Les Lumières de New-York : une histoire de survie au sein de la mégalopole new-yorkaise

Ce film est le premier long-métrage de son réalisateur. Il est un développement de son court-métrage Same Old présenté au Festival de Cannes en 2022. Il est nommé à ce même festival en 2025 pour le prix du public de la Quinzaine des cinéastes et pour la Caméra d’Or. L’histoire a des affinités évidentes avec L’histoire de Souleymane de Boris Lojkine, détenteur du Prix du jury Un certain regard de Cannes 2024. Ici aussi, il s’agit d’un immigré – chinois pour cette fois – qui effectue le métier de livreur à vélo au sein d’une grande ville, cette fois au sein de la cité de New-York. Lu est arrivé aux États-Unis avec le rêve de monter – et de tenir – un grand restaurant mais son souhait ne sera pas exaucé et pour assurer sa survie il doit effectuer tous les petits boulots possibles. D’autant plus que sa femme et sa jeune fille doivent venir le rejoindre incessamment sous peu. Alors il fait le choix de louer un appartement accessible à son statut et au peu d’argent dont il dispose pour mieux les accueillir.

Malheureusement, il se fait voler son vélo et perd son travail par la même occasion. Incapable de retrouver un emploi il se livre à de petites combines et fait le tour de ses relations peu nombreuses dans l’espoir d’emprunter un peu d’argent pour payer son loyer et assurer le minimum. Il s’essaie aussi à effectuer une demande auprès d’un organisme d’aide aux immigrés mais se fait rabrouer aussitôt pour n’avoir pas été tout à fait honnête dans l’exposé de sa situation. Le titre du film fonctionne comme une antiphrase car l’environnement dans lequel évolue le personnage que nous suivons à travers ses pérégrinations est sombre et c’est une image grise et bleutée qui prédomine à l’écran. Les intérieurs sont rarement illuminés par l’électricité et Lu évolue à travers des rues sombres et mal éclairées.


Lu évolue dans un paysage physique et mental de misère caractéristique de sa situation au plus bas étage de la société.

C’est ainsi que le film a été tourné à dessein en plein cœur de l’hiver de mi-décembre à fin janvier. Comme une chape de plomb pèse sur Lu engoncé dans les rues glacées de Chinatown où se déroule pour sa plus grande partie l’action. On sent l’angoisse qui l’étreint et oppresse le spectateur par la même occasion. Dormant dehors, obligé de voler et de mendier auprès d’anciens amis pour subvenir à ses besoins, de faire face au caractère implacable d’un prêteur sur gages, truandé par un compatriote joueur dans le besoin dont la sœur est paralysée, Lu évolue dans un paysage physique et mental de misère caractéristique de sa situation au plus bas étage de la société. Jusqu’à ce que sa famille finisse par le rejoindre et sa responsabilité d’homme de la famille de rendre la crise encore plus aiguë.

Mais sa fille, qui en fait tant qu’il se voit contraint de la prendre avec lui pour arpenter les rues de New-York, est dotée d’une grande intelligence pour son âge et se rend compte très rapidement de la situation misérable dans laquelle se trouve son père. Le film s’éclaircit quelque peu de scènes émouvantes où père et fille se retrouvent ensemble pour partager un moment d’intimité à manger ensemble un morceau dans une gargote ou lorsque cette dernière va pour aider son père jusqu’à commettre un forfait. Une complicité peu à peu s’établit entre les deux êtres que leur fragilité réunit au sein d’une mégalopole qui aurait tendance à engloutir vivants les hommes. Et si l’intérêt de la vie ne résidait qu’à travers ce rayon lumineux qui ne perce que le matin à travers la fenêtre et dont il ne faut surtout pas manquer le moment. Un constat quelque peu pessimiste au goût amer pour un film à la vision réaliste dont la fin reste cependant ouverte au peu d’espoir qu’il reste malgré tout encore d’échapper au cauchemar.

3.5

RÉALISATEUR : Lloyd Lee Choi
NATIONALITÉ : Etats-Unis, Canada
GENRE : Drame
AVEC : Chang Chen, Fala Chen, Carabelle Manna Wei
DURÉE : 1h43
DISTRIBUTEUR : KMBO
SORTIE LE 7 janvier 2026