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	<title>Archives des ACTEURS - MovieRama</title>
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	<title>Archives des ACTEURS - MovieRama</title>
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		<title>Rencontre avec Sergi López, le héros de SIRAT : un acteur qui vous veut (vraiment) du bien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Aug 2025 09:49:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTEURS]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[DOSSIERS]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous ne le savez peut-être pas encore mais Sergi López va devenir incontestablement le héros de votre rentrée! En effet, Sirāt, Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, a créé une onde de choc qui va sans doute se propager lors des premières semaines du mois de septembre. Protagoniste principal de ce film-phénomène, cet Espagnol de taille moyenne, légèrement rondouillard, va vous bouleverser, surtout si vous ne vous y attendez pas. Oliver Laxe, metteur en scène prometteur, que nous suivons [&#8230;]</p>
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<p class="has-drop-cap"><strong>Vous ne le savez peut-être pas encore mais Sergi López va devenir incontestablement le héros de votre rentrée!  En effet, <a href="https://movierama.fr/sirat-voyage-au-bout-de-lenfer/">Sirāt</a>, Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, a créé une onde de choc qui va sans doute se propager lors des premières semaines du mois de septembre. Protagoniste principal de ce film-phénomène, cet Espagnol de taille moyenne, légèrement rondouillard, va vous bouleverser, surtout si vous ne vous y attendez pas.  Oliver Laxe, metteur en scène prometteur, que nous suivons déjà depuis quelques années, y confirme les espoirs qu&rsquo;avait déjà suscités Mimosas, La Voie de l&rsquo;Atlas (Grand Prix Nespresso de la Semaine de la Critique en 2016) et Viendra le feu (Prix du jury Un Certain Regard en 2019). Pour approfondir les aspects à la fois matériels et spirituels de ce film-choc, avant de nous entretenir avec son brillant metteur en scène, nous avons conversé à bâtons rompus avec Sergi <strong>López</strong>, chaleureux interprète, généreux de son temps et de sa personne. A noter que, pour une véritable impression de ce dialogue parfois burlesque, il faudrait avoir en tête l&rsquo;accent espagnol de Sergi qui agrémente toutes ses phrases et leur donne ainsi une intonation irrésistiblement chantante.</strong></p>



<p><strong>N.B. : cet article présente uniquement la première partie de l&rsquo;interview de Sergi <strong>López</strong>. La seconde partie dans laquelle il s&rsquo;exprime sur son accent espagnol (passage irrésistible), son travail avec Stephen Frears, sa place dans le cinéma français, etc., et donc la version intégrale de cette interview, seront publiées dans le numéro 1 de la revue MovieRama, à paraître début septembre, sur la rentrée cinéma 2025 et plus particulièrement les films de Cannes.</strong></p>



<p><strong>Sirāt est passé, si je me souviens bien, au début du Festival, le deuxième ou troisième jour de compétition? </strong></p>



<p>Si, si (espagnol). Tout le monde nous disait que ce n&rsquo;était pas bien, qu&rsquo;il valait mieux passer à la fin parce que le jury, comme ça, se rappelle davantage. Et puis d&rsquo;autres nous ont dit finalement, non c&rsquo;est bien parce que <strong>Sirāt</strong> a un effet qui dure longtemps&#8230;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-767f08fbac28c06ea9071273f64df146-1024x683.webp" alt="" class="wp-image-47184" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-767f08fbac28c06ea9071273f64df146-1024x683.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-767f08fbac28c06ea9071273f64df146-300x200.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-767f08fbac28c06ea9071273f64df146-768x512.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-767f08fbac28c06ea9071273f64df146-1536x1024.webp 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-767f08fbac28c06ea9071273f64df146-360x240.webp 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-767f08fbac28c06ea9071273f64df146-720x480.webp 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-767f08fbac28c06ea9071273f64df146-770x513.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-767f08fbac28c06ea9071273f64df146-1400x934.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-767f08fbac28c06ea9071273f64df146-1320x880.webp 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-767f08fbac28c06ea9071273f64df146.webp 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Sergi López et Bruno Núñez Arjona dans Sirāt </figcaption></figure>



<p></p>



<p><strong>Ah ça, je peux vous le confirmer</strong>. <strong>On habitait à Cannes en colocation avec quatre ou cinq personnes et chacune revenait en disant, « Sirāt, oh my God! » (rires de Sergi). C&rsquo;était un choc terrible&#8230;Vous, quand vous avez reçu le scénario, comment vous l&rsquo;avez ressenti? Comment l&rsquo;avez-vous sorti de la pile?</strong></p>



<p>Parce que c&rsquo;était une évidence. Je n&rsquo;ai pas une pile de 150 manuscrits non plus! J&rsquo;ai reçu ça et il n&rsquo;y avait rien de ce que tu peux attendre dans un scénario. Moi je ne suis pas cinéphile, je ne lis pas beaucoup&#8230;</p>



<p><strong>Comment ça, vous n&rsquo;êtes pas cinéphile?!</strong></p>



<p>Si, si, je t&rsquo;assure (Sergi est passé directement au tutoiement). Tu peux me poser des questions, tu vas voir, je ne connais pas grand&rsquo;chose. Moi, c&rsquo;est par les gens qui m&rsquo;entourent, qui me conseillent, qui, eux, sont très cinéphiles&#8230;Ce sont ceux avec qui je travaille. Moi je n&rsquo;ai pas une culture cinématographique très forte et pourtant, j&rsquo;ai une connaissance du cinéma par la pratique. Je lis un scénario et je sens tout de suite les codes, tu devines très vite ce qui va se passer, même si c&rsquo;est bien écrit. Encore pire si ce n&rsquo;est pas bien écrit. Quand j&rsquo;ai lu <strong>Sirāt</strong>, je me suis dit « <em>c&rsquo;est quoi ce truc?</em> » Au départ un père cherche sa fille et puis le film change, évolue vers quelque chose de plus spirituel&#8230;Et il change à nouveau. Il y a plein de choses qui te surprennent et quand tu finis le film, cela ne ressemble à rien de ce que tu avais prévu. Tu ne peux pas vraiment le définir. Quand je l&rsquo;ai lu la première fois, je l&rsquo;ai beaucoup aimé mais il y a une douleur très explicite au centre du film. Je me demandais si je pouvais la jouer. Quelque chose d&rsquo;aussi brutal, d&rsquo;aussi frontal. Je craignais qu&rsquo;on trouve ça obscène. Je pensais que ce serait mieux, filmé de loin. Et puis, c&rsquo;est comme pour tout, j&rsquo;ai essayé, essayé et je pense avoir fait de mon mieux. J&rsquo;ai des enfants mais je ne pense pas à eux quand je joue. C&rsquo;est un jeu, il ne s&rsquo;agit pas non plus de se faire mal. </p>



<p><strong>Vous avez vu d&rsquo;autres films d&rsquo;Oliver Laxe, avant de tourner dans <strong>Sirāt</strong>? </strong>  </p>



<p>On dit Latché, c&rsquo;est la bonne prononciation. Oui, j&rsquo;avais vu <strong>Viendra le feu.</strong> J&rsquo;avais beaucoup aimé mais ce n&rsquo;est pas ce qui m&rsquo;a décidé. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="538" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mimosas-142207-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-47185" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mimosas-142207-1024x538.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mimosas-142207-300x158.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mimosas-142207-768x404.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mimosas-142207-1536x807.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mimosas-142207-770x405.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mimosas-142207-1400x736.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mimosas-142207-1320x694.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Mimosas-142207.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Mimosas, le premier film de fiction d&rsquo;Oliver Laxe</figcaption></figure>



<p></p>



<p><strong>Le film est plus proche en fait de Mimosas, son premier film de fiction?</strong></p>



<p>Je l&rsquo;ai vu après. Je lui ai dit, c&rsquo;est la même chose. Il m&rsquo;a répondu, oui, oui. </p>



<p><strong>C&rsquo;est la même chose moins la techno, moins les effets de la dernière demi-heure.</strong> </p>



<p>En fait, il avait écrit <strong><strong>Sirāt</strong></strong> avant. Mais comme il n&rsquo;avait pas d&rsquo;argent, il a changé de projet. <strong>Mimosas</strong>, c&rsquo;est un peu comme <strong><strong>Sirāt</strong></strong> avec moins d&rsquo;argent. Il y a déjà le désert, le Maroc, des voitures qui suivent des chemins. </p>



<p><strong>Mais ce ne sont pas les films précédents d&rsquo;Oliver qui vous ont décidé à tourner dans Sirāt?</strong></p>



<p>Non, c&rsquo;est le scénario. Comme je ne suis pas très cinéphile, c&rsquo;est toujours comme ça, même si j&rsquo;adore ce qu&rsquo;il fait. Par exemple, au début de ma carrière, Bigas Luna, un grand réalisateur espagnol, très connu, m&rsquo;a proposé un scénario. Je n&rsquo;ai pas aimé le scénario alors que mon personnage était super, sympa. Je lui ai dit <em>« je ne sais pas quoi faire car je n&rsquo;ai pas aimé le scénario, peut-être que je ne l&rsquo;ai pas compris</em>« . Il m&rsquo;a répondu (Sergi fait de grands gestes) : <em>si tu ne le sens pas, ne le fais pas! </em> J&rsquo;admire les films qu&rsquo;il a faits avant, et je ne voulais pas faire le pire film de sa carrière. Moi ça m&rsquo;est égal, si c&rsquo;est un grand ou petit réalisateur, ça m&rsquo;est égal. Ce qui m&rsquo;intéresse, c&rsquo;est de faire de beaux films, avec de bonnes histoires. A la limite même, je peux jouer des personnages anecdotiques mais dans des films solides. </p>



<p><strong>Au début, vous pensiez que cela allait être un mélodrame familial, avec un père qui recherche sa fille&#8230;</strong></p>



<p>Et puis la vie vous emmène dans une autre direction&#8230;Au début, on se demande ce que fait ce type avec un accent dans le milieu des raves. </p>



<p><strong>Vous êtes le seul acteur professionnel de la distribution et le premier avec qui Oliver Laxe a travaillé?</strong></p>



<p>Si, si (espagnol). Il avait toujours travaillé avec des acteurs amateurs qui n&rsquo;ont pas joué grand&rsquo;chose auparavant, voire rien. Il m&rsquo;a dit « <em>c&rsquo;est la première fois que je travaille avec un professionnel</em> « . Il m&rsquo;a pris certes parce que je suis un professionnel mais aussi parce que, quelque part, je peux me jouer moi-même. Quand j&rsquo;ai commencé dans le métier, Manuel Poirier recherchait les gens pour ce qu&rsquo;ils étaient. Donc j&rsquo;ai commencé en me jouant un peu moi, Un mec espagnol, qui a l&rsquo;accent, des choses proches de moi&#8230;</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="929" height="391" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/harry-R.jpg" alt="" class="wp-image-47186" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/harry-R.jpg 929w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/harry-R-300x126.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/harry-R-768x323.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/harry-R-770x324.jpg 770w" sizes="(max-width: 929px) 100vw, 929px" /><figcaption class="wp-element-caption">Harry un ami qui vous veut du bien, Sergi López et Laurent Lucas (de dos)</figcaption></figure>



<p></p>



<p><strong>Dans le film de Dominik Moll, Harry, un ami qui vous veut du bien. c&rsquo;est a priori assez loin de vous&#8230;(Sergi Lopez a obtenu le César du meilleur acteur pour ce rôle, Ndlr).</strong></p>



<p>Dominik Moll, il m&rsquo;a envoyé un message car il a vu le film hier, <strong><strong>Sirāt</strong></strong>. Au départ, quand Dominik Moll m&rsquo;a proposé <strong>Harry, un ami qui vous veut du bien</strong>, il m&rsquo;avait proposé l&rsquo;autre rôle, celui de Laurent Lucas, le personnage du type qui essaie d&rsquo;écrire, qui a une femme et des enfants&#8230;On répétait avec Dominik, on lisait les scènes. Et tout d&rsquo;un coup, il m&rsquo;a dit « <em>qu&rsquo;en penserais-tu si tu jouais Harry</em>? ». Je lui ai répondu tout de suite : « <em>je trouve ça super.</em> » Parce que le scénario était formidable mais ma crainte, c&rsquo;était que, dans le personnage d&rsquo;Harry, il y ait un acteur où, de loin, on le voit arriver et on se dit tout de suite, on se méfie de lui, un brun ténébreux comme Laurent Lucas. C&rsquo;était super que Harry ait l&rsquo;accent espagnol, et dise « <em>salut, je t&rsquo;ai acheté un quatre-quatre</em>« . </p>



<p><strong>Cela justifie en plus le titre. </strong></p>



<p>Exactement. Un ami qui vous veut du bien, qui fait plaisir, qui est sympa. Personne ne se méfie. C&rsquo;est comme quand j&rsquo;ai fait <strong>Une Liaison pornographique </strong>(Frédéric Fonteyne, 1999). Quand on te dit le titre, tu te dis que ça ne va pas être pornographique. Et pour Harry, ce n&rsquo;est pas franchement un ami qui vous veut du bien, haha. Il y a de l&rsquo;ironie, de l&rsquo;humour. </p>



<p><strong>Puisque vous êtes le premier acteur professionnel d&rsquo;Oliver Laxe, comment vous a-t-il dirigé? Dirige-t-il d&rsquo;ailleurs?</strong></p>



<p>Il est très directif mais, avec toute mon amitié, il est un peu casse-couilles aussi! (rires). En fait, non pas casse-couilles&#8230;Il est très possédé par ce qu&rsquo;il raconte, par le film, par l&rsquo;histoire, par la spiritualité, et dans la mise en scène, il est très précis, rigoureux, il n&rsquo;est pas dans la liberté de l&rsquo;improvisation. Les acteurs, à part moi, n&rsquo;avaient jamais joué avant mais ils étaient dirigés très précisément, comme des acteurs, en fait. Tu dois dire telle phrase exactement à tel endroit, c&rsquo;est précis. Si on compare avec Manuel Poirier, les tournages avec Manuel, c&rsquo;était davantage du cinéma-vérité. Avec Oliver, les cadres sont très élaborés, les placements très définis. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="679" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-910b822edcb01fd0c074ac11e3c51b03-1024x679.webp" alt="" class="wp-image-47189" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-910b822edcb01fd0c074ac11e3c51b03-1024x679.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-910b822edcb01fd0c074ac11e3c51b03-300x199.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-910b822edcb01fd0c074ac11e3c51b03-768x509.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-910b822edcb01fd0c074ac11e3c51b03-1536x1019.webp 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-910b822edcb01fd0c074ac11e3c51b03-360x240.webp 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-910b822edcb01fd0c074ac11e3c51b03-770x511.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-910b822edcb01fd0c074ac11e3c51b03-1400x928.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-910b822edcb01fd0c074ac11e3c51b03-1320x875.webp 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-910b822edcb01fd0c074ac11e3c51b03.webp 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Sergi López, Stefania Gadda, Joshua Liam Henderson, Richard Bellamy dans Sirāt</p>



<p></p>



<p><strong>Contrairement au film qui dévie, le metteur en scène ne dévie pas. </strong></p>



<p>Exactement! Il montre une vie imprévisible mais lui, il a tout prévu! (rires). Je vais lui dire, haha. </p>



<p><strong>Dans ses films, il y a un aspect spirituel qui ressort beaucoup. Dans Mimosas, c&rsquo;est l&rsquo;Islam qui est cité. Est-ce que cela se ressent dans sa mise en scène?</strong></p>



<p> Cela se ressent. Car il en parle beaucoup, tout le temps. Quand on discute sur le scénario, quand on parle avec lui, quand on fait des répétitions. Il a fait des essais avec moi. Il m&rsquo;a dit « <em>tu es un acteur reconnu, je ne sais pas si tu vas accepter de faire des essais. Parce qu&rsquo;il y a un autre acteur</em>. » Je lui ai répondu « <em>non, je veux bien faire des essais, pour voir si on s&rsquo;entend bien. Car si on ne s&rsquo;entend pas, cela ne sert à rien de faire le film ensemble</em>« . Et donc à chaque fois, il y a cette idée spirituelle, il parle tout le temps de cela. Il est très possédé par cette histoire, par ce parcours spirituel. Il se nourrit beaucoup de cela. Après l&rsquo;histoire, elle est comme ça&#8230;</p>



<p><strong>C&rsquo;est une métaphore. On n&rsquo;est pas obligé de saisir l&rsquo;aspect spirituel mais il est toujours là.</strong> </p>



<p>Moi j&rsquo;ai l&rsquo;impression que ce film, il est métaphorique et n&rsquo;est pas métaphorique à la fois. Au départ, c&rsquo;est un père à la recherche de sa fille et puis ça part sur autre chose. La fille, on l&rsquo;oublie. Même lui, le père, on l&rsquo;oublie. C&rsquo;est le groupe, la famille qui avance. </p>



<p><strong>C&rsquo;est comme dans Mimosas, le fait de trouver un chemin.</strong> </p>



<p>Si, si. Et ça, c&rsquo;est complétement spirituel. Il s&rsquo;agit d&rsquo;avancer vers une lumière, et de transcender l&rsquo;aspect matériel. </p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="350" height="168" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/SiratfilmCannesmainMorocTsr1.webp" alt="" class="wp-image-47190" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/SiratfilmCannesmainMorocTsr1.webp 350w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/SiratfilmCannesmainMorocTsr1-300x144.webp 300w" sizes="(max-width: 350px) 100vw, 350px" /><figcaption class="wp-element-caption">Sergi López dans Sirāt</figcaption></figure>



<p><strong>La techno, c&rsquo;est un peu votre type de musique ou pas du tout?</strong></p>



<p>Non, pas du tout. Encore une fois, je ne suis pas très cinéphile, je ne suis pas non plus très mélomane. Mais j&rsquo;écoute de la musique. J&rsquo;ai découvert il n&rsquo;y a pas très longtemps une radio française, FIP, qui passe un peu tout, de la techno, des chants populaires brésiliens, de la musique africaine, des percussions, du jazz&#8230;C&rsquo;est toujours de la musique de qualité, quoi qu&rsquo;ils mettent. Des chansons des années 30, de la musique pop, du rock. Mais toujours de la qualité. Donc pour moi, la techno, c&rsquo;est pareil. J&rsquo;ai fait parfois des raves, avec une dimension politique. Tu sens alors que la techno, c&rsquo;est spirituel, cela travaille le corps à pas mal d&rsquo;endroits. </p>



<p><strong>Le travail sonore du film est hallucinant. </strong></p>



<p>C&rsquo;est une bonne partie de la magie du film. La première fois que je vois un film où j&rsquo;ai joué, je ne vois que moi -alors qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas que moi dans le film. Je vois les scènes qu&rsquo;on a coupées, je me rends compte du montage, etc. J&rsquo;ai besoin de voir le film trois, quatre, cinq fois pour oublier ma présence et être dans l&rsquo;histoire. Alors que pour <strong><strong>Sirā</strong>t</strong>, je l&rsquo;ai vu la première fois sur un écran d&rsquo;ordinateur, il y avait encore les fonds verts, la musique n&rsquo;était pas encore complètement mixée. Et quand je l&rsquo;ai vu à Cannes, la musique m&rsquo;a complètement emporté. Je me souviens d&rsquo;un plan du film, vu à Cannes, avec les camions qui partent en emportant la poussière de sable du désert. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;acteurs, pas de dialogues. Il y a seulement une image, un mouvement et tu as l&rsquo;impression qu&rsquo;il se passe quelque chose. C&rsquo;est stupéfiant. Je ne l&rsquo;ai vu qu&rsquo;une fois dans sa version définitive à Cannes et j&rsquo;étais scié! Je connaissais pourtant l&rsquo;histoire, je savais tout ce qui allait se passer et pourtant&#8230;non vraiment la musique y est pour quelque chose dans cet effet extraordinaire que produit le film. C&rsquo;est pour ça que c&rsquo;est vraiment un film de cinéma, c&rsquo;est vraiment formidable à voir sur grand écran. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-8e6a90a01cc94d8ece68061672237a06-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-47193" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-8e6a90a01cc94d8ece68061672237a06-1024x683.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-8e6a90a01cc94d8ece68061672237a06-300x200.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-8e6a90a01cc94d8ece68061672237a06-768x512.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-8e6a90a01cc94d8ece68061672237a06-1536x1024.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-8e6a90a01cc94d8ece68061672237a06-360x240.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-8e6a90a01cc94d8ece68061672237a06-720x480.jpg 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-8e6a90a01cc94d8ece68061672237a06-770x513.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-8e6a90a01cc94d8ece68061672237a06-1400x934.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-8e6a90a01cc94d8ece68061672237a06-1320x880.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Sirat-8e6a90a01cc94d8ece68061672237a06.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Le dernier jour du Festival, vous êtes revenu pour le Festival de Cannes, pour le Palmarès?</strong></p>



<p>Ah non, j&rsquo;étais déjà à un autre festival qui durait trois jours, un festival de courts métrages. Donc je ne pouvais pas venir. </p>



<p><strong>On vous l&rsquo;a proposé quand même?</strong></p>



<p>S&rsquo;il avait été question de donner un prix à l&rsquo;acteur du film, quelqu&rsquo;un de la production aurait insisté et m&rsquo;aurait dit « <em>Sergi, il faut que tu viennes</em>« . Mais ce n&rsquo;était pas le cas. Donc c&rsquo;était forcément un prix pour le film. Le reste de l&rsquo;équipe est resté à Cannes. Il y avait aussi une rumeur que la Palme d&rsquo;or était possible et puis finalement non. </p>



<p><strong>Au bout du compte, Palme d&rsquo;or ou pas, l&rsquo;important c&rsquo;est que le film ait été primé. Je ne sais pas si vous le savez mais Oliver Laxe a été primé pour tous ses films, ce qui est assez exceptionnel pour un jeune cinéaste.</strong></p>



<p>Si, si, si, si (en espagnol). Les trois ou quatre films qu&rsquo;il a faits, ils ont été tous primés à Cannes. Là, c&rsquo;était la première fois pour la compétition de la Sélection officielle. Ce qui serait dommage maintenant, c&rsquo;est qu&rsquo;un jour il n&rsquo;aura pas de prix, j&rsquo;espère qu&rsquo;il ne le vivra pas mal, tu vois. Car on peut être champion un jour, il arrivera toujours un moment où on ne le sera plus, ce n&rsquo;est pas grave. </p>



<p><strong>Le fait d&rsquo;obtenir un prix, cela permet d&rsquo;obtenir déjà une reconnaissance au début de sa carrière. Une fois qu&rsquo;on est reconnu, on n&rsquo;en a plus vraiment besoin.</strong>   </p>



<p> Si, si (espagnol). Une reconnaissance. Peut-être une sortie américaine pour le film, etc. </p>



<p><strong>Le film est coproduit par Pedro et Agustín Almodóvar. Cela ressemble presque à une sorte de transmission du témoin, d&rsquo;une génération à une autre. </strong></p>



<p>Oui, ils produisent pas mal de cinéastes espagnols. Ils sont assez pointus, ils produisent des auteurs. Ils s&rsquo;intéressent à beaucoup de jeunes. Ils lisent pas mal de scénarios, étudient la filmographie des cinéastes, ce qu&rsquo;ils ont fait avant. </p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="640" height="333" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/sirat-after-2025.jpg" alt="" class="wp-image-47194" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/sirat-after-2025.jpg 640w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/sirat-after-2025-300x156.jpg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption class="wp-element-caption">Jade Oukid et Tonin Janvier dans Sirāt</figcaption></figure>



<p><strong><strong>Sirā</strong>t</strong>, <strong>c&rsquo;est un peu l&rsquo;Apocalypse, non?</strong></p>



<p>Un petit peu, oui&#8230;ça part en couilles, haha (rires). </p>



<p><strong>Ce n&rsquo;est pas un peu éprouvant de vous vous retrouver dans ce climat-là?</strong></p>



<p>Ah non, pas du tout. Pour moi, c&rsquo;est bien, c&rsquo;est du jeu, c&rsquo;est toujours un plaisir. Cela t&rsquo;a rendu malade?</p>



<p><strong>Moi non, mais je connais des personnes qui ne pouvaient plus, qui n&rsquo;osaient plus regarder l&rsquo;écran à la fin. </strong></p>



<p>Ah oui, elles avaient peur que l&rsquo;écran explose, haha. </p>



<p><strong>Elles avaient peur pour vous, surtout&#8230;</strong></p>



<p>Le film parle de ça, en fait. On avance dans la vie et des choses inattendues peuvent survenir. </p>



<p><strong>On peut penser que <strong>Sirā</strong>t</strong> <strong>révèle des choses sur le monde dans lequel on vit</strong>, <strong>que cela révèle des choses, en étant en phase avec notre époque</strong>. </p>



<p>C&rsquo;est comme ce que je disais avant. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que c&rsquo;est un film à la fois métaphorique et pas métaphorique. Je m&rsquo;explique, il est dystopique et en même temps il n&rsquo;est pas dystopique. C&rsquo;est tout le temps une dystopie. Il y a eu le Covid, ce n&rsquo;était pourtant pas une bombe nucléaire mais TOUS ont dû rester immobiles. En même temps ce n&rsquo;est pas dystopique. Car ce qu&rsquo;on entend à la radio, c&rsquo;est la guerre à un endroit ou à un autre, on ferme les frontières, il y a la queue, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;essence, toutes ces violences latentes, etc. Tout cela, ce n&rsquo;est pas dystopique, cela se passe réellement. Certains parlent déjà de Troisième Guerre Mondiale, c&rsquo;est qu&rsquo;on a l&rsquo;impression qu&rsquo;on s&rsquo;approche et on avance vers quelque chose qui a peut-être déjà commencé, comme les personnages du film. On est tous dans le même train. On va où, là? On ne sait pas. </p>



<p><strong>Le confinement, cela vous a marqué? </strong></p>



<p>Je crois que cela a marqué tout le monde. Pour moi, pour tout avouer, c&rsquo;était assez agréable. Je vivais à la campagne, il n&rsquo;y avait personne, pas de voitures. Mais pour tout le monde, il y avait un pouvoir qui pouvait nous donner l&rsquo;information que c&rsquo;était dangereux de sortir dans la rue, qu&rsquo;il valait mieux rester chez nous. Et qu&rsquo;on nous oblige à le faire, et qu&rsquo;on le fait. Tu ne peux plus sortir car il n&rsquo;y a plus rien, tout est fermé. Je crois que, dans la tête des gens, on est tous traumatisés. On a fait semblant de vivre pendant quelques mois. Il y a comme un « reset » (une mise à jour) à faire et qu&rsquo;on n&rsquo;a jamais fait. Qu&rsquo;on n&rsquo;a pas fait car c&rsquo;est impossible à faire. Pour faire un « reset », il faudrait passer à sac, examiner vraiment tout et cela fait peur. On ne veut pas se remettre en question, on ne veut pas mourir. Et le film touche car, dans toutes les générations aujourd&rsquo;hui, il y a ce sentiment dans la tête, on avance mais on va où, au fond. </p>



<p><strong>Oliver a déjà écrit ce scénario avant mais c&rsquo;est mieux qu&rsquo;il le tourne et le sorte maintenant.</strong></p>



<p>Oui c&rsquo;est mieux car à l&rsquo;époque, il n&rsquo;aurait pas eu le même effet.  Pour citer un autre exemple, j&rsquo;ai joué dans <strong>Les Derniers jours du monde </strong>des frères Larrieu. Il faudrait que je le revoie. Dix ans avant la pandémie, ils montrent un virus qui circule, la ville de Biarritz entièrement fermée, la police dans les rues, « <em>c&rsquo;est la fin du monde, mangeons des oeufs à la truffe</em>« . Dix ans avant&#8230;C&rsquo;est fou, le cinéma est vraiment prémonitoire parfois!</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="400" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Les-derniers-jours-du-monde-19134106.jpg" alt="" class="wp-image-47195" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Les-derniers-jours-du-monde-19134106.jpg 600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Les-derniers-jours-du-monde-19134106-300x200.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/09/Les-derniers-jours-du-monde-19134106-360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption">Mathieu Amalric dans Les Derniers jours du monde des frères Larrieu </figcaption></figure>



<p></p>



<p><strong>Propos recueillis par David Speranski le 2 juillet 2025</strong></p>



<p> </p>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/rencontre-avec-sergi-lopez-le-heros-de-sirat-un-acteur-qui-vous-veut-vraiment-du-bien/">Rencontre avec Sergi López, le héros de SIRAT : un acteur qui vous veut (vraiment) du bien</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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		<title>Rencontre avec Frédéric Farrucci, Alexis Manenti et Mara Taquin pour Le Mohican : « La Corse est une terre de résistance »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kévin Corbel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2025 15:53:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTEURS]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[METTEURS EN SCENE]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deuxième film de Frédéric Farrucci, Le Mohican raconte la résistance héroïque d’un berger corse face à la mafia, qui veut récupérer ses terres au profit de l’industrie du tourisme. Éminemment politique, ce western moderne est l’occasion pour le cinéaste de 54 ans de mettre en scène les maux de son île natale et de réunir à l’écran Alexis Manenti et Mara Taquin, deux acteurs engagés en pleine ascension. Triple entretien. Qu’avez-vous appris ou découvert en travaillant sur ce film ? [&#8230;]</p>
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<p><strong>Deuxième film de <a href="https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=712487.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Frédéric Farrucci</a>, <a href="https://movierama.fr/le-mohican-la-solitude-en-trompe-loeil/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Mohican</a> raconte la résistance héroïque d’un berger corse face à la mafia, qui veut récupérer ses terres au profit de l’industrie du tourisme. Éminemment politique, ce western moderne est l’occasion pour le cinéaste de 54 ans de mettre en scène les maux de son île natale et de réunir à l’écran <a href="https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=678294.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Alexis Manenti</a> et <a href="https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=864442.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mara Taquin</a>, deux acteurs engagés en pleine ascension. Triple entretien.</strong></p>



<p><strong>Qu’avez-vous appris ou découvert en travaillant sur ce film ?</strong></p>



<p>Alexis Manenti : J’ai fait beaucoup de rencontres sur place, au sein de ce territoire rural : humainement c’était très enrichissant de travailler là-bas. On a rencontré beaucoup de personnes qui étaient des Mohicans à leur manière, dont Joseph Terrazzoni, le berger qui a inspiré l’histoire du film et qui continue aujourd’hui à faire ce métier malgré les pressions économiques, financières ou mafieuses. Professionnellement, j’ai appris à parler corse, et à courir devant la caméra tout en rangeant mes bras sur les côtés (rires).&nbsp;</p>



<p>Frédéric Farrucci : Ça m’a beaucoup plu d’avoir ce mélange de comédiens professionnels et amateurs sur le plateau. Les amateurs ont beaucoup de spontanéité, de vérité qui peut vite s’épuiser au fil des scènes, alors que les professionnels sont de plus en plus précis quand les prises s’accumulent. Cet arbitrage était passionnant à mettre en scène.&nbsp;Ce tournage était une aventure un peu folle dans la mesure où le film avait un budget serré : on pouvait faire peu de prises pour chaque scène, il a fallu se déplacer rapidement entre les décors. Nous avions une façon de travailler très tonique, avec une tension constante qui a servi le film.&nbsp;</p>



<p><strong>Alexis, Mara Taquin, qu’est-ce qui vous a poussé à travailler avec Frédéric sur ce film ?</strong></p>



<p>Mara Taquin : Quand je lis des scénarios comme celui du <strong>Mohican</strong>, j’ai tout de suite envie de me battre pour l’avoir. C’est très important pour moi d’avoir un message à faire passer dans mes rôles.</p>



<p>AM : J’avais vu le premier film de Frédéric, <strong>La Nuit Venue</strong>, qui m’avait impressionné et donné envie de travailler avec lui. Sur <strong>Le Mohican</strong> il y avait une sorte d’urgence, une vérité. Je trouve important d’être convaincu de la sincérité du réalisateur sur un projet et là c’était le cas. Frédéric connaît le sujet qu’il traite sur le bout des doigts.</p>



<p>MT : Quand tu rencontres quelqu’un à ce point pris par un sujet, tu es obligé de le suivre et de lui faire confiance : c’est ce qui m’a plu chez lui. Et parfois il peut être drôle, mais c’est plus rare… (rires)</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="429" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/7cace174448d89f75294953507a2accb-1024x429.jpg" alt="" class="wp-image-42567" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/7cace174448d89f75294953507a2accb-1024x429.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/7cace174448d89f75294953507a2accb-300x126.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/7cace174448d89f75294953507a2accb-768x322.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/7cace174448d89f75294953507a2accb-1536x643.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/7cace174448d89f75294953507a2accb-770x322.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/7cace174448d89f75294953507a2accb-1400x586.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/7cace174448d89f75294953507a2accb-1320x553.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/7cace174448d89f75294953507a2accb.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Travailler sur ce film a-t-il fait évoluer l’image que vous aviez de la Corse ?</strong></p>



<p>MT : En tant que belge, j’avais peu d’a priori sur la Corse. Je suis arrivée là-bas telle une page blanche, avec très peu de clichés en tête. Frédéric a tenté de me raconter l’histoire politique de ce territoire : je me suis imprégnée de ses récits et de ceux des habitants qui nous entouraient.</p>



<p>AM : J’ai découvert que l’humour corse était certainement l’un des plus grands humours planétaires. Il pratiquent la “macagna”, une façon de taquiner l’autre subtilement et à différents degrés. J’adore ça.&nbsp;</p>



<p>FF : Pour ma part il n’y a pas eu de découverte, j’étais en terrain connu. Ça m’a permis de travailler plus rapidement, plus intuitivement car beaucoup de choses relevaient de l’ordre de l’évidence. Il y avait aussi un sentiment de légitimité à évoquer ce sujet dans un long métrage.&nbsp;</p>



<p><strong>La Corse semble avoir le vent en poupe dans le cinéma français : <a href="https://movierama.fr/a-ton-image-portrait-dune-photographe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">À son image</a> (Thierry de Peretti), <a href="https://movierama.fr/le-royaume-la-quete-corse/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Royaume</a> (Julien Colonna) et maintenant Le Mohican. Comment expliquer cette place de choix pour des sujets &#8211; souvent difficiles &#8211; en lien avec l’île de beauté dans les salles obscures ?</strong></p>



<p>FF : Je pense que c’est le fruit d’une politique culturelle en Corse qui a fait en sorte de travailler à l’émergence de cinéastes locaux. Ça a été mis en place il y a une vingtaine d’années et aujourd’hui on en récolte les fruits, que ce soit Thierry, Julien, moi et d’autres cinéastes. Tout cela va de pair avec un désir, chez nous, de prendre en charge la narration liée à notre île et de sortir des clichés qui évoquent la Corse via les actualités, la littérature ou le cinéma. Nous sommes partie prenante de ce territoire et nous partageons tous ce désir d’en parler, d’en évoquer les maux. </p>



<p><strong>Ces maux semblent aussi résonner ailleurs en France et dans le monde…</strong></p>



<p>MT : Quand on a présenté le film à la Mostra de Venise, on s’est rendu compte que la thématique faisait particulièrement écho aux Vénitiens, où le tourisme impacte leur vie négativement. Lors des avant-premières du film, des personnes sont venues remercier Frédéric d’avoir porté ce regard politique sur les ravages du tourisme au cœur d’un territoire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="429" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/79f8f7b896693772160b229673463efb-1024x429.jpg" alt="" class="wp-image-42569" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/79f8f7b896693772160b229673463efb-1024x429.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/79f8f7b896693772160b229673463efb-300x126.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/79f8f7b896693772160b229673463efb-768x322.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/79f8f7b896693772160b229673463efb-1536x643.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/79f8f7b896693772160b229673463efb-770x322.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/79f8f7b896693772160b229673463efb-1400x586.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/79f8f7b896693772160b229673463efb-1320x553.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/79f8f7b896693772160b229673463efb.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Dans un monde où les logiques financières semblent avoir bien plus d’impact que les revendications populaires sur la prise de décision, quel est le rôle du cinéma politique ?</strong></p>



<p>FF : Je ne sais pas si le cinéma politique peut avoir un rôle. Personnellement, je n’envisage le cinéma que dans la mesure où il est politique, donc je me lance sur un projet quand quelque chose me heurte en tant que citoyen. Je ne connais pas l’impact sociétal que peut avoir le cinéma, mais le fait que l’on rencontre, avec <strong>Le Mohican</strong>, un public qui a envie de débattre, d’en parler, je trouve ça génial.</p>



<p><strong>Le cinéma politique est-il en danger ?</strong></p>



<p>FF : La voix libérale est tellement forte aujourd’hui que le cinéma, dans sa diversité, est en danger. En France on a la chance d’avoir un écosystème vertueux, l’exception culturelle, avec l’un de ses outils majeurs qui est la chronologie des médias : ce sont des systèmes qu’il faut préserver et cela ne passe que par la volonté politique pour que la France puisse continuer à bénéficier de cette diversité dont font partie les films politiques.</p>



<p><strong>Le Mohican embrasse les codes du western, un genre éminemment politique. Quelles ont été vos inspirations de ce côté-là ?</strong></p>



<p>FF : John Ford, beaucoup, et particulièrement <strong>L’homme qui tua Liberty Valance</strong>, qui évoque les thématiques que je voulais retrouver dans <strong>Le Mohican</strong> : un conflit de territoire pour lequel la loi s’exprime de manière différente, ce qu’on retrouve sur le littoral corse où l’on ressent une grande tension. Il y a également cet aspect “légendaire” dans le film de John Ford, que je voulais traiter car il y a en Corse une sorte de mythologie populaire, qui érige au rang de légende des figures du banditisme ou de la lutte indépendantiste. Je souhaitais créer une contre-légende avec ce berger, jouer sur ces codes. Il y a toujours une nuance à apporter à la notion de légende : je crois que John Ford est très critique du roman national américain, qui s’est constitué à force de légendes et pas forcément de faits. Son film se termine par les propos d’un journaliste : « <em>Quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende</em>. » À force d’imprimer la légende plutôt que la réalité, les Américains oublient que leur histoire s’est construite sur un génocide. Dans <strong>Le Mohican</strong>, je tenais à ce que la légende se construise autour d’une vérité. </p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="429" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/35ed9b5e5f268f51a4d6a4705c9e7302-1024x429.jpg" alt="" class="wp-image-42568" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/35ed9b5e5f268f51a4d6a4705c9e7302-1024x429.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/35ed9b5e5f268f51a4d6a4705c9e7302-300x126.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/35ed9b5e5f268f51a4d6a4705c9e7302-768x322.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/35ed9b5e5f268f51a4d6a4705c9e7302-1536x643.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/35ed9b5e5f268f51a4d6a4705c9e7302-770x322.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/35ed9b5e5f268f51a4d6a4705c9e7302-1400x586.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/35ed9b5e5f268f51a4d6a4705c9e7302-1320x553.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/01/35ed9b5e5f268f51a4d6a4705c9e7302.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Comment avez-vous détourné les codes du western pour les adapter à votre vision du film ? </strong></p>



<p>FF : Je n’avais pas envie d’un héros mais plutôt d’un homme du quotidien qui, confronté à une situation, prend une décision sans se justifier, car réagir autrement aurait signifié la fin de son monde. Il était aussi important pour moi qu’une jeune femme cherche à transformer cette lutte individuelle en combat politique. Le choix de Mara, qui est très engagée politiquement en tant qu’actrice, pour le rôle avait du sens pour deux raisons : déconstruire le cliché d’une Corse exclusivement patriarcale, où les femmes n’auraient pas droit au chapitre, et apporter une forme d’espoir dans le monde tel qu’il est.&nbsp;</p>



<p><strong>Alexis, Mara, aviez-vous conscience de cette dimension lors du tournage ?</strong></p>



<p>AM : L’aspect western est quelque chose que Frédéric m’a tout de suite évoqué quand on a commencé à travailler sur <strong>Le Mohican</strong>. Tout s’y prête dans le scénario : la chaleur, l’étable, ces personnages taiseux, ces confrontations… Il y a tous les éléments du western moderne. </p>



<p>MT : C’est un western à échelle humaine donc on ne glamourise pas la cavale, on la garde dans un ancrage politique tout en y amenant une sorte de tension : jouer avec les registres, c’est la force de Frédéric.</p>



<p><strong>« Quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende. » Qu’aimeriez-vous qu’on imprime pour parler de votre film ?</strong></p>



<p>FF : «<em><strong> </strong>On peut encore dire non</em>.<strong> </strong>»<strong> </strong>Les personnages du film me touchent car ce sont des figures de résistance qui disent « non » au système, qui balayent tout. C’est encore possible de faire ça. </p>



<p>AM : «<em> La Corse est une terre de résistance et elle le reste encore aujourd&rsquo;hui</em>. »<strong> </strong>Bien-sûr, il n’y a pas que du bon sur cette île, mais il y a quand même des personnes qui résistent là-bas. </p>



<p>MT : « <em>Dire « non » peut prendre une dimension universelle.</em> » Nous vivons dans un monde ultra-libéral où l’argent prend le dessus sur tous les rapports de pouvoir, mais le peuple, s’il veut s’opposer à des décisions avec lesquelles il n’est pas d’accord, peut se rassembler et se battre.</p>



<p><strong>Propos recueillis par Kévin Corbel le 24 janvier 2025.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/rencontre-avec-frederic-farrucci-alexis-manenti-et-mara-taquin-pour-le-mohican-la-corse-est-une-terre-de-resistance/">Rencontre avec Frédéric Farrucci, Alexis Manenti et Mara Taquin pour Le Mohican : « La Corse est une terre de résistance »</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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		<title>Rencontre avec Hafsia Herzi pour Le Ravissement d&#8217;Iris Kaltenbäck. Deuxième partie : j&#8217;aime le défi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Dec 2023 14:30:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTEURS]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[METTEURS EN SCENE]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Le Ravissement d&#8217;Iris Kaltenback, Prix Louis-Delluc du Premier Film 2023, Hafsia Herzi a sans doute trouvé l&#8217;un de ses plus beaux rôles, en sage-femme en mal d&#8217;amour et de maternité, perdue dans la solitude urbaine de la capitale. Depuis ses débuts fracassants dans La Graine et le Mulet d&#8217;Abdellatif Kechiche, Hafsia Herzi a surtout joué des personnages donnant dans la tchache et la verve méditérrannéennes. Le Ravissement lui offre enfin l&#8217;occasion d&#8217;un contre-emploi étonnant qui lui permet de passer [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/rencontre-avec-hafsia-herzi-pour-le-ravissement-diris-kaltenback-deuxieme-partie-jaime-le-defi-2/">Rencontre avec Hafsia Herzi pour Le Ravissement d&rsquo;Iris Kaltenbäck. Deuxième partie : j&rsquo;aime le défi</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><strong>Avec <a href="https://movierama.fr/le-ravissement-secrets-et-mensonges/">Le Ravissement</a> d&rsquo;Iris Kaltenback, Prix Louis-Delluc du Premier Film 2023, Hafsia Herzi a sans doute trouvé l&rsquo;un de ses plus beaux rôles, en sage-femme en mal d&rsquo;amour et de maternité, perdue dans la solitude urbaine de la capitale. Depuis ses débuts fracassants dans La Graine et le Mulet d&rsquo;Abdellatif Kechiche, Hafsia Herzi a surtout joué des personnages donnant dans la tchache et la verve méditérrannéennes. <a href="https://movierama.fr/le-ravissement-secrets-et-mensonges/">Le Ravissement </a>lui offre enfin l&rsquo;occasion d&rsquo;un contre-emploi étonnant qui lui permet de passer un palier important, et pourrait lui valoir a minima une nomination méritée au César de la meilleure actrice. Après une première partie d&rsquo;entretien centrée sur <a href="https://movierama.fr/le-ravissement-l-enlevement/">Le Ravissement </a>d&rsquo;<strong><a href="https://movierama.fr/rencontre-avec-iris-kaltenback-le-futur-est-femme/">Iris Kaltenbäck</a></strong>, cette deuxième partie part sur les chemins de traverse d&rsquo;une discussion à bâtons rompus, évoquant tout aussi bien sa carrière d&rsquo;actrice et de réalisatrice, son mentor Abdellatif Kechiche, et ses prochains projets qui vont lui permettre d&rsquo;occuper une nouvelle place assez centrale dans le cinéma français. </strong></p>



<p><strong>Je suis heureux de vous retrouver dans un premier rôle dans Le Ravissement car récemment, on vous a souvent vue dans des films choraux.</strong></p>



<p>Dernièrement, pas mal. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;au début j&rsquo;ai fait un certain nombre de premiers rôles et pas mal de films choraux ces derniers temps, mais ça me plaît aussi, j&rsquo;aime bien.</p>



<p><strong>C&rsquo;est bien aussi mais quand on est un peu fan de vous, on veut vous voir tout le temps à l&rsquo;écran! (rires)</strong></p>



<p>Il faut le dire aux metteurs en scène! (rires). C&rsquo;est vrai ce que vous dites mais je ne me rends pas bien compte, comme j&rsquo;ai réalisé à côté&#8230;</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1000" height="500" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/tu-merites-un-amour-critique.jpg" alt="" class="wp-image-34227" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/tu-merites-un-amour-critique.jpg 1000w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/tu-merites-un-amour-critique-300x150.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/tu-merites-un-amour-critique-768x384.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/tu-merites-un-amour-critique-770x385.jpg 770w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>C&rsquo;est vrai aussi que vous vous êtes donnée le premier rôle dans votre premier film, <a href="https://movierama.fr/tu-merites-un-amour-embrasser-la-vie/">Tu mérites un amour</a>. Mais c&rsquo;était un hasard?</strong></p>



<p>Oui parce que je n&rsquo;avais pas trop le choix et j&rsquo;avais envie de faire vite. Je me suis dit « <em>allez lance-toi </em>« . Et ce film, <strong><a href="https://movierama.fr/tu-merites-un-amour-embrasser-la-vie/">Tu mérites un amour</a></strong>, m&rsquo;a énormément apporté. Cela m&rsquo;a permis de faire mon deuxième film, j&rsquo;ai eu des propositions de nouveaux personnages. Je n&rsquo;avais pas mis actrice de côté mais je n&rsquo;avais pas forcément des rôles qui me plaisaient tout le temps. J&rsquo;aimais bien aussi me retrouver parmi les autres. </p>



<p><strong>Il y a eu aussi La Cour, un téléfilm sur Arte, que vous avez fait à partir d&rsquo;un scénario que vous n&rsquo;avez pas écrit. </strong></p>



<p>C&rsquo;est ça. On m&rsquo;a proposé de le faire donc je me suis dit, pourquoi pas essayer? J&rsquo;ai réadapté, j&rsquo;ai essayé de faire le maximum car c&rsquo;était très court en termes de temps. C&rsquo;est une belle expérience mais je ne sais pas si je la renouvellerai. Car la télé, c&rsquo;est très difficile. Vraiment  peu de temps, peu de moyens. C&rsquo;était éprouvant. Je préfère le cinéma car j&rsquo;avoue que, pour la télé, il existe beaucoup de gens derrière qui vont donner leur mot sur tout, sur la musique, sur le montage, etc. Donc ce n&rsquo;est pas évident. Je trouve que j&rsquo;ai plus de liberté au cinéma. En plus, j&rsquo;étais frustrée car je voulais le sortir au cinéma. Et apparemment on ne peut plus sortir les films de télé au cinéma. J&rsquo;avais proposé au producteur de le faire mais on ne peut plus.  </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/la-cour-1-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-34229" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/la-cour-1-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/la-cour-1-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/la-cour-1-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/la-cour-1-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/la-cour-1.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>J&rsquo;ai lu que les critiques qui vous avaient fait le plus plaisir, c&rsquo;était pour votre rôle du Ravissement, alors que je pensais que c&rsquo;était plus pour vos films en tant que réalisatrice. </strong></p>



<p>Ah non, pour mes films aussi, j&rsquo;en étais vraiment heureuse. Il y a eu des choses vraiment magnifiques pour <strong>Bonne mère</strong>. Même en rêve, je n&rsquo;aurais jamais imaginé avoir une telle reconnaissance. Cela encourage, cela donne de la force. Parce que réaliser un film, c&rsquo;est terrible, on est seul face à son oeuvre. Je me suis toujours dit que, quoi qu&rsquo;on en pense, au fond de moi, cela a été fait avec sincérité. On aime ou on n&rsquo;aime pas. Quand on reçoit du positif en retour, c&rsquo;est incroyable. J&rsquo;ai vraiment de la chance, j&rsquo;ai été souvent encouragée. </p>



<p><strong>Dans Bonne mère, il y avait une dimension opératique, de comédie musicale, qui était très surprenante et que j&rsquo;ai trouvée très réussie. </strong></p>



<p>J&rsquo;ai vraiment adoré ce tournage. C&rsquo;est un film important pour moi car c&rsquo;est inspiré de ma mère. En plus, j&rsquo;adore la musique, les chansons, ça me bouleverse. Cela aide beaucoup pour l&rsquo;écriture, à imaginer des situations. Malheureusement, pour <strong>Bonne mère</strong>, on n&rsquo;a pas eu le public car le pass sanitaire est sorti quasiment en même temps. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="512" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/bonne-mere-le-film-realiste-et-lumineux-de-hafsia-herzi-1024x512.jpg" alt="" class="wp-image-34230" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/bonne-mere-le-film-realiste-et-lumineux-de-hafsia-herzi-1024x512.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/bonne-mere-le-film-realiste-et-lumineux-de-hafsia-herzi-300x150.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/bonne-mere-le-film-realiste-et-lumineux-de-hafsia-herzi-768x384.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/bonne-mere-le-film-realiste-et-lumineux-de-hafsia-herzi-1536x768.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/bonne-mere-le-film-realiste-et-lumineux-de-hafsia-herzi-770x385.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/bonne-mere-le-film-realiste-et-lumineux-de-hafsia-herzi-1400x700.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/bonne-mere-le-film-realiste-et-lumineux-de-hafsia-herzi-1140x570.jpg 1140w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/bonne-mere-le-film-realiste-et-lumineux-de-hafsia-herzi-1500x750.jpg 1500w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/bonne-mere-le-film-realiste-et-lumineux-de-hafsia-herzi-1320x660.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/bonne-mere-le-film-realiste-et-lumineux-de-hafsia-herzi.jpg 2000w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Dans la mise en scène, il existe des défis qui vous tentent? </strong></p>



<p>Parfois on se dit, j&rsquo;ai envie de le faire mais on ne le fait pas. Moi par exemple, je rêve de faire un film en 4/3 mais je n&rsquo;ose pas encore. J&rsquo;ai envie de le faire mais j&rsquo;ai peur de me lancer. La voix off dans <strong>Le Ravissement</strong>, il y en a plein qui veulent le faire mais qui n&rsquo;osent pas. </p>



<p><strong>De mémoire, en 4/3. il y a Falcon Lake de Charlotte Le Bon..</strong>.</p>



<p>Oui, il y a aussi les films d&rsquo;Andrea Arnold qui m&rsquo;inspirent beaucoup. <strong>Bonne Mère</strong>, j&rsquo;ai voulu le faire en 4/3 mais je me suis dit quand même le cinéma, c&rsquo;est le scope&#8230;Mais j&rsquo;adore ce format. </p>



<p><strong>Parce que vous trouvez que c&rsquo;est plus intime?</strong> <strong>Cela ressemble un peu à des pochettes de vinyles. </strong></p>



<p>Oui, je trouve qu&rsquo;on est plus proche des visages, des personnages. </p>



<p><strong>La dernière fois que je vous ai interviewée, on parlait déjà ensemble de la suite de Mektoub my love. Et ce n&rsquo;est toujours pas sorti&#8230;</strong></p>



<p>Je n&rsquo;ai pas de nouvelles. Aucune idée. J&rsquo;espère que cela sortira un jour. Je pense que c&rsquo;est l&rsquo;envie d&rsquo;Abdellatif (Kechiche, NDLR) de le sortir de toute façon.</p>



<p> </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="429" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/hafsia-mektoub-0560010-1024x429.jpg" alt="" class="wp-image-34232" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/hafsia-mektoub-0560010-1024x429.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/hafsia-mektoub-0560010-300x126.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/hafsia-mektoub-0560010-768x322.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/hafsia-mektoub-0560010-1536x643.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/hafsia-mektoub-0560010-770x322.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/hafsia-mektoub-0560010-1400x586.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/hafsia-mektoub-0560010-1320x553.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/hafsia-mektoub-0560010.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Intermezzo a été projeté à Cannes en 2019 et il y aurait deux autres films?</strong> </p>



<p>Il y aurait un autre film. Apparemment, il a rassemblé <strong>Intermezzo </strong>et le 3ème autre film, mais je ne sais pas du tout quand ça va sortir. Il n&rsquo;y aurait donc qu&rsquo;un seul autre film, <strong>Intermezzo </strong>rassemblé avec le 3ème volet. J&rsquo;espère que ça va sortir un jour parce que, franchement, je pense que je ne vais même pas me reconnaître dans le film, tellement ça fait longtemps (rires)! Je pense que ça date de 2016, cela fait sept ans, c&rsquo;est énorme. </p>



<p><strong>Vous pensez que ce long délai est dû à quoi? Des problèmes de montage ou le distributeur qui&#8230; </strong></p>



<p>Au départ, ce sont des problèmes de droits musicaux qui n&rsquo;étaient pas signés et donc cela fait beaucoup d&rsquo;argent. </p>



<p><strong>Ce n&rsquo;est pas le distributeur qui hésiterait à le sortir parce que le climat ne serait pas particulièrement propice en ce moment?</strong></p>



<p>Non, non, le principal problème, ce sont les droits musicaux qui coûtent une fortune. Parce que ce sont des titres qui coûtent très cher. Après il y a peut-être eu d&rsquo;autres choses mais je n&rsquo;en sais pas plus. Le peu que j&rsquo;ai vu, c&rsquo;est magnifique. C&rsquo;est vraiment incroyable. J&rsquo;étais passée le voir au montage et après, j&rsquo;ai arrêté car je ne peux pas, C&rsquo;est tellement beau que je ne vais pas réussir à faire mes films! C&rsquo;est vraiment impressionnant. Cela donne envie d&rsquo;arrêter. </p>



<p><strong>Cela devrait au contraire vous encourager. Mais nous sommes d&rsquo;accord, c&rsquo;est très impressionnant, tous ses films. </strong> <strong>C&rsquo;est l&rsquo;un des meilleurs, que ce soit en France ou dans le monde. </strong></p>



<p>C&rsquo;est l&rsquo;un des meilleurs. C&rsquo;est un grand talent. J&rsquo;espère qu&rsquo;il va vite revenir parce que, franchement, il manque à beaucoup de personnes. Même dans la rue, on m&rsquo;arrête pour demander, « <em>bah alors Mektoub?</em>« . C&rsquo;est un grand cinéaste. </p>



<p><strong>Par rapport à vos projets en tant qu&rsquo;actrice ou réalisatrice, j&rsquo;ai vu que vous avez tourné avec Stéphane Demoustier. </strong></p>



<p>Oui, mon prochain film qui s&rsquo;appelle <strong>Borgo </strong>sur une surveillante de prison. C&rsquo;était super. C&rsquo;est moi qui joue la surveillante de prison. C&rsquo;est un nouveau défi. C&rsquo;est une autre ambiance. J&rsquo;ai adoré travailler avec Stéphane. Super rencontre, super projet. Il sortira en avril 2024. </p>



<p><strong>Et vous avez déjà tourné aussi le film d&rsquo;André Téchiné?</strong></p>



<p>Formidable aussi. J&rsquo;ai tourné avec Isabelle Huppert dans le film de Téchiné et je retrouve prochainement Isabelle Huppert dans le nouveau film de Patricia Mazuy. Oui, je suis vraiment contente. Cela m&rsquo;apprend beaucoup, y compris sur le métier de metteur en scène. Pour moi, chaque expérience, je prends, cela m&rsquo;enrichit. Je rencontre des acteurs, des techniciens, c&rsquo;est incroyable. </p>



<p><strong>En tant que metteur en scène, vous avez aussi d&rsquo;autres projets?</strong></p>



<p>J&rsquo;ai deux scénarios écrits. Deux adaptations, dont l&rsquo;un inspiré d&rsquo;un livre qui s&rsquo;appelle <strong>La Petite dernière </strong>de Fatima Daas. C&rsquo;est un projet qu&rsquo;on m&rsquo;a proposé et j&rsquo;avais envie de me lancer des défis d&rsquo;adaptation.  Le deuxième, c&rsquo;est un roman de Leila Slimani, <strong>Dans le jardin de l&rsquo;ogre</strong>. <strong>La Petite dernière</strong>, c&rsquo;est parti en financement et l&rsquo;autre, sans doute l&rsquo;année prochaine. Je n&rsquo;avais pas d&rsquo;idées, de toute façon. Ce n&rsquo;est pas un exercice facile, je suis très contente, C&rsquo;est un beau défi artistique, en tout cas.  J&rsquo;avais envie d&rsquo;essayer. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="554" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/Retour-seoul-1-1024x554.jpg" alt="" class="wp-image-34231" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/Retour-seoul-1-1024x554.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/Retour-seoul-1-300x162.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/Retour-seoul-1-768x415.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/Retour-seoul-1-1536x831.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/Retour-seoul-1-2048x1108.jpg 2048w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/Retour-seoul-1-770x416.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/Retour-seoul-1-1400x757.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/12/Retour-seoul-1-1320x714.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Le film que vous avez préféré récemment?</strong></p>



<p><strong>Retour à Séoul</strong> de Davy Chou. Je ne sais pas si vous l&rsquo;avez vu. L&rsquo;actrice est incroyable, la mise en scène extraordinaire. C&rsquo;est magnifique. Un grand cinéaste. Du coup, j&rsquo;ai regardé ses autres films et c&rsquo;est un choc incroyable. Je recommande <strong>Retour à Séoul</strong>. </p>



<p><strong>Toute dernière question, comment vous avez vécu le confinement?</strong></p>



<p>C&rsquo;était stressant. Les médias, les autorisations pour sortir. J&rsquo;avais tourné une partie de <strong>Bonne Mère</strong>, trois semaines et j&rsquo;ai dû arrêter à cause du confinement. Du coup, je regardais les rushes de <strong>Bonne mère</strong>, je faisais du sport, j&rsquo;essayais de m&rsquo;avancer pour le futur tournage. On a repris l&rsquo;été. C&rsquo;est un film qui s&rsquo;est fait sur deux saisons. J&rsquo;ai profité à fond pour dérusher. Ce qui m&rsquo;a aidé à tenir le coup, c&rsquo;est le sport, je courais beaucoup, et puis aussi la cuisine et les rushes de <strong>Bonne Mère</strong>. Quand on s&rsquo;occupe du dérushage, c&rsquo;est tellement pointilleux et précis, on n&rsquo;a pas envie de voir d&rsquo;autres films. Dans le négatif, cela m&rsquo;a finalement apporté du positif. Cela m&rsquo;a permis de laisser reposer l&rsquo;oeuvre et d&rsquo;avoir plus de distance.  </p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="900" height="676" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-herzi-2023-10-03-11-22-23_1820230927165255Photo1LERAVISSEMENTMactProductionsMarianneProductionsJPGFilmsBNPParibasPictures-1.jpg" alt="" class="wp-image-31797" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-herzi-2023-10-03-11-22-23_1820230927165255Photo1LERAVISSEMENTMactProductionsMarianneProductionsJPGFilmsBNPParibasPictures-1.jpg 900w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-herzi-2023-10-03-11-22-23_1820230927165255Photo1LERAVISSEMENTMactProductionsMarianneProductionsJPGFilmsBNPParibasPictures-1-300x225.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-herzi-2023-10-03-11-22-23_1820230927165255Photo1LERAVISSEMENTMactProductionsMarianneProductionsJPGFilmsBNPParibasPictures-1-768x577.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-herzi-2023-10-03-11-22-23_1820230927165255Photo1LERAVISSEMENTMactProductionsMarianneProductionsJPGFilmsBNPParibasPictures-1-770x578.jpg 770w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Entretien réalisé par David Speranski le 7 octobre 2023</strong></p>



<p><strong>Dans la <a href="https://movierama.fr/rencontre-avec-hafsia-herzi-pour-le-ravissement-diris-kaltenback-comprendre-et-ne-pas-juger/">première partie de l&rsquo;entretien</a>, Hafsia Herzi a évoqué <strong><a href="https://movierama.fr/le-ravissement-l-enlevement/">Le Ravissement&nbsp;</a>d’<strong><a href="https://movierama.fr/rencontre-avec-iris-kaltenback-le-futur-est-femme/">Iris Kaltenbäck</a></strong>, remarquable premier film d’une cinéaste douée et talentueuse</strong></strong>, <strong>Prix Louis-Delluc du Premier Film. </strong></p>



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<p></p>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/rencontre-avec-hafsia-herzi-pour-le-ravissement-diris-kaltenback-deuxieme-partie-jaime-le-defi-2/">Rencontre avec Hafsia Herzi pour Le Ravissement d&rsquo;Iris Kaltenbäck. Deuxième partie : j&rsquo;aime le défi</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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		<title>Rencontre avec Hafsia Herzi pour Le Ravissement d&#8217;Iris Kaltenbäck. Première partie : comprendre et ne pas juger</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Oct 2023 11:11:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTEURS]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;étaient de joyeuses retrouvailles car Hafsia Herzi, depuis sa fulgurante apparition dans La Graine et le Mulet, fait partie des comédiennes préférées de la rédaction. Nous ne l&#8217;avions pas rencontrée depuis Tu mérites un amour, son émouvant et très réussi premier film. Quatre ans déjà, une éternité&#8230;.et pourtant il a suffi d&#8217;échanger quelques mots pour abolir le temps&#8230;.Dans Le Ravissement, elle trouve certainement l&#8217;un de ses plus beaux rôles, en jeune femme dévorée par la solitude et le mensonge, signe [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/rencontre-avec-hafsia-herzi-pour-le-ravissement-diris-kaltenback-comprendre-et-ne-pas-juger/">Rencontre avec Hafsia Herzi pour Le Ravissement d&rsquo;Iris Kaltenbäck. Première partie : comprendre et ne pas juger</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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<p class="has-drop-cap"><strong>C&rsquo;étaient de joyeuses retrouvailles car Hafsia Herzi, depuis sa fulgurante apparition dans La Graine et le Mulet, fait partie des comédiennes préférées de la rédaction. Nous ne l&rsquo;avions pas rencontrée depuis <a href="https://movierama.fr/tu-merites-un-amour-embrasser-la-vie/">Tu mérites un amour</a>, son émouvant et très réussi premier film. Quatre ans déjà, une éternité&#8230;.et pourtant il a suffi d&rsquo;échanger quelques mots pour abolir le temps&#8230;.Dans <a href="https://movierama.fr/le-ravissement-l-enlevement/">Le Ravissement</a>, elle trouve certainement l&rsquo;un de ses plus beaux rôles, en jeune femme dévorée par la solitude et le mensonge, signe du bel épanouissement d&rsquo;un talent confirmé. Cette première partie d&rsquo;entretien sera centrée sur <a href="https://movierama.fr/le-ravissement-l-enlevement/">Le Ravissement </a>d&rsquo;<strong><a href="https://movierama.fr/rencontre-avec-iris-kaltenback-le-futur-est-femme/">Iris Kaltenbäck</a></strong>, remarquable premier film d&rsquo;une cinéaste douée et talentueuse. La deuxième partie explorera les chemins de traverse d&rsquo;une discussion qui s&rsquo;est vite développée à bâtons rompus, évoquant tout aussi bien sa carrière d&rsquo;actrice et de réalisatrice, son mentor Abdellatif Kechiche, et ses prochains projets qui s&rsquo;avèrent extrêmement prometteurs. </strong></p>



<p></p>



<p><strong>Dans toute votre filmographie, votre rôle dans <a href="https://movierama.fr/le-ravissement-l-enlevement/">Le Ravissement</a> ne serait-il pas le plus « négatif »? </strong></p>



<p>C&rsquo;est vrai, ma filmographie n&rsquo;est pas très joyeuse et pourtant j&rsquo;adore rire. J&rsquo;aimerais bien que ce soit un peu plus positif mais, en même temps, les rôles « négatifs » sont les plus complexes. De plus, ce n&rsquo;est pas évident de faire rire les gens. D&rsquo;une certaine manière, cela me plaît d&rsquo;être à contre-emploi car dans la vie, je ne suis pas du tout comme ça. </p>



<p><strong>C&rsquo;est même ici un personnage qui accomplit une très mauvaise action&#8230;</strong></p>



<p>Oui, c&rsquo;est un personnage très complexe qui, je pense, arrive au bon moment. Cinq ou six ans auparavant, je ne l&rsquo;aurais pas abordé de la même façon. C&rsquo;est sûr qu&rsquo;avec l&rsquo;âge, le temps qui passe, la maturité, c&rsquo;est différent. Un personnage très complexe mais j&rsquo;aime bien ça. J&rsquo;aime le défi, par exemple avec ce film, d&rsquo;être crédible en sage-femme, en passant du temps avec de vraies sages-femmes en maternité. Tout ce qu&rsquo;on a filmé, c&rsquo;est une partie qui a été travaillée avant le film, avant le tournage de la fiction, un peu mode documentaire. Je me trouvais avec des sages-femmes qui allaient donner la vie. Avec leur autorisation, je refaisais certains gestes, des visites, des consultations. Je ne savais pas ce qui allait se passer et <a href="https://movierama.fr/rencontre-avec-iris-kaltenback-le-futur-est-femme/">Iris </a>[Kaltenbäck, la réalisatrice du <strong><a href="https://movierama.fr/le-ravissement-l-enlevement/">Ravissement</a></strong>, NDLR] se trouvait dans cette recherche-là de la vérité et c&rsquo;était super.  Les plans volés quand on me voit marcher dans Paris, ça aussi, j&rsquo;adore. J&rsquo;aime beaucoup quand c&rsquo;est pris sur le vif, sans réfléchir. </p>



<p>J&rsquo;ai suivi un véritable entraînement. Il y avait une sage-femme, Juliette, qui travaillait à la maternité des Lilas. Iris s&rsquo;est vraiment calée sur son planning. J&rsquo;étais collée à elle de jour comme de nuit, lorsqu&rsquo;elle faisait ses visites. C&rsquo;était ma référence. Quand c&rsquo;était plus calme, je posais plein de questions, je parlais avec le personnel, j&rsquo;essayais de comprendre le fonctionnement du métier, je m&rsquo;inspirais de tout, de leur univers. J&rsquo;ai découvert que c&rsquo;était un métier extrêmement difficile. Sur le papier, elles font des gardes de 12 heures mais c&rsquo;est souvent 14-15h, voire plus. C&rsquo;est vraiment impressionnant comme métier, un très beau métier. </p>



<p><strong>Depuis la dernière fois où nous nous sommes vus, vous avez connu l&rsquo;expérience de la maternité. Etait-ce important pour le choix de ce rôle? </strong></p>



<p>Un petit peu, en tout cas, j&rsquo;étais à l&rsquo;aise avec les bébés. Car j&rsquo;ai porté des nouveaux-nés qui n&rsquo;avaient que quelques heures. Il fallait aussi rassurer les parents en allant les voir et en leur disant que j&rsquo;avais un peu l&rsquo;habitude. J&rsquo;étais à l&rsquo;aise, c&rsquo;est sûr, je savais que les bébés étaient très fragiles. Dans le porté, il fallait se montrer crédible, ne pas montrer qu&rsquo;il y avait un éventuel stress. Si je n&rsquo;avais pas été mère, j&rsquo;aurais sans doute plus appréhendé car c&rsquo;est tellement petit, fragile. C&rsquo;étaient de petits anges. </p>



<p><strong>Cela devait être difficile pour le jeu car il fallait se mettre vraiment à l&rsquo;écoute des bébés, à leur rythme. </strong>  </p>



<p>Moi, cela ne m&rsquo;a pas dérangée car, vu que j&rsquo;aime bien l&rsquo;imprévu, on savait qu&rsquo;avec un bébé, s&rsquo;il a envie de pleurer, il pleure, s&rsquo;il veut dormir, il dort, c&rsquo;est lui le chef. Le jeu, c&rsquo;était vraiment l&rsquo;adaptation et en même temps, il fallait assurer sa sécurité. Bien le porter, ne pas faire de gestes brusques, ne pas trop crier non plus. On s&rsquo;oubliait un peu. L&rsquo;important c&rsquo;était l&rsquo;enfant.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="900" height="676" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-herzi-2023-10-03-11-22-23_1820230927165255Photo1LERAVISSEMENTMactProductionsMarianneProductionsJPGFilmsBNPParibasPictures-1.jpg" alt="" class="wp-image-31797" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-herzi-2023-10-03-11-22-23_1820230927165255Photo1LERAVISSEMENTMactProductionsMarianneProductionsJPGFilmsBNPParibasPictures-1.jpg 900w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-herzi-2023-10-03-11-22-23_1820230927165255Photo1LERAVISSEMENTMactProductionsMarianneProductionsJPGFilmsBNPParibasPictures-1-300x225.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-herzi-2023-10-03-11-22-23_1820230927165255Photo1LERAVISSEMENTMactProductionsMarianneProductionsJPGFilmsBNPParibasPictures-1-768x577.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-herzi-2023-10-03-11-22-23_1820230927165255Photo1LERAVISSEMENTMactProductionsMarianneProductionsJPGFilmsBNPParibasPictures-1-770x578.jpg 770w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Par rapport à votre rôle, comment l&rsquo;interprétez-vous? Lydia, vit-elle un véritable désir de maternité ou ressent-elle surtout un vide affectif qui aurait pu être comblé par une histoire d&rsquo;amour? </strong></p>



<p>C&rsquo;est un mélange des deux. Un fort besoin d&rsquo;aimer et d&rsquo;être aimée. Pour moi elle ne s&rsquo;est pas remise de sa rupture, elle se trouve dans un déni de dépression. Mais il existe aussi chez elle un fort désir de maternité. Elle donne la vie, elle voit beaucoup d&rsquo;enfants, de couples heureux. Sa meilleure amie, en plus, construit une famille. Donc c&rsquo;est un mélange de tout, une envie d&rsquo;autre chose.</p>



<p><strong>Vous vous êtes inspirée d&rsquo;acteurs ou d&rsquo;actrices pour ce rôle difficile?</strong></p>



<p>Non, je n&rsquo;aime pas trop faire ça. Ce n&rsquo;est pas évident de faire comme untel, on aimerait bien mais&#8230;J&rsquo;ai vraiment essayé de me mettre dans la peau du personnage, et de ne pas le juger. Par exemple, toutes les scènes de mensonge, j&rsquo;ai vraiment essayé d&rsquo;y croire à fond, de les raconter comme si c&rsquo;était vrai. Car les personnages mythomanes mentent tellement bien qu&rsquo;on tombe dans le panneau. Donc voilà, j&rsquo;avais cette direction-là. J&rsquo;aime bien les faits divers et essayer d&rsquo;analyser un peu les gens. Je me suis dit que les gens qui cachent quelque chose de lourd, ce sont souvent les plus discrets. C&rsquo;est cela qui m&rsquo;a surtout inspirée, d&rsquo;essayer d&rsquo;aller dans cette direction, un peu de m&rsquo;effacer pour ne pas qu&rsquo;on s&rsquo;attende à ce qu&rsquo;elle va faire. Rester un peu en retrait. Ce sont des personnalités un peu réservées, renfermées, que personne ne soupçonnerait, des gens très doux, très tendres, un peu l&rsquo;amie parfaite mais qui, au fond d&rsquo;elle, ne va pas bien du tout. </p>



<p><strong>Comment Iris vous a-t-elle dirigée? Quelles sont les indications de jeu qu&rsquo;elle vous a données?  </strong></p>



<p>Très précises. Elle savait ce qu&rsquo;elle voulait mais elle nous laissait proposer beaucoup de choses. C&rsquo;est super pour un acteur car certains metteurs en scène veulent vraiment le respect du texte à la lettre, etc.. En tout cas, moi, j&rsquo;aime proposer mais d&rsquo;autres acteurs non. Parfois cela peut me frustrer quand je ne peux pas proposer ceci ou cela, même si ce n&rsquo;est pas toujours accepté. Mais là vraiment, elle était ouverte aux propositions, elle prenait ce qu&rsquo;elle voulait. Pour elle, notre jeu, c&rsquo;était la priorité et pour moi, même en tant que metteur en scène, c&rsquo;est aussi le cas, pour permettre aux acteurs de s&rsquo;abandonner. Donc à chaque fois, c&rsquo;était très précis et on était souvent sur la même longueur d&rsquo;onde. </p>



<p><strong>Par rapport au personnage, elle vous a donné une ligne de conduite?</strong></p>



<p>Elle m&rsquo;a vraiment laissée proposer. Le mot qui revenait souvent, c&rsquo;était « <em>bouleversée</em> », Lydia, elle est bouleversée. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="575" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/LE-RAVISSEMENT-HERZI-Iris-Kaltenback-devoile-le-deraillement-dune-femme-post-rupture-dans-Le-1024x575-2.jpg" alt="" class="wp-image-31800" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/LE-RAVISSEMENT-HERZI-Iris-Kaltenback-devoile-le-deraillement-dune-femme-post-rupture-dans-Le-1024x575-2.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/LE-RAVISSEMENT-HERZI-Iris-Kaltenback-devoile-le-deraillement-dune-femme-post-rupture-dans-Le-1024x575-2-300x168.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/LE-RAVISSEMENT-HERZI-Iris-Kaltenback-devoile-le-deraillement-dune-femme-post-rupture-dans-Le-1024x575-2-768x431.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/LE-RAVISSEMENT-HERZI-Iris-Kaltenback-devoile-le-deraillement-dune-femme-post-rupture-dans-Le-1024x575-2-770x432.jpg 770w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Quand vous avez découvert le scénario, quelle est la chose qui vous a le plus frappée et vous a déterminée à choisir ce rôle? </strong></p>



<p>La beauté de l&rsquo;écriture. Les personnages qui m&rsquo;ont beaucoup touchée. Ce personnage de femme auquel j&rsquo;ai pu m&rsquo;identifier, que j&rsquo;ai vraiment trouvé émouvant, très beau, très bien écrit. Les sentiments, l&rsquo;amour, l&rsquo;amitié, la solitude. Cela m&rsquo;a vraiment touchée et ce qui a été décisif, c&rsquo;est ma rencontre avec Iris. Sa manière de voir le cinéma, ses inspirations, sa façon de parler de la direction d&rsquo;acteurs. </p>



<p><strong>Oui, vous avez dit que, bien que ce soit son premier film, elle possède déjà une vision de cinéma qui vous a impressionnée. Comment pourriez-vous définir cette vision de cinéma? </strong></p>



<p>Vraiment déjà par l&rsquo;écriture, j&rsquo;ai senti qu&rsquo;il y avait un fort potentiel. Je suis amenée à lire pas mal de scénarios et ce n&rsquo;est pas évident d&rsquo;en écrire. Ensuite, l&rsquo;intelligence de ses réflexions sur les personnages, et de laisser les acteurs proposer. Car ce sont les acteurs qui donnent vie aux personnages. Je ne suis pas du tout fermée à ça, bien au contraire. Cela nourrit le film, les personnages. Tout était très précis. Je n&rsquo;ai pas eu l&rsquo;impression que c&rsquo;était son premier film, pas du tout. </p>



<p><strong>Par rapport aux motivations, préoccupations et pensées du personnage, vous avez nourri une certaine opacité. Vous êtes souvent énigmatique. </strong></p>



<p> C&rsquo;est voulu. La manière dont le personnage était écrit, c&rsquo;était ça. Le mot qui revenait souvent dans les discussions avec Iris, c&rsquo;était « <em>subtilité</em> ». C&rsquo;est vraiment assez subtil, je ne voulais pas de quelque chose qui serait trop dans la démonstration. Je voulais vraiment essayer de ressentir les choses par de petits gestes mis en valeur par sa mise en scène. C&rsquo;est sûr que si c&rsquo;était filmé différemment, on n&rsquo;aurait pas ressenti ces sentiments-là. Vu qu&rsquo;elle filme d&rsquo;assez près, on arrive à être très proche du personnage. Mais je voulais en faire le moins possible, de manière quasi imperceptible. Après, c&rsquo;est un risque car on peut se dire « <em>elle ne fait rien</em> » mais ce n&rsquo;est pas rien. Le moins est le plus. A l&rsquo;intérieur, mentalement, c&rsquo;est éprouvant. Il faut faire ressentir que cela bouillonne à l&rsquo;intérieur. </p>



<p><strong>En plus, il me semble qu&rsquo;on ne voit pas du tout votre famille dans le film. On a l&rsquo;impression que vous venez de nulle part. </strong></p>



<p>Oui, c&rsquo;est un peu ça. D&rsquo;ailleurs elle le dit à un moment, Salomé, son amie &lsquo;<em>mais tu ne vois pas qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas de famille&#8230;Sa mère est morte</em> « . Lydia dit aussi que sa mère est morte. On ne sait pas si c&rsquo;est vrai ou pas. Ou encore elle répond ça à la mère de Milos quand elle lui demande si sa mère travaille beaucoup. D&rsquo;après ce que me racontait Iris sur le passé du personnage, c&rsquo;est vraiment quelqu&rsquo;un de seul. Et elle le dit à Milos « <em>je n&rsquo;ai pas de famille, ma seule famille, c&rsquo;est mon amie Salomé.</em> »  Il existe des gens comme ça qui n&rsquo;ont pas de famille ou qui ne sont plus en lien avec leur famille et qui sont très seuls. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="810" height="578" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/LE-RAVISSEMENT-3.jpg" alt="" class="wp-image-31801" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/LE-RAVISSEMENT-3.jpg 810w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/LE-RAVISSEMENT-3-300x214.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/LE-RAVISSEMENT-3-768x548.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/LE-RAVISSEMENT-3-770x549.jpg 770w" sizes="(max-width: 810px) 100vw, 810px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Et ce qui vous a séduite aussi, sans doute, c&rsquo;est que vous êtes le personnage à part entière, sans être défini par ses origines.</strong></p>



<p>C&rsquo;est ça qui m&rsquo;a plu. On s&rsquo;en fiche des origines, peu importe. C&rsquo;est là où Iris est très intelligente, elle ne va pas choisir quelqu&rsquo;un en fonction de ses origines. </p>



<p><strong>D&rsquo;ailleurs, à mon avis, le personnage n&rsquo;était pas défini ainsi dans le scénario.</strong> </p>



<p>Non, en effet, pas du tout, pas de description physique. </p>



<p><strong>A la limite, le personnage qui est le plus typé, c&rsquo;est celui de Milos, puisqu&rsquo;il a une famille serbe. </strong></p>



<p>C&rsquo;est vrai. Exactement. Cela fait d&rsquo;ailleurs partie d&rsquo;une de mes motivations. Le cinéma, c&rsquo;est ça aussi, d&rsquo;effacer les différences, de ne pas tenir compte des origines. </p>



<p><strong>Vous avez essayé de faire naître de l&#8217;empathie à l&rsquo;égard de Lydia, en dépit de ce qu&rsquo;elle peut faire.</strong></p>



<p>Oui c&rsquo;est important. Je ne voulais pas qu&rsquo;on la déteste, je ne voulais pas la juger. C&rsquo;est quelqu&rsquo;un de perdu qui ne s&rsquo;est pas remise de sa déception amoureuse et qui s&rsquo;est perdue intérieurement. Plusieurs fois, elle essaie de dire la vérité, elle n&rsquo;y arrive pas et elle s&rsquo;enfonce petit à petit dans le mensonge, bouleversée envers tous les gens qui l&rsquo;entourent. C&rsquo;est important pour moi d&rsquo;avoir de l&#8217;empathie, de ne pas juger. Même personnellement, c&rsquo;est important pour moi l&#8217;empathie. Il faut avoir de l&#8217;empathie pour l&rsquo;autre car on ne sait pas ce que les gens vivent. Même parfois par rapport à des gens qui peuvent être désagréables, on ne sait pas, on ne connaît pas leur vie. </p>



<p><strong>Se mettre à la place des autres. Je crois que c&rsquo;est Simenon qui disait « <em>comprendre et ne pas juger</em>&nbsp;». </strong></p>



<p>J&rsquo;essaie en tout cas. Iris était vraiment d&rsquo;accord avec ça. A partir du moment où on parle d&rsquo;humains. Lydia n&rsquo;est pas méchante, elle commet l&rsquo;irréparable mais elle ne fera pas de mal à l&rsquo;enfant. Elle voulait juste passer un moment avec lui. </p>



<p><strong>Par rapport à l&rsquo;écriture, comment avez-vous ressenti le fait que la voix off soit celle de Milos? </strong></p>



<p>Oui, j&rsquo;ai adoré. Franchement j&rsquo;ai adoré. Dans sa mise en scène, c&rsquo;est comme si elle était spectatrice. Ce n&rsquo;est pas le point de vue de Lydia, c&rsquo;est comme si elle se projetait dans un rêve ou dans le passé. Ce n&rsquo;est pas attendu. </p>



<p><strong>Car ce parti pris n&rsquo;a pas forcément fait l&rsquo;unanimité auprès des critiques.</strong> </p>



<p><strong> </strong>Je sais, c&rsquo;est parce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas l&rsquo;habitude. Cela va à rebours du cliché où on entend la voix de la protagoniste pendant tout le film.  J&rsquo;aime bien, il existe vraiment un style, c&rsquo;est ambitieux parce que souvent on peut se dire qu&rsquo;on a envie de faire ça et on ne le fait pas. Elle a osé et c&rsquo;est un effet de style, de mise à distance, que je trouve très réussi. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1000" height="663" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-kaltenback-2023-10-10-10-42-04_PortraitIrisKaltenback.jpg" alt="" class="wp-image-31802" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-kaltenback-2023-10-10-10-42-04_PortraitIrisKaltenback.jpg 1000w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-kaltenback-2023-10-10-10-42-04_PortraitIrisKaltenback-300x199.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-kaltenback-2023-10-10-10-42-04_PortraitIrisKaltenback-768x509.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-kaltenback-2023-10-10-10-42-04_PortraitIrisKaltenback-360x240.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/10/le-ravissement-kaltenback-2023-10-10-10-42-04_PortraitIrisKaltenback-770x511.jpg 770w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Entretien réalisé par David Speranski le 7 octobre 2023</strong></p>



<p><strong>Dans la seconde partie de l&rsquo;entretien, Hafsia Herzi évoquera ses propres films en tant que metteur en scène, les techniques cinématographiques qu&rsquo;elle rêve d&rsquo;utiliser, le confinement, Abdellatif Kechiche et Mektoub my love, et ses projets en tant que comédienne et réalisatrice. </strong></p>



<p> </p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/rencontre-avec-hafsia-herzi-pour-le-ravissement-diris-kaltenback-comprendre-et-ne-pas-juger/">Rencontre avec Hafsia Herzi pour Le Ravissement d&rsquo;Iris Kaltenbäck. Première partie : comprendre et ne pas juger</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Entretien avec Bastien Bouillon, parrain de la Fête du court métrage 2023</title>
		<link>https://movierama.fr/entretien-avec-bastien-bouillon-parrain-de-la-fete-du-court-metrage-2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Mar 2023 15:48:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTEURS]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVALS]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bastien Bouillon dans La nuit du 12</p>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/entretien-avec-bastien-bouillon-parrain-de-la-fete-du-court-metrage-2023/">Entretien avec Bastien Bouillon, parrain de la Fête du court métrage 2023</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Comédien aussi talentueux que discret, Bastien Bouillon fait depuis quelques années maintenant son bonhomme de chemin dans le paysage cinématographique français : il a joué dans des films de Valérie Donzelli (La Guerre est déclarée), Sébastien Betbeder (Debout sur la montagne), aux côtés de Vincent Macaigne, Noémie Merlant ou, plus récemment, de Bouli Lanners dans La nuit du 12</strong>, <strong>César du meilleur film</strong> <strong>2023</strong>.<strong> Parmi les six prix remportés</strong> <strong>par l&rsquo;œuvre de Dominik Moll, celui du César du meilleur espoir masculin pour le rôle de Bastien Bouillon, policier tourmenté au milieu d&rsquo;une enquête magnétique.</strong> <strong>Nous avons eu l&rsquo;occasion de nous entretenir avec l&rsquo;acteur, parrain de la Fête du court métrage.</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong><a href="https://movierama.fr/la-montagne-realisme-magique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Notre critique de La nuit du 12 de Dominik Moll</a></strong></li>



<li><strong><a href="https://movierama.fr/la-fete-du-court-metrage-du-15-au-23-mars-2023/">Notre article sur la Fête du court métrage</a></strong> <strong>2023</strong></li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-vivid-cyan-blue-color has-css-opacity has-vivid-cyan-blue-background-color has-background"/>



<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:28% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="719" height="1024" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-719x1024.jpg" alt="" class="wp-image-24467 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-719x1024.jpg 719w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-211x300.jpg 211w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-768x1093.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-1079x1536.jpg 1079w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-1438x2048.jpg 1438w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-770x1096.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-1400x1993.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-1320x1879.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1.jpg 1798w" sizes="(max-width: 719px) 100vw, 719px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>V<strong>ous êtes parrain de la Fête du court métrage qui se tient du 15 au 21 mars 2023. En tant que comédien, quel est votre rapport avec ce format ?</strong></strong></p>



<p>Le court métrage, c&rsquo;est le format qui m&rsquo;a offert mes premières partitions. Des rôles souvent tranchés, que l&rsquo;on ne me donnait pas habituellement dans le format télévisuel ou au cinéma. Dans le long métrage, j&rsquo;étais souvent cantonné au rôle doucereux de jeune citadin. J&rsquo;ai ainsi pu avoir des partitions riches, autant en incarnant un homme très effacé ou un grand drogué.</p>
</div></div>



<p>C&rsquo;est certainement dû à l&rsquo;absence de pression commerciale. Et j&rsquo;ai évidemment beaucoup appris sur les plateaux. Il y a quelque chose de générationnel, de l&rsquo;ordre de la filiation, j&rsquo;ai le sentiment d&rsquo;avancer avec les gens avec qui j&rsquo;ai travaillé.</p>



<p><strong>Vous avez par exemple travaillé plusieurs fois avec Sébastien Betbeder, Valérie Donzelli ou encore Dominik Moll.</strong> </p>



<p>Le tournage, c&rsquo;est toujours une expérience. Si ça s&rsquo;est bien passé humainement et que nous avons réussi à créer un langage, à se comprendre et progresser dans la même direction, autant renouveler l&rsquo;expérience lorsque l&rsquo;opportunité se présente. Concernant Dominik Moll, il ne pensait pas à moi en écrivant le rôle de Yohan dans <strong>La nuit du 12</strong>, je suis arrivé à la fin du processus et tant mieux pour lui, pour moi et le film.</p>



<p><strong><strong>Vous avez le désir de passer à votre tour derrière la caméra ?</strong></strong></p>



<p>Tout à fait, j&rsquo;ai réalisé un court métrage avec la même société (<em>ndlr : Topshot Films</em>) qui a produit le film qui a remporté le César du meilleur court métrage cette année, <strong>Partir un jour</strong>, dans lequel j&rsquo;ai joué. Le film s&rsquo;appelle <strong>Moha</strong>, je l&rsquo;ai tourné il y a trois ans. Aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;ai très envie de repasser à la réalisation.</p>



<p><strong><strong>Quel spectateur êtes-vous ?</strong></strong></p>



<p>Je regarde vraiment de tout, je peux très bien aller voir un film de Rabah Ameur-Zaïmeche (<em>ndlr : Terminal Sud</em>), très confidentiel, comme aller voir Mad Max ou un film en 3D. Je ne suis pas fermé à un genre ou un style. Mon rapport est aussi intrinsèquement lié à ma condition de comédien, parfois je vais regarder des films dans le cadre de mon travail, pour découvrir le jeu d&rsquo;un acteur ou d&rsquo;une actrice, la photographie d&rsquo;un chef opérateur.</p>



<p><strong>C&rsquo;est une année de consécration pour vous et les réalisateurs et réalisatrices ayant collaboré avec vous. Comment avez-vous accueilli le César du meilleur espoir masculin reçu pour votre rôle dans La nuit du 12 de Dominik Moll ? </strong></p>



<p>C&rsquo;est une belle reconnaissance, j&rsquo;étais ravi, satisfait. C&rsquo;est un beau coup de pouce, un soutien important. Ça fait maintenant quelques années que je suis comédien, cette année c&rsquo;était la première fois que j&rsquo;étais nommé, je me suis senti très honoré. Puis il y a eu un peu de discrimination positive, j&rsquo;étais le plus vieux, le doyen de la catégorie <em>*rire*</em>. Quand on est comédien, on appartient à un projet, il y a aussi le succès du film.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-style-rounded"><img decoding="async" width="622" height="414" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/BastienBouillon-1.jpg" alt="Photo : Fred Dugit" class="wp-image-24501" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/BastienBouillon-1.jpg 622w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/BastienBouillon-1-300x200.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/BastienBouillon-1-360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 622px) 100vw, 622px" /><figcaption class="wp-element-caption">Photo LP / Fred Dugit</figcaption></figure>



<p><strong><strong>Est-ce que vous verriez, comme vos camarades de jeu Damien Bonnard (Seules les bêtes) ou Noémie Merlant (Jumbo), jouer dans des films étrangers, en anglais ?</strong></strong></p>



<p>Pour être tout à fait honnête, il me faudrait une préparation en amont car je ne suis pas bilingue. Si on me donne les moyens, c&rsquo;est-à-dire&nbsp;du temps et quelqu&rsquo;un pour répéter. Je sais que j&rsquo;ai des camarades qui veulent travailler aux Etats-Unis, à Hollywood ou dans le cinéma indépendant new-yorkais, mais ce n&rsquo;est pas mon objectif premier.</p>



<p><strong><strong>Cela fait près de dix ans que vous êtes comédien au cinéma, quelle est la grande leçon que vous tirez de cette expérience ?</strong></strong></p>



<p>Je retiens surtout le mot disponibilité. Ce n&rsquo;est jamais la même chose, il faut s&rsquo;adapter, savoir ce que l&rsquo;on a envie et ce que l&rsquo;on se refuse. J&rsquo;ai toujours eu envie d&rsquo;un certain type de cinéma, on a toujours le choix, mais au début de la carrière, ce choix se limite à accepter un projet ou ne pas travailler. J&rsquo;en suis conscient. Le luxe que m&rsquo;a apporté le César du meilleur espoir masculin, c&rsquo;est celui d&rsquo;avoir des projets. Le cinéma, c&rsquo;est une industrie, j&rsquo;ai un agent car il y a des tactiques qui me dépassent.</p>



<p><strong><strong>Vous avez un cinéaste ou un acteur avec qui vous aimeriez tourner ?</strong></strong></p>



<p>Pour retomber sur le court métrage, j&rsquo;apprécie la filiation et l&rsquo;idée de collaborer à nouveau avec des cinéastes. Je pense à Nathalie&nbsp;Najem, Hadrien Bichet&nbsp;ou Francescu Artily. Si je devais retravailler avec Valérie Donzelli ou Dominik Moll, je serais ravi aussi. Je n&rsquo;ai pas envie de dire de grands noms, il faudrait y réfléchir vraiment. J&rsquo;ai autant envie de faire des films populaires que de travailler dans des œuvres plus confidentielles. Je pense que pour le public il ne faut pas toujours être au même endroit. On peut se diversifier. Si j&rsquo;avais eu le temps de parler un peu plus lors de la cérémonie, j&rsquo;aurai dit que le cinéma est pluriel et que les comédiens et comédiennes devraient l&rsquo;être aussi. C&rsquo;est la beauté de la découverte.</p>



<p><strong>Pour conclure, pouvez-vous nous parler de vos projets à venir ?</strong></p>



<p>J&rsquo;incarne un petit rôle dans un film qui va sortir en mai, <strong>Umami</strong> de Slony Sow. Je vais bientôt jouer dans le biopic sur Charles Aznavour, incarné par Tahar Rahim et co-réalisé par Grand Corps Malade et Medhi Idir. Et pour revenir sur la réalisation, je suis actuellement en train d&rsquo;écrire un long métrage.</p>



<p><em>Entretien réalisé en mars 2023 dans le cadre d</em>e <a href="https://www.lafeteducourt.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la Fête du court métrage</a>.</p>
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		<title>Rencontre avec Noémie Lvovsky et Judith Chemla pour La Grande Magie : réenchanter la vie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Feb 2023 05:53:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTEURS]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVALS]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[METTEURS EN SCENE]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[Tous les évènements]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La première impression, lorsqu&#8217;on croise Noémie Lvovsky, c&#8217;est de découvrir un immense sourire qui annonce une personne solaire. Depuis huit films, elle est devenue progressivement une référence, un joyeux point de repère et de connivence. Avec Petites, Les Sentiments et Camille redouble, La Grande Magie fait certainement partie de ses meilleurs films, enthousiaste et mélancolique à la fois. Rejointe par la féérique Judith Chemla pour l&#8217;entretien, Noémie Lvovsky en profite pour dresser un petit bilan des thèmes qui l&#8217;obsèdent : [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>La première impression, lorsqu&rsquo;on croise Noémie Lvovsky, c&rsquo;est de découvrir un immense sourire qui annonce une personne solaire. Depuis huit films, elle est devenue progressivement une référence, un joyeux point de repère et de connivence. Avec Petites, Les Sentiments et Camille redouble, <a href="https://movierama.fr/la-grande-magie-le-temps-ne-passe-pas/">La Grande Magie</a> fait certainement partie de ses meilleurs films, enthousiaste et mélancolique à la fois. Rejointe par la féérique Judith Chemla pour l&rsquo;entretien, Noémie Lvovsky en profite pour dresser un petit bilan des thèmes qui l&rsquo;obsèdent : le temps qui, chez elle, ne passe pas, le désamour, l&rsquo;amour de la troupe, comme chez Bergman, Fassbinder ou Fellini</strong>, <strong>ainsi que sa conception du cinéma, qui consiste à réenchanter la vie. </strong></p>



<p class="has-drop-cap"><strong>Tout d&rsquo;abord félicitations pour vos nominations aux César qui sont tombées hier : Noémie en tant que coscénariste des <a href="https://movierama.fr/les-amandiers-le-theatre-cest-la-vie/">Amandiers</a> de Valéria Bruni Tedeschi et vous, Judith, comme meilleur second rôle féminin, dans <a href="https://movierama.fr/le-sixieme-enfant-devenir-mere-a-tout-prix/">Le Sixième enfant</a> de Léopold Legrand, où vous étiez remarquable. Vous comptez aller à la cérémonie?</strong></p>



<p>Noémie Lvovsky : moi, je ne sais pas encore. </p>



<p>Judith Chemla : moi je pense y aller, sans doute. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="554" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-1-1024x554.jpg" alt="" class="wp-image-23577" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-1-1024x554.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-1-300x162.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-1-768x415.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-1-1536x830.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-1-770x416.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-1-1400x757.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-1-1320x714.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Félicitations aussi pour votre film. Je l&rsquo;ai découvert au Festival de Deauville. Une superbe projection, le film a été magnifiquement reçu. L&rsquo;idée du film vous est venue bien avant le confinement ou pendant le confinement? </strong></p>



<p>N.L. : oh bien avant, il y a quatorze ou quinze ans. J&rsquo;ai eu très envie d&rsquo;adapter la pièce d&rsquo;Eduardo De Filippo il y a quatorze ou quinze ans, lorsque je l&rsquo;ai découverte. Ensuite j&rsquo;ai écrit et tourné <strong>Camille redouble</strong> et <strong>Demain et tous les autres jours</strong>. Après <strong>Demain et tous les</strong> <strong>autres jours</strong>, j&rsquo;ai eu une crise de désir très forte. Ce qui m&rsquo;a redonné le désir, l&rsquo;envie, la joie, c&rsquo;est de repenser à ce texte d&rsquo;Eduardo De Filippo et d&rsquo;y repenser en adaptation très libre, avec des chansons et des danses, et de penser à tous ces actrices et acteurs, Judith et Denis en premier, qui sont dans le film. Au moment du confinement, j&rsquo;avais déjà commencé à écrire. </p>



<p><strong>La pièce d&rsquo;Eduardo De Filippo fait partie du répertoire de la Comédie-Française. Il existe même une captation de la pièce datant de 2010, avec déjà Denis Podalydès dans le rôle du mari. </strong></p>



<p>N.L. : c&rsquo;est une captation. C&rsquo;est comme ça d&rsquo;ailleurs que j&rsquo;ai découvert la pièce. C&rsquo;est une captation d&rsquo;une mise en scène de Dan Jemmett, dans laquelle Denis jouait le rôle de celui qui s&rsquo;appelle Charles dans le film, &#8211; et Calogero Di Spetta dans la pièce &#8211; et il y avait aussi Judith qui jouait la jeune fille. </p>



<p>J.C. : ce que vous avez vu, c&rsquo;était une autre actrice car j&rsquo;étais partie de la Comédie-Française. </p>



<p><strong>Vous vous êtes inspirée de cette captation? Vous l&rsquo;avez vue? </strong></p>



<p>N.L. : non, je ne l&rsquo;ai jamais vue mais j&rsquo;ai vu le spectacle quatre ou cinq fois. </p>



<p><strong>Et il y avait aussi quelques mois avant la sortie de votre film, la mise en scène de la pièce par Emmanuel Demarcy-Mota au Théâtre de la Ville. Mais je vais détailler un peu plus tard le fil rouge de ma pensée par rapport à votre film et au confinement. L&rsquo;idée-force de votre film, mentionnée littéralement dans les dialogues, c&rsquo;est que le temps ne passe pas. Dans Camille redouble, vous reveniez en arrière dans le temps. Ici le temps s&rsquo;arrête. C&rsquo;est une volonté assez manifeste de votre part, d&rsquo;arrêter le temps, un peu comme dans Le Temps retrouvé de Marcel Proust où le Narrateur s&rsquo;aperçoit à la fin du livre, à une ultime soirée des Verdurin devenus des Guermantes, que tous les autres ont vieilli, sauf lui, à peine. C&rsquo;est une obsession très prégnante chez vous? </strong></p>



<p>N.L. : Oui (rires)! La question autour du temps ou des temps m&rsquo;obsède en effet, et aussi comment on est fait d&rsquo;une multitude de couches de temps, le temps de notre corps et même dans notre corps, il existe différents temps, le temps de notre estomac n&rsquo;est pas forcément celui de notre cerveau qui n&rsquo;est pas forcément le même que celui de nos jambes, qui n&rsquo;est pas le même que celui de notre coeur. Et puis il y a le temps des horloges, le temps de notre mémoire. Le temps de notre mémoire n&rsquo;est pas le même que celui de nos souvenirs. Il y a aussi le temps de notre imaginaire, celui des rêves lorsqu&rsquo;on dort, le temps des cauchemars. Il y a le temps des rêves et des cauchemars éveillés. On est faits de toutes ces couches de temps, on est faits aussi du temps qui s&rsquo;est arrêté. Par exemple, je pense tout le temps au moment où on perd un être cher. Le temps s&rsquo;arrête, pas seulement pour l&rsquo;être cher qui est mort, mais aussi pour celle ou celui qui lui survit. Pour celle ou celui qui lui survit, à la fois le temps s&rsquo;est arrêté puisque le monde devient un monde sans la personne chère, et vide de la personne aimée. Et en même temps, comme on survit, le temps se poursuit, le temps continue. Et il y a toutes les questions autour de l&rsquo;amour et du temps. Est-ce que l&rsquo;amour peut être entier, absolu et ne pas durer toujours? S&rsquo;il ne dure pas toujours, était-il du vrai amour? Ou pas., ça, c&rsquo;est une question. Dans le film, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que chaque personnage, comme pour nous dans la vie, se demande comment l&rsquo;amour résiste au temps et réagit de manière différente en amour par rapport au temps. Par exemple, le personnage de Marta, joué par Judith, qui est malheureuse en amour avec son mari, jaloux, cherche à échapper à l&rsquo;usure du temps et prend la fuite. Ce n&rsquo;est pas un couple sans amour mais surtout mal accordé. Donc elle s&rsquo;échappe. Son mari abandonné, pour survivre à ce chagrin d&rsquo;amour qui pourrait le tuer, pour survivre à la perte, à la disparition, il décide d&rsquo;arrêter le temps et de croire aux boniments d&rsquo;Albert le magicien, joué par Sergi Lopez. Pour le jeune couple interprété par Rebecca Marder et Paolo Mattei, qui est un couple d&rsquo;amoureux qui découvrent l&rsquo;amour pour la première fois, c&rsquo;est un couple romantique car ils ne peuvent pas vivre leur amour. Pour eux, le temps s&rsquo;arrête et se poursuit dans l&rsquo;imaginaire, dans l&rsquo;imagination du jeune homme. Voilà pour toutes ces questions (elle rit). </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="554" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-1024x554.jpg" alt="" class="wp-image-23581" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-1024x554.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-300x162.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-768x415.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-1536x830.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-770x416.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-1400x757.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-1320x714.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Dans la pièce, c&rsquo;est un peu plus cynique, il y a un complot, une manipulation car l&rsquo;épouse fuit avec son amant en profitant de l&rsquo;occasion du spectacle de magie. </strong></p>



<p>N.L. : dans la pièce, l&rsquo;amant achète au magicien un quart d&rsquo;heure avec cette femme, avec Marta, et au lieu de laisser revenir Marta, il l&rsquo;enlève. Moi je n&rsquo;avais pas du tout envie de ça. J&rsquo;avais envie que Marta parte seule, d&rsquo;elle-même. </p>



<p><strong>C&rsquo;est une différence majeure, je trouve. </strong></p>



<p>N.L. : bien sûr, mais il y en a beaucoup, des différences majeures avec la pièce. Dans l&rsquo;adaptation, j&rsquo;espère qu&rsquo;on a gardé l&rsquo;esprit d&rsquo;Eduardo Di Filippo mais il y en a beaucoup. Le personnage de Marta est très différent, plus autonome, plus libre, plus indépendant. Le personnage de la jeune fille joué par Rebecca Marder est très différent aussi. Elle ne tombe pas amoureuse dans la pièce, elle rêve d&rsquo;amour, mais elle ne tombe pas amoureuse. Et puis il y en a des tas d&rsquo;autres, des différences. </p>



<p><strong>Dans le film, n&rsquo;a-t-on pas l&rsquo;impression que l&rsquo;amour de la fiction, du spectacle n&rsquo;est pas plus fort que tous les amours possibles, en fait? </strong></p>



<p>J.C. : ah bah peut-être dans le film. Je ne sais pas (rires). </p>



<p>N.L. : oui, c&rsquo;est un film d&rsquo;amour du spectacle. Après, si on fait des films sur nos plus grandes histoires d&rsquo;amour, arrive un jour, quand on fait du cinéma, du théâtre ou du spectacle, où on a envie et besoin de faire un film d&rsquo;amour du cinéma et du spectacle sous toutes ses formes car moi j&rsquo;adore que le cinéma soit impur, qu&rsquo;il soit fait de beaucoup d&rsquo;autres arts, du music-hall, du cabaret, du cirque, du théâtre, de musique, de la chanson, de la danse, qu&rsquo;il soit fait de tout ça. Je ne cherche pas un cinéma pur. J&rsquo;aime jouer avec toutes les possibilités. </p>



<p>J.C. : c&rsquo;est aussi la leçon du cinéma. </p>



<p>N.L ; oui, bien sûr, à l&rsquo;origine, c&rsquo;étaient des gens du music-hall ou du cirque qui ont fait du cinéma. </p>



<p><strong>Je pensais à l&rsquo;amour du spectacle car votre film évoque évidemment La Nuit des forains de Bergman ou à des films de Fellini. Comme votre film se conclut sur la caravane qui part et les acteurs qui chantent en l&rsquo;accompagnant, cela donne l&rsquo;impression que l&rsquo;amour du spectacle est plus important que toutes les dissensions amoureuses ou sentimentales.    </strong> </p>



<p>N.L. : oui, d&rsquo;une certaine façon. C&rsquo;est vrai que la fin du film raconte qu&rsquo;après les chagrins d&rsquo;amour, ce qui reste, c&rsquo;est la troupe, l&rsquo;amour de la troupe. D&rsquo;ailleurs je parlais des trois âges du couple qui sont représentés dans le film,  le jeune couple, le couple du milieu, Marta et Charles, et puis le vieux couple formé par Sergi Lopez et moi-même, c&rsquo;est un vieux couple qui ne connaît pas le chagrin d&rsquo;amour lorsque l&rsquo;histoire commence car ils ont construit une sorte de camaraderie sexy et aussi parce qu&rsquo;ils travaillent ensemble et qu&rsquo;ensemble ils aiment leur troupe de saltimbanques.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="436" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-@Jean-Claude-LOTHER-scope-1920x817-1-1024x436.jpg" alt="" class="wp-image-23576" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-@Jean-Claude-LOTHER-scope-1920x817-1-1024x436.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-@Jean-Claude-LOTHER-scope-1920x817-1-300x128.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-@Jean-Claude-LOTHER-scope-1920x817-1-768x327.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-@Jean-Claude-LOTHER-scope-1920x817-1-1536x654.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-@Jean-Claude-LOTHER-scope-1920x817-1-770x328.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-@Jean-Claude-LOTHER-scope-1920x817-1-1400x596.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-@Jean-Claude-LOTHER-scope-1920x817-1-1320x562.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-@Jean-Claude-LOTHER-scope-1920x817-1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p> </p>



<p><strong>C&rsquo;est une brillante idée d&rsquo;avoir réalisé à partir de la pièce un film chanté, ce que vous aviez déjà fait plus ou moins avec le choeur des Sentiments. Pourtant vous semblez récuser pour votre nouveau film l&rsquo;appellation de comédie musicale?</strong></p>



<p>N.L. : bah pour moi, les comédies musicales avec lesquelles je suis née, ce sont les comédies musicales américaines avec Fred Astaire, et donc on y engage des danseurs-chanteurs. Parmi nous, aucun n&rsquo;est danseur et seule Judith est une chanteuse, une grande chanteuse d&rsquo;ailleurs, une chanteuse lyrique. Elle danse aussi merveilleusement, sans être une danseuse. Rebecca chante aussi très bien et danse aussi mais elle n&rsquo;est ni chanteuse ni danseuse. Cela me plaisait qu&rsquo;on soit presque toutes et tous des amateurs. Si j&rsquo;ai demandé à Judith si elle voulait bien faire le film, j&rsquo;ai tout de suite pensé à elle pour le rôle, ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;elle est chanteuse. C&rsquo;est parce qu&rsquo;elle est l&rsquo;actrice qu&rsquo;elle est, la personne qu&rsquo;elle est. Par chance, elle chante merveilleusement bien. Mais elle bouge de façon merveilleuse&#8230;Néanmoins c&rsquo;est avant tout pour l&rsquo;actrice et la personne qu&rsquo;elle est. Chez Denis, Sergi, moi, chez tous les autres, j&rsquo;aime qu&rsquo;on soit fragiles. Denis a un chant fragile mais il est tellement incarné que cette fragilité en devient magnifique. </p>



<p><strong>Cela s&rsquo;inscrit un peu à mon avis dans un mouvement de films qui cherchent à réenchanter la vie, surtout après le confinement, <a href="https://movierama.fr/les-gouts-et-les-couleurs-une-douce-comedie-laissant-place-a-loubli/">Les Goûts et les couleurs</a> de Michel Leclerc (où Judith et Rebecca jouaient déjà), <a href="https://movierama.fr/tralala-ne-soyez-pas-vous-meme/">Tralala </a>des frères Larrieu, <a href="https://movierama.fr/don-juan-un-looser-du-xxie-siecle/">Don Juan</a> de Serge Bozon, <a href="https://movierama.fr/le-divorce-de-mes-marrants-itineraire-dune-enfant-pas-gatee/">Le Divorce de mes marrants</a> de Romy Trajman et Anaïs-Straumann-Lévy, qui sont sortis au moment du confinement ou un peu après. Cela va dans le sens de Beaumarchais qui écrit dans Le Mariage de Figaro que « tout finit par des chansons ».  Qu&rsquo;en pensez-vous?</strong> </p>



<p>N.L. : oui je ne sais pas s&rsquo;il y a véritablement un courant. Il y a toujours eu des films qui ont eu envie et besoin de réenchanter le monde. </p>



<p><strong>Cela me semblait assez frappant comme rapprochement, surtout après le confinement. <strong>En passant, d&rsquo;ailleurs, merci à Judith pour son très beau Ave Maria à Notre-Dame de Paris.</strong> Je trouve que le vôtre est le meilleur de tous ces films. Feu! Chatterton a composé d&rsquo;ailleurs les chansons qui sont excellentes. Vous n&rsquo;avez pas pensé à d&rsquo;autres compositeurs qu&rsquo;eux?</strong></p>



<p>N.L. : au tout départ, quand j&rsquo;ai écrit les premières lignes, je voulais déjà que ce soit eux. Un film chanté et chorégraphié, je me suis dit, ouh la la, je ne savais pas à qui demander. Je savais que je voulais une musique moderne. Je ne désirais pas une musique des années 20. J&rsquo;aimais beaucoup le travail de Feu! Chatterton. Ce qui l&rsquo;a emporté, c&rsquo;est leur enthousiasme et leur disponibilité, et le fait qu&rsquo;on ait pu travailler très en amont du tournage, ça, ç&rsquo;était très important. Souvent j&rsquo;ai une peur, une terreur que la musique arrive trop tard. Lorsque je vois des films, je suis souvent gênée par la musique, je trouve qu&rsquo;elle n&rsquo;épouse pas toujours le film. Il n&rsquo;y a pas quelque chose d&rsquo;organique entre la musique et le film. Cela vient sûrement des conditions de production. Ce qui coûte cher, c&rsquo;est le tournage et les productions ont tendance à se dire que la musique, on verra plus tard. C&rsquo;est possible que ce soit la raison. Tandis que nous, nous étions obligés de travailler en amont parce qu&rsquo;il y avait des chansons. Les chansons sont chantées en son direct, elles ne sont pas réenregistrées en studio. Je tenais à ça, au souffle, aux maladresses, à la vie, au son direct, charnel. La chance que j&rsquo;ai eue, c&rsquo;est que Feu! Chatterton est arrivé un an et demi avant le tournage. On a fait des lectures du scénario, ils ont fait progressivement connaissance avec l&rsquo;univers, les personnages. Ils ont suivi tous les castings. Ils ont pensé à Judith et Denis, ils étaient présents lors des répétitions, lors des lectures, en faisant des allers-retours entre Florence Seyvos et moi qui leur proposions des paroles. En retour, ils nous envoyaient des mélodies, Arthur Touboul, le chanteur de Feu! Chatterton essayait les paroles en les chantant, les transformait. Leur présence a été précieuse. </p>



<p><strong>Les chansons sont vraiment très réussies. Mes deux préférées sont celle que commence à chanter Catherine Hiegel, Les Pleins pouvoirs, et puis celle de la fin avec cette phrase mémorable « Compagnons des mauvais jours, je vous souhaite une bonne nuit! « . </strong></p>



<p>N,L. : Cette phrase vient d&rsquo;un poème de Jacques Prévert. </p>



<p><strong>Ah formidable! Vous aviez un choix de mise en scène particulier pour ce film musical? </strong></p>



<p>N.L. : un choix? La mise en scène, c&rsquo;est tout en fait. Les décors, les costumes, les actrices, les acteurs, la lumière. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="810" height="578" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/LA-GRANDE-MAGIE-2.jpg" alt="" class="wp-image-23578" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/LA-GRANDE-MAGIE-2.jpg 810w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/LA-GRANDE-MAGIE-2-300x214.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/LA-GRANDE-MAGIE-2-768x548.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/LA-GRANDE-MAGIE-2-770x549.jpg 770w" sizes="(max-width: 810px) 100vw, 810px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Voilà où je voulais en venir en fait. Pour moi, c&rsquo;est un film idéal pour se remettre d&rsquo;une pause, de vacances, d&rsquo;une dépression, pas seulement d&rsquo;un confinement. Le film vous requinque, vous remet d&rsquo;aplomb alors que ce n&rsquo;est pas, du moins pas complètement, un feel-good movie. Il possède des passages sombres, ambigus, avec la mort qui rôde. Néanmoins, à la fin, on se retrouve sur la route, à chasser les mauvais souvenirs. </strong></p>



<p>J.C. : oui, je suis d&rsquo;accord. C&rsquo;est un film qui prouve à quel point on peut s&rsquo;enfermer dans un gouffre, dans ses propres histoires et qu&rsquo;on a besoin de belles histoires. Il y a heureusement des histoires qui libèrent et celle-ci, c&rsquo;est une histoire qui libère. </p>



<p><strong>Eduardo De Filippo a écrit cette pièce vers la fin des années quarante, peu après la Seconde Guerre Mondiale. Vous l&rsquo;avez adaptée dans les années 20, ce n&rsquo;était pas pour rapprocher le film de notre situation sanitaire et de la grippe espagnole qui sévissait en ces années-là? </strong></p>



<p>N.L. : Non, pas du tout. Pour en revenir à votre question précédente, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que De Filippo nous prend par la main, il nous raconte une histoire qui nous permet de supporter la réalité, trop cruelle, brutale, violente, aveuglante : la disparition, la perte, la mort, et les chagrins d&rsquo;amour. J&rsquo;ai essayé de faire la même chose, on a essayé car on parlait de réalisation, c&rsquo;est en fait une coréalisation, c&rsquo;est un art collectif. Mais vraiment, ce n&rsquo;est pas une conception romantique de la chose, mais du concret. On a essayé de faire ce que De Filippo a fait avec nous, prendre le spectateur par la main, sans l&rsquo;infantiliser, comme on raconte à un enfant des histoires pour lui permettre de supporter la disparition, la perte et la mort.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="554" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-4©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-1024x554.jpg" alt="" class="wp-image-23579" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-4©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-1024x554.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-4©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-300x162.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-4©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-768x415.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-4©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-1536x830.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-4©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-770x416.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-4©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-1400x757.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-4©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2-1320x714.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/02/La-Grande-Magie-4©Atelier-de-production-Les-Films-du-Poisson-Niko-Film-Magie-Rouge-Productions-Arte-France-Cinema-Bayerischer-Rundfunk-2022-1920x1038-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Comment avez-vous vécu le confinement? Et quelles sont les oeuvres qui vous ont permis de tenir pendant ces moments difficiles?</strong></p>



<p>N,L. : ma chance cela a été d&rsquo;être à la campagne et d&rsquo;apprendre un texte de Thomas Bernhard, qu&rsquo;on m&rsquo;avait proposé de jouer au théâtre, mis en scène par Alain François, avec André Marcon et Catherine Hiegel et de lire tout ce que je pouvais lire de Thomas Bernhard. </p>



<p>J.C. : moi je travaillais <strong>Pélléas et Mélisande</strong> que je devais jouer normalement en juin. Je pensais que le théâtre allait peut-être rouvrir et je lisais Victor Hugo, <strong>Notre-Dame de Paris</strong>. C&rsquo;est un des grands moments de ma vie de lire Victor Hugo. </p>



<p><strong>Vous avez des projets?</strong></p>



<p>J,C. : oui je vais jouer Mélisande dans une autre version aux Bouffes du Nord du 9 au 19 mars. Je reprends La Traviata en septembre à Paris. </p>



<p>N.L : et moi je vais jouer pour Jean-Xavier de Lestrade et Blandine Lenoir. Et j&rsquo;espère bien que je vais me remettre à écrire. </p>



<p><strong>Et vous avez aussi joué dans Madame Du Barry, qui sera peut-être présenté à Cannes?</strong></p>



<p>N.L. : oui, c&rsquo;est déjà tourné. Je ne sais pas du tout quand il sortira. </p>



<p><strong>Toute dernière question, hormis le vôtre, avez-vous un film à conseiller, toutes époques confondues, ou qui vient de sortir?    </strong></p>



<p>J,C. : oui, il y a un film dans lequel Noémie joue, que je trouve formidable, sur les auteurs, sur les histoires qu&rsquo;on raconte, justement, sur ce qu&rsquo;on va puiser de la vérité, sur ce qu&rsquo;on révèle de notre intimité. C&rsquo;est absolument passionnant et Noémie est géniale dedans. </p>



<p>N.L. : c&rsquo;est un film que j&rsquo;aime beaucoup, c&rsquo;est un peu idiot parce que je joue dedans (rires)! Mais ce n&rsquo;est pas pour cette raison. C&rsquo;est surtout qu&rsquo;il faut y aller vite, si on veut le voir. C&rsquo;est <strong>L&rsquo;Envol </strong>de Pietro Marcello, un très beau film.  </p>



<p></p>



<p>Entretien réalisé par David Speranski le jeudi 26 janvier 2023.  </p>
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		<title>Rencontre avec Julia Faure, l&#8217;actrice de Coma de Bertrand Bonello. Première partie. Se réapproprier la légèreté.</title>
		<link>https://movierama.fr/rencontre-avec-julia-faure-lactrice-de-coma-de-bertrand-bonello-premiere-partie-se-reapproprier-la-legerete/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Nov 2022 12:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTEURS]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Julia Faure représente un cas à part dans les actrices françaises d&#8217;aujourd&#8217;hui. De par sa classe naturelle, elle s&#8217;inscrit dans le paysage comme l&#8217;une des plus belles et talentueuses comédiennes françaises du cinéma contemporain. Pourtant sa notoriété n&#8217;est pas exactement proportionnelle à son talent. D&#8217;une certaine manière, elle est un peu ce que François Truffaut disait de Marie-France Pisier, une « star de cinémathèque », c&#8217;est-à-dire une comédienne complètement reconnue et célébrée par les véritables amateurs de cinéma, qui n&#8217;est pas encore [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/rencontre-avec-julia-faure-lactrice-de-coma-de-bertrand-bonello-premiere-partie-se-reapproprier-la-legerete/">Rencontre avec Julia Faure, l&rsquo;actrice de Coma de Bertrand Bonello. Première partie. Se réapproprier la légèreté.</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Julia Faure représente un cas à part dans les actrices françaises d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. De par sa classe naturelle, elle s&rsquo;inscrit dans le paysage comme l&rsquo;une des plus belles et talentueuses comédiennes françaises du cinéma contemporain. Pourtant sa notoriété n&rsquo;est pas exactement proportionnelle à son talent. D&rsquo;une certaine manière, elle est un peu ce que François Truffaut disait de Marie-France Pisier, une « star de cinémathèque », c&rsquo;est-à-dire une comédienne complètement reconnue et célébrée par les véritables amateurs de cinéma, qui n&rsquo;est pas encore pour l&rsquo;instant identifiée par le grand public. Pourtant depuis plus d&rsquo;une dizaine d&rsquo;années, sa présence fascinante et obsédante parcourt le cinéma français</strong>. <strong>Il suffit parfois d&rsquo;une scène où apparaît le charme singulier et ludique de Julia Faure pour sauver un film improbable.</strong> <strong>Grande cinéphile, elle privilégie les rencontres avec les auteurs (Philippe Garrel, Noémie Lvovsky, Quentin Dupieux, Bertrand Bonello)</strong> <strong>mais ne néglige pas pour autant les comédies populaires et grand public</strong> <strong>(A coup sûr, Eléonore, les séries d&rsquo;Arte,  J&rsquo;ai deux amours ou Mytho)</strong>. <strong>Elle mélange parfois les deux et parvient à faire d&rsquo;une pierre deux coups quand Noémie Lvovsky et Quentin Dupieux l&rsquo;engagent pour leurs comédies déjantées. Rencontre donc avec Julia Faure, une comédienne fascinante, une femme fatale qui respire aussi l&rsquo;enthousiasme, la passion et la joie de vivre. </strong></p>



<p><strong>La première fois que je vous ai croisée, c&rsquo;est à la projection de L&rsquo;Etreinte du serpent de Ciro Guerra à la Quinzaine des Réalisateurs. Vous cherchiez une place, vous portiez des lunettes et on ne vous reconnaissait pas. Vous faisiez preuve d&rsquo;un goût cinéphilique intéressant, marqué pour les auteurs. C&rsquo;est ce qui m&rsquo;a donné envie de vous rencontrer, de parler donc du film Coma de Bertrand Bonello et de l&rsquo;ensemble de votre parcours dans le cinéma. </strong></p>



<p>Ah oui, <strong>L&rsquo;Etreinte du serpent</strong>, j&rsquo;avais beaucoup aimé. Je ne pourrais plus en parler aujourd&rsquo;hui car c&rsquo;est un souvenir assez lointain. Et puis, les projections à Cannes, comme vous savez, c&rsquo;est très particulier. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="960" height="540" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/julia-faure-5917302.jpg" alt="" class="wp-image-20057" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/julia-faure-5917302.jpg 960w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/julia-faure-5917302-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/julia-faure-5917302-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/julia-faure-5917302-770x433.jpg 770w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Quand j&rsquo;ai su que vous avez été choisie par Bertrand Bonello pour <a href="https://movierama.fr/coma-generation-desenchantee/">Coma</a>, j&rsquo;ai trouvé cela formidable car vous retrouvez un premier rôle dans un film d&rsquo;auteur, comme celui de Sauvage innocence de Philippe Garrel, votre premier film. Et pour moi, c&rsquo;est d&rsquo;assez loin votre meilleur rôle depuis Sauvage innocence. Considérez-vous que c&rsquo;est une transposition assez originale et véridique de ce que l&rsquo;on a pu vivre lors de l&rsquo;expérience du confinement?</strong></p>



<p>Bah non, pas particulièrement, en fait. Je trouve vraiment que le confinement est juste le cadre, le décor du film. Je ne trouve pas que ce soit le fond du film. Je ne pense pas que Bertrand Bonello ait fait ce film pour parler du confinement. Cela ne raconte pas le confinement. Pour moi, quand j&rsquo;ai lu le scénario, cela me racontait vraiment les limbes, c&rsquo;est-à-dire, pour la jeunesse, un endroit à rechercher. On aurait pu dire que le confinement, on aurait pu le transformer en termes de limbes, en endroit de création, un endroit secret, caché où on peut se retrouver. Alors que le film me raconte vraiment la mort, la tentation du diable, le fait de ne plus sentir la douleur parce qu&rsquo;on s&rsquo;est perdu. Cela me racontait un endroit de grande souffrance, les limbes, parce que c&rsquo;est la solitude, le silence, l&rsquo;incertitude et en même temps de grande joie si on arrive à transformer cet endroit et en faire quelque chose de très intime. On peut y trouver la poésie. C&rsquo;est plus un film sur le détour et la marge que sur le confinement qui serait d&rsquo;une certaine façon les limbes de façon très concrète et plus triviale. Et les limbes, c&rsquo;est la poésie, voilà. Je ne sais pas si c&rsquo;est très clair ce que je vous dis là. </p>



<p><strong>Si, si, je comprends. C&rsquo;est très beau d&rsquo;ailleurs. En fait, vous pensez que le confinement, c&rsquo;est plus un prétexte, en fait. </strong></p>



<p>Oui, exactement. C&rsquo;est un prétexte et en même temps, cela nous a tous marqués violemment, intimement et collectivement. C&rsquo;était difficile de ne pas en parler car on a tout fait le film avec une toute petite équipe. On a quasiment improvisé le film, même si le scénario était très écrit.  </p>



<p><strong>Cela a permis à Bonello de travailler un thème qui l&rsquo;obsède depuis longtemps.</strong> </p>



<p>Oui, largement, c&rsquo;est comment cultiver sa singularité, garder sa profondeur. Une jeune fille de 18 ans, c&rsquo;est quand même un moment où on est très tenté par la vanité, où on a à la fois envie d&rsquo;être vu pour ce qu&rsquo;on est, totalement, et en même temps, d&rsquo;être certain d&rsquo;être absolument normal. Et lui, il dit, c&rsquo;est comme s&rsquo;il disait, la normalité, on s&rsquo;en fiche, le centre, on s&rsquo;en fiche. Pour moi, le centre, c&rsquo;est comme si c&rsquo;était le système, et la marge, c&rsquo;est hors système et c&rsquo;est là que se passe les choses les plus passionnantes, les plus intenses, les plus fortes. Il faut prendre le risque d&rsquo;y aller pour se sentir vraiment vivant. Le risque de la marge, c&rsquo;est pour se sentir réellement vivant. C&rsquo;est se sentir au bon endroit et ne pas rejoindre tout de suite la normalité. </p>



<p><strong>C&rsquo;est une vision très intéressante du film. Votre performance est très impressionnante car vous jouez en fait toute seule.</strong> <strong>Vous n&rsquo;avez pas de partenaire et vous jouez avec le spectateur qui vous regarde, comme les personnes qui font des tutoriels. Vous vous êtes inspirée de ces personnes et de certains tutoriels?</strong> <strong>Vous avez été influencée par des influenceuses?</strong></p>



<p>Non, pas du tout, Qu&rsquo;aurais-je pu regarder? Patricia Coma n&rsquo;a pas de thème de prédilection, elle s&rsquo;attaque à tout (rires)! Les thèmes les plus concrets, triviaux, au ras des pâquerettes mais aussi les plus spirituels, les plus métaphysiques. C&rsquo;est compliqué de trouver un tuto de philosophie. Je ne sais même pas si ça existe (rires). Alors que elle, c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle fait. Je pense que Patricia Coma n&rsquo;a jamais regardé de tutos. Internet, c&rsquo;est un endroit où on peut se mettre en scène, autant en profiter et ne pas regarder ce que les autres ont fait avant. Patricia Coma, elle est très particulière quand même. Elle est très glamour, elle a quelque chose d&rsquo;assez diabolique et en même temps de plus en plus fragile. Elle possède quelque chose qui relève de la maîtrise. Le fait de jouer seule face à la caméra pouvait me donner ce sentiment-là, de pleine maîtrise. Ou plus exactement, pouvait me donner l&rsquo;illusion de cette maîtrise. En fait, c&rsquo;est la caméra qui gagne à la fin. Donc l&rsquo;incertitude gagne. En tant qu&rsquo;actrice, j&rsquo;ai commencé le tournage avec une certaine maîtrise puisque je n&rsquo;avais pas vraiment de personnage et que je pouvais avoir un certain contrôle de mon travail, Je me suis rendue compte qu&rsquo;en fait la solitude face à la caméra me forçait à montrer des choses que je n&rsquo;avais pas anticipées. Mais c&rsquo;était pas mal car cela coïncidait avec la faille de Patricia Coma qui se révèle au fur et à mesure du film. La faille de sa grande solitude, qui est en même temps sa grande force et sa grande détresse. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="960" height="540" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/COMA-290625565_10227961789847669_1116464280463802902_n-1.jpg" alt="" class="wp-image-20061" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/COMA-290625565_10227961789847669_1116464280463802902_n-1.jpg 960w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/COMA-290625565_10227961789847669_1116464280463802902_n-1-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/COMA-290625565_10227961789847669_1116464280463802902_n-1-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/COMA-290625565_10227961789847669_1116464280463802902_n-1-770x433.jpg 770w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Dans la plupart des films, vous avez une très forte présence. Paradoxalement, on pourrait penser que vous n&rsquo;avez pas vraiment besoin de partenaires. Le fait de jouer toute seule dans vos séquences de <a href="https://movierama.fr/coma-generation-desenchantee/">Coma</a>, cela permet d&rsquo;imposer votre présence et de faire en sorte qu&rsquo;elle prenne toute son ampleur. </strong></p>



<p>Oui, et d&rsquo;imposer un rythme surtout, c&rsquo;était très agréable. J&rsquo;en parle comme si Patricia Coma était extérieure à moi alors qu&rsquo;elle passait par moi. Mais Patricia Coma, j&rsquo;aimais bien qu&rsquo;elle puisse prendre toute la place, que son corps puisse prendre tout le cadre. C&rsquo;était assez délicieux (rires). Je n&rsquo;ai pas eu vraiment de surprises au montage. Pour le coup, c&rsquo;est Patricia Coma qui a fait ses séquences, d&rsquo;une certaine façon. </p>



<p><strong>J&rsquo;ai revu Saint Laurent dernièrement, que j&rsquo;ai trouvé vraiment magnifique (Julia Faure redit le mot magnifique). Ce que réalise Bonello est toujours très intéressant mais je trouve que <a href="https://movierama.fr/coma-generation-desenchantee/">Coma </a>est son meilleur film depuis Saint Laurent. </strong></p>



<p>Ah la la&#8230;Alors là, moi, j&rsquo;adore <strong>Nocturama</strong>, je suis vraiment dingue de <strong>Nocturama </strong>et je trouve <strong>Zombi Child</strong> très beau aussi. J&rsquo;ai vraiment du mal à hiérarchiser les films de Bertrand Bonello, je les trouve tous très beaux à des endroits très spécifiques, et pourtant ils travaillent tous le même endroit. Mais <strong><a href="https://movierama.fr/coma-generation-desenchantee/">Coma</a></strong>, je le trouve très émouvant. En fait, peut-être que c&rsquo;est votre préféré depuis <strong>Saint Laurent</strong> car il possède une puissance d&rsquo;émotion assez dingue, je trouve.</p>



<p><strong>Oui, peut-être. Bonello est un metteur en scène très cinéphile donc il y a des influences d&rsquo;auteurs que l&rsquo;on retrouve dans ce film. Par exemple, <a href="https://movierama.fr/coma-generation-desenchantee/">Coma </a>est construit comme Notre Musique de Godard en triptyque, avec un prologue, une partie centrale, un épilogue. C&rsquo;est assez flagrant. Mais il s&rsquo;agit probablement d&rsquo;une influence inconsciente.</strong></p>



<p>Ah peut-être, il faudrait lui demander. Je n&rsquo;ai aucune idée. Mais ce ne serait pas étonnant. </p>



<p><strong>Et il y a aussi des références à Lynch, par exemple aux poupées qui disent des dialogues de sitcom&#8230;On trouve aussi chez Lynch des rires décalés par rapport aux dialogues&#8230;</strong></p>



<p>Oui, avec les lapins&#8230;.</p>



<p><strong>Etes-vous d&rsquo;accord avec Bertrand Bonello quand il affirme que ce n&rsquo;est pas un film expérimental? </strong></p>



<p>Ah oui, complètement. Car il y a une narration quand même, un début, une fin. Comme vous dites, c&rsquo;est en trois parties, c&rsquo;est très structuré. Pour moi, un film expérimental, il n&rsquo;existe pas de narration, c&rsquo;est un film qui se fait au fil du tournage et du montage. Alors que là, à part inverser une ou deux séquences, il n&rsquo;y a pas une seule ligne qui a changé. Le scénario était vraiment très écrit, il n&rsquo;y a pas une virgule qui a changé. </p>



<p><strong>A l&rsquo;origine, Bonello est un musicien, un compositeur. J&rsquo;ai trouvé qu&rsquo;il fonctionnait dans ce film en phrases musicales superposées : la ligne du personnage de Louise Labèque, la ligne de Patricia Coma, les poupées-marionnettes, les limbes filmées en noir et blanc comme un film d&rsquo;horreur&#8230; </strong></p>



<p>C&rsquo;est très intéressant. Il faudrait lui en parler. Cela résonne en tout cas, ce que vous me dites. </p>



<p><strong>Le film en lui-même reste complètement accessible aux spectateurs qui vont le voir mais le projet est assez particulier, très spécifique. </strong></p>



<p>Le film porte des choses, il ne se résume pas à un film expérimental. Pour moi, un film expérimental, ce n&rsquo;est pas forcément accessible. Mais par exemple, Godard, pour vous, c&rsquo;est expérimental? Les derniers films de Godard, <strong>Adieu au langage</strong>, etc?</p>



<p><strong>Pour moi, Godard est expérimental depuis un bout de temps. Mais ce n&rsquo;est pas une critique, un défaut, ce n&rsquo;est pas péjoratif de mon point de vue, bien au contraire. </strong></p>



<p>Qu&rsquo;il y ait de la recherche, cela, je l&rsquo;entends. Mais j&rsquo;ai l&rsquo;impression que film expérimental, c&rsquo;est un genre de film très spécifique. </p>



<p><strong>Oui, je vois ce que vous voulez dire, cela joue plus avec l&rsquo;aléatoire qu&rsquo;avec une structure très écrite. </strong></p>



<p>Oui, alors que là, c&rsquo;est très écrit, justement. Même s&rsquo;il mélange plusieurs formes, de la 3D, de la 2D, des Barbie, de la voix off, des images d&rsquo;archives&#8230;Mais cela n&rsquo;en fait pas un film expérimental. C&rsquo;est simplement protéiforme, multiple. Ce n&rsquo;est pas aléatoire. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1001" height="563" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Coma-Bertrand-Bonello-Louise-Labeque.jpeg" alt="" class="wp-image-20059" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Coma-Bertrand-Bonello-Louise-Labeque.jpeg 1001w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Coma-Bertrand-Bonello-Louise-Labeque-300x169.jpeg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Coma-Bertrand-Bonello-Louise-Labeque-768x432.jpeg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Coma-Bertrand-Bonello-Louise-Labeque-770x433.jpeg 770w" sizes="(max-width: 1001px) 100vw, 1001px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Vous avez un peu cité Leos Carax lorsque vous avez parlé au sujet de ce film de « la beauté du geste », ce film étant autoproduit, hors système économique</strong>&#8230; </p>



<p>C&rsquo;est Leos Carax qui parle de la beauté du geste, eh bien dis donc! Je ne le savais pas du tout (rires). Je n&rsquo;étais pas en mesure de le citer car je ne le savais pas (rires). </p>



<p><strong>Je vous assure, c&rsquo;est dans une séquence de Holy Motors où&#8230;</strong></p>



<p>Ah bon, c&rsquo;est formidable car j&rsquo;adore ce film et j&rsquo;en viens donc à citer une phrase de ce film sans le savoir, donc vraiment c&rsquo;est très bien (rires). </p>



<p><strong>C&rsquo;est une réplique de Michel Piccoli dans le film. </strong></p>



<p>Ahhh&#8230;.c&rsquo;est encore mieux&#8230;.ça s&rsquo;explique alors un peu&#8230;Michel Piccoli, je suis une très grande fan. </p>



<p><strong><a href="https://movierama.fr/coma-generation-desenchantee/">Coma </a>est autoproduit mais il y avait des conditions de confort lors du tournage que vous n&rsquo;avez pas trouvées lors des films précédents que vous avez tournés.</strong></p>



<p>Oui, et que je ne retrouverai jamais sans doute. Car c&rsquo;est quelque chose qui n&rsquo;existe plus. On était tous, &#8211; on était sept dans l&rsquo;équipe &#8211; on était chacun surpris de vivre en plus un moment spécial puisque c&rsquo;était le moment du confinement. C&rsquo;était fou, cette légèreté, c&rsquo;était la grâce de se retrouver entre des gens qui s&rsquo;entendent bien, et d&rsquo;en faire quelque chose dans la joie, et sans attente, sans pression de l&rsquo;industrie, autre que s&rsquo;amuser, chercher, et réussir à faire quelque chose ensemble. Chaque jour, en allant sur le tournage, je me disais que ce devait vraiment être ça, les films des frères Lumière, filmer la femme de l&rsquo;un, l&rsquo;arrivée du train, etc. Filmer des moments exceptionnels de gens qu&rsquo;on aime bien, à l&rsquo;instant parce que cela n&rsquo;existera plus après, et parce que c&rsquo;est exactement ce qu&rsquo;on a envie de faire à ce moment-là. Cela m&rsquo;a fait penser à l&rsquo;invention des frères Lumière. Mais en fait c&rsquo;est très rare, dans ce métier, de pouvoir retrouver l&rsquo;origine de son désir. Une origine enfouie, complètement inconsciente. Et c&rsquo;est vraiment la beauté de ce moment pour moi, c&rsquo;était ça. Cela m&rsquo;a fait une fois cela au théâtre, justement en jouant avec Michel Piccoli, il y a très longtemps, comme si je redécouvrais l&rsquo;origine de mon désir d&rsquo;actrice, une origine presque ancestrale. C&rsquo;était viscéral en moi, dans cette pièce, en jouant avec Michel Piccoli. Et là, c&rsquo;était la même chose, comme si, au commencement du cinéma, il y avait cette légèreté-là, comme sur le tournage de <strong><a href="https://movierama.fr/coma-generation-desenchantee/">Coma</a></strong>. Parler de légèreté en 2022, c&rsquo;est extraordinaire, cela donne envie de rire, mais d&rsquo;un rire d&rsquo;effroi.</p>



<p><strong>Cela a été tourné quand, exactement? </strong></p>



<p>Cela a été tourné en avril 2021. On était vraiment comme des clandestins. Un restaurant avait prêté son lieu alors qu&rsquo;il était fermé depuis des semaines. C&rsquo;était magnifique, on était là comme des pirates, à tourner des séquences. Il y avait quelque chose de&#8230;.je ne dirais pas tragique, il ne faudrait pas exagérer, mais d&rsquo;émotionnellement dur pour tout le monde mais en même temps on volait du temps à ce confinement. </p>



<p><strong>C&rsquo;est visible à l&rsquo;écran, il y a une jubilation, un ravissement à tourner le film. </strong></p>



<p>Un enchantement total. De détraquer un peu ce moment du confinement, de se réapproprier des choses dont on a été dépossédé, des choses très concrètes, pouvoir rentrer en douce dans un restaurant, mais aussi et surtout la légèreté. Se réapproprier la légèreté, pendant quelques jours. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1000" height="562" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Julia-Faure-Fh3DDltWQAEa-y8.jpg" alt="" class="wp-image-20060" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Julia-Faure-Fh3DDltWQAEa-y8.jpg 1000w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Julia-Faure-Fh3DDltWQAEa-y8-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Julia-Faure-Fh3DDltWQAEa-y8-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/11/Julia-Faure-Fh3DDltWQAEa-y8-770x433.jpg 770w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p></p>



<p>Suite de l&rsquo;entretien dans la 2ème partie où Julia Faure évoquera Philippe Garrel, Quentin Dupieux, Noémie Lvovsky, toujours Bertrand Bonello. et surtout Michel Piccoli. </p>



<p>Entretien réalisé par David Speranski à Paris en juillet 2022. </p>



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<!-- INTERLUDE 2 -->
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		<title>Une douceur implacable : entretien deuxième partie avec Vincent Le Port et Dimitri Doré pour le film-événement Bruno Reidal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Mar 2022 14:50:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTEURS]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[METTEURS EN SCENE]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Suite et fin de ce passionnant entretien avec Vincent Le Port et Dimitri Doré pour le film-événement Bruno Reidal, sorti cette semaine, réalisé par le premier et interprété par le second, entretien où seront évoqués entre autres Robert Bresson, Maurice Pialat, Stanley Kubrick, Martin Scorsese, Paul Schrader, Kelly Reichardt, Six Feet Under, Bruno Dumont, Kelly Reichardt, Alain Corneau, Jean-Luc Godard. Beaucoup de références qui permettront d&#8217;éclairer par un faisceau d&#8217;éléments concordants ce film stupéfiant sur ce meurtrier adolescent qui s&#8217;est [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Suite et fin de ce passionnant entretien avec Vincent Le Port et Dimitri Doré pour le film-événement Bruno Reidal, sorti cette semaine, réalisé par le premier et interprété par le second, entretien où seront évoqués entre autres Robert Bresson, Maurice Pialat, Stanley Kubrick, Martin Scorsese, Paul Schrader, Kelly Reichardt, Six Feet Under, Bruno Dumont, Kelly Reichardt, Alain Corneau, Jean-Luc Godard. Beaucoup de références qui permettront d&rsquo;éclairer par un faisceau d&rsquo;éléments concordants ce film stupéfiant sur ce meurtrier adolescent qui s&rsquo;est autoanalysé et livré à la police. Et pour commencer, une étrange histoire de cochon signée Michael Haneke&#8230; </strong></p>



<p><strong>Dans votre film, à un moment, on égorge un cochon. Cela m&rsquo;a fait étrangement penser à Benny&rsquo;s video de Michael Haneke où un adolescent égorge un cochon avant de faire la même chose sur sa petite amie. De là à dire qu&rsquo;il existe une corrélation inéluctable entre les cochons égorgés, la sexualité et les meurtres commis par des adolescents&#8230; </strong></p>



<p>Vincent Le Port : sans blague (rires). Eh bien, cela n&rsquo;a pas pu m&rsquo;influencer car je ne l&rsquo;ai pas vu! </p>



<p><strong>Comment avez-vous procédé pour le casting du film qui semble composé par une forte majorité d&rsquo;acteurs amateurs?</strong></p>



<p>V.L.P. : oui, je tenais particulièrement à superviser l&rsquo;intégralité du casting. Les acteurs ont été pour la plupart choisis dans les habitants de la région, hormis quelques professionnels, comme Jean-Luc Vincent, grand acteur de théâtre, qui a été le premier à être engagé pour le rôle de Lacassagne, le médecin qui instruit le dossier Bruno Reidal et va rédiger le rapport médico-légal. C&rsquo;est lui qui m&rsquo;a d&rsquo;ailleurs orienté vers Dimitri pour le rôle de Bruno. Jean-Luc Vincent, je l&rsquo;avais repéré au théâtre et dans quelques films comme <strong>Camille Claudel 1915 </strong>de Bruno Dumont.  </p>



<p><strong>S&rsquo;agissait-il d&rsquo;un clin d&rsquo;oeil intentionnel vers Bruno Dumont? </strong></p>



<p>En fait, pas vraiment, je ne suis pas un grand fan de <strong>Camille Claudel 1915</strong>, le film. Dans l&rsquo;oeuvre de Dumont, j&rsquo;admire surtout les premiers films, <strong>La Vie de Jésus</strong>, <strong>L&rsquo;Humanité</strong>. Mais Jean-Luc Vincent s&rsquo;est vraiment imposé comme la pierre angulaire du film, celui qui lui donnait son ton, celui d&rsquo;une certaine douceur. Mais aussi un côté assez implacable comme la justice qui doit être rendue. . </p>



<p><strong>Tenez, regardez ce que j&rsquo;ai écrit sur le film sur ma feuille de questions&#8230;.</strong></p>



<p>V.L.P. : une douceur implacable&#8230;.(rires)! Eh bien, vous avez bien saisi l&rsquo;esprit du film. </p>



<p>Dimitri Doré : ce qui est formidable chez Jean-Luc Vincent, c&rsquo;est un acteur qui fait merveilleusement bien jouer les autres. En plus, il est d&rsquo;une grande fidélité aux projets et à ses partenaires.  </p>



<p><strong>Par rapport à la direction d&rsquo;acteurs, comment vous situez-vous, surtout lorsqu&rsquo;il faut diriger des acteurs amateurs, entre l&rsquo;option assez naturaliste de Pialat ou celle antinaturaliste, très « diction blanche et neutre » de Bresson? </strong></p>



<p>V.L.P. : je suis assez opposé à l&rsquo;uniformisation du jeu. Je préfère mettre en valeur la diversité des gens. Par rapport à Bresson, même si c&rsquo;est un immense cinéaste, le fait que tout le monde parle de la même façon est un peu trop uniformisant. </p>



<p>D.D. : ce qui m&rsquo;a frappé chez Vincent, c&rsquo;est qu&rsquo;il prend son temps. Il est très à l&rsquo;écoute de ses acteurs. Il fait montre de beaucoup de patience, y compris dans les situations compliquées. </p>



<p><strong>Vincent Le Port est un grand directeur d&rsquo;acteurs. Félicitations d&rsquo;ailleurs Dimitri, vous avez obtenu le prix d&rsquo;interprétation masculine au Festival d&rsquo;Angers. Vincent porte chance à ses acteurs : Zoé Cauwet qui tenait le rôle principal du Gouffre avait également obtenu un prix d&rsquo;interprétation au Festival de Nice. L&rsquo;une des grandes difficultés dans Bruno Reidal, c&rsquo;était sans doute de maintenir une continuité du rôle principal à travers trois acteurs qui l&rsquo;interprètent à des âges différents.</strong></p>



<p>V.L.P. : oui, c&rsquo;était l&rsquo;un des principaux écueils. Il fallait s&rsquo;efforcer de travailler les singularités pour les fondre dans une certaine continuité. Au moment du tournage, cela s&rsquo;est avéré assez difficile. Mais vous parlez de Bresson et de Pialat, même si j&rsquo;aime beaucoup ces cinéastes, ce ne sont pas forcément ceux qui m&rsquo;ont influencé sur ce film, du moins consciemment, par exemple, par rapport à l&rsquo;histoire et surtout au personnage, j&rsquo;ai été plus influencé par <strong>Taxi Driver </strong>de Martin Scorsese. </p>



<p><strong>Il est vrai que je n&rsquo;y avais pas pensé mais il existe tout de même un lien via Paul Schrader car l&rsquo;un des films préférés de Schrader, scénariste de Taxi Driver, c&rsquo;est Le Journal d&rsquo;un curé de campagne, film magnifique de Bresson, dont il a repris le commentaire en voix off, dont Bruno Reidal pourrait involontairement s&rsquo;inspirer.  </strong></p>



<p>V.L.P. : oui, il existe sans doute un lien indirect. </p>



<p><strong>Et si vous aimez certains films à commentaire, comme Barry Lyndon, il doit y avoir aussi un lien&#8230;Avez-vous eu des influences picturales pour ce film? Certains plans semblent avoir été composés comme des tableaux.  </strong></p>



<p>V.L.P. : pas tant que cela. En fait je me suis surtout inspiré des photos de l&rsquo;époque. Mais j&rsquo;avais aussi d&rsquo;énormes bouquins où j&rsquo;avais collé des photogrammes de film qui m&rsquo;inspiraient, il y avait un peu de tout, <strong>The Master</strong> de Paul Thomas Anderson, <strong>Mes Petites amoureuses</strong> de Jean Eustache, <strong>Monsieur Verdoux</strong> de Charlie Chaplin&#8230; Parfois cela avait un rapport avec l&rsquo;histoire, d&rsquo;autres fois, pas du tout. Mais c&rsquo;était une banque de données qui pouvait m&rsquo;inspirer. Même si je connais un peu la peinture, les influences picturales relèvent plus du travail du directeur de la photographie, excellent d&rsquo;ailleurs, Michael Capron. C&rsquo;est grâce à lui si le film peut faire penser à Rembrandt, Fragonard ou Corot. Son travail a été très difficile car le tournage a été plusieurs fois décalé donc il fallait maintenir une unité dans la photographie. </p>



<p><strong>Comment avez-vous vécu le confinement? Vous en étiez à quel point dans l&rsquo;avancement du film? </strong></p>



<p>V.L.P. : on avait heureusement terminé le tournage, un peu avant la pandémie. Le montage était déjà à moitié avancé. Donc on a eu le temps d&rsquo;affiner la forme. Pendant le confinement, j&rsquo;ai essayé de voir des intégrales de cinéastes et puis je me suis lassé. Lorsqu&rsquo;on voit une intégrale de cinéaste, au bout du troisième film, tu reconnais assez vite les constantes stylistiques ou thématiques donc cela devient rapidement très ennuyeux. Donc j&rsquo;ai arrêté les intégrales (rires). Sinon j&rsquo;ai vu quelques films qui m&rsquo;ont beaucoup plu, <strong>First Cow</strong> de Kelly Reichardt, <strong>Onoda </strong>(que j&rsquo;ai vu d&rsquo;ailleurs avec Dimitri) d&rsquo;Arthur Harari, <strong>Get back</strong> de Peter Jackson, le documentaire sur les Beatles&#8230;. </p>



<p><strong>Et vous, Dimitri? </strong></p>



<p>D.D. : moi je suis venu à bout d&rsquo;une intégrale (rires)! Celle de la série <strong>Six Feet Under</strong>. Quel régal pour l&rsquo;écriture, la dramaturgie, le jeu des acteurs. Beaucoup ont sans doute fait pareil pour se réconforter en cette période sombre. </p>



<p>V.L.P. : ah si, j&rsquo;ai vu un cycle en entier quand même, la trilogie de Bill Douglas, Quand je l&rsquo;ai vue, je me suis dit que c&rsquo;était dommage de ne pas l&rsquo;avoir vue avant le tournage de <strong>Bruno Reidal</strong>. Et puis finalement, je me suis dit que je n&rsquo;aurais quasiment rien changé.  </p>



<p><strong>Par rapport aux différentes familles du cinéma français, où vous situez-vous? Vous savez, en schématisant, il y a la famille des auteurs, Renoir, Vigo et leurs disciples de la Nouvelle Vague, la famille des cinéastes de la Qualité française, les metteurs en scène, Duvivier, Carné, Clouzot et ceux qui leur ont succédé, et enfin la famille des francs-tireurs qui sont un peu à part, les Bresson, Pialat, Dumont, etc.  </strong></p>



<p>V.L.P. :  sans prétention aucune, plutôt la troisième. Je ne me reconnais pas tant que cela dans la Nouvelle Vague. J&rsquo;ai pourtant vu un certain nombre de films de la Nouvelle Vague. Mais en vérité, je suis plus admiratif de <strong>Série noire</strong> d&rsquo;Alain Corneau qui me plaît cent mille fois plus que n&rsquo;importe quel Godard des années soixante. A part cela, j&rsquo;aime beaucoup certains cinéastes assez inclassables comme Chris Marker, Jean Eustache, certains films de Claire Denis, Luc Moullet. Quand on s&rsquo;y connaît un peu en cinéma, on admire les films de Kubrick ou de Pialat&#8230;mais si on est dans la fabrication de films, on n&rsquo;est pas si surpris que cela, ils font bien leur job mais ce n&rsquo;est pas si surprenant, cela correspond à un langage cinématographique connu et déjà bien structuré. En revanche, j&rsquo;aime beaucoup les films OVNI dont on ne comprend absolument pas comment ils sont faits, comme <strong>Edvard Munch </strong>de Peter Watkins. Une vraie claque, ce film. Pour moi, <strong>Bruno Reidal </strong>est un film assez modeste et plutôt accessible, nonobstant son sujet. Parfois, je me lance dans des projets très simples, expérimentaux, comme mon dernier court métrage, tourné après <strong>Bruno Reidal</strong>,  <strong>La Marche de Paris à Brest</strong>, où je filme un parcours à pied à la manière des marches de Werner Herzog. </p>



<p><strong>Pour vous deux, quels sont vos projets?  </strong></p>



<p>D.D. : un film dans lequel j&rsquo;ai joué, est présenté au Festival de Berlin, <strong>A propos de Joan</strong> de Laurent Larivière, avec Isabelle Huppert et Swann Arlaud. Et je vais être bientôt dans un opéra <strong>Wozzeck </strong>d&rsquo;Alban Berg, mis en scène par Michel Fau.  </p>



<p>V.L.P. : pour l&rsquo;instant, parmi beaucoup de projets, j&rsquo;ai à nouveau l&rsquo;adaptation d&rsquo;un fait divers violent qui s&rsquo;est passé au XIXème siècle mais il s&rsquo;agira plus d&rsquo;une fresque. Au départ, d&rsquo;ailleurs,<strong> Bruno Reidal</strong> ressemblait davantage à une fresque faisant le portrait d&rsquo;une époque mais en raison d&rsquo;un manque de moyens financiers, on a réduit l&rsquo;ambition du film pour se focaliser sur le fait divers et l&rsquo;état d&rsquo;esprit psychologique d&rsquo;une personne. Tant mieux d&rsquo;ailleurs, cela m&rsquo;a sans doute fait échapper aux travers du film académique. Enfin la plupart du temps. Vous savez, lorsque vous faites des plans et que vous vous attardez sous prétexte que cela fait joli. Je me suis souvent demandé si je n&rsquo;ai pas fait durer parfois un peu trop ce type de plans parce qu&rsquo;ils étaient d&rsquo;époque. Il en reste quelques-uns comme cela dans <strong>Bruno Reidal</strong>, pas beaucoup, mais quelques-uns. Pialat, lui, les aurait supprimés.  </p>



<p><strong>La première partie de ce passionnant entretien avec Vincent Le Port et Dimitri Doré pour le film-événement Bruno Reidal, à lire dans <a href="https://movierama.fr/une-douceur-implacable-entretien-avec-vincent-le-port-et-dimitri-dore-pour-le-film-evenement-bruno-reidal/">Une Douceur implacable première partie</a>.  </strong></p>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/une-douceur-implacable-entretien-deuxieme-partie-avec-vincent-le-port-et-dimitri-dore-pour-le-film-evenement-bruno-reidal/">Une douceur implacable : entretien deuxième partie avec Vincent Le Port et Dimitri Doré pour le film-événement Bruno Reidal</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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		<title>Une douceur implacable : entretien première partie avec Vincent Le Port et Dimitri Doré pour le film-événement Bruno Reidal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Mar 2022 23:09:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTEURS]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[METTEURS EN SCENE]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De Jurassic Park à Bruno Reidal, a priori aucun rapport. Pourtant de la première image de cinéma qui l&#8217;a marqué au film exceptionnel qui le révèle cette semaine, Vincent Le Port, jeune metteur en scène de 35 ans, est passé d&#8217;une certaine manière de la monstruosité extérieure à la monstruosité intérieure. Comme s&#8217;il avait fallu ces années d&#8217;apprentissage pour pouvoir s&#8217;approcher du mystère de la monstruosité, pour mieux appréhender ce qui effraie afin de tenter de le comprendre. Ce n&#8217;est [&#8230;]</p>
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<p><strong>De Jurassic Park à Bruno Reidal, a priori aucun rapport. Pourtant de la première image de cinéma qui l&rsquo;a marqué au film exceptionnel qui le révèle cette semaine, Vincent Le Port, jeune metteur en scène de 35 ans, est passé d&rsquo;une certaine manière de la monstruosité extérieure à la monstruosité intérieure. Comme s&rsquo;il avait fallu ces années d&rsquo;apprentissage pour pouvoir s&rsquo;approcher du mystère de la monstruosité, pour mieux appréhender ce qui effraie afin de tenter de le comprendre. Ce n&rsquo;est pas la moindre des révélations de cette interviews, l&rsquo;une des premières réalisées pour nous, en présentiel depuis la sortie de confinement, où, non contents de s&rsquo;entretenir avec un brillant metteur en scène prometteur, nous doublâmes la mise avec l&rsquo;interprète principal de son film, le stupéfiant Dimitri Doré. L&rsquo;entretien prit très vite un tour chaleureux au point de durer une bonne heure et demie, d&rsquo;où se dégageait une certaine vision du cinéma. Deux artistes enthousiastes et diserts dont on reparlera sans doute beaucoup à l&rsquo;avenir. </strong></p>



<p><strong>Pour commencer, une question qui sort un peu des sentiers battus. Quelle est la première image de cinéma qui vous a marqué?</strong> </p>



<p>Vincent Le Port : eh bien, pour moi, enfant, c&rsquo;est d&rsquo;abord <strong>Jurassic Park</strong>. La mâchoire du Tyranossaurus Rex qui se referme et surtout le bruit que cela fait&#8230;<strong> </strong>Quelques années plus tard, ce fut <strong>Matrix </strong>des Wachowski, c&rsquo;était l&rsquo;époque où je me suis vraiment intéressé au cinéma, en lisant des revues. </p>



<p><strong>C&rsquo;était vraiment générationnel. Car cela n&rsquo;a pas grand&rsquo;chose à voir avec votre cinéma a priori. Et vous, Dimitri?</strong></p>



<p>Dimitri Doré : moi j&rsquo;étais beaucoup plus théâtre que branché cinéphilie. Mon premier grand choc, ce fut au collège en vidéo une pièce de Barillet et Grédy, <strong>Lili et Lily</strong>, avec Jacqueline Maillan qui était hilarante et extraordinaire. A partir de là, j&rsquo;ai vraiment voulu faire du théâtre de boulevard, je me suis retrouvé dans l&rsquo;école de théâtre L&rsquo;Eponyme et ensuite dans un spectacle de Jonathan Capdevielle. </p>



<p><strong>Vu le rôle que vous tenez dans Bruno Reidal, vous avez un peu dévié&#8230;</strong></p>



<p>D.D. : complètement (rires)! A part cela, j&rsquo;aimais aussi beaucoup<strong> La Grande Vadrouille</strong>, les films de Gérard Oury, avec Louis de Funès&#8230;<strong>La Belle et la Bête</strong> de Cocteau m&rsquo;a beaucoup marqué également. Et aussi Claude Véga. </p>



<p><strong>A voir Bruno Reidal, on vous imaginait comme des gens austères et un peu jansénistes, mais en fait pas du tout&#8230;Vincent, quelle est votre formation?</strong></p>



<p>V.L.P. : J&rsquo;ai fait une prépa littéraire et un BTS audiovisuel, avant d&rsquo;entrer à la FEMIS en section réalisation en 2006-2008. </p>



<p><strong>Vous avez fait ensuite pas mal de courts métrages assez expérimentaux, dont Le Gouffre qui a obtenu le Prix Jean-Vigo du court métrage. Apparemment, contrairement à certains de vos condisciples qui se jettent tout de suite dans un projet de long métrage, vous n&rsquo;étiez pas forcément pressé de vous lancer dans un long métrage?</strong></p>



<p>V.L.P. : vous savez, j&rsquo;avais 24 ans quand je suis entré à la FEMIS. Donc j&rsquo;avais du temps devant moi. Au moins dix ans pendant lesquels je pouvais apprendre la mise en scène en faisant des courts métrages. Puis <strong>Le Gouffre</strong> a obtenu une certaine reconnaissance critique qui m&rsquo;a ouvert des portes. </p>



<p><strong>Le Gouffre est d&rsquo;ailleurs en noir et blanc. Vous n&rsquo;avez pas envisagé à un moment de tourner Bruno Reidal en noir et blanc, comme d&rsquo;autres films d&rsquo;époque?</strong></p>



<p>V.L.P. : non, bizarrement, je ne l&rsquo;ai jamais envisagé. Je tenais particulièrement à montrer un certain rapport à la nature, à la magnifier. Tourner en noir et blanc aurait aplani cela. En plus, tous les films qui me viennent à l&rsquo;esprit, qui me servent de référence, sont en fait en couleurs, comme <strong>Van Gogh</strong> de Pialat, <strong>Barry Lyndon</strong> de Kubrick, <strong>Kaspar Hauser</strong> de Herzog ou <strong>Moi, Pierre Rivière</strong> de René Allio. Cela permettait de travailler sur les teintes, les différentes nuances de couleurs. </p>



<p><strong>Cela vous permettait aussi d&rsquo;échapper au cliché du film d&rsquo;époque en noir et blanc, un peu figé dans le passé, comme Le Ruban blanc ou La Liste de Schindler&#8230;.</strong></p>



<p>V.L.P. : oui aussi, j&rsquo;aime bien échapper aux clichés de toute manière. J&rsquo;aime bien montrer cette sensation d&rsquo;arriver à la surface du monde ; j&rsquo;aime bien travailler sur les silences. Le noir et blanc aurait fait écran, peut-être nui à cette sensation d&rsquo;immédiateté. </p>



<p><strong>Il y a également ce sentiment fort de montrer la France des régions, qui vient peut-être de vos origines provinciales. </strong></p>



<p>V.L.P. :  l&rsquo;histoire de Bruno Reidal se déroule dans le Cantal donc il était important pour moi que cela se passe sur les lieux-mêmes du fait divers. En fait, on a un peu transposé, on a tourné dans le village d&rsquo;à côté mais le principe est le même. Personnellement je viens de Rennes, d&rsquo;où mon attachement à montrer une France qui ne ressemble pas forcément à celle de Paris. </p>



<p><strong>Comment êtes-vous tombé sous le charme de Dimitri pour l&rsquo;engager dans le rôle principal? </strong></p>



<p>V.L.P. : pour moi, il s&rsquo;agissait d&rsquo;une évidence. Il m&rsquo;a fasciné, il était tout le temps naturel. Comme vous le voyez actuellement, il paraît plus âgé que dans le film mais il possède cette capacité à paraître extrêmement jeune, à être parfaitement crédible dans le rôle d&rsquo;un adolescent. </p>



<p><strong>Vos courts métrages étaient parfois très expérimentaux et vous commencez par un premier film mettant en scène un meurtrier adolescent. Autant dire que cela peut faire fuir le public, cela ne vous inquiète pas? </strong></p>



<p>V.L.P. : non, en fait, je ne fais jamais de calcul. Je mets en scène les projets qui m&rsquo;intéressent au plus profond de moi-même. Le fait que cela puisse marcher au sens commercial du terme est plutôt secondaire, même si cela m&rsquo;intéresse évidemment en tant que producteur (NDLR : Vincent Le Port a fondé une société de production Stank avec des amis de la FEMIS et de l&rsquo;école des Gobelins, au sein de laquelle il réalise ses films). Néanmoins ce ne sont jamais ces raisons qui me motivent pour me lancer sur tel ou tel projet. </p>



<p><strong>Dans votre film, la question du point de vue est très intéressante, voire primordiale. Vous semblez adopter le point de vue de Bruno, via la lecture de son journal en voix off, mais finalement non. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;être complice de ses actes, ni dans sa tête mais de se trouver à côté de lui et de compatir sans être complaisant. Cela a dû être difficile d&rsquo;adopter le  bon ton, la bonne position par rapport au personnage?</strong></p>



<p>C&rsquo;était difficile en effet. Il ne s&rsquo;agissait pas de porter le moindre jugement moral sur son acte ni évidemment de l&rsquo;absoudre. Il fallait donner au spectateur la possibilité de le voir en tant que personnage, sans biaiser son point de vue, afin qu&rsquo;il puisse se forger sa propre opinion. Adopter donc une certaine neutralité, une objectivité. Le meilleur moyen, pour ce faire, était de se focaliser sur le jeu des comédiens, et d&rsquo;afficher à chaque instant une certaine retenue.</p>



<p><strong>Contrairement à ce que l&rsquo;on aurait pu croire, ce n&rsquo;est pas le texte qui porte l&rsquo;émotion. Le texte est assez neutre, presque clinique. Ce qui est émouvant, c&rsquo;est le témoignage de Bruno mais en tant qu&rsquo;être vivant, se déplaçant et agissant devant nous.  </strong></p>



<p>D.D. : le film montre Bruno un peu dans tous ses états, violent, jaloux, sournois, sensible, à fleur de peau, etc. Pour qu&rsquo;aucun aspect ne l&#8217;emporte véritablement, j&rsquo;ai adopté le choix de la rétention à chaque fois. Il fallait cela pour ne pas insister lourdement sur tel aspect par rapport à tel autre. On pouvait ainsi suggérer une once d&rsquo;homosexualité dans son comportement sans en faire l&rsquo;explication majeure. Quand il lance un regard presque amoureux envers sa future victime, c&rsquo;est comme s&rsquo;il le poignardait par avance d&rsquo;un coup de couteau. Mon travail de comédien consistait à ce que l&rsquo;on puisse suivre ses pensées au plus près. </p>



<p><strong>Ce qui est très intéressant, c&rsquo;est que vous évitez l&rsquo;explication univoque du passage à l&rsquo;acte. De nombreuses pistes existent, vous les évoquez toutes, sociale, familiale, psychanalytique, psycho-sexuelle, etc. Mais vous ne cherchez pas à élucider définitivement la question du pourquoi, même si elle se trouve au coeur du film. </strong></p>



<p>V.L.P. : Exactement. Je considère que l&rsquo;on aurait réduit l&rsquo;intérêt du film et du cas Bruno Reidal si on avait proposé une seule solution. Cela aurait été à l&rsquo;opposé de la complexité de la dimension humaine que nous offrait cette affaire hors du commun. Par rapport aux faits historiques, il eût été possible d&rsquo;insister sur sa situation familiale (le rôle de la mère) mais cela aurait trop emmené le film sur un terrain psychologique, alors qu&rsquo;il était préférable de laisser le mystère intangible et de permettre au spectateur d&rsquo;échafauder sa grille d&rsquo;analyse. </p>



<p><strong><a href="https://movierama.fr/une-douceur-implacable-entretien-deuxieme-partie-avec-vincent-le-port-et-dimitri-dore-pour-le-film-evenement-bruno-reidal/">La suite de ce passionnant entretien</a> avec Vincent Le Port et Dimitri Doré pour le film-événement Bruno Reidal dans Une Douceur implacable deuxième partie, où seront abordés Robert Bresson, Maurice Pialat, Stanley Kubrick, Martin Scorsese, Paul Schrader, Kelly Reichardt, Six Feet Under, Bruno Dumont, Kelly Reichardt, Alain Corneau, Jean-Luc Godard.  </strong></p>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/une-douceur-implacable-entretien-avec-vincent-le-port-et-dimitri-dore-pour-le-film-evenement-bruno-reidal/">Une douceur implacable : entretien première partie avec Vincent Le Port et Dimitri Doré pour le film-événement Bruno Reidal</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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		<title>Les Arcs Film Festival 2021 : rencontre avec l&#8217;acteur Hugo Becker</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Dec 2021 08:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTEURS]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVALS]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[Les Arcs Film Festival]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[hugo becker]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au Service de la France, l&#8217;acteur Hugo Becker multiplie les rôles sans distinguer les formats : on le retrouve aussi bien dans les salles sombres, sur nos écrans ou sur les planches. Polyglotte, il s&#8217;est notamment fait connaître à l&#8217;international avec la série Gossip Girl dans laquelle il incarne Louis Grimaldi, prince de Monaco. De Baron Noir au Dernier Voyage du cinéaste Romain Quirot, Hugo Becker approche assurément du devant de la scène. Membre du jury court métrage lors des [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/les-arcs-film-festival-2021-rencontre-avec-lacteur-hugo-becker/">Les Arcs Film Festival 2021 : rencontre avec l&rsquo;acteur Hugo Becker</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Au Service de la France</em>, l&rsquo;acteur Hugo Becker multiplie les rôles sans distinguer les formats :</strong> <strong>on le retrouve aussi bien dans les salles sombres, sur nos écrans ou sur les planches.</strong> <strong>Polyglotte, il s&rsquo;est notamment fait connaître à l&rsquo;international avec la série</strong> <strong><em>Gossip Girl</em> dans laquelle il incarne Louis Grimaldi, prince de Monaco.</strong> <strong>De <em>Baron Noir</em> au <em>Dernier Voyage</em> du cinéaste Romain Quirot,</strong> <strong>Hugo Becker</strong> <strong>approche assurément du devant de la scène.</strong> <strong>Membre du jury court métrage lors des Arcs Film Festival édition 2021,</strong> <strong>nous avons eu le plaisir de le rencontrer pour revenir sur son expérience de juré, mais aussi sur son rapport au cinéma.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-vivid-cyan-blue-background-color has-vivid-cyan-blue-color"/>



<p><strong>C&rsquo;est votre première venue aux Arcs Film Festival ?</strong></p>



<p>C&rsquo;est la première fois que je viens oui, au festival comme à la station. Je suis ravi d&rsquo;être ici, j&rsquo;adore la montagne. Ça fait du bien, on voit les choses autrement, on prend un peu de distance.</p>



<p><strong>Vous connaissiez les membres du jury ?</strong></p>



<p>Je connaissais un peu Alma Jodorowsky et la cinéaste Zoé Wittock, qui a réalisé <em>Jumbo</em>. Je connaissais le nom et le travail des autres membres du jury. On est une belle équipe.</p>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-center has-white-background-color has-background" style="grid-template-columns:38% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="450" height="630" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lesarcsfilmfestival-affiche.jpg" alt="" class="wp-image-8781 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lesarcsfilmfestival-affiche.jpg 450w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lesarcsfilmfestival-affiche-214x300.jpg 214w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>Qu&rsquo;est que vous appréciez dans le rôle de membre de jury ?</strong></p>



<p>Déjà les rencontres, très clairement. C&rsquo;est très enrichissant de voir comment les gens analysent, pensent un film, ce qu&rsquo;ils ressentent et finalement, découvrir leur vision artistique. Parfois on voit des choses et on se dit « je déteste », c&rsquo;est un point de vue tout à fait subjectif, il y a toujours un regard opposé. Plutôt que de fermer le débat, c&rsquo;est plus intéressant de comprendre. On n&rsquo;est pas forcément d&rsquo;accord, chacun arrive avec son bagage. on a tous nos propres vécus. Autant je peux avoir un avis tranché, ça ne m&#8217;empêche pas d&rsquo;échanger ou de reconnaître les qualités d&rsquo;une œuvre.</p>
</div></div>



<p>Par exemple, je ne suis pas un fan absolu de Tim Burton, pour autant, je sais pourquoi les gens adorent, il y a du génie dans son cinéma. C&rsquo;est aussi l&rsquo;occasion de découvrir des courts métrages que je n&rsquo;aurais certainement jamais vus.</p>



<p><strong>Quel type de spectateur êtes-vous ?</strong></p>



<p>Je suis le genre de spectateur qui peut rester dans la salle jusqu&rsquo;à la fin du générique, jusqu&rsquo;à que la salle soit totalement vide. Je crois que c&rsquo;est pour ça que j&rsquo;ai choisi de faire ce métier, parce que je me projette dans les personnages, je peux rester dans le film pendant un certain temps. Je suis un très bon client, ça marche vraiment.</p>



<p><strong>Quels sont&nbsp;vos derniers coups de cœur&nbsp;?</strong></p>



<p>J&rsquo;ai adoré le dernier Joachim Trier, <em><a href="http://Quels sont tes coups de cœur récents ?" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Julie (en 12 chapitres)</a></em>,  je suis fan de ce réalisateur et je pense qu&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;un de ses meilleurs. J&rsquo;apprécie pas mal le titre anglais du film, <em>The Worst Person in the World</em>, ça parle des points de vue. Qui est la pire personne au monde ?  Le nom de son premier film, <em>Nouvelle Donne</em>, est également le nom de ma boîte de production. J&rsquo;ai aussi bloqué sur la série <em>Succession</em>, je suis addict au dernier degré.</p>



<p class="has-text-align-left has-vivid-cyan-blue-color has-text-color">○ <a href="https://movierama.fr/julie-en-douze-chapitres-entre-lancien-et-le-nouveau-monde/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Notre critique de Julie (en 12 chapitres)</a></p>



<p><strong>Que représente le cinéma pour vous ?</strong></p>



<p>En rigolant, je disais l&rsquo;autre jour que le cinéma est une application de rencontre d&rsquo;émotions, de sentiments et de réflexions. C&rsquo;est la plus jolie, ça permet de réunir des gens qui ne se connaissent pas forcément et d&rsquo;avoir un point commun. Ça nous donne une identité commune, via un bagage culturel. Ça permet aussi de mobiliser les gens et de les sensibiliser à des questions, existentielle ou de société, ou simplement de partager des émotions. C&rsquo;est un art qui fédère sans tenir compte des distances. Je trouve ça génial.</p>



<p><strong>Vous défendez les salles de cinéma</strong>,<strong> l&rsquo;expérience collective ?</strong></p>



<p>Totalement et en même temps, je suis coupable comme tout le monde. J&rsquo;ai un vidéoprojecteur, je regarde beaucoup de trucs chez moi. La technologie s&rsquo;améliore, les écrans s&rsquo;agrandissent, ça pose forcément une question, surtout en prenant en considération le prix des entrées aujourd&rsquo;hui. On peut se dire, est-ce qu&rsquo;il est pas plus intéressant d&rsquo;attendre quelques mois et de regarder le film chez soi. Je pense malgré tout que la salle est importante, pour s&rsquo;immerger dans les œuvres, rassembler, partager des émotions ensemble.</p>



<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:39% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="715" height="1024" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-715x1024.jpg" alt="" class="wp-image-9035 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-715x1024.jpg 715w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-210x300.jpg 210w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-768x1100.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-1073x1536.jpg 1073w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-1430x2048.jpg 1430w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-770x1102.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-1400x2004.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker.jpg 1788w" sizes="(max-width: 715px) 100vw, 715px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>Du court au long, Le dernier Voyage de Romain Quirot a de nouveau démontré la possibilité d&rsquo;un cinéma de genre en France. Vous êtes sensible à ce courant ?</strong></p>



<p>C&rsquo;est un vrai combat. Ce cinéma a du sens dans la mesure où ce sont des films qu&rsquo;il faut aller voir dans les salles. Esthétiquement, ils donnent envie de se déplacer et d&rsquo;aller au cinéma. Il est fabriqué pour. Les « films du milieu », comme on dit, sont un peu en danger, même si j&rsquo;espère que ça va perdurer. Je trouve ça intéressant de pousser et d&rsquo;aider les cinéastes comme Romain Quirot. On s&rsquo;est battu pour monter ce film, ça a pris plusieurs années, un peu envers et contre tous.</p>



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<p><em>Le Dernier Voyage</em> a très bien fonctionné, il a remporté le Méliès&nbsp;du&nbsp;meilleur film, c&rsquo;était fou pour nous. On a besoin des futurs Jean-Pierre Jeunet, Luc Besson. Je suis 100% pour ce genre de cinéma, d&rsquo;autant plus que l&rsquo;on peut faire quelque chose qui se démarque du cinéma américain. Il peut y avoir une poésie, comme dans le film de Romain, ou une vision différente.</p>



<p><strong>Pour finir, un mot sur vos projets ?</strong></p>



<p>Il y a des choses qui vont sortir, <em>Pilote </em>de Paul Doucet, où je joue un pilote de drones. J&rsquo;ai rencontré des membres du GIGN, c&rsquo;était fou et très immersif. Il y a aussi <em>Tempête</em>, avec Mélanie Laurent et Pio Marmaï, adapté du roman. Et enfin <em>Diane de Poitiers</em>, où j&rsquo;incarne Henri II. J&rsquo;ai passé un mois à faire du cheval et de l&rsquo;escrime, c&rsquo;était absolument génial. Le casting est incroyable : Isabelle Adjani, Olivier Gourmet, Gérard Depardieu et bien d&rsquo;autres.</p>



<p><em>Entretien réalisé en décembre 2021</em> par la rédaction dans le cadre de <a href="https://lesarcs-filmfest.com/fr">Les Arcs Film Festival</a></p>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/les-arcs-film-festival-2021-rencontre-avec-lacteur-hugo-becker/">Les Arcs Film Festival 2021 : rencontre avec l&rsquo;acteur Hugo Becker</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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