« La vie, c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. », disait Madame Gump à son fils. Forrest Gump est l’histoire atypique d’un enfant hors du commun interprété par un Tom Hanks au début d’une carrière brillante. Robert Zemeckis offre ici le portrait émouvant d’un personnage qui a su vivre pleinement sa vie en réalisant chacun de ses rêves malgré son handicap.
La vie à travers ce personnage dévoile un monde idéalisé. Forrest nous conte son histoire comme une vraie aventure. Cette aventure est tellement improbable qu’un homme assis sur le banc ne croit pas qu’il est le créateur de l’entreprise Bubba-Gump. Inspiré par sa seule amie qui s’avère être la seule femme dont il tombe amoureux, son destin extraordinaire est ponctué par des retours sur sa relation avec elle. Le dévouement qu’il a pour les gens qu’il aime est si fort qu’il en est très attachant. C’est un personnage émouvant par sa naïveté.
Au fur et à mesure, le XXe siècle des Etats-Unis s’immisce dans son récit. On suit à travers le passé de Forrest celui d’une Amérique en pleine transition politique.
Le récit se construit comme une odyssée sur le protagoniste. Au fur et à mesure, le XXe siècle des États-Unis s’immisce dans son récit. Il est encré dans une histoire politique par de fausses images d’archives. On suit à travers le passé de Forrest celui d’une Amérique en pleine transition politique, le gouvernement sous Kennedy, la Guerre du Vietnam, les années hippies, les Black Panthers, la démission de Nixon après le complot du Watergate. Son odyssée de Forrest raconte aussi l’ascension économique du pays, la création d’Apple, Nike et de différents symboles américains. L’histoire des États-Unis est racontée par le personnage de façon anecdotique. Il ne voit pas en ces événements leur importance. Ses choix l’amènent vers de grandes choses sans vraiment les provoquer.
Ce film ne propose pas une avancée technologique des procédés cinématographiques comme le réalisateur a pour habitude de faire (Le Pôle Express, Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, La Légende de Beowulf). Cependant, il utilise tout de même de nombreux effets spéciaux pour composer ce récit incroyable (l’incrustation de personnage sur des documents d’archives). Il utilise aussi les effets spéciaux pour effacer les jambes du lieutenant Dan. La plume numérisée qui vole introduit l’intrigue. C’est une très belle introduction vers le protagoniste. Cette plume réapparaît à la fin du film comme une boucle qui vient conclure cette aventure spectaculaire. Son chemin est ponctué d’évenements incroyables et d’occasions inestimables, rencontrer Elvis Presley, serrer la main du président. A plusieurs reprises, Forrest semble croire à un dieu puissant capable de contribuer à son ascension humaine. Cette plume n’est pas simplement un objet pour ouvrir et fermer la narration, elle est d’une certaine façon l’incarnation de cette figure théologique dans la vie du protagoniste.
La plume numérisée qui vole et introduit l’intrigue est, d’une certaine façon, l’incarnation de cette figure théologique dans la vie du protagoniste.
Le cinéaste nous décrit l’histoire de Forrest Gump, un être différent doté d’un destin extraordinaire. Ses choix naïfs l’ont amené vers des rencontres improbables venant donner une dimension réaliste à ce récit entièrement fictionnel. Forrest est un protagoniste attachant. L’affection qu’il porte à sa seule amie est la preuve incontestable que si quelqu’un a de la volonté, il peut tout entreprendre. C’est une première réflexion que nous pouvons dégage du film. Ce récit trace tout de même de façon accessoire l’histoire américaine. Ce n’est pas la première fois que Robert Zemeckis s’amuse à ponctuer un univers entièrement fictionnel de symboles américains. On peut penser à sa trilogie Retour vers le futur (1985-1990) sortie avant Forrest Gump. A la différence de plusieurs autres films de la filmographie du réalisateur, celui-ci ne propose pas de nouveaux procédés technologiques pour le cinéma. Il emploie tout de même des effets spéciaux à de très brefs moments pour souligner et inscrire ce portrait dans l’Histoire des États-Unis d’Amérique.
Man-Ting Sron
RÉALISATEUR : Robert Zemeckis
NATIONALITÉ : américaine
GENRE : drame, comédie dramatique
AVEC : Tom Hanks, Robin Wright, Gary Sinise, Sally Field
DURÉE : 2h22
DISTRIBUTEUR : Paramount Pictures
SORTIE LE 5 octobre 1994


