Avec son trentième film, The Dog Stars, Ridley Scott, l’un des plus anciens cinéastes en activité à 88 ans (seul Clint Eastwood paraît plus avancé), fête ses cinquante ans de carrière, son premier film Les Duellistes datant de 1977. Après avoir abordé de nombreux genres différents (le film historique, la science-fiction, le thriller-polar, le road-movie, le film épique, le péplum, le film de guerre, etc.), il s’attaque cette fois-ci au western post-apocalyptique sur les traces de La Route. Malgré quelques passages à vide et nombre de situations relativement prévisibles, il en tire une conclusion étonnamment sereine et plutôt optimiste, surprenante de la part d’un cinéaste connu pour son pessimisme foncier.
Depuis une dizaine d’années, une mystérieuse pandémie a décimé les Etats-Unis. Hig, un jeune pilote, survit sur une base aérienne abandonnée du Colorado avec son chien Jasper et un ancien soldat, Bangley. Lorsque son Cessna 182 capte une trasnmission radio, il reprend espoir en une terre accueillante et une vie agréable.
Une possible conclusion à son oeuvre étonnamment sereine et plutôt optimiste, surprenante de la part d’un cinéaste connu pour son pessimisme foncier.
D’après les prémices scénaristiques du film, on aurait pu s’attendre à un film post-confinement, le virus décimant la Terre étant bien plus méchant que le COVID-19. Las, ce n’est pas du tout le but de Ridley Scott qui ne s’attarde guère sur les origines de la pandémie et encore moins sur la manière de la guérir. Son but n’est pas non plus de créer un film d’horreur à la 28 jours plus tard. L’action se trouve en retrait et n’intervient véritablement que lors d’une séquence explosive, la plus remarquable du film, aux deux tiers du film.
The Dog stars enchaîne surtout les plans de désolation, des images dépeuplées qui font penser que Ridley Scott n’a rien perdu de son sens légendaire de l’image. En revanche, l’histoire est presque aussi dépeuplée que le monde qu’elle décrit. Trois personnages solitaires vont tenter de retrouver des traces de vie dans un univers abandonné par la présence humaine. Peu d’histoire et une caractérisation assez faible des personnages semblent la marque de The Dog Stars. On s’étonnera de l’inconsistance du personnage féminin offert à Margaret Qualley, uniquement destinée à devenir l’intérêt amoureux du veuf éploré incarné par Jacob Elordi, surtout venant de la part d’un cinéaste ayant donné maints signes de féminisme convaincu (Ripley, le personnage de Sigourney Weaver, dans Alien, ou les iconiques Thelma et Louise).
The Dog Stars est en fait essentiellement un film de deuil, le héros traînant sa peine de veuf dépressif pendant tout le film. Mais une séquence va quasiment à elle seule sauver le film, celle de Grand Junction, grâce à une performance exceptionnelle d’Alison Janney dans le rôle de Darlene qui va réveiller tous les personnages de leur torpeur post-apocalyptique. Nonobstant cette scène, le film ira vers une résolution étrangement heureuse, le militaire incarné par Josh Brolin se fondant avec bonheur dans la communauté Amish. Comme si Ridley Scott avait voulu donner un ultime signe d’espoir dans une filmographie globalement pessimiste et désespérée, à rapprocher de l’hédoniste Une Grande année. A tel point que The Dog Stars, sans être du tout un grand film, pourrait apparaitre comme un post-scriptum détaché, serein et réconfortant et une sorte de conclusion apaisée à toute son oeuvre. Mais la fin n’est pas si proche : Ridley Scott prépare un Gladiator 3!
RÉALISATEUR : Ridley Scott
NATIONALITÉ : américano-britannique
GENRE : aventure, drame, thriller
AVEC : Jacob Elordi, Margaret Qualley, Josh Brolin, Guy Pearce
DURÉE : 1h59
DISTRIBUTEUR : 20th Century Fox, The Walt Disney Company France
SORTIE LE 26 août 2026


