il faut savoir choisir sa vague. Très bien interprété dans sa version anglaise (Will Sharpe et Stephanie Hsu, Lyna Khoudri et Paul Kircher dans la version française), merveilleusement rythmé par les musiques de Oklou & Rob, le film rappelle l’énergie visuelle des derniers épisodes animés de la série Spider-Man. Pour la cinéaste Phuong-Mai Nguyen, le baptême de feu est passé, et elle a assurément su choisir sa vague.

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RÉALISATEUR : Phuong-Mai Nguyen
NATIONALITÉ : France, Belgique
GENRE : Animation, drame
AVEC : Lyna Khoudri, Rio Vega, Paul Kircher
DURÉE : 1h31
DISTRIBUTEUR : DIAPHANA
SORTIE LE 1er juillet 2026