Stranger Things saison 5 : les adieux aux habitants d’Hawkins

L’ultime saison de la série Stranger Things, le programme amiral de la « flottille sérielle » de Netflix, était attendue au tournant. Dix ans après son lancement (une première saison sortie en 2016), quelques nominations à divers prix (mais peu de récompenses, c’est à noter), le dernier volet (divisé en trois chapitres) met un terme aux aventures de Will, Mike, Dustin, Lucas, Eleven qui ont marqué indiscutablement les esprits de toute une génération de spectateurs. Les frères Duffer propose un (long) spectacle épique, palpitant, qui réussit le tour de force de ne pas dénaturer l’univers ainsi créé tout en renouant, à la toute fin, avec quelques fondamentaux de la série.

En automne 1987, la ville de Hawkins est marquée par l’ouverture des « failles » et les protagonistes sont unis par un seul objectif : retrouver et tuer Vecna. Mais il a disparu et ils ignorent où il se trouve. Pour compliquer leur mission, le gouvernement a placé la ville en quarantaine militaire et intensifié sa traque d’Eleven, la forçant à retourner se cacher. À l’approche de l’anniversaire de la disparition de Will, une terreur profonde et commune se révèle. Tandis que la bataille finale approche, et avec elle, une obscurité plus puissante et plus mortelle que tout ce qu’ils ont affronté jusqu’alors. Pour mettre fin à ce cauchemar, ils auront besoin de toute l’équipe entière, unie, une dernière fois.

Cette dernière saison de Stranger Things a constitué l’un des cadeaux de fin d’année les plus retentissants pour les fans les plus assidus

Pensée comme le chapitre final de la série, chargée d’apporter des réponses ou tout au moins des clés de compréhension aux nombreuses pistes empruntées, cette dernière saison de Stranger Things a constitué l’un des cadeaux de fin d’année les plus retentissants pour les fans les plus assidus (dont fait d’ailleurs partie l’auteur de ces lignes). Si l’on met de côté un aspect marketing discutable mais finalement pas si nouveau (la mise en ligne des parties sur trois périodes différentes), il est tout à fait justifié de parler de réussite, malgré un huitième épisode forcément déceptif (dans la mesure où il annonce réellement la fin, au terme d’une durée équivalente à celle d’un long métrage) et d’ailleurs très décrié depuis sa diffusion. A tort !

Il parait bien difficile d’évoquer l’ensemble sans dévoiler ces fameuses révélations qui avaient été annoncées par les créateurs eux-mêmes. On se gardera de le faire ici, bien entendu, mais certains points peuvent être abordés. Les amateurs (très patients) de Stranger Things en apprendront plus sur les origines de Vecna, sur le personnage d’Henry notamment sur la façon dont il a obtenu, au départ, certains pouvoirs, et sur son rapport au Flagelleur Mental (victime comme d’autres enfants ou bien complice ?). A n’en pas douter, ils se questionneront sur le sort qu’ont réservé les frères Duffer à Eleven. Enfin, certains partis pris seront, au mieux, discutés, au pire, très sévèrement critiqués.

Pour autant, le plaisir pris devant cette saison 5 n’est en rien entaché par quelques maladresses d’écriture ici ou là, sans doute liées à la nécessité (et à la difficulté) de mettre un terme à une série aussi populaire. De la même manière, le charme opère toujours autant malgré une surenchère visuelle et sonore (surtout à la toute fin) qui dirige clairement la série vers le blockbuster américain (avec un budget conséquent entre les mains des Duffer), mettant de côté une certaine sobriété à l’œuvre dans la première saison. Stranger Things reste tout de même une bulle nostalgique et culturelle, riche en références, évoquant (et reconstituant) avec brio les années 80. Des retours à certains fondamentaux séduisent également : la révolte des enfants / adolescents contre Vecna, les univers métaphoriques à l’œuvre (je pense, par exemple, à cette grotte à l’intérieur de laquelle Henry ne peut pénétrer car c’est une matérialisation de ses souvenirs d’enfance, ou encore l’Upside Down, le fameux monde à l’envers, projection de toutes les peurs, pas seulement enfantines d’ailleurs), enfin les messages qui y sont véhiculés sur l’acceptation de soi, la différence, le deuil ou le passage à l’âge adulte (c’est le cas dans une très belle scène finale, une partie de Donjons & Dragons, conçue à la fois comme un récit de fin alternative et comme une sorte de transmission).

L’ensemble finit donc par être émouvant et plutôt cohérent, au grand dam des détracteurs, encore plus nombreux probablement à l’issue de ces cinq saisons, et des déçus qui rêvaient probablement d’un autre monde, d’une autre fin. En attendant la promesse de spin-off, apparemment déjà en chantier.

4.5

RÉALISATEUR : Les Frères Duffer
NATIONALITÉ : USA
GENRE : Drame, Epouvante-horreur, Fantastique, Science Fiction, Thriller
AVEC : Winona Ryder, David Harbour, Millie Bobby Brown
DURÉE : 8 épisodes
DISTRIBUTEUR : Netflix
SORTIE EN : Décembre / janvier 2026