<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des interview - MovieRama</title>
	<atom:link href="https://movierama.fr/tag/interview/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://movierama.fr/tag/interview/</link>
	<description>Nouvelles Images, Nouvelle Critique</description>
	<lastBuildDate>Mon, 28 Apr 2025 10:23:46 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.1.8</generator>

<image>
	<url>https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/05/cropped-Logo-MOVIERAMA-mini-32x32.png</url>
	<title>Archives des interview - MovieRama</title>
	<link>https://movierama.fr/tag/interview/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Rencontre avec Emmanuel Finkiel pour La Chambre de Mariana : “Tout ce qu’on voit, tout ce qu’on perçoit, n’est pas le réel !”</title>
		<link>https://movierama.fr/rencontre-avec-emmanuel-finkiel-pour-la-chambre-de-mariana-tout-ce-quon-voit-tout-ce-quon-percoit-nest-pas-le-reel/</link>
					<comments>https://movierama.fr/rencontre-avec-emmanuel-finkiel-pour-la-chambre-de-mariana-tout-ce-quon-voit-tout-ce-quon-percoit-nest-pas-le-reel/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Kévin Corbel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Apr 2025 10:23:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[METTEURS EN SCENE]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://movierama.fr/?p=44127</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sept ans après avoir adapté Marguerite Duras, Emmanuel Finkiel s’attaque à un autre grand nom de la littérature avec Aharon Appelfeld et sa Chambre de Mariana, le récit tragique d’un jeune garçon juif caché dans le placard d’une prostituée ukrainienne pendant la guerre. Jouant sur les perceptions de chacun et composant son langage cinématographique au fil des contraintes, le cinéaste de 63 ans réaffirme encore et toujours ses partis pris artistiques et sa vision globale du cinéma. Entretien.&#160; Votre dernier [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/rencontre-avec-emmanuel-finkiel-pour-la-chambre-de-mariana-tout-ce-quon-voit-tout-ce-quon-percoit-nest-pas-le-reel/">Rencontre avec Emmanuel Finkiel pour La Chambre de Mariana : “Tout ce qu’on voit, tout ce qu’on perçoit, n’est pas le réel !”</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Sept ans après avoir adapté <a href="https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=663.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Marguerite Duras</a>, Emmanuel Finkiel s’attaque à un autre grand nom de la littérature avec <a href="https://www.babelio.com/auteur/Aharon-Appelfeld/5363" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Aharon Appelfeld</a> et sa Chambre de Mariana, le récit tragique d’un jeune garçon juif caché dans le placard d’une prostituée ukrainienne pendant la guerre. Jouant sur les perceptions de chacun et composant son langage cinématographique au fil des contraintes, le cinéaste de 63 ans réaffirme encore et toujours ses partis pris artistiques et sa vision globale du cinéma. Entretien.&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Votre dernier film, La Douleur, avait déjà pour cadre la Seconde Guerre mondiale. Ce conflit et ses tragédies persistent à hanter encore et toujours votre filmographie…&nbsp;</strong></p>



<p>Quand un producteur m’a proposé d’adapter <strong><a href="https://movierama.fr/la-chambre-de-mariana-le-recit-dune-clandestinite-terrible-et-perturbante/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Chambre de Mariana</a></strong>, mon premier réflexe a été de refuser. J’avais déjà fait deux films sur cette thématique (<strong><a href="https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=6871.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Voyages</a></strong>, <strong><a href="https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=253410.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Douleur</a></strong>) et je pensais avoir déjà tout dit. Puis en lisant le roman d’Aharon Appelfeld, j’ai été très enthousiaste car il y avait là une proposition, un schéma inédit. Je talonnais des personnages dans la hantise, qui n’arrivaient pas à vivre leur présent, qui étaient tout entiers phagocytés par l’absence d’un être cher. C’était déjà le cas du personnage de Marguerite dans <strong>La Douleur</strong>, mais avec Appelfeld il y a une autre proposition puisqu’il suit un adolescent qui est à l’âge de toutes les métamorphoses. C’était quelque chose d’inédit. Au montage je me suis rendu compte que <strong>La Chambre de Mariana</strong> prenait place dans une sorte de trilogie qui allait vers le désir de vivre.</p>



<p><strong>On suit l’histoire d’un enfant qui passe le plus clair de son temps caché dans un placard. En tant que cinéaste, comment contourne-t-on ce genre de difficulté pour obtenir un rendu cinématographique intéressant ?</strong></p>



<p>On n’essaye pas de contourner la difficulté. En lisant le livre, je me suis demandé comment tenir sur la longueur sans ennuyer les gens et j’ai alors pensé à la métonymie. C’est l’art de représenter un tout à partir d’une partie. Dans un champ, on essaye de faire résonner l’entièreté du hors-champ, la métonymie était donc une clé sur laquelle le langage cinématographique pouvait se déployer pour ce film. Si on ne donne pas à voir, on donne davantage à entendre : il y a donc eu l’opportunité de travailler la bande-son d’une manière différente. On se focalise aussi sur les moindres possibilités visuelles : les interstices dans une cloison, un dessous de porte, etc. J’ai décliné toutes les occasions de percevoir le monde à partir d’un endroit où celui-ci est cloisonné. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="769" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/b280837979bc75a74b8165dc93c11cb8-1024x769.webp" alt="" class="wp-image-44130" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/b280837979bc75a74b8165dc93c11cb8-1024x769.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/b280837979bc75a74b8165dc93c11cb8-300x225.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/b280837979bc75a74b8165dc93c11cb8-768x577.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/b280837979bc75a74b8165dc93c11cb8-770x578.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/b280837979bc75a74b8165dc93c11cb8-1400x1051.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/b280837979bc75a74b8165dc93c11cb8-1320x991.webp 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/b280837979bc75a74b8165dc93c11cb8.webp 1438w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Pour coller à la réalité racontée, le film est en langue ukrainienne. Était-ce une contrainte sur le tournage ?</strong></p>



<p>J’ai eu l’heureuse surprise de constater que tourner dans une langue qui n’est pas la mienne, c’était possible. Quand vous n’avez pas accès au signifié, le signifiant prend sa place. Je parle bien sûr de l’émotion, de l&rsquo;affect qui voyagent dans cette sonorité, mais aussi du corps qui est porteur. On attache une importance fondamentale au signifié, aux dialogues des films, alors qu’ils ne sont qu’un pourcentage, peut-être même mineur, de ce qui véhicule l’émotion. Sur le tournage, je me rendais compte que quelque chose n’allait pas dans une scène avant même que l&rsquo;interprète ne me signale une erreur dans le texte, je sentais comme un problème dans l’énergie dégagée, comme une fausse note.&nbsp;</p>



<p><strong><a href="https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=21714.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mélanie Thierry</a> ne parle pas ukrainien à l&rsquo;origine, et pourtant elle livre une performance fantastique. Aviez-vous directement pensé à elle pour le rôle de Mariana ?</strong></p>



<p>Au départ il n’était pas question que ce soit elle. J’ai fait quelques essais avec de superbes comédiennes ukrainiennes mais j’ai eu le sentiment qu’en allant dans cette direction, j’obtiendrais un traitement de l&rsquo;œuvre beaucoup plus réaliste, or ce n’était pas mon ambition. Aharon Appelfeld invente des personnages à partir d’individus qu’il a lui-même rencontrés enfant, lorsque ses parents ont été assassinés et qu’il s’est retrouvé seul dans la campagne ukrainienne en guerre. Il a fréquenté des truands, des marginaux et aussi quelques prostituées : c’est ce qui a développé son univers romanesque. En créant Mariana, il a inventé un personnage fantasque, incandescent. Il me fallait une virtuose qui puisse passer d’un état émotionnel à un autre en un claquement de doigts. Mélanie a fait des essais, elle a rééduqué son oreille pour l’ukrainien, a beaucoup travaillé et est parvenue à faire exister ce personnage incroyable.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="765" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/2e078b9f082df3cbe467a1f2b7bacdd8-1024x765.webp" alt="" class="wp-image-44131" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/2e078b9f082df3cbe467a1f2b7bacdd8-1024x765.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/2e078b9f082df3cbe467a1f2b7bacdd8-300x224.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/2e078b9f082df3cbe467a1f2b7bacdd8-768x574.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/2e078b9f082df3cbe467a1f2b7bacdd8-770x575.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/2e078b9f082df3cbe467a1f2b7bacdd8-1400x1046.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/2e078b9f082df3cbe467a1f2b7bacdd8-1320x986.webp 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/2e078b9f082df3cbe467a1f2b7bacdd8.webp 1446w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Quant au rôle d’Hugo, il est tenu par le jeune Artem Kyryk. Quelles exigences aviez-vous concernant le choix de l’acteur ?</strong></p>



<p>Quand on parie sur un enfant au cinéma, on ne sait jamais ce que ça va donner, même si ce dernier a plein de qualités apparentes. Miser sur le fait qu’il va pouvoir soutenir l’entièreté du film sur ses épaules, c’est tout l&rsquo;enjeu.&nbsp;</p>



<p><strong>On ne tombe pas toujours sur un <a href="https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=635.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jean-Pierre Léaud</a> du premier coup…</strong></p>



<p>Justement, on a des traces du casting de Truffaut pour <strong><a href="https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=62178.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les 400 Coups</a></strong>, on voit bien ses hésitations et vers qui il a été au final : tout cela est passionnant. L’itinéraire, la destinée de Jean-Pierre Léaud, au cinéma comme dans la vie, est totalement bouleversante. <a href="https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=629.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">François Truffaut</a> aussi a fait un pari au départ. De notre côté, on a organisé de nombreux essais avec beaucoup d’enfants mais je ne trouvais pas ce que je voulais.&nbsp;</p>



<p>Avec Artem, j’avais en face de moi un enfant peu expressif mais avec une intériorité terrible. On l’a choisi sur cette base, avec le challenge de l’impact du temps : dans le film, cet ado est censé être caché deux ans, à l’âge de toutes les métamorphoses, or nous tournions en 45 jours… Au contact de cette responsabilité, le miracle s’est produit et Artem a mûri petit à petit. S’il n’avait pas autant évolué, les scènes de la fin n’auraient pas été possibles. L’inversion du rapport qu’il a avec Mariana, qui passe d’une mère de substitution à quelque chose de plus ambigu, est l’essence même du film.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="769" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/023b419d270d1555039f0b2811366f55-1024x769.webp" alt="" class="wp-image-44132" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/023b419d270d1555039f0b2811366f55-1024x769.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/023b419d270d1555039f0b2811366f55-300x225.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/023b419d270d1555039f0b2811366f55-768x577.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/023b419d270d1555039f0b2811366f55-770x578.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/023b419d270d1555039f0b2811366f55-1400x1051.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/023b419d270d1555039f0b2811366f55-1320x991.webp 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2025/04/023b419d270d1555039f0b2811366f55.webp 1438w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Revenons sur cette scène où il est sous-entendu que les deux protagonistes couchent ensemble. Comment vouliez-vous aborder cela, sachant qu’il s’agit d’un moment à la fois tendre et dramatique, mais qui s’apparente factuellement à de la pédophilie ?</strong></p>



<p>Aharon Appelfeld, dans une langue hébraïque pudique et dans une moralité totalement irréprochable, a quand même placé son jeune héros dans le placard de la chambre d’une prostituée, le tout dans un bordel. Il voulait nous dire quelque chose à travers cela. Très tôt dans le roman, Hugo est déjà dans le lit d’une Mariana beaucoup plus délurée, totalement impudique. Et puis l’auteur finit par écrire “Ce matin là, Hugo était un homme”, une phrase dont on comprend vite le sous-entendu. En adaptant cela, il n’était pas question d’être dans la provoc : j’ai les mêmes réserves que n’importe qui sur le sujet. Avec Mélanie, nous étions d’accord sur le fait que la force du roman et du film devaient être dans cet éveil, dans cette force qui conduit Hugo vers la vie. J’ai décidé de ne traiter réellement la chose qu’à la fin du film, de transformer cette relation charnelle en un moment où le tragique du personnage de Mariana se révèle. Mélanie livre une interprétation sublime de cette femme condamnée qui se livre à cet adolescent comme un don. J’ai travaillé sur la suggestion et la métonymie : on ne voit qu’une chaussure, une ceinture défaite…&nbsp;</p>



<p>Que se rassurent ceux qui s&rsquo;érigent en gardien d’un nouveau temple moral : la sanction tombe tout de suite. Dès le lendemain matin, la famille ukrainienne très catholique qui les héberge leur tombe dessus et Mariana est emmenée par les soldats soviétiques pour être vraisemblablement fusillée. Son comportement problématique est immédiatement puni. Je ne pense toutefois pas qu’elle mérite la mort, mais il se trouve que la destinée de ce personnage la conduit sur cette route.</p>



<p><strong>D’autres passages du film, notamment la scène finale, peuvent être interprétés de plusieurs façons. Peut-il y avoir plusieurs vérités dans un récit, surtout lorsqu’il est partiellement historique ?</strong></p>



<p>Je pense que lorsqu’on perçoit quelque chose, la part de projection que l’on fait sur la “réalité” est majoritaire. Autrement dit, on projette autant sur la personne que l’on voit marcher dans la rue que ce que l&rsquo;on perçoit. Tout ce qu’on voit, tout ce qu’on perçoit, n’est pas le réel ! Ce n’est qu’une interprétation, une projection individuelle de chacun. Il y a donc évidemment plusieurs vérités dans un récit : Mariana est-elle vraiment sortie vivante des griffes des Soviétiques ou est-elle morte ? Ce que Hugo imagine, projette et ce qui est “vraiment vrai” ne sont pas deux choses si différentes. Le cinéma est bon pour ça, car il vous donne à voir et à penser qu’il s’agit du réel alors que tout n’est qu’une illusion.</p>



<p>Propos recueillis par Kévin Corbel le 16 avril 2025.</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/rencontre-avec-emmanuel-finkiel-pour-la-chambre-de-mariana-tout-ce-quon-voit-tout-ce-quon-percoit-nest-pas-le-reel/">Rencontre avec Emmanuel Finkiel pour La Chambre de Mariana : “Tout ce qu’on voit, tout ce qu’on perçoit, n’est pas le réel !”</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://movierama.fr/rencontre-avec-emmanuel-finkiel-pour-la-chambre-de-mariana-tout-ce-quon-voit-tout-ce-quon-percoit-nest-pas-le-reel/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Entretien avec Bastien Bouillon, parrain de la Fête du court métrage 2023</title>
		<link>https://movierama.fr/entretien-avec-bastien-bouillon-parrain-de-la-fete-du-court-metrage-2023/</link>
					<comments>https://movierama.fr/entretien-avec-bastien-bouillon-parrain-de-la-fete-du-court-metrage-2023/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Mar 2023 15:48:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTEURS]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVALS]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://movierama.fr/?p=24464</guid>

					<description><![CDATA[<p>Bastien Bouillon dans La nuit du 12</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/entretien-avec-bastien-bouillon-parrain-de-la-fete-du-court-metrage-2023/">Entretien avec Bastien Bouillon, parrain de la Fête du court métrage 2023</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Comédien aussi talentueux que discret, Bastien Bouillon fait depuis quelques années maintenant son bonhomme de chemin dans le paysage cinématographique français : il a joué dans des films de Valérie Donzelli (La Guerre est déclarée), Sébastien Betbeder (Debout sur la montagne), aux côtés de Vincent Macaigne, Noémie Merlant ou, plus récemment, de Bouli Lanners dans La nuit du 12</strong>, <strong>César du meilleur film</strong> <strong>2023</strong>.<strong> Parmi les six prix remportés</strong> <strong>par l&rsquo;œuvre de Dominik Moll, celui du César du meilleur espoir masculin pour le rôle de Bastien Bouillon, policier tourmenté au milieu d&rsquo;une enquête magnétique.</strong> <strong>Nous avons eu l&rsquo;occasion de nous entretenir avec l&rsquo;acteur, parrain de la Fête du court métrage.</strong></p>



<ul>
<li><strong><a href="https://movierama.fr/la-montagne-realisme-magique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Notre critique de La nuit du 12 de Dominik Moll</a></strong></li>



<li><strong><a href="https://movierama.fr/la-fete-du-court-metrage-du-15-au-23-mars-2023/">Notre article sur la Fête du court métrage</a></strong> <strong>2023</strong></li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-vivid-cyan-blue-color has-css-opacity has-vivid-cyan-blue-background-color has-background"/>



<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:28% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="719" height="1024" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-719x1024.jpg" alt="" class="wp-image-24467 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-719x1024.jpg 719w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-211x300.jpg 211w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-768x1093.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-1079x1536.jpg 1079w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-1438x2048.jpg 1438w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-770x1096.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-1400x1993.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1-1320x1879.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-FDCM-2020-modifiee-scaled-1.jpg 1798w" sizes="(max-width: 719px) 100vw, 719px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>V<strong>ous êtes parrain de la Fête du court métrage qui se tient du 15 au 21 mars 2023. En tant que comédien, quel est votre rapport avec ce format ?</strong></strong></p>



<p>Le court métrage, c&rsquo;est le format qui m&rsquo;a offert mes premières partitions. Des rôles souvent tranchés, que l&rsquo;on ne me donnait pas habituellement dans le format télévisuel ou au cinéma. Dans le long métrage, j&rsquo;étais souvent cantonné au rôle doucereux de jeune citadin. J&rsquo;ai ainsi pu avoir des partitions riches, autant en incarnant un homme très effacé ou un grand drogué.</p>
</div></div>



<p>C&rsquo;est certainement dû à l&rsquo;absence de pression commerciale. Et j&rsquo;ai évidemment beaucoup appris sur les plateaux. Il y a quelque chose de générationnel, de l&rsquo;ordre de la filiation, j&rsquo;ai le sentiment d&rsquo;avancer avec les gens avec qui j&rsquo;ai travaillé.</p>



<p><strong>Vous avez par exemple travaillé plusieurs fois avec Sébastien Betbeder, Valérie Donzelli ou encore Dominik Moll.</strong> </p>



<p>Le tournage, c&rsquo;est toujours une expérience. Si ça s&rsquo;est bien passé humainement et que nous avons réussi à créer un langage, à se comprendre et progresser dans la même direction, autant renouveler l&rsquo;expérience lorsque l&rsquo;opportunité se présente. Concernant Dominik Moll, il ne pensait pas à moi en écrivant le rôle de Yohan dans <strong>La nuit du 12</strong>, je suis arrivé à la fin du processus et tant mieux pour lui, pour moi et le film.</p>



<p><strong><strong>Vous avez le désir de passer à votre tour derrière la caméra ?</strong></strong></p>



<p>Tout à fait, j&rsquo;ai réalisé un court métrage avec la même société (<em>ndlr : Topshot Films</em>) qui a produit le film qui a remporté le César du meilleur court métrage cette année, <strong>Partir un jour</strong>, dans lequel j&rsquo;ai joué. Le film s&rsquo;appelle <strong>Moha</strong>, je l&rsquo;ai tourné il y a trois ans. Aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;ai très envie de repasser à la réalisation.</p>



<p><strong><strong>Quel spectateur êtes-vous ?</strong></strong></p>



<p>Je regarde vraiment de tout, je peux très bien aller voir un film de Rabah Ameur-Zaïmeche (<em>ndlr : Terminal Sud</em>), très confidentiel, comme aller voir Mad Max ou un film en 3D. Je ne suis pas fermé à un genre ou un style. Mon rapport est aussi intrinsèquement lié à ma condition de comédien, parfois je vais regarder des films dans le cadre de mon travail, pour découvrir le jeu d&rsquo;un acteur ou d&rsquo;une actrice, la photographie d&rsquo;un chef opérateur.</p>



<p><strong>C&rsquo;est une année de consécration pour vous et les réalisateurs et réalisatrices ayant collaboré avec vous. Comment avez-vous accueilli le César du meilleur espoir masculin reçu pour votre rôle dans La nuit du 12 de Dominik Moll ? </strong></p>



<p>C&rsquo;est une belle reconnaissance, j&rsquo;étais ravi, satisfait. C&rsquo;est un beau coup de pouce, un soutien important. Ça fait maintenant quelques années que je suis comédien, cette année c&rsquo;était la première fois que j&rsquo;étais nommé, je me suis senti très honoré. Puis il y a eu un peu de discrimination positive, j&rsquo;étais le plus vieux, le doyen de la catégorie <em>*rire*</em>. Quand on est comédien, on appartient à un projet, il y a aussi le succès du film.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-style-rounded"><img decoding="async" width="622" height="414" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/BastienBouillon-1.jpg" alt="Photo : Fred Dugit" class="wp-image-24501" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/BastienBouillon-1.jpg 622w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/BastienBouillon-1-300x200.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/03/BastienBouillon-1-360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 622px) 100vw, 622px" /><figcaption class="wp-element-caption">Photo LP / Fred Dugit</figcaption></figure>



<p><strong><strong>Est-ce que vous verriez, comme vos camarades de jeu Damien Bonnard (Seules les bêtes) ou Noémie Merlant (Jumbo), jouer dans des films étrangers, en anglais ?</strong></strong></p>



<p>Pour être tout à fait honnête, il me faudrait une préparation en amont car je ne suis pas bilingue. Si on me donne les moyens, c&rsquo;est-à-dire&nbsp;du temps et quelqu&rsquo;un pour répéter. Je sais que j&rsquo;ai des camarades qui veulent travailler aux Etats-Unis, à Hollywood ou dans le cinéma indépendant new-yorkais, mais ce n&rsquo;est pas mon objectif premier.</p>



<p><strong><strong>Cela fait près de dix ans que vous êtes comédien au cinéma, quelle est la grande leçon que vous tirez de cette expérience ?</strong></strong></p>



<p>Je retiens surtout le mot disponibilité. Ce n&rsquo;est jamais la même chose, il faut s&rsquo;adapter, savoir ce que l&rsquo;on a envie et ce que l&rsquo;on se refuse. J&rsquo;ai toujours eu envie d&rsquo;un certain type de cinéma, on a toujours le choix, mais au début de la carrière, ce choix se limite à accepter un projet ou ne pas travailler. J&rsquo;en suis conscient. Le luxe que m&rsquo;a apporté le César du meilleur espoir masculin, c&rsquo;est celui d&rsquo;avoir des projets. Le cinéma, c&rsquo;est une industrie, j&rsquo;ai un agent car il y a des tactiques qui me dépassent.</p>



<p><strong><strong>Vous avez un cinéaste ou un acteur avec qui vous aimeriez tourner ?</strong></strong></p>



<p>Pour retomber sur le court métrage, j&rsquo;apprécie la filiation et l&rsquo;idée de collaborer à nouveau avec des cinéastes. Je pense à Nathalie&nbsp;Najem, Hadrien Bichet&nbsp;ou Francescu Artily. Si je devais retravailler avec Valérie Donzelli ou Dominik Moll, je serais ravi aussi. Je n&rsquo;ai pas envie de dire de grands noms, il faudrait y réfléchir vraiment. J&rsquo;ai autant envie de faire des films populaires que de travailler dans des œuvres plus confidentielles. Je pense que pour le public il ne faut pas toujours être au même endroit. On peut se diversifier. Si j&rsquo;avais eu le temps de parler un peu plus lors de la cérémonie, j&rsquo;aurai dit que le cinéma est pluriel et que les comédiens et comédiennes devraient l&rsquo;être aussi. C&rsquo;est la beauté de la découverte.</p>



<p><strong>Pour conclure, pouvez-vous nous parler de vos projets à venir ?</strong></p>



<p>J&rsquo;incarne un petit rôle dans un film qui va sortir en mai, <strong>Umami</strong> de Slony Sow. Je vais bientôt jouer dans le biopic sur Charles Aznavour, incarné par Tahar Rahim et co-réalisé par Grand Corps Malade et Medhi Idir. Et pour revenir sur la réalisation, je suis actuellement en train d&rsquo;écrire un long métrage.</p>



<p><em>Entretien réalisé en mars 2023 dans le cadre d</em>e <a href="https://www.lafeteducourt.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la Fête du court métrage</a>.</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/entretien-avec-bastien-bouillon-parrain-de-la-fete-du-court-metrage-2023/">Entretien avec Bastien Bouillon, parrain de la Fête du court métrage 2023</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://movierama.fr/entretien-avec-bastien-bouillon-parrain-de-la-fete-du-court-metrage-2023/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Montagne : entretien avec le réalisateur Thomas Salvador</title>
		<link>https://movierama.fr/la-montagne-entretien-avec-le-realisateur-thomas-salvador/</link>
					<comments>https://movierama.fr/la-montagne-entretien-avec-le-realisateur-thomas-salvador/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Jan 2023 13:36:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[Les Arcs Film Festival]]></category>
		<category><![CDATA[METTEURS EN SCENE]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://movierama.fr/?p=23088</guid>

					<description><![CDATA[<p>Au fond de l&#8217;eau ou sur les cimes d&#8217;une montagne, le cinéaste français Thomas Salvador ne cesse d&#8217;explorer et de confronter, avec un certain sens du décalage, le corps et son environnement. Après le singulier Vincent n&#8217;a pas d&#8217;écaille, son premier long métrage sorti en 2014, le réalisateur et acteur prend de l&#8217;altitude avec La Montagne, un beau et envoûtant moment de cinéma. Le hasard fait bien les choses, c&#8217;est justement à la montagne, à Les Arcs Film Festival, que [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/la-montagne-entretien-avec-le-realisateur-thomas-salvador/">La Montagne : entretien avec le réalisateur Thomas Salvador</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Au fond de l&rsquo;eau ou sur les cimes d&rsquo;une montagne, le cinéaste français Thomas Salvador ne cesse d&rsquo;explorer et de confronter, avec un certain sens du décalage, le corps et son environnement. Après le singulier <strong>Vincent n&rsquo;a pas d&rsquo;écaille</strong>, son premier long métrage sorti en 2014, le réalisateur et acteur prend de l&rsquo;altitude avec <strong>La Montagne</strong>, un beau et envoûtant moment de cinéma. Le hasard fait bien les choses, c&rsquo;est justement à la montagne, à Les Arcs Film Festival, que nous avons eu l&rsquo;occasion de rencontrer Thomas Salvador pour échanger sur son dernier film.</p>



<ul>
<li><strong><a href="https://movierama.fr/la-montagne-realisme-magique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Notre critique de La Montagne de Thomas Salvador</a></strong></li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-vivid-cyan-blue-color has-css-opacity has-vivid-cyan-blue-background-color has-background"/>



<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:28% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="703" height="882" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/film-lamontagne.png" alt="" class="wp-image-23096 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/film-lamontagne.png 703w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/film-lamontagne-239x300.png 239w" sizes="(max-width: 703px) 100vw, 703px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>Pouvez-vous nous parler de l&rsquo;origine du projet ?</strong></p>



<p>Le film vient de loin (<em>rire</em>). Il vient d&rsquo;abord de ma passion pour la montagne, sur Wikipédia il est d&rsquo;ailleurs indiqué que je suis alpiniste, mais ça n&rsquo;a jamais été mon métier. Quand j&rsquo;étais adolescent, je voulais être cinéaste et guide de haute montagne. Je pense qu&rsquo;être guide, c&rsquo;était un fantasme, j&rsquo;ai néanmoins beaucoup parcouru les montagnes durant dix ans. Depuis très longtemps, j&rsquo;ai l&rsquo;idée de ce personnage qui découvre la montagne et ne veut plus descendre. En réalité, ça aurait pu être mon premier long métrage il y a plus de quinze ans.</p>
</div></div>



<p>J&rsquo;avais commencé à écrire un film dans lequel j&rsquo;aurai incarné un jeune alpiniste, un peu fou, qui veut rester en haut, et il y aurait eu une sorte de poursuite silencieuse avec un véritable alpiniste, parti à ma recherche. L&rsquo;alpiniste que j&rsquo;avais en tête, qui était une figure pour moi, est décédé quelques jours avant notre rendez-vous. J&rsquo;ai mis du temps avant de retrouver une impulsion. Après Vincent n&rsquo;a pas d&rsquo;écailles, le film de montagne est revenu, et notamment ce personnage qui ne veut pas descendre. </p>



<p><strong>Il y avait déjà un aspect fantastique dans cette première monture du scénario ?</strong></p>



<p>Le récit s&rsquo;est adapté à l&rsquo;époque. A l&rsquo;origine, il n&rsquo;y avait pas de dimension fantastique. Dès que je suis revenu sur l&rsquo;idée de ce film, j&rsquo;ai su que Pierre, le personnage principal, allait faire une rencontre à la fois amoureuse et avec « autre chose ». Très vite, j&rsquo;ai également voulu intégrer l&rsquo;effondrement des montagnes du fait du réchauffement climatique. </p>



<p><strong>Dans le film, votre personnage découvre que des sortes de lumières peuplent les montagnes. Qu&rsquo;est que signifie pour vous cette rencontre ?</strong></p>



<p>L&rsquo;idée, c&rsquo;est cette rencontre entre le vivant, la nature. Le personnage fait l&rsquo;expérience de ressentir qu&rsquo;il est fait de particules, qu&rsquo;il est minéral, animal, qu&rsquo;il fait intégralement parti du monde qui l&rsquo;entoure. Il entre en contact avec quelque chose de primitif, d&rsquo;un peu originel.</p>



<p><strong>Lors d&rsquo;une scène, on voit Pierre manier un robot lors d&rsquo;un rendez-vous : on comprend qu&rsquo;il n&rsquo;est plus en contact avec les choses, il y a un intermédiaire.</strong></p>



<p>Oui, et en s&rsquo;aventurant dans la montagne, il est touché, voire même traversé par le réel.</p>



<p><strong>Comme dans votre précédent long métrage, Vincent n&rsquo;a pas d&rsquo;écailles, on retrouve un personnage possédant un corps utopique. D&rsquo;où vous vient ce désir ?</strong></p>



<p>Je pense que cela vient de mes premiers émois de spectateur. Je me souviens du premier film que j&rsquo;ai vu dans une salle de cinéma, c&rsquo;était <em>Les fiancés en folie</em> de Buster Keaton. Depuis toujours, lorsque je vois sur un écran quelqu&rsquo;un qui cours, qui danse ou qui sort du quotidien, ça me fascine. Que ça soit dans les films de kung-fu de Jackie Chan, ceux de Jacques Tati ou  dans la comédie musicale, le corps devient autre chose. J&rsquo;aime la dimension burlesque, acrobatique, chorégraphique de ces cinémas.</p>



<p><strong>D&rsquo;une certaine manière, jouer sur les cordes du fantastique vous permet d&rsquo;atteindre plus facilement le réel. </strong></p>



<p>Pour moi, le fantastique c&rsquo;est un accès direct à beaucoup de choses. C&rsquo;est très concret, quand c&rsquo;est bien fait, ça crée des sensations, des émotions, et même temps, c&rsquo;est une porte entrouverte sur des symboliques, la politique ou la philosophie. On peut voir un film sous plusieurs prismes. Parfois on me dit « ah mais vous connaissez donc ce philosophe » et je réponds simplement que non. Les spectateurs voient des choses profondes, mais il y a d&rsquo;abord une émotion, et c&rsquo;est ça qui m&rsquo;importe. Le fantastique permet d&rsquo;aller droit au but.</p>



<p><strong>En plus de l&rsquo;aspect fantastique du film, il y a aussi un véritable travail autour de l&rsquo;observation.</strong> <strong>C&rsquo;est une autre façon de raconter cette rencontre avec la montagne.</strong></p>



<p>Le récit le fait parce que le personnage le fait. Il réapprend à regarder son environnement, ce qui l&rsquo;entoure, il y a un parcours initiatique. En faisant ça, il se débarrasse de son côté mécanique, automatique. On est tous un peu dans la même situation, moi le premier. On ne questionne pas toujours nos comportements. Lui, il retrouve cet espace, ce temps, pour faire l&rsquo;expérience de cette liberté. </p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full is-style-rounded"><img decoding="async" width="985" height="554" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/montagne-1-edited.jpg" alt="" class="wp-image-23094" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/montagne-1-edited.jpg 985w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/montagne-1-edited-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/montagne-1-edited-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/montagne-1-edited-770x433.jpg 770w" sizes="(max-width: 985px) 100vw, 985px" /></figure>



<p></p>



<p><strong>Au final ce n&rsquo;est pas tant une fuite, comme on pourrait d&rsquo;abord le croire, mais un retour.</strong></p>



<p>Tout à fait, c&rsquo;est un retour à lui. Ce n&rsquo;est pas un personnage en crise, en rébellion, au contraire d&rsquo;ailleurs, il fait ça en douceur, il s&rsquo;en excuse auprès de ses proches, de son travail. Il souhaite faire ça et il ne sait même pas très bien lui-même pourquoi. C&rsquo;est un désir profond, il apprend à s&rsquo;écouter et tente de suivre son instinct. En creux, il y a ce qu&rsquo;il peut fuir. Après la crise sanitaire, beaucoup de gens sont venus me voir pour me dire « c&rsquo;est génial, vous avez écrit après le déconfinement, on a envie de retirer le masque et de prendre de la hauteur, de se reconnecter avec la nature ». Je pense que ça traite d&rsquo;un sujet quelque part universel, et en effet actuel.</p>



<p><strong>En parlant d&rsquo;actualité,</strong> <strong>le film témoigne notamment de la transformation de la montagne, avec la fonte du permafrost. Pierre perçoit directement ce changement.</strong></p>



<p>Le film traite de l&rsquo;écologie et du réchauffement climatique, deux gros sujets d&rsquo;actualité. En Europe, le gros indicateur du changement climatique c&rsquo;est la mer de la glace, Son niveau descend d&rsquo;année en année, c&rsquo;est concret et dans le film, le personnage le voit. Un des cinéastes que je préfère, David Cronenberg, fait du cinéma très concret. On est à hauteur d&rsquo;homme, dans la respiration, et il se passe des choses incroyables, par le corps, l&rsquo;humain.</p>



<p><strong>On imagine que filmer en altitude n&rsquo;est pas simple. Comment s&rsquo;est passé le tournage ?</strong></p>



<p>On a tourné avec une équipe très restreinte, ce qui nous a permis de tourner beaucoup de jours. La météo était horrible, la pire depuis vingt ans. Quand on était au-dessus de 3000 mètres, durant trente jours, on était cinq. Il y avait notamment un chef-opérateur alpiniste et deux guides de hautes montagnes. Certains jours, on ne pouvait pas travailler plus de deux heures, en raison des conditions météo, de la marche d&rsquo;approche ou de la fatigue. </p>



<p><strong>Cette approche donne un côté documentaire au film.</strong></p>



<p>Complétement. On a senti, pour certaines scènes, que l&rsquo;on était là quand il fallait. J&rsquo;espère éviter l&rsquo;aspect carte postal, c&rsquo;était très fort pour nous. On a pu tourner l&rsquo;instant, ce qui était en adéquation avec le sujet du film. Ça donne envie d&rsquo;aimer la montagne.</p>


<div class="wp-block-image is-style-rounded">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="640" height="358" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/la-montagne-interview.jpg" alt="" class="wp-image-23190" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/la-montagne-interview.jpg 640w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2023/01/la-montagne-interview-300x168.jpg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></figure></div>


<p><strong>Pour conclure, quel est votre prochain projet ?</strong></p>



<p>J&rsquo;hésite entre deux projets. Le premier serait un film fantastique proche d&rsquo;une série B et l&rsquo;autre, qui est mon favori, un mélange entre une comédie, un film qui fait peur, policier, musical et une fois encore, fantastique. Oui, il y a beaucoup de registres, il va falloir trouver les bons axes (<em>rire</em>).</p>



<p><em>Entretien réalisé en décembre 2022 dans le cadre d</em>e <a href="https://lesarcs-filmfest.com/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les Arcs Film Festival 2022</a>.</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/la-montagne-entretien-avec-le-realisateur-thomas-salvador/">La Montagne : entretien avec le réalisateur Thomas Salvador</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://movierama.fr/la-montagne-entretien-avec-le-realisateur-thomas-salvador/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Champs-Élysées Film Festival 2022 : entretien avec la réalisatrice Anaïs Volpé : « moi je rêve de faire un Marvel! ».</title>
		<link>https://movierama.fr/champs-elysees-film-festival-2022-entretien-avec-la-realisatrice-anais-volpe/</link>
					<comments>https://movierama.fr/champs-elysees-film-festival-2022-entretien-avec-la-realisatrice-anais-volpe/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jun 2022 22:40:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Champs-Élysées Film Festival]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVAL]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVALS]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[METTEURS EN SCENE]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://movierama.fr/?p=16189</guid>

					<description><![CDATA[<p>L&#8217;année dernière, Anaïs Volpé participait pour la première fois à la compétition du Champs Elysées Film Festival, avec son deuxième film Entre les Vagues. Elle en est repartie avec le Grand Prix. Cette année donc, changement de statut, elle est devenue Présidente du jury courts métrages de la 11e édition des Champs-Élysées Film Festival. C&#8217;était l&#8217;occasion de faire le point sur son parcours et sa cinéphilie très éclectique. Toute charmante et pimpante dans sa jolie robe, elle laissera deviner à [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/champs-elysees-film-festival-2022-entretien-avec-la-realisatrice-anais-volpe/">Champs-Élysées Film Festival 2022 : entretien avec la réalisatrice Anaïs Volpé : « moi je rêve de faire un Marvel! ».</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L&rsquo;année dernière, Anaïs Volpé participait pour la première fois à la compétition du Champs Elysées Film Festival, avec son deuxième film <strong>Entre les Vagues</strong>. Elle en est repartie avec le Grand Prix. Cette année donc, changement de statut, elle est devenue Présidente du jury courts métrages de la 11e édition des Champs-Élysées Film Festival. C&rsquo;était l&rsquo;occasion de faire le point sur son parcours et sa cinéphilie très éclectique. Toute charmante et pimpante dans sa jolie robe, elle laissera deviner à la fin de l&rsquo;entretien un tout autre visage : celui d&rsquo;une transfuge de classe qui n&rsquo;a pas renié ses origines populaires, celui d&rsquo;une résistante qui demeure à juste titre fière du chemin accompli. </p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-vivid-cyan-blue-background-color has-vivid-cyan-blue-color"/>



<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:26% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="600" height="800" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/Champs-Elysees-Film-Festival-2022-affiche.jpg" alt="" class="wp-image-15939 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/Champs-Elysees-Film-Festival-2022-affiche.jpg 600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/Champs-Elysees-Film-Festival-2022-affiche-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>Vous êtes déjà venue l&rsquo;année dernière&#8230;On vous a interviewée avant que vous n&rsquo;obteniez votre prix, ce qui fait que nous étions fiers et heureux pour vous. Maintenant vous faites quasiment partie des meubles. </strong></p>



<p>Un petit peu (rires)&#8230;Des petits meubles alors, cela ne fait que deux ans&#8230;.</p>



<p><strong>Depuis Entre les Vagues, vous avez prévu de continuer dans cette ligne ou bien de changer de style? </strong></p>



<p>Pour l&rsquo;instant, je me trouve vraiment aux prémices de l&rsquo;écriture. Je ne sais même pas moi-même vers quoi je vais. J&rsquo;ai quelques idées mais chaque histoire étant différente, il faut trouver une forme cohérente par rapport à l&rsquo;histoire. Ce qui correspondait à <strong>Entre les vagues</strong> était spécifique à ce film et la suite sera propre au prochain film. </p>



<p><strong>Et le côté Do it yourself? </strong></p>



<p>Pendant une dizaine d&rsquo;années, j&rsquo;ai fait un travail un peu comme ça. Aujourd&rsquo;hui je voudrais passer à un aspect bien plus produit, travailler différemment la mise en scène. J&rsquo;ai envie de travailler avec d&rsquo;autres moyens aujourd&rsquo;hui. J&rsquo;espère en tout cas.   </p>
</div></div>



<p><strong>Quand on est une jeune réalisatrice aujourd&rsquo;hui, quelles sont les influences que vous pouvez avoir dans le cinéma international, français, dans la vie, ou autres? </strong></p>



<p>Des influences, il en existe beaucoup dans le cinéma, la musique, dans différents domaines artistiques, la peinture&#8230;.Moi je m&rsquo;intéresse à beaucoup d&rsquo;arts et je suis spectatrice de beaucoup de choses. Je dirais que je suis surtout inspirée par le cinéma indépendant américain des années 70 mais j&rsquo;adore aussi le cinéma asiatique, le cinéma européen&#8230;.Après, je ne pense pas être une très grande cinéphile, par rapport à ceux qui voient à peu près tout. Je regarde des films mais pas outre mesure. J&rsquo;aime beaucoup le travail de Cassavetes&#8230;Souvent quand on me pose ces questions, j&rsquo;ai 80 000 idées mais tout ne me revient pas tout de suite&#8230;.J&rsquo;aime beaucoup James Gray, en France Leos Carax. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="554" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/entre-les-vagues-visuel-copyright-kmbo-1024x554.jpg" alt="" class="wp-image-16235" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/entre-les-vagues-visuel-copyright-kmbo-1024x554.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/entre-les-vagues-visuel-copyright-kmbo-300x162.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/entre-les-vagues-visuel-copyright-kmbo-768x415.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/entre-les-vagues-visuel-copyright-kmbo-1536x830.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/entre-les-vagues-visuel-copyright-kmbo-770x416.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/entre-les-vagues-visuel-copyright-kmbo-1400x757.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/entre-les-vagues-visuel-copyright-kmbo-1320x714.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/entre-les-vagues-visuel-copyright-kmbo.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Entre les Vagues d&rsquo;Anaïs Volpé  </figcaption></figure>



<p><strong>Donc surtout du cinéma indépendant?</strong> </p>



<p>Oui c&rsquo;est un peu le point commun. Je me sens plus proche de ce cinéma. </p>



<p><strong>Pourtant vous pourriez travailler dans le cadre d&rsquo;un studio? </strong></p>



<p>Oui je serais très heureuse de travailler sur ce type de projet, cela m&rsquo;attire aussi. Même les grosses productions en studio, c&rsquo;est intéressant. </p>



<p><strong>Quand je parlais d&rsquo;influences, cela pouvait être aussi autre chose que le cinéma, comme la vie par exemple&#8230;.</strong></p>



<p>Vous savez, je vais autant au cinéma que je regarde la télé, ou que je me nourris de ce que je vis, je m&rsquo;intéresse à mes amies, à leurs histoires. Je peux regarder de la téléréalité, je peux regarder un film d&rsquo;auteur de dix heures&#8230;.J&rsquo;ai un éventail très large d&rsquo;inspirations. Cela correspond à mon environnement. J&rsquo;ai grandi avec Internet, j&rsquo;ai découvert <strong>Loft Story</strong>, j&rsquo;ai aussi une grande curiosité pour le cinéma d&rsquo;auteur. </p>



<p><strong>Quand je parlais d&rsquo;influences, vous n&rsquo;avez pas parlé de cinéastes femmes, par exemple. </strong></p>



<p>oui, cela ne me vient pas tout de suite, mais cela ne veut pas dire que je n&rsquo;aime pas beaucoup de cinéastes femmes. Quand je vais rentrer chez moi, je vais me dire que j&rsquo;ai oublié toute une liste de réalisatrices que j&rsquo;aurais dû vous donner (rires). </p>



<p><strong>Par exemple? </strong></p>



<p>Dites-moi des noms et je réagirai. </p>



<p><strong>Claire Denis par exemple?</strong></p>



<p>J&rsquo;admire son cinéma et sa carrière mais ce n&rsquo;est pas forcément un cinéma qui va m&rsquo;inspirer dans mon travail. Néanmoins j&rsquo;admire cette réalisatrice&#8230;</p>



<p><strong>Sinon il y a Catherine Breillat, Marguerite Duras, Chantal Akerman</strong>&#8230;</p>



<p>Oui, Chantal Akerman. J&rsquo;aime beaucoup Chantal Akerman, Julie Delpy, etc. Ah sinon Miranda July, j&rsquo;aime bien&#8230;.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="538" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/kajillionaire-de-miranda-july-opengraph_1200-1-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-16236" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/kajillionaire-de-miranda-july-opengraph_1200-1-1024x538.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/kajillionaire-de-miranda-july-opengraph_1200-1-300x158.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/kajillionaire-de-miranda-july-opengraph_1200-1-768x403.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/kajillionaire-de-miranda-july-opengraph_1200-1-770x404.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/kajillionaire-de-miranda-july-opengraph_1200-1.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Ah oui Kajillionaire! Formidable&#8230;.</strong></p>



<p>J&rsquo;aime beaucoup aussi Lena Dunham. Voilà, je vous en ai donné quatre (rires)! Chantal Akerman, Julie Delpy, Miranda July, Lena Dunham.</p>



<p><strong>Je pensais à ça car dans votre jury, ce que j&rsquo;ai trouvé assez étonnant, c&rsquo;est que vous êtes quatre femmes pour un seul homme&#8230;.</strong></p>



<p>Bah oui c&rsquo;est génial&#8230;.pour une fois&#8230;.!</p>



<p><strong>Comment vous avez vécu cette période &#8211; qui est aujourd&rsquo;hui un peu éloignée -de confinement?</strong></p>



<p>Comme beaucoup, j&rsquo;ai été très inquiète par rapport à ce qui se passait dans le monde. Donc d&rsquo;abord la peur et l&rsquo;inquiétude. Après, j&rsquo;en ai profité pour me reposer, ce que je n&rsquo;avais pas fait depuis des années, sans planifier quoi que ce soit. J&rsquo;ai un peu préparé mon film quand même. Et puis on a pu tourner. Et pendant le 2ème confinement, j&rsquo;étais en post-production, en montage donc je l&rsquo;ai moins vécu que la plupart des gens. </p>



<p><strong>Cela vous a peut-être permis aussi de découvrir les oeuvres complètes d&rsquo;écrivains ou de cinéastes? </strong></p>



<p>En fait, on passe quand même beaucoup de temps à se nourrir de plein de choses, à faire fonctionner notre cerveau. Ce qui m&rsquo;a fait du bien pendant le premier confinement, c&rsquo;est de relâcher tout ça, de vider le cerveau et ne pas le remplir. J&rsquo;ai vu des films qui me faisaient envie, j&rsquo;en ai découvert quelques-uns mais je n&rsquo;ai pas été extrêmement studieuse, en étant dans un challenge productif. Je l&rsquo;ai fait au quotidien pendant des années et donc pendant ce temps-là, je me suis permis de&#8230;réparer des stylos, de faire des gâteaux&#8230;</p>



<p><strong>C&rsquo;est une réponse originale, il s&rsquo;agit plus de décompresser que d&rsquo;être boulimique de culture.</strong> <strong>On va terminer par des questions un peu plus ludiques. Comme vous êtes présidente du jury du court métrage, quel est votre court métrage préféré? </strong></p>



<p>J&rsquo;aime beaucoup <strong>Jennah </strong>de Meryem Benm&rsquo; Barek. Par ailleurs Meryem est une très bonne amie à moi. Mais ce n&rsquo;est pas pour ça que je le cite. Et il y a aussi <strong>Nor </strong>qu&rsquo;elle a fait aussi, j&rsquo;adore son univers. </p>



<p><strong>Comme nous sommes dans le festival du cinéma indépendant français et américain, quel est votre film français préféré?</strong> </p>



<p>Je n&rsquo;en ai pas un. J&rsquo;aime beaucoup les films de Leos Carax, en particulier à ses débuts. Comment il s&rsquo;appelle le film sur le pont?</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="745" height="412" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/les_amants_du_pont-neuf.jpg" alt="" class="wp-image-16237" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/les_amants_du_pont-neuf.jpg 745w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/les_amants_du_pont-neuf-300x166.jpg 300w" sizes="(max-width: 745px) 100vw, 745px" /><figcaption>Les Amants du Pont-Neuf de Leos Carax </figcaption></figure>



<p><strong>Les Amants du Pont-Neuf.</strong> </p>



<p>Je confonds parfois avec <strong>La Fille sur le pont</strong>. J&rsquo;avais beaucoup aimé à sa sortie <strong>Naissance des pieuvres </strong>de Céline Sciamma. Et aussi <strong>Eternal sunshine of the spotless mind</strong> de Michel Gondry qui n&rsquo;est pas un film français mais qui a été mis en scène par un réalisateur français. Pour moi d&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est le meilleur film fait par un réalisateur français. </p>



<p><strong>Une amie qui l&rsquo;a découvert il n&rsquo;y a pas très longtemps m&rsquo;a dit que c&rsquo;était un chef-d&rsquo;oeuvre absolu.</strong> </p>



<p>C&rsquo;est un chef-d&rsquo;oeuvre. Il n&rsquo;y a pas seulement dedans le talent de Michel Gondry mais aussi celui du scénariste Charlie Kaufman qui est un véritable génie. </p>



<p><strong>Film américain préféré?</strong> </p>



<p>C&rsquo;est dur d&rsquo;en choisir un. En plus, je suis une personne qui n&rsquo;a jamais eu UN film préféré. Jamais eu un chanteur préféré, une seule meilleure amie, etc. Le principe d&rsquo;avoir UNE seule chose préférée, de manière naturelle, cela ne s&rsquo;est jamais présenté comme ça. J&rsquo;ai eu plusieurs meilleures amies, plusieurs chanteurs ou chanteuses préférées. Donc c&rsquo;est compliqué de réduire à un seul film préféré. </p>



<p><strong>Celui qui vous vient comme ça?</strong></p>



<p>J&rsquo;aime beaucoup les films de James Gray. J&rsquo;adore <strong>Two Lovers</strong>, c&rsquo;est le genre de film que je pourrais voir une fois par an. J&rsquo;adore les films des frères Safdie, <strong>Good Time</strong>, <strong>Uncut gems.</strong>&#8230;<strong>Opening night</strong> de Cassavetes, que je préfère à <strong>Une femme sous influence</strong> que j&rsquo;aime beaucoup aussi. </p>



<p><strong>Et pour les films ni américains ni français? </strong></p>



<p>Eh bien, <strong>Tout sur ma mère</strong> d&rsquo;Almodovar, <strong>Old Boy</strong> de Park Chan-wook et les débuts de Wong Kar-wai, <strong>Chungking express</strong>. Et un film russe ou ukrainien, en 4/3, très sec, en couleurs&#8230;de 2017 environ&#8230;et après ce metteur en scène a fait un film sur une grande femme qui étouffe le bébé d&rsquo;une amie sans le faire exprès&#8230;. <strong>Tesnota </strong>de Kantemir Balagov, son premier film qui m&rsquo;a beaucoup marquée. Ce sont des films très libres, ils n&rsquo;ont rien en commun hormis la liberté des réalisateurs.</p>



<p>    </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/Tesnota-085170.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx_0.jpg" alt="" class="wp-image-16238" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/Tesnota-085170.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx_0.jpg 1000w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/Tesnota-085170.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx_0-300x200.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/Tesnota-085170.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx_0-768x512.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/Tesnota-085170.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx_0-360x240.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/Tesnota-085170.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx_0-720x480.jpg 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/Tesnota-085170.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx_0-770x514.jpg 770w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption> Tesnota de Kantemir Balagov </figcaption></figure>



<p><strong>Ces films vous ont inspirée? </strong></p>



<p><strong>Tesnota </strong>et <strong>Chungking Express</strong>, je les ai vus pendant le confinement, après toutes ces années de cinéma fauché et autoproduit. Cela m&rsquo;a donné de la force pour faire <strong>Entre les</strong> <strong>Vagues</strong> et cela m&rsquo;a rappelé à quel point la liberté, c&rsquo;était important, quel que soit le budget d&rsquo;un film. De rester libre et de n&rsquo;avoir peur de rien. Dans le cinéma, on a vite fait d&rsquo;avoir peur de la critique, du regard des autres sur notre regard. Je me souhaite de rester le plus longtemps possible assez loin de tout ça. Certes dans un film il y a toujours à redire, rien n&rsquo;est jamais parfait mais il ne faut pas avoir peur de proposer une vision, qu&rsquo;elle soit aimée ou pas. </p>



<p><strong>Normalement ce devrait être naturel&#8230;</strong></p>



<p>Oui, mais on sait qu&rsquo;on a vite fait de rentrer dans cet engrenage. C&rsquo;est facile d&rsquo;avoir vite peur, de céder aux pressions de l&rsquo;industrie, des productions, de s&rsquo;inspirer des réceptions de ce qu&rsquo;on a déjà fait&#8230;.et en définitive de s&rsquo;autocensurer. </p>



<p><strong>Oui c&rsquo;est pour cela que je suis toujours circonspect par rapport à un film de metteur en scène qui s&rsquo;exprime de manière libre et artistique. Il ne m&rsquo;est pas possible de le descendre, même si je ne l&rsquo;apprécie pas outre mesure. </strong></p>



<p>Moi pareil, en tant que spectatrice, c&rsquo;est comme vous. Par rapport à l&rsquo;oeuvre de quelqu&rsquo;un, si elle est très libre, même si je n&rsquo;ai pas du tout aimé, je respecterai toujours la liberté que cette personne a eue de s&rsquo;exprimer de cette manière-là. Donc, même si je n&rsquo;aime pas, je vais malgré tout respecter sa vision.  </p>



<p><strong>Personnellement Cannes a vraiment formé ma cinéphilie. Il y a tellement de regards différents, que c&rsquo;en est véritablement rafraîchissant&#8230;.</strong></p>



<p>Oui, surtout la Quinzaine, et puis l&rsquo;Officielle et Un Certain Regard. </p>



<p><strong>Ensuite il ne faut pas tomber dans l&rsquo;excès inverse et rejeter tous les films de studio. Il peut arriver que des regards indépendants et personnels s&rsquo;expriment y compris dans le cadre de grandes machineries. </strong></p>



<p>Moi je suis entièrement d&rsquo;accord avec vous. Moi mon rêve un jour c&rsquo;est de faire un Marvel! Moi cela m&rsquo;éclaterait grave. Moi, vous savez, je viens de la culture très populaire. Donc j&rsquo;ai été biberonnée à cela. Quand j&rsquo;avais le droit d&rsquo;aller au ciné avec des copines en 4ème, je n&rsquo;allais pas voir le dernier film d&rsquo;auteur qui était sorti. Je ne savais même pas ce que c&rsquo;était. J&rsquo;allais voir <strong>Taxi</strong>. Donc je viens de ça. Et je suis contente d&rsquo;avoir grandi avec cette culture. Et je suis contente d&rsquo;avoir pu connaître une cinéphilie plus pointue ensuite, en arrivant à Paris. Je suis contente car c&rsquo;est bien d&rsquo;avoir les deux, les deux sont complémentaires.   </p>



<p><em>Entretien réalisé en juin 2022 dans le cadre des Champs-Élysées Film Festival 2022.</em></p>



<p>Photo de couverture : © Aurélie Lamachère. </p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/champs-elysees-film-festival-2022-entretien-avec-la-realisatrice-anais-volpe/">Champs-Élysées Film Festival 2022 : entretien avec la réalisatrice Anaïs Volpé : « moi je rêve de faire un Marvel! ».</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://movierama.fr/champs-elysees-film-festival-2022-entretien-avec-la-realisatrice-anais-volpe/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Champs-Élysées Film Festival 2022 : entretien avec la réalisatrice Maïmouna Doucouré</title>
		<link>https://movierama.fr/champs-elysees-film-festival-2022-entretien-avec-la-realisatrice-maimouna-doucoure/</link>
					<comments>https://movierama.fr/champs-elysees-film-festival-2022-entretien-avec-la-realisatrice-maimouna-doucoure/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jun 2022 12:29:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Champs-Élysées Film Festival]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVALS]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[METTEURS EN SCENE]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://movierama.fr/?p=15936</guid>

					<description><![CDATA[<p>Membre du jury long métrage de la 11e édition des Champs-Élysées Film Festival, présidé cette année par Emmanuelle Bercot, la cinéaste Maïmouna Doucouré prépare actuellement son deuxième film, Hawa, produit par la plateforme Amazon Prime Vidéo. Un retour attendu pour la réalisatrice multi-primée de 37 ans, connue pour son court-métrage Maman(s), César du meilleur court-métrage en 2017 et son premier long métrage, Mignonnes,&#160;Prix de la Meilleure Réalisation au Festival de Sundance&#160;2020. Nous avons eu l&#8217;occasion d&#8217;échanger avec Maïmouna Doucouré pour [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/champs-elysees-film-festival-2022-entretien-avec-la-realisatrice-maimouna-doucoure/">Champs-Élysées Film Festival 2022 : entretien avec la réalisatrice Maïmouna Doucouré</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Membre du jury long métrage de la 11e édition des Champs-Élysées Film Festival, présidé cette année par Emmanuelle Bercot, la cinéaste Maïmouna Doucouré prépare actuellement son deuxième film, <strong>Hawa</strong>, produit par la plateforme Amazon Prime Vidéo. Un retour attendu pour la réalisatrice multi-primée de 37 ans, connue pour son court-métrage <strong>Maman(s)</strong>, César du meilleur court-métrage en 2017 et son premier long métrage, <strong>Mignonnes</strong>,&nbsp;Prix de la Meilleure Réalisation au Festival de Sundance&nbsp;2020. Nous avons eu l&rsquo;occasion d&rsquo;échanger avec Maïmouna Doucouré pour revenir sur son parcours, ses films et son engagement en faveur d&rsquo;un cinéma capable de faire bouger les lignes.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-vivid-cyan-blue-background-color has-vivid-cyan-blue-color"/>



<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:26% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="600" height="800" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/Champs-Elysees-Film-Festival-2022-affiche.jpg" alt="" class="wp-image-15939 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/Champs-Elysees-Film-Festival-2022-affiche.jpg 600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/Champs-Elysees-Film-Festival-2022-affiche-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>C&rsquo;est votre première participation aux Champs-Élysées Film Festival ?</strong></p>



<p>C&rsquo;est en effet la première fois que je viens dans ce Festival. Je me sens comme faisant parti des membres du jury, mais également comme une festivalière. Je vais apprécier, savourer et découvrir les œuvres projetées durant l&rsquo;évènement.</p>
</div></div>



<p><strong>Vous êtes membre du jury long métrage, qu&rsquo;est-ce que vous appréciez dans ce rôle ?</strong></p>



<p>Déjà, découvrir des films. En temps normal, enchaîner douze films, ça me paraît improbable. C&rsquo;est une pression agréable, d&rsquo;être contraint à regarder des films. Ce qui me plaît beaucoup dans cet exercice, ce sont les rencontres. Il y a toutes sortes de profils, des personnes qui viennent du cinéma, de la musique, du journalisme, de la littérature, j&rsquo;aime l&rsquo;idée d&rsquo;avoir des regards croisés sur les œuvres. Les échanges sont toujours très enrichissants. Il faut avoir le goût du débat et savoir trouver des arguments pour défendre les films.</p>



<p><strong>Vous connaissez des membres du jury ?</strong></p>



<p>Je connais Emmanuelle Bercot, en tant qu&rsquo;actrice évidemment, mais aussi à titre personnel car nous avons déjà été ensemble membre d&rsquo;un jury au Nikon Film Festival en 2017. C&rsquo;est drôle de se retrouver et de passer de petits films à des longs.</p>



<p><strong>Quel type de spectatrice êtes-vous ?</strong></p>



<p>J&rsquo;aime bien le cinéma d&rsquo;auteur, notamment lorsqu&rsquo;il me remue émotionnellement parlant et raconte une histoire qui me laisse une empreinte. Lorsqu&rsquo;un film m&rsquo;accompagne pendant plusieurs jours, là je me dit qu&rsquo;il s&rsquo;est passé quelque chose. Le cinéma me fait réfléchir sur le monde, sur l&rsquo;humain, sur nous-mêmes. Ce que je préfère, c&rsquo;est quand le cinéaste parvient à filmer l&rsquo;invisible. </p>



<p><strong>D&rsquo;où vient votre passion et votre désir de faire du cinéma ?</strong></p>



<p>La passion est venue en regardant des films devant la télévision, car je n&rsquo;allais pas forcément au cinéma quand j&rsquo;étais plus jeune. Je voyais les films avec un peu de retard, mais ce n&rsquo;était pas très grave. C&rsquo;était vraiment la culture télé. La volonté de faire du cinéma en revanche était bien enfouie. Je ne me sentais pas légitime, je pensais que c&rsquo;était un monde qui ne m&rsquo;était pas destiné. Il y eu a comme une sorte d&rsquo;auto-inhibition. Je pense que c&rsquo;était probablement dû à l&rsquo;absence ou au manque de modèles sur les écrans. Lorsque j&rsquo;étais jeune, à part dans les films américains, il y avait très peu de noirs au cinéma. Aujourd&rsquo;hui ça change, on avance dans la bonne direction. Je pense que l&rsquo;heure du constat est passée, maintenant il faut agir.</p>



<p><strong>Le jour où nous ne parleront plus de ce sujet, c&rsquo;est qu&rsquo;un pas aura véritablement été franchi.</strong></p>



<p>Exactement, lorsque ça ne sera plus exclusif ou exceptionnel, mais normal.</p>



<p><strong>Quelles sont les œuvres qui ont jalonné votre culture cinématographique ?</strong></p>



<p>Ce sont surtout des films fantastiques, les films de Steven Spielberg par exemple. J&rsquo;ai été bercé par <em>E.T., l&rsquo;extraterrestre</em> par exemple. Le cinéma de Guillermo Del Toro aussi, avec <em>Le Labyrinthe de Pan</em>, <em>La forme de l&rsquo;eau</em>, j&rsquo;adore les contes. Je pense également à <em>Carrie au bal du diable</em> de Brian de Palma. J&rsquo;aime aussi les films très proches de la vérité, comme ceux d&rsquo;Asghar Farhadi, surtout ceux qui se déroulent en Iran. Ses acteurs sont d&rsquo;une grande justesse, que ça soit dans <em>Une séparation</em> ou <em>A propos d&rsquo;Elly</em>. Ça m&rsquo;inspire pour mon propre travail. C&rsquo;est un cinéma qui me marque réellement.</p>



<p><strong>Le festival met à l&rsquo;honneur des productions indépendantes américaines et françaises, qu&rsquo;est-ce qui caractérise pour vous le cinéma d&rsquo;outre-Atlantique ?</strong></p>



<p>Je pourrai certainement répondre à cette question à la fin de la semaine (<em>rire</em>). Déjà, il y a forcément la réalité des mondes dépeints, le rapport à ce qui est raconté. On retrouve des préoccupations et des problématiques propres aux Etats-Unis. En même temps, ce qui est génial avec les films indépendants réussis, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a une universalité dans le propos. Malgré la singularité du récit, qu&rsquo;il se déroule à Paris ou New York, le film peut me parler et me toucher. Lorsque je présente mes films dans des Festivals, notamment à Sundance où <strong>Maman(s)</strong> et <strong>Mignonnes</strong> ont remporté des prix, je vois aussi des œuvres et je rencontre des réalisateurs qui viennent du monde entier. Ça, c&rsquo;est vraiment précieux, c&rsquo;est une véritable fenêtre qui s&rsquo;ouvre sur le monde qui nous entoure et une cartographie à l&rsquo;instant T des réalités qui se passent ailleurs. Quand tu as vu un film, tu peux te demander, comment je peux agir à mon tour sur le monde, sur ce sujet qui me touche.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized is-style-rounded"><img decoding="async" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/mignonnes-film.jpg" alt="" class="wp-image-16074" width="765" height="430" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/mignonnes-film.jpg 752w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/mignonnes-film-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 765px) 100vw, 765px" /></figure>



<p><strong>Il y a un vrai aspect militant dans votre démarche.</strong></p>



<p>Le cinéma peut aussi être ça, un vecteur militant. Je trouve ça puissant de se dire qu&rsquo;avec un seul film, je peux éveiller des consciences et engager des démarches, pour créer des lois ou sauver des personnes. On peut mettre en avant un sujet jusqu&rsquo;ici délaissé ou oublié, faire découvrir une cause. Finalement, c&rsquo;est une manière d&rsquo;apprendre à se connaître et du coup de s&rsquo;aimer. Lorsqu&rsquo;on ne se connaît pas, on peut avoir peur des autres. Tout ça peut permettre de réduire les violences, les incompréhensions, moins de Rassemblement National aussi, mais les derniers chiffres ne sont pas très bons, dramatiques même (<em>ndlr : 89 sièges RN à l&rsquo;Assemblée nationale en 2022 contre 8 en 2017</em>). Du coup, il faut plus de cinéma, plus d&rsquo;art, pour ouvrir les horizons.</p>



<p><strong>Votre premier long métrage, Mignonnes, est sorti directement sur Netflix aux Etats-Unis et a provoqué une impressionnante levée de boucliers aux Etats-Unis en raison d&rsquo;une promotion ratée. Menaces de mort, pétitions, vague de désabonnement et récupération politique, avec du recul, que gardez-vous de cette expérience ?</strong></p>



<p>Ce qui est drôle, c&rsquo;est qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui la plupart des messages que je reçois viennent de personnes qui ont fini par regarder le film et qui du coup, surtout aux Etats-Unis, s&rsquo;excusent ou regrettent avoir participé à une pétition contre la diffusion de <strong>Mignonnes </strong>sur Netflix. La bonne nouvelle pour moi, c&rsquo;est que nous sommes tous outrés par l&rsquo;hypersexualisation et que l&rsquo;on a envie d&rsquo;agir contre le fait que des petites filles aient entre leurs mains des outils dangereux, pour elle, pour leur construction en tant que femme, maintenant le plus important c&rsquo;est que l&rsquo;on regarde tous dans la même direction. Le problème n&rsquo;est pas dans mon film, qui dépeint uniquement une réalité. Il faut regarder le problème en face et agir. Quand on voit l&rsquo;engouement qu&rsquo;il y a eu, comment faire pour transformer cette implication en action ? Un simple tweet ne résout pas le problème.</p>



<p><strong>Vous travaillez actuellement sur votre deuxième long métrage, Hawa, produit par Amazon Prime Vidéo. Comment est née cette collaboration avec le géant américain ?</strong></p>



<p>J&rsquo;avais une histoire que je voulais raconter. J&rsquo;ai rencontré Thomas Dubois, le directeur des créations originales françaises de la plateforme Prime Vidéo, il y avait une envie réciproque de travailler ensemble sur un projet. L&rsquo;idée de mon film a plu et j&rsquo;avais envie de la raconter tout de suite cette histoire. J&rsquo;en ai d&rsquo;autres en cours d&rsquo;écriture, mais je dois finaliser des recherches, trouver des financements. J&rsquo;étais séduite par l&rsquo;idée de sortir mon film dans 240 pays via la plateforme, de partager cette histoire avec autant de personnes. Et ça s&rsquo;est très bien passé, j&rsquo;étais complétement libre. Le désir d&rsquo;Amazon n&rsquo;était pas de formater mon travail, je n&rsquo;ai pas fait un pour eux, mais avec eux. C&rsquo;est une véritable collaboration et il y a eu un vrai respect de mon travail. Je suis en fin de post-production, on approche de la dernière étape. J&rsquo;ai hâte de le présenter.</p>



<p><strong>Est-ce que le fait de sortir votre film uniquement sur une plateforme de streaming a changé votre manière de travailler ? En opposition avec votre précédent long métrage, Mignonnes, qui a bénéficie d&rsquo;une sortie en salles.</strong></p>



<p>Quand je réalise, je ne me pose pas spécialement cette question. Je fais un film de cinéma, j&rsquo;ai un chef-opérateur incroyable, Antoine Sanier, et une véritable équipe de cinéma. On voit les choses en grand. On peut trouver ça paradoxal, mais je ne me dis pas comment on va travailler la lumière pour que le film soit lisible sur une télévision ou un écran de téléphone. Je suis une spectatrice qui va au cinéma, mais qui découvre aussi des œuvres sur ma tablette, sur ma télé. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;un contre l&rsquo;autre, il faut penser avec, sans se léser. Evidemment, il faut continuer d&rsquo;encourager les salles de cinéma. Je crois beaucoup à l&rsquo;éducation par l&rsquo;image, il y a un pont à créer pour amener un public nouveau, plus jeune, et faire peut-être naître des sensibilités.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-style-rounded"><img decoding="async" width="1024" height="540" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/hawa-1024x540.jpg" alt="" class="wp-image-16081" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/hawa-1024x540.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/hawa-300x158.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/hawa-768x405.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/hawa-1536x810.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/hawa-2048x1080.jpg 2048w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/hawa-770x406.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/hawa-1400x738.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/06/hawa-1320x696.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Après avoir traité le sujet de l&rsquo;hypersexualisation et les dangers des réseaux sociaux avec Mignonnes, quelles thématiques souhaitiez-vous aborder avec Hawa ?</strong></p>



<p>Le film parle d&rsquo;une jeune albinos, un personnage différent, extraordinaire. Je n&rsquo;ai pas cherché à parler de la différence de manière frontale, mais ça la caractérise tellement que ça fait partie d&rsquo;elle. Elle va perdre sa grand-mère et il faut absolument trouver quelqu&rsquo;un pour l&rsquo;adopter. Je voulais raconter la façon dont on peut casser les plafonds de verre et lutter contre le déterminisme social. Je n&rsquo;en dis pas plus, mais c&rsquo;est un personnage fort.</p>



<p><strong>Pour conclure, quels conseils vous donneriez aux jeunes qui veulent se lancer dans le cinéma ?</strong></p>



<p>Comme je le disais plus tôt, je pensais que ce milieu ne m&rsquo;était pas destiné. J&rsquo;ai passé mon temps à réfléchir, à peser le pour et le contre. Je recommande de débrancher cette pensée et de faire un travail de transformation de croyance, pour gagner en motivation et pousser à l&rsquo;action. Il ne faut pas hésiter à agir, participer au Nikon Film Festival par exemple, à un concours de scénario, de vidéo, il y a une vraie démocratisation du cinéma aujourd&rsquo;hui. On peut raconter une histoire avec un téléphone et voir ce qui passe. Puis tout simplement aller au cinéma, découvrir des films sur les plateformes et s&rsquo;intéresser aux festivals, comme les Champs Elysées Film Festival, qui mettent en avant des œuvres rares et indépendantes. Si l&rsquo;envie est là, de faire et de travailler.</p>



<p><em>Entretien réalisé en juin 2022 dans le cadre des Champs-Élysées Film Festival 2022.</em></p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/champs-elysees-film-festival-2022-entretien-avec-la-realisatrice-maimouna-doucoure/">Champs-Élysées Film Festival 2022 : entretien avec la réalisatrice Maïmouna Doucouré</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://movierama.fr/champs-elysees-film-festival-2022-entretien-avec-la-realisatrice-maimouna-doucoure/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Antoneta Alamat Kusijanovic : rencontre avec la réalisatrice de Murina</title>
		<link>https://movierama.fr/antoneta-alamat-kusijanovic-rencontre-avec-la-realisatrice-de-murina/</link>
					<comments>https://movierama.fr/antoneta-alamat-kusijanovic-rencontre-avec-la-realisatrice-de-murina/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Apr 2022 08:31:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[Les Arcs Film Festival]]></category>
		<category><![CDATA[METTEURS EN SCENE]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://movierama.fr/?p=12947</guid>

					<description><![CDATA[<p>Réalisatrice croate de 36 ans, Antoneta Alamat Kusijanovic a fait sensation avec Murina lors du Festival de Cannes 2021. Un premier long-métrage co-produit par Martin Scorsese, brillant et sensible, sur l&#8217;émancipation d&#8217;une jeune femme prise dans les filets de sa famille. Nouvelle lauréate de la caméra d&#8217;Or, une récompense notamment remise par le passé à Jim Jarmush ou Léonor Serraille, la cinéaste était loin de Cannes lors de la cérémonie de clôture du Festival : comme vous le découvrirez dans [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/antoneta-alamat-kusijanovic-rencontre-avec-la-realisatrice-de-murina/">Antoneta Alamat Kusijanovic : rencontre avec la réalisatrice de Murina</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Réalisatrice croate de 36 ans, Antoneta Alamat Kusijanovic a fait sensation avec <strong>Murina </strong>lors du Festival de Cannes 2021. Un premier long-métrage co-produit par Martin Scorsese, brillant et sensible, sur l&rsquo;émancipation d&rsquo;une jeune femme prise dans les filets de sa famille. Nouvelle lauréate de la caméra d&rsquo;Or, une récompense notamment remise par le passé à Jim Jarmush ou Léonor Serraille, la cinéaste était loin de Cannes lors de la cérémonie de clôture du Festival : comme vous le découvrirez dans cet échange avec la cinéaste, un bonheur en chassait un autre. Entretien avec Antoneta Alamat Kusijanovic.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-vivid-cyan-blue-background-color has-vivid-cyan-blue-color"/>



<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:26% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="768" height="1024" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/04/Murina-film-768x1024.jpg" alt="Affiche du film Murina d'Antoneta Alamat Kusijanovic" class="wp-image-12950 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/04/Murina-film-768x1024.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/04/Murina-film-225x300.jpg 225w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/04/Murina-film-770x1027.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/04/Murina-film.jpg 810w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>Murina est votre premier long-métrage, parlez-nous de l&rsquo;origine du projet.</strong></p>



<p>J&rsquo;ai commencé à explorer cet environnement de travail et le personnage de Julija dans mon court-métrage <strong>Into the Blue</strong>. La mer est un endroit qui peut être dangereux, où tout peut arriver, de la violence à l&rsquo;amour. En travaillant avec Gracija Filipovic, je me suis rendu compte qu&rsquo;il était possible d&rsquo;étendre l&rsquo;univers de son personnage, c&rsquo;est là que j&rsquo;ai débuté l&rsquo;écriture de <strong>Murina</strong>.</p>
</div></div>



<p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/14.0.0/72x72/1f3a6.png" alt="🎦" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /><em>Lien Viméo pour visionner le court-métrage :</em> <a href="https://vimeo.com/436566474" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://vimeo.com/436566474</a></p>



<p><strong>Le cadre de Murina est pratiquement un personnage à part entière. Entre le bleu de la mer et le soleil brûlant, la famille de Julija semble exposée.</strong></p>



<p>J&rsquo;ai longtemps souhaité être une architecte. Je pense que l&rsquo;architecture de l&rsquo;espace qui nous entoure, naturel ou construit par l&rsquo;homme, nous donne des pistes pour comprendre nos comportements. Notre environnement a un impact sur notre personnalité, mais aussi nos désirs et nos humeurs. Lorsque j&rsquo;ai débuté ma démarche de repérage pour le film, mon premier souhait était de trouver un endroit sans végétation, très sec. Je ne pense pas que ce film aurait pu se faire dans un appartement, il fallait un lieu où la peau brûle et où la lumière empêche de se cacher.</p>



<p><strong>Enfin excepté sous l&rsquo;eau.</strong></p>



<p>Oui, mais elle reste tout de même sous la surveillance de son père. Lorsqu&rsquo;elle est sous l&rsquo;eau, elle plonge d&rsquo;une certaine manière dans son subconscient. C&rsquo;est un espace de désir et de réflexion pour le personnage de Julija.</p>



<p><strong>Le caractère solaire du film laisse deviner l&rsquo;angoisse qu&rsquo;a pu représenter la météo lors des prises. Comment s&rsquo;est passé le tournage ?</strong></p>



<p>C&rsquo;est vrai, c&rsquo;était un aspect essentiel et déterminant. Sur la totalité du tournage, soit quarante jours, il n&rsquo;y avait qu&rsquo;un seul jour en intérieur et douze sous l&rsquo;eau, nous étions donc très dépendants de la météo. Il suffisait de peu pour rendre une scène compliquée, du vent lors d&rsquo;une prise en bateau, du courant lors d&rsquo;une prise sous l&rsquo;eau. Il faut être capable de s&rsquo;adapter, heureusement l&rsquo;énergie était là, nous n&rsquo;arrêtions pas de chanter.</p>



<p><strong>Murina comporte de nombreuses scènes tournées sous l&rsquo;eau, s&rsquo;agissant de votre premier long-métrage, ces scènes ont représenté un challenge pour vous ?</strong></p>



<p>On ne peut tourner sous l&rsquo;eau que durant un temps limité chaque jour, ça contraint forcément le tournage. Je suis aujourd&rsquo;hui à l&rsquo;aise sous l&rsquo;eau, ça ne m&rsquo;inquiète pas, mais je me souviens d&rsquo;autres expériences où je n&rsquo;étais pas dans mon élément, je pense qu&rsquo;il faut savoir affronter ses craintes et ne pas hésiter à sortir de sa zone de confort.</p>



<div class="wp-block-cover is-light" style="min-height:263px"><span aria-hidden="true" class="has-background-dim-10 wp-block-cover__gradient-background has-background-dim"></span><img decoding="async" width="681" height="383" class="wp-block-cover__image-background wp-image-4121" alt="Murina d'Antoneta Alamat Kusijanovic" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/07/Murina-small-ress-8865.jpg" style="object-position:0% 0%" data-object-fit="cover" data-object-position="0% 0%" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/07/Murina-small-ress-8865.jpg 681w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/07/Murina-small-ress-8865-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 681px) 100vw, 681px" /><div class="wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"></p>
</div></div>



<p><strong>L&rsquo;arrivée sur l&rsquo;île de Javier agite la famille de Julija, il est à la fois le passé et peut-être l&rsquo;avenir</strong>, <strong>mais aussi un spectateur de cette famille pleine de tensions.</strong> </p>



<p>Nous sommes des êtres complexes, il devait en être autant pour les personnages de Murina, peu importe leurs âges. Je voulais donner de la couleur et de l&rsquo;épaisseur à la psychologie des personnages, notamment Jujila. Elle partage son temps principalement avec des adultes et développe, par son âge et ses expériences, un désir d&rsquo;émancipation.</p>



<p><strong>Pour rebondir sur le personnage de Jujila, elle semble quelque part vivre en autarcie avec ses parents. Elle ne peut pas comparer sa situation : est-ce que le comportement de son père, très autoritaire, est acceptable ? Quel est votre regard sur ce père ?</strong></p>



<p>Pour certaines personnes, le personnage d&rsquo;Ante sera celui d&rsquo;un méchant, d&rsquo;un mauvais père. En Croatie, il est perçu comme un bon père, il possède des valeurs morales qui sont appréciées. Pour eux, il est victime du comportement de sa femme et de sa fille. La lecture dépend donc de l&rsquo;état d&rsquo;esprit du spectateur. J&rsquo;aime beaucoup entendre les gens parler d&rsquo;Ante, il est comme un test de personnalité, il montre un peu qui nous sommes.</p>



<p><strong>Votre film a remporté la Caméra d&rsquo;Or à Cannes l&rsquo;année dernière, comment avez-vous accueilli ce prix ?</strong></p>



<p>Lorsque j&rsquo;ai gagné le prix en juillet 2021, j&rsquo;étais à l&rsquo;hôpital à Zagreb avec mon nouveau-né, heureuse et soulagée. Quelques jours plus tard, j&rsquo;ai eu un échange avec une personne qui considérait qu&rsquo;on ne pouvait concilier être mère et réalisatrice. Je pense que c&rsquo;est faux, on peut tout à fait avoir le courage et l&rsquo;énergie de mener plusieurs fronts.</p>



<p><strong>Peut-être est-ce encore tôt pour le dire, mais a-t-il eu eu un impact sur votre carrière ?</strong></p>



<p>Oui, les personnes qui ne m&rsquo;aimaient pas m&rsquo;aiment encore moins (<em>rire</em>). Bien sûr, ça a changé des choses. C&rsquo;est une reconnaissance incroyable, ça m&rsquo;a ouvert des opportunités. De nombreux producteurs et acteurs m&rsquo;ont proposé des projets ou des financements pour mon prochain film. Parfois, le succès peut perçu différemment. En Croatie, ce prix a eu l&rsquo;effet contraire : il a réduit mes chances de collaborer avec le milieu du cinéma.</p>



<p></p>



<div class="wp-block-media-text alignwide has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:auto 55%"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="1024" height="935" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/04/Murina-e1650382033349-1024x935.jpg" alt="Murina d'Antoneta Alamat Kusijanovic" class="wp-image-13047 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/04/Murina-e1650382033349-1024x935.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/04/Murina-e1650382033349-300x274.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/04/Murina-e1650382033349-768x702.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/04/Murina-e1650382033349-770x703.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/04/Murina-e1650382033349.jpg 1168w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>Pour conclure, pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec les compositeurs de la BO du film ?</strong></p>



<p>J&rsquo;ai collaboré avec deux compositeurs français, Sacha et Evgueni&nbsp;Galperine. C&rsquo;était notre troisième projet ensemble. Ils ont travaillé avec des instruments à cordes pour la musique plutôt qu&rsquo;avec des pianos, c&rsquo;était un excellent choix à mon sens. Avec les cordes, on est sur quelque chose d&rsquo;aérien, de plus spirituel, qui étend l&rsquo;univers de <strong>Murina</strong>. La musique exprime très bien l&rsquo;idée de liberté portée par le film.</p>
</div></div>



<p><em>Entretien réalisé en anglais par la rédaction en décembre 2021</em> <em>dans le cadre des <a href="https://lesarcs-filmfest.com/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Arcs Film Festival</a>.</em></p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-vivid-cyan-blue-background-color has-vivid-cyan-blue-color"/>



<p><em><strong>Synopsis :</strong></em> Sur l’île croate où elle vit, Julija souffre de l’autorité excessive de son père. Le réconfort, elle le trouve au contact de sa mère – et de la mer, un refuge dont elle explore les richesses. L’arrivée d’un riche ami de son père exacerbe les tensions au sein de la famille. Julija réussira-t-elle à gagner sa liberté ?</p>



<p class="has-text-align-center has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-medium-font-size"><strong><a href="https://movierama.fr/murina-la-murene-dans-le-vivier/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Notre critique du film</a></strong></p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/antoneta-alamat-kusijanovic-rencontre-avec-la-realisatrice-de-murina/">Antoneta Alamat Kusijanovic : rencontre avec la réalisatrice de Murina</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://movierama.fr/antoneta-alamat-kusijanovic-rencontre-avec-la-realisatrice-de-murina/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>François Desagnat : rencontre avec le réalisateur de Zaï Zaï Zaï Zaï</title>
		<link>https://movierama.fr/francois-desagnat-rencontre-avec-le-realisateur-de-zai-zai-zai-zai/</link>
					<comments>https://movierama.fr/francois-desagnat-rencontre-avec-le-realisateur-de-zai-zai-zai-zai/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Feb 2022 12:59:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[METTEURS EN SCENE]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://movierama.fr/?p=11036</guid>

					<description><![CDATA[<p>Du papier à l&#8217;écran, le road movie de Fabcaro prend vie. Derrière la caméra, un cinéaste de comédies, François Desagnat, à ne pas confondre avec son frère Vincent, acteur et animateur de télévision. Si Zaï Zaï Zaï Zaï se réclame d&#8217;un genre cinématographique sur sa couverture, son adaptation au cinéma n&#8217;a toutefois rien d&#8217;une évidence : la succession de saynètes que compose la bande dessinée, à lire à son rythme, doit trouver son propre tempo à l&#8217;écran. Un pari risqué, [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/francois-desagnat-rencontre-avec-le-realisateur-de-zai-zai-zai-zai/">François Desagnat : rencontre avec le réalisateur de Zaï Zaï Zaï Zaï</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Du papier à l&rsquo;écran, le road movie de Fabcaro prend vie. Derrière la caméra, un cinéaste de comédies, François Desagnat, à ne pas confondre avec son frère Vincent, acteur et animateur de télévision. Si Zaï Zaï Zaï Zaï se réclame d&rsquo;un genre cinématographique sur sa couverture, son adaptation au cinéma n&rsquo;a toutefois rien d&rsquo;une évidence : la succession de saynètes que compose la bande dessinée, à lire à son rythme, doit trouver son propre tempo à l&rsquo;écran. Un pari risqué, mais gagnant : l&rsquo;adaptation, augmentée pour le cinéma, fait mouche. A l&rsquo;occasion de sa sortie dans les salles le 23 février prochain, nous sommes revenus sur la genèse du film avec son réalisateur, François Desagnat. Entretien.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-vivid-cyan-blue-background-color has-vivid-cyan-blue-color"/>



<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:26% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="245" height="336" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/Zai-zai-zai-zai.jpg" alt="" class="wp-image-11085 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/Zai-zai-zai-zai.jpg 245w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/Zai-zai-zai-zai-219x300.jpg 219w" sizes="(max-width: 245px) 100vw, 245px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>Comment s&rsquo;est passée votre première rencontre avec la bande dessinée de Fabcaro ?</strong></p>



<p>De manière assez simple, je suis plutôt fan de BD et dans mes pérégrinations dans une libraire en face de chez moi, où je passe beaucoup de temps, trop, je suis tombé sur <strong>Zaï Zaï Zaï Zaï</strong>. Je ne connaissais pas ce mec et je ne comprenais pas pourquoi il était aussi peu connu. Quelque temps plus tard, la BD a rencontré un succès phénoménal. Ce qui est surprenant, c&rsquo;est que c&rsquo;est à la fois très particulier et en même temps universel. J&rsquo;adore offrir cette BD ! C&rsquo;était l&rsquo;un des enjeux du film, d&rsquo;arriver à retrouver cet esprit.</p>
</div></div>



<p><strong>Il y a quelques années, un média titrait « Pourquoi les adaptations de BD au cinéma sont-elles (presque) toujours ratées ? ». S&rsquo;agissant justement d&rsquo;une adaptation, avez-vous été confronté à des réticences, des craintes de la part des producteurs ?</strong></p>



<p>Pas tellement. Je me souviens de cet article, mais je pense que la complexité d&rsquo;une adaptation de BD, au-delà de l&rsquo;univers, c&rsquo;est la présence de personnages emblématiques. Lucky Luke, Asterix et Obélix, il faut trouver les bons comédiens pour les incarner. Quand on parle de Gérard Depardieu et d&rsquo;Obélix, il parvient à s&#8217;emparer du personnage sans que l&rsquo;on se pose de questions. Je souhaite d&rsquo;ailleurs que Gilles Lellouche fasse la même chose dans le prochain (<em>ndlr : Astérix et Obélix : L&rsquo;Empire du Milieu</em>). Là où nous on ne s&rsquo;est pas posé la question, c&rsquo;est que dans <strong>Zaï Zaï Zaï Zaï</strong>, il n&rsquo;y a pas cette notion de personnage emblématique. Le seul, à la limite, c&rsquo;est celui incarné par Jean-Paul Rouve, sorte d&rsquo;alter égo de Fabcaro. Ça nous laissait une liberté énorme sur la création de l&rsquo;univers et des personnages, il n&rsquo;y avait aucun inconscient collectif graphique pour nous paralyser.</p>



<p><strong>Comment avez-vous fait pour traduire l&rsquo;univers si singulier de Zaï Zaï Zaï Zaï en langage cinématographique ?</strong></p>



<p>Il n&rsquo;y avait aucune évidence dans l&rsquo;adaptation de la BD de Fabcaro. Maintenant que je l&rsquo;ai fait, cette réflexion est un peu derrière moi, mais elle me revient néanmoins souvent. J&rsquo;essaye d&rsquo;analyser comment nous avons surmonté ce challenge. En prenant du recul, la première difficulté, c&rsquo;était le statut de la BD, elle est culte. Il y a des attentes et un enjeu, une pression. En étant pragmatique, ce n&rsquo;est pas si compliqué de l&rsquo;adapter. Quand je pense à l&rsquo;adaptation du Seigneur des Anneaux, là c&rsquo;est compliqué ! Il faut faire exister un univers qui n&rsquo;existe pas. Dans le cas de <strong>Zaï Zaï Zaï Zaï</strong>, on parle de scènes dans un salon, une cuisine, quelqu&rsquo;un qui marche dans la campagne. La vraie complication, elle vient du ton particulier de la BD. Il faut interpréter au premier degré une situation totalement décalée et donc trouver le ton juste. C&rsquo;est un travail entre moi et les comédiens. Plus que le dosage, il avait l&rsquo;écueil du film à sketches.</p>



<p><strong>Lors de la réalisation du film, quel rapport entreteniez-vous avec l&rsquo;auteur ?</strong></p>



<p>Il a toujours été extrêmement bienveillant vis-à-vis du projet. On s&rsquo;est rencontré très tôt, dès que nous avons émis le souhait de prendre les droits de la BD, et on s&rsquo;est bien entendu. On partageait des références, de cinéma, de musique. Il nous a tout de suite dit qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas l&rsquo;intention de travailler sur l&rsquo;adaptation s&rsquo;il nous cédait les droits. Nous avons inventé des choses par rapport à la BD et Jean-Luc Gaget qui a écrit le scénario avec moi avait toujours cette phrase « <em>il faut absolument que nous soyons Fabcaro-compatible</em>« . Tout ce que l&rsquo;on invente, il fallait que ça soit dans le ton de la BD. Lors du tournage, on nous demandait parfois si la scène était dans la bande dessinée ou non. C&rsquo;était une petite fierté pour nous, on s&rsquo;inscrivait réellement dans l&rsquo;univers. Fabcaro a lu les différentes versions du scénario, sans jamais s&rsquo;impliquer artistiquement. Il apparaît d&rsquo;ailleurs dans le film, c&rsquo;est lui qui dessine le portrait robot de Jean-Paul Rouve.</p>



<div class="wp-block-cover" style="min-height:263px"><span aria-hidden="true" class="has-background-dim-10 wp-block-cover__gradient-background has-background-dim"></span><img decoding="async" width="1600" height="865" class="wp-block-cover__image-background wp-image-11039" alt="" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/5095722.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg" style="object-position:58% 53%" data-object-fit="cover" data-object-position="58% 53%" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/5095722.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg 1600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/5095722.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-300x162.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/5095722.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-1024x554.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/5095722.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-768x415.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/5095722.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-1536x830.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/5095722.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-770x416.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/5095722.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-1400x757.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/5095722.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-1320x714.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><div class="wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"></p>
</div></div>



<p><strong>Pour revenir sur ce que vous disiez sur l&rsquo;esprit de la BD, ce qui est passionnant avec Zaï Zaï Zaï Zaï, c&rsquo;est la multiplication des niveaux de lecture. Le récit aborde notamment l&rsquo;ère de l&rsquo;information en continu, avec un ton à la fois humoristique, satirique, parfois burlesque. Entre les rumeurs, les complots et les préjugés</strong>, <strong>Fabcaro dépeint une société à bout de souffle</strong>.</p>



<p>C&rsquo;est toute la force de la BD. Avec la légèreté et l&rsquo;absurdité qui caractérise son univers, il appuie à des endroits où ça fait un peu mal, notamment sur des sujets de société. Le point de départ, c&rsquo;est une critique de la société de consommation, avec cette histoire de carte de fidélité. C&rsquo;est un délit de ne pas l&rsquo;avoir, c&rsquo;est une véritable extension de soi-même. Il faut l&rsquo;avoir pour être un bon citoyen. Il a écrit au départ à partir d&rsquo;une angoisse. A la caisse d&rsquo;un magasin, on lui demande la carte de fidélité, il sent une forme de culpabilité de ne pas l&rsquo;avoir. On a tous quelque part cette forme de culpabilité, ça raisonne cette idée. Il profite de ça et on s&rsquo;est inscrit là-dedans, pour écorner les médias. Comment à partir d&rsquo;un micro faits-divers, les médias peuvent passer des heures à commenter tout et n&rsquo;importe quoi. Ils font de <em>« plus amples suppositions</em> » comme écrit dans la BD. A la sortie d&rsquo;une projection, quelqu&rsquo;un est venu me voir pour me dire « c&rsquo;est du non-sens qui donne du sens ». On s&rsquo;amuse en effet à créer des histoires absurdes, mais qui racontent quelque chose.</p>



<p><strong>Il y a aussi une forme de dérision dans le choix des interprètes, avec ce regroupement d&rsquo;artistes qui parodie Les Enfoirés : on y retrouve des figures du mouvement de personnalités.</strong> <strong>Ils se caricaturent.</strong></p>



<p>En effet et pour l&rsquo;anecdote, il y en a certains qui étaient aux Enfoirés la veille du tournage. C&rsquo;était un concours de circonstances, mais la costumière du film fait également les costumes pour ce mouvement. Il y a une espèce d&rsquo;autodérision autour de ces participations.</p>



<p><strong>Parlez nous du processus de casting du film.</strong></p>



<p>Jean-Paul Rouve, ça été une évidence, on voulait travailler ensemble depuis longtemps. Je savais qu&rsquo;il allait être sensible au projet. Au début il était un peu circonspect vis-à-vis de l&rsquo;adaptation de <strong>Zaï Zaï Zaï Zaï</strong> au cinéma, mais le scénario l&rsquo;a rapidement convaincue. Tout son passé avec Les robins des bois représente une forme de filiation avec l&rsquo;univers de Fabcaro. Son personnage est une sorte de clown blanc, il accepte   d&rsquo;être celui qui n&rsquo;est pas drôle, qui laisse la part de comédie aux autres. Je trouve que c&rsquo;est d&rsquo;une très grande générosité de sa part. Julie Depardieu, c&rsquo;était une idée de Jean-Paul, elle a rapidement accepté le rôle de Fabienne. Ramzy, c&rsquo;est un camarade, le rôle qu&rsquo;il interprète est totalement inventé, quand je lui ai raconté, il s&rsquo;est marré et a accepté de jouer Benjamin. J&rsquo;avais fait découvrir à Julie Gayet la BD sur le tournage d&rsquo;un précédent film, elle lit d&rsquo;ailleurs la BD dans une scène. Pour Yolande Moreau, le processus s&rsquo;est montré étrange.</p>



<div class="wp-block-media-text alignwide has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="843" height="805" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/zaizaizai-yolande.jpg" alt="" class="wp-image-11091 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/zaizaizai-yolande.jpg 843w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/zaizaizai-yolande-300x286.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/zaizaizai-yolande-768x733.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2022/02/zaizaizai-yolande-770x735.jpg 770w" sizes="(max-width: 843px) 100vw, 843px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>Elle incarne avec une telle évidence le rôle du commissaire.</strong></p>



<p>Dans le rôle, il y a en effet une sorte d&rsquo;évidence absolue. Il y a une histoire assez longue et qui me touche derrière ce choix. Au départ, j&rsquo;avais envie de retrouver André Dussollier, je lui avais donc proposé le rôle du commissaire. Je l&rsquo;imaginais très bien dans ce rôle, drôle et décalé. Il me confirme son souhait de participer, sauf qu&rsquo;il est déjà sur un autre projet et il est impossible de trouver une date pour tourner ensemble. Il était triste et anxieux à l&rsquo;idée de perdre ce rôle.</p>
</div></div>



<p>Dans nos discussions, l&rsquo;idée de Yolande est apparue, on trouvait ça absolument génial. J&rsquo;ai pu la rencontrer et elle s&rsquo;est réellement emparée du rôle, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs elle qui a proposé l&rsquo;idée de la perruque. Elle est formidable.</p>



<p><strong>Pour conclure, un mot sur la bande originale de Yuksek</strong>. <strong>Comment s&rsquo;est passé le travail créatif autour de la musique ?</strong> <strong>Elle occupe une place importante dans le film.</strong></p>



<p>Lors de la phase de recherche d&rsquo;un compositeur, le nom de Yuksek est apparu et a clignoté dans ma tête. J&rsquo;avais un feeling, j&rsquo;aime ce qu&rsquo;il fait, c&rsquo;est un super producteur. On a échangé, il m&rsquo;a fait une énorme playlist avec des intentions. On avait envie de ne pas faire une musique de comédie, quelque chose qui correspond au côté premier degré du film. On voulait restituer l&rsquo;aspect anxiogène de la cavale puis, petit à petit, dérouler un fil plus mélancolique durant les pérégrinations de Fabrice. On a été très influencé par les années 70, le travail musical de François de Roubaix. L&rsquo;objectif était de créer un contrepoint à la comédie pour lui donner plus de relief.</p>



<p><em>Entretien réalisé par la rédaction en décembre 2021</em> <em>dans le cadre des <a href="https://lesarcs-filmfest.com/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Arcs Film Festival</a>.</em></p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-vivid-cyan-blue-background-color has-vivid-cyan-blue-color"/>



<p class="has-text-align-center has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-medium-font-size"><strong><a href="https://movierama.fr/zai-zai-zai-zai-siffler-sur-la-colline-en-lozere/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Notre critique du film</a></strong></p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/francois-desagnat-rencontre-avec-le-realisateur-de-zai-zai-zai-zai/">François Desagnat : rencontre avec le réalisateur de Zaï Zaï Zaï Zaï</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://movierama.fr/francois-desagnat-rencontre-avec-le-realisateur-de-zai-zai-zai-zai/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les Arcs Film Festival 2021 : rencontre avec l&#8217;acteur Hugo Becker</title>
		<link>https://movierama.fr/les-arcs-film-festival-2021-rencontre-avec-lacteur-hugo-becker/</link>
					<comments>https://movierama.fr/les-arcs-film-festival-2021-rencontre-avec-lacteur-hugo-becker/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Dec 2021 08:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTEURS]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVALS]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[Les Arcs Film Festival]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[hugo becker]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://movierama.fr/?p=9023</guid>

					<description><![CDATA[<p>Au Service de la France, l&#8217;acteur Hugo Becker multiplie les rôles sans distinguer les formats : on le retrouve aussi bien dans les salles sombres, sur nos écrans ou sur les planches. Polyglotte, il s&#8217;est notamment fait connaître à l&#8217;international avec la série Gossip Girl dans laquelle il incarne Louis Grimaldi, prince de Monaco. De Baron Noir au Dernier Voyage du cinéaste Romain Quirot, Hugo Becker approche assurément du devant de la scène. Membre du jury court métrage lors des [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/les-arcs-film-festival-2021-rencontre-avec-lacteur-hugo-becker/">Les Arcs Film Festival 2021 : rencontre avec l&rsquo;acteur Hugo Becker</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Au Service de la France</em>, l&rsquo;acteur Hugo Becker multiplie les rôles sans distinguer les formats :</strong> <strong>on le retrouve aussi bien dans les salles sombres, sur nos écrans ou sur les planches.</strong> <strong>Polyglotte, il s&rsquo;est notamment fait connaître à l&rsquo;international avec la série</strong> <strong><em>Gossip Girl</em> dans laquelle il incarne Louis Grimaldi, prince de Monaco.</strong> <strong>De <em>Baron Noir</em> au <em>Dernier Voyage</em> du cinéaste Romain Quirot,</strong> <strong>Hugo Becker</strong> <strong>approche assurément du devant de la scène.</strong> <strong>Membre du jury court métrage lors des Arcs Film Festival édition 2021,</strong> <strong>nous avons eu le plaisir de le rencontrer pour revenir sur son expérience de juré, mais aussi sur son rapport au cinéma.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-vivid-cyan-blue-background-color has-vivid-cyan-blue-color"/>



<p><strong>C&rsquo;est votre première venue aux Arcs Film Festival ?</strong></p>



<p>C&rsquo;est la première fois que je viens oui, au festival comme à la station. Je suis ravi d&rsquo;être ici, j&rsquo;adore la montagne. Ça fait du bien, on voit les choses autrement, on prend un peu de distance.</p>



<p><strong>Vous connaissiez les membres du jury ?</strong></p>



<p>Je connaissais un peu Alma Jodorowsky et la cinéaste Zoé Wittock, qui a réalisé <em>Jumbo</em>. Je connaissais le nom et le travail des autres membres du jury. On est une belle équipe.</p>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-center has-white-background-color has-background" style="grid-template-columns:38% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="450" height="630" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lesarcsfilmfestival-affiche.jpg" alt="" class="wp-image-8781 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lesarcsfilmfestival-affiche.jpg 450w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lesarcsfilmfestival-affiche-214x300.jpg 214w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>Qu&rsquo;est que vous appréciez dans le rôle de membre de jury ?</strong></p>



<p>Déjà les rencontres, très clairement. C&rsquo;est très enrichissant de voir comment les gens analysent, pensent un film, ce qu&rsquo;ils ressentent et finalement, découvrir leur vision artistique. Parfois on voit des choses et on se dit « je déteste », c&rsquo;est un point de vue tout à fait subjectif, il y a toujours un regard opposé. Plutôt que de fermer le débat, c&rsquo;est plus intéressant de comprendre. On n&rsquo;est pas forcément d&rsquo;accord, chacun arrive avec son bagage. on a tous nos propres vécus. Autant je peux avoir un avis tranché, ça ne m&#8217;empêche pas d&rsquo;échanger ou de reconnaître les qualités d&rsquo;une œuvre.</p>
</div></div>



<p>Par exemple, je ne suis pas un fan absolu de Tim Burton, pour autant, je sais pourquoi les gens adorent, il y a du génie dans son cinéma. C&rsquo;est aussi l&rsquo;occasion de découvrir des courts métrages que je n&rsquo;aurais certainement jamais vus.</p>



<p><strong>Quel type de spectateur êtes-vous ?</strong></p>



<p>Je suis le genre de spectateur qui peut rester dans la salle jusqu&rsquo;à la fin du générique, jusqu&rsquo;à que la salle soit totalement vide. Je crois que c&rsquo;est pour ça que j&rsquo;ai choisi de faire ce métier, parce que je me projette dans les personnages, je peux rester dans le film pendant un certain temps. Je suis un très bon client, ça marche vraiment.</p>



<p><strong>Quels sont&nbsp;vos derniers coups de cœur&nbsp;?</strong></p>



<p>J&rsquo;ai adoré le dernier Joachim Trier, <em><a href="http://Quels sont tes coups de cœur récents ?" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Julie (en 12 chapitres)</a></em>,  je suis fan de ce réalisateur et je pense qu&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;un de ses meilleurs. J&rsquo;apprécie pas mal le titre anglais du film, <em>The Worst Person in the World</em>, ça parle des points de vue. Qui est la pire personne au monde ?  Le nom de son premier film, <em>Nouvelle Donne</em>, est également le nom de ma boîte de production. J&rsquo;ai aussi bloqué sur la série <em>Succession</em>, je suis addict au dernier degré.</p>



<p class="has-text-align-left has-vivid-cyan-blue-color has-text-color">○ <a href="https://movierama.fr/julie-en-douze-chapitres-entre-lancien-et-le-nouveau-monde/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Notre critique de Julie (en 12 chapitres)</a></p>



<p><strong>Que représente le cinéma pour vous ?</strong></p>



<p>En rigolant, je disais l&rsquo;autre jour que le cinéma est une application de rencontre d&rsquo;émotions, de sentiments et de réflexions. C&rsquo;est la plus jolie, ça permet de réunir des gens qui ne se connaissent pas forcément et d&rsquo;avoir un point commun. Ça nous donne une identité commune, via un bagage culturel. Ça permet aussi de mobiliser les gens et de les sensibiliser à des questions, existentielle ou de société, ou simplement de partager des émotions. C&rsquo;est un art qui fédère sans tenir compte des distances. Je trouve ça génial.</p>



<p><strong>Vous défendez les salles de cinéma</strong>,<strong> l&rsquo;expérience collective ?</strong></p>



<p>Totalement et en même temps, je suis coupable comme tout le monde. J&rsquo;ai un vidéoprojecteur, je regarde beaucoup de trucs chez moi. La technologie s&rsquo;améliore, les écrans s&rsquo;agrandissent, ça pose forcément une question, surtout en prenant en considération le prix des entrées aujourd&rsquo;hui. On peut se dire, est-ce qu&rsquo;il est pas plus intéressant d&rsquo;attendre quelques mois et de regarder le film chez soi. Je pense malgré tout que la salle est importante, pour s&rsquo;immerger dans les œuvres, rassembler, partager des émotions ensemble.</p>



<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:39% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="715" height="1024" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-715x1024.jpg" alt="" class="wp-image-9035 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-715x1024.jpg 715w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-210x300.jpg 210w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-768x1100.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-1073x1536.jpg 1073w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-1430x2048.jpg 1430w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-770x1102.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker-1400x2004.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/12/lederniervoyage-becker.jpg 1788w" sizes="(max-width: 715px) 100vw, 715px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>Du court au long, Le dernier Voyage de Romain Quirot a de nouveau démontré la possibilité d&rsquo;un cinéma de genre en France. Vous êtes sensible à ce courant ?</strong></p>



<p>C&rsquo;est un vrai combat. Ce cinéma a du sens dans la mesure où ce sont des films qu&rsquo;il faut aller voir dans les salles. Esthétiquement, ils donnent envie de se déplacer et d&rsquo;aller au cinéma. Il est fabriqué pour. Les « films du milieu », comme on dit, sont un peu en danger, même si j&rsquo;espère que ça va perdurer. Je trouve ça intéressant de pousser et d&rsquo;aider les cinéastes comme Romain Quirot. On s&rsquo;est battu pour monter ce film, ça a pris plusieurs années, un peu envers et contre tous.</p>



<p></p>



<p></p>
</div></div>



<p></p>



<p><em>Le Dernier Voyage</em> a très bien fonctionné, il a remporté le Méliès&nbsp;du&nbsp;meilleur film, c&rsquo;était fou pour nous. On a besoin des futurs Jean-Pierre Jeunet, Luc Besson. Je suis 100% pour ce genre de cinéma, d&rsquo;autant plus que l&rsquo;on peut faire quelque chose qui se démarque du cinéma américain. Il peut y avoir une poésie, comme dans le film de Romain, ou une vision différente.</p>



<p><strong>Pour finir, un mot sur vos projets ?</strong></p>



<p>Il y a des choses qui vont sortir, <em>Pilote </em>de Paul Doucet, où je joue un pilote de drones. J&rsquo;ai rencontré des membres du GIGN, c&rsquo;était fou et très immersif. Il y a aussi <em>Tempête</em>, avec Mélanie Laurent et Pio Marmaï, adapté du roman. Et enfin <em>Diane de Poitiers</em>, où j&rsquo;incarne Henri II. J&rsquo;ai passé un mois à faire du cheval et de l&rsquo;escrime, c&rsquo;était absolument génial. Le casting est incroyable : Isabelle Adjani, Olivier Gourmet, Gérard Depardieu et bien d&rsquo;autres.</p>



<p><em>Entretien réalisé en décembre 2021</em> par la rédaction dans le cadre de <a href="https://lesarcs-filmfest.com/fr">Les Arcs Film Festival</a></p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/les-arcs-film-festival-2021-rencontre-avec-lacteur-hugo-becker/">Les Arcs Film Festival 2021 : rencontre avec l&rsquo;acteur Hugo Becker</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://movierama.fr/les-arcs-film-festival-2021-rencontre-avec-lacteur-hugo-becker/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De son vivant : Rencontre avec le compositeur Eric Neveux</title>
		<link>https://movierama.fr/de-son-vivant-rencontre-avec-le-compositeur-eric-neveux/</link>
					<comments>https://movierama.fr/de-son-vivant-rencontre-avec-le-compositeur-eric-neveux/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Nov 2021 12:27:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AUTRES]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://movierama.fr/?p=7868</guid>

					<description><![CDATA[<p>De la musique électronique à la musique de cinéma, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas pour le compositeur Eric Neveux, aussi prolifique que protéiforme. De ses débuts avec François Ozon et Patrice Chéreau à sa dernière bande originale pour le film d&#8217;Emmanuelle Bercot, De son vivant, l&#8217;artiste français s&#8217;est construit un répertoire emprunt de diversité. Nous avons eu le plaisir de le rencontrer pour revenir sur son parcours et son implication sur De son vivant, dans les salles depuis le 24 [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/de-son-vivant-rencontre-avec-le-compositeur-eric-neveux/">De son vivant : Rencontre avec le compositeur Eric Neveux</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>De la musique électronique à la musique de cinéma, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas pour le compositeur Eric Neveux, aussi prolifique que protéiforme. De ses débuts avec François Ozon et Patrice Chéreau à sa dernière bande originale pour le film d&rsquo;Emmanuelle Bercot, De son vivant, l&rsquo;artiste français s&rsquo;est construit un répertoire emprunt de diversité.</strong> <strong>Nous avons eu le plaisir de le rencontrer pour revenir sur son parcours et son implication sur De son vivant, dans les salles depuis le 24 novembre.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-vivid-cyan-blue-background-color has-vivid-cyan-blue-color"/>



<p><strong>Quel est votre parcours ?</strong></p>



<p>J&rsquo;ai toujours voulu faire de la musique. Je n&rsquo;ai pas souvenir d&rsquo;avoir souhaité être autre chose, j&rsquo;ai très vite eu une fascination pour la musique à l&rsquo;image, l&rsquo;intuition que c&rsquo;était mon truc. J&rsquo;étais passionné par la mécanique de la fabrication de l&rsquo;objet cinéma. Ça commence comme beaucoup de gamins par les <em>Star Wars</em> et autres films marquants, puis plus tard des chocs comme la rencontre avec le cinéma de Milos Forman. Musicalement, il y a deux chemins parallèles, entre pop et cinéma. Je n&rsquo;ai pas une formation classique, je suis relativement autodidacte, j&rsquo;ai appris en jouant. Quand j&rsquo;étais enfant, j&rsquo;étais soliste dans une troupe, j&rsquo;ai pu intérioriser la professionnalisation de la musique, ce qui effrayait d&rsquo;ailleurs ma famille. De fil en anguille, j&rsquo;ai rencontré le milieu du cinéma, François Ozon notamment pour qui j&rsquo;ai composé une courte bande originale à la sortie de la Fémis (<em>ndlr : Regarde la mer</em>).</p>



<p><strong>Votre rencontre avec le cinéaste Patrice Chéreau fut décisive.</strong></p>



<p>La rencontre avec Patrice Chéreau a changé ma vie. Lors du tournage du film <em>Intimité</em>, il me demande de le conseiller musicalement. Le personnage principal était barman, il fallait choisir les musiques qu&rsquo;il écoutait à Londres dans les années 90. Une fois ce travail terminé, Patrice Chéreau me demande de composer la musique du film. Je n&rsquo;avais pas encore trente ans, presque rien fait et là, j&rsquo;étais sur un projet que tout le monde voulait faire. J&rsquo;ai senti que j&rsquo;avais la chance de ma courte carrière et ça s&rsquo;est bien passé. C&rsquo;était une bande originale assez hybride, électronique. Depuis, je n&rsquo;ai pas cessé de travailler.</p>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-center has-white-background-color has-background" style="grid-template-columns:38% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="800" height="800" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/Eric-Neveux.jpg" alt="" class="wp-image-7919 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/Eric-Neveux.jpg 800w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/Eric-Neveux-300x300.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/Eric-Neveux-150x150.jpg 150w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/Eric-Neveux-768x768.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/Eric-Neveux-120x120.jpg 120w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/Eric-Neveux-240x240.jpg 240w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/Eric-Neveux-360x360.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/Eric-Neveux-540x540.jpg 540w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/Eric-Neveux-720x720.jpg 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/Eric-Neveux-770x770.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/Eric-Neveux-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>De quelles influences vous êtes-vous nourri ?</strong></p>



<p>Historiquement, le premier compositeur qui reste une référence absolue pour moi, c&rsquo;est Ennio Moricone. Ses disques traînaient un peu partout à l&rsquo;époque, avec les best of, les Sergio Leone. Ce qui me fascinait chez lui, c&rsquo;est sa capacité à se promener dans les styles cinématographiques. Faire <em>Il était une fois dans l&rsquo;Amérique</em>, de la pop italienne avec des voix, travailler avec une guimbarde. Ça m&rsquo;a fait intégrer l&rsquo;idée que ce qui compte, c&rsquo;est de faire de la bonne musique.</p>
</div></div>



<p>C&rsquo;est fou de retrouver sa ligne musicale dans des films qui sont pourtant aux antipodes. Sinon, j&rsquo;adore John Williams, mais je ne connais pas son oeuvre par coeur. Parmi les contemporains, l&rsquo;un de mes derniers grands chocs, c&rsquo;est Jóhann Jóhannsson. Pour moi, il s&rsquo;est passé un tremblement de terre avec ce compositeur, tragiquement disparu en 2018. Il a eu l&rsquo;immense chance de croiser d&rsquo;un réalisateur qui marque son temps, Denis Villeneuve. </p>



<p><strong>Pensez-vous qu&rsquo;une musique d&rsquo;un film peut être autonome ?</strong></p>



<p>Est-ce qu&rsquo;une musique de film peut s&rsquo;écouter sans l&rsquo;image ? C&rsquo;est une question récurrente. Je me souviens d&rsquo;une interview du compositeur Vladimir Cosma, il disait que la musique d&rsquo;un film est indissociable de l&rsquo;image. Moi je suis assez obsédé par l&rsquo;adéquation à l&rsquo;image, je compose dans l&rsquo;image. C&rsquo;était ma première façon de travailler. J&rsquo;envisage la musique dans la matière, avec l&rsquo;image et les sons du film. C&rsquo;est peut-être une façon de se cacher à l&rsquo;intérieur. Cela dit, je me suis un peu frotté à la composition hors image, je sentais que j&rsquo;avais des développements musicaux contraints. Je me suis mis à composer plus en longueur et plus uniquement sur les scènes, il m&rsquo;a fallu quinze ans pour oser faire ça. C&rsquo;est une forme de liberté, si la musique est solide, elle s&rsquo;intègre bien dans le montage. Chaque film te met face à un nouveau défi, à chaque fois tu réapprends, tout en restant fidèle à ton style.</p>



<p><strong>Vous avez composé la bande originale du film <em>De son vivant</em> d&rsquo;Emmanuelle Bercot, quel était votre rapport avec la réalisatrice ?</strong></p>



<p>Il y a autant de rapports que de réalisatrices et de réalisateurs. Emmanuelle Bercot adore la musique et n&rsquo;avait jamais fait composer de véritable bande originale avant <em>De son vivant</em>. Ça avait été fait en pointiller sur La fille de Brest, mais c&rsquo;était un travail hybride. A l&rsquo;origine, <em>De son vivant</em> aurait dû se faire très vite, il y avait plusieurs monteurs, mais des évènements ont modifié cette temporalité. Pour ce travail, on avait uniquement écouté les morceaux présents dans le film, je devais trouver les musiques pour accompagner les images. Les premiers essais, c&rsquo;était principalement pour voir si on s&rsquo;entendait, si mes idées intéressent Emmanuelle et ses monteurs. C&rsquo;était un rapport entier, très généreux et bosseur. </p>



<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:39% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="756" height="1024" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/5008851.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-756x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7959 size-full" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/5008851.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-756x1024.jpg 756w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/5008851.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-221x300.jpg 221w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/5008851.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-768x1041.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/5008851.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-770x1043.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/5008851.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg 797w" sizes="(max-width: 756px) 100vw, 756px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p><strong>A quelle étape du projet êtes-vous arrivé ?</strong></p>



<p>Le film était en effet en tournage. Comme c&rsquo;était nouveau pour Emmanuelle Bercot de travailler de cette façon et que je connaissais bien Julien Leloup, qui est un formidable monteur, dès que l&rsquo;on a des extraits, on commence à réfléchir sur la bande originale. L&rsquo;idée était de ne pas commencer à travailler sur les musiques le dernier mois du montage. Je commence donc à composer quand elle tourne le film. Quand je suis prêt à lui faire entendre les premiers morceaux, le tournage est arrêté suite à un problème de santé de Catherine Deneuve. Un peu effondrée, Emmanuelle Bercot est venue écouter les musiques. Un film qui s&rsquo;arrête, c&rsquo;est toujours un truc de dingue, il y a beaucoup d&rsquo;interrogations sur la suite.</p>



<p></p>



<p></p>
</div></div>



<p>Plusieurs directions musicales lui ont plu, on avait un point de départ. Le COVID est arrivé peu de temps après. Ça devenait vertigineux. J&rsquo;ai continué à travailler pendant le confinement et puis à un moment, c&rsquo;est devenu trop difficile de continuer à monter un film avec des trous. Il était bien avancé, mais il manquait de nombreuses scènes importantes. Emmanuelle Bercot avait du mal à regarder les images, ça devenait difficile pour elle, on s&rsquo;est donc lancé sur un travail hors des images. C&rsquo;était déstabilisant, on a uniquement travaillé à partir des thématiques, des idées, les inspirations, sans support. A la fin de l&rsquo;été, le montage a repris. Plusieurs musiques ont pris beaucoup de sens avec l&rsquo;image. On a finalement enregistré la bande originale en Février dernier, à Londres avec un orchestre.</p>



<p><strong>Parlez-nous du choix des instruments.</strong></p>



<p>On savait depuis le début qu&rsquo;il y aurait des cordes, un instrument un peu émotionnel, avec un orchestre réduit. Le rendu est assez abstrait, hybride. Il y a aussi du piano un peu grinçant, des flutes très graves, alto ou octobasse et des synthés. Il y avait l&rsquo;idée du souffle, de sa profondeur.</p>



<p><strong>Comment s&rsquo;est passé l&rsquo;enregistrement des musiques ?</strong></p>



<p>On a enregistré à distance. Il y avait des jauges réduites dans les studios, on pouvait uniquement avoir une quinzaine de musiciens. En réalité, ça tombait bien car on voulait une formation réduite. On était réellement ravi du résultat, mais on avait le cafard. Il manquait le réel, la présence physique, la dimension virtuelle ne restitue pas tout. Le mixage s&rsquo;est également fait à Londres.</p>



<div class="wp-block-cover" style="min-height:187px"><span aria-hidden="true" class="has-background-dim-10 wp-block-cover__gradient-background has-background-dim"></span><img decoding="async" width="1600" height="1067" class="wp-block-cover__image-background wp-image-7982" alt="" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/desonvivant.jpg" style="object-position:61% 35%" data-object-fit="cover" data-object-position="61% 35%" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/desonvivant.jpg 1600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/desonvivant-300x200.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/desonvivant-1024x683.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/desonvivant-768x512.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/desonvivant-1536x1024.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/desonvivant-360x240.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/desonvivant-720x480.jpg 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/desonvivant-770x513.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/11/desonvivant-1400x934.jpg 1400w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><div class="wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"></p>
</div></div>



<p><strong>Avec toutes ces péripéties, vous avez longuement travaillé sur cette bande-son.</strong></p>



<p>C&rsquo;est rare de travailler aussi longtemps sur un <em>score</em>. Le danger aurait été de se perdre, de douter, de ne plus supporter les musiques. Heureusement, ça ne s&rsquo;est pas produit. C&rsquo;est lié à la grande constance du travail d&rsquo;Emmanuelle et de son équipe. Il y a des films, tu sens qu&rsquo;il faut qu&rsquo;il s&rsquo;en aille, là, l&rsquo;énergie du film, son côté intérieur et métaphysique, faisait que l&rsquo;on pouvait vivre longtemps avec lui. Avec la situation, on vivait avec l&rsquo;idée de la mort.</p>



<p><strong>Considérez vous que la situation sanitaire a eu un impact sur votre travail artistique ?</strong></p>



<p>J&rsquo;espère que non. C&rsquo;est une période que l&rsquo;on a tous vécue dans notre chair, mais je ne pense pas qu&rsquo;elle a impacté notre travail. La ligne a été gardée. Après l&rsquo;ajout des dernières scènes, j&rsquo;ai compris que le film était plus fort que ce que l&rsquo;on traverse, l&rsquo;émotion se fiche du COVID, ce n&rsquo;est pas le sujet. L&rsquo;hôpital du film est une bulle de bienveillance et de paix. Il y a une véritable énergie dans ce film.</p>



<p><strong>Où se situait la crête, l&rsquo;équilibre entre votre présence et celle des sons du film ?</strong></p>



<p>Emmanuelle Bercot m&rsquo;avait prévenu dès mon arrivée sur le projet, la place du son était pour moi. La parole est économe dans le film, il n&rsquo;y a pas des bruits d&rsquo;ambulances, des bruits de machine, elle ne souhaitait pas faire « sur-vivre » cet hôpital. Il y a une dimension presque onirique ou en tout cas, il n&rsquo;est pas dans un ultra réalisme. Il raconte comment on peut trouver de la paix au milieu de la douleur, du désespoir. On était dans un univers de mélo, le danger c&rsquo;est de basculer la dégoulinade. Emmanuelle insistait pour que l&rsquo;on ne soit pas mièvre. Il fallait donc redoubler de vigilance. Le film est fort, on n&rsquo;avait pas besoin d&rsquo;insister. Quand ça ne passe pas, ça ne passe pas, mais quand ça fonctionne, c&rsquo;est sans concessions, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;égo mal placé, on est là pour travailler ensemble dans le respect. Il faut de l&rsquo;implication et une honnêteté artistique, intellectuelle.</p>



<p><strong>Et la suite, quels sont vos projets ?</strong></p>



<p>Il y a pas mal de projets, des choses assez différentes. J&rsquo;ai travaillé sur deux séries, <em>Les Sentinelles</em> pour OCS et <em>Visions</em> pour TF1, d&rsquo;Akim Isker, avec qui j&rsquo;ai également travaillé sur un téléfilm, <em>L&rsquo;enfant de personne</em>. Un très beau film sur un sujet fort. Je fais aussi la bande-son du premier film de Mathieu Bonzon, Songs of Revenge, avec Julie Gayet et d&rsquo;un documentaire de cinéma réalisé par Yannick Kergoat, <em>La (très) grande évasion</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: De son vivant (Bande originale du film)" width="100%" height="380" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" src="https://open.spotify.com/embed/album/6R6eQVacDYHPv5lzMy1DAH?si=Jgp2PSnST9-8NqR9gRQeAg&#038;utm_source=oembed"></iframe>
</div></figure>



<p><em>Entretien réalisé en novembre 2021</em>.</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/de-son-vivant-rencontre-avec-le-compositeur-eric-neveux/">De son vivant : Rencontre avec le compositeur Eric Neveux</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://movierama.fr/de-son-vivant-rencontre-avec-le-compositeur-eric-neveux/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Jasmila Žbanić : rencontre avec la réalisatrice de La Voix d&#8217;Aïda</title>
		<link>https://movierama.fr/jasmila-zbanic-rencontre-avec-la-realisatrice-de-la-voix-daida/</link>
					<comments>https://movierama.fr/jasmila-zbanic-rencontre-avec-la-realisatrice-de-la-voix-daida/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Sep 2021 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[METTEURS EN SCENE]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://movierama.fr/?p=5946</guid>

					<description><![CDATA[<p>Lorsque les institutions d’un pays vacillent, qui reste-t-il pour protéger la population ? Avec son dernier long-métrage, La Voix d&#8217;Aïda, la réalisatrice bosnienne&#160;Jasmila Žbanić (Sarajevo, mon amour) éclaire une sombre page de la&#160;Bosnie-Herzégovine, le massacre de Srebrenica. Nous avons eu le plaisir d&#8217;échanger avec la cinéaste lors de son passage en France. Vous habitiez à Sarajevo lors de son siège dans les années 90, étiez-vous consciente de ce qui se tramait à Srebrenica ? A cette époque, on recevait peu [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/jasmila-zbanic-rencontre-avec-la-realisatrice-de-la-voix-daida/">Jasmila Žbanić : rencontre avec la réalisatrice de La Voix d&rsquo;Aïda</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Lorsque les institutions d’un pays vacillent, qui reste-t-il pour protéger la population ? Avec son dernier long-métrage, La Voix d&rsquo;Aïda, la réalisatrice bosnienne&nbsp;Jasmila Žbanić (Sarajevo, mon amour) éclaire une sombre page de la&nbsp;Bosnie-Herzégovine, le massacre de Srebrenica.</strong> <strong>Nous avons eu le plaisir d&rsquo;échanger avec la cinéaste lors de son passage en France.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-vivid-cyan-blue-background-color has-vivid-cyan-blue-color"/>



<p><strong>Vous habitiez à Sarajevo lors de son siège dans les années 90, étiez-vous consciente de ce qui se tramait à Srebrenica ?</strong></p>



<p>A cette époque, on recevait peu d&rsquo;informations de Srebrenica. Durant les années du siège de Sarajevo, seulement quelques rares journalistes ont pu entrer à Srebrenica, mais aucune image n&rsquo;a fuité. Je me souviens quand l&rsquo;armée serbe avait réussi à prendre la ville, j&rsquo;étais réellement dévastée. Par la suite, on a appris que la population était tuée. Le choc était d&rsquo;autant plus fort que je me suis sentie trahie, je croyais fermement en la protection des Nations Unies. Cette blessure ne m&rsquo;a jamais abandonnée. Comment une telle chose a pu se produire en Europe il y a moins de trente ans ?</p>



<p><strong>Comment percevez-vous les Nations Unies ?</strong></p>



<p>Comme les habitants de Sarajevo, je suis assez partagé. D&rsquo;un côté, ils ont réellement aidé la population, mais de l&rsquo;autre, nous étions lucides quant au fait que leurs interventions étaient principalement politiques. Ils auraient dû réagir à certaines situations, ils ne l&rsquo;ont pas fait pour des raisons de calculs politiques. Ce n&rsquo;était pas toujours dans l&rsquo;intérêt de la défense des droits humains.</p>



<p><strong>Comment vous est venue l&rsquo;idée de réaliser un film sur cet évènement ?</strong></p>



<p>C&rsquo;est un projet qui m&rsquo;a longtemps accompagné. Il y a six, sept ans, j&rsquo;ai décidé de me lancer, mais je ne voulais pas réaliser le film. Je n&rsquo;étais pas encore suffisamment confiante pour me lancer moi-même dans un tel projet et ma société n&rsquo;avait de toute manière pas les moyens de le produire. Comme personne n&rsquo;a souhaité le réaliser, après quatre films, je me suis dit que c&rsquo;était le bon moment, je me sentais en mesure de le faire. On a alors commencé à chercher l&rsquo;angle du film, qui pouvait aussi bien être un récit politique, centré sur les décisions, les politiciens, qu&rsquo;un film de terrain, au cœur de la population. J&rsquo;ai trouvé que c&rsquo;était l&rsquo;angle le plus pertinent pour questionner la notion du choix, tout en restant honnête, dans l&rsquo;émotion. </p>



<p><strong>Avez-vous rencontré des habitants de Srebrenica dans le cadre de l&rsquo;élaboration du scénario ?</strong></p>



<p>Oui, j&rsquo;ai lu des témoignages et rencontré de nombreux survivants. Je souhaitais être précise, au plus proche du réel. Certains n&rsquo;ont pas pu entrer dans l&rsquo;espace sécurisé par les Nations unies, j&rsquo;ai donc aussi pu m&rsquo;intéresser à ce qui se passait à l&rsquo;extérieur. Il y avait deux perspectives, car ceux à l&rsquo;intérieur pensaient réellement être en sécurité. J&rsquo;ai notamment pu rencontrer Hasan Nuhanović, l&rsquo;auteur du livre <em>Under the UN flag</em>, il était interprète pour les Nations unies à Srebrenica.</p>



<p><strong>Quelque part, c&rsquo;est le personnage d&rsquo;Aïda.</strong></p>



<p>Oui, j&rsquo;ai rapidement considéré que son histoire serait le centre du scénario. J&rsquo;ai beaucoup appris avec lui, sur la peur, sur la difficulté de prendre des décisions. C&rsquo;était toutefois difficile pour lui, il ne comprenait pas mes choix scénaristiques pour adapter son histoire au cinéma. J&rsquo;ai donc pris du recul et écrit librement le scénario depuis un point de vue féminin. Tout le monde peut comprendre Aïda, c&rsquo;est une mère qui souhaite plus que tout protéger ses enfants, sa famille. </p>



<div class="wp-block-cover has-background-dim-10 has-background-dim" style="min-height:263px"><img decoding="async" width="1920" height="1038" class="wp-block-cover__image-background wp-image-1377" alt="" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/05/voixaida.jpg" style="object-position:56% 9%" data-object-fit="cover" data-object-position="56% 9%" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/05/voixaida.jpg 1920w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/05/voixaida-300x162.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/05/voixaida-1024x554.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/05/voixaida-768x415.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/05/voixaida-1536x830.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/05/voixaida-770x416.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2021/05/voixaida-1400x757.jpg 1400w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /><div class="wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"></p>
</div></div>



<p><strong>En ce qui concerne les Nations unies, avez-vous pu échanger avec des membres de l&rsquo;organisation ?</strong></p>



<p>J&rsquo;ai pu discuter avec David Harland, il a écrit le rapport sur les évènements de Srebrenica. Il a pu parler avec Thomas Jakob Peter Karremans et le major Franken, j&rsquo;étais réellement intéressé de connaître leur point de vue sur ce qui c&rsquo;était passé à Srebrenica. Durant mes recherches, ma perception de la situation a évolué. De nombreux Casques bleus étaient jeunes, ils ne savaient rien à propos de la guerre et ont souffert de troubles psychologiques après leur retour. Ils se sentaient coupables. Ils étaient perdus. Evidemment, Karremans et Franken avaient des responsabilités différentes, ils pouvaient agir contrairement à ces jeunes. Je sais que la situation était complexe, mais j&rsquo;ai le sentiment qu&rsquo;il aurait pu faire plus. Une résolution avait été signée, les Nations unies pouvaient protéger la population, même en employant la force. Ce n&rsquo;était pas qu&rsquo;une mission d&rsquo;observation, c&rsquo;était une zone à protéger.</p>



<p><strong>Est-ce que la situation sanitaire a impacté le tournage du film ?</strong></p>



<p>En février 2019, nous étions à Berlin dans le cadre de la Berlinale avec plusieurs producteurs du film. On n&rsquo;arrivait pas à avoir des fonds en Bosnie, alors on a cherché en Europe des partenaires. Bien qu&rsquo;il nous manquait encore des fonds, on a décidé de lancer le projet car on sentait que c&rsquo;était le bon moment pour débuter le tournage, tout le monde était prêt. Pour entamer le tournage il nous fallait l&rsquo;accord de tous les producteurs. Ils se sont montrés un peu réticents au début, mais ils croyaient réellement dans le projet, on a donc pu tourner de mai à juillet, puis quelques scènes en décembre. Alors que nous étions en phase de préproduction en mars 2020, je n&rsquo;ai pas pu poursuivre le montage avec mon monteur en Pologne en raison du confinement. On a essayé de travailler à distance, mais ça n&rsquo;a pas fonctionné, il manquait le grand écran, la présence des gens. C&rsquo;est un moment important, je ne pouvais pas décider au travers de mon écran d&rsquo;ordinateur. On a attendu et j&rsquo;ai pu aller en Pologne en juillet pour terminer le montage du film. C&rsquo;était une expérience folle, il a fallu travailler de concert avec de nombreux pays durant la crise sanitaire, de l&rsquo;Allemagne à la Roumanie en passant par les Pays-Bas.</p>



<p><strong>Comment votre film a été reçu en Bosnie ?</strong></p>



<p>Le film a été projeté en Bosnie immédiatement après la Mostra de Venise. Au lancement, il n&rsquo;y avait qu&rsquo;un seul cinéma qui diffusait le film, il était en mesure d&rsquo;accueillir 25 spectateurs. Grâce à un fort engouement des spectateurs, le film a pu être programmé de nombreuses salles dans le pays. Il a reçu un bel accueil en Bosnie. En Serbie en revanche, ils n&rsquo;ont pas voulu le distribuer dans les salles. Il a toutefois pu être diffusé via une plateforme VOD, les retours sont plutôt positifs. Il y a des acteurs serbes dans le film, pour eux ce n&rsquo;est pas toujours facile. Ils reçoivent beaucoup de haine de la part de contestataires.</p>



<p><strong>Vous aviez anticipé cette violence psychologique ?</strong></p>



<p>Après le tournage de <strong>Sarajevo, mon amour </strong>(2006), Mirjana Karanović a vécu plus ou moins la même situation lors de son retour en Serbie. Elle était notamment accusée de traitrise, c&rsquo;était très difficile pour elle. On en avait donc parlé avant le tournage de <strong>La Voix d&rsquo;Aïda</strong> et malgré tout, ils ont accepté de participer au projet. Pour eux, il fallait raconter cette histoire, ne pas être dans déni du génocide. Ils sont incroyablement braves.</p>



<p><strong>Quels sont vos projets dans les semaines et mois à venir ?</strong></p>



<p>Juste après ce passage en France, je pars pour le Canada pour tourner un épisode d&rsquo;une nouvelle série produite par HBO, <strong>The Last of Us</strong>. Après <strong>La Voix d&rsquo;Aïda</strong> et la crise sanitaire, je n&rsquo;ai pas envie d&rsquo;écrire, je veux tourner, être au cœur de l&rsquo;action. C&rsquo;est une nouvelle expérience pour moi en tant que réalisatrice, tout est quelque part déjà prêt. D&rsquo;habitude je dois choisir les costumes, les décors, donc qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il reste pour moi ? Je vais me concentrer sur la partie artistique, les émotions des acteurs, c&rsquo;est un exercice intéressant pour comprendre l&rsquo;essence du travail de réalisateur. Je suis ravie d&rsquo;avoir cette opportunité.</p>



<p><em>Entretien réalisé en anglais en septembre 2021</em>. </p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-vivid-cyan-blue-background-color has-vivid-cyan-blue-color"/>



<p class="has-text-align-center has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-medium-font-size"><strong><a href="https://movierama.fr/la-voix-daida-une-resilience-face-a-la-barbarie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Notre critique du film</a></strong></p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr/jasmila-zbanic-rencontre-avec-la-realisatrice-de-la-voix-daida/">Jasmila Žbanić : rencontre avec la réalisatrice de La Voix d&rsquo;Aïda</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://movierama.fr/jasmila-zbanic-rencontre-avec-la-realisatrice-de-la-voix-daida/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
