Depuis Barbie signé Greta Gerwig, les poupées sont à la mode. La thématique avait pourtant déjà été abordée vingt ou vingt-cinq ans auparavant, dans Monique (2002) de Valérie Guignabodet, avec Albert Dupontel ou Une fiancée pas comme les autres (2008) de Craig Gillespie, avec Ryan Gosling. Dans ces deux films, un homme reprend confiance en son destin grâce à l’irruption d’une poupée gonflable dans son existence. Dans La Poupée (2026), c’est au tour de Vincent Macaigne d’endosser les atours de la masculinité déboussolée. Ce film signé Sophie Beaulieu part d’un argument singulier, presque surréaliste, à défaut d’être original. Malheureusement, n’est pas Dupieux qui veut, et en dépit de l’abattage des interprètes, la trajectoire semble assez courue d’avance.
Rémi ne s’est jamais remis de sa dernière séparation. Depuis, il s’est mis en couple avec une poupée, c’est plus simple. Elle s’appelle Audrey. Le jour où Patricia, une nouvelle collègue, arrive dans l’entreprise de Rémi, Audrey va mystérieusement prendre vie.
Sophie Beaulieu, pour son premier film, manque de l’étincelle provocatrice d’un Quentin Dupieux qui permet au sus-nommé d’échapper aux clichés et d’emprunter de réjouissants chemins de traverse.
Dans les films précurseurs de La Poupée, l’argument loufoque représentait un prétexte pour évoquer la solitude masculine et le droit à la différence dans son choix de couple. Le point de départ est quasiment le même dans le film de Sophie Beaulieu, mais au bout d’un quart d’heure, le film prend un chemin différent. Car la fameuse poupée va très vite s’animer et devenir vivante, par l’effet d’un mystérieux miracle.
Certes Vincent Macaigne se montre égal à lui-même, en tant qu’étendard d’une nouvelle masculinité, succédant à Ryan Gosling dans ce rôle difficile de fiancé d’une poupée. Brisé par une précédente rupture, il a choisi l’assurance tous risques en optant pour une créature qui est programmée pour satisfaire toutes ses demandes sans exception. Mais comme nous l’avons dit, la poupée s’anime et finit par ressembler totalement à une personne humaine, interprétée sans trop de nuances par Zoé Marchal qui combine la voix d’Adèle Exarchopoulos et le physique superbe de Cécile de France, une Cécile de France toujours hilarante qui interprète le rôle d’une collégue intérimaire de Rémi, collègue qui aura le don de réveiller sa sensibilité et ses sentiments.
On le comprend assez vite, le chemin du film est très balisé et n’échappera pas à la conclusion prévue d’avance, que nous n’aurons pourtant pas l’outrecuidance de dévoiler dans ce texte. C’est surtout que, malheureusement, Sophie Beaulieu, pour son premier film, manque de l’étincelle provocatrice d’un Quentin Dupieux qui permet au sus-nommé d’échapper aux clichés et d’emprunter de réjouissants chemins de traverse. La fantaisie ne s’improvise pas, elle s’écrit surtout. Même si Sophie Beaulieu reproduit l’extrême brièveté des films de Dupieux, elle ne parvient pas à la transformer en concision. En voyant La Poupée, on mesure l’écart qui existe entre tout ce qui paraît limpide chez Dupieux et ce qui semble plus que forcé chez tous les autres (Alter Ego en est un autre exemple).
RÉALISATRICE : Sophie Beaulieu
NATIONALITÉ : française
GENRE : comédie, romance
AVEC : Vincent Macaigne, Cécile de France, Zoé Marchal
DURÉE : 1h20
DISTRIBUTEUR : Ad Vitam
SORTIE LE 22 avril 2026


