Tirailleurs : d’un récit de guerre mondial à l’histoire d’un amour filial

Après son premier long métrage La Vie en grand, récit des difficultés d’insertion d’un adolescent sénégalais en banlieue parisienne, Mathieu Vadepied réalise Tirailleurs. Dans les deux films, l’histoire est celle de Sénégalais arrachés à leur Afrique natale, permettant « de comprendre comment la société française s’est composée de tant d’origines, notamment subsahariennes » comme le dit Vadepied lui-même à propos de Tirailleurs.

Dans ce long métrage de Mathieu Vadepied, le spectateur est tiraillé : entre les paysages chauds du Sénégal et les villages en ruine des Ardennes, entre le français, le dialecte wolof et peule, entre les regards tendres d’un père sur son fils et les bruits des obus sur le champ de bataille.

Nous sommes en 1917. Arrachés à leurs terres ouest-africaines, Bakary, incarné par l’indémodable Omar Sy; et son fils Thierno, se retrouvent perdus dans les tranchées. Combattant pour les français pendant la Première Guerre Mondiale, ils risquent leur vie pour une guerre qui n’est pas la leur, pour des hommes qui les méprisent et ne leur ressemblent pas. Les récits de l’expérience des poilus sont nombreux : mais le regard jusque-là occulté des tirailleurs sénégalais, troupes coloniales au service de l’armée française au début du siècle dernier, nous fait découvrir une perception singulière de ces évènements.

Dans ce long métrage de Mathieu Vadepied, le spectateur est tiraillé : entre les paysages chauds du Sénégal et les villages en ruine des Ardennes, entre le français, le dialecte wolof et peule, entre les regards tendres d’un père sur son fils et les bruits des obus sur le champ de bataille. Pour cette production franco-sénégalise, le thème est au goût du jour : à première vue, l’Homme noir et l’Homme blanc se font face, se méprisent, ne se comprennent pas. Mais sur les brancards qui traversent les tranchées, leur sang est d’un même rouge. Le père et le fils adoptent des stratégies différentes pour survivre et se protéger : Bakary cherche à tout prix à déserter, et sauver son fils de l’horreur du combat, alors que Thierno souhaite s’intégrer aux troupes françaises, et gagner cette guerre et peut être bâtir un avenir en France.

Malgré le contexte si particulier et l’histoire singulière que nous donne à voir Vadepied, le réalisateur de En Thérapie met aussi en scène une histoire bien plus simple, celle de l’amour d’un père pour son fils. Malgré la peur, le bruit, la nuit et la crasse, des courtes scènes de tendresse viennent ponctuer ce film, d’une prière partagée avant un combat, une accolade, ou l’évocation de souvenirs communs. Ce film rend justice à une partie de l’histoire délibérément oubliée, mais se refuse d’être manichéen, et brouille toutes nos idées reçues : la guerre rend-elle plus solidaire ? Peut-on tuer pour protéger les siens ?

Une musique poignante, un dénouement émouvant, juste assez engagé mais pas trop, ce film est un tire-larmes assuré, un drame historique qui plaira à tous les pères soucieux de leur progéniture.

3.5

RÉALISATEUR :  Mathieu Vadepied 
NATIONALITÉ : franco-sénégalaise
AVEC : Omar Sy 
GENRE : Drame, historique, guerre 
DURÉE : 1h49 
DISTRIBUTEUR : 
SORTIE LE prochainement