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	<title>REPRISES - MovieRama</title>
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	<title>REPRISES - MovieRama</title>
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		<title>Playtime : circulez, il y a tout à voir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Pouteau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 07:49:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les villes modernes conjuguent davantage passer que contempler. Circulez, il n’y a rien à voir. Les corps, les voitures, l’information — et tant d’autres flux encore — transitent sans relâche ; rien ne semble fait pour les retenir. La salle de cinéma fait figure d’exception. Un espace de stationnement rare, où le mouvement se suspend et où l’attention peut enfin s’exercer. Playtime s’y déploie comme une expérience : suivre Hulot dans un labyrinthe de verre, apprendre à voir là où [&#8230;]</p>
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<p>Les villes modernes conjuguent davantage passer que contempler. Circulez, il n’y a rien à voir. Les corps, les voitures, l’information — et tant d’autres flux encore — transitent sans relâche ; rien ne semble fait pour les retenir. La salle de cinéma fait figure d’exception. Un espace de stationnement rare, où le mouvement se suspend et où l’attention peut enfin s’exercer. <strong>Playtime</strong> s’y déploie comme une expérience : suivre Hulot dans un labyrinthe de verre, apprendre à voir là où tout semblait se dérober, et découvrir que le rire naît moins du gag que de ce moment où le corps insiste là où le monde voudrait qu’il glisse. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1941" height="1080" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02.jpeg" alt="" class="wp-image-52600" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02.jpeg 1941w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02-300x167.jpeg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02-1024x570.jpeg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02-768x427.jpeg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02-1536x855.jpeg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02-770x428.jpeg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02-1400x779.jpeg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02-1320x734.jpeg 1320w" sizes="(max-width: 1941px) 100vw, 1941px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Carlotta</figcaption></figure>
</div>


<p>Voilà un Paris reconstruit de toutes pièces, vitré, homogène, sans aspérité. Moins un décor qu’un système continu, où chaque surface répond à une autre. À sa sortie, en 1967, le film déroute : démesuré, presque muet, traversé de paroles flottantes et de langues qui se croisent sans s’accrocher. Dans <strong>Playtime</strong>, l’ouïe comme le regard ne sont jamais guidés ; ils doivent choisir eux-mêmes où se poser. Mais cette désorientation n’est pas un piège, Tati fait confiance à l’attention du spectateur, à sa capacité de discerner les détails dans la profondeur du cadre. Tout est visible, rien n’est immédiatement lisible ; l’œil hésite, circule, compose son propre trajet.</p>



<p>Chez Tati, les objets parlent plus distinctement que les hommes : le claquement d’une semelle, le froissement d’un cuir artificiel ou le sifflement d’une porte automatique deviennent les voix de la modernité. L’espace sonore ne double pas l’image, il la déborde. Dans le hall d’exposition, les objets se neutralisent à force d’accumulation ; dans les bureaux, les silhouettes se confondent ; dans la rue, les corps se réduisent à des reflets. Le film fonctionne autant par saturation que par soustraction. Les vitres ne séparent plus intérieur et extérieur, elles remplacent le réel par sa circulation en images. Ce qui à l’époque relevait de l’anticipation est devenu décor ordinaire. Aujourd’hui, certains halls d’aéroport, open spaces ou coworking semblent sortis du film.</p>



<p>Hulot, dès lors, ne peut plus faire centre. Il passe, hésite, disparaît, parfois sans que l’on sache quand il quitte le champ. Il faut le traquer parmi les imperméables gris et les trajectoires parallèles. Le film devient jeu : un Où est Hulot ? sans indice ni hiérarchie. On serait tenté de lui prêter un signe distinctif — un bonnet, une écharpe, un pull à rayures rouges et blanches — n’importe quoi pour stabiliser la perception. Mais le cinéaste s’y refuse. Hulot devient un personnage fantôme, présent par intermittence, comme si le monde moderne dissolvait toute figure trop nette. Dans cet univers d’équivalences, la singularité survit par éclats : maladresses, retards, gestes infimes.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="569" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-1024x569.jpeg" alt="" class="wp-image-52601" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-1024x569.jpeg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-300x167.jpeg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-768x427.jpeg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-1536x853.jpeg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-2048x1138.jpeg 2048w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-770x428.jpeg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-1400x778.jpeg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-1320x733.jpeg 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Carlotta</figcaption></figure>
</div>


<p>La longue séquence du Royal Garden concentre cette logique pour mieux la fissurer. Trop neuf pour tenir, le lieu se dérègle par glissements successifs. Une dalle cède, une porte vitrée se brise, un uniforme lâche, une erreur circule. À la rectitude du décor répond l’élasticité des corps. Un serveur remplace une porte absente par un geste improvisé ; les clients s’y adaptent sans lever les yeux. Ce que l’architecture voulait figer, Tati le remet en mouvement.</p>



<p>Peu à peu, la ville cesse de tenir en ligne droite. Au rond-point final, les flux se courbent, se répondent, composent un mouvement circulaire, presque rituel. On pense à la France des ronds-points, où la circulation devient négociation et friction des corps. Rien ne s’effondre vraiment, rien ne se résout ; quelque chose se desserre simplement. <strong>Playtime </strong>ne commente pas le monde : il en déplace les réglages. Là où l’ordre voulait des trajectoires, Tati retrouve des gestes.<br></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  Jacques Tati<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> française<br><strong>GENRE </strong>: comédie<br><strong>AVEC</strong> : Jacques Tati, Barbara Dennek, Jacqueline Lecome<br><strong>DURÉE : </strong>2h04<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Carlotta Films<br><strong>RESSORTIE LE </strong>15 juillet 2026</pre>
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		<title>Congo Boy : une quête congolaise d’authenticité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hanna Hromovetska]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 May 2026 16:15:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Film en partie autobiographique, Congo Boy marque la section Un Certain Regard du Festival de Cannes par une esthétique africaine audacieuse, tout en abordant une quête du rêve artistique presque universelle. Il s’agit du premier long métrage de fiction de Rafiki Fariala, précédemment sélectionné à la Berlinale Panorama avec son documentaire Nous, Étudiants ! en 2022. L’histoire se déroule dans la capitale de la République centrafricaine, où Robert, âgé de 17 ans, doit s’occuper de ses frères et sœurs en [&#8230;]</p>
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<p>Film en partie autobiographique, <strong>Congo Boy</strong> marque la section Un Certain Regard du Festival de Cannes par une esthétique africaine audacieuse, tout en abordant une quête du rêve artistique presque universelle. Il s’agit du premier long métrage de fiction de Rafiki Fariala, précédemment sélectionné à la Berlinale Panorama avec son documentaire <strong>Nous, Étudiants ! </strong>en 2022.</p>



<p>L’histoire se déroule dans la capitale de la République centrafricaine, où Robert, âgé de 17 ans, doit s’occuper de ses frères et sœurs en l’absence de ses parents emprisonnés, tout en poursuivant ses études et son rêve de carrière musicale. Réfugié congolais, Robert dissimule ses origines alors que les tensions politiques et le danger militaire s’intensifient dans la ville. Lorsqu’il apprend qu’une ONG internationale organise un concours de musique, ses rêves se transforment en objectif concret : gagner. Mais cette quête sera compliquée non seulement par les travaux épuisants du quotidien, mais aussi par le conflit grandissant avec son père.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Une autre découverte marquante du film réside dans la manière dont il relie la quête artistique d’expression de soi à la question des réfugiés.</p>



<p></p>
</blockquote>



<p>S’il fallait choisir un adjectif pour décrire ce film, ce serait sans doute « inspirant », car malgré les nombreux obstacles à une vie normale auxquels Robert et sa famille font face dans un pays traversé par les opérations militaires, il est presque impossible de douter du succès futur du personnage. Dans ce mouvement constant d’un problème à un autre et le rythme soutenu des événements, <strong>Congo Boy</strong> propose moins un drame au sens conventionnel — bien que les situations dramatiques soient nombreuses — qu’un récit profondément optimiste de dépassement des difficultés de la vie.</p>



<p>Une autre découverte marquante du film réside dans la manière dont il relie la quête artistique d’expression de soi à la question des réfugiés. Robert, considéré comme un étranger potentiellement dangereux, commence ses premières tentatives musicales sous un nom générique ne révélant rien de son origine ethnique, avant de finalement participer au concours sous le nom de <strong>Congo Boy</strong>. Dans cet acte à la fois de rébellion et d’affirmation de soi se déploie une relation particulièrement forte que le film parvient à représenter avec finesse.</p>



<p>Finalement, <strong>Congo Boy</strong> est un récit profondément réconfortant qui apporte une dose d’espoir bienvenue à la section Un Certain Regard de cette année à Cannes et donne surtout envie de découvrir ce que son jeune réalisateur a encore à raconter.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-6"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:31%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Rafiki Fariala<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>   Congo (Kinshasa), France, Italie<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Bradley Fiomona, Dieufera Sana, Hubert Ngbolo<br><strong>DURÉE : </strong>1h 30min<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Jour2fête<br><strong>SORTIE LE </strong>Prochainement</pre>
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		<title>The Devils : la Danse Macabre de Ken Russell restaurée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hanna Hromovetska]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 May 2026 13:37:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AVANT-PREMIERES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>55 ans après sa sortie officielle, The Devils restauré de Ken Russell revient sur grand écran, en avant-première à la section Cannes Classics suivie d’une sortie en salles sous le nouveau label Warner Bros. Clockwork. Violemment attaqué par la critique dans les années 1970, The Devils avait pourtant rencontré un grand succès auprès du public et figurait parmi les films les plus populaires du box-office britannique en 1972. Face à l’avalanche d’accusations, de censures, de coupures et d’interdictions qui ont [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>55 ans après sa sortie officielle, <strong>The Devils</strong> restauré de Ken Russell revient sur grand écran, en avant-première à la section Cannes Classics suivie d’une sortie en salles sous le nouveau label Warner Bros. Clockwork.</p>



<p>Violemment attaqué par la critique dans les années 1970, <strong>The Devils</strong> avait pourtant rencontré un grand succès auprès du public et figurait parmi les films les plus populaires du box-office britannique en 1972. Face à l’avalanche d’accusations, de censures, de coupures et d’interdictions qui ont limité la diffusion du film dans d’autres pays, cette nouvelle restauration 4K offre une renaissance méritée et la version la plus proche du director’s cut que Ken Russell aurait souhaité voir exister. Une première tentative de restauration avait été présentée à Londres en 2002 et demeure à ce jour la seule version que le réalisateur ait lui-même visionnée avant sa mort en 2011.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>&#8230;derrière cette profusion de visions délirantes, de retournements audacieux et d’une énergie omniprésente se cache une réflexion politique complexe, que l’auteur lui-même rattachait moins à une période historique précise qu’à la structure même des rapports de pouvoir.</p>



<p></p>
</blockquote>



<p>L’histoire se déroule dans la ville-forteresse de Loudun, dans la France du XVIIème siècle, où le père Urbain Grandier se distingue par un tempérament excessivement épris de liberté et une interprétation très personnelle des dogmes religieux. À défaut de cela, c’est certainement la force et l’indépendance de sa ville sous son autorité qui attirent la colère des courtisans du roi. Incapables de supporter l’autonomie de Loudun, ils accusent Grandier de sorcellerie et lancent une enquête autour des nonnes prétendument possédées, qui finira par détruire à la fois la ville et le sens même de la morale.</p>



<p>Le film déborde de costumes flamboyants signés Derek Jarman et de plans impeccables du directeur de la photographie David Watkin, mais l’accumulation de scènes de corporéité explicite, de blasphème et de torture, ainsi qu’une orgie culminante de nonnes autour d’une statue du Christ, explique sans peine pourquoi le film fut interdit. Pourtant, derrière cette profusion de visions délirantes, de retournements audacieux et d’une énergie omniprésente se cache une réflexion politique complexe, que l’auteur lui-même rattachait moins à une période historique précise qu’à la structure même des rapports de pouvoir. Selon Mark Kermode, le critique britannique qui a retrouvé les images dans les archives de Warner Bros. et initié le projet de restauration il y a plusieurs années, Ken Russell aurait affirmé que <strong>The Devils</strong> était le seul véritable film politique qu’il ait jamais réalisé.</p>



<p>Les « démons » du titre désignent presque tous ceux qui détiennent ne serait-ce qu’une parcelle de pouvoir à l’écran : du roi jusqu’aux bourreaux locaux de Loudun, il n’y a pratiquement aucun personnage avec lequel il soit possible d’éprouver de l’empathie. Pourtant, dans cette ronde permanente de fautes et de violences, certains souffrent davantage de ce système et suscitent plus facilement l’inquiétude du spectateur. Il est notable que toutes les victimes soient des femmes, et plus particulièrement le groupe de nonnes qui déclenche la chasse aux sorcières dans la ville. De ce point de vue, il est important de rappeler qu’une femme — précisément Madeleine de Brou, qui a perdu sa mère durant l’épidémie — est la seule personne à franchir les murs effondrés de Loudun et, symboliquement, à sortir de son ordre oppressif. Ce n’est guère une fin heureuse, mais certainement une interprétation intéressante de ce que pourrait être une échappatoire à cette structure de pouvoir suicidaire présentée comme l’ordre établi.</p>



<p>Issu du monde de la danse, Ken Russell disait avoir retrouvé avec <strong>The Devils</strong> un rythme qu’il avait perdu depuis longtemps. Un rythme, bien sûr, non seulement au sens d’un jeu influent de répétitions et de variations — même si cela est aussi très présent dans le film — mais comme une pulsation reflétant le caractère profond, l’idée centrale d’une œuvre. Et s’il y a bien une chose pour laquelle <strong>The Devils</strong> ne peut être critiqué, c’est qu’il représente parfaitement cette fièvre du pouvoir oppressif, exagérément guidée par le sexe, aussi pertinente aujourd’hui en Occident qu’elle l’a probablement toujours été.</p>



<p></p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Ken Russel<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>   Grande-Bretagne<br><strong>GENRE </strong>: Drame, Epouvante-horreur, Historique<br><strong>AVEC : </strong>Vanessa Redgrave, Oliver Reed, Dudley Sutton<br><strong>DURÉE : </strong>1h 54min<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>–<br><strong>SORTIE LE </strong>Prochainement</pre>
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		<title>Le Labyrinthe de Pan : l’un des sommets de Guillermo del Toro en version restaurée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 May 2026 22:59:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVALS]]></category>
		<category><![CDATA[REPRISES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vingt ans après sa présentation en compétition au Festival de Cannes, Le Labyrinthe de Pan était de retour sur la Croisette, mais cette fois-ci dans le cadre de la section Cannes Classics, bénéficiant d’une belle restauration 4K. Le long métrage de Guillermo del Toro conserve intacte toute sa puissance émotionnelle et visuelle. La projection a d’ailleurs pris une dimension particulière avec la présence du cinéaste, visiblement très ému par l’accueil réservé à son œuvre, comme un retour chargé de mémoire [&#8230;]</p>
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<p>Vingt ans après sa présentation en compétition au Festival de Cannes, <strong>Le Labyrinthe de Pan</strong> était de retour sur la Croisette, mais cette fois-ci dans le cadre de la section Cannes Classics, bénéficiant d’une belle restauration 4K. Le long métrage de Guillermo del Toro conserve intacte toute sa puissance émotionnelle et visuelle. La projection a d’ailleurs pris une dimension particulière avec la présence du cinéaste, visiblement très ému par l’accueil réservé à son œuvre, comme un retour chargé de mémoire vingt ans après sa première venue cannoise et celle de la jeune comédienne qui a bien grandi depuis (Ivana Baquero).</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>La projection a d’ailleurs pris une dimension particulière avec la présence du cinéaste, visiblement très ému par l’accueil réservé à son œuvre</p>
</blockquote>



<p>Espagne, 1944. Fin de la guerre. Carmen, récemment remariée, s&rsquo;installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l&rsquo;armée franquiste. Alors que la jeune fille se fait difficilement à sa nouvelle vie, elle découvre près de la grande maison familiale un mystérieux labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, une étrange créature magique et démoniaque, va lui révéler qu&rsquo;elle n&rsquo;est autre que la princesse disparue d&rsquo;un royaume enchanté. Afin de découvrir la vérité, Ofélia devra accomplir trois dangereuses épreuves, que rien ne l&rsquo;a préparée à affronter…</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Le fantastique devient alors une manière de transformer l’horreur du réel en récit initiatique.</p>
</blockquote>



<p>Toute la force du film réside dans cette manière qu’a Guillermo del Toro d’entremêler la grande Histoire et l’intime. Le contexte politique de l’Espagne franquiste n’est jamais un simple décor : il imprègne chaque plan d’une violence sourde et constante. À travers le personnage du capitaine Vidal, incarnation glaçante de l’autoritarisme fasciste, le réalisateur montre un monde gouverné par la brutalité, l’obsession du contrôle et la destruction de toute innocence. Face à cette réalité insoutenable, Ofélia se réfugie dans l’imaginaire des contes, comme un moyen de survivre psychologiquement au traumatisme. Le fantastique devient alors une manière de transformer l’horreur du réel en récit initiatique. Le film touche justement parce qu’il refuse de séparer totalement rêve et réalité. Le labyrinthe imaginé par Del Toro est autant un espace mental qu’un lieu physique. Chaque créature, chaque épreuve semble refléter les peurs et les blessures d’Ofélia. Le cinéaste construit un véritable univers fantasmagorique où le merveilleux côtoie constamment le macabre. Son bestiaire reste d’ailleurs l’un des plus marquants du cinéma contemporain, à l’image d’un Faune ambigu, à la fois protecteur et inquiétant.</p>



<p>Mais si <strong>Le Labyrinthe de Pan</strong> impressionne, c’est surtout par son équilibre entre violence et sensibilité. Certaines scènes sont d’une brutalité indéniable, rappelant constamment que le conte ne protège jamais totalement de la réalité historique. Pourtant, le film conserve une immense tendresse pour ses personnages et pour l’enfance. Ofélia devient le symbole d’une innocence menacée par les adultes, par la guerre. Le regard que porte Del Toro sur elle est profondément humaniste : il filme l’imagination comme un acte de résistance. La mise en scène participe énormément à cette émotion. Guillermo del Toro compose des images d’une beauté mélancolique. Chaque décor semble vivant, chargé d’histoire et de mémoire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Ofélia devient le symbole d’une innocence menacée par les adultes, par la guerre. </p>
</blockquote>



<p>En définitive, <strong>Le Labyrinthe de Pan</strong> apparaît aujourd’hui comme l’un des sommets de la filmographie de Guillermo del Toro, un récit bouleversant et personnel sur l’enfance meurtrie par la guerre et sur la nécessité de préserver une part d’imaginaire dans un monde dominé par la violence.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Guillermo del Toro<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Espagne, Mexique<br><strong>GENRE </strong>: Epouvante-horreur, Fantastique<br><strong>AVEC : </strong> Ivana Baquero, Sergi López, Doug Jones<br><strong>DURÉE : </strong>1h58<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Wild Bunch Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>1er novembre 2006 (date inconnue pour la version restaurée)</pre>
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		<title>Les cloches des profondeurs : la foi par-dessus tout</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 01:38:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le documentaire a été réalisé en 1993 par Werner Herzog qui s’intéresse ici au thème et à la réalité de la foi et des superstitions en Russie dans le cadre de l’effondrement de l’U.R.S.S. En Sibérie d’abord dans la République de Touva où il nous fait rencontrer des nomades qui s’apprêtent à partir en transhumance et dans ce but consultent le chaman du lieu afin d’avoir ses prévisions : fumée d’encens et cérémonie du thé. On y entre caméra à l’épaule [&#8230;]</p>
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<p>Le documentaire a été réalisé en 1993 par Werner Herzog qui s’intéresse ici au thème et à la réalité de la foi et des superstitions en Russie dans le cadre de l’effondrement de l’U.R.S.S. En Sibérie d’abord dans la République de Touva où il nous fait rencontrer des nomades qui s’apprêtent à partir en transhumance et dans ce but consultent le chaman du lieu afin d’avoir ses prévisions : fumée d’encens et cérémonie du thé. On y entre caméra à l’épaule pour s’immiscer progressivement dans l’intimité des habitants comme conviés par ces derniers qui souhaitent bonne chance au documentaire lui-même. Et l’on y respire la bienveillance et la simplicité qui sont la marque des petites gens. Le fil rouge du film est la rencontre – toujours en Sibérie &#8211; avec un mystique russe qui se fait appeler Vissarion d’une trentaine d’années qui prétend être la réincarnation de Jésus-Christ. Prétention qui n’engage que lui, même si tout dans la description extérieure est fait pour valider la ressemblance : barbe et moustache, cheveux longs aux épaules, port de la tête quelque peu penchée sur le côté, expression des mains et voix qui se veut rassurante, d’autres pourraient dire mielleuse. Pourtant, le fondateur de l’Église du Dernier Testament semble s’être attiré la sympathie des croyants avec lesquels on le voit entrer en discussion – notamment avec un couple d’handicapés. Puis interviennent trois chapitres – chacun des chapitres est annoncé par un carton où est inscrit le titre – qui ont relation avec le pouvoir de guérison de certains éléments extérieurs ou personnages : distribution d’eau bénite entre habitants du village, transmission d’énergie cosmique et séance d’exorcisme d’un sorcier sur un groupe de femmes assises face à lui.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Un film curieux qui nous montre que la ferveur religieuse – ou la superstition – n’a rien perdu de sa force surtout chez les gens pauvres des contrées de Russie où elle fait office de calmant et d’adoucissant à la vie.</p>
</blockquote>



<p>Les faits et propos des protagonistes sont présentés tels quels, sans commentaire du narrateur, seule une voix off – celle de Herzog – traduisant les paroles du russe à l’allemand, se refusant à interpréter ce que l’on voit à l’écran et mettant tout sur le même plan : légendes, foi, visions, cérémonial et tout ce qui va avec. Le cinéaste nous donne à réfléchir sur les restes ancrés d’une foi parfois millénaire dans l’esprit des pauvres gens qui habitent ces régions du monde, au milieu de la technologie la plus moderne : on voit des lignes à haute tension traverser le paysage. L’Église orthodoxe n’en a jamais véritablement disparu d’ailleurs et l’on fait la connaissance d’un sonneur de cloches orphelin qui n’a jamais malgré ses efforts réussi à retrouver ses parents. On se rend compte que son métier est tout un art et demande coordination et sens de la musique. Celle des chœurs sacrés qui envahit la bande-son soulignant la ferveur des croyants – gros plans à l’appui – qui viennent visiter et embrasser les icônes religieuses du monastère de Zagork qui abrite la sépulture de Saint Serge. Quant à la légende de Kitej, elle fait l’objet d’un traitement spécial, les premières images du film y renvoyant directement mais le thème n’étant repris qu’au cours de celui-ci. On voit des pèlerins raconter l’histoire de la ville de Kitej, fondée dans la circonscription administrative de Nijni Novgorod par Iouri II Vladimirski au XIIIème siècle, qui, menacée par les Mongols, fut miraculeusement engloutie par les eaux qui forment aujourd’hui le lac Svetloïard, ce qui en fait une sorte d’Atlantide russe. Les plus pieux comme cette dame interrogée pouvant voir les feux des processions religieuses. Des pèlerins avancent à quatre pattes autour du lac devenu sacré. Et Herzog y met du sien puisqu’il invente une séquence qui est de sa pure invention où l’on voit des hommes à plat ventre sur le lac essayer d’y voir à travers la ville de Kitej, tandis que les pêcheurs ont creusé un trou dans la glace pour y attraper le poisson et que des patineurs glissent sur la surface gelée ne semblant pas faire attention à tout ce manège. Un film curieux qui nous montre que la ferveur religieuse – ou la superstition – n’a rien perdu de sa force surtout chez les gens pauvres des contrées de Russie où elle fait office de calmant et d’adoucissant à la vie.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Documentaire<br><strong>AVEC : </strong>Werner Herzog, Vissarion, Anna Hitch<br><strong>DURÉE : </strong>1h<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
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		<title>Fitzcarraldo : une épopée sauvage à travers l’Amazonie</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 08:00:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En lice pour la Palme d’Or, le film obtiendra tout de même le Prix de la mise en scène au Festival International de Cannes 1982. Et il s’agit pour Werner Herzog d’une nouvelle collaboration avec Klaus Kinski dans le rôle du personnage principal. Contrairement à ce que disait Serge Daney, ne lui en déplaise, Fitzcarraldo n’est pas un film à vocation touristique, bien au contraire. Car si le film se déroule en Amazonie, l’histoire se déroule selon le point de [&#8230;]</p>
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<p>En lice pour la Palme d’Or, le film obtiendra tout de même le Prix de la mise en scène au Festival International de Cannes 1982. Et il s’agit pour Werner Herzog d’une nouvelle collaboration avec Klaus Kinski dans le rôle du personnage principal. Contrairement à ce que disait Serge Daney, ne lui en déplaise, <strong>Fitzcarraldo</strong> n’est pas un film à vocation touristique, bien au contraire. Car si le film se déroule en Amazonie, l’histoire se déroule selon le point de vue extatique d’un aventurier hors-norme – qui pourrait bien être le double du cinéaste au parcours erratique – qui se fait appeler Fitzcarraldo pour Brian Sweeney Fitzgerald, plus facile à prononcer pour les indigènes. Sous l’impulsion de la révolution industrielle – nous sommes à la fin du XIXème siècle, début du XXème – l’automobile et l’industrie du pneumatique se développent faisant de la récolte du latex, indispensable à la fabrication du caoutchouc, un enjeu important pour l’Europe dont les capitaux affluent. C’est ainsi que se développe à une vitesse fulgurante la ville de Manaus, capitale de l’Amazonie dans le sud-ouest du Brésil. Le contraste qui existe entre le luxe tapageur des habitants les plus aisés et la misère quotidienne des <em>seringueiros</em> (travailleurs de l’hévéa) est bien souligné dans le film. Y règnent ceux que l’on appelle les barons du caoutchouc et ces derniers, avec la morgue qui les caractérise – une anecdote dit qu’ils envoyaient laver leur linge au Portugal – tournent en dérision le pauvre Fitz – gros plans sur leurs visages grotesques en train d’éclater de rire &#8211; avec son ambition de faire construire un théâtre à Iquitos, en Amazonie péruvienne d’où il est venu, aussi flamboyant que celui de Manaus pour y accueillir son idole, le célèbre ténor italien Caruso.</p>



<p>Il vit en compagnie de Molly (jouée par Claudia Cardinale) qui tient une pension de jeunes filles qu’elle place ensuite dans les meilleures familles de la ville. Ils s’aiment et partagent les mêmes goûts, et la même folie. Fitz, quant à lui, a déjà échoué dans une entreprise précédente, celle de créer un chemin de fer qui traverse l’Amazonie, et en attendant mieux, il fabrique des pains de glace qu’il distribue à l’occasion aux enfants. Mais cela ne l’enrichit pas suffisamment pour accomplir l’idée qu’il a en tête, qu’il hurle du clocher d’une église au sein de laquelle il s’est enfermé, fou criant à la foule qui l’observe sans comprendre. Il décide alors d’aller recueillir lui aussi le caoutchouc dans une parcelle laissée libre située sur le cours de l’Ucayali, l’un des affluents de l’Amazone. Pour cela il achète – avec l’aide de la petite fortune de Molly – un bateau à vapeur capable d’effectuer la traversée. Mais il faut d’abord le faire remettre en état. Et de le baptiser du nom de sa compagne. Le recrutement de son équipage est à l’image du caractère de son propriétaire, en apparence fantasque et boiteux : un pilote seul survivant d’une expédition ayant fini en catastrophe et un cuisinier ivrogne.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Entraînante aussi la folie du personnage qui nous gagne avec sa fièvre d’une quête démesurée au sein d’une nature hostile et de forces dangereuses.</p>
</blockquote>



<p>Fitzcarraldo parvient à nous faire croire à son projet tant sa détermination est intacte quelles que soient les avanies et malgré quelques moments de doute. C’est aussi la magie du cinéma que de nous entraîner dans son aventure. Car c’est d’une véritable aventure qu’il s’agit au cours de laquelle le personnage devra affronter les forces naturelles – les remous du Pongo – défier cette même nature &#8211; en faisant passer son bateau par-dessus une colline, et c’est vraiment ce que l’équipe du film fit avec l’aide des Indiens – ainsi que les Shuars, appelés improprement les Navajos (terme dont la signification est « barbare », « sauvage »), redoutable peuplade qui a pour particularité de pratiquer le rite de la réduction de tête, d’où leur réputation caricaturale de coupeurs de tête à laquelle n’échappe pas le film, relatant le sort des deux missionnaires jésuites retrouvés morts avec la tête tranchée.</p>



<p>Le film offre des panoramas fascinants sur la nature amazonienne et les péripéties de l’équipage du bateau se suivent à un rythme entraînant. Entraînante aussi la folie du personnage qui nous gagne avec sa fièvre d’une quête démesurée au sein d’une nature hostile et de forces dangereuses. Ainsi, le mouvement de sympathie qui s’instaure entre l’équipage de Fitz et les indiens est-il miraculeux mais l’on a envie de croire en cette fraternité soudaine même si elle est animée par un calcul plus intéressé qu’il n’y paraît. Il faut savoir que pendant le tournage, les indigènes en butte aux accès de folie furieuse de Kinski offrirent à Werner Herzog de le tuer tant il devenait insupportable à tous. Cet épisode est relaté dans le film qu’il fit ensuite sur ses relations entre lui et l’acteur dans <strong><a href="https://movierama.fr/ennemis-intimes-la-demesure-pour-modele">Ennemis Intimes</a></strong> (1999). Un grand souffle épique traverse ce film autour d’un conquistador de l’inutile à l’âme aussi noble que sauvage. L’occasion de voir ou de revoir une grande œuvre de l’histoire du cinéma, avec Kinski à l’écran, ce qui n’est pas rien.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:11%"></div></div><div class="score">4.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Film d'aventures<br><strong>AVEC : </strong>Klaus Kinski, Claudia Cardinale, José Lewgoy<br><strong>DURÉE : </strong>2h38<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
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		<title>Cœur de verre : une catastrophe prévue d’avance</title>
		<link>https://movierama.fr/coeur-de-verre-une-catastrophe-prevue-davance/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 01:31:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la première fois que Werner Herzog travaille en collaboration avec un autre scénariste, Herbert Achternbusch mort récemment – en 2022 – lui-même écrivain, poète, dramaturge et réalisateur anarchiste voire surréaliste d’origine bavaroise comme lui. L’histoire s’inspire du folklore bavarois, mettant en scène le vacher visionnaire Hias au XVIIIème siècle. Il inaugure le film dès le premier plan, assis au milieu de ses vaches, immobile et visiblement en pleine méditation. C’est sa voix qui se superpose en off aux images [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>C’est la première fois que Werner Herzog travaille en collaboration avec un autre scénariste, Herbert Achternbusch mort récemment – en 2022 – lui-même écrivain, poète, dramaturge et réalisateur anarchiste voire surréaliste d’origine bavaroise comme lui. L’histoire s’inspire du folklore bavarois, mettant en scène le vacher visionnaire Hias au XVIIIème siècle. Il inaugure le film dès le premier plan, assis au milieu de ses vaches, immobile et visiblement en pleine méditation. C’est sa voix qui se superpose en off aux images montagneuses de la nature bavaroise propre à l’enfance du réalisateur avec sa mère. Les montagnes se dressent au- dessus des nuages qui filent à l’égal d’un fleuve au courant continûment agité, les images se confondant les unes avec les autres jusqu’à imprimer notre rétine : on ressent la sensation du temps qui s’écoule et en même temps se fige. État d’extase auquel Herzog fait participer le spectateur bercé par les images et accentué par la musique de Popol Vuh. Et lorsque Hias dit vouloir fixer un point précis au milieu de la chute d’eau que l’on voit à l’écran, notre regard à son tour se fige nous amenant presque à un état d’inconscience voulu. L’idée en est venue à Herzog au visionnage des <strong>Maîtres fous</strong> (1955) de Jean Rouch, ce film sur la transe rituelle pratiquée par une tribu d’Afrique.</p>



<p>Le cinéaste tente de reproduire l’expérience sur le spectateur, cherchant ainsi à surprendre ce qui se passe derrière le voile des apparences jusqu’au plus profond de la réalité. Ainsi, comme le faisait Carl Dreyer avant lui, il met ses acteurs sous hypnose selon les besoins de la scène, ce qui leur donne cette apparence un peu étrange à l’écran et cet aspect stylisé – gestes décomposés de façon théâtrale, regards dans le vide et parole heurtée. Il faut alors se laisser porter par le rythme du film au risque sinon de s’y ennuyer et de trouver le temps un peu long. La voix off de Hias décrit un monde en train de s’écrouler – la menace de décomposition du monde est constante tout au long du film –, de pourrir laissant place à un ordre nouveau : c’est un texte proprement apocalyptique, dans le sens révélateur du terme. Parole prophétique aussi. En effet, le village est en émoi et croît voir apparaître des signes attestant de la fin du monde, comme ce géant destructeur et anthropophage que les villageois croient avoir aperçu rôdant aux alentours.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>C’est ainsi que les personnages dans <strong>Cœur de verre</strong> semblent agis de l’extérieur, semblables à des automates obéissant à leurs pulsions internes les menant à la catastrophe inévitable de la fin du monde.</p>
</blockquote>



<p>Car rien ne va plus&nbsp;: la verrerie qui est la principale entreprise du coin et qui fabrique un verre particulier appelé le verre-rubis pour sa couleur rouge a perdu son principal maître d’œuvre, le contremaître Mühlbeck, mort sans avoir dévoilé le secret de la fabrication de son fameux verre. Les maîtres verriers se mettent à l’œuvre mais rien n’y fait et ils échouent lamentablement dans leurs tentatives. Tout l’espoir du village repose pourtant sur ce secret. Le maître de la verrerie, un jeune aristocrate guindé hanté par la folie, se met alors à en chercher la formule dans des grimoires, impuissant lui aussi, sa quête tournant bientôt à l’obsession. Les villageois semblent prisonniers de leur routine comme d’un rêve, accomplissant ainsi les prédictions de Hias. Herzog dénonce ici le caractère soumis de l’homme à un destin que des forces qui le dépassent– économiques, politiques ou autres – lui dictent car même s’ils savent ce qui va leur arriver, ils ne font rien pour l’empêcher. On retrouvera ce même sentiment d’impuissance et de chute dans le vide dans le personnage principal de <strong><a href="https://movierama.fr/la-ballade-de-bruno-lenfer-americain/">La Ballade de Bruno</a> </strong>(1977), même si dans ce dernier film, le héros se bat quant à lui tant qu’il peut pour échapper à son destin.</p>



<p>Il semble chez Herzog que l’humanité soit aveugle à son propre destin et soit vouée à disparaître pour mieux renaître sous une autre forme comme dans <strong><a href="https://movierama.fr/fata-morgana-a-la-recherche-dun-eden-perdu/">Fata Morgana</a></strong> (1971) où une civilisation meurt pour être remplacée par une autre toute aussi atteinte de cécité que l’autre. C’est ainsi que les personnages dans <strong>Cœur de verre</strong> semblent agis de l’extérieur, semblables à des automates obéissant à leurs pulsions internes les menant à la catastrophe inévitable de la fin du monde. Un éternel recommencement en somme similaire à la vision en partie nihiliste chez Nietzsche de l’éternel retour du même. Herzog nous emmène à travers cette fable dans un monde étrange fait de signes qu’il s’agit d’interpréter pour le spectateur saisi par l’hébétude et parfois l’incompréhension. C’est un cinéma exigeant qui demande une participation entière de nos sens. Mais qui nous relie au sens profond, souvent caché, de notre propre existence.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-6"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:31%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Josef Bierbichler, Stefan Güttler, Clemens Scheitz<br><strong>DURÉE : </strong>1h34<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
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		<title>Woyzeck : l’histoire d’un homme rendu fou de douleur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 00:36:15 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le film est sélectionné au Festival International du Film de Cannes en 1979 pour la Palme d’Or. C’est la troisième participation de Klaus Kinski à un film de Werner Herzog. Il est l’adaptation d’une pièce inachevée de l’écrivain, dramaturge, révolutionnaire et scientifique Georg Büchner mort du typhus en 1837 à l’âge d’à peine vingt-trois ans, elle-même inspirée de l’histoire vraie d’un soldat de Leipzig en 1821. Woyzeck est en effet un simple soldat de l’infanterie en compagnonnage avec la jeune [&#8230;]</p>
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<p>Le film est sélectionné au Festival International du Film de Cannes en 1979 pour la Palme d’Or. C’est la troisième participation de Klaus Kinski à un film de Werner Herzog. Il est l’adaptation d’une pièce inachevée de l’écrivain, dramaturge, révolutionnaire et scientifique Georg Büchner mort du typhus en 1837 à l’âge d’à peine vingt-trois ans, elle-même inspirée de l’histoire vraie d’un soldat de Leipzig en 1821. Woyzeck est en effet un simple soldat de l’infanterie en compagnonnage avec la jeune et belle Marie – Eva Mattes joue le personnage, elle qu’on a déjà vue dans <strong><a href="https://movierama.fr/la-ballade-de-bruno-lenfer-americain/">La Ballade de Bruno</a></strong> du même Herzog en 1977, et qui obtient pour sa performance dans <strong>Woyzeck</strong> le prix du meilleur second rôle à Cannes. Woyzeck a l’air <em>traqué</em>, comme le dit son capitaine&nbsp;: sans cesse affairé, marchant à grands pas d’un lieu à un autre, il tient aussi le rôle de barbier auprès de son officier supérieur qui philosophe pendant qu’on le rase, reprochant au soldat son manque de vertu et de croyance en Dieu.</p>



<p>Woyzeck est en proie à des hallucinations auditives et son regard semble parfois perdu dans les lointains sans qu’on sache jamais ce qu’il y perçoit. Personnage fantasque, un peu fou sur les bords, à l’esprit du moins dérangé. Il est un pur objet de curiosité scientifique pour le médecin militaire qui l’ausculte, le contraignant à un régime drastique à base de pois, lui reprochant son manque de volonté, émettant l’idée – c’est sa grande théorie – que la volonté peut tout et par-dessus toutes choses corriger ou du moins contrôler la nature. Car Woyzeck est un être naïf au sens premier du mot, innocent comme la nature, qui laisse libre cours à ses impulsions, doutant cependant de ce qu’il faut faire ou ne pas faire, en proie à l’hostilité ou au mépris du monde extérieur, obéissant aux ordres. Et ce même monde en profite, comme Marie qui, en douce, trompe son ami avec le tambour-major, espèce de grand escogriffe, ne se privant pas de danser avec sa dulcinée à la barbe et au nez de ce pauvre Woyzeck qui n’en peut mais.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Dépossédé de son corps, maltraité, humilié, trahi, Woyzeck cherche un sens à ce qui lui arrive mais n’y parvient pas. Quête sans fin à l’issue de laquelle on ne peut que se perdre.</p>
</blockquote>



<p>Alors ça tourne dans la tête du petit soldat qui se rend compte de la chose, lui qui adopte pourtant l’attitude du parfait mari et père de famille, offrant toute sa solde à Marie dès qu’il la perçoit. Cette dernière se laisse séduire par le prestige de l’uniforme et la prestance de son amant, victime de l’ennui mortel du quotidien qu’elle vit avec Woyzeck, une autre Emma Bovary en somme. A l’instar de Kaspar Hauser – autre héros de la filmographie de Herzog – Woyzeck se sait prisonnier du monde absurde dans lequel il vit. C’est un être doté d’une clairvoyance supérieure aux autres, une clairvoyance telle qu’elle peut mener à la folie, à la destruction et jusqu’à la mort. Dépossédé de son corps, maltraité, humilié, trahi, Woyzeck cherche un sens à ce qui lui arrive mais n’y parvient pas. Quête sans fin à l’issue de laquelle on ne peut que se perdre. Mais il ne peut s’en tenir à l’immobilisme, contraint qu’il est de regarder se dérouler le long fleuve absurde de la vie devant lui, et il se débat pour essayer de vivre.</p>



<p>Mais traité en cobaye par le médecin militaire aux discours creux qui se prévaut vaniteusement de son titre, humilié et en perte de repères – il perd ainsi le dernier abri où il pouvait se réfugier, c’est-à-dire son foyer imprégné de l’odeur et des traces laissées par son rival en amour – Woyzeck cherche à se confier à son camarade Andrès qui lui adresse en réponse un message de non-retour, lui conseillant de ne pas trop s’en faire. Mais il n’est pas homme à laisser les choses en l’état et c’est ainsi qu’il s’affirme aussi comme un héros cherchant à améliorer sa situation et à donner un sens à la vie et au monde. Kinski incarne à merveille son personnage, fatigué et torturé intérieurement – il sort à peine du tournage de <strong>Nosferatu</strong> – rendant sensible la tristesse profonde du personnage. Et Herzog est en empathie avec son personnage, prenant son parti, restant près de lui, sobre dans sa manière de le filmer et éloigné de tout pathos. Encore une histoire traduisant le pessimisme noir de son auteur ici merveilleusement sublimé par le film.</p>



<p></p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Drame historique<br><strong>AVEC : </strong>Klaus Kinski, Eva Mattes, Wolfgang Reichmann<br><strong>DURÉE : </strong>1h20<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
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		<title>La grande extase du sculpteur sur bois Steiner : l’art de planer</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Apr 2026 01:15:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Werner Herzog réalise ce documentaire la même année où sort dans les salles L’énigme de Kaspar Hauser en 1974. Il faut savoir que le cinéaste envisagea un temps de devenir lui-même champion de saut à ski. Il suit ici le suisse Walter Steiner, menuisier de son état – ce sont les premières images du film nous le montrant en train de réaliser une sculpture sur bois en forme de bol. Surnommé l’homme oiseau, il est dans l’équipe nationale depuis 1968 [&#8230;]</p>
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<p>Werner Herzog réalise ce documentaire la même année où sort dans les salles <strong><a href="https://movierama.fr/lenigme-de-kaspar-hauser-portrait-dun-esprit-libre/">L’énigme de Kaspar Hauser</a></strong> en 1974. Il faut savoir que le cinéaste envisagea un temps de devenir lui-même champion de saut à ski. Il suit ici le suisse Walter Steiner, menuisier de son état – ce sont les premières images du film nous le montrant en train de réaliser une sculpture sur bois en forme de bol. Surnommé <em>l’homme oiseau</em>, il est dans l’équipe nationale depuis 1968 et remporte la médaille d’argent sur le grand tremplin aux Jeux Olympiques d’hiver de 1972. Nous le retrouvons ici pour le championnat du monde de saut à ski de Planica en Yougoslavie (aujourd’hui la Slovénie). Les séquences enchaînant les sauts alternent avec les interventions du réalisateur lui-même se muant en commentateur sportif, ou avec une caméra fixée sur le champion en pleine préparation ou attente de son tour pour sauter, la pression se faisant sentir de plus en plus au fur et à mesure que se rapproche le moment fatidique. Car le danger est là, omniprésent, de chute à l’atterrissage et de subir de graves traumas. Walter tombe et sa tête cogne contre le sol glacé&nbsp;; aussitôt les secours interviennent et il est soigné. Écorché et quelque peu sonné, il perdra la mémoire des quelques instants qui ont suivi sa chute. Le sauteur à ski est un héros sportif qui remet sans cesse sa vie en jeu et les images sont impressionnantes de la hauteur à laquelle il s’élève.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Car le danger est là, omniprésent, de chute à l’atterrissage et de subir de graves traumas.</p>
</blockquote>



<p>La caméra suit le sauteur dans son ascension vertigineuse, sa figure se découpant sur les nuages blancs du ciel bleu des montagnes. Et le risque est sensible pour le spectateur qui ne peut que s’émerveiller devant un tel exploit. Le skieur doit en faire abstraction avant de s’essayer à chaque fois sur la piste. Mais les limites sont à chaque fois repoussées. C’est que les spectateurs, arrivés par bus de tous les coins du pays et d’ailleurs, amassés au bas des pistes, en veulent toujours plus. Et nous en sommes partie prenante même si l’on tremble pour la vie des sauteurs. Les sauts – et les chutes qui en sont parfois l’aboutissement &#8211; donc se succèdent, rythmant à intervalles réguliers le déroulement du film. Le réalisateur utilise un procédé de ralentissement de l’image faisant en sorte que nous avons l’impression en voyant le sauteur à ski accomplir son geste qu’il est comme suspendu dans le ciel, en train littéralement de planer semblable à un oiseau. La sensation est encore soulignée par une bande-son adéquate puisque Werner Herzog utilise la musique du groupe allemand Popol Vuh formé en 1969 et ayant déjà contribué aux films du cinéaste pour <strong>Aguirre, la colère de Dieu</strong> en 1972. Ils continueront à accompagner celui-ci au cours des années suivantes, venant marquer de leur empreinte sa filmographie. Musique elle-même particulièrement planante et connue pour cela. Ici, comme dans plusieurs de ses autres films – dont <strong><a href="https://movierama.fr/la-soufriere-gasherbrum-la-montagne-lumineuse-de-lhomme-face-au-danger-fascinant-des-hauteurs/">Gasherbrum, la montagne lumineuse</a></strong> en 1984 – Werner Herzog s’intéresse à une personnalité hors-norme qui s’évertue à défier les lois naturelles comme à un héros en marge de la société.</p>



<p></p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Documentaire <br><strong>AVEC : </strong>Walter Steiner, Werner Herzog<br><strong>DURÉE : </strong>45 '<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/la-grande-extase-du-sculpteur-sur-bois-steiner-lart-de-planer/">La grande extase du sculpteur sur bois Steiner : l’art de planer</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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		<title>Au pays du silence et de l’obscurité : un combat acharné pour l’intégration des handicapés</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Apr 2026 00:17:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le film, sorti en octobre 1971 en Allemagne de l’Ouest, a été présenté en France à la Quinzaine des réalisateurs, en sélection parallèle du Festival de Cannes de mai 1972. Il nous emmène au pays des sourds-aveugles essentiellement en Bavière d’où est issue Fini Strraubinger, une munichoise assez âgée qui nous raconte son histoire comme en prélude au sujet du film portant sur la communauté à laquelle elle appartient. Frappée de cécité suite à un accident survenu dans ses escaliers [&#8230;]</p>
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<p>Le film, sorti en octobre 1971 en Allemagne de l’Ouest, a été présenté en France à la Quinzaine des réalisateurs, en sélection parallèle du Festival de Cannes de mai 1972. Il nous emmène au pays des sourds-aveugles essentiellement en Bavière d’où est issue Fini Strraubinger, une munichoise assez âgée qui nous raconte son histoire comme en prélude au sujet du film portant sur la communauté à laquelle elle appartient. Frappée de cécité suite à un accident survenu dans ses escaliers alors qu’elle n’a qu’une quinzaine d’années, mal diagnostiquée, elle devient progressivement sourde au fur et à mesure des mois et des années qui suivent, veillée par sa mère et visitée par quelques amis qui progressivement la délaissent. Elle fait état de l’extrême solitude qu’elle va vivre, alitée pendant plus de trente ans chez elle, complètement isolée du monde extérieur. C’est elle qui témoigne face caméra comme pour affronter le monde à découvert, photos de son enfance à l’appui. Elle communique grâce à une femme qui est son guide par le langage des doigts traçant des points et des traits sur la paume de la main correspondant à des signes alphabétiques. Langage complexe dont on comprend à quel point il est difficile de le maîtriser. Un homme témoigne dans le documentaire qu’il n’a jamais eu la patience de l’apprendre.</p>



<p>C’est alors qu’elle décide à un moment de sa vie de se dévouer à la cause de ceux qui sont comme elle et se met à la tête d’une association de sourds-aveugles en Bavière. Et le film suit ses pérégrinations à travers le territoire, par train et en voiture, pour visiter hommes et femmes qui souffrent du même handicap. Patience, empathie et faculté de compréhension sont mises à l’œuvre pour tenir compte de la situation particulière de chacun. Fini prend le temps de communiquer tant bien que mal avec eux, de se rendre compte de leurs conditions de vie et sa présence se veut réconfortante tant ces derniers ont l’impression d’être complètement oubliés du reste de la société. D’ailleurs, ils ne se plaignent pas mais souffrent en silence, réduits parfois à l’isolement le plus total, envoyés dans un centre psychiatrique au milieu des malades mentaux quand on ne sait plus où les mettre, faute de structure adaptée à leurs besoins. Comme cette femme qui semble avoir abandonné son sort au hasard, n’ayant aucun moyen de communiquer avec les autres, pas même le braille dont elle a oublié l’enseignement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Que de misère, de souffrance et de solitude nous ressentons à travers ce documentaire mais aussi tant de grandeur d’âme, d’abnégation et de résilience chez cette femme qui consacre sa vie à la communauté des sourds-aveugles dont elle fait elle-même partie.</p>
</blockquote>



<p>Laissés seuls à la garde d’un parent s’ils en ont un qui accepte de s’occuper d’eux comme cet ancien paysan qui suit les pas de sa vieille mère, tous deux vivant dans un dispensaire qui les a accueillis, et qui pendant longtemps a vécu au milieu des bêtes, réduit lui-même à l’animalité. Il a les moyens physiques et articulatoires de parler mais refuse pourtant obstinément d’ouvrir la bouche pour proférer des paroles si ce n’est un mot par-ci par-là à l’occasion, et ayant du mal à accepter une présence étrangère à ses côtés comme s’il avait abandonné le monde qui l’a réciproquement oublié et laissé seul face à son destin. C’est ainsi que le travail de Fini pour parvenir à intégrer ces sourds-aveugles à la société s’avère particulièrement difficile et ardu. Et c’est à cette aune que l’on perçoit l’abnégation et la force de résilience qu’elle porte en elle pour accomplir sa tâche. Rencontre avec un éducateur qui s’occupe de deux enfants handicapés auxquels on tente d’apprendre à parler mais aussi à se diriger tout simplement dans le monde.</p>



<p>Visites au zoo ou au jardin botanique : importance de se raccorder au monde par le truchement des sens, celui du toucher qu’il leur reste et contact revigorant avec les animaux. Puis la caméra délaisse par un travelling le groupe de Fini et de ses interlocuteurs pour se focaliser sur son sujet, celui des handicapés eux-mêmes : plan resserré sur cet enfant qui serre contre lui une radio dont il perçoit sans doute les vibrations. Rapport animal avec le monde : il trébuche, accroche la main de Fini dans laquelle il plante ses ongles comme pour y arracher le peu de douceur dont il peut bénéficier dans sa vie, laissé seul à la garde de son père qui n’en peut mais. Que de misère, de souffrance et de solitude nous ressentons à travers ce documentaire mais aussi tant de grandeur d’âme, d’abnégation et de résilience chez cette femme qui consacre sa vie à la communauté des sourds-aveugles dont elle fait elle-même partie. Peut-être un espoir à travers le discours prononcé par un ministre du gouvernement qui rappelle non seulement la tolérance qu’on doit avoir à leur égard mais aussi la nécessité de les intégrer à la société. Mais comme le chemin est long et difficile : briser le silence, éclairer la route semble pourtant essentiel.</p>



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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Documentaire<br><strong>AVEC : </strong>Fini Straubinger, M. Baaske, Elsa Fehrer<br><strong>DURÉE : </strong>1h20<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/au-pays-du-silence-et-de-lobscurite-un-combat-acharne-pour-lintegration-des-handicapes/">Au pays du silence et de l’obscurité : un combat acharné pour l’intégration des handicapés</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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