La série créée par Jason Segel, Brett Goldstein et Bill Lawrence, à qui l’on doit également le succès de Ted Lasso, revient avec une troisième saison à la tonalité douce-amère. Depuis ses débuts, Shrinking s’est imposée comme une œuvre hybride, oscillant habilement entre comédie et drame, explorant avec finesse les fragilités humaines. Ces nouveaux épisodes poursuivent cette dynamique en approfondissant les trajectoires émotionnelles des personnages. On y retrouve le duo emblématique formé par Jason Segel et Harrison Ford, dont l’alchimie continue de porter la série, ainsi qu’une apparition remarquée et particulièrement émouvante de Michael J. Fox (la saga Retour vers le futur), qui donne à cette saison une résonance encore plus intime et universelle.
Après avoir exploré le deuil en saison 1, puis le pardon en saison 2, Shrinking s’intéresse cette fois-ci à l’idée d’avancer en dépit des difficultés. Jimmy (Jason Segel) tente de composer avec une angoisse nouvelle : le départ imminent de sa fille Alice (Lukita Maxwell) pour l’université. Ce bouleversement l’oblige à envisager une vie sans elle, et à réfléchir à la possibilité de reprendre une vie sentimentale avec la jolie Sofi (Cobie Smulders, co-star de Jason Segel dans How I Met Your Mother). De son côté, Paul (Harrison Ford) s’interroge sur son avenir professionnel, alors que sa maladie progresse. Quant à Gaby (Jessica Williams), elle doit faire face à ses propres contradictions en matière d’engagement, notamment dans sa relation avec Derrick (Damon Wayans Jr.).
En mettant ainsi en évidence les erreurs, les doutes et les failles de ses personnages, la série renforce son authenticité. Elle rappelle que même ceux qui sont censés aider les autres à aller mieux sont en constante lutte avec leurs propres démons.
Dès les premiers épisodes, la saison installe une nouvelle dynamique autour de Paul. Le voir dans la salle d’attente de sa neurologue, confronté à d’autres patients atteints de la maladie de Parkinson, marque un tournant. La rencontre avec Gerry, un patient bien plus avancé dans la maladie, agit comme un miroir brutal mais nécessaire. Le fait que ce personnage soit incarné par Michael J. Fox ajoute une dimension particulièrement poignante. L’acteur, lui-même atteint de Parkinson depuis plusieurs décennies, incarne ici une forme de vérité presque documentaire qui dépasse la fiction. À travers le personnage de Paul, la série aborde la difficulté de concilier maladie et vie professionnelle. Habitué à contrôler, analyser et guider les autres, il se retrouve progressivement dans une position de vulnérabilité qu’il peine à accepter. Ce déséquilibre nourrit certaines des scènes les plus fortes de la saison, où l’on voit Paul remettre en question ses priorités, sa place au cabinet, mais aussi ses relations.
À première vue, Shrinking possède tous les attributs de la sitcom classique. Le cabinet partagé par Paul, Gaby et Jimmy reste un lieu propice aux dialogues ciselés et aux moments de complicité. Les personnages secondaires continuent également d’apporter une bonne dose de comédie à la série : Brian (Michael Urie), avec son énergie débordante et Liz (Christa Miller), avec son sarcasme et sa lucidité. Cependant, derrière cette apparente légèreté, la série n’a jamais été aussi mélancolique. Shrinking s’est construite autour de personnages profondément abîmés, tentant tant bien que mal de se reconstruire. Cette saison accentue encore davantage cette dimension en exposant les limites de ces thérapeutes, qui peinent à appliquer à eux-mêmes les conseils qu’ils prodiguent à leurs patients. L’une des intrigues les plus marquantes de cette saison concerne une patiente suivie par Gaby, dont la dépression est initialement minimisée. En mettant ainsi en évidence les erreurs, les doutes et les failles de ses personnages, la série renforce son authenticité. Elle rappelle que même ceux qui sont censés aider les autres à aller mieux sont en constante lutte avec leurs propres démons.
Le final de la saison agit comme un véritable point de bascule. Jimmy se retrouve confronté à une accumulation de changements majeurs : les départs de Paul et Alice, l’émancipation de son ex-patient Sean (Luke Tennie) et les fiançailles de Gaby et Derrick. Ce sentiment d’abandon généralisé est pourtant contrebalancé par une forme d’apaisement. Les personnages, bien que déstabilisés, semblent avoir franchi une étape essentielle dans leur parcours. La trajectoire sentimentale inachevée de Jimmy, quant à elle, laisse planer une tension narrative qui ouvre des perspectives intéressantes pour la suite. Ce final ne se contente pas de conclure : il rebat les cartes, redistribue les rôles et prépare le terrain pour une saison 4 potentiellement encore plus audacieuse.
CRÉATEURS : Bill Lawrence, Jason Segel et Brett Goldstein
NATIONALITÉ : Américaine
GENRE : Comédie, Drame
AVEC : Jason Segel, Harrison Ford, Jessica Williams, Lukita Maxwell, Luke Tennie, Christa Miller, Michael Urie, Damon Wayans Jr., Cobie Smulders et Michael J. Fox
DURÉE : 11x 33-66mn
DIFFUSEUR : Apple TV+
SORTIE LE 28 janvier-8 avril 2026


