La Chronique des Bridgerton saison 4 parties 1 et 2 : une histoire de Cendrillon

Depuis son lancement sur Netflix, La Chronique des Bridgerton s’est imposée comme l’un des plus grands succès de la plateforme, mêlant romance, fresque historique et modernité assumée. Comme les trois saisons précédentes, cette nouvelle salve d’épisodes est adaptée d’un roman de Julia Quinn : An Offer From a Gentleman (sobrement intitulé Benedict en français), publié en 2001. Après une troisième saison déjà scindée en deux parties, la plateforme adopte à nouveau ce format, devenu presque la norme. Cette saison introduit de nouveaux personnages d’origine asiatique, poursuivant le travail de diversité et de représentation qui constitue l’un des points forts du show. Yerin Ha rejoint ainsi la distribution comme protagoniste féminine principale et est accompagnée de Katie Leung, connue du grand public pour avoir incarné Cho Chang dans la saga Harry Potter.

La quatrième saison s’intéresse au deuxième fils Bridgerton, Benedict, interprété par Luke Thompson. Contrairement à ses frères, le jeune homme refuse obstinément de se ranger, au grand désespoir de sa mère. Mais lors du premier bal de la saison — un somptueux bal masqué — tout bascule. Benedict est bouleversé par sa rencontre avec la Dame en Argent, une mystérieuse invitée qui capte aussitôt son attention par son aura énigmatique. Sous le masque de la Dame en Argent se cache en réalité Sophie Baek (Yerin Ha), une jeune servante courageuse et résiliente, contrainte de travailler pour sa redoutable belle-mère, Lady Araminta Gun (Katie Leung).

En plaçant une servante au cœur du récit, la saison 4 met en lumière la thématique de la lutte des classes avec une intensité nouvelle.

Dès ses premiers épisodes, cette quatrième saison assume pleinement son inspiration : elle est un véritable remake du conte de Cendrillon. Le bal masqué, la rencontre fulgurante, la disparition mystérieuse à minuit — tous les ingrédients du mythe sont réunis. Mais là où la série se distingue, c’est dans sa volonté de complexifier ce schéma narratif. Pour la première fois dans La Chronique des Bridgerton, la série nous donne véritablement à voir le point de vue des domestiques. Jusqu’ici, l’intrigue se concentrait majoritairement sur l’aristocratie et ses tourments sentimentaux. En plaçant une servante au cœur du récit, la saison 4 met en lumière la thématique de la lutte des classes avec une intensité nouvelle. La fin de la première partie illustre parfaitement cette tension entre romantisme et réalisme. Là où les saisons précédentes se concluaient sur des demandes en mariage passionnées, Benedict propose à Sophie de devenir sa maîtresse. Un choix narratif audacieux, peu romantique en apparence, mais terriblement cohérent avec la société de l’époque. Cette proposition souligne la difficulté, pour un homme de son rang, d’envisager une union officielle avec une domestique. Elle révèle également les contradictions de Benedict : rebelle en façade, il reste prisonnier des conventions qu’il prétend mépriser. Cette ambiguïté donne à leur relation une profondeur inédite.

Si la romance entre Benedict et Sophie constitue le cœur battant de la saison, les sous-intrigues se révèlent tout aussi captivantes. La série continue d’explorer des thématiques complexes, parfois inattendues dans un univers en apparence léger et mondain. La seconde partie prend un tournant plus sombre avec le décès brutal de l’un des personnages principaux, un événement qui confronte les protagonistes au deuil et à la fragilité de l’existence. Cette disparition bouleverse l’équilibre familial et confère une gravité nouvelle à l’ensemble. Le contraste avec la légèreté féerique de la première partie est saisissant. Par ailleurs, la série ose aborder la question du droit à une vie sexuelle pour les personnes d’âge mûr à travers la matriarche Bridgerton, Violet, interprétée par Ruth Gemmell. Veuve depuis plusieurs années, Violet s’interroge sur la possibilité d’aimer à nouveau, défiant les attentes d’une société qui condamne le désir féminin passé un certain âge. La peur de l’abandon constitue un autre fil rouge marquant, notamment à travers le désespoir de la reine Charlotte, incarnée par Golda Rosheuvel, face au départ annoncé de son amie et confidente Lady Danbury, jouée par Adjoa Andoh. Leur relation, faite de complicité et de rivalité affectueuse, offre certains des moments les plus croustillants et les plus touchants de la saison.

Cette quatrième saison se distingue des précédentes par son équilibre. La première partie, plus légère, joue avec les codes du conte de fées et revisite le mythe de Cendrillon avec élégance. La seconde partie, plus dramatique, apporte une densité émotionnelle qui donne toute son ampleur au récit. Ce contraste maîtrisé renforce l’impression d’assister à l’une des saisons les plus abouties de la série. Enfin, la scène post-générique attise déjà la curiosité des spectateurs. Tout laisse supposer que la prochaine saison sera centrée sur les amours de la plus rebelle et indépendante de la fratrie Bridgerton : Eloïse, interprétée par Claudia Jessie. Une perspective enthousiasmante qui donne envie de se replonger au plus vite dans l’univers romanesque de La Chronique des Bridgerton.

3.5

CRÉATEUR : Chris Van Dusen
NATIONALITÉ : Américaine
GENRE : Drame historique, Romance
AVEC : Yerin Ha, Luke Thompson, Katie Leung, Ruth Gemmell, Golda Rosheuvel, Adjoa Andoh, Hannah Dodd, Victor Alli, Masali Baduza, Michelle Mao et Isabella Wei
DURÉE : 8x 63-70mn
DIFFUSEUR : Netflix
SORTIE LE 28 janvier 2026 (partie 1) et le 26 février 2026 (partie 2)