Film en partie autobiographique, Congo Boy marque la section Un Certain Regard du Festival de Cannes par une esthétique africaine audacieuse, tout en abordant une quête du rêve artistique presque universelle. Il s’agit du premier long métrage de fiction de Rafiki Fariala, précédemment sélectionné à la Berlinale Panorama avec son documentaire Nous, Étudiants ! en 2022.
L’histoire se déroule dans la capitale de la République centrafricaine, où Robert, âgé de 17 ans, doit s’occuper de ses frères et sœurs en l’absence de ses parents emprisonnés, tout en poursuivant ses études et son rêve de carrière musicale. Réfugié congolais, Robert dissimule ses origines alors que les tensions politiques et le danger militaire s’intensifient dans la ville. Lorsqu’il apprend qu’une ONG internationale organise un concours de musique, ses rêves se transforment en objectif concret : gagner. Mais cette quête sera compliquée non seulement par les travaux épuisants du quotidien, mais aussi par le conflit grandissant avec son père.
Une autre découverte marquante du film réside dans la manière dont il relie la quête artistique d’expression de soi à la question des réfugiés.
S’il fallait choisir un adjectif pour décrire ce film, ce serait sans doute « inspirant », car malgré les nombreux obstacles à une vie normale auxquels Robert et sa famille font face dans un pays traversé par les opérations militaires, il est presque impossible de douter du succès futur du personnage. Dans ce mouvement constant d’un problème à un autre et le rythme soutenu des événements, Congo Boy propose moins un drame au sens conventionnel — bien que les situations dramatiques soient nombreuses — qu’un récit profondément optimiste de dépassement des difficultés de la vie.
Une autre découverte marquante du film réside dans la manière dont il relie la quête artistique d’expression de soi à la question des réfugiés. Robert, considéré comme un étranger potentiellement dangereux, commence ses premières tentatives musicales sous un nom générique ne révélant rien de son origine ethnique, avant de finalement participer au concours sous le nom de Congo Boy. Dans cet acte à la fois de rébellion et d’affirmation de soi se déploie une relation particulièrement forte que le film parvient à représenter avec finesse.
Finalement, Congo Boy est un récit profondément réconfortant qui apporte une dose d’espoir bienvenue à la section Un Certain Regard de cette année à Cannes et donne surtout envie de découvrir ce que son jeune réalisateur a encore à raconter.
RÉALISATEUR : Rafiki Fariala
NATIONALITÉ : Congo (Kinshasa), France, Italie
GENRE : Drame
AVEC : Bradley Fiomona, Dieufera Sana, Hubert Ngbolo
DURÉE : 1h 30min
DISTRIBUTEUR : Jour2fête
SORTIE LE Prochainement


