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	<title>CINEMA - MovieRama - Nouvelles images, Nouvelles critiques</title>
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	<title>CINEMA - MovieRama - Nouvelles images, Nouvelles critiques</title>
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		<title>Minotaure : la lente décomposition d’un homme et d’un monde</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2026 12:51:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Le Retour, Elena, Léviathan ou encore Faute d’amour, Andreï Zviaguintsev revient avec Minotaure, un film aussi sombre que fascinant, récompensé du Grand Prix au dernier Festival de Cannes. Le cinéaste russe retrouve avec cette libre adaptation (ou transposition) de La Femme infidèle de Claude Chabrol ce qui fait la force de son cinéma : des personnages enfermés dans un quotidien en apparence ordonné, mais dont les certitudes vont progressivement voler en éclats. Dans la Russie de 2022, Gleb, chef [&#8230;]</p>
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<p>Après <strong>Le Retour</strong>, <strong>Elena,</strong> <strong>Léviathan</strong> ou encore <strong>Faute d’amour</strong>, Andreï Zviaguintsev revient avec <strong>Minotaure</strong>, un film aussi sombre que fascinant, récompensé du Grand Prix au dernier Festival de Cannes. Le cinéaste russe retrouve avec cette libre adaptation (ou transposition) de <strong>La Femme infidèle</strong> de Claude Chabrol ce qui fait la force de son cinéma : des personnages enfermés dans un quotidien en apparence ordonné, mais dont les certitudes vont progressivement voler en éclats.</p>



<p>Dans la Russie de 2022, Gleb, chef d’entreprise prospère, vit avec sa femme Galina et leur fils dans une ville de province. Alors que les difficultés professionnelles se multiplient dans un pays bouleversé par la guerre, l’équilibre familial se fissure à son tour. Ce qui semblait constituer une vie soigneusement construite va peu à peu se transformer en véritable cauchemar.</p>



<p>Toujours fidèle à son style, Zviaguintsev prend le temps d’installer son récit et ses personnages. Dès les premières scènes, quelque chose semble ne pas fonctionner dans cette famille pourtant privilégiée. La maison, confortable et protégée du monde extérieur, apparaît rapidement comme une sorte de huis clos dans lequel chacun dissimule ses frustrations, ses mensonges et ses désillusions. Derrière les apparences d’une réussite sociale parfaitement maîtrisée, le couple formé par Gleb et Galina est déjà profondément fragilisé.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Toujours fidèle à son style, Zviaguintsev prend le temps d’installer son récit et ses personnages.</p>
</blockquote>



<p>Le personnage de Gleb (impeccable Dmitriy Mazurov) est particulièrement intéressant car il concentre à lui seul une grande partie des contradictions du film. Chef d’entreprise habitué à décider, à contrôler et à résoudre les problèmes, il se retrouve confronté à une situation qu’il ne peut plus maîtriser. Les difficultés économiques, les pressions liées au contexte politique et militaire et les bouleversements qui touchent son entourage viennent progressivement remettre en cause la place qu’il pensait occuper. Son monde s&rsquo;effondre et, plutôt que d&rsquo;accepter cette perte de contrôle, il cherche constamment à reprendre la main. C’est précisément cette incapacité à renoncer à la maîtrise des événements qui va le conduire vers la violence. Le personnage est inquiétant parce qu’il n’est pas présenté comme un monstre dès le départ. C’est un homme ordinaire, pris dans ses habitudes, ses certitudes et ses contradictions, qui se transforme progressivement lorsque celles-ci sont menacées. Le titre <strong>Minotaure </strong>prend alors tout son sens : derrière l’homme civilisé et respectable se cache une part beaucoup plus brutale, qui ne demande qu’à surgir lorsque les repères disparaissent. Galina est tout aussi importante dans cette mécanique. Si elle semble d’abord occuper une place secondaire face à son mari, son personnage permet au cinéaste d’interroger les limites d’un couple qui ne fonctionne plus que sur les apparences. Leur relation est marquée par une profonde solitude et par cette incapacité à communiquer réellement. Ils vivent côte à côte sans véritablement parvenir à se comprendre. Les silences deviennent alors aussi importants que les dialogues.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Minotaure </strong>est aussi un film profondément ancré dans son époque. Le contexte de la Russie de 2022 n’est pas un simple décor</p>
</blockquote>



<p><strong>Minotaure </strong>est aussi un film profondément ancré dans son époque. Le contexte de la Russie de 2022 n’est pas un simple décor : il agit directement sur les personnages et sur leur existence. La guerre avec l’Ukraine et la mobilisation viennent bouleverser le monde professionnel de Gleb, mais également les rapports sociaux et les certitudes d’une classe aisée qui pensait pouvoir rester à l’écart des événements. Le cinéaste fait ainsi entrer progressivement la grande Histoire dans l’intimité familiale. C’est d’ailleurs l’une des grandes réussites du film : parvenir à faire dialoguer le politique et l’intime sans jamais donner l’impression d’assister à un discours démonstratif. La décomposition de cette famille répond à celle d’un système plus large. Les mêmes mécanismes de domination, de mensonge et de violence se retrouvent dans l’entreprise, dans la sphère familiale et dans la société. Gleb veut contrôler ses salariés comme il veut contrôler sa femme, et cherche à régler ses problèmes humains avec les mêmes méthodes que ses problèmes professionnels.</p>



<p>La mise en scène de Zviaguintsev impressionne encore par sa maîtrise. Le réalisateur refuse les effets faciles et privilégie une caméra extrêmement précise (comme dans la scène où le mari rencontre l’amant photographe dans son appartement), avec quelques mouvements d’appareil incroyables, qui observe ses personnages comme s’ils étaient enfermés dans leur propre existence. Les espaces deviennent progressivement oppressants et les cadres semblent se refermer sur eux. La photographie sombre, dominée par des teintes froides et ternes, accompagne parfaitement cette sensation d’étouffement. Il y a quelque chose de profondément tragique dans cette manière de filmer l’effondrement d’une existence. Comme dans ses précédents films, Zviaguintsev s’intéresse à des personnages qui pensent pouvoir continuer à vivre comme avant alors que tout autour d’eux est déjà en train de changer. Le film est porté par une atmosphère particulièrement pesante, que la mise en scène entretient durant plus de deux heures sans jamais relâcher complètement la tension. <strong>Minotaure</strong> est un film qui travaille par imprégnation.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>La mise en scène de Zviaguintsev impressionne encore par sa maîtrise.</p>
</blockquote>



<p>Le film peut parfois sembler très noir, presque désespéré, à l’image de sa mise en scène au scalpel mais c’est précisément cette noirceur qui lui donne sa force. Il ne cherche pas à expliquer ou à excuser ses personnages. Il observe leur chute avec une distance remarquable, laissant au spectateur le soin de comprendre comment un homme qui semble tout posséder peut progressivement perdre l’essentiel. La violence individuelle rejoint alors une violence collective, comme si l’une était finalement le reflet de l’autre.</p>



<p>Avec <strong>Minotaure</strong>, Andreï Zviaguintsev signe ainsi un retour particulièrement marquant. Un film sombre, tendu et profondément pessimiste, mais aussi d’une grande richesse, qui réussit à mêler l’intime et le politique sans jamais perdre de vue ses personnages.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-9"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:10%"></div></div><div class="score">4.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Andreï Zviaguintsev<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> France, Allemagne, Lettonie <br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Dmitriy Mazurov, Iris Lebedeva, Boris Kudrin<br><strong>DURÉE : </strong>2h21<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Les Films du Losange<br><strong>SORTIE LE </strong>14 octobre 2026</pre>
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		<title>Le Corset : le champ des possibles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2026 12:31:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>D&#8217;un irréductible village Gaulois au territoire de la Beauce, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas pour Louis Clichy, coréalisateur des deux dernières adaptations animées d&#8217;Astérix au cinéma. Avec Le Corset, il signe son premier long métrage en solitaire. Prix spécial du Jury au Festival de Cannes 2026 dans la sélection Un Certain Regard, triplement sacré au Festival du film d&#8217;animation d&#8217;Annecy, le film a d&#8217;ores et déjà reçu un accueil plus que positif. Brillamment mis en scène, mêlant traits minimalistes à [&#8230;]</p>
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<p>D&rsquo;un irréductible village Gaulois au territoire de la Beauce, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas pour Louis Clichy, coréalisateur des deux dernières adaptations animées d&rsquo;Astérix au cinéma. Avec <strong>Le Corset</strong>, il signe son premier long métrage en solitaire. Prix spécial du Jury au Festival de Cannes 2026 dans la sélection Un Certain Regard, triplement sacré au Festival du film d&rsquo;animation d&rsquo;Annecy, le film a d&rsquo;ores et déjà reçu un accueil plus que positif. Brillamment mis en scène, mêlant traits minimalistes à l&rsquo;encre de Chine et couleurs à l&rsquo;aquarelle, <strong>Le Corset</strong> fait son petit effet.</p>



<p>Christophe, 11 ans, vit avec sa famille dans une ferme située dans la Beauce, une région agricole au sud-ouest de l&rsquo;Île-de-France. Alors qu&rsquo;il imagine suivre la voie de son père agriculteur, un simple objet va toutefois tout remettre en question : un corset. En effet, incapable de tenir droit en raison d&rsquo;une scoliose, le garçon est dans l&rsquo;obligation de porter une armature. Désormais, pour lui et sa famille, plus rien ne sera comme avant.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Brillamment mis en scène, mêlant traits minimalistes à l&rsquo;encre de Chine et couleurs à l&rsquo;aquarelle, <strong>Le Corset</strong> fait son petit effet.</p>
</blockquote>



<p>Rien à part quelques arbres et l&rsquo;église au loin ne vient briser l&rsquo;horizon. Les champs s&rsquo;étendent encore et encore. Dans ce paysage aride, le jeune Christophe est corseté avant de porter un véritable corset : il grandit dans une famille où la parole ne traduit pas les sentiments. Son père, un homme relativement mutique, souffre en silence des problèmes qu&rsquo;il rencontre à la ferme. Il peut toutefois compter sur la présence de sa mère et de son grand frère, lui-même contraint par la ferme. Dans les moments difficiles, son imagination s&#8217;emballe, sa tête se penche, et le monde tombe à la renverse. Un ouragan au milieu d&rsquo;une paisible campagne. C&rsquo;est autant une façon de s&rsquo;échapper de la réalité que de traduire ses sentiments. À la faveur de son corset, il va se découvrir et apprendre à s&rsquo;accepter.</p>



<p>Film d&rsquo;émancipation, <strong>Le Corset</strong> parle avant tout des changements qui traversent nos vies : le passage de l&rsquo;enfance à l&rsquo;adolescence et les mutations du monde agricole. Bien qu&rsquo;attaché au personnage de Christophe, le film tente subtilement de rendre compte des évolutions de l&rsquo;agriculture, et des familles qui ont, parfois sur plusieurs générations, vécu dans des fermes. Comme avec l&rsquo;armature du jeune garçon, tout est finalement question d&rsquo;adaptation. Si le récit ne brille pas particulièrement par son originalité, sa sincérité et son écriture sans fioriture touchent juste. Ce qui distingue véritablement le film, c&rsquo;est sa formidable réalisation : le dessin est fin, tout est dans le détail, des décors à la lumière, jusqu&rsquo;aux émotions des personnages. Un vrai plaisir visuel, sublimé par plusieurs compositions à l&rsquo;orgue. Au bout du trait, un joli film, délicat et humain.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Louis Clichy<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> France, Belgique<br><strong>GENRE </strong>: Animation<br><strong>AVEC : </strong>Gary Clichy, Rod Paradot, Brune Moulin<br><strong>DURÉE : </strong>1h30<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>KMBO<br><strong>SORTIE LE </strong>14 octobre 2026</pre>
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		<title>Les Misérables : les visites du patrimoine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2026 12:15:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Misérables, roman de Victor Hugo, publié en 1862, fait partie à l&#8217;évidence du patrimoine littéraire de l&#8217;humanité. C&#8217;est bien plus qu&#8217;un roman, un fleuve incroyable de 1800 pages qui ne peut se comparer qu&#8217;aux oeuvres gigantesques de la littérature russe, Guerre et Paix, Anna Karénine, Les Frères Karamazov, etc. De plus, la renommée universelle de l&#8217;oeuvre de Victor Hugo a été amplifiée par le succès mirobolant de la comédie musicale d&#8217;Alain Boublil, Jean-Marc Natel et Claude-Michel Schönberg, adaptation du [&#8230;]</p>
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<p><strong>Les Misérables</strong>, roman de Victor Hugo, publié en 1862, fait partie à l&rsquo;évidence du patrimoine littéraire de l&rsquo;humanité. C&rsquo;est bien plus qu&rsquo;un roman, un fleuve incroyable de 1800 pages qui ne peut se comparer qu&rsquo;aux oeuvres gigantesques de la littérature russe, <strong>Guerre et Paix</strong>, <strong>Anna Karénine</strong>, <strong>Les Frères Karamazov</strong>, etc. De plus, la renommée universelle de l&rsquo;oeuvre de Victor Hugo a été amplifiée par le succès mirobolant de la comédie musicale d&rsquo;Alain Boublil, Jean-Marc Natel et Claude-Michel Schönberg, adaptation du roman en chansons, qui, sous version française ou anglo-saxonne, a conquis toutes les scènes du monde. Sur les écrans de cinéma ou de télévision, en France, tous les 25 ou 30 ans, débarque une adaptation qui se voudrait à chaque fois définitive. Si on compte les adaptations anglo-saxonnes, paraît tous les 20 ans une nouvelle version plus ou moins satisfaisante. L&rsquo;histoire des <strong>Misérables </strong>est presque aussi connue que celle de <strong>la Bible</strong> ou des pièces de Shakespeare. Ses personnages sont devenus quasiment des lieux communs : Jean Valjean, le bagnard en quête de rédemption, Javert, le policier consciencieux, Fantine, la prostituée au grand coeur, mère célibataire, les Thénardier, l&rsquo;horrible couple âpre au gain, Cosette, la fille protégée par Valjean, Gavroche, le gamin révolté et sacrifié, etc. Tout est tellement connu que cela en devient une recette assurée au box-office. Néanmoins on peut dès lors se demander comment engendrer de la vie et de l&rsquo;émotion dans des situations tellement rabattues, et incarner des personnages aussi mythiques. C&rsquo;est le dilemme de tout metteur en scène qui veut s&rsquo;attaquer une fois dans sa vie à la légende des <strong>Misérables</strong>, faire en sorte que son film puisse exister à côté de l&rsquo;oeuvre de Victor Hugo qui possède une fâcheuse tendance à le phagocyter. .</p>



<p>Libéré après 19 ans de bagne pour le vol d’un pain, Jean Valjean décide de changer de vie et de faire le bien autour de lui. Sous une fausse identité, il devient avec le temps un notable respecté de tous. Venant en aide à Fantine, une ouvrière mourante, il promet de sauver sa fille, Cosette, des griffes des cruels Thénardier. Mais son passé le rattrape : l’inspecteur Javert, un policier implacable au passé lui aussi tourmenté, le traque sans relâche afin de le renvoyer au bagne. Dans un Paris en pleine révolution, Valjean doit lutter pour protéger Cosette et achever sa rédemption, entre sacrifices et quête de justice.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>le film de Fred Cavayé ne décevra pas les amateurs de grand spectacle populaire,, en parvenant à mener à bien correctement le chassé-croisé d&rsquo;une dizaine de destins ; en revanche, pour ceux qui auraient souhaité un souffle nouveau, une vision révolutionnaire, une résonance sociétale plus marquante, ils se sentiront un peu loin du compte.   </p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Pour ce remake des <strong>Misérables</strong>, on n&rsquo;attendait pas du tout Fred Cavayé, metteur en scène se répartissant assez équitablement entre thrillers (<strong>Pour elle</strong>, <strong>A bout portant</strong>, <strong>Mea Culpa</strong>), et comédies (<strong>Radin!</strong>, <strong>Le Jeu</strong>, <strong>Les Chèvres!</strong>). Sa seule véritable incursion dans le drame, avouons-le, plutôt réussie, s&rsquo;intitule <strong><a href="https://movierama.fr/adieu-monsieur-haffmann-resistants-et-collabos">Adieu Monsieur Haffmann</a></strong>, sur la persécution des Juifs et la période de l&rsquo;Occupation. Plus qu&rsquo;un auteur, même s&rsquo;il écrit tous ses scénarios, Fred Cavayé est un metteur en scène grand public qui démontre une certaine aisance à s&rsquo;adresser à tous les publics. De là vient sans doute le fait qu&rsquo;il succède parmi les adaptateurs français des <strong>Misérables </strong>à d&rsquo;autres cinéastes à la fibre populaire comme Raymond Bernard, Jean-Paul Le Chanois, Robert Hossein, Claude Lelouch, Josée Dayan (pour la télévision), De tous ces prédécesseurs, Raymond Bernard, concurrent d&rsquo;Abel Gance, se détache aisément avec sa trilogie en trois volets (4h30 au total), son sens inné, hérité du cinéma muet, de la photographie, du montage et des scènes de foule, Les autres sont soit très académiques (Le Chanois, Hossein, Dayan), soit complètement barrés (Lelouch avec ses <strong>Misérables </strong>à Vichy qui possède a minima le mérite de l&rsquo;originalité)</p>



<p>Fred Cavayé ne se distingue pas au contraire par une originalité flagrante. Dans l&rsquo;esprit, son film se rapproche bien davantage des adaptations cinématographiques formatées des livres d&rsquo;Alexandre Dumas (<strong><a href="https://movierama.fr/les-trois-mousquetaires-dartagnan-un-retour-nostalgique-au-cinema-de-cape-et-depee">Les Trois mousquetaires</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/le-comte-de-monte-cristo-le-dcu-est-en-marche">Le Comte de Monte-Cristo</a></strong>) que du romanesque inspiré d&rsquo;un Xavier Giannoli qui compose toujours à partir d&rsquo;obsessions très personnelles (<strong><a href="https://movierama.fr/illusions-perdues-le-vrai-visage-du-monde/">Illusions perdues</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/les-rayons-et-les-ombres-splendeurs-et-miseres-de-loccupation">Les Rayons et les Ombres</a></strong>). Son traitement esthétique des <strong>Misérables </strong>consiste essentiellement à montrer le budget dépensé à l&rsquo;écran (le décor de la scène des barricades), à abuser régulièrement des plans zénithaux comme plans d&rsquo;introduction des séquences, et à mettre ostensiblement l&rsquo;accent sur les séquences d&rsquo;action, de bagarres et de combats. Du point de vue scénaristique, il a aménagé à la marge certains aspects : un traitement spécifique des personnages féminins (la Thénardier portant la culotte dans le ménage, la sororité entre Cosette et Eponine, la victimisation sociale de Fantine), une recherche particulière concernant les origines modestes de Javert, descendant de gitans (en phase avec le fait de confier le rôle à Tahar Rahim), ce qui expliquerait son obsession de la traque de Jean Valjean.</p>



<p>Certains pourront presque qualifier de wokiste son travail de relecture des <strong>Misérables</strong>, mettant l&rsquo;oeuvre de Hugo au goût du jour. Pourtant dans son souci de retranscrire la dimension psychologique des personnages, il valide le fait que le tournage des <strong>Misérables</strong>, c&rsquo;est essentiellement un travail de performances d&rsquo;acteurs, comme cela l&rsquo;était dans la plupart des versions précédentes, hormis le cachet esthétique notable dégagé par la version de Raymond Bernard. Dans un casting relativement homogène, se distinguent surtout Megan Northam (excellente Cosette), Noémie Merlant (formidable Fantine) et surtout le  couple Camille Cottin &#8211; Benjamin Lavernhe qui se délecte à donner vie et parole à des personnages pour le moins ignobles, les Thénardier.  </p>



<p>Par conséquent, le film de Fred Cavayé ne décevra pas les amateurs de grand spectacle populaire,, en parvenant à mener à bien correctement le chassé-croisé d&rsquo;une dizaine de destins ; en revanche, pour ceux qui auraient souhaité un souffle nouveau, une vision révolutionnaire, une résonance sociétale plus marquante, ils se sentiront un peu loin du compte.   </p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-5"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:50%"></div></div><div class="score">2.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>   Fred Cavayé <br><strong>NATIONALITÉ :</strong> française<br><strong>GENRE </strong>: <strong> </strong>drame, historique<br><strong>AVEC : </strong>Vincent Lindon, Tahar Rahim, Camille Cottin, Benjamin Lavernhe, Noémie Merlant, Vassili Schneider, Megan Northam, Marie Colomb<br><strong>DURÉE : </strong>2h56<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>StudioCanal <br><strong>SORTIE LE </strong>14 octobre 2026 </pre>
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		<title>Low expectations : profil bas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2026 12:00:53 +0000</pubDate>
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<p>Le cinéma norvégien a le vent en poupe. Dans la foulée de son triomphe l&rsquo;année dernière et cette année, l&rsquo;Ours d&rsquo;or berlinois de <strong><a href="https://movierama.fr/les-chroniques-de-david-reves-letoffe-des-songes/">Rêves </a></strong>de Dag Johan Haugerud et le Grand Prix du Jury cannois et l&rsquo;Oscar du meilleur film international accordés à <strong><a href="https://movierama.fr/valeur-sentimentale-la-tentation-du-vertige/">Valeur sentimentale</a></strong> de Joachim Trier, <strong>Low expectations</strong> d&rsquo;Eivind Landsvik, sélectionné à la Quinzaine des Cinéastes 2026, prolonge un petit peu l&rsquo;état de grâce de cette cinématographie qui n&rsquo;a jamais été plus à l&rsquo;honneur qu&rsquo;actuellement. Comme dans beaucoup de films nord-européens, <strong>Low expectations</strong> traite avec humour le thème de la dépression, particulièrement pratiqué par Bergman où il se transforme souvent par contraste en violence et sang (<strong>Persona</strong>, <strong>Cris et Chuchotements</strong>), la fameuse <strong>Melancholia </strong>chère à Lars von Trier, l&rsquo;obsession du suicide (<strong>Oslo 31 août</strong> de Joachim Trier), bref, cette fameuse absence de pulsion vitale qui nous pousse à ne pas quitter le canapé.</p>



<p>Alors qu’elle est au sommet de sa carrière musicale, Maja vacille et voit ses ambitions s’interrompre brutalement. Elle se réfugie chez sa mère, enseignante à Oslo, qui lui décroche un poste de surveillante dans son lycée. Loin de la scène, Maja commence lentement à retrouver goût à la vie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p> un film attachant, sensible et humain, qui montre que le désespoir n&rsquo;est pas une fatalité, et que le puits sans fond des émotions permet souvent de se relancer vers de nouvelles directions. </p>
</blockquote>



<p>Pour traiter ce fameux thème de la dépression, Eivind Landsvik s&rsquo;inspire de près ou de loin de la vie de Marie Ulven, que tous les fans de rock indé connaissent sous le nom de l&rsquo;excellente <strong>girl in red</strong>, ici extrêmement convaincante à l&rsquo;écran, jouant avec maestria de zones d&rsquo;ombre pour préserver la part d&rsquo;ambiguïté du personnage, mi-réel, mi-fictionnel. C&rsquo;est ainsi l&rsquo;histoire d&rsquo;une chanteuse de rock qui, après avoir connu l&rsquo;ivresse des salles de concert et de la renommée mondiale, se retrouve en plein burn out et panne sèche d&rsquo;inspiration. La tête basse, elle doit retourner chez sa mère et reprendre un emploi modeste de surveillante dans un lycée. La chute est brutale, le réveil rude. Mais au lieu d&rsquo;en faire un drame dépressif, Eivind Landsvik choisit de manière inspirée la voie de l&rsquo;humour pour désamorcer toutes les idées noires qui peuvent se présenter à l&rsquo;esprit sans avoir été invitées. Car il s&rsquo;agit bien davantage d&rsquo;un film de réconciliation avec soi-même et d&rsquo;ouverture aux autres.  </p>



<p>Maja surveille donc des élèves qui la reconnaissent parfois comme l&rsquo;ex-rock star qu&rsquo;elle était il n&rsquo;y a pas si longtemps. En léger décalage, elle sympathise avec ses collègues profs dont un interprété par Anders Danielsen Lie, le protagoniste d&rsquo;<strong>Oslo 31 août</strong>, qui s&rsquo;y connaît un peu en dépression, et un autre gros blagueur et faussement misogyne, équivalent norvégien de Seth Rogen.. C&rsquo;est par fines touches quotidiennes, que Maja, entre ses collègues aussi perdus qu&rsquo;elle, sa mère qui ne l&rsquo;a jamais réellement comprise, et des élèves partagés entre la déférence, l&rsquo;hostilité et l&rsquo;indifférence, va progressivement se reconstruire. Eivind Landsvik choisit de traiter cette trame sans le moindre coup de force scénaristique, en filmant les personnes au quotidien, dans leurs activités préférées, soit par exemple Maja quand elle va reprendre goût à la musique.</p>



<p><strong>Low expectations</strong> apparaît donc comme un film attachant, sensible et humain, qui montre que le désespoir n&rsquo;est pas une fatalité, et que le puits sans fond des émotions permet souvent de se relancer vers de nouvelles directions. Marie Ulven, à la fois athlétiquement forte et psychologiquement fragile dans le personnage de Maja, tout premier rôle au cinéma, a ainsi l&rsquo;occasion de montrer une palette de jeu insoupçonnée, entre abattement et enthousiasme. On y retrouve toute la subtilité du cinéma norvégien qui permet de traiter des thèmes les plus sombres avec une délicatesse de touche et un sens de l&rsquo;auto-dérision qui fait mouche. Comme disait Marilyn, « <em>si vous ne me supportez pas à mes pires moments, vous ne méritez pas ce que j&rsquo;ai de meilleur&rsquo;</em>.</p>



<p></p>



<p></p>



<p></p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>   Eivind Landsvik <br><strong>NATIONALITÉ :</strong> norvégienne <br><strong>GENRE </strong>: <strong> </strong>comédie dramatique <br><strong>AVEC : </strong>Marie Ulven, Anders Danielsen Lie, Snorre Kind Monsson, Tone Mostraum, Embla Berntsen<br><strong>DURÉE : </strong>1h45 <br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>UFO Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>14 octobre 2026 </pre>
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		<title>Le jour de son retour : comment être heureux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Poulet Pou]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2026 11:50:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une fois n’est pas coutume, racontons le pitch. Une actrice qui fut célèbre tente un comeback après une longue absence, en interprétant le rôle principal dans un petit film indé. La voici en tournée promo, pour trois entretiens face à des jeunes journalistes, venues l’une après l’autre la rencontrer dans un restaurant. Plus tard dans la journée, ces interviews — en réalité, des échanges à bâtons rompus plutôt que des questions/réponses — seront, au cours d’art dramatique où l’actrice s’est [&#8230;]</p>
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<p>Une fois n’est pas coutume, racontons le pitch. Une actrice qui fut célèbre tente un comeback après une longue absence, en interprétant le rôle principal dans un petit film indé. La voici en tournée promo, pour trois entretiens face à des jeunes journalistes, venues l’une après l’autre la rencontrer dans un restaurant. Plus tard dans la journée, ces interviews — en réalité, des échanges à bâtons rompus plutôt que des questions/réponses — seront, au cours d’art dramatique où l’actrice s’est inscrite, prétexte à un exercice théâtral.</p>



<p>Évacuons le côté formel/méta du film. Générique à BO ténue à l’ukulélé, dont les cordes sont plus que probablement pincées par Hong Sang-soo himself. Habituelle image quasi fixe en N&amp;B numérique — l’austérité de la mise en scène est telle que le moindre mouvement de caméra se fait remarquer — pour présenter plusieurs variations d’une même situation. Deux femmes causeront longuement, assises face à face à une table, avant d’être interrompues par la voix off du réalisateur du film. Il semble en effet que celui-ci tienne lieu d’attaché de presse, annonçant aux journalistes qu’il est temps de conclure. Plans de coupe où l’actrice, étrangement accroupie sur le trottoir, fait une pause vape à l’extérieur. Clins d’œil à l’œuvre — qu’on peut qualifier d’immense — de HSS. L’intrigue minimale prenant pour cadre le milieu du cinéma, les conversations autour d’une table plus ou moins garnie — ici, plutôt moins —, les variations à partir d’un même motif sont des traditions hongiennes bien établies. Le titre international <strong>The Day She Returns</strong> évoque par ailleurs <strong>The Day He Arrives</strong>, 2011 — <strong>Matins calmes à Séoul</strong>, en VF. Les comédiens font partie de la famille — en tête, la magnétique Song Seon-mi, qui apparaissait dans <strong>Matins calmes</strong>, et dans bien d’autres.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Rien n’est résolu, mais comme d’habitude chez HSS, ce bis bizarre rend plus nets les détails et rimes du film — délicats engrenages qui tournent longtemps dans la mémoire du spectateur.</p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Évacuons tout cela, que reste-t-il. Un étrange sentiment. C’est raccord avec la garniture de la table que nous évoquions précédemment, on se dit qu’on a là l’un des HSS les plus décharnés. Du reste, l’actrice indique à ses interlocutrices qu’elle est au régime. On s’interroge sur ce qui est dit pendant ces conversations. Est-ce du blabla de circonstance, est-ce que ça révèle, derrière le masque social,  quelque chose de la vie intérieure des personnages. Le réalisateur, qui insiste hors-champ pour raccompagner au métro chaque journaliste, est-il un artiste attentionné et sensible — comme semble le décrire sa star —, ou un gros dégueulasse. En miroir, il est possible de soupçonner son espèce de double, la prof de théâtre aux méthodes pourtant louées par son élève, de charlatanisme. De même, la star elle-même est-elle sincère dans ses propos, ou bien confite dans son égocentrisme. Ou les deux en même temps. Étrange plan sur une poubelle, couchée comme un cercueil sur un terre-plein, qui apparaît à l’écran après que le personnage a quitté les lieux, conduit à son cours par son factotum dans une luxueuse BM.</p>



<p>Lors de l’exercice théâtral final — l’image, qui était nette au restaurant, devient alors floue —, l’actrice revient sur ce qu’elle a dit, parfois plusieurs fois, de plusieurs manières différentes, aux journalistes. C’est comme un approfondissement imparfait, un énième ressassement, où la contradiction est de mise, à la recherche de quelque chose — mais quoi. Comment être heureux, peut-être. Il est question d’une expérience mystique, que le personnage tente vainement d’évoquer — se rendant bien compte qu’il est impossible de la communiquer à autrui. Rien n’est résolu, mais comme d’habitude chez HSS, ce bis bizarre rend plus nets les détails et rimes du film — délicats engrenages qui tournent longtemps dans la mémoire du spectateur.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Hong Sang-soo <br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  sud-coréenne<br><strong>GENRE </strong>: drame<br><strong>AVEC : </strong> Song Sunmi, Cho Yunhee, Park Miso<br><strong>DURÉE : </strong>1h24<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Carlotta Films <br><strong>SORTIE LE </strong>14 octobre 2026 </pre>
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		<title>Où vont les âmes ? : la décision de mourir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hanna Hromovetska]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Oct 2026 10:55:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après son documentaire Over My Dead Body, consacré à un chorégraphe dans l’attente d’une transplantation pulmonaire, l’actrice et réalisatrice canadienne Brigitte Poupart revient sur les questions liées à l’invasion chirurgicale dans son premier long métrage de fiction, Où vont les âmes ?, cette fois-ci — avec un défi pour le moins excentrique. Anna (Sara Montpetit), 18 ans, diagnostiquée d’un cancer en phase terminale incurable, a décidé de mettre fin à ses jours par suicide médicalement assisté. Mais avant que cela [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Après son documentaire <strong>Over My Dead Body</strong>, consacré à un chorégraphe dans l’attente d’une transplantation pulmonaire, l’actrice et réalisatrice canadienne Brigitte Poupart revient sur les questions liées à l’invasion chirurgicale dans son premier long métrage de fiction, <strong>Où vont les âmes ?</strong>, cette fois-ci — avec un défi pour le moins excentrique.</p>



<p>Anna (Sara Montpetit), 18 ans, diagnostiquée d’un cancer en phase terminale incurable, a décidé de mettre fin à ses jours par suicide médicalement assisté. Mais avant que cela n’ait lieu, elle souhaite retrouver une dernière fois ses deux demi-sœurs aînées, dont elle est séparée depuis que leur père (Jean Marchand) est allé en prison pour avoir commis une agression sexuelle. Déjà digne d’un véritable rollercoaster émotionnel, l’histoire ajoute à cela la présence constante d’Anna sur les réseaux sociaux, où elle diffuse en direct ses derniers jours devant un large public, tandis que son père semble à un pas d’être libéré de prison de manière anticipée — précisément pour voir sa fille avant qu’elle ne meure.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>En effet, le refus du film de recourir à des flashbacks mis en scène et son recours systématique à des dialogues interrompus en plein milieu, qui ne trouvent jamais de conclusion, ne rendent l’histoire que plus mystérieuse, et non plus attrayante.</p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Avec une intrigue initialement aussi tordue, le film se noie cependant dans son attention constante portée à la romantisation de la mort en question. Avec une direction artistique trop décorative, plutôt imprégnée de Pinterest, le film ressemble davantage à une publicité de mode ou à un clip musical qu’au genre qu’il cherche à être — principalement parce que la réalisatrice semble avoir accordé davantage d’importance à l’imagerie du film qu’à la cohérence de son récit.</p>



<p>Situé dans les 15 derniers jours de la vie d’Anna, le film manifeste l’inévitabilité de sa mort dès les premières scènes. Chaque détail à l’écran, chaque nouveau rebondissement contribue à démontrer le bien-fondé de la décision de l’héroïne. Bien que l’histoire soit constituée de nombreux drames familiaux et de secrets cachés, ceux-ci finissent par se noyer dans les émotions provoquées par les retrouvailles des sœurs. Les traumatismes passés, tout comme les événements qui les ont provoqués, ne sont jamais expliqués, seulement suggérés, ce qui laisse aux acteurs un espace limité pour exprimer suffisamment les émotions et permettre au spectateur de ressentir la moindre empathie. En effet, le refus du film de recourir à des flashbacks mis en scène et son recours systématique à des dialogues interrompus en plein milieu, qui ne trouvent jamais de conclusion, ne rendent l’histoire que plus mystérieuse, et non plus attrayante.</p>



<p>En guise de référence culturelle, dans la Grande-Bretagne victorienne, la tuberculose était elle aussi romantisée, au point de devenir une mode et même un culte, transformant un lent déclin en symbole de spiritualité et de beauté suprêmes. <strong>Où vont les âmes ?</strong> adopte la même approche de la décision d’Anna de mourir, mais offre difficilement une réflexion sur ce qui l’a provoquée, privilégiant l’esthétique au raisonnement qui la sous-tend.</p>



<p>Finalement, <strong>Où vont les âmes ?</strong> se compose de quelques touches superficielles apportées à des questions considérables, et plus celles-ci semblent controversées et complexes, moins le film semble se soucier de les traiter à la hauteur de leur complexité. Tout cela est néanmoins enveloppé dans des plans récurrents de la campagne canadienne — des images étranges, mais indéniablement accrocheuses.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-3"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:61%"></div></div><div class="score">2</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Brigitte Poupart<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Canada<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Monia Chokri, Sylvie Testud, Sara Montpetit<br><strong>DURÉE : </strong>2h 01min<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Wayna Pitch <br><strong>SORTIE LE </strong>14 octobre 2026</pre>
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		<title>La porte des dieux : une jeunesse en manque de perspectives</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Oct 2026 10:40:45 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Wang Toon qui a atteint l’âge honorable de 84 ans est réalisateur depuis 1981 après avoir été directeur artistique pour le cinéma. C’est là son avant-dernier film – il n’a plus tourné depuis 2015 &#8211; réalisé en 2002 et qui aura dû attendre tout ce temps pour trouver un distributeur en France qui veuille bien de lui. L’histoire se déroule entre Taïwan -d’où est originaire le cinéaste – et New-York. Elle nous raconte la vie quotidienne d’une famille dont les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Wang Toon qui a atteint l’âge honorable de 84 ans est réalisateur depuis 1981 après avoir été directeur artistique pour le cinéma. C’est là son avant-dernier film – il n’a plus tourné depuis 2015 &#8211; réalisé en 2002 et qui aura dû attendre tout ce temps pour trouver un distributeur en France qui veuille bien de lui. L’histoire se déroule entre Taïwan -d’où est originaire le cinéaste – et New-York. Elle nous raconte la vie quotidienne d’une famille dont les membres – essentiellement le père et son fils, Ah Hui &#8211; jouent dans une fanfare qu’on voit accompagner un enterrement dès les premières images du film, et de leurs amis jouant dans le même orchestre. Comédie bouffonne pour l’essentiel comme le montre cette séquence autour d’un billet de loterie où l’on veut faire croire à la mère qu’elle a gagné le gros lot, cette dernière chassant à coups de balai les protagonistes du stratagème. La famille a deux fils dont le cadet d’environ 16 ans, Ah Ming, est handicapé des jambes et ne marche pas sans ses béquilles. Il entretient dans une grande cage des pigeons qu’il recueille parfois blessés pour les soigner et leur redonner une seconde vie tandis qu’il rêve de briser la monotonie de ses jours en acquérant une moto aménagée pour s’échapper quand il en a envie.</p>



<p>Si les adultes s’accommodent du quotidien auquel ils sont voués, les plus jeunes rêvent à une existence meilleure, comme l’ami de Ah Hui qui est ouvrier-soudeur dans une usine de fabrication de portes blindées pour les particuliers et qui s’appelle Ah Gou. Et justement, il lorgne sur les portes du temple voisin qu’il entreprend de dérober avec Ah Hui, bien qu&rsquo;il en coûte à ce dernier qui refuse de prendre sa part du butin eu égard au caractère sacrilège de leur acte, pour les vendre à un antiquaire peu regardant sur l’origine des objets qu’on lui apporte. On retrouvera ces portes transportées ailleurs dans le film de façon quelque peu invraisemblable, la coïncidence étant un peu trop manifeste pour être vraie. Mais Ah Gou ne compte pas s’en arrêter là et l’appétit vient en mangeant. Il s’enquiert donc de commettre un nouveau larcin, toujours avec la complicité de Ah Hui. Et c’est à ce moment-là que le film bascule dans le drame.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>C’est cette mise bout à bout de scènes légères et enjouées avec d’autres relevant plus du drame de la jeunesse qui rend le film quelque peu bancal, empêchant que l’on s’investisse dans la trame du récit, le spectateur oscillant toujours d’un sentiment à un autre jusqu’à l’indifférence générale avant un bouquet final tonitruant versant quelque peu dans le mélo.</p>
</blockquote>



<p>Mais loin de s’en tenir à ce nouveau fil narratif et de le suivre précieusement, le film alterne en montage parallèle les frasques de la famille de Ah Hui à New York dans la plus pure tradition comique – là mère ne comprenant pas le langage des policiers qui cherchent à l’aider puis retrouvant les membres de l’équipée au pied de la Statue de la Liberté, à noter que le film a été tourné en 2001 et que l’on y voit les Twin Towers encore debout quelques mois avant leur effondrement – avec le parcours des deux jeunes garçons et leur trafic, sans que les deux séquences ne se rejoignent vraiment à aucun moment. C’est cette mise bout à bout de scènes légères et enjouées avec d’autres relevant plus du drame de la jeunesse qui rend le film quelque peu bancal, empêchant que l’on s’investisse dans la trame du récit, le spectateur oscillant toujours d’un sentiment à un autre jusqu’à l’indifférence générale avant un bouquet final tonitruant versant quelque peu dans le mélo. On a du mal à s’y retrouver et la cohérence du film en prend un coup. On aurait préféré que le réalisateur se focalise plus sur le trio de jeunes gens en approfondissant la misère sociale qui les enveloppe.</p>



<p>Car il y a un intérêt évident à voir évoluer ces trois personnages en quête d’une autre vie chacun avec ses rêves particuliers, avec ses difficultés et l’amitié voire l’amour qui les unit les uns aux autres. Misère sexuelle et sociale pour Ah Ming qui reste la plupart du temps cloîtré chez lui à moins que Ah Gou ne vienne le chercher en moto pour le balader dans Taipei en le déposant au passage chez le vétérinaire, ville mondialisée où les individus se perdent au milieu du trafic international et du monde industriel. Que dire de la routine qui guide les journées de Ah Hui obligé de suivre l’orchestre de son père éternellement voué à suivre des enterrements sans toujours avoir la certitude d’être payé au juste prix, et du travail de soudeur de Ah Gou qui s’est déjà blessé plusieurs fois dans l’exercice de son travail et qui se bat à la sortie des boîtes de nuit, tandis qu’il rend quotidiennement visite à son père dans le coma depuis son accident de voiture. Misère affective, sociale et sexuelle que le film aurait gagné à montrer dans ses profondeurs en adoptant le style plus réaliste que le cinéaste n’avait pourtant pas manqué de développer dans ses films précédents.</p>



<p></p>



<p></p>



<p></p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-6"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:40%"></div></div><div class="score">3</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>   Wang Toon<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Taïwan<br><strong>GENRE </strong>: <strong> </strong>Comédie dramatique<br><strong>AVEC : </strong>Chen Bor Jeng, Jiayu Chen, Lee Kang-sheng<br><strong>DURÉE : </strong>2h12<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Contre-jour Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>14 octobre 2026</pre>
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		<title>Ni vue ni connue : vis ma vie de figurant(e)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Oct 2026 09:58:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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<p>Depuis une vingtaine d&rsquo;années, Marc Fitoussi occupe une place spécifique, assez similaire à celle d&rsquo;un Pierre Salvadori : celle d&rsquo;une comédie d&rsquo;auteur à la française, bien écrite et mise en scène, avec un arrière-plan social. Parfois il a essayé de sortir de ce genre en se risquant dans d&rsquo;autres registres, la comédie dramatique (<strong>Maman a tort</strong>, avec la regrettée Emilie Dequenne), le thriller chabrolien <a href="https://movierama.fr/les-apparences-nest-pas-chabrol-qui-veut/">(<strong>Les Apparences</strong></a>), sans atteindre la même réussite. Sur ses quatre premiers films, toutes des comédies, Fitoussi s&rsquo;est également partagé entre ses deux comédiennes fétiches, Isabelle Huppert (<strong>Copa Cabana</strong>, <strong>La Ritournelle</strong>) et Sandrine Kiberlain (<strong>La Vie d&rsquo;artiste</strong>, <strong>Pauline détective</strong>). Rajoutons pour être complet, qu&rsquo;il a également tourné avec elles dans les épisodes qui leur étaient consacrés dans la série <strong>Dix pour cent</strong>, dont il a réalisé au moins la moitié des épisodes des 3ème et 4ème saisons. Son nouveau film, <strong>Ni vue ni connue, </strong>apparaît donc comme la somme de toutes ses influences et affections, réunissant ses deux actrices préférées et pratiquant la mise en abyme par rapport au cinéma, comme dans <strong><a href="https://movierama.fr/dix-pour-cent/">Dix pour cent</a></strong>.</p>



<p>Corinne Maclou est figurante. Elle enchaîne les tournages avec l’espoir d’être remarquée et de décrocher enfin un vrai rôle. Lorsque son chemin croise celui de Sandrine Kiberlain et qu’une relation commence à se nouer entre les deux, Corinne espère concrétiser son rêve. Mais la célèbre actrice va-t-elle vraiment l’aider à se faire une place au sein de la grande famille du cinéma ?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p> <strong>Ni vue ni connue, </strong>apparaît donc comme la somme de toutes les influences et affections de Fitoussi, réunissant ses deux actrices préférées et pratiquant la mise en abyme par rapport au cinéma, comme dans <strong><a href="https://movierama.fr/dix-pour-cent/">Dix pour cent</a></strong>. </p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Contrairement à <strong><a href="https://movierama.fr/dix-pour-cent/">Dix pour cent</a></strong>, où Fanny Herrero dirige une équipe de scénaristes, à laquelle Marc Fitoussi ne participe pas, <strong>Ni vue ni connue </strong>provient d&rsquo;une idée complètement originale de Fitoussi que lui seul a menée à bien, cette idée s&rsquo;inspirant néanmoins de la mise en abyme pratiquée de manière récurrente dans la série, c&rsquo;est-à-dire faire jouer à Isabelle Huppert un rôle de figurante de cinéma aux antipodes de son statut de grande comédienne et star reconnue, et la faire rencontrer Sandrine Kiberlain qui interprète, elle, son propre rôle (celui donc de Kiberlain, pas celui d&rsquo;Huppert). C&rsquo;est l&rsquo;occasion pour Marc Fitoussi de s&rsquo;amuser comme un petit fou à déverser des privates jokes et fines allusions sur la carrière d&rsquo;Huppert (le tournage de Madame Bovary, les pièces de Bob Wilson) et à lui donner le contre-emploi d&rsquo;une figurante qui court le cachet et ne cesse de distribuer ses C.V. aux metteurs en scène et acteurs reconnus avec l&rsquo;énergie du désespoir d&rsquo;une actrice qui n&rsquo;a jamais réussi à percer.</p>



<p>Si ce contre-emploi fonctionne plutôt bien, c&rsquo;est que Isabelle Huppert a souvent interprété des femmes « ordinaires », anonymes, au physique discret et passe-partout, comme Pomme, la protagoniste de<strong> La Dentellière</strong>, Violette Nozière ou Madame Bovary, héroïnes que seul un acte romanesque ou criminel faisait sortir de la grisaille du quotidien.  Grande actrice ultra-célébrée, Huppert s&#8217;empare avec délectation du personnage de Corinne Maclou (évidemment) pour en faire la petite soeur de ses collègues d&rsquo;infortune. Elle, Isabelle Huppert, qui a su profiter de toutes les opportunités pour mener une carrière d&rsquo;actrice d&rsquo;exception, parvient à se projeter sans la moindre difficulté dans ce reflet de double inversé, celle qu&rsquo;elle aurait pu devenir, si elle n&rsquo;avait pas eu le moindre succès.</p>



<p>Cet anti-portrait savoureux et malicieux n&rsquo;est pourtant pas que drôle. Comme souvent, chez Fitoussi, la comédie grince, laisse deviner un arrière-goût d&rsquo;amertume (l&rsquo;amitié contrariée des <strong>Cyclades</strong>) ou d&rsquo;émotion (la relation mère-fille à la ville et à l&rsquo;écran entre Huppert et Lolita Chammah, dans <strong>Copa Cabana</strong>, sans doute le meilleur film de Fitoussi). <strong>Ni vue ni connue</strong> est donc aussi un film sur l&rsquo;humiliation et quasiment de lutte des classes : les figurants qui se voient refuser l&rsquo;accès au buffet principal et se font engueuler comme du poisson pourri, à la différence des acteurs principaux, le mépris de classe de Vincent Dedienne à l&rsquo;égard de Corinne Maclou, les figurants qu&rsquo;on prive d&rsquo;eau au Maroc&#8230;</p>



<p><strong>Ni vue ni connue</strong> aurait pu se lancer dans la voie d&rsquo;un thriller psychopathe, orientation d&rsquo;ailleurs évoquée dans le dialogue, celle d&rsquo;une <strong>Valse des pantins </strong>ou d&rsquo;un <strong><a href="https://movierama.fr/joker-very-bad-bad-bad-trip">Joker</a></strong>, où l&rsquo;admiration dérive vers l&rsquo;obsession mortifère. Mais Marc Fitoussi a voulu rester dans le registre d&rsquo;une comédie bienveillante de bon aloi, écartant ou évoquant sans approfondir deux pistes pourtant passionnantes : celle de l&rsquo;amitié intéressée &#8211; alors que l&rsquo;amitié représente le summum du désintéressement &#8211; que Corinne exerce envers Sandrine Kiberlain avec l&rsquo;assentiment cordial de la victime, amitié intéressée qui représente 99% des rapports dans l&rsquo;univers du cinéma ; celle du constat effrayant et consternant que chacun est toujours le raté d&rsquo;une autre personne, y compris parmi ceux qu&rsquo;on croit à tort avoir réussi leur vie, Corinne Maclou la ratée de toutes les actrices connues, Anne Marivin (probablement ici dans son meilleur rôle car très proche de son statut réel), celle de Sandrine Kiberlain, et même Sandrine Kiberlain, une ratée par rapport à Diane Kruger. Ce constat à la Mankiewicz aurait pu mener <strong>Ni vue ni connue</strong> sur une toute autre voie, bien plus cruelle et escarpée, mais Fitoussi a préféré manier le sarcasme et l&rsquo;ironie avec tendresse et douceur, renchérir sur l&rsquo;amitié (vraie ou fausse) sororale et préserver ainsi l&rsquo;image de la « grande famille du cinéma ». </p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-6"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:40%"></div></div><div class="score">3</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Marc Fitoussi <br><strong>NATIONALITÉ :</strong> française <br><strong>GENRE </strong>: <strong> </strong>comédie <br><strong>AVEC : </strong>Isabelle Huppert, Sandrine Kiberlain, Anne Marivin, Diane Kruger, Vincent Dedienne, Thomas Jolly<br><strong>DURÉE : </strong>1h55 <br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Memento Distribution  <br><strong>SORTIE LE </strong>7 octobre 2026 </pre>
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		<title>The Social Reckoning : Facebook n&#8217;est pas la vérité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2026 17:18:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Seize ans se sont passés depuis la réalisation de The Social Network par David Fincher. A l&#8217;heure du numérique et des réseaux sociaux, Fincher a livré un biopic exceptionnellement réussi sur l&#8217;ascension d&#8217;un jeune étudiant de Harvard qui a inventé Facebook, un des réseaux sociaux majeurs de notre époque. Cette oeuvre qui prenait le pouls de l&#8217;Histoire en marche, quasiment sans retard sur l&#8217;actualité. on la devait aussi à un scénario brillant d&#8217;Aaron Sorkin d&#8217;après un essai de Ben Mezrich. [&#8230;]</p>
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<p>Seize ans se sont passés depuis la réalisation de <strong>The Social Network</strong> par David Fincher. A l&rsquo;heure du numérique et des réseaux sociaux, Fincher a livré un biopic exceptionnellement réussi sur l&rsquo;ascension d&rsquo;un jeune étudiant de Harvard qui a inventé Facebook, un des réseaux sociaux majeurs de notre époque. Cette oeuvre qui prenait le pouls de l&rsquo;Histoire en marche, quasiment sans retard sur l&rsquo;actualité. on la devait aussi à un scénario brillant d&rsquo;Aaron Sorkin d&rsquo;après un essai de Ben Mezrich. Seize ans plus tard, c&rsquo;est donc Aaron Sorkin qui reprend le flambeau pour poursuivre cette histoire de l&rsquo;évolution de Facebook. Ce n&rsquo;est plus le temps de la jeunesse et de la création mais un quart de siècle plus tard, celui de la remise en question, des doutes et d&rsquo;une potentielle autocritique. <strong>The Social Reckoning </strong>n&rsquo;est pas véritablement une suite du film de Fincher, le personnage de Zuckerberg se trouvant en fait à la périphérie de l&rsquo;histoire. Il s&rsquo;agit plutôt d&rsquo;une enquête journalistique, une oeuvre d&rsquo;investigation dans la lignée des <strong>Hommes du Président</strong> ou de <strong>Spotlight</strong>, sur les failles et béances du système Facebook, à travers l&rsquo;alliance inédite entre une lanceuse d&rsquo;alerte, ingénieure informatique, et un journaliste du Wall Street Journal, spécialisé en politique mais peu familier de la technologie.</p>



<p>En 2021, Frances Haugen, employée de Facebook, alerte à propos des <em>Facebook Files</em> le journaliste d&rsquo;investigation Jeff Horwitz. Ensemble, ils vont mener une enquête qui va révéler au grand jour plusieurs secrets de l&rsquo;entreprise et de son créateur Mark Zuckerberg.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Ce n&rsquo;est donc plus le portrait d&rsquo;un homme controversé, le créateur de Facebook, mais la critique du système qu&rsquo;il a créé. </p>
</blockquote>



<p>Contrairement aux apparences, <strong>The Social Reckoning</strong> n&rsquo;est pas une suite de <strong>The Social Network</strong>, mais une nouvelle mise en perspective. Une membre de la société Facebook s&rsquo;interroge ici sur les défaillances et les dérives de son organisation et, bien que adorant Facebook, finit par devenir une lanceuse d&rsquo;alerte. Ce n&rsquo;est donc plus le portrait d&rsquo;un homme controversé, le créateur de Facebook, mais la critique du système qu&rsquo;il a créé. </p>



<p>Certes, stylistiquement, Aaron Sorkin a repris le même directeur de la photographie, Jeff Cronenweth, que dans <strong>The Social Network</strong>, qui persiste et signe dans le choix de couleurs froides, même si cela apparaît un peu moins systématique que dans le précédent opus. Sorkin excelle aussi à nouveau dans la construction temporelle de son récit, à coups de flash-backs et de flash-forwards (reprenant le chemin de fer temporel de <strong>Person of Interest</strong>), et dans la rédaction de punchlines, marque de son écriture scénaristique qui respire à chaque ligne l&rsquo;intelligence. Néanmoins, étant réalisateur depuis désormais une dizaine d&rsquo;années après avoir été longtemps scénariste pour le cinéma et créateur de séries, il ne se départit pas d&rsquo;un style classique, peu original mais efficace, que l&rsquo;on avait déjà remarqué dans ses précédents films (<strong>Le Grand Jeu</strong>, <strong>Les Sept de Chicago</strong>). Il ne faut pas donc espérer de son film la virtuosité abstraite de Fincher qui parvenait à encercler par le montage et la mise en scène la personne de Zuckerberg entre des va-et-vient temporels, de manière à l&rsquo;acculer à une certaine vérité.</p>



<p>Ici, ce n&rsquo;est pas tant la vérité d&rsquo;un homme qui est approchée, même si Jeremy Strong se révèle être assez impressionnant, en pantin dont l&rsquo;âme a définitivement été gangrénée par le cynisme. Non, c&rsquo;est le système créé par cet homme qui est remis en question : dans une vidéo diffusée sur Facebook, Frances Haugen (Mikey Madison, la révélation d&rsquo;<strong><a href="https://movierama.fr/anora-la-beaute-des-marges/">Anora</a></strong>, excellentissime dans un rôle de lanceuse d&rsquo;alerte, même si elle ressemble peu à son modèle réel), ingénieure chez Facebook, va reconnaître une ancienne amie progressiste qui a sombré dans les pires considérations d&rsquo;extrême droite. A partir de là, elle va établir que 64% des personnes qui se sont inscrites dans ce type de groupes sur Facebook l&rsquo;ont fait à partir de recommandations venant de Facebook. Constatation hallucinante qui indique donc que l&rsquo;algorithme prédispose à des recommandations clivantes et souvent extrêmistes. Par la mise en perspective de réunions en parallèle dirigées par Zuckerberg, on apprendra que le fait de mettre en avant ces recommandations était tout à fait volontaire, résultant d&rsquo;un choix cynique de ne pas perdre de part de marché ni d&rsquo;audience. Au-delà de son idéal autoproclamé de réunion des proches et de communautés d&rsquo;idées, de goûts et de pensées, Facebook, vu par Sorkin, est surtout devenu une immense machine à fric. On peut y rester à condition de garder son esprit critique. Or 43% des adultes s&rsquo;informent uniquement à travers Facebook, ce qui fait franchement peur au vu des « informations » distillées à des esprits trop naïfs..</p>



<p>C&rsquo;est donc l&rsquo;alliance paradoxale de deux solitaires, une lanceuse d&rsquo;alerte au départ fan de Facebook, et un journaliste presque allergique à la technologie (GPS, messages cryptés, réseaux sociaux), qui va s&rsquo;en prendre à l&rsquo;un des empires numériques les plus importants du monde. Cet opus ne décrit pas la chute du système qui n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas arrivée dans la réalité, mais sa remise en question. Suite aux révélations de Frances Haugen, Facebook s&rsquo;est rebaptisé Meta pour obtenir à peu de frais une nouvelle virginité technologique, a perdu un peu d&rsquo;audience, mais finalement n&rsquo;a rien changé à sa politique de vérification des contenus présents sur sa plateforme, soit le néant absolu. Il manque sans doute un troisième volet à cette histoire d&rsquo;ascension, puis de critique, celui d&rsquo;une chute dont, pour l&rsquo;instant, il serait prématuré de commencer l&rsquo;anatomie.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>   Aaron Sorkin <br><strong>NATIONALITÉ :</strong> américaine <br><strong>GENRE </strong>: <strong> </strong>drame, <br><strong>AVEC : </strong>Mikey Madison, Jeremy Allen White, Jeremy Strong<br><strong>DURÉE : </strong>1h52 <br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Sony Pictures Releasing France <br><strong>SORTIE LE </strong>7 octobre 2026 </pre>
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		<title>Les chroniques de Darko &#8211; Butterfly Jam : la masculinité à l’épreuve</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2026 00:39:46 +0000</pubDate>
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<p class="has-drop-cap">C’est le quatrième long-métrage du réalisateur originaire de Naltchik, capitale de la République autonome de Kabardino-Balkarie, autrefois la Tcherkessie. Le cinéaste a été obligé de fuir la Russie pour avoir manifesté son désaccord avec la guerre menée par son pays en Ukraine. L’histoire se situe donc à Newark, dans la banlieue de New-York, et le film a été entièrement filmé aux États-Unis en langue anglaise. Conçu à l’origine comme un hommage à ses compatriotes originaires de Kabardie, il a donc dû s’adapter à sa nouvelle situation. Il a été présenté à la Quinzaine des Cinéastes dont il a fait l’ouverture au Festival de Cannes. Les tcherkesses sont un peuple guerrier où les hommes portaient tous les armes et les enfants, tant les filles que les garçons, étaient entraînés à devenir des combattants. Il n’est donc pas innocent que le film porte sur la force virile à travers la lutte que pratique Pyteh, le jeune garçon de 16 ans qui est le héros de ce film d’initiation. Son père Azik tient un restaurant traditionnel avec sa sœur Zalya qui est enceinte.</p>



<p>Car les femmes jouent un rôle d’apaisement dans une histoire dominée par l’amitié virile qu’entretient Azik avec ses amis, jouant au poker autour d’une bonne bouteille d’alcool, s’enivrant dans les bars tout en essayant de séduire les femmes, et rêvant d’élargir la palette des plats proposés par le restaurant. Justement un certain Aslan cherche un cuisinier pour travailler dans le restaurant de luxe qu’il envisage d’ouvrir bientôt. Azik est tenté par l’aventure mais doit d’abord y réfléchir avant d’opter pour un choix qui changerait son existence. De son côté, Pyteh s’entraîne régulièrement à la lutte et gagne combat sur combat, envisageant d’atteindre le niveau national. Le film suit en parallèle le père et le fils dont la trajectoire s’apparente à un récit d’apprentissage, voire d’initiation à l’amour. En effet, son père l’amène d’abord chez une prostituée mais c’est à une scène d’échec que l’on assiste pour mieux envisager les sentiments qu’il commence à éprouver pour une jeune lutteuse de son club.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Et l’histoire donne l’impression de vouloir signifier la vanité des hommes à mettre en avant leur masculinité en toute occasion</p>
</blockquote>



<p>Les deux jeunes gens flirtent ensemble et apprennent à se connaître en se côtoyant. Et l’on sort alors du cercle vicieux qui entraîne les personnages masculins à s’éprouver sans cesse les uns les autres pour savoir qui sera le plus fort physiquement et mentalement. C’est d’ailleurs une sortie de Pythe à son père qui enclenchera la machinerie du drame qui survient dans la seconde partie du film. Azik renonce au défi qui l’attend et son fils le lui fait remarquer. Dur pour un père d’être ainsi mis à l’épreuve par son propre fils. Le film tourne ainsi peut-être vainement autour de cette quête de masculinité dont on cherche sans cesse à repousser les limites. Les relations entre hommes sont viciées par cette fierté qui va jusqu’à se fixer sur un objet misérable. Azik s’empare d’un oiseau qu’il veut offrir à Zalya et s’en fait un honneur. Les visages des deux jeunes gens éclairent quelque peu la tonalité sombre de l’image du film.</p>



<p class="has-drop-cap">La rédemption sera de toute façon livrée par l’enfant à naître qui balaiera le drame d’un trait de plume. Et l’histoire donne l’impression de vouloir signifier la vanité des hommes à mettre en avant leur masculinité en toute occasion ; les scènes répètent à l’envi la même thématique et les personnages ne progressent pas vraiment comme on le voudrait, si ce n’est que Pyteh trouve une issue à toute cette grisaille dans l’amour qu’il porte à sa jeune compagne. L’interprétation des acteurs est au diapason, notamment celle de Barry Keoghan que l’on retrouve après son rôle de père <em>borderline</em> dans <a href="https://movierama.fr/bird-lenvolee-poetique-dandrea-arnold/"><strong>Bird</strong> </a>(2024) de Andrea Arnold.</p>
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