Pressure : la guerre à tout prix

Pressure est le deuxième long métrage du réalisateur australien Anthony Maras. Après s’être intéressé aux attentats de Mumbai de 2008 dans son premier film, Hotel Mumbai, présenté en avant-première au Festival international du film de Toronto, Maras se tourne vers la Seconde Guerre mondiale, et plus précisément vers le débarquement en Normandie en 1944.

Le film tourne autour d’un homme quelque peu classiquement dévoué à la fois à sa vocation, la météorologie, et à sa famille, qui est sur le point de s’agrandir puisque sa femme attend leur premier enfant. C’est précisément à ce moment-là que James Stagg est appelé à participer à la Seconde Guerre mondiale, afin notamment d’établir les prévisions météorologiques pour le D-Day, lorsque l’invasion de l’Europe occupée par l’Allemagne par les Alliés doit commencer. À la frontière entre les incertitudes de sa vie privée et les jeux secrets de ses nouveaux collègues, Stagg reste confiant dans ses calculs, bien qu’ils contredisent ceux de son confrère, et insiste pour repousser la date de l’invasion. Alors que toutes les troupes et les armes sont rassemblées en vue du départ imminent, le coût de chaque heure d’attente augmente considérablement, sans compter qu’une erreur dans les prévisions météorologiques pourrait coûter extrêmement cher à la libération de l’Europe.

…avec toutes ces petites mais constantes imprécisions scénaristiques, le film perd sa dimension profondément humaine, sans prétention mais plus complexe…

Ce rollercoaster émotionnel fondé sur le scénario est soigneusement enveloppé dans une reconstitution historique raffinée de l’époque et un casting presque parfait. Avec Brendan Fraser dans le rôle d’un Dwight D. Eisenhower hésitant, à un pas de l’échec ; Andrew Scott dans celui de James Stagg, sûr de lui mais solitaire ; Kerry Condon, secrétaire particulière et confidente d’Eisenhower, unique représentante presque à elle toute seule des personnages féminins du film ; ainsi que d’autres acteurs parfaitement choisis dans les seconds rôles, Pressure plonge véritablement non seulement dans une période historique particulière, mais aussi dans un réseau étroitement imbriqué de relations humaines, alors que l’issue de la guerre est en jeu.

Ce sont peut-être précisément ces petits détails qui révèlent l’hypocrisie du film. La coïncidence un peu trop parfaite qui veut que la femme enceinte du protagoniste disparaisse dans les bombardements précisément au moment où il doit prendre la décision la plus cruciale. Son introduction incroyablement rapide dans son travail, littéralement en quelques heures. Le fait que les seuls travailleurs du projet soient des hommes et l’attention exclusive portée à Eisenhower dans la décision concernant la date — tous ces éléments sont historiquement incorrects, parmi d’autres détails mineurs mais pourtant flagrants. Et ceux-ci auraient facilement pu être oubliés si le film n’affirmait pas dès le début qu’il s’agit d’une histoire vraie et, surtout, si le scénario était cohérent et offrait un véritable sentiment d’unité — cette raison pour laquelle les gens se tournent vers l’art. Mais, au contraire, avec toutes ces petites mais constantes imprécisions scénaristiques, le film perd sa dimension profondément humaine, sans prétention mais plus complexe — pour finalement se réduire, inévitablement, à une énième histoire de héros.

Au final, Pressure est un solide drame de guerre, doté d’une reconstitution minutieuse de l’esthétique de l’époque, mais souffrant de sérieuses lacunes en matière de précision historique et d’une surdité étonnamment datée face aux controverses du réel sur lesquelles le film aurait pourtant pu s’attarder.

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RÉALISATEUR : Anthony Maras
NATIONALITÉ : Grande-Bretagne, France
GENRE : Guerre, Historique, Thriller
AVEC : Andrew Scott, Brendan Fraser, Kerry Condon
DURÉE : 1h 40 min
DISTRIBUTEUR : StudioCanal
SORTIE LE 9 septembre 2026