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	<title>Archives des Festival de Cannes - MovieRama</title>
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	<title>Archives des Festival de Cannes - MovieRama</title>
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		<title>Des fleurs pour Tokyo : quand Tokyo devient le miroir d&#8217;un foyer brisé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Aug 2026 12:03:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présenté à la Quinzaine des Cinéastes du Festival de Cannes 2025, Des fleurs pour Tokyo (Brand New Landscape) marque l&#8217;arrivée d&#8217;une nouvelle voix singulière du cinéma japonais. Avec ce premier long métrage, Yuiga Danzuka signe une œuvre délicate et profondément humaine, où la reconstruction d&#8217;une famille devient le miroir des mutations incessantes de Tokyo. Ren arpente les rues de Shibuya en livrant des orchidées, tandis que son père, Hajime, architecte, consacre sa vie à imaginer des foyers pour les autres [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Présenté à la Quinzaine des Cinéastes du Festival de Cannes 2025, <strong>Des fleurs pour Tokyo</strong> (<strong>Brand New Landscape</strong>) marque l&rsquo;arrivée d&rsquo;une nouvelle voix singulière du cinéma japonais. Avec ce premier long métrage, Yuiga Danzuka signe une œuvre délicate et profondément humaine, où la reconstruction d&rsquo;une famille devient le miroir des mutations incessantes de Tokyo.</p>



<p>Ren arpente les rues de Shibuya en livrant des orchidées, tandis que son père, Hajime, architecte, consacre sa vie à imaginer des foyers pour les autres sans jamais parvenir à préserver le sien. Une livraison fortuite les remet sur le même chemin, ravivant des blessures anciennes et des sentiments enfouis.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Pour autant, Danzuka refuse les facilités du mélodrame dans une forme épurée</p>
</blockquote>



<p>De ce point de départ d&rsquo;une grande simplicité naît un récit d&rsquo;une rare sensibilité, où chaque geste semble plus éloquent que les mots. Pour autant, Danzuka refuse les facilités du mélodrame dans une forme épurée (certaines mauvaises langues diraient plutôt asséchée). Son film avance avec une infinie retenue, préférant les silences, les regards et les absences aux grandes déclarations. Cette économie de dialogues donne toute sa puissance émotionnelle aux retrouvailles entre le père et le fils. L&rsquo;émotion ne surgit jamais de manière forcée ; elle s&rsquo;installe progressivement, presque imperceptiblement, jusqu&rsquo;à bouleverser le spectateur.</p>



<p>Le cinéaste construit son récit comme une analogie entre l&rsquo;évolution d&rsquo;une cellule familiale et celle de la capitale japonaise. Cette idée irrigue tout le film. Le centre commercial conçu par Hajime devient un symbole particulièrement fort : incarnation de la modernité et du progrès, il est aussi le lieu où s&rsquo;entrelacent destruction et possible renaissance du foyer familial. L&rsquo;architecture n&rsquo;est jamais un simple décor, elle raconte elle aussi les fractures et les espoirs des personnages. Cette réflexion était déjà présente dans les intentions du réalisateur, qui imaginait d&rsquo;abord son histoire loin de Tokyo, dans une aire de repos et un gîte isolé au cœur de l&rsquo;été. Si le récit rejoint finalement la métropole, cette origine se ressent encore dans la manière dont les lieux conservent une forme de respiration contemplative, comme s&rsquo;ils portaient en eux la mémoire d&rsquo;un ailleurs.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Danzuka accorde une place monumentale aux décors, laissant régulièrement les arrière-plans prendre le dessus sur les personnages.</p>
</blockquote>



<p>La mise en scène impressionne par sa maturité. Danzuka accorde une place monumentale aux décors, laissant régulièrement les arrière-plans prendre le dessus sur les personnages. Cette composition crée une étrange sensation de distance, presque spirituelle, où les êtres humains apparaissent minuscules face à une ville en perpétuelle transformation. Les cadres sont d&rsquo;une grande beauté plastique sans jamais tomber dans l&rsquo;esthétisme gratuit. Ils participent pleinement au discours du film sur le temps, la mémoire et la transmission. Le film s&rsquo;autorise également une parenthèse onirique inattendue, qui vient ouvrir le récit vers une dimension plus symbolique. Loin de rompre son équilibre, cette séquence apporte une respiration poétique supplémentaire à une œuvre déjà traversée par une grande douceur.</p>



<p>Au cœur de cette réussite se trouve également Kenichi Endo, remarquable dans le rôle d&rsquo;Hajime. Habitué aux univers rugueux de Takeshi Kitano et Takashi Miike, l&rsquo;acteur trouve ici un registre beaucoup plus nuancé. Sa masculinité intériorisée, à la fois rude et profondément touchante, correspond parfaitement au personnage imaginé par Danzuka. Derrière son apparente froideur se cache un homme incapable d&rsquo;exprimer son affection autrement que par son travail, ce qui rend ses hésitations particulièrement émouvantes. Il illustre également les ravages du capitalisme tout comme le dévouement absolu des Japonais à leur travail (thème que l’on retrouve dans d’autres longs métrages tels que <strong>Tokyo Sonata</strong> de Kiyoshi Kurosawa).</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Un premier film attachant, élégant et habité, qui confirme qu&rsquo;il faudra désormais compter sur ce jeune cinéaste japonais.</p>
</blockquote>



<p>Dédié à sa mère et à Tokyo, <strong>Des fleurs pour Tokyo</strong> ressemble finalement à une déclaration d&rsquo;amour pudique autant qu&rsquo;à une réflexion sur les liens familiaux. Son rythme lent et contemplatif pourra désarçonner les amateurs de récits plus démonstratifs, mais ceux qui accepteront de se laisser porter par son tempo découvriront un film profondément émouvant, porté par une mise en scène d&rsquo;une étonnante maîtrise pour un premier long métrage. Yuiga Danzuka réussit donc un début de carrière particulièrement prometteur. Sans jamais céder au pathos, il compose un récit sensible où la ville devient un personnage à part entière et où les non-dits racontent bien davantage que les mots. Un premier film attachant, élégant et habité, qui confirme qu&rsquo;il faudra désormais compter sur ce jeune cinéaste japonais.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Yuiga Danzuka<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Japon<br><strong>GENRE </strong>: Drame <br><strong>AVEC : </strong>Kodai Kurosaki, Ken'ichi Endô, Haruka Igawa<br><strong>DURÉE : 1h55 </strong><br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Nour Films<br><strong>SORTIE LE </strong>5 août 2026</pre>
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		<title>Fjord : reconnaître à chacun sa part d&#8217;humanité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 15:44:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AVANT-PREMIERES]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Fjord, Cristian Mungiu a présenté son septième film au Festival de Cannes. Sept films en vingt-quatre ans, dont un film collectif, Contes de l&#8217;Age d&#8217;or : une oeuvre ramassée, dense et essentielle, dont tous les films ont été sélectionnés dans des sections diverses au Festival de Cannes, ce qui fait de Mungiu l&#8217;un des piliers du cinéma européen, voire mondial. En 2007, il a même été le plus brillant représentant de la vague du cinéma roumain (Poromboiu, Puiu, Nemescu) [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Avec <strong>Fjord</strong>, Cristian Mungiu a présenté son septième film au Festival de Cannes. Sept films en vingt-quatre ans, dont un film collectif, <strong>Contes de l&rsquo;Age d&rsquo;or</strong> : une oeuvre ramassée, dense et essentielle, dont tous les films ont été sélectionnés dans des sections diverses au Festival de Cannes, ce qui fait de Mungiu l&rsquo;un des piliers du cinéma européen, voire mondial. En 2007, il a même été le plus brillant représentant de la vague du cinéma roumain (Poromboiu, Puiu, Nemescu) déferlant en ces années-là, en parvenant à remporter la prestigieuse Palme d&rsquo;or du 60ème Festival de Cannes, avec <strong>4 mois, 3 semaines et 2 jours</strong>, un drame social sur les difficultés de l&rsquo;avortement en Roumanie, assez proche stylistiquement des Dardenne. Presque vingt ans plus tard, Mungiu est revenu avec <strong>Fjord</strong>, disposant cette fois-ci de deux têtes d&rsquo;affiche internationales, Sebastian Stan (<strong>Captain America : le Soldat de l&rsquo;hiver</strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/the-apprentice-ca-trump-enormement/">The Apprentice</a></strong>) et Renate Reinsve (<strong><a href="https://movierama.fr/julie-en-douze-chapitres-entre-lancien-et-le-nouveau-monde/">Julie (en douze chapitres)</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/la-convocation-linconscient-dune-femme/">La Convocation</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/valeur-sentimentale-la-tentation-du-vertige/">Valeur sentimentale</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/backrooms-le-mystere-de-la-chambre-jaune/">Backrooms</a></strong>), passant ainsi en vingt ans de jeune talent prometteur à metteur en scène confirmé et ayant une stature internationale, lui permettant ainsi d&rsquo;obtenir sa deuxième Palme d&rsquo;or, et de rentrer dans ce club très fermé des Dix lauréats d&rsquo;une double Palme d&rsquo;or (en fait neuf, les Dardenne comptant pour une unité). <strong>Fjord </strong>est ainsi un beau film humaniste, parfaitement non-manichéen, qui renvoie dos à dos conservatisme rigoriste et progressisme borné, magistralement écrit, dialogué et réalisé en plans-séquences souvent fixes, où la fluidité de la mise en scène et du jeu d&rsquo;acteurs n&rsquo;a d&rsquo;égale que sa discrétion.</p>



<p>Le couple roumano-norvégien Gheorghiu s&rsquo;installe avec ses enfants dans un village&nbsp;norvégien&nbsp;situé au fond d&rsquo;un&nbsp;fjord. Cette famille très&nbsp;croyante&nbsp;se lie rapidement d&rsquo;amitié avec ses&nbsp;voisins, les Halberg. Malgré leurs styles&nbsp;éducatifs&nbsp;différents, les enfants des deux familles tissent des liens étroits. Un jour, lorsque des&nbsp;enseignants&nbsp;constatent des traces de&nbsp;maltraitance physique&nbsp;sur Elia, l’aînée des Gheorghiu, le soupçon s’installe dans la communauté. Les pratiques éducatives conventionnelles des parents auraient-elles franchi la limite de la violence&nbsp;? L’enquête qui s’ensuit plonge toute la famille dans le chaos</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>un beau film humaniste, parfaitement non-manichéen, qui renvoie dos à dos conservatisme rigoriste et progressisme borné, magistralement écrit, dialogué et réalisé en plans-séquences souvent fixes, où la fluidité de la mise en scène et du jeu d&rsquo;acteurs n&rsquo;a d&rsquo;égale que sa discrétion. </p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Le dernier jour du Festival de Cannes, <strong>Fjord </strong>faisait partie des favoris pour la Palme au même titre que <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev/">Minotaure </a></strong>d&rsquo;Andrei Zviaguintsev et <strong><a href="https://movierama.fr/fatherland-le-chronotope-perdu/">Fatherland </a></strong>de Pawel Pawlikowski. Dans un festival un peu gris, où aucun choc esthétique ne s&rsquo;est signalé et aucun film ne se détachait véritablement, on ne peut que se féliciter avec le recul du choix effectué par le jury. Grâce à la précision de son écriture quasi chirurgicale et son humour pince-sans-rire, laissant deviner les mensonges des uns et les a priori des autres, <strong>Fjord </strong>l&#8217;emportait assez justement sur les évolutions de caméra somptueuses et ostentatoires de <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev/">Minotaure </a></strong>ou le formalisme hiératique de <strong><a href="https://movierama.fr/fatherland-le-chronotope-perdu/">Fatherland</a></strong>.</p>



<p>Partant d&rsquo;un fait divers s&rsquo;étant déroulé en Norvège dix ans auparavant, Cristian Mungiu interroge les extrêmismes idéologiques, d&rsquo;où qu&rsquo;ils viennent. le rigorisme chrétien qui est assez évident dans ses limites mais surtout le progressisme imbu de lui-même, de ses valeurs et son bien-fondé idéologique. Cela lui a valu suite à sa projection cannoise et sa Palme d&rsquo;or méritée, une levée de boucliers de la gauche bien-pensante, lui reprochant d&rsquo;avoir retourné sa veste, depuis sa défense de l&rsquo;avortement dans <strong>4 mois, 3 semaines et 2 jours</strong>. Or il n&rsquo;en est évidemment rien, Mungiu souhaitant réunir tout le monde dans un esprit mutuel de compréhension réciproque, en reconnaissant une intangible part d&rsquo;humanisme aux chrétiens radicaux du couple Gheorghiu mais aussi en questionnant l&rsquo;acharnement suspect des services sociaux de l&rsquo;enfance qui décide de retirer leurs enfants au couple.</p>



<p>Ce faisant, Mungiu procède à une inversion des valeurs, se moquant un peu des films-dossiers complètement manichéens qui instruisent uniquement à charge contre telles personnes qui n&rsquo;ont pas l&rsquo;heur d&rsquo;avoir les valeurs politiquement correctes du moment. Ceux qui protestent contre le film sont paradoxalement les progressistes qui se considèrent ridiculisés. Pourtant il ne s&rsquo;agit pas ici de ridiculiser les wokistes comme le fait Todd Field dans <a href="https://movierama.fr/tar-prova-dorchestra/"><strong><strong>Tár</strong></strong> </a>ou Agnès Jaoui dans <strong><a href="https://movierama.fr/lobjet-du-delit-folie-bourgeoise/">L&rsquo;Objet du délit</a></strong>, en montrant des personnages stupides et intellectuellement limités (l&rsquo;élève du cours de Lydia Tàr ou la metteuse en scène débile d&rsquo;opéra). Imaginons ainsi <strong>Fjord </strong>mis en scène par un metteur en scène moins profond et subtil, cela aurait donné un film de type « soviétique » où les chrétiens seraient accablés tout au long de l&rsquo;intrigue, comme des individus ignobles et tortionnaires. Dans <strong>Fjord</strong>, le doute est au contraire permis, aucune scène ni le moindre dialogue n&rsquo;attestant de réelle maltraitance ni de châtiments corporels. Rappelons que, lors de l&rsquo;Antiquité, les chrétiens étaient persécutés par les Romains. Remplaçons « chrétiens » par « musulmans » ou « pro-palestiniens », on se rendra compte que, comme par magie, la donne s&rsquo;en trouve complètement modifiée de la part de la gauche idéologiquement bornée. Mungiu montre ainsi que toutes les positions sont finalement réversibles, qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas forcément un camp du Bien immuable, et qu&rsquo;il faut laisser sa chance surtout à l&rsquo;humanité.</p>



<p>Du côté de la mise en scène, Mungiu organise admirablement sa gestion de l&rsquo;espace en plans-séquences autonomes, souvent fixes (mais pas toujours) qui pourrait ravir les admirateurs de Tati et d&rsquo;Haneke car il laisse totalement le choix au spectateur de voir ce qu&rsquo;il souhaite voir dans chaque plan, certains réunissant parfois plus de dix personnages dans le même cadre. Les membres de la famille Gheorghiu, ceux de la famille Halberg, les représentants de l&rsquo;Aide Sociale à l&rsquo;enfance, se partagent souvent l&rsquo;écran, sans que la mise en scène n&rsquo;exprime de préférence nette, les traitant sur un pied d&rsquo;égalité, comme dans la vie, selon une vision démocratique de la mise en scène. Tout est si fluide et peu ostentatoire que le spectateur novice pourrait très bien ne pas remarquer le formidable travail de mise en scène et de direction d&rsquo;acteurs, permettant une circulation apparemment libre des acteurs au sein d&rsquo;un même plan, le tout ayant le bel effet du plus grand naturel. Narrativement, Mungiu organise une narration à deux étages en fonction des générations, montrant une aussi grande facilité à dépeindre les tourments des parents adultes que les enthousiasmes et débordements des enfants adolescents.</p>



<p>Avec <strong>Fjord</strong>, Cristian Mungiu poursuit et prolonge ses oeuvres antérieures : l&rsquo;amitié et plus si affinités de Noora et Elia évoque l&rsquo;amitié sororale et indéfectible des deux colocataires de <strong>4 mois, 3 semaines et 2 jours</strong>, ainsi que celle des deux orphelines d&rsquo;<strong>Au-delà des collines.</strong> De même, son nouveau film est lié à son précédent <strong><a href="https://movierama.fr/r-m-n-transylvania-versus-europea/">R.M.N. </a></strong>qui montrait comment le mépris des classes populaires pouvait réveiller à tort l&rsquo;étincelle du nationalisme. Comme dans tous ses films, Mungiu ne cherche pas à opposer le Bien au Mal mais à explorer une zone grise, où personne n&rsquo;a vraiment tort ni totalement raison, comme dans la vie. Concernant Mungiu, comme personne ne tombera jamais d&rsquo;accord, il se permet de poser la question fondamentale : comment réussir à vivre ensemble, malgré toutes les croyances, les opinions, les expériences différentes, comment comprendre ceux qui ne pensent pas comme nous, ceux que l&rsquo;on croit avoir toujours tort, ceux qui peuvent avoir peut-être raison tout autant que nous. Alors que Jean Renoir disait dans <strong>La Règle du jeu</strong>, « <em>ce qui est terrible sur cette terre, c&rsquo;est que tout le monde a ses raisons</em>« , Cristian Mungiu se montre digne du tragique constat de son brillant devancier car, entre conservatisme et progressisme, entre Charybde et Scylla, <strong>Fjord </strong>pourrait en être l&rsquo;une des plus justes illustrations.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Cristian Mungiu <br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  roumaine <br><strong>GENRE </strong>: drame <br><strong>AVEC : </strong>Sebastian Stan, Renate Reinsve, Alin Panc, Lisa Loven Kongsli, Ellen Dorrit Petersen, Henrikke Lund-Olsen, Vanessa Ceban<br><strong>DURÉE : </strong>2h26 <br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Le Pacte <br><strong>SORTIE LE </strong>19 août 2026 </pre>
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		<title>Les matins merveilleux : le goût des rencontres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jul 2026 10:16:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présenté en séance spéciale au dernier Festival de Cannes, Les matins merveilleux, premier long métrage d&#8217;Avril Besson, est un film qui épouse le rythme de ses personnages plutôt que celui de son intrigue. Distribué par Arizona Distribution et porté par un trio d&#8217;interprètes particulièrement inspiré – India Hair, Raya Martigny et Éric Cantona –, ce récit initiatique prend la forme d&#8217;une errance douce, entre deuil, rencontres et renaissance. Charlie prend la route sans véritable destination. Encore bouleversée par la disparition [&#8230;]</p>
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<p>Présenté en séance spéciale au dernier Festival de Cannes, <strong>Les matins merveilleux</strong>, premier long métrage d&rsquo;Avril Besson, est un film qui épouse le rythme de ses personnages plutôt que celui de son intrigue. Distribué par Arizona Distribution et porté par un trio d&rsquo;interprètes particulièrement inspiré – India Hair, Raya Martigny et Éric Cantona –, ce récit initiatique prend la forme d&rsquo;une errance douce, entre deuil, rencontres et renaissance.</p>



<p>Charlie prend la route sans véritable destination. Encore bouleversée par la disparition de sa grand-mère, elle avance au volant de sa vieille Twingo, avec pour seul bagage quelques vinyles disco. Ces disques deviennent le fil invisible qui relie les êtres : ils réveillent les souvenirs de Titou, caviste sensible et mélancolique, tout en accompagnant la rencontre avec Marina, jeune femme en quête d&rsquo;une liberté qu&rsquo;elle peine à trouver dans le quotidien d&rsquo;une petite pizzeria méditerranéenne. Plus qu&rsquo;un road-movie, <strong>Les matins merveilleux</strong> est un voyage intérieur où chaque rencontre semble ouvrir une nouvelle possibilité de se reconstruire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>La réalisatrice privilégie une narration impressionniste, laissant les émotions émerger sans jamais les souligner avec insistance.</p>
</blockquote>



<p>Avril Besson signe une mise en scène délicate, attentive aux silences, aux regards et aux instants suspendus. La réalisatrice privilégie une narration impressionniste, laissant les émotions émerger sans jamais les souligner avec insistance. Cette approche confère au film une authenticité touchante, même si elle peut parfois donner le sentiment d&rsquo;un récit qui s&rsquo;étire, tout comme on peut regretter un manque de tension narrative.</p>



<p>Cependant, la véritable force du film réside dans son casting. India Hair compose une Charlie d&rsquo;une grande justesse, fragile sans jamais tomber dans le pathos. Son interprétation tout en retenue traduit avec finesse le poids du deuil et l&rsquo;élan timide vers une nouvelle vie. Face à elle, Raya Martigny, actrice trans, apporte une énergie lumineuse et une spontanéité qui insufflent de la vitalité au récit. Leur relation se construit avec beaucoup de naturel et offre au film ses plus beaux moments. Éric Cantona surprend également. Habitué à imposer une présence magnétique à l&rsquo;écran, il incarne ici un homme discret, rêveur et profondément humain. Son jeu, tout en sobriété, apporte une émotion sincère qui contraste agréablement avec son image habituelle et participe pleinement au charme de l&rsquo;ensemble.</p>



<p>Visuellement, <strong>Les matins merveilleux </strong>s&rsquo;imprègne de la lumière méditerranéenne sans jamais tomber dans la carte postale. Les paysages accompagnent les personnages plus qu&rsquo;ils ne les écrasent, tandis que les vinyles disco apportent une touche chaleureuse et nostalgique qui fait écho au thème central du film : celui des souvenirs qui continuent de nous faire avancer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>On pourra reprocher à Avril Besson un certain manque d&rsquo;ampleur dramatique. Quelques scènes semblent s&rsquo;étirer </p>
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<p>On pourra reprocher à Avril Besson un certain manque d&rsquo;ampleur dramatique. Quelques scènes semblent s&rsquo;étirer davantage qu&rsquo;elles ne développent réellement les personnages, et le film ne trouve pas toujours le rythme qui lui permettrait de transformer sa délicatesse en véritable émotion durable. Mais cette modestie constitue aussi sa singularité. Dans un paysage cinématographique souvent tenté par la surenchère émotionnelle, <strong>Les matins merveilleux</strong> choisit la simplicité et la sincérité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Sans révolutionner le genre du récit initiatique, Avril Besson signe avec <strong>Les Matins merveilleux</strong>, un premier film touchant, délicat et profondément humain</p>
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<p>Sans révolutionner le genre du récit initiatique, Avril Besson signe avec <strong>Les Matins merveilleux</strong>, un premier film touchant, délicat et profondément humain. Un film qui séduit moins par ce qu&rsquo;il raconte que par la manière dont il accompagne ses personnages, porté par trois très belles prestations d&rsquo;India Hair, Raya Martigny et Éric Cantona. Une parenthèse douce et charmante qui laisse derrière elle un agréable parfum de mélancolie, comme les dernières notes d&rsquo;un vieux morceau disco que l&rsquo;on continue d&rsquo;entendre longtemps après la fin de la musique.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Avril Besson<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> France<br><strong>GENRE </strong>: Comédie, romance<br><strong>AVEC : </strong> India Hair, Raya Martigny, Eric Cantona<br><strong>DURÉE : </strong>1h27<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Arizona Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>29 juillet 2026</pre>
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		<title>Le Triangle d&#8217;or : la femme de ménage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2026 15:10:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La domesticité s&#8217;affirme souvent comme un très bon sujet de cinéma. Entre rapports de domination économique, de violence sous-jacente, de victimisation et d&#8217;humiliation plus ou moins consenties, la relation maître-serviteur a parfois inspiré les cinéastes de belle manière. En font preuve La Cérémonie de Claude Chabrol, Parasite de Bong Joon-ho, Les Blessures assassines de Jean-Pierre Améris, sans même avoir besoin de remonter au théâtre (Les Bonnes de Jean Genet). Le Triangle d&#8217;or d&#8217;Hélène Rosselet-Ruiz, présenté en séance spéciale au Festival [&#8230;]</p>
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<p>La domesticité s&rsquo;affirme souvent comme un très bon sujet de cinéma. Entre rapports de domination économique, de violence sous-jacente, de victimisation et d&rsquo;humiliation plus ou moins consenties, la relation maître-serviteur a parfois inspiré les cinéastes de belle manière. En font preuve <strong>La Cérémonie</strong> de Claude Chabrol, <strong>Parasite </strong>de Bong Joon-ho, <strong>Les Blessures assassines </strong>de Jean-Pierre Améris, sans même avoir besoin de remonter au théâtre (<strong>Les Bonnes </strong>de Jean Genet). <strong>Le Triangle d&rsquo;or</strong> d&rsquo;Hélène Rosselet-Ruiz, présenté en séance spéciale au Festival de Cannes cette année repred cette trame assez usitée avec une certaine efficacité, en rajoutant une pincée de sororité pour traduire une amitié interclasses, sans toutefois surprendre par un grain de folie bienvenu. </p>



<p>Pour gagner sa vie, Laura accepte un emploi au service de Souria. Installée dans un hôtel particulier du triangle d’or par son amant, un riche prince saoudien, Souria vit dans l’attente de ses visites.</p>



<p>En s&rsquo;intéressant à ces histoires fascinantes de captivité au sein du triangle d&rsquo;or parisien, Hélène Rosselet-Ruiz prend le parti d&rsquo;un quasi huis clos, où une femme est enfermée dans l&rsquo;attente des visites de son amant, un riche prince saoudien. Seule pour la distraire, une jeune femme de ménage, Laura est embauchée, dans l&rsquo;attente de son proche engagement dans l&rsquo;armée. Plus grande, plus belle, plus riche et cultivée, Souria domine de la tête et des épaules sa jeune servante qu&rsquo;elle se plaît à humilier quotidiennement. Avec elle, la politesse n&rsquo;existe pas : pas de &lsquo;merci », pas de « s&rsquo;il vous plaît », elle ordonne, il faut obéir. Dans le rôle de Laura, Malou Khebizi parvient à s&rsquo;échapper de l&#8217;emploi phagocytant de bimbo écervelée qui l&rsquo;avait fait découvrir dans <strong>Diamant Brut </strong>d&rsquo;Agathe Riedinger, et donne une réelle consistance à son personnage de domestique corvéable à merci. </p>



<p>On ne peut dire autant de sa collègue de jeu, Soundos Mosbah, qui, en-dehors d&rsquo;une plastique irréprochable, peine un peu à effectuer le basculement de maîtresse sadisante à soeur de combat. C&rsquo;est pourtant la principale originalité du film qui ne se réduit pas à dépeindre une relation maître-esclave mais la croise avec un rapport de sororité. Comme cette luxueuse demeure est placée sous surveillance permanente, Hélène Rosselet-Ruiz utilise un gimmick récurrent qui devient progressivement très agaçant, celui de montrer des plans éloignés du point de vue de la caméra placée en plongée en haut à droite de l&rsquo;écran. Malheureusement cet effet, en-dehors d&rsquo;une direction d&rsquo;acteurs inégale, tient lieu principalement de mise en scène.</p>



<p>A la fin du film, Souria disparaît, kidnappée en adressant un dernier regard à la caméra de surveillance. On ne peut alors que déplorer que le film s&rsquo;arrête, car il aurait pu consacrer une demi-heure de plus à la quête de Laura, à la recherche de son amie. Le véritable film aurait pu commencer là. </p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-5"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:41%"></div></div><div class="score">3</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATRICE  :</strong> Hélène Rosselet-Ruiz<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> française <br><strong>GENRE </strong>: drame, thriller<br><strong>AVEC : </strong> Malou Khebizi, Soundos Mosbah, Ziad Bakri<br><strong>DURÉE : </strong>1h27<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Ad vitam <br><strong>SORTIE LE </strong>29 juillet 2026</pre>
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		<title>Sur la route d’Omaha : état des lieux d’une Amérique désespérée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2026 01:12:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est le premier long-métrage de son réalisateur. Présenté en avant-première à Sundance en 2025, sélectionné dans la catégorie Cannes Écrans Juniors, il remporte le Prix du jury au Festival de Deauville. Le film s’inscrit dans la tradition du road-movie. En effet, un matin très tôt, un père, dont on apprendra qu’il est veuf – ce qui souligne son caractère isolé tout au long du récit – réveille ses deux enfants, le jeune Charlie, six ans, et une petite fille prénommée [&#8230;]</p>
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<p>C’est le premier long-métrage de son réalisateur. Présenté en avant-première à Sundance en 2025, sélectionné dans la catégorie Cannes Écrans Juniors, il remporte le Prix du jury au Festival de Deauville. Le film s’inscrit dans la tradition du road-movie. En effet, un matin très tôt, un père, dont on apprendra qu’il est veuf – ce qui souligne son caractère isolé tout au long du récit – réveille ses deux enfants, le jeune Charlie, six ans, et une petite fille prénommée Ella qui a neuf ans. La petite famille, à laquelle il faut ajouter le chien Rex, embarque dans une voiture après avoir amassé tant bien que mal le peu d’affaires qu’ils comptent emporter avec eux. Il ne faut pas longtemps pour qu’une policière apparaisse à la porte de la maison pour s’instruire de la situation : c’est ainsi que l’on apprend facilement que l’homme et sa famille sont expulsés de leur maison et l’agente des forces de l’ordre d’apposer un avis punaisé à la porte d’entrée.</p>



<p>Il est à noter que le personnage du père ne porte pas de nom avant la fin du film, lui conférant le titre de représentant anonyme de la classe pauvre, sans que le film ne tombe dans les clichés portant sur la <em>white trash</em> américaine. C’est en effet l’envers du décor d’une Amérique triomphante que nous présente le film. Ainsi, même si les enfants ne manquent de rien au cours de leur voyage, le père doit faire attention au peu d’argent qu’il a su conserver – n’achetant qu’un cerf-volant sur deux mais leur offrant des glaces à chaque halte. De même, il n’a pas les moyens d’acheter une nouvelle voiture, la sienne démarrant difficilement à tel point qu’il lui est parfois nécessaire de la pousser avec l’aide de la petite Ella. Si les lieux obligés de la route tels le motel, la station-service sont visités et/ou habités temporairement par l’équipée, les paysages grandioses défilent le long de la route comme une échappatoire à l’espace clos de la maison familiale, leitmotiv du road-movie. Ils offrent un terrain de jeu propice aux enfants faisant voler leur cerf-volant sur un terrain contingent au bitume de la route. De même, la piscine du motel offre une parenthèse enchantée à la petite famille.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>C’est en effet l’envers du décor d’une Amérique triomphante que nous présente le film.</p>
</blockquote>



<p>La destination du voyage reste secrète malgré les questions insistantes d’Ella sur le sujet. Secret soigneusement gardé par le personnage du père jusqu’à ce qu’il cite le Nebraska comme point de chute. Mais pourquoi le Nebraska : c’est ce que se demandent les enfants en même temps que le spectateur. Seule la fin du film nous l’explique, qu’il n’est pas question ici de dévoiler. Ils devront ainsi traverser pour parvenir au but pas moins de trois États : l’Utah, le Wyoming et le Nebraska jusqu’à Omaha, d’où le titre du film. Et pourquoi un tel secret ? C’est que le père de famille, malgré la patience et le caractère gai et enjoué des enfants en général, contraste violemment avec leur comportement – même s’il se veut rassurant &#8211; par son mutisme et une angoisse sourde qui ne le quitte pas. La bande sonore se tait alors et nous sommes plongés avec lui dans un abîme sans fond qui respire l’inquiétude. Avec pour seuls mots, lorsque sa fille vient le rejoindre la nuit, assis sur son lit : <em>Je suis fatigué.</em></p>



<p>Fatigue d’un homme au bout du rouleau malgré les apparences, lui si doux et attentionné avec ses enfants. Ce n’est pas par goût pour la liberté et les grands espaces que celui-ci a décidé de prendre la route mais contraint et forcé, ne sachant plus quoi faire d’autre et s’en remettant à l’âme montée au ciel de sa femme qu’il invoque la nuit lorsque les enfants dorment. Constat amer d’une Amérique qui se délabre à travers un homme isolé du reste du monde qui se heurte au mur de l’indifférence et de l’hostilité de la société – cf. le gérant d’un café avec lequel il se querelle. Histoire universelle d’un homme brisé par la société et qui décide de partir en abandonnant tout, miné par le désespoir. Une interprétation magistrale de la part de John Magaro (le père) mais aussi des deux enfants particulièrement formidables et criants de vérité dans le film. Une réussite.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:21%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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					"name": "Sébastien Lamothe"
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Cole Webley<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Etats-Unis<br><strong>GENRE </strong>: Drame, road-movie<br><strong>AVEC : </strong>John Magaro, Molly Belle Wright, Wyatt Solis<br><strong>DURÉE : </strong>1h33<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Condor Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>22 juillet 2026</pre>
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		<title>L&#8217;Aventure rêvée : archéologie des temps obscurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hanna Hromovetska]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 08:33:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Neuf ans après le succès de son précédent film Western dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes, la réalisatrice allemande Valeska Grisebach réinvente son exploration de la Bulgarie dans un nouveau long métrage, L&#8217;Aventure rêvée, qui concourt cette année sur la Croisette pour la Palme d’Or. Le point de départ du récit coïncide avec le début de fouilles archéologiques dans la ville bulgare de Svilengrad, proche de la Turquie et de la Grèce, placées sous la responsabilité [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Neuf ans après le succès de son précédent film <strong>Western </strong>dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes, la réalisatrice allemande Valeska Grisebach réinvente son exploration de la Bulgarie dans un nouveau long métrage, <strong>L&rsquo;Aventure rêvée</strong>, qui concourt cette année sur la Croisette pour la Palme d’Or.</p>



<p>Le point de départ du récit coïncide avec le début de fouilles archéologiques dans la ville bulgare de Svilengrad, proche de la Turquie et de la Grèce, placées sous la responsabilité d’une universitaire nommée Veska, venue de Sofia. Cependant, étant elle-même originaire de la région où se concentre désormais sa recherche, les secrets de son passé personnel ressurgissent inévitablement — notamment à travers les hommes de sa jeunesse, impliqués dans le trafic, la contrebande et d’autres petits commerces nationaux à peine légaux. Veska elle-même n’est pas un parfait exemple de civilité européenne et développe ainsi davantage d’intérêt pour les activités illégales dissimulées sous la trame du quotidien que pour ses recherches archéologiques.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Présentée par son héroïne affirmée et par son titre même comme une aventure, la narration de <strong>L&rsquo;Aventure rêvée</strong> s’effondre progressivement sous le poids des décisions douteuses du personnage principal, de son comportement erratique et de son attachement croissant à un environnement patriarcal toujours agressif…</p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Situé sous le soleil brûlant de la Bulgarie, <strong>L&rsquo;Aventure rêvée</strong> ne cherche aucun raffinement esthétique dans ses plans. Aussi simples et bruts que les paysages ruraux du sud-est européen, les images reflètent la banalité de ce territoire et de ceux qui l’habitent. Tourné principalement avec des acteurs non professionnels, le film accentue cette impression d’approche quasi documentaire, laissant apparaître sa véritable intention : non pas tant raconter l’histoire de Veska et de son passé endurci, mais imprimer sur pellicule les marges de l’Europe où les guerres et les crises économiques de la fin du XXe siècle ont laissé une empreinte durable.</p>



<p>En effet, les références aux guerres de l’ex-Yougoslavie voisine, à la pression soviétique et aux violences constantes de la vie dans cette région de l’Europe dans les années 1990 traversent les conversations sur presque tous les sujets, expliquant en partie les difficultés et la morale déformée de cette terre. Pourtant, ce qui fait dérailler le film dans sa tentative de construire une étude anthropologique cohérente, c’est précisément l’intrigue qui relie presque tous les personnages à l’écran. Présentée par son héroïne affirmée et par son titre même comme une aventure, la narration de <strong>L&rsquo;Aventure rêvée</strong> s’effondre progressivement sous le poids des décisions douteuses du personnage principal, de son comportement erratique et de son attachement croissant à un environnement patriarcal toujours agressif, qui regarde avec mépris quiconque refuse d’adhérer à ses valeurs. Veska semble peu à peu engloutie par l’obscurité de cet endroit, et les allers-retours constants entre les hommes — anciens et nouveaux — de sa vie soulignent l’incertitude de sa boussole morale, laquelle ne peut peut-être pas être autrement dans sa situation. Pourtant, cette même situation pousse sincèrement à se demander si un tel récit mérite réellement les deux heures et demie qu’il exige du spectateur.</p>



<p>Finalement, <strong>L&rsquo;Aventure rêvée</strong> est avant tout une étude anthropopolitique conçue sous forme de film. Accumulant scrupuleusement de nombreux détails sur la Bulgarie rurale contemporaine et sur son passé encore omniprésent, le film effleure de multiples genres — du western (bien qu’implanté à l’est de l’Europe) au récit policier en passant par le mélodrame — mais finit par s’effondrer sous le poids de tant de concepts à l’écran.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-3"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:70%"></div></div><div class="score">1.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Valeska Grisebach<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Allemagne, France, Bulgarie, Autriche<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Syuleyman Alilov Letifov, Yana Radeva, Velko Frandev<br><strong>DURÉE : </strong>2h 41min<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Haut et Court<br><strong>SORTIE LE </strong>15 juillet 2026</pre>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/laventure-revee-archeologie-des-temps-obscurs/">L&rsquo;Aventure rêvée : archéologie des temps obscurs</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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		<title>Gabin : disons que je change</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Pouteau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Jul 2026 17:50:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Gabin commence par une séquence qui n&#8217;est pas tout à fait propre au film : les premiers plans ont été tournés lors des Héritiers, moyen métrage que Maxence Voiseux avait consacré au père, Dominique. Avant cela, c&#8217;est le grand-père qui avait été son sujet, dans un court métrage de fin d&#8217;études. La famille Jourdel, dans le Nord, est ainsi la matière première de toute une cinématographie en construction — et Gabin est le troisième volet d&#8217;un geste documentaire qui s&#8217;est [&#8230;]</p>
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<p><strong>Gabin</strong> commence par une séquence qui n&rsquo;est pas tout à fait propre au film : les premiers plans ont été tournés lors des <strong>Héritiers</strong>, moyen métrage que Maxence Voiseux avait consacré au père, Dominique. Avant cela, c&rsquo;est le grand-père qui avait été son sujet, dans un court métrage de fin d&rsquo;études. La famille Jourdel, dans le Nord, est ainsi la matière première de toute une cinématographie en construction — et <strong>Gabin</strong> est le troisième volet d&rsquo;un geste documentaire qui s&rsquo;est approfondi en se resserrant, du lieu vers le lignage, du lignage vers l&rsquo;enfant.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1920" height="1440" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN.jpg" alt="" class="wp-image-53033" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN.jpg 1920w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN-300x225.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN-1024x768.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN-768x576.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN-1536x1152.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN-770x578.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN-1400x1050.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN-1320x990.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Arizona Distribution</figcaption></figure>
</div>


<p>Voiseux ne filme pas le hasard. Il filme une confiance lentement constituée, avec des gens qui savent ce qu&rsquo;une caméra leur demande. La comparaison avec <strong>Boyhood</strong> de Linklater s&rsquo;impose et s&rsquo;épuise vite : là où Linklater construisait une fiction sur le temps réel, Voiseux laisse chaque scène dériver au-delà de sa mise en place initiale, vers ce moment imprévisible où la conversation bifurque. Le document absorbe le dispositif.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Le film mesure, avec une précision presque impitoyable, l&rsquo;écart entre ce qu&rsquo;on désire et ce qu&rsquo;on réalise, entre ce qu&rsquo;on transmet et ce qu&rsquo;on lègue sans le savoir.</p>
</blockquote>



<p>Le format 1:33 — choix revendiqué — dit cela autrement. Ce cadre qui rogne les bords contraint l&rsquo;image comme le milieu contraint Gabin : le monde de l&rsquo;obligation et de l&rsquo;autorité entre par le hors-champ plutôt que de s&rsquo;imposer frontalement. Et parce que ce format a un cousinage avec la photographie, avec la mémoire figée, il dit d&#8217;emblée que ce qu&rsquo;on regarde appartient déjà, d&rsquo;une certaine façon, au passé — que ce petit garçon qui conduit à toute berzingue dans les champs est déjà, en même temps, un souvenir.</p>



<p>On ne voit pas Gabin vieillir, on le constate : une mâchoire qui s&rsquo;affirme, une voix qui descend, une posture dans la voiture qui n&rsquo;est plus tout à fait celle d&rsquo;un enfant. Regarder un enfant grandir, c&rsquo;est aussi assister à une expérience capillaire. Entre chaque bloc temporel, les saisons ont tourné, les rapports se sont déplacés, les rêves ont changé de forme. La mère rêvait du Canada ; c&rsquo;est son fils qui finira par y partir. Le film mesure, avec une précision presque impitoyable, l&rsquo;écart entre ce qu&rsquo;on désire et ce qu&rsquo;on réalise, entre ce qu&rsquo;on transmet et ce qu&rsquo;on lègue sans le savoir.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN--1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-53035" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN--1024x768.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN--300x225.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN--768x576.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN--770x578.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN--1400x1050.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN--1320x990.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN-.jpg 1440w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Arizona Distribution</figcaption></figure>
</div>


<p>Le père a la tronche d&rsquo;un Galabru et la figure du patriarche à la Gabin — comme si le prénom de l&rsquo;enfant était une revanche sur le silence paternel. Bourru, souvent cassant, il ne laisse rien passer à son fils et semble parfois ne pas voir à quel point il lui ressemble. Pourtant, la scène où il craque devant son propre frère révèle une faille que le film guettait sans la forcer : sous le patriarche, un homme épuisé qui se projette dans Gabin en comparant leurs enfances, deux garçons également contraints par un monde qui ne leur laissait pas beaucoup de choix. Gabin, lui, a cette phrase dite un soir dans une voiture : “<em>le monde des garçons, il comprendrait pas des choses que je veux dire</em>.” C&rsquo;est peut-être la clé de tout le film — un garçon trop sensible pour son milieu, trop attaché à sa mère pour se laisser modeler par son père, trop lucide pour croire qu&rsquo;on peut hériter sans choisir.</p>



<p>Le premier plan montre le père et Gabin au petit-déjeuner ; le dernier montre la mère, dont le regard seul convoque l&rsquo;absence du fils. Cette circularité dit ce que les ellipses avaient tu : que l&rsquo;identité de Gabin se situe quelque part entre ces deux plans, entre ces deux regards, dans l&rsquo;espace que dix ans de film ont lentement ouvert. Avant l&rsquo;aéroport, une larme coule sur le museau d&rsquo;une vache dans le tracteur. À l&rsquo;aéroport, une larme coule sur le visage de Gabin. <em>Disons que je change</em> — voilà ce qu&rsquo;il dit, bien jeune, bien lucide, à peine la puberté démarrée et que le cinéma, patiemment, l&rsquo;aura vu tenir.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  Maxence Voiseux<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> française<br><strong>GENRE </strong>: documentaire<br><strong>DURÉE : </strong>1h45<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Arizona Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>18 novembre 2026</pre>
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		<title>Everytime : mettre un carré dans un rond</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Pouteau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Jul 2026 07:38:02 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>On a longtemps cru que la Terre était plate. Puis on a découvert qu&rsquo;elle était ronde. Le deuil, lui, reste obstinément sans forme — et c&rsquo;est là que commence <strong>Everytime</strong>. Lauréat du prix Un Certain Regard à Cannes, le film s&rsquo;ouvre sur des panoramiques à presque 360 degrés d&rsquo;une maîtrise sèche : la rue, la gare, la chambre que Jessie (Carla Hüttermann) et Melli (Lotte Shirin Keiling) se partagent en se marchant dessus. La circularité y est une condition du regard, comme si le monde se refermait sur lui-même, indifférent à qui l&rsquo;habite. Puis deux verticales viendront briser cet arrondi : une chute, et longtemps après, une larme.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1280" height="692" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/8qQrkejg.jpeg" alt="" class="wp-image-53028" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/8qQrkejg.jpeg 1280w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/8qQrkejg-300x162.jpeg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/8qQrkejg-1024x554.jpeg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/8qQrkejg-768x415.jpeg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/8qQrkejg-770x416.jpeg 770w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><figcaption class="wp-element-caption">© New Story</figcaption></figure>
</div>


<p>Le tout premier échange entre les sœurs : “<em>tu laisses toujours tout traîner</em>”. La phrase, banale, résonnera longtemps, parce que c&rsquo;est précisément ce que fera l&rsquo;absence de Jessie dans le reste du film : traîner partout, sans jamais se laisser ramasser. La nuit qui précède leur départ en vacances, Jessie monte sur un toit avec Lux (Tristan López), son petit ami. Ils ont pris des substances. Le soleil se lève, orange vif, imprégné de quelque chose de trop intense. La chute est filmée par quelqu&rsquo;un dont on ne saura jamais l&rsquo;identité, la caméra souple, large, suit le regard de Jessie vers un oiseau avant de revenir lentement, sans hâte. Après, elle continue son chemin, indifférente, vers la quiétude des arbres du matin. On pense à un Tati inversé : chez Tati, l&rsquo;œil navigue à l&rsquo;intérieur d&rsquo;un tableau fixe ; ici, le monde est un tableau et la caméra en révèle les parties l&rsquo;une après l&rsquo;autre, comme si plusieurs réalités coexistaient.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Everytime </strong>tient dans cet écart : entre la circularité des espaces et la verticalité brutale d&rsquo;une mort, entre la précision documentaire du début et la dissolution onirique de la fin.</p>
</blockquote>



<p>L&rsquo;ellipse plonge ensuite le spectateur dans une temporalité étrange, celle du deuil qui comprime, dilate, suspend le temps selon ses propres règles. On retrouve la mère, Ella (Birgit Minichmayr), qui parle de comptabilité avec un collègue tout en arrosant les plantes posées sur la tombe de sa fille. On y lit : 2007-2024. Jessie avait dix-sept ans. Aucune larme — pendant une heure entière, le film refuse le pathos qu&rsquo;on lui tend. Lux revient du Texas où il était parti après le drame. La petite sœur, Melli, continue d&rsquo;envoyer des messages sur le téléphone de Jessie. Pendant ce temps, c&rsquo;est elle qui reprend la manette de la console, joue à Minecraft : un monde que l&rsquo;on construit bloc par bloc, carré par carré, qui se révèle infini à mesure qu&rsquo;on avance, exactement comme ces souvenirs de Jessie que le film laisse affleurer par fragments.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="554" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/zI1xp-YQ-1024x554.jpeg" alt="" class="wp-image-53029" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/zI1xp-YQ-1024x554.jpeg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/zI1xp-YQ-300x162.jpeg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/zI1xp-YQ-768x415.jpeg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/zI1xp-YQ-770x416.jpeg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/zI1xp-YQ.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© New Story</figcaption></figure>
</div>


<p>La mère décide de les emmener tous les deux à Tenerife, ce lieu des premières vacances de Jessie enfant. Sous un soleil qui irradie tout, les cœurs s&rsquo;entrouvrent et la réalité se plie. Dans les couloirs de l&rsquo;hôtel, on retrouve Jessie enfant, même image que celles des archives regardées un soir de nostalgie. La côte montagneuse devient un quatrième personnage, silencieux et envahissant, témoin d&rsquo;une histoire écrite il y a longtemps. La mère s&rsquo;en occupe. Des scènes fantasmagoriques succèdent à la retenue berlinoise — enfants perdus en bord de mer, fusée de détresse qui ressemble à une étoile filante, et dans le ciel, un carré minecraftien aux angles nets qui s&rsquo;ouvre sur quelque chose d&rsquo;autre. La nouvelle dimension où la voix de Melli dit que le soleil ne s&rsquo;est jamais couché.</p>



<p><strong>Everytime </strong>tient dans cet écart : entre la circularité des espaces et la verticalité brutale d&rsquo;une mort, entre la précision documentaire du début et la dissolution onirique de la fin. Ce qu&rsquo;il fait du deuil — le projeter vers l&rsquo;extérieur, laisser l&rsquo;intériorité brisée métamorphoser le monde jusqu&rsquo;à ce que Jessie soit à la fois nulle part et partout, mais everytime là — reste, malgré quelques lourdeurs symboliques dans son dernier tiers, une réussite formelle rare : un carré dans un rond, et l&rsquo;étrange beauté de ne pas savoir lequel finit par contenir l&rsquo;autre.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATRICE:</strong>  Sandra Wollner<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> autrichienne<br><strong>GENRE </strong>: drame<br><strong>AVEC</strong> : Birgit Minichmayr, Tristan López, Lotte Shirin Keiling<br><strong>DURÉE : </strong>2h04<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>New Story<br><strong>SORTIE LE </strong>28 octobre 2026</pre>
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		<title>Le Corset : le champ des possibles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 15:01:30 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>D&#8217;un irréductible village Gaulois au territoire de la Beauce, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas pour Louis Clichy, coréalisateur des deux dernières adaptations animées d&#8217;Astérix au cinéma. Avec Le Corset, il signe son premier long métrage en solitaire. Prix spécial du Jury au Festival de Cannes 2026 dans la sélection Un Certain Regard, triplement sacré au Festival du film d&#8217;animation d&#8217;Annecy, le film a d&#8217;ores et déjà reçu un accueil plus que positif. Brillamment mis en scène, mêlant traits minimalistes à [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>D&rsquo;un irréductible village Gaulois au territoire de la Beauce, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas pour Louis Clichy, coréalisateur des deux dernières adaptations animées d&rsquo;Astérix au cinéma. Avec <strong>Le Corset</strong>, il signe son premier long métrage en solitaire. Prix spécial du Jury au Festival de Cannes 2026 dans la sélection Un Certain Regard, triplement sacré au Festival du film d&rsquo;animation d&rsquo;Annecy, le film a d&rsquo;ores et déjà reçu un accueil plus que positif. Brillamment mis en scène, mêlant traits minimalistes à l&rsquo;encre de Chine et couleurs à l&rsquo;aquarelle, <strong>Le Corset</strong> fait son petit effet.</p>



<p>Christophe, 11 ans, vit avec sa famille dans une ferme située dans la Beauce, une région agricole au sud-ouest de l&rsquo;Île-de-France. Alors qu&rsquo;il imagine suivre la voie de son père agriculteur, un simple objet va toutefois tout remettre en question : un corset. En effet, incapable de tenir droit en raison d&rsquo;une scoliose, le garçon est dans l&rsquo;obligation de porter une armature. Désormais, pour lui et sa famille, plus rien ne sera comme avant.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Brillamment mis en scène, mêlant traits minimalistes à l&rsquo;encre de Chine et couleurs à l&rsquo;aquarelle, <strong>Le Corset</strong> fait son petit effet.</p>
</blockquote>



<p>Rien à part quelques arbres et l&rsquo;église au loin ne vient briser l&rsquo;horizon. Les champs s&rsquo;étendent encore et encore. Dans ce paysage aride, le jeune Christophe est corseté avant de porter un véritable corset : il grandit dans une famille où la parole ne traduit pas les sentiments. Son père, un homme relativement mutique, souffre en silence des problèmes qu&rsquo;il rencontre à la ferme. Il peut toutefois compter sur la présence de sa mère et de son grand frère, lui-même contraint par la ferme. Dans les moments difficiles, son imagination s&#8217;emballe, sa tête se penche, et le monde tombe à la renverse. Un ouragan au milieu d&rsquo;une paisible campagne. C&rsquo;est autant une façon de s&rsquo;échapper de la réalité que de traduire ses sentiments. À la faveur de son corset, il va se découvrir et apprendre à s&rsquo;accepter.</p>



<p>Film d&rsquo;émancipation, <strong>Le Corset</strong> parle avant tout des changements qui traversent nos vies : le passage de l&rsquo;enfance à l&rsquo;adolescence et les mutations du monde agricole. Bien qu&rsquo;attaché au personnage de Christophe, le film tente subtilement de rendre compte des évolutions de l&rsquo;agriculture, et des familles qui ont, parfois sur plusieurs générations, vécu dans des fermes. Comme avec l&rsquo;armature du jeune garçon, tout est finalement question d&rsquo;adaptation. Si le récit ne brille pas particulièrement par son originalité, sa sincérité et son écriture sans fioriture touchent juste. Ce qui distingue véritablement le film, c&rsquo;est sa formidable réalisation : le dessin est fin, tout est dans le détail, des décors à la lumière, jusqu&rsquo;aux émotions des personnages. Un vrai plaisir visuel, sublimé par plusieurs compositions à l&rsquo;orgue. Au bout du trait, un joli film, délicat et humain.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Louis Clichy<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> France, Belgique<br><strong>GENRE </strong>: Animation<br><strong>AVEC : </strong>Gary Clichy, Rod Paradot, Brune Moulin<br><strong>DURÉE : </strong>1h30<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>KMBO<br><strong>SORTIE LE </strong>14 octobre 2026</pre>
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		<title>In Waves : vagues émotionnelles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 07:49:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présenté en ouverture de la 65ème Semaine de la Critique à Cannes, In Waves de la réalisatrice franco-vietnamienne Phuong-Mai Nguyen fait l’effet d’une déferlante émotionnelle : une belle et puissante vague qui vient percuter nos sentiments. Adapté du roman graphique de l’illustrateur (et surfeur) AJ Dungo, le film impressionne par la maîtrise de sa réalisation, à mi-chemin entre la 2D et la 3D, et la sincérité de son récit, tiré d’une histoire vraie. Une œuvre originale et touchante. Lui s’appelle [&#8230;]</p>
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<p>Présenté en ouverture de la 65ème Semaine de la Critique à Cannes, <strong>In Waves</strong> de la réalisatrice franco-vietnamienne Phuong-Mai Nguyen fait l’effet d’une déferlante émotionnelle : une belle et puissante vague qui vient percuter nos sentiments. Adapté du roman graphique de l’illustrateur (et surfeur) AJ Dungo, le film impressionne par la maîtrise de sa réalisation, à mi-chemin entre la 2D et la 3D, et la sincérité de son récit, tiré d’une histoire vraie. Une œuvre originale et touchante.</p>



<p>Lui s’appelle AJ, elle Kristen. Tous les deux sont passionnés par le mouvement : l’un skate sur la terre ferme à Los Angeles, l’autre surfe sur les vagues californiennes. Lorsqu’ils se rencontrent, ils deviennent rapidement inséparables. Comme une marque du destin, ce qui fut le geste de leur rencontre marquera tout le reste de leur histoire : la chute. Une nuit, la jambe de Kristen devient douloureuse. Une vague s’écrase sur le couple : le cancer s’est invité dans la vie de la jeune femme. Ensemble et avec leurs amis, ils vont faire face à la fragilité&nbsp;de la vie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Pour la cinéaste Phuong-Mai Nguyen, le baptême de feu est passé, et elle a assurément su choisir sa vague.</p>
</blockquote>



<p><strong>In Waves</strong> est une histoire de premières fois : premier long-métrage, premier roman graphique et premier film d’animation à ouvrir la Semaine de la Critique lors du Festival de Cannes. Une œuvre comme une vague émotionnelle, à la fois douce et puissante. L’histoire fait cohabiter les époques, des débuts du surf (dans un magnifique style noir et blanc) à sa pratique actuelle, jouant de métaphores pour annoncer la catastrophe à venir. Bien que le passé n’apparaisse que lors de courtes interludes, elle souligne néanmoins la principale qualité du film : sa fluidité. Tout est fluide, flux, eau qui ruisselle, bulles à profusion et corps qui flottent.&nbsp;</p>



<p>Ode à la solidarité, à l’amour et au temps présent, <strong>In Waves</strong> sonne toujours juste, à bonne distance de son sujet et de ses personnages. Pour AJ, dans la vie comme dans le surf, l&rsquo;essentiel est le tempo : il faut savoir choisir sa vague. Très bien interprété dans sa version anglaise (Will Sharpe et Stephanie Hsu, Lyna Khoudri et Paul Kircher dans la version française), merveilleusement rythmé par les musiques de Oklou &amp; Rob, le film rappelle l’énergie visuelle des derniers épisodes animés de la série Spider-Man. Pour la cinéaste Phuong-Mai Nguyen, le baptême de feu est passé, et elle a assurément su choisir sa vague.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Phuong-Mai Nguyen<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  France, Belgique<br><strong>GENRE </strong>: Animation, drame<br><strong>AVEC : </strong>Lyna Khoudri, Rio Vega, Paul Kircher<br><strong>DURÉE : </strong>1h31<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>DIAPHANA<br><strong>SORTIE LE </strong>1er juillet 2026</pre>
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