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	<title>CINEMA - MovieRama - Nouvelles images, Nouvelles critiques</title>
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		<title>L&#8217;objet du délit : folie bourgeoise</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 17:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cela fait huit ans que Agnès Jaoui n&#8217;avait pas réalisé de film, sa dernière oeuvre en salle étant Place publique (2018). Entre-temps, en 2022, elle a en effet réalisé quelques épisodes de la série En thérapie, pour Arte et surtout est survenue en 2021 la disparition brutale de son partenaire d&#8217;écriture et ex-compagnon Jean-Pierre Bacri, comédien très aimé du grand public français. Le retour d&#8217;Agnès Jaoui au cinéma, en tant que réalisatrice, est donc en soi un petit événement. Pour [&#8230;]</p>
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<p>Cela fait huit ans que Agnès Jaoui n&rsquo;avait pas réalisé de film, sa dernière oeuvre en salle étant <strong>Place publique</strong> (2018). Entre-temps, en 2022, elle a en effet réalisé quelques épisodes de la série <strong>En thérapie</strong>, pour Arte et surtout est survenue en 2021 la disparition brutale de son partenaire d&rsquo;écriture et ex-compagnon Jean-Pierre Bacri, comédien très aimé du grand public français. Le retour d&rsquo;Agnès Jaoui au cinéma, en tant que réalisatrice, est donc en soi un petit événement. Pour son grand retour, elle a choisi d&rsquo;évoquer un cas de harcèlement dans un contexte assez singulier, la mise en scène d&rsquo;opéra, l&rsquo;occasion pour elle de confronter cette situation à la diversité des opinions et au fossé des générations.  </p>



<p>Dans les coulisses d’une ambitieuse production de l’opéra «Les Noces de Figaro», les tensions montent lorsqu’une accusation d’agression sexuelle éclate, mettant en péril<br>la production et forçant chacun à prendre position. Les conflits d’opinion et de génération se font jour&#8230;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Le tout, satirique et caricatural à souhait, est enrobé par les ornementations musicales de Mozart, transformant l&rsquo;ensemble en divertissement de bon aloi, dénué de profondeur et de réflexion. </p>
</blockquote>



<p>Le film commence de manière très bancale. Une influenceuse, Mirabelle, est catapultée metteuse en scène d&rsquo;opéra et est chargée d&rsquo;organiser le spectacle des <strong>Noces de Figaro</strong> de Mozart, d&rsquo;après la célèbre pièce de Beaumarchais au titre presque éponyme. Interviewée à la radio, elle ne cesse de débiter des banalités affligeantes sur le patriarcat, d&rsquo;une voix mal assurée, voire des contresens, en qualifiant Mozart de féministe avant la lettre. Quelques instants plus tard, deux chanteuses, recrutées pour Les Noces de Figaro, Cora (Eye Haidara) et Sophie (Tiphaine Daviot) se disputent sur scène lors de répétitions, à la suite d&rsquo;une déclaration maladroite de Sophie, se félicitant du recrutement de Cora, au nom de la diversité. Cora prend très mal cette défense implicite des quotas, ce qui fait que Sophie ne cesse de s&rsquo;excuser platement. Continuons par un autre exemple : Daniel Auteuil jouant le chef d&rsquo;orchestre, se réjouissant à tue-tête de ne pas se retrouver sur une liste d&rsquo;agresseurs sexuels présumés. Enfin finissons sur des phallus géants se trouvant sur la scène de l&rsquo;opéra, en guise d&rsquo;oripeaux vacillants de la masculinité, dignes de Folies bourgeoises, l&rsquo;un des pires films de Claude Chabrol ou des nanars de Tinto Brass. On pensait se trouver dans un film d&rsquo;Agnès Jaoui ; on se retrouve dans un maelstrom de blagues sexistes et de sous-entendus racistes censés être désamorcés par l&rsquo;humour et le sens de la dérision. Là où on espérait de la complexité et de la nuance, les séquences s&rsquo;enchaînent avec la subtilité d&rsquo;une auto-tamponneuse. </p>



<p>Pourtant, loin de nous l&rsquo;idée d&rsquo;accuser Agnès Jaoui d&rsquo;antiféminisme. Féministe, elle l&rsquo;a été très profondément, convertissant même Jean-Pierre Bacri, misogyne au départ, à sa cause. Mais depuis elle a pris ses distances avec le collectif 50/50 en raison de l&rsquo;affaire Favreul/Beausson-Diagne, du nom d&rsquo;une ex-administratrice du collectif, Juliette Favreul, accusée de harcèlement sexuel, puis ensuite relaxée. Dans son film, Agnès Jaoui tente en vain de réconcilier toutes les parties, de considérer les plaintes des victimes mais aussi les excuses des coupables., solidaires d&rsquo;un ordre antérieur persistant. Ce parti pris humain, voire humaniste, finit par porter tort au parti des victimes, car, considérés avec bienveillance, les agresseurs sont finalement exemptés de toute responsabilité individuelle, étant eux-mêmes victimes d&rsquo;un système global, le fameux patriarcat. En dépit de toutes ses bonnes intentions, Agnès Jaoui finit donc par s&rsquo;enliser dans une caricature creuse du débat #MeToo, et donner à penser sous l&rsquo;égide de Mozart, que les revendications féministes sont amenées à continuer, y compris dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>Le tout, satirique et caricatural à souhait, est enrobé par les ornementations musicales de Mozart, transformant l&rsquo;ensemble en divertissement de bon aloi, dénué de profondeur et de réflexion. Passons sur le fait un peu gênant que le play-back des comédiens sur une bande-son de chanteurs d&rsquo;opéra s&rsquo;avère un désastre complet, en raison du décalage permanent entre l&rsquo;ouverture des lèvres et le son censé en sortir. Néanmoins on ne peut s&#8217;empêcher de penser que le choix de l&rsquo;opéra, pour traiter de #MeToo, n&rsquo;est ni représentatif ni judicieux et sert davantage à ensommeiller et adoucir les consciences, plutôt qu&rsquo;à les réveiller. </p>



<p> Seul point positif du film, la révélation de jeunes actrices, Eye Haidara (déjà vue dans <strong>Le Sens de la fête </strong>et <strong>En thérapie</strong>), Lucie Gallo et Tiphaine Daviot (la série <strong>HP</strong>) qui tirent leur épingle du jeu d&rsquo;un film emberlificoté dans ses contradictions et ses caricatures. L&rsquo;Objet du délit est dédié à Jean-Pierre (Bacri). On pourrait croire que l&rsquo;absence du co-auteur de prédilection d&rsquo;Agnès Jaoui serait la principale cause de l&rsquo;échec de ce film. C&rsquo;est peut-être le cas mais rappelons à tout bon entendeur que l&rsquo;ensemble des films postérieurs au <strong>Goût des autres </strong>(César du meilleur film en 2001), co-scénarisés à l&rsquo;époque par Jean-Pierre Bacri, n&rsquo;ont guère laissé de traces mémorables, contrairement à<strong> Cuisine et dépendances</strong>,<strong> Un air de famille</strong> et les films scénarisés pour Alain Resnais. Il en sera de même pour<strong> L&rsquo;Objet du délit</strong>, dont on aurait aimé pourtant dire du bien. </p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-3"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:70%"></div></div><div class="score">1.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATRICE :</strong> Agnès Jaoui<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  française <br><strong>GENRE </strong>: comédie dramatique, musical, <br><strong>AVEC : </strong>Agnès Jaoui, Daniel Auteuil, Claire Chust, Lucie Gallo, Eye Haidara, Tiphaine Daviot<br><strong>DURÉE : </strong>2h13 <br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>StudioCanal <br><strong>SORTIE LE </strong>27 mai 2026</pre>
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		<title>Colony : ce qui nous relie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 16:35:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De ses premiers pas à aujourd&#8217;hui, la figure du zombie s&#8217;est régulièrement réinventée au cinéma. Un genre en mutation permanente, dont le cinéaste sud-coréen Sang-ho Yeon a contribué à redonner des lettres de noblesse avec l&#8217;énergique et surprenant Dernier train pour Busan en 2016. Après le décevant Peninsula, le réalisateur nous revient avec une nouvelle itération du genre, Colony. Une œuvre politique, dans l&#8217;air du temps, qui interroge nos responsabilités individuelles et collectives à l&#8217;heure des pandémies. Balisé, mais efficace. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>De ses premiers pas à aujourd&rsquo;hui, la figure du zombie s&rsquo;est régulièrement réinventée au cinéma. Un genre en mutation permanente, dont le cinéaste sud-coréen Sang-ho Yeon a contribué à redonner des lettres de noblesse avec l&rsquo;énergique et surprenant <strong>Dernier train pour Busan</strong> en 2016. Après le décevant <strong><a href="https://movierama.fr/peninsula-de-chair-et-surtout-dos/" type="post" id="1821">Peninsula</a></strong>, le réalisateur nous revient avec une nouvelle itération du genre, <strong>Colony</strong>. Une œuvre politique, dans l&rsquo;air du temps, qui interroge nos responsabilités individuelles et collectives à l&rsquo;heure des pandémies. Balisé, mais efficace.</p>



<p>Dans un immeuble au cœur de Séoul, une mystérieuse contamination se répand. Une simple morsure suffit pour devenir un être violent et dénué de conscience. Face à cette situation, les autorités décident de boucler le gratte-ciel : personne ne peut s&rsquo;échapper. Les survivants se retrouvent piégés, ils doivent rester solidaires pour espérer s&rsquo;en sortir. Malheureusement pour eux, leurs stratagèmes sont rapidement mis à mal par les infectés, de plus en plus rapides et intelligents. Ils apprennent, mais comment ? Une lutte pour survivre s&rsquo;engage entre les deux groupes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Une œuvre politique, dans l&rsquo;air du temps, qui interroge nos responsabilités individuelles et collectives à l&rsquo;heure des pandémies</p>
</blockquote>



<p>Dans <strong>Colony</strong>, tout part d&rsquo;un malentendu : « les tragédies naissent d&rsquo;une mauvaise communication », peut-on entendre à plusieurs reprises. Le partage d&rsquo;information est le nerf de la guerre dans le film de Sang-ho Yeon, il fait et défait les alliances. L&rsquo;originalité du film tient dans la façon dont les zombies interagissent entre eux : ils ne sont pas une simple force de la nature, ils sont une civilisation en devenir, unie par un esprit commun. Ils forment une unité. Si l&rsquo;un d&rsquo;eux entend ou voit un survivant, il peut immédiatement partager l&rsquo;information par un réseau similaire à celui du « blob », cet intrigant organisme unicellulaire. Une interconnexion qui rend difficile, voire impossible, tout malentendu entre les membres d’un même groupe. Au passage, elle supprime aussi toute individualité : seule compte la pensée du chef autoritaire de la colonie. Le film oppose trois sphères à cette nouvelle humanité : politique, scientifique et publique. Chacune dispose de ses propres pouvoirs d’action, ses rôles et ses ordres. Le gratte-ciel se transforme en laboratoire social où le cinéaste questionne les choix et responsabilités de chacune de ces sphères. Les zombies sont le miroir de nos propres failles : l’effet de groupe peut nous rendre monstrueux. Vaut-il mieux être seul que mal accompagné ? Qui doit endosser la responsabilité d&rsquo;un choix aux conséquences collectives ? Apprend-on réellement de nos erreurs ? Les questions soulevées par le film sont aussi nombreuses que stimulantes.</p>



<p>Plus qu&rsquo;un parallèle avec la pandémie du Covid, <strong>Colony </strong>est une œuvre sur la difficulté de communiquer dans un monde saturé d&rsquo;enjeux sociétaux et individuels. Selon l’information dont nous disposons à un moment donné, une personne à secourir peut devenir une victime collatérale : une perte justifiée par un plus grand dessein. Là où Peninsula péchait par excès, privilégiant le grand spectacle à la profondeur de ses thématiques, <strong>Colony </strong>parvient à trouver un meilleur équilibre entre le fond et la forme. Dommage toutefois que la réalisation soit aussi balisée, manquant de mordant et d&rsquo;originalité, malgré quelques séquences bien trouvées. Nous sommes globalement en terrain connu, entre lieux communs et comportements attendus. Là où Sang-ho Yeon tire son épingle du jeu, c’est dans la façon dont il donne vie à son idée de colonie interconnectée, notamment grâce à l’excellent travail sonore du film. Un honnête et pertinent divertissement horrifique.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Sang-Ho Yeon<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Corée du Sud<br><strong>GENRE </strong>: Horreur<br><strong>AVEC : </strong>Gianna Jun, Kyo-hwan Koo, Ji Chang-Wook<br><strong>DURÉE : </strong>2h02<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>ARP Sélection<br><strong>SORTIE LE </strong>27 mai 2026</pre>
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		<title>Father : dans l’œil du cyclone</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 12:07:55 +0000</pubDate>
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<p>Le film a été présenté pour la première fois à la Mostra de Venise en 2025 pour le prix Orizzonti du meilleur film. Il obtient l’œil d’Or du meilleur long-métrage au Festival du Film de Zurich et celui du meilleur film au Festival de Stockholm. La réalisatrice slovaque, habitant entre Prague et New-York, aborde un sujet particulièrement difficile qui met à contribution tout le talent possible des acteurs mais nécessite aussi un scénario à l’écriture subtile. Michal et Zuzka forment un couple heureux et solidement établi dans la société. Lui est directeur d’un journal dont l’avenir est en balance et il doit gérer l’arrivée dans son équipe d’une personnalité chargée d’apurer la situation comptable. Elle travaille aussi de son côté. Ils ont une petite fille de deux ans, Dominika, qu’ils chérissent plus que tout. Le début du film nous montre la complicité évidente du père avec sa petite fille et les efforts qu’il fait pour lui être agréable. Il a d’ailleurs acheté un tout nouveau siège enfant pour elle car il doit l’emmener en voiture jusqu’à la crèche. Le film procède par longs plans-séquences du point de vue du père&nbsp;: nous vivons les évènements avec lui, proche de lui et comme à sa place.</p>



<p>La première partie du film, avant que ne survienne le drame, nous plonge dans le quotidien de Michal qui court à pied, prend sa douche, s’habille, s’occupe de Dominika, l’installe dans sa voiture et prend la route du journal. S’ensuivent une série d’actions aussi nombreuses que diverses où on assiste à une concentration du temps ou plutôt au resserrement d’un grand nombre d’actions dans un temps relativement court, qui souligne le caractère préoccupé, voire très occupé, de la journée de Michal. Ceci interviendra <em>a posteriori</em> comme une façon à visée explicative de déterminer le drame. Encore une fois, nous vivons les choses de l’intérieur et en accord avec son regard nous croyons voir ce qu’il perçoit comme la réalité. Une réalité trompeuse en vérité qui est à l’origine du drame. Celui-ci est sans doute le plus affreux que l’on puisse connaître et engage la responsabilité de Michal qui n’en peut mais de se sentir coupable malgré l’explication clinique du phénomène. En effet, ce dernier passe par toutes les phases du deuil, de la culpabilité à la dépression en passant par une tentative d’auto-justification de son geste. Nous suivons avec la caméra en gros plan et scrutons les moindres émotions du personnage, nous rendant solidaires de son destin.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>La publicité organisée autour de ce genre d’affaires laisse ici place au sentiment des acteurs du drame eux-mêmes et le film investigue à travers les réactions des personnages ce qu’on peut ressortir de ce type d’évènement</p>
</blockquote>



<p>La conception de ces longs plans-séquences a demandé une extrême précision et une préparation intense pour prévoir tous les mouvements de caméra afin de les synchroniser avec le mouvement des acteurs en plein jeu, passant d’une voiture en marche à la steadycam puis à une grue. Au moment du procès, Michal ressent comme une sensation de vertige et la caméra s’égare parmi les hauteurs de la salle tandis que le bruit extérieur à la source duquel va chercher la caméra en visant à travers la fenêtre fait entendre des cris d’enfants qui jouent, soulignant le manque affectif dont souffre Michal tout en rappelant de façon obsessionnelle le drame. La question reste de savoir si le couple – ou comment – va traverser cette crise brutale. Mais à aucun moment le film ne porte de jugement sur les personnages, nous laissant libres de réfléchir à ce que nous aurions fait à leur place et si la même chose pourrait nous arriver.</p>



<p>La publicité organisée autour de ce genre d’affaires laisse ici place au sentiment des acteurs du drame eux-mêmes et le film investigue à travers les réactions des personnages ce qu’on peut ressortir de ce type d’évènement, car il est aussi une histoire d’amour et celle d’un couple qui doit faire face à l’impensable avec le déchirement personnel que cela implique : Michal en appelle même à la sévérité de la justice contre lui-même, portant tout le poids de la culpabilité sur ses épaules et la relation de couple avec Zuzka est entièrement remise en question. La pression extérieure est intense et se fait durement ressentir avec l’étreinte exercée par les journalistes sur Michal et son procès, par le public – à travers Internet ou le vieil homme qui porte une pancarte – ainsi même que par sa collaboratrice du journal qui vitupère contre lui alors qu’elle se croit à l’abri d’être entendue. Mais il faut bien dire que cette attaque en règle se brise contre l’humanité du personnage de Michal et l’amour qu’il porte en lui pour sa fille comme pour sa compagne. Une exploration des pensées et des sentiments les plus intimes que peut vivre un homme en plein drame.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Tereza Nvotova<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Slovaquie, République tchèque, Pologne<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Milan Ondrik, Dominika Moravkova, Peter Bebjak<br><strong>DURÉE : </strong>1h42<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Epicentre Films<br><strong>SORTIE LE </strong>27 mai 2026</pre>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/father-dans-loeil-du-cyclone/">Father : dans l’œil du cyclone</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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		<title>Cannes 2026 : bilan, analyse et décryptage. A l&#8217;Est rien de nouveau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 11:25:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVALS]]></category>
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		<category><![CDATA[Tous les évènements]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette année a vu le triomphe du cinéma européen, en particulier de l&#8217;Est pour le haut du palmarès, au dernier Festival de Cannes 2026. Lors de notre présentation de la compétition de la Sélection Officielle, nous avions regroupé en quatre subdivisions les films sélectionnés : films français et affiliés (réalisés en France, avec des acteurs français par des metteurs en scène étrangers), films américains, films asiatiques et enfin films européens. Autant le reconnaître tout de suite, ce fut une déferlante [&#8230;]</p>
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<p class="has-drop-cap">Cette année a vu le triomphe du cinéma européen, en particulier de l&rsquo;Est pour le haut du palmarès, au dernier Festival de Cannes 2026. Lors de notre présentation de la compétition de la Sélection Officielle, nous avions regroupé en quatre subdivisions les films sélectionnés : films français et affiliés (réalisés en France, avec des acteurs français par des metteurs en scène étrangers), films américains, films asiatiques et enfin films européens. Autant le reconnaître tout de suite, ce fut une déferlante pour les films européens :<a href="https://movierama.fr/fjord-particularites-de-leducation-nationale"> <strong>Fjord</strong></a> (Palme d&rsquo;or), le film roumano-norvégien de Cristian Mungiu, <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev">Minotaure</a></strong> (Grand Prix du Jury), le film russo-letton de Zviaguintsev,<a href="https://movierama.fr/fatherland-le-chronotope-perdu/"> <strong>Fatherland </strong></a>du polonais Pawel Pawlikowski (Prix de la mise en scène ex aequo), <strong><a href="https://movierama.fr/la-bola-negra-un-drame-gay-espagnol-de-80-ans-impregne-de-poesie/">La Bola Negra</a></strong>, le film espagnol des Javis (Prix de la mise en scène ex aequo), <strong><a href="https://movierama.fr/coward-la-fleur-au-fusil">Coward </a></strong>(prix d&rsquo;interprétation masculine ex aequo) du jeune prodige belge Lukas Dhont, et <strong><a href="https://movierama.fr/laventure-revee-archeologie-des-temps-obscurs/">L&rsquo;Aventure rêvée</a></strong> (Prix du Jury) de l&rsquo;allemande Valeska Grisebach, qui ont trusté les prix les plus importants, bien plus que pour le cinéma français qui, en dépit d&rsquo;une très forte présence (5 films + 3 affiliés, soit plus du tiers de la compétition), dut se contenter d&rsquo;un unique Prix du Scénario de consolation pour le valeureux <strong><a href="https://movierama.fr/notre-salut-marre-de-cette-epoque/">Notre Salut</a></strong>, d&rsquo;Emmanuel Marre, le favori de la presse&#8230;française! Mentionnons également le Prix d&rsquo;interprétation ex aequo décerné à Virginie Efira et Tao Okamoto pour <strong><a href="https://movierama.fr/soudain-le-bouleversant-melodrame-humaniste-de-ryusuke-hamaguchi/">Soudain</a></strong>, le film franco-japonais de Ryusuke Hamaguchi, l&rsquo;un des grands favoris cannois avant le début du Festival, qui doit également se satisfaire d&rsquo;un prix périphérique. Le cinéma asiatique a aussi été réduit à la part congrue, ce qui ne laisse guère de doute sur l&rsquo;objectivité et l&rsquo;intégrité du président Park Chan-wook.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="429" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-1024x429.jpg" alt="" class="wp-image-52560" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-1024x429.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-300x126.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-768x322.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-1536x643.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-770x322.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-1400x586.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2-1320x553.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/fjord_2.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Sebastian Stan et Renate Reinsve dans Fjord de Cristian Mungiu </figcaption></figure>



<p></p>



<p>Globalement, ce Palmarès du 79ème Festival de Cannes récompense les films les plus salués par la critique et le public au cours de la quinzaine, ceux qui étaient annoncés comme les favoris le dernier jour du Festival, en évitant les films trop personnels ou clivants. Ces films répondent presque tous à un profil assez précis, celui du film d&rsquo;auteur européen sérieux et grave à forte thématique sociétale, politique ou historique. Cette ligne représentée surtout par <strong><a href="https://movierama.fr/fjord-particularites-de-leducation-nationale/">Fjord</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev/">Minotaure</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/fatherland-le-chronotope-perdu/">Fatherland</a></strong> est très symbolique d&rsquo;un cinéma d&rsquo;auteur européen conscient de ses sujets et de ses effets stylistiques, ne prenant pas trop de risques (<strong><a href="https://movierama.fr/fatherland-le-chronotope-perdu/">Fatherland </a></strong>reproduisant le noir et blanc austère et auteuriste des précédents films de Pawlikowski, <strong>Ida </strong>ou <strong>Cold War</strong>) mais étant particulièrement efficace (la forme impeccable de <strong><a href="https://movierama.fr/fjord-particularites-de-leducation-nationale/">Fjord </a></strong>de Mungiu, construite sur des plans fixes enchaînés à un rythme parfait, ou les beaux mouvements de caméra de Zviaguintsev dans <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev/">Minotaure</a></strong>). Ce Palmarès restitue une certaine idée du cinéma d&rsquo;auteur, surtout européen, impeccable dans la forme, idéalement engagé et dénonciateur sur le fond (les dérives du conservatisme et du progressisme dans <strong><a href="https://movierama.fr/fjord-particularites-de-leducation-nationale/">Fjord</a></strong>, la guerre dans <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev/">Minotaure</a></strong>). On a d&rsquo;ailleurs longtemps pensé que <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev/">Minotaure</a> </strong>de Zviaguintsev allait triompher de <strong><a href="https://movierama.fr/fjord-particularites-de-leducation-nationale/">Fjord </a></strong>de Mungiu, tant la guerre s&rsquo;avérait prégnante dans tous les esprits et dans la Sélection Officielle (focus sur la Première Guerre Mondiale via<a href="https://movierama.fr/coward-la-fleur-au-fusil/"> <strong>Coward</strong></a><strong> </strong>ou la Guerre d&rsquo;Espagne cf.<a href="https://movierama.fr/la-bola-negra-un-drame-gay-espagnol-de-80-ans-impregne-de-poesie/"> <strong>La Bola Negra</strong></a> ou surtout la Seconde Guerre Mondiale). Mais finalement la finesse du scénario, de la direction d&rsquo;acteurs et de la mise en scène de Cristian Mungiu ont su l&#8217;emporter sur le côté parfois ampoulé de celle de Zviaguintsev qui emprunte bon nombre des éléments de son film à <strong>La Femme infidèle</strong>, l&rsquo;un des chefs-d&rsquo;oeuvre de Claude Chabrol. Presque vingt ans après <strong>4 mois, 3 semaines et 2 jours</strong>, son deuxième film, déjà Palme d&rsquo;or en 2007, Cristian Mungiu rentre donc dans le club très fermé des doubles Palmes d&rsquo;or (dix au total, dont Coppola, Haneke, Kusturica, les Dardenne, Ostlund, etc.)</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="546" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/MINOTAURE-2-copyright-MK-Productions-CG-CinemaB-1024x546-1.jpg" alt="" class="wp-image-52563" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/MINOTAURE-2-copyright-MK-Productions-CG-CinemaB-1024x546-1.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/MINOTAURE-2-copyright-MK-Productions-CG-CinemaB-1024x546-1-300x160.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/MINOTAURE-2-copyright-MK-Productions-CG-CinemaB-1024x546-1-768x410.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/MINOTAURE-2-copyright-MK-Productions-CG-CinemaB-1024x546-1-770x411.jpg 770w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Iris Lebedeva et Dmitri Mazourov&nbsp;dans Minotaure d&rsquo;Andrei Zviaguintsev </figcaption></figure>



<p></p>



<p>Cette certaine idée du cinéma d&rsquo;auteur apparaît presque un peu académique, tant les films récompensés (<strong><a href="https://movierama.fr/la-bola-negra-un-drame-gay-espagnol-de-80-ans-impregne-de-poesie/">Fjord</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev/">Minotaure</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/fatherland-le-chronotope-perdu/">Fatherland</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/la-bola-negra-un-drame-gay-espagnol-de-80-ans-impregne-de-poesie/">La Bola Negra</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/soudain-le-bouleversant-melodrame-humaniste-de-ryusuke-hamaguchi/">Soudain</a></strong>) seront probablement tous nommés aux Oscars dans la catégorie du meilleur film international. Il y manque un certain grain de folie qui apparaît en revanche dans certains films rejetés par le jury : <strong><a href="https://movierama.fr/paper-tiger-tragedie-americaine/">Paper Tiger</a> </strong>de James Gray, <strong><a href="https://movierama.fr/linconnue-ni-vu-ni-connue/">L&rsquo;Inconnue</a></strong> d&rsquo;Arthur Harari et <strong><a href="https://movierama.fr/hope-lutte-contre-les-infiltrations-exterieures/">Hope</a> </strong>de Na Hong-jin, et dont on pensait que Park Chan-wook, auteur de certains films déjantés et autres films de genre, allait faire son miel, ce qui est loin d&rsquo;avoir été le cas. C&rsquo;est comme s&rsquo;il y avait eu pendant le Festival deux lignes parallèles qui ne se sont (quasiment) jamais rencontrées : une ligne dédiée à la gravité et au sérieux, une autre consacrée à l&rsquo;esthétisme, au risque et au plaisir pur du spectateur. Hormis <strong><a href="https://movierama.fr/hope-lutte-contre-les-infiltrations-exterieures/">Hope</a> </strong>promis à un beau succès populaire, de par sa nature de blockbuster, les deux autres semblent appartenir à la catégorie des films cultes évoqués par Pedro Almodóvar dans <strong><a href="https://movierama.fr/autofiction-dans-les-meandres-de-la-creation/">Autofiction</a> </strong>: des films trop personnels, vus par peu de gens mais qui les soutiennent mordicus. Le seul tort véritable du Palmarès qui répond à une certaine idée conventionnelle du cinéma, c&rsquo;est de ne pas valoriser l&rsquo;originalité, la recherche et les expériences de cinéma. James Gray, éternel maudit du Festival de Cannes, (six sélections, aucun prix), s&rsquo;acharne à poursuivre sa quête introspective sur la criminalité et la famille, est parvenu à un aboutissement certain avec <strong><a href="https://movierama.fr/paper-tiger-tragedie-americaine/">Paper Tiger</a></strong> (incroyable sans-faute de mise en scène) mais se retrouve bien trop éloigné des thématiques politico-sociales de l&rsquo;époque pour pouvoir espérer un prix à Cannes. Gray devait peut-être envisager un repli bénéfique vers Venise qui a su accueillir à bras ouverts d&rsquo;autres déçus de Cannes, comme Almodóvar ou Jarmusch. Quant à Arthur Harari, il a sans doute réalisé le film le plus passionnant du Festival avec <a href="https://movierama.fr/linconnue-ni-vu-ni-connue/"><strong>L&rsquo;Inconnue</strong> </a>mais sa nature de pari expérimental a probablement clivé au sein du jury et lui a nui à l&rsquo;arrivée.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="768" height="414" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6-1-768x414-1.webp" alt="" class="wp-image-52565" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6-1-768x414-1.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/d020c09c557ed15cce1979d015e96ff6-1-768x414-1-300x162.webp 300w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption class="wp-element-caption">Léa Seydoux dans L&rsquo;Inconnue d&rsquo;Arthur Harari </figcaption></figure>



<p></p>



<p>Au niveau thématique, nous avions identifié trois thématiques principales : fiction et réalité, l&rsquo;Histoire et enfin la vie en société. Constatons que ce sont les deux derniers aspects, les plus concernés par l&rsquo;actualité, qui l&rsquo;ont largement emporté, au détriment de l&rsquo;aspect purement esthétique et cinématographique. Du côté des femmes, contrairement à l&rsquo;affiche du festival qui arborait de façon triomphale <strong>Thelma et Louise</strong>, le film féministe iconique de Ridley Scott, la réalité était en fait bien moins glorieuse ; 5 sur 22 participaient à la compétition de la Sélection Officielle : Charline Bourgeois-Tacquet (<strong><a href="https://movierama.fr/la-vie-dune-femme-lea-en-onze-chapitres/">La Vie d&rsquo;une femme</a></strong>), Jeanne Herry (<strong><a href="https://movierama.fr/garance-la-jeune-femme-et-la-mort/">Garance</a></strong>), Marie Kreutzer (<strong><a href="https://movierama.fr/gentle-monster-le-loup-et-lagneau/">Gentle Monster</a></strong>), Léa Mysius (<strong><a href="https://movierama.fr/histoires-de-la-nuit-une-histoire-de-violence/">Histoires de la Nuit</a></strong>), Valeska Grisebach <strong>(<a href="https://movierama.fr/laventure-revee-archeologie-des-temps-obscurs/">L&rsquo;Aventure rêvée</a></strong>). Mais aucune ne paraissait pouvoir prétendre à la récompense suprême : tout le monde n&rsquo;est pas Julia Ducournau ou Justine Triet. Le Prix du Jury octroyé à Valeska Grisebach apparaissait comme, pour <a href="https://movierama.fr/notre-salut-marre-de-cette-epoque/"><strong>Notre Salut</strong> </a>ou <strong><a href="https://movierama.fr/soudain-le-bouleversant-melodrame-humaniste-de-ryusuke-hamaguchi/">Soudain</a></strong>, un prix de consolation, attribué en bout de course.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/paper-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-52567" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/paper-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/paper-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/paper-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/paper-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/paper.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Scarlett Johansson dans Paper Tiger de James Gray </figcaption></figure>



<p></p>



<p>De la même façon, si <strong><a href="https://movierama.fr/paper-tiger-tragedie-americaine/">Paper Tiger</a></strong> avait remporté la Palme d&rsquo;or ou le moindre prix, c&rsquo;eût été l&rsquo;arbre qui aurait caché le désert de la production américaine. Thierry Frémaux l&rsquo;avait déjà annoncé lors de la présentation de la Sélection Officielle : le cinéma américain, en pleine reconfiguration (le studio Warner) et en butte à des débats sur l&rsquo;intelligence artificielle, ne serait pas aussi présent. A terme, cela peut poser un sérieux problème au Festival de Cannes car, même si la compétition se nourrit surtout de cinéastes indépendants américains, les séances hors compétition dépendent beaucoup d&rsquo;avant-premières exceptionnelles venues des majors américaines. Sur la durée, l&rsquo;absence des majors peut causer beaucoup de tort au Festival de Cannes, en particulier lors du 80ème Festival de Cannes qui devrait pouvoir se fêter en grande pompe. Frémaux est sans doute prévenu et va probablement prendre toutes les précautions possibles pour éviter cette situation. En 2007, l&rsquo;année du 60ème anniversaire du Festival de Cannes, la délégation américaine était composée de Quentin Tarantino (<strong>Boulevard de la mort</strong>), David Fincher (<strong>Zodiac</strong>), James Gray (<strong>La Nuit nous appartient</strong>), Gus Van Sant (<strong>Paranoid Park</strong>) et Joel et Ethan Coen (<strong>No country for old men</strong>). Souhaitons de pouvoir retrouver une sélection aussi étincelante et prestigieuse du côté des Etats-Unis en 2027. Rappelons que, ironiquement, en 2007, avait triomphé&#8230;.<strong>Quatre mois, trois semaines et deux jours</strong>, d&rsquo;un certain Cristian Mungiu (<strong><a href="https://movierama.fr/fjord-particularites-de-leducation-nationale/">Fjord</a></strong>)!</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><tbody><tr><td>Longs métrages</td></tr><tr><td></td></tr><tr><td>Palme d&rsquo;or</td></tr><tr><td><strong>FJORD&nbsp;</strong><br>Cristian MUNGIU</td></tr><tr><td>Grand Prix</td></tr><tr><td><strong>MINOTAURE&nbsp;</strong><br>Andreï ZVIAGUINTSEV</td></tr><tr><td>Prix de la Mise en Scène ex-aequo</td></tr><tr><td><strong>LA BOLA NEGRA&nbsp;</strong><br>Javier CALVO et Javier AMBROSSI&nbsp;</td></tr><tr><td><strong>FATHERLAND &nbsp;</strong><br>Pawel PAWLIKOWSKI&nbsp;</td></tr><tr><td>Prix du Scénario</td></tr><tr><td><strong>NOTRE SALUT&nbsp;</strong><br>Emmanuel MARRE&nbsp;</td></tr><tr><td>Prix du Jury&nbsp;</td></tr><tr><td><strong>DAS GETRÄUMTE ABENTEUER</strong><br>Valeska GRISEBACH&nbsp;</td></tr><tr><td>Prix d&rsquo;Interprétation Féminine</td></tr><tr><td><strong>Virginie EFIRA</strong>,&nbsp;<strong>Tao OKAMOTO</strong><br>dans SOUDAINréalisé par HAMAGUCHI Ryusuke&nbsp;</td></tr><tr><td>Prix d&rsquo;Interprétation Masculine</td></tr><tr><td><strong>Emmanuel MACCHIA</strong>,<strong>&nbsp;Valentin CAMPAGNE</strong><br>dans COWARD&nbsp;réalisé par Lukas DHONT</td></tr><tr><td>Courts métrages</td></tr><tr><td></td></tr><tr><td>Palme d&rsquo;or</td></tr><tr><td><strong>PARA LOS CONTRINCANTES (AUX ADVERSAIRES)&nbsp;</strong><br>Federico LUIS</td></tr><tr><td>Un Certain Regard</td></tr><tr><td></td></tr><tr><td>Prix Un Certain Regard</td></tr><tr><td><strong>EVERYTIME</strong><br>Sandra WOLLNER</td></tr><tr><td>Prix du Jury</td></tr><tr><td><strong>LES ÉLÉPHANTS DANS LA BRUME&nbsp;</strong><br>Abinash BIKRAM SHAH<br>1er film</td></tr><tr><td>Prix Spécial du Jury</td></tr><tr><td><strong>LE CORSET&nbsp;</strong><br>Louis CLICHY&nbsp;</td></tr><tr><td>Prix d&rsquo;Interprétation Féminine</td></tr><tr><td><strong>Marina DE TAVIRA, Daniela MARÍN NAVARRO, Mariangel VILLEGAS</strong><br>dans SIEMPRE SOY TU ANIMAL MATERNO réalisé par Valentina MAUREL</td></tr><tr><td>Prix d&rsquo;Interprétation Masculine</td></tr><tr><td><strong>Bradley FIOMONA DEMBEASSET</strong><br>dans CONGO BOY réalisé par Rafiki FARIALA</td></tr><tr><td>Caméra d&rsquo;or</td></tr><tr><td></td></tr><tr><td><strong>BEN&rsquo;IMANA&nbsp;</strong><br>Marie-Clémentine DUSABEJAMBO&nbsp;<br>Un Certain Regard</td></tr><tr><td>La Cinef</td></tr><tr><td></td></tr><tr><td>Premier Prix</td></tr><tr><td><strong>LASER-GATO (Laser-Cat)</strong><br>réalisé par Lucas Acher<br>NYU, États-Unis</td></tr><tr><td>Deuxième Prix</td></tr><tr><td><strong>SILENT VOICES</strong><br>réalisé par Nadine Misong Jin<br>Columbia University, États-Unis</td></tr><tr><td>Troisième Prix ex aequo</td></tr><tr><td><strong>ALDRIG NOK (Jamais assez)</strong><br>réalisé par Julius Lagoutte Larsen&nbsp;<br>La Fémis, France<br><br><strong>GROWING STONES, FLYING PAPERS</strong><br>réalisé par Roozbeh Gezerseh &amp; Soraya Shamsi<br>Filmuniversität Babelsberg Konrad Wolf, Allemagne</td></tr><tr><td>Commission Supérieure Technique</td></tr><tr><td></td></tr><tr><td>Le jury 2026 du PRIX CST de l&rsquo;artiste-Technicien décerne le prix à Nicolas Rumpl, Chef Monteur de&nbsp;<em>Notre salut</em>&nbsp;réalisé par Emmanuel MARRE. Les partis pris subtils du montage révèlent l&rsquo;esthétique visuelle, l&rsquo;ambition de la mise en scène et le jeu des comédiens du film&nbsp;<em>Notre salut</em>&nbsp;d&rsquo;Emmanuel MARRE.Le jury 2026 du PRIX CST de la Jeune Technicienne est fier de décerner cette année le prix à Esther MYSIUS, cheffe décoratrice du film&nbsp;<em>Histoires de la nuit</em>&nbsp;réalisé par Léa MYSIUS. Le travail intime d&rsquo;élaboration des décors leur permet de devenir une réelle partie prenante à la narration.</td></tr></tbody></table></figure>
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		<title>Histoires de la nuit : une histoire de violence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 17:39:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AVANT-PREMIERES]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVALS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Charline Bourgeois-Tacquet et Jeanne Herry, Léa Mysius est l&#8217;une des trois réalisatrices françaises sélectionnées en compétition à Cannes cette année. Révélée par Ava à la Semaine de la Critique en 2017, confirmée par Les Cinq Diables à la Quinzaine des Cinéastes en 2022, elle sera passée en presque dix ans à la Sélection officielle. Depuis elle s&#8217;est surtout illustrée comme co-scénariste auprès de metteurs en scène renommés (Jacques Audiard, André Téchiné, Claire Denis, Arnaud Desplechin). Histoires de la nuit, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Avec Charline Bourgeois-Tacquet et Jeanne Herry, Léa Mysius est l&rsquo;une des trois réalisatrices françaises sélectionnées en compétition à Cannes cette année. Révélée par <strong>Ava </strong>à la Semaine de la Critique en 2017, confirmée par <strong>Les Cinq Diables</strong> à la Quinzaine des Cinéastes en 2022, elle sera passée en presque dix ans à la Sélection officielle. Depuis elle s&rsquo;est surtout illustrée comme co-scénariste auprès de metteurs en scène renommés (Jacques Audiard, André Téchiné, Claire Denis, Arnaud Desplechin). <strong>Histoires de la nuit</strong>, adapté du roman de Laurent Mauvignier, Prix Goncourt 2025 avec <strong>Dans la maison vide</strong>, est sans doute son projet le plus ambitieux et grand public, disposant d&rsquo;une distribution française prestigieuse (Magimel, Herzi, Bouillon, Bellucci). La réussite d&rsquo;adaptation est assez impressionnante, restituant l&rsquo;intrigue de polar du livre de Laurent Mauvignier </p>



<p>Nora, Thomas et leur fille Ida vivent dans une ferme isolée avec pour seule voisine, Cristina, une peintre italienne. Alors que tout le monde prépare une soirée d’anniversaire surprise pour Nora, trois hommes rôdent autour de la maison et s’invitent à la fête, faisant surgir des secrets bien gardés…</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Pour une première fois dans le genre du thriller, Léa Mysius s&rsquo;en sort formidablement bien, engendrant un suspense de tous les instants, grâce à un montage vif et nerveux ainsi qu&rsquo;une bande sonore et musicale extrêmement angoissante,</p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Par rapport au livre de Laurent Mauvignier, Léa Mysius a choisi de ne garder que les ressorts du thriller qui s&rsquo;y trouvent, en élaguant toutes les méditations introspectives des personnages qui sont le plus souvent exprimées par Mauvignier dans des phrases à la rallonge à la manière de Claude Simon ou de Marcel Proust. Ce choix radical de ne garder du livre que l&rsquo;intrigue, en évacuant les pensées des personnages, permet au film de prendre toute son autonomie par rapport au livre, en construisant sa propre identité. C&rsquo;est à la fois complètement le livre et tout à fait différent, ce qui permet de se livrer à une expérience comparative assez jubilatoire. </p>



<p>Les principaux points d&rsquo;adaptation ont consisté à changer les prénoms de certains personnages en fonction des origines de certaines actrices : Marion, le personnage principal du livre, devient Nora (interprétée par Hafsia Herzi) tandis que Christine, l&rsquo;artiste peintre installée à côté de la maison des Bergogne devient Christina (interprétée par Monica Belluci). Pour le reste, tout est quasiment à l&rsquo;identique, ce qui fait que les lecteurs du Mauvignier ne seront pas surpris et déstabilisés par l&rsquo;expérience, </p>



<p>Pour une première fois dans le genre du thriller, Léa Mysius s&rsquo;en sort formidablement bien, engendrant un suspense de tous les instants, grâce à un montage vif et nerveux ainsi qu&rsquo;une bande sonore et musicale extrêmement angoissante, signée par Florencia Di Concilio qui fait énormément pour la réussite de l&rsquo;atmosphère du film, à la fois lancinante et stridente. La direction d&rsquo;acteurs est parfaite : Hafsia Herzi, toujours juste, comme à son habitude, ainsi que Bastien Bouillon, la grande révélation étant Alane Deshaye, le P&rsquo;tit Quinquin de Bruno Dumont, qui utilise à merveille ici son charisme étrange. Mais celui qui emporte l&rsquo;affaire, c&rsquo;est Benoît Magimel, entre Brando, Arestrup et Dennis Hopper, dans le rôle de Franck, qui marque fortement les esprits. </p>



<p>Par rapport au livre, la thématique s&rsquo;infléchit légèrement du rapport parenté-filiation à la thématique du changement de vie, plus proche de <strong>A History of violence</strong> auquel le film peut faire penser, ainsi qu&rsquo;à d&rsquo;autres films de maisons assiégées, <strong>La Maison des otages</strong> de William Wyler, <strong>Les Chiens de paille </strong>de Sam Peckinpah, <strong>Funny Games</strong> de Michael Haneke, <strong>Desperate hours</strong> de Michael Cimino, etc. Autant d&rsquo;exemples que perpétue <strong>Histoires de la nuit</strong> de Léa Mysius.  </p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATRICE  :</strong> Léa Mysius<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  française <br><strong>GENRE </strong>: thriller, suspense<br><strong>AVEC : </strong>Hafsia Herzi, Bastien Bouillon, Benoît Magimel, Monica Bellucci, Paul Hamy, Alane Deshayes<br><strong>DURÉE : </strong>1h54<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Le Pacte <br><strong>SORTIE LE </strong>16 septembre 2026 </pre>
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		<title>CANNES 2026 : PRONOSTICS</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 16:51:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival de Cannes, comme souvent, fut riche en films passionnants et en oeuvres parfois clivantes. Voici sans commentaire, le temps presse, nos pronostics pour le Palmarès et nos choix personnels : Pronostics pour le Palmarès&#160;: Palme d’or : Minotaur d&#8217;Andrei Zviaguintsev Grand Prix du Jury : Fjord de Cristian Mungiu Prix de la mise en scène : Hope de Na Hong-Jin Prix d’interprétation féminine : Prix d’interprétation masculine : Javier Bardem dans L&#8217;Etre aimé Prix du scénario : La [&#8230;]</p>
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<p class="has-drop-cap">Le Festival de Cannes, comme souvent, fut riche en films passionnants et en oeuvres parfois clivantes. Voici sans commentaire, le temps presse, nos pronostics pour le Palmarès et nos choix personnels :</p>



<p><strong>Pronostics pour le Palmarès</strong>&nbsp;:</p>



<p>Palme d’or : Minotaur d&rsquo;Andrei Zviaguintsev</p>



<p>Grand Prix du Jury : Fjord de Cristian Mungiu </p>



<p>Prix de la mise en scène : Hope de Na Hong-Jin</p>



<p>Prix d’interprétation féminine :</p>



<p>Prix d’interprétation masculine : Javier Bardem dans L&rsquo;Etre aimé</p>



<p>Prix du scénario : La Bola Negra des Javis</p>



<p>Prix du jury : ex aequo Fatherland de Pawel Pawlikowski et Notre salut d&rsquo;Emmanuel Marre Hayakawa</p>



<p><strong>Choix personnels</strong> :</p>



<p>Palme d’or : Paper Tiger de James Gray</p>



<p>Grand Prix du jury : L&rsquo;Inconnue d&rsquo;Arthur Harari et Soudain de Ryusuke Hamaguchi</p>



<p>Prix de la mise en scène : Hope de Na Hong-jin</p>



<p>Prix d’interprétation féminine : Sandra Huller pour Fatherland et Adèle Exarchopoulos pour Garance</p>



<p>Prix d’interprétation masculine : Benoît Magimel pour Histoires de la nuit </p>



<p>Prix du scénario : Fjord de Cristian Mungiu</p>



<p>Prix du jury : Minotaur d&rsquo;Andrei Zviaguintsev</p>



<p class="has-drop-cap">A vous de jouer!</p>
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		<title>L&#8217;Aventure rêvée : archéologie des temps obscurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hanna Hromovetska]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 16:33:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Neuf ans après le succès de son précédent film Western dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes, la réalisatrice allemande Valeska Grisebach réinvente son exploration de la Bulgarie dans un nouveau long métrage, L&#8217;Aventure rêvée, qui concourt cette année sur la Croisette pour la Palme d’Or. Le point de départ du récit coïncide avec le début de fouilles archéologiques dans la ville bulgare de Svilengrad, proche de la Turquie et de la Grèce, placées sous la responsabilité [&#8230;]</p>
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<p>Neuf ans après le succès de son précédent film <strong>Western </strong>dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes, la réalisatrice allemande Valeska Grisebach réinvente son exploration de la Bulgarie dans un nouveau long métrage, <strong>L&rsquo;Aventure rêvée</strong>, qui concourt cette année sur la Croisette pour la Palme d’Or.</p>



<p>Le point de départ du récit coïncide avec le début de fouilles archéologiques dans la ville bulgare de Svilengrad, proche de la Turquie et de la Grèce, placées sous la responsabilité d’une universitaire nommée Veska, venue de Sofia. Cependant, étant elle-même originaire de la région où se concentre désormais sa recherche, les secrets de son passé personnel ressurgissent inévitablement — notamment à travers les hommes de sa jeunesse, impliqués dans le trafic, la contrebande et d’autres petits commerces nationaux à peine légaux. Veska elle-même n’est pas un parfait exemple de civilité européenne et développe ainsi davantage d’intérêt pour les activités illégales dissimulées sous la trame du quotidien que pour ses recherches archéologiques.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Présentée par son héroïne affirmée et par son titre même comme une aventure, la narration de <strong>L&rsquo;Aventure rêvée</strong> s’effondre progressivement sous le poids des décisions douteuses du personnage principal, de son comportement erratique et de son attachement croissant à un environnement patriarcal toujours agressif…</p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Situé sous le soleil brûlant de la Bulgarie, <strong>L&rsquo;Aventure rêvée</strong> ne cherche aucun raffinement esthétique dans ses plans. Aussi simples et bruts que les paysages ruraux du sud-est européen, les images reflètent la banalité de ce territoire et de ceux qui l’habitent. Tourné principalement avec des acteurs non professionnels, le film accentue cette impression d’approche quasi documentaire, laissant apparaître sa véritable intention : non pas tant raconter l’histoire de Veska et de son passé endurci, mais imprimer sur pellicule les marges de l’Europe où les guerres et les crises économiques de la fin du XXe siècle ont laissé une empreinte durable.</p>



<p>En effet, les références aux guerres de l’ex-Yougoslavie voisine, à la pression soviétique et aux violences constantes de la vie dans cette région de l’Europe dans les années 1990 traversent les conversations sur presque tous les sujets, expliquant en partie les difficultés et la morale déformée de cette terre. Pourtant, ce qui fait dérailler le film dans sa tentative de construire une étude anthropologique cohérente, c’est précisément l’intrigue qui relie presque tous les personnages à l’écran. Présentée par son héroïne affirmée et par son titre même comme une aventure, la narration de <strong>L&rsquo;Aventure rêvée</strong> s’effondre progressivement sous le poids des décisions douteuses du personnage principal, de son comportement erratique et de son attachement croissant à un environnement patriarcal toujours agressif, qui regarde avec mépris quiconque refuse d’adhérer à ses valeurs. Veska semble peu à peu engloutie par l’obscurité de cet endroit, et les allers-retours constants entre les hommes — anciens et nouveaux — de sa vie soulignent l’incertitude de sa boussole morale, laquelle ne peut peut-être pas être autrement dans sa situation. Pourtant, cette même situation pousse sincèrement à se demander si un tel récit mérite réellement les deux heures et demie qu’il exige du spectateur.</p>



<p>Finalement, <strong>L&rsquo;Aventure rêvée</strong> est avant tout une étude anthropopolitique conçue sous forme de film. Accumulant scrupuleusement de nombreux détails sur la Bulgarie rurale contemporaine et sur son passé encore omniprésent, le film effleure de multiples genres — du western (bien qu’implanté à l’est de l’Europe) au récit policier en passant par le mélodrame — mais finit par s’effondrer sous le poids de tant de concepts à l’écran.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-3"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:70%"></div></div><div class="score">1.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Valeska Grisebach<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Allemagne, France, Bulgarie, Autriche<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Syuleyman Alilov Letifov, Yana Radeva, Velko Frandev<br><strong>DURÉE : </strong>2h 41min<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Haut et Court<br><strong>SORTIE LE </strong>15 juillet 2026</pre>
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		<title>Les Elephants dans la brume : l’éveil d’un chaos féminin</title>
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		<pubDate>Fri, 22 May 2026 13:11:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir remporté une Mention spéciale du jury avec son premier court métrage Lori en 2022, le réalisateur népalais Abinash Bikram Shah revient sur la Croisette pour concourir dans la section Un Certain Regard avec son premier long métrage Les Elephants dans la brume, premier film népalais officiellement sélectionné à Cannes. Au cœur de l’histoire se trouve la peur des éléphants sauvages qui ont commencé à attaquer un village entouré de forêts au Népal. Parallèlement aux patrouilles quotidiennes et à [&#8230;]</p>
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<p>Après avoir remporté une Mention spéciale du jury avec son premier court métrage <strong>Lori</strong> en 2022, le réalisateur népalais Abinash Bikram Shah revient sur la Croisette pour concourir dans la section Un Certain Regard avec son premier long métrage <strong>Les Elephants dans la brume</strong>, premier film népalais officiellement sélectionné à Cannes.</p>



<p>Au cœur de l’histoire se trouve la peur des éléphants sauvages qui ont commencé à attaquer un village entouré de forêts au Népal. Parallèlement aux patrouilles quotidiennes et à l’état d’urgence, se déploie le conflit intérieur de Pirati, la matriarche de la communauté kinnar du village. Bien qu’astreinte au célibat, elle est amoureuse d’un maître tambourinaire de la ville voisine et rêve de s’enfuir avec lui à Delhi, mais dans son cas cela signifie abandonner non seulement ses vœux, mais aussi sa famille. Lorsque sa plus jeune fille Apsara — en réalité un jeune garçon trans destiné à être émasculé — découvre les projets de Pirati, elle entre dans une colère noire et provoque une dispute, suivie de sa disparition après la patrouille nocturne contre les éléphants dans la forêt. Alors qu’une possible relation adultère d’Apsara avec un homme marié du village est révélée au milieu de l’enquête et des recherches menées par Pirati, un enchevêtrement de tensions sociales et d’excitations latentes, étroitement noué par une indifférence mutuelle, commence à se défaire et à détruire les rôles sociaux établis.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>&#8230;cette énergie féminine chaotique et puissante, qui rappelle avec fraîcheur le prix de l’oppression des minorités, est précisément ce qui manquait tant à Cannes cette année&#8230;</p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Déchirée entre la famille et la passion personnelle, Pirati traverse une histoire classique de devoir et de désir, seulement enrichie par les stupéfiants concepts de troisième genre qui structurent sa société. Cependant, la dimension queer pluriséculaire de cette communauté est soutenue non seulement par une intrigue captivante, mais également par presque tous les autres aspects de la mise en scène. Grâce au travail de caméra subtil de Noé Bach, aux costumes envoûtants, à une direction artistique soignée et immersive ainsi qu’à la remarquable performance de l’actrice principale Pushpa Thing Lama, tout dans <strong>Les Elephants dans la brume</strong> contribue à bâtir un univers dense et complet auquel il est difficile de ne pas s’attacher.</p>



<p>Le film ne propose toutefois pas une simple contemplation, mais bien une approche fraîche et audacieuse de la question des minorités marginalisées. La disparition de la fille met au jour toute la colère auparavant réprimée envers la communauté kinnar, tandis que les éléphants errants, d’abord menace et catalyseur du récit, finissent par fusionner avec les marginalisés et les opprimés, libérant ainsi une puissance généralement associée au féminin — celle du chaos purement animal.</p>



<p>Finalement, cette énergie féminine chaotique et puissante, qui rappelle avec fraîcheur le prix de l’oppression des minorités, est précisément ce qui manquait tant à Cannes cette année, avec sa longue liste de personnages féminins réprimés ou totalement absents des récits gays. Porté par des images saturées et une production presque parfaite, <strong>Les Elephants dans la brume</strong> s’impose comme l’un des véritables miracles de cette édition du festival, marquant l’accomplissement total d’Abinash Bikram Shah dans sa capacité à rendre une culture radicalement autre profondément captivante à l’écran.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:21%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Abinash Bikram Shah<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Népal, France, Allemagne, Brésil, Norvège<br><strong>GENRE </strong>: Comédie dramatique<br><strong>AVEC : </strong>Pushpa Thing Lama, Deepika Yadav, Jasmin Bishwokarma<br><strong>DURÉE : </strong>1h 43min<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Les Valseurs / Arizona Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>23 septembre 2026</pre>
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		<title>La Bola Negra : un drame gay espagnol de 80 ans imprégné de poésie</title>
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		<pubDate>Fri, 22 May 2026 12:09:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les « Deux Javis », comme les réalisateurs espagnols Javier Calvo et Javier Ambrossi sont appelés dans leur pays, présentent en compétition dans la Sélection officielle du Festival de Cannes leur deuxième long-métrage, La Bola Negra, après une période de succès continu dans la création de séries. L’histoire se compose de trois intrigues parallèles, situées entre la guerre civile espagnole de 1932-1937 et l’époque contemporaine de 2017, mais reliées par une pièce apparemment perdue de Federico García Lorca, dont le [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/la-bola-negra-un-drame-gay-espagnol-de-80-ans-impregne-de-poesie/">La Bola Negra : un drame gay espagnol de 80 ans imprégné de poésie</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les « Deux Javis », comme les réalisateurs espagnols Javier Calvo et Javier Ambrossi sont appelés dans leur pays, présentent en compétition dans la Sélection officielle du Festival de Cannes leur deuxième long-métrage, <strong>La Bola Negra</strong>, après une période de succès continu dans la création de séries.</p>



<p>L’histoire se compose de trois intrigues parallèles, situées entre la guerre civile espagnole de 1932-1937 et l’époque contemporaine de 2017, mais reliées par une pièce apparemment perdue de Federico García Lorca, dont le titre coïncide avec celui du film. Dans cette histoire, à la demande de sa famille, un jeune homme de la haute société à Grenade tente d’intégrer le casino — un club fermé réservé aux membres privilégiés. Après avoir été rejeté selon le procédé du « blackball », où les boules noires reçues du comité signifient l’exclusion, le jeune homme apprend que cela pourrait être dû à son homosexualité et doit désormais prouver le contraire, au prix de sa propre identité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Tous les personnages évoluent dans leur propre époque et sont presque inconnus des autres — du moins physiquement — tout en installant une présence déterminante dans la mémoire et les textes, aussi semi-effacée et problématique que l’est le tristement célèbre XXe siècle espagnol lui-même.</p>



<p></p>
</blockquote>



<p>Cette pièce — en réalité un roman dont seules les quatre premières pages subsistent — ne fut pas publiée du vivant de Lorca, qui trouva la mort sous une balle espagnole en 1936. Elle fut cependant retrouvée et conservée par son amant Rafael Rodríguez Rapún, joueur de football et soldat espagnol dans la réalité, capturé puis aidé par un soldat compatissant grâce auquel il put reconstituer le manuscrit. Ce soldat serviable est à son tour le grand-père d’un autre personnage de l’histoire. Dans son versant moderne et final, un jeune historien nommé Alberto découvre tout cela à travers un héritage laissé par son grand-père, avec lequel tout lien avait été rompu bien avant sa naissance.</p>



<p>Tous les personnages évoluent dans leur propre époque et sont presque inconnus des autres — du moins physiquement — tout en installant une présence déterminante dans la mémoire et les textes, aussi semi-effacée et problématique que l’est le tristement célèbre XXe siècle espagnol lui-même. C’est cette communication médiatisée qui devient le seul moyen de se parler, puisque les conversations réelles — de manière assez frappante dans chacune des époques — sont interrompues, sinon par des militaires surveillant les échanges, du moins par des traumatismes familiaux empêchant toute connexion saine.</p>



<p>Une structure narrative aussi complexe exige suffisamment d’espace et de temps pour se déployer naturellement, dans un rythme adéquat, et même si le déroulement des événements à l’écran reste organique à l’ampleur du drame raconté, <strong>La Bola Negra</strong> tombe parfois dans une poétisation mélodramatique qui conviendrait davantage à un film minimaliste et subtil centré sur le particulier, plutôt qu’au récit ample et profond qu’il cherche à être. Peut-être est-ce l’expérience sérielle des réalisateurs qui se manifeste dans certaines décisions assez pesantes, comme s’ils hésitaient encore à basculer pleinement du hardcore queer arthouse cinema — que le film laisse entrevoir — vers une œuvre davantage tournée vers le grand public.</p>



<p>Néanmoins, au-delà de cette verbosité héritée des séries, <strong>La Bola Negra</strong> propose des visuels saturés, des décors et costumes parfaitement conçus ainsi qu’un message séduisant — tous les ingrédients d’un succès populaire en Espagne comme à l’international, susceptible de préparer une nouvelle révélation signée par ce duo d’auteurs espagnols dans les années à venir.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Javier Calvo, Javier Ambrossi<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Espagne, France<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Guitarricadelafuente, Miguel Bernardeau, Penélope Cruz<br><strong>DURÉE : </strong>2h 35min<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Le Pacte<br><strong>SORTIE LE </strong>Prochainement</pre>
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		<title>Coward : la fleur au fusil</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 11:36:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AVANT-PREMIERES]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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<p>2026, année queer à Cannes? C&rsquo;est bien possible. La thématique n&rsquo;a jamais en tout cas été aussi présente en compétition. Rappelons ainsi les couples lesbiens de <strong>La Vie d&rsquo;une femme</strong> et de <strong>Garance </strong>ou l&rsquo;enchaînement de films au Festival de Cannes représenté par <strong>The Man I love</strong>, <strong>La Bola Negra </strong>et justement <strong>Coward</strong>, mettant en scène des romances gays. Or <strong>Coward </strong>représente un tournant dans l&rsquo;oeuvre de Lukas Dhont : film d&rsquo;époque, film de guerre, il est un défi à bien des égards pour le jeune metteur en scène belge. On n&rsquo;imaginait guère celui qui nous interrogeait dans ses précédents films sur le genre (<strong>Girl</strong>) et les amitiés amoureuses pré-adolescentes (<strong>Close</strong>) se confronter à l&rsquo;état de guerre, rugueux et sauvage. Lukas Dhont prouve ainsi à tous ses détracteurs qu&rsquo;il est un véritable metteur en scène en osant représenter la guerre et toutes ses horreurs.</p>



<p>Le jeune soldat Pierre veut faire ses preuves sur le front pendant la Première Guerre mondiale. Derrière les lignes, il rencontre Francis, chargé de remonter le moral des troupes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Coward témoigne à nouveau de la grande qualité de cinéaste de Lukas Dhont, capable de traiter de tous les sujets, même s&rsquo;il ramène finalement tout film à la thématique queer qui l&rsquo;intéresse profondément. </p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Tourner un film de guerre, c&rsquo;est presque une épreuve viriliste pour un metteur en scène. Les plus grands s&rsquo;y sont confrontés comme Kubrick, Coppola, Cimino, Walsh, Ford, etc. Lukas Dhont passe avec brio le test, en ne s&rsquo;avérant maladroit ni dans la représentation de la violence ni dans la promiscuité quasiment vulgaire, ce qu&rsquo;on aurait difficilement imaginé a priori de sa part. Dans un Festival de Cannes saturé de représentations de la Seconde Guerre Mondiale, il a même l&rsquo;originalité de choisir la Première, plus terre-à-terre et sans doute plus proche de conflits comme ceux se déroulant actuellement en Ukraine, en Iran ou à Gaza. L&rsquo;écho de ces conflits contemporains retentit incontestablement dans la vision de ces scènes, même si elles ont déjà été vues et revues mille fois dans des films antérieurs.</p>



<p>Lukas Dhont est sans doute le seul metteur en scène à faire un film de guerre et à le transformer en romance gay. Car <strong>Coward </strong>n&rsquo;est pas seulement un film de guerre sur la Première Guerre Mondiale. En Belgique, des soldats étaient également missionnés pour divertir les troupes. Lukas Dhont utilise cette particularité belge pour bâtir une romance entre Pierre, le jeune soldat prêt à en découdre, et Francis, le soldat ayant vocation à faire le spectacle. Entre la guerre et l&rsquo;art, se noue alors une alliance incongrue. Sauf erreur de notre part, on remarquera que l&rsquo;alchimie entre les deux acteurs principaux est telle qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas eu besoin de coordinateur d&rsquo;intimité sur ce tournage, alors que le résultat à l&rsquo;écran s&rsquo;avère bluffant. </p>



<p>Certains pourront préférer les deux premiers films de Lukas Dhont, plus intimistes et a priori proches de lui ; d&rsquo;autres celui-ci, plus ambitieux et destiné à prouver sa valeur. Quoi qu&rsquo;il en soit, Coward témoigne à nouveau de la grande qualité de cinéaste de Lukas Dhont, capable de traiter de tous les sujets, même s&rsquo;il ramène finalement tout film à la thématique queer qui l&rsquo;intéresse profondément. </p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Lukas Dhont <br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  belge <br><strong>GENRE </strong>: drame, historique, romance <br><strong>AVEC : </strong> Emmanuel Macchia, Valentin Campagne, Jonas Wertz<br><strong>DURÉE : </strong>2h<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong> Diaphana distribution <br><strong>SORTIE LE </strong>prochainement </pre>
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