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	<title>Mathieu Mallard, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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	<description>Nouvelles Images, Nouvelle Critique</description>
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	<title>Mathieu Mallard, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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		<title>Neptune Frost : Fuck Google</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Mallard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 May 2023 06:00:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Véritable ovni de cette 53ème sélection de la Quinzaine des réalisateurs, Neptune Frost était guetté par beaucoup comme un outsider de ce Festival de Cannes. Une coproduction rwandaise et burundaise, le film musical réalisé par le musicien et artiste Saul Williams et la comédienne Anisia Uzeyman mène tambour battant une fantaisie poétique et engagée. Entre créativité et radicalité, les deux artistes proposent un film qui vaut clairement le détour, portant non sans audace les couleurs d&#8217;une scène artistique rwandaise qui [&#8230;]</p>
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<p>Véritable ovni de cette 53ème sélection de la Quinzaine des réalisateurs, <strong>Neptune Frost</strong> était guetté par beaucoup comme un outsider de ce Festival de Cannes. Une coproduction rwandaise et burundaise, le film musical réalisé par le musicien et artiste Saul Williams et la comédienne Anisia Uzeyman mène tambour battant une fantaisie poétique et engagée. Entre créativité et radicalité, les deux artistes proposent un film qui vaut clairement le détour, portant non sans audace les couleurs d&rsquo;une scène artistique rwandaise qui entend bien dire son mot face à l&rsquo;ordre technologique prédateur et néo-colonial des géants du web.</p>



<p>Dans les mines de Coltan d&rsquo;une Afrique rurale, des jeunes hommes arrachent à la terre un minéral vital à la production de composants électroniques à l&rsquo;intérieur de tous les smartphones, bien souvent au prix de leur propre vie. Lorsqu&rsquo;un mineur en fuite rencontre une hackeuse queer recluse dans les collines, les deux exilés se découvrent une connexion flamboyante, transcendant l&rsquo;humain. De leur relation naît une révolution internationale, un renversement des tables avec lequel ces prophètes d&rsquo;un nouvel âge entendent bien rappeler au monde que l&rsquo;internet naît entre les mains des africains exploités par l&rsquo;ordre politique néo-colonial.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8"><strong>Neptune Frost</strong> est une proposition radicale qui, si elle pourra laisser certains perplexes de par sa narration ésotérique, ne fait pourtant pas l&rsquo;économie d&rsquo;une critique politique de l&rsquo;exploitation des jeunes Rwandais.  Remédiant par le biais d&rsquo;une poésie et d&rsquo;une créativité foisonnante les expériences d&rsquo;une jeunesse que le capitalisme blanc néo-colonial exploite, Saul Williams et Anisia Uzeyman livrent un film qui vaut assurément le détour et qui défend avec fierté une scène artistique rwandaise jeune, unie et passionnée.</p>
</blockquote>



<p>Si <strong>Neptune Frost</strong> ne plaira peut-être pas à tout le monde, impossible ne pas être captivé par sa nouveauté radicale, livrant au spectateur une fantaisie musicale et poétique pariant tout sur sa créativité, son audace et son enthousiasme. Issu d&rsquo;une production autofinancée, tourné avec les moyens du bord dans des décors rwandais, le film peut se targuer d&rsquo;une richesse visuelle frappante dans son originalité et son expressivité. Des costumes créés à partir de matériel de récupération aux textures variées et aux couleurs bigarrées, en passant par des effets spéciaux visuellement saisissants et des décors saisissants entre minéral, végétal et électronique, <strong>Neptune Frost</strong> n&rsquo;a pas peur de son exubérance et fait de son esthétique foisonnante un atout indéniable. Une richesse visuelle complétée par une bande-son hypnotique, entre tambours et sampling, chœurs harmoniques et grésillements discordants. Le parti pris d&rsquo;une narration poétique touchant à l&rsquo;ésotérique et au techno-mysticisme, partagée entre afro-futurisme et discours révolutionnaire, peut poser un défi à la compréhension, mais là n&rsquo;est pas le cœur du film. Car avec leurs jeux constants sur les catégories de sens, sur les mots et le verbe, Anisia Uzeyman et Saul Williams cherchent avant tout à porter le public par une expérience totale, sensorielle et poétique, exigeant du spectateur une foi absolue en le charisme de ses interprètes. Musical autant que visuel, poétique autant que rêveur, <strong>Neptune Frost</strong> est une proposition audacieuse qui force l&rsquo;admiration de par ses choix sans compromis et sa poésie inflexible.</p>



<p>Porté par une collaboration fructueuse entre un collectif d&rsquo;artistes internationaux unis comme les doigts de la main, démontrant à chaque plan l&rsquo;osmose hypnotique entre ces artistes de tous les horizons, <strong>Neptune Frost</strong> résonne assurément comme le cri du cœur de toute une génération, un manifeste esthétique sans compromis faisant la démonstration limpide de la créativité et de la force de la scène artistique africaine. Unissant dans une bande son foisonnante slam, chœurs traditionnels, musique électronique et solos de chant, <strong>Neptune Frost</strong> s&rsquo;impose comme un film musical osé, où le New Age cède la place à l&rsquo;afro-futurisme et à la poésie créative d&rsquo;une génération prête à se libérer de tous les carcans, du genre au capitalisme en passant par le racisme. Pariant tout sur la force de la poésie et d&rsquo;une création brute et radicale, Saul Williams et Anisia Uzeyman livrent une œuvre ambitieuse qui saura assurément résonner auprès des publics africains et afro-descendant, mais aussi auprès des autres publics, à condition de s&rsquo;ouvrir à cet appel au renversement des injustices induites par le capitalisme prédateur des GAFAM. À l&rsquo;instar de cet apostrophe finale du générique, ceux qui auront su faire confiance aux créateurs du film sauront se retrouver dans la revendication finale de l&rsquo;icône afrofuturiste Matalusa King : « fuck Google », et tout ce que la multinationale américaine représente.</p>



<p><strong><meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8"></strong></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Saul Williams, Anisia Uzeyman
<strong>NATIONALITÉ : </strong>Rwanda, Burundaise
<strong>AVEC : </strong>Dorcy Rugamba, Eliane Umuhire, Cheryl Isheja
<strong>GENRE : </strong>Science-Fiction, Musical
<strong>DURÉE : </strong>1h45
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Damned Distribution 
<strong>SORTIE LE </strong>10 mai 2023 </pre>
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		<title>Mad God : les cercles de l&#8217;enfer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Mallard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Apr 2023 07:01:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVALS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peut-être le nom de Phil Tippett ne vous dira rien : pourtant, vous devez certainement à la main experte de ce vieil homme attachant une grande part de vos films préférés. Génial et excentrique créateur d&#8217;effets spéciaux, ayant participé à des productions comme Star Wars, Starship Troopers ou encore Jurassic Park, celui dont l&#8217;imagination foisonnante a contribué à la naissance des monstres et machines les plus célèbres d&#8217;Hollywood revient à l&#8217;écran avec un projet plus que spécial. Ce projet, c&#8217;est [&#8230;]</p>
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<p>Peut-être le nom de Phil Tippett ne vous dira rien : pourtant, vous devez certainement à la main experte de ce vieil homme attachant une grande part de vos films préférés. Génial et excentrique créateur d&rsquo;effets spéciaux, ayant participé à des productions comme <strong>Star Wars</strong>, <strong>Starship Troopers</strong> ou encore <strong>Jurassic Park</strong>, celui dont l&rsquo;imagination foisonnante a contribué à la naissance des monstres et machines les plus célèbres d&rsquo;Hollywood revient à l&rsquo;écran avec un projet plus que spécial. Ce projet, c&rsquo;est <strong>Mad God</strong>, le film d&rsquo;une vie, préparé par l&rsquo;artisan de l&rsquo;animation dans son studio garage depuis maintenant près de 30 ans. Après une campagne de crowdfunding et un quart de siècle d&rsquo;acharnement, Phil Tippett présente enfin, en l&rsquo;an de grâce 2021, l&rsquo;aboutissement de toutes ses peines. Projeté dans la compétition internationale de la 27ème édition de l&rsquo;Étrange Festival après un court métrage sur les coulisses du film, le résultat est incomparable &#8211; pour ne pas dire incontestablement génial.</p>



<p>Babel est tombée : dans ses ruines, il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;un monde décadent, peuplé de monstres, de spectres et de sang. Parachuté dans une cabine de fer, une figure noire part à la quête d&rsquo;un objet obscur, quelque part au fond de l&rsquo;enfer. Pris entre machines et bouts de chair, entre une flore toxique et une faune putride, il se perdra dans l&rsquo;antre de la folie, et n&rsquo;en reviendra jamais.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Fruit de plus de 30 ans de travail minutieux, techniquement acharné et visuellement révolutionnaire, vision cauchemardesque vertigineuse, <strong>Mad God</strong> a remporté le Prix du Public lors de la 27ème édition de l&rsquo;Étrange Festival.</p>
</blockquote>



<p>Bijou de maîtrise et de virtuosité, <strong>Mad God</strong> cloue le spectateur au sol par l&rsquo;ampleur phénoménale du travail nécessaire pour construire son univers. Devant la caméra, ce sont toutes les textures du monde qui sont recréées, fusionnant dans une harmonie composite et obscure. Un travail de fourmi, de démiurge, de génie, on ne saurait dire : au fur et à mesure des panoramiques et des mouvements de caméra révolutionnaires pour un film en stop- motion, c&rsquo;est un autre monde qui est créé à la main dans ses moindres détails les plus sordides &#8211; un autre monde qui prend vie dans un bal funeste où les squelettes dansent au rythme des corps qui se déchirent. Chair, métal, os, fumée : tous les effets visuels possibles et imaginables semblent concorder dans ce film, s&rsquo;articulant les uns aux autres autour d&rsquo;une volonté divine pernicieuse, malade et dévoyée, par laquelle tout ce dans quoi s&rsquo;insuffle la vie expire au sommet de ses souffrances. Parmi tous ces effets spéciaux exemplaires, il faut aussi distinguer les effets sonores. Car <strong>Mad God</strong> brille également par le fantastique de sa bande-son, la texture fascinante de ses succions et explosions, le timbre de ses cris et le creux de ses carcasses. Loin d&rsquo;un film hollywoodien classique où les effets spéciaux se subordonnent au scénario, Phil Tippett dédie <strong>Mad God</strong> dans son entièreté à l&rsquo;art de l&rsquo;effet spécial, à toute sa richesse foisonnante, à sa capacité à faire purement et simplement <em>effet</em> &#8211; et au diable les trames narratives traditionnelles. Le résultat est un film défiant l&rsquo;entendement, une hallucination cauchemardesque, vertigineuse, révolutionnaire, à la puissance insondable.</p>



<p>Impossible, donc, de ne pas s&rsquo;incliner devant ce qui n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que le film d&rsquo;une vie, et deviendra certainement un jalon historique de l&rsquo;animation en stop-motion. Avec une maîtrise incomparable et une richesse de textures inconcevable, <strong>Mad God</strong> est un film qui défie le sens commun, qui défie toute raison pour repousser toujours plus loin les jalons de l&rsquo;imaginaire. Fascinant d&rsquo;étrangeté, hypnotisant de textures, passionné de formes, de monstres en tout genres et de machines rouillées jusqu&rsquo;aux os, le film perd toujours plus pied à chaque nouveau plan, s&rsquo;enfonçant dans une spirale infinie de noirceur. Les thèmes post-apocalyptiques et l&rsquo;imaginaire chrétien de la Chute et de la Décadence s&rsquo;y mélangent dans un chaos créatif au bord de l&rsquo;anarchisme, donnant jour à un ordre naturel fou où la monstruosité rime avec l&rsquo;exploitation impitoyable du vivant. Une vision d&rsquo;enfer cruellement foisonnante, dont la sombre virtuosité consacre Phil Tippett comme un Dante du XXIème siècle, un démiurge enfiévré à l&rsquo;imagination surpuissante, capable de transformer à lui seul l&rsquo;imaginaire commun en le hantant de monstres et de démons inconcevables.</p>



<p>Fruit de plus de 30 ans de travail minutieux, techniquement acharné et visuellement révolutionnaire, vision cauchemardesque vertigineuse, <strong>Mad God</strong> a remporté le Prix du Public lors de la 27ème édition de l&rsquo;Étrange Festival. Une plongée démente dans un monde de textures, de sons et d&rsquo;horreurs qui laissera derrière lui des spectateurs bouche bée par une expérience inoubliable.</p>



<p></p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-10"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:0%"></div></div><div class="score">5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  Phil Tippett
<strong>NATIONALITÉ : </strong>Américaine
<strong>AVEC : </strong>Alex Cox 
<strong>GENRE : </strong>Animation, Fantastique, Horreur
<strong>DURÉE : </strong>1h23
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Carlotta Films 
<strong>SORTIE LE </strong>26 avril 2023 </pre>
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		<title>El Reino : l&#8217;homme pressé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Mallard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Dec 2022 20:17:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blu-Ray/DVD]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que les crises politiques s’accumulent en Europe depuis les 20 dernières années, le cinéma reste plus que jamais le lieu privilégié d’un débat sur l’actualité et les changements politiques contemporains. A ce titre, un genre particulier du cinéma se distingue&#160;: le polar politique hispanophone. Car au moins depuis&#160;La Isla Minima&#160;d’Alberto Rodriguez, le cinéma espagnol affirme un goût prononcé pour le polar politique, les traques de criminels sur fond de manifestations, de mouvement social et de révolte. Un genre qui [&#8230;]</p>
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<p>Alors que les crises politiques s’accumulent en Europe depuis les 20 dernières années, le cinéma reste plus que jamais le lieu privilégié d’un débat sur l’actualité et les changements politiques contemporains. A ce titre, un genre particulier du cinéma se distingue&nbsp;: le polar politique hispanophone. Car au moins depuis<strong>&nbsp;La Isla Minima</strong>&nbsp;d’Alberto Rodriguez, le cinéma espagnol affirme un goût prononcé pour le polar politique, les traques de criminels sur fond de manifestations, de mouvement social et de révolte. Un genre qui a le vent en poupe et qui est fréquemment remarqué, que ce soit aux Goyas, les Oscars espagnols, comme à l’international. Un genre dans la lignée duquel s’inscrit&nbsp;<strong>El Reino</strong>, un film réalisé par Rodrigo Sorogoyen.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Un film parfaitement maîtrisé dans son traitement esthétique, et très intéressant dans le parti pris de nous immerger dans un milieu politique corrompu en nous faisant perdre pied par rapport à la réalité.</p>
</blockquote>



<p>Un film qui a tout pour lancer le débat et faire réfléchir sur le fonctionnement politique européen aujourd’hui. Car son personnage principal, Manuel Lopez-Vidal, est un politicien corrompu, comme beaucoup d’autres autour de lui. Un politicien à qui tout sourit&nbsp;: les fonds qu’il détourne et les contrats passés sous la table lui permettent non seulement de garantir une vie sereine et fortunée à ses proches, mais font aussi de lui une personne de choix pour les postes haut placés de son parti et de sa région. Mais c’était sans compter sur l’obsession de la transparence des nouvelles générations et les remords des plus zélés de ses associés&nbsp;: Manuel Lopez-Vidal enchaîne les scandales, tombe dans une spirale infernale&nbsp;et risque bien d&rsquo;entraîner dans sa chute tout son parti. Limogé par ses pairs, humilié par la presse, le personnage va pourtant, en dépit de toute logique, tout faire pour laver sa réputation.</p>



<p>Là est le cœur du film&nbsp;: comment un homme, coupable sur toute la ligne, peut-il encore prétendre à l’honneur&nbsp;? Comment un homme corrompu jusqu’à la moelle peut-il oser demander à être sauvé de la rancœur de l’opinion publique&nbsp;? Alors, tout le film se construit autour du personnage principal. On le suit, caméra à l’épaule, dans les bureaux du parti, dans ses interviews, dans les coulisses de la politique espagnole. On le suit parce qu’on essaye de comprendre ce qui peut pousser un homme à ce point coupable à demander justice. On le suit dans un quotidien frénétique, où les réunions, les poignées de mains et les contrats s’enchaînent sans avoir l’opportunité de prendre recul. On colle à la peau du personnage, toujours par-dessus son épaule, toujours témoin des négociations en coulisses, des rapports de pouvoir et des actes désespérés de Manuel Lopez-Vidal.</p>



<p>Mais à force de trop regarder, peut-être ne voit-on pas assez. Si le rythme effréné de l’action nous immerge dans le quotidien d’un homme pressé, il nous empêche de prendre du recul sur ce qui se passe réellement. Alors que les scènes s’enchaînent à une vitesse folle, il est de plus en plus difficile de réaliser ce qui se passe vraiment sous nos yeux – à savoir des actes de corruption et de trafic d’influence, c’est-à-dire des crimes. En ce sens, l’immersion est réussie&nbsp;: tout comme les personnages, nous perdons de plus en plus le contact avec la réalité au fur et à mesure que les intrigues s’enchaînent. Une réalité qui, lorsqu’elle revient sur le devant de la scène, frappe fort le personnage.</p>



<p>Pourtant, cette perspective intime, presque fusionnelle, empêche de prendre de la distance – une distance nécessaire pour pouvoir juger, se positionner, développer une réception critique et une opinion autour du fait de société que présente le film. Une réflexion que le rythme du film ne permet pas de mener. On peut voir cela comme une imitation d’une société actuelle, où l’analyse politique se fait dans le ressenti et la réaction instantanée par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Mais un tel manque de distance dans la représentation de personnages complexes amène nécessairement à des facilités. Très vite, le personnage se retrouve dans des situations particulièrement stéréotypées&nbsp;: sur un yacht privé avec ses camarades corrompus, dans une banque en Andorre pour déplacer de l’argent… Ces situations stéréotypées sont bien évidemment inspirées de la réalité des pratiques de corruption et d’évasion fiscale, mais ici, la rapidité du film&nbsp;contraint de laisser ces éléments narratifs au stade de stéréotypes. Ce qui est étonnant, pour un film qui prétend vouloir coller à la réalité&nbsp;: malgré sa volonté d’authenticité, on voit très vite émerger des situations et des discours sous-jacents qui paraissent un peu faciles – tous les médias sont corrompus, tout le monde en politique est corrompu…</p>



<p>En outre, le problème de ce rythme que vise le réalisateur est qu’il ne nous laisse jamais le temps de souffler. Or, le film dure plus de deux heures – deux heures de dialogues effrénés, de débats, de poussées de colère et parfois de scènes d’action. Le film ne maintient pas qu’un rythme rapide tout au long de sa durée, mieux&nbsp;: il l’accélère. Mais pourtant, vers la fin du film, les scènes ralentissent, et laissent le personnage seul avec soi-même dans une scène de course-poursuite étrange, qui brise le rythme du film et frôle le thriller. Le film souffre donc de problèmes de rythme, qui compliquent la réflexion et le débat autour de ce film.</p>



<p>Un film qui pourtant, par ailleurs, est très convaincant sur le plan technique. Outre le jeu assurément bon des acteurs, l’éclairage et les décors sont particulièrement réussis, et donnent au film un côté très naturaliste, tout en laissant l’impression que derrière cette image parfaite esthétiquement se cache une part d&rsquo;obscurité inavouable. La mise en scène de l’espace met vraiment en valeur un Manuel Lopez-Vidal esseulé, isolé dans son environnement, faisant face à sa culpabilité, à ses responsabilités et à soi-même. Un personnage jeune, viril, sûr de soi, droit dans ses bottes, le type même de l’homme politique, qui pourtant fuit face à ses responsabilités et est incapable d’assumer sa culpabilité – une figure masculine paradoxale, entre assurance et angoisses.</p>



<p>On a donc au final un film parfaitement maîtrisé dans son traitement esthétique, et très intéressant dans le parti pris de nous immerger dans un milieu politique corrompu en nous faisant perdre pied&nbsp;par rapport à la réalité. Mais c&rsquo;est de ce même parti pris que souffre le film, handicapé par des problèmes de rythme et de prise de distance par rapport à son sujet.&nbsp;<strong>El Reino</strong>&nbsp;est donc un film qui s’attache à faire émerger des paradoxes propres aux politiques gouvernementales du XXIè siècle, mais qui, pour cela, manque peut-être de nuance et de recul.</p>



<p></p>



<p></p>



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<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  Rodrigo Sorogoyen 
<strong>NATIONALITÉ : </strong>Espagne
<strong>GENRE </strong>:  Drame, policier. 
<strong>AVEC : </strong>Antonio de la Torre - Monica Lopez - Nacho Fresneda
<strong>DURÉE : </strong>2h11 
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Le Pacte 
<strong>SORTIE LE </strong>17 avril 2019 </pre>
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		<title>Nitram : itinéraire d&#8217;un déséquilibré</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Mallard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 May 2022 10:09:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peu de cinéastes retenus dans la Sélection Officielle de cette édition 2021 du Festival de Cannes ont connu un parcours erratique comme celui de Justin Kurzel. Ayant longtemps été partagé entre productions hollywoodiennes et productions indépendantes australiennes, le réalisateur australien revient cette année avec un long-métrage plus proche de son style des débuts sur Les Crimes de Snowtown. Brossant le portrait de l&#8217;auteur de la tuerie de Port-Arthur en 1996, fusillade de masse marquante de l&#8217;histoire récente de l&#8217;Australie, Kurzel [&#8230;]</p>
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<p>Peu de cinéastes retenus dans la Sélection Officielle de cette édition 2021 du Festival de Cannes ont connu un parcours erratique comme celui de Justin Kurzel. Ayant longtemps été partagé entre productions hollywoodiennes et productions indépendantes australiennes, le réalisateur australien revient cette année avec un long-métrage plus proche de son style des débuts sur <strong>Les Crimes de Snowtown</strong>. Brossant le portrait de l&rsquo;auteur de la tuerie de Port-Arthur en 1996, fusillade de masse marquante de l&rsquo;histoire récente de l&rsquo;Australie, Kurzel confirme avec <strong>Nitram</strong> son inimitable habileté à l&rsquo;adaptation de faits divers, relisant des évènements tragiques avec autant de brio que de fidélité documentaire, leur redonnant à l&rsquo;écran la pleine mesure de leur sens.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Film surprenant dans l&rsquo;étirement de son récit et dans la complexité de son compte-rendu d&rsquo;un fait divers, <strong>Nitram</strong> est un véritable défi à la compréhension, un film qui ne se laisse pleinement comprendre qu&rsquo;à sa fin. </p></blockquote>



<p>Tasmanie, années 90. Coincé entre une mère distante et un père cherchant désespérément à la comprendre, Nitram vit une vie douloureuse et isolée. Mentalement instable, entre pulsions destructrices, instants de vide et furies passagères, le jeune adolescent n&rsquo;a ni amis, ni confident. Jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il rencontre la riche et marginale Helen, avec laquelle il noue très vite une relation forte et maternelle. Mais quand Helen meurt dans des circonstances dramatiques, plus rien au monde n&#8217;empêche Nitram de basculer vers l&rsquo;irréversible.</p>



<p>Pour ceux qui sont le plus familiers de l&rsquo;œuvre du réalisateur, <strong>Nitram</strong> apparaît comme un film étrange, énigmatique dans le déroulement de sa narration, renouant à la fois avec le premier film de l&rsquo;Australien tout en amenant un certain nombre de nouveautés. À l&rsquo;instar de <strong>Les crimes de Snowtown</strong> et <strong>True History of the Kelly </strong>Gang, Kurzel adapte au cinéma des faits divers de l&rsquo;histoire contemporaine, les transformant en révélateurs de paramètres de la société australienne d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Le réalisateur brille particulièrement dans ce registre, mettant au point une écriture dramatique intransigeante dans son respect du réel et exemplaire dans sa capacité à insuffler du sens dans un événement dont le traumatique fait obstacle à la compréhension. Au delà du fondement de son récit, c&rsquo;est aussi l&rsquo;esthétique de son premier film que retrouve le réalisateur : avec une caméra tout en retenue et un éclairage naturel, un montage simple, Justin Kurzel revient vers une esthétique moins théâtrale et un cadrage plus discret, mais pas pour autant moins efficace. Cependant, à la différence de <strong>Snowtown</strong>, Kurzel choisit dans <strong>Nitram</strong> de montrer <em>l&rsquo;avant</em> du crime, et non pas le <em>pendant</em>. Un choix quelque peu intriguant pendant l&rsquo;essentiel du film, mais qui finit par prendre pleinement son sens avec le panneau final ouvrant le générique de fin. Plus que l&rsquo;histoire d&rsquo;un crime, <strong>Nitram</strong> est donc l&rsquo;histoire de la route qui mène de la fragilité à la folie meurtrière, de la manière dont l&rsquo;attente d&rsquo;une stabilité qui ne vient jamais pousse au pire un homme instable. La narration tout en longueur étalée dans le temps se comprend alors comme un appel du vide, comme la somme de forces invitant un jeune homme fragile à peu à peu perdre toute stabilité pour basculer dans la catégorie des déséquilibrés, radicalement étrangers et incompréhensibles. Faisant le portrait de l&rsquo;homme qui existait avant le tueur et de l&rsquo;adolescent qui existait avant l&rsquo;homme, Kurzel propose ainsi une analyse des dynamiques qui poussent au crime, comprenant ces mécanismes non pas comme une série de déterminations poussant inévitablement au meurtre mais comme une série de trous, de vides juridiques, d&rsquo;absences sentimentales qui précarisent toujours plus un homme fragile, faisant germer progressivement la graine de la folie meurtrière.</p>



<p>Dans cette reconstitution de la route du crime qu&#8217;emprunte Nitram, Kurzel adopte une position singulière par rapport à son sujet, difficile à pleinement caractériser tant la relation qu&rsquo;entretient le réalisateur au personnage est dure à appréhender. Plus que faisant la démonstration des déterminismes poussant au passage à l&rsquo;acte, on dirait que le réalisateur chercher à montrer comment Nitram est toujours incompris, comment chacun de ses différents appels à l&rsquo;aide est ignoré &#8211; comme dans cette scène où le jeune homme met en mots ses pulsions violentes face à sa mère, lui répondant calmement être incapable de le comprendre. Quelque part, on pourrait presque comprendre <strong>Nitram</strong> comme une réaction réaliste et analytique de Kurzel au <strong>Joker</strong> de Todd Philips. En effet, dans ce film, la peinture des rouages qui poussent des hommes fragiles à devenir des modèles d&rsquo;une masculinité violente et meurtrière mettait l&rsquo;accent sur la persécution active de la société &#8211; là où <strong>Nitram</strong> semble plutôt mettre l&rsquo;accent sur l&rsquo;inaction et l&rsquo;immuabilité du corps social. Mais faire cette hypothèse de lecture implique cependant de remarquer comment <strong>Nitram</strong> se distingue du reste de la filmographie de Justin Kurzel. Car ce qui manque à <strong>Nitram</strong> et qui faisait jusque là le cœur du style du réalisateur, ce sont les hommes. En effet, dans les deux précédents films australiens de Kurzel, le crime, la folie et la furie étaient toujours le fait d&rsquo;une initiation virile empoisonnée, d&rsquo;un mentor fascinant mais fourvoyé poussant un jeune fragile vers la violence. La violence était donc toujours le fait des hommes et de leur influence virile et perverse. Or, dans <strong>Nitram</strong>, les hommes brillent par leur absence. En effet, le père malade de Nitram disparaît bien assez tôt de l&rsquo;intrigue, et s&rsquo;efface derrière une mère distante et rigide et la maternelle mais tourmentée Helen. Absents du récits, les hommes ne reviennent que dans une seule scène clé du film, scène où Nitram achète des armes. Paradoxalement, on peut donc estimer dans ce film que la virilité dangereuse que croque si bien Kurzel est d&rsquo;autant plus présente qu&rsquo;elle est absente, d&rsquo;autant plus sourde qu&rsquo;elle est souterraine au point qu&rsquo;on ne la voie plus. Ainsi, si les hommes sont absents du récit, c&rsquo;est qu&rsquo;ils sont repoussés à la marge du film, rappelés par les derniers mots glaçants du réalisateur, qui parvient à dire en moins d&rsquo;une minute que derrière un Nitram, il y a des milliers d&rsquo;hommes, complices. Rappelant la monstruosité du présent <em>après</em> le film, Kurzel constitue donc son œuvre comme une parenthèse dans le réel, une parenthèse qui nous rappelle aussitôt qu&rsquo;elle se referme que la menace de la violence est partout dans le monde extérieur. Un tour de force qui déplace le cinéma en dehors du film, et qui démontre encore une fois l&rsquo;exemplaire capacité du réalisateur à analyser les mécanismes de la violence masculine contemporaine.</p>



<p>Film surprenant dans l&rsquo;étirement de son récit et dans la complexité de son compte-rendu d&rsquo;un fait divers, <strong>Nitram</strong> est un véritable défi à la compréhension, un film qui ne se laisse pleinement comprendre qu&rsquo;à sa fin. Une épreuve de patience pour le public qui porte cependant ses fruits, puisqu&rsquo;avec un simple carton final le film amène un propos politique aussi fort que concis, un cinglant constat sur l&rsquo;état de l&rsquo;Australie contemporaine et sur son rapport à la violence. Avec <strong>Nitram</strong>, Kurzel confirme donc avec réussite qu&rsquo;il entend bien continuer à se faire l&rsquo;une des voix les plus fortes contre la violence masculine en Australie.</p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Justin Kurzel
<strong>NATIONALITÉ : </strong>Australienne
<strong>AVEC : </strong>Caleb Landry Jones, Essie Davis, Anthony Lapaglia
<strong>GENRE : </strong>Drame, Thriller, Fait divers
<strong>DURÉE : </strong>1h50
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Ad Vitam
<strong>SORTIE LE </strong>Prochainement</pre>
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		<title>La Colline où rugissent les lionnes : vers la liberté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Mallard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Apr 2022 23:58:53 +0000</pubDate>
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<p>Assurément l&rsquo;une des personnalités les plus guettées de cette 53ème Quinzaine des Réalisateurs, Luàna Bajrami a su se tailler une place de choix dans le cinéma français. À l&rsquo;affiche dans <strong>Ibrahim</strong> de Samir Guesmi, <strong>Les Deux Alfred</strong> de Denis Podalydès ou encore <strong>Portrait de la Jeune Fille en Feu</strong> de Céline Sciamma, le moins qu&rsquo;on puisse dire, c&rsquo;est qu&rsquo;en à peine deux ans, l&rsquo;actrice a connu un début de carrière fulgurant. Après deux années en production, Luàna Bajrami passe derrière la caméra pour amener à Cannes <strong>La Colline où rugissent les lionnes</strong>, un premier long-métrage produit entre ses dix-huit et vingt ans. Première représentante du Kosovo à Cannes, candidate à la Caméra d&rsquo;Or, Luàna Bajrami propose avec ce long-métrage un premier film honorable, où la fougue de la jeunesse prend avec audace le pas sur les contraintes sociales &#8211; un appel à la liberté cependant peut-être trop ambitieux pour la jeune réalisatrice, qui peine à tirer son épingle du jeu dans la compétition cannoise.</p>



<p>Sur une colline perdue du Kosovo, Qe, Jeta et Li se jurent une amitié sans failles. Nées dans un petit village de la région, les trois jeunes femmes rêvent d&rsquo;ailleurs, de s&rsquo;évader d&rsquo;un milieu étouffant et de s&rsquo;élever socialement. Réunissant toutes leurs économies pour postuler à l&rsquo;université, elles passent ensembles leur journée d&rsquo;été, unies comme les cinq doigts de la main. Mais quand leurs espoirs sont peu à peu brisés par le réel, les jeunes femmes décident de reprendre leur destin en main et de ne plus rien laisser au hasard. Plus de compromis, plus de renoncements : elles prendront tout ce qui leur revient de droit, fortes et dominantes comme des lionnes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« <meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8"><strong>La Colline où rugissent les lionnes</strong> ne se distingue pas particulièrement par son <meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8">inventivité. Mais le film reste néanmoins très convaincant par son honnêteté ainsi que par la franchise des actrices et de la réalisatrice, qui parviennent tout de même à maintenir l&rsquo;intérêt du spectateur tout au long du film. Un film qui a donc le mérite d&rsquo;exister, que ce soit pour lancer tout à fait correctement la carrière de la réalisatrice comme pour représenter pour la première fois le Kosovo sur la Croisette. »</p></blockquote>



<p>Pour un premier film kosovien sur la Croisette, Luàna Bajrami fait plutôt honneur à son pays. Tourné dans des zones rurales, définitivement ancré dans ses campagnes, la caméra de la réalisatrice brosse un portrait généreux, manifestant assurément une capacité d&rsquo;écoute et d&#8217;empathie qui augurent du meilleur pour la carrière de la réalisatrice. En saisissant dans le contraste entre les envies de liberté du trio principal et leur attachement à leur village le paradoxe entre l&rsquo;amour pour ce pays et la sensation de s&rsquo;y sentir coincée, la réalisatrice fournit une première représentation pleine de sensibilité pour le pays des Balkans. À la fois empathique avec ses jeunes habitantes et affectueuse pour ses paysages, Luàna Bajrami montre une réelle volonté d&rsquo;écoute, sachant conjuguer son désir de filmer son pays et son désir d&rsquo;écouter les siennes, exerçant son regard avec beaucoup de maturité. La photographie et les décors donnent assurément un certain charme au film, qui vaut le détour ne serait-ce que pour découvrir cette campagne profonde du Kosovo, où la réalisatrice tente de saisir en filmant la jeunesse l&rsquo;essence même de son pays et de son avenir.</p>



<p>Mais si le récit que propose Luàna Bajrami est suffisamment étoffé pour permettre de tenir le film et suffisamment général pour toucher le public, il ne parvient pourtant pas à être quelque chose de plus. <strong>La Colline où rugissent les lionnes</strong> se perd quelque part entre <strong>Mustang</strong> et <strong>The Bling Ring</strong>, peinant pourtant à atteindre réellement la crédibilité de ses modèles. Si les performances des actrices sont tout à fait convaincantes, le problème réside plutôt dans leur direction : le portrait de la quête de liberté des jeunes femmes est comme affaibli par certaines simplicités narratives, de la comparaison insistante avec les lionnes à l&rsquo;invocation assez peu subtile de <strong>l&rsquo;Assommoir</strong> d&rsquo;Émile Zola par la réalisatrice. À cela, il faut ajouter une fin assez abrupte, véritable occasion manquée de marquer la mémoire du spectateur, qui laisse sur sa faim avec une séquence finale dont l&rsquo;effet est malheureusement complètement désamorcé. Une conclusion ratée que l&rsquo;aplomb de l&rsquo;équipe du film permet quelque peu d&rsquo;oublier : pariant tout sur l&rsquo;énergie et le magnétisme de la fougue de la jeunesse, Luàna Bajrami parvient tout de même à sauver les meubles avec sa franchise touchante, qui laisse espérer un parcours intéressant pour ses prochains films.</p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Luàna Bajrami
<strong>NATIONALITÉ : </strong>Française, Kosovienne
<strong>AVEC : </strong>Flaka Latifi, Uratë Shabani, Era Balaj
<strong>GENRE : </strong>Drame
<strong>DURÉE : </strong>1h23
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Le Pacte
<strong>SORTIE LE </strong>27 avril 2022 </pre>
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		<title>Murina : la murène dans le vivier</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Apr 2022 08:46:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Retrouvez notre interview d'Antoneta Alamat Kusijanovic, réalisatrice de Murina L&#8217;adolescence est un âge trouble, une période de tensions et de révolutions qui a toujours su inspirer le cinéma. Moment par excellence de l&#8217;émancipation, l&#8217;adolescence est au cœur du premier long-métrage d&#8217;Antoneta Alamat Kusijanovic, Murina, un film candidat à la Caméra d&#8217;Or au Festival de Cannes 2021 et présenté à la Quinzaine des Réalisateurs. Étoffant la comparaison entre une jeune fille et une murène dans une narration maîtrisée et un carré [&#8230;]</p>
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<pre class="wp-block-verse has-text-align-center has-vivid-cyan-blue-color has-text-color"><a href="https://movierama.fr/antoneta-alamat-kusijanovic-rencontre-avec-la-realisatrice-de-murina/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Retrouvez notre interview d'Antoneta Alamat Kusijanovic, réalisatrice de Murina</a></pre>



<p>L&rsquo;adolescence est un âge trouble, une période de tensions et de révolutions qui a toujours su inspirer le cinéma. Moment par excellence de l&rsquo;émancipation, l&rsquo;adolescence est au cœur du premier long-métrage d&rsquo;Antoneta Alamat Kusijanovic, <strong>Murina</strong>, un film candidat à la Caméra d&rsquo;Or au Festival de Cannes 2021 et présenté à la Quinzaine des Réalisateurs. Étoffant la comparaison entre une jeune fille et une murène dans une narration maîtrisée et un carré de personnages saisissant, la réalisatrice propose un long-métrage solide et réussi sur l&rsquo;émancipation d&rsquo;une jeune fille, loin des carcans familiaux et de son père autoritaire.</p>



<p>Sur une petite île croate, Julija et son père, Ante, pèchent la murène. Avec sa mère Nela, les trois vivent dans une maison de pierre posée sur une crique prisée des touristes, un paradis aux eaux turquoises et aux falaises de nacre. Mais pour Julija, ce paradis cache un certain enfer : complètement sous la coupe de son père autoritaire et intimidant, Julija et sa mère sont comme prises au piège dans les rênes d&rsquo;un filet. Jusqu&rsquo;à ce que Javier, millionnaire et ancien employeur devenu ami d&rsquo;Ante, revienne sur l&rsquo;île à l&rsquo;invitation de celui-ci. Solaire et charismatique, Javier réveille dans cette famille des tensions anciennes, entre désir et amitié, colère et frustration. De quoi lever temporairement le joug qui accablait Julija, et lui faire découvrir des émotions nouvelles. Prenant goût à la liberté, Julija n&rsquo;hésitera pas à se battre pour s&rsquo;échapper, comme une murène prise dans le harpon d&rsquo;un pêcheur. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« <meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8">Film porté par une métaphore construite au compas, <strong>Murina</strong> propose le récit saisissant de l&rsquo;émancipation d&rsquo;une jeune femme, retenue prisonnière par ce qui la lie aux siens comme un poisson prise par le filet d&rsquo;un pêcheur. Un très beau premier long-métrage pour la réalisatrice croate Antoneta Alamat Kusijanovic, qui démontre avec ce film un talent considérable pour l&rsquo;écriture dramatique et la dramaturgie. »</p></blockquote>



<p>Piégée dans sa maison de pierre comme une murène serait retenue dans un vivier, la comparaison entre Julija et une murène peut paraître assez simpliste dans un premier temps. Cependant, les talents d&rsquo;écriture dramatique d&rsquo;Antoneta Alamat Kusijanovic poussent cette métaphore à un niveau impressionnant. La réalisatrice brille en effet dans la restitution du sentiment d&rsquo;enfermement de la jeune fille, la piégeant dans sa caméra comme dans les rênes d&rsquo;un filet. Filmée en plans épaule, de face et immobile, sans jamais bouger, Julija retrouve sa liberté de mouvement seulement lorsqu&rsquo;elle retourne à la mer. Comme dans son habitat naturel, la jeune adolescente, plongeuse brillante, trouve dans les eaux de Croatie une retraite solitaire, un monde tout en bleu marine et turquoise loin du contrôle oppressant de sa famille. Un monde cependant soumis au regard prédateur de son père, harpon à la main, prêt à tout pour reprendre sous son contrôle la murène échappée, comme un pêcheur s&rsquo;accrochant à sa prise.</p>



<p>Mais de manière assez étonnante, la comparaison entre Julija et la murène n&rsquo;est peut-être pas le point le plus fort du film. Bien plus, c&rsquo;est le saisissant réseau de personnages principaux qui pousse ce film, quatre individus dont les relations sont comme des mailles d&rsquo;un filet, comme autant de liens contribuant à retenir Julija prisonnière. Que ce soit Ante, Javier, Nela ou Julija, le carré de personnages est incroyablement profond dans son développement, parfaitement maîtrisé dans l&rsquo;écriture de leurs répliques et frappant par la force de leur relation. Le dispositif dramatique mis en place par <strong>Murina</strong> permet en effet de décliner ce carré d&rsquo;acteurs en une série de couples dramatiques absolument frappants de profondeur : la relation père-fille, la relation mère-fille, la relation père-mère, sont complétées par la relation amoureuse entre Javier et Julia, celle entre Javier et Nela, et la fascination étrange et mutuelle entre Ante et Javier. Chacun de ces duos est écrit avec sensibilité et profondeur, mettant en place un carré dramatique saisissant de réalisme et de force, admirable dans l&rsquo;exécution du récit. Dramaturge hors pair, Antoneta Alamat Kusijanovic montre avec <strong>Murina</strong> une sensibilité admirable, un véritable talent à l&rsquo;écriture de personnages et une capacité à mettre en place un dispositif dramatique qui ferait rougir d&rsquo;envie le moindre dramaturge de théâtre.</p>



<p>Film porté par une métaphore construite au compas, <strong>Murina</strong> propose le portrait saisissant de l&rsquo;émancipation d&rsquo;une jeune femme, retenue prisonnière par ce qui la lie aux siens comme un poisson prise par le filet d&rsquo;un pêcheur. Un très beau premier long-métrage pour la réalisatrice croate Antoneta Alamat Kusijanovic, qui démontre avec ce film un talent considérable pour l&rsquo;écriture dramatique et la dramaturgie.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Antoneta Alamat Kusijanovic
<strong>NATIONALITÉ : </strong>Croate
<strong>AVEC : </strong>Gracija Filipovic, Leon Lucev, Cliff Curtis
<strong>GENRE : </strong>Drame
<strong>DURÉE : </strong>1h32
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>KMBO
<strong>SORTIE LE </strong>20 avril 2022</pre>



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		<title>Plumes : les plumes et le goudron</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Mallard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Mar 2022 14:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Parmi la sélection de premiers films retenus pour la soixantième Semaine de la Critique du Festival de Cannes, Plumes avait une place de choix. Dernier film présenté dans la sélection, le premier long-métrage d&#8217;Omar El Zohairy avait l&#8217;audace de proposer un concept surprenant, entre réalisme social et fable absurde. Cependant, les partis pris du réalisateur se retournent contre le film, et Plumes perd l&#8217;attrait que lui conférait son postulat original en s&#8217;égarant en longueurs et en mutisme. Dans une famille [&#8230;]</p>
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<p>Parmi la sélection de premiers films retenus pour la soixantième Semaine de la Critique du Festival de Cannes, <strong>Plumes</strong> avait une place de choix. Dernier film présenté dans la sélection, le premier long-métrage d&rsquo;Omar El Zohairy avait l&rsquo;audace de proposer un concept surprenant, entre réalisme social et fable absurde. Cependant, les partis pris du réalisateur se retournent contre le film, et <strong>Plumes</strong> perd l&rsquo;attrait que lui conférait son postulat original en s&rsquo;égarant en longueurs et en mutisme.</p>



<p>Dans une famille pauvre d&rsquo;une ville égyptienne, une mère dévouée de trois enfants s&rsquo;attèle aux tâches ménagères, sous la dépendance de son mari. Menant une vie sans surprises, l&rsquo;anniversaire de l&rsquo;un des enfants devient pour la petite famille un événement exceptionnel, l&rsquo;occasion d&rsquo;une grande fête pour laquelle les parents ont engagé un prestidigitateur. Alors que celui-ci fait son numéro, il réclame l&rsquo;assistance du père : rentrant dans une caisse, après un coup de baguette magique, celui-ci en ressort transformé en poule. Tandis que l&rsquo;assistance applaudit, le spectacle tourne bientôt au cauchemar : car le magicien échoue à faire revenir le père à son état original&#8230; La naissance d&rsquo;une situation impossible pour la mère de famille, qui se serait bien passée d&rsquo;une catastrophe inconcevable.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« S<meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8">&lsquo;appuyant sur un postulat original et un propos solidement construit, le réalisme absurde de <strong>Plumes</strong> tend cependant à avoir un effet contre-productif, tenant le spectateur à distance pour lui faire pleinement constater l&rsquo;impossible réalité d&rsquo;une famille dont le père est changé en poule. Un choix discursivement intéressant qui perd malheureusement le public en route, mais témoigne cependant de l&rsquo;exigence honorable d&rsquo;Omar El Zohairy, ainsi que la naissance d&rsquo;un nouveau cinéaste égyptien à suivre. »</p></blockquote>



<p>Si le concept du film pouvait laisser entendre que le récit était principalement fantastique, il n&rsquo;en est rien. Au contraire, le réalisateur choisit une mise en scène ouvertement réaliste, avec des plans fixes neutres et des décors urbains ou domestiques collant à la réalité. Hypnotisé par le goudron des routes et le béton sali des murs, <strong>Plumes</strong> est donc plus réaliste que magique : dépouillé dans sa mise en scène, minimal dans sa bande-son, Omar El Zohairy confronte en permanence l&rsquo;absurde de sa narration à la réalité brute de ses environnements et de ses personnages, une réalité de plus en plus écrasante et insupportable au fur et à mesure que la mère de famille se bat contre l&rsquo;insensé dans un effort maintenir sa famille à flot. Fidèle à ses personnages et à son dispositif narratif, le réalisateur témoigne d&rsquo;un réalisme d&rsquo;autant plus violent qu&rsquo;il manifeste en permanence l&rsquo;inévitable réalité d&rsquo;un absurde inconcevable, d&rsquo;un cauchemar bien réel duquel il est impossible d&rsquo;échapper &#8211; une réalité insensée qui devient progressivement un état de fait.</p>



<p>Cependant, si <strong>Plumes</strong> est remarquable dans son propos, l&rsquo;exécution froide et distante tient le spectateur à bout de bras, choisissant d&#8217;empêcher une pleine adhésion au récit pour mettre en place une forme de distanciation nous invitant à toujours nous demander si l&rsquo;absurde est bien réel. Ainsi, <strong>Plumes</strong> est une proposition de mise en scène discursivement audacieuse et intéressante, mais qui souffre de ses propres partis pris puisqu&rsquo;elle débouche sur un travail souffrant de ses longueurs et de son mutisme. Si le personnage de la mère de famille luttant contre les éléments est touchant par ses tentatives désespérées pour prendre en main sa situation, les plans mettant en avant son silence et son regard perdu deviennent progressivement assez répétitifs. Tendant à l&rsquo;impersonnel dans sa manière de filmer, la caméra neutre du réalisateur cherche une forme de réalisme trop obtuse pour être vraiment efficace, poussant en permanence le spectateur à la dissociation et au recul émotionnel. Mettant trop l&rsquo;accent sur l&rsquo;effet de réel, <strong>Plumes</strong> perd donc malheureusement son spectateur en route, malgré un postulat de base attrayant et une proposition discursivement intéressante qui échoue à pleinement capter la sympathie de son public.</p>



<p>S&rsquo;appuyant sur un postulat original et un propos solidement construit, le réalisme absurde de <strong>Plumes</strong> tend cependant à avoir un effet contre-productif, tenant le spectateur à distance pour lui faire pleinement constater l&rsquo;impossible réalité d&rsquo;une famille dont le père est changé en poule. Un choix discursivement intéressant qui perd malheureusement le public en route, mais témoigne cependant de l&rsquo;exigence honorable d&rsquo;Omar El Zohairy, ainsi que la naissance d&rsquo;un nouveau cinéaste égyptien à suivre.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Omar El Zohairy
<strong>NATIONALITÉ : </strong>Égyptienne
<strong>AVEC : </strong>Demyana Nassar, Samy Boussony, Fany Mida Fawzy
<strong>GENRE :</strong> Comédie dramatique, Fantastique, Absurde
<strong>DURÉE : </strong>1h52
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Dulac Distribution
<strong>SORTIE LE </strong>Prochainement</pre>
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		<title>L&#8217;Histoire de ma femme : mariés au premier regard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Mallard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 18:38:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cinq ans après le très remarqué Corps et Âme, la réalisatrice hongroise Ildiko Enyedi accoste le tapis rouge cette année avec L&#8217;Histoire de ma femme, portrait du mariage mouvementé d&#8217;un capitaine de navire et d&#8217;une jeune Française. Avec à son bord deux des acteurs français les plus célébrés de leur génération, Léa Seydoux et Louis Garrel, la réalisatrice hongroise propose malheureusement un film qui fait naufrage, perdu par ses longueurs et la lourdeur de son style littéraire. Revenant à terre [&#8230;]</p>
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<p>Cinq ans après le très remarqué <strong>Corps et Âme</strong>, la réalisatrice hongroise Ildiko Enyedi accoste le tapis rouge cette année avec <strong>L&rsquo;Histoire de ma femme</strong>, portrait du mariage mouvementé d&rsquo;un capitaine de navire et d&rsquo;une jeune Française. Avec à son bord deux des acteurs français les plus célébrés de leur génération, Léa Seydoux et Louis Garrel, la réalisatrice hongroise propose malheureusement un film qui fait naufrage, perdu par ses longueurs et la lourdeur de son style littéraire.</p>



<p>Revenant à terre après un long voyage en mer, le capitaine Jacob Störr fait un pari audacieux, accoudé à la table d&rsquo;un café avec un ami proche : il demandera en mariage la première femme à passer le pas de la porte. Entre alors Lizzie, jeune blonde française insaissisable douée de charme et d&rsquo;humour. Réunis par le hasard, les deux compagnons de galère embarquent à bord d&rsquo;un mariage houleux, raconté en sept parties.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Ayant pour ambition de s&rsquo;inscrire dans le prolongement de grands peintres des relations humaines comme DostoïevskI,<strong> L&rsquo;Histoire de ma femme</strong> échoue assez singulièrement, aboutissant sur un film bien trop long et passionnellement inintéressant. Une contre-performance dramatique pour l&rsquo;autrice de <strong>Corps et Âme</strong>, qui propose une fresque qui ne devrait pas convaincre grand monde malgré son casting d&rsquo;exception. »</p></blockquote>



<p>Impossible de ne pas trouver <strong>L&rsquo;Histoire de ma femme</strong> intensément trop long. D&rsquo;une durée totale de près de trois heures, chacune des sept parties du film est interminable, en plus d&rsquo;avoir une correspondance douteuse avec le titre de chacune d&rsquo;entre elles. S&rsquo;inscrivant certainement dans le prolongement d&rsquo;auteurs classiques comme un Dostoïevski, Ildiko Enyedi tente de livrer un portrait approfondi de deux personnages complexes, sans arriver pourtant à convaincre le spectateur de l&rsquo;intérêt de cette démarche et de la réussite de son entreprise. Si Léa Seydoux donne chair au personnage de Lizzie avec une certaine réussite, incarnant l&rsquo;ambivalence de son attitude tantôt affectueuse, tantôt distante, jamais les personnages n&rsquo;arrivent à atteindre la profondeur charnelle d&rsquo;un grand auteur de la littérature moderne. S&rsquo;égarant dans sa démarche comme un navire se perd en mer, <strong>L&rsquo;Histoire de ma femme</strong> devient alors le spectacle épouvantablement long d&rsquo;une tentative esthétique infructueuse d&rsquo;autant plus frustrante qu&rsquo;elle n&rsquo;en finit jamais de finir.</p>



<p>Un résultat décevant pour un film qui jouissait pourtant d&rsquo;éléments de mise en scène tout à fait attrayants. <strong>L&rsquo;histoire de ma femme</strong> est en effet riche de moments saisissants, comme ces scènes à la surface d&rsquo;une mer déchaînée ou encore ces plans en apesanteur donnant à voir deux baleines majestueuses. Les décors sont tout aussi satisfaisants dans ce film à costumes qui reconstitue les lieux de sociabilité petite-bourgeoise d&rsquo;une société européenne cosmopolite et libérée. Cependant, ces quelques plaisirs visuels sont bien vite engloutis par une marée de dialogues peu intéressants et par une histoire qui n&rsquo;avance pas. Loin de ses autres longs-métrages, Ildiko Enyedi livre donc un film décevant et peu mémorable, malgré tous les efforts de ses interprètes, de sa mise en scène et de sa photographie.</p>



<p>Ayant pour ambition de s&rsquo;inscrire dans le prolongement de grands peintres des relations humaines comme Dostoïevski,<strong> L&rsquo;Histoire de ma femme</strong> échoue assez singulièrement, aboutissant sur un film bien trop long et passionnellement inintéressant. Une contre-performance dramatique pour l&rsquo;autrice de <strong>Corps et Âme</strong>, qui propose une fresque qui ne devrait pas convaincre grand monde malgré son casting d&rsquo;exception.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-4"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:60%"></div></div><div class="score">2</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Ildiko Enyedi
<strong>NATIONALITÉ : </strong>Hongroise, Allemande, Italienne, Française
<strong>AVEC : </strong>Gijs Naber, Léa Seydoux, Louis Garrel
<strong>GENRE : </strong>Drame, Historique, Romance 
<strong>DURÉE : </strong>2h49
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Pyramide Distribution
<strong>SORTIE LE </strong>16 mars 2022</pre>
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		<title>Medusa : le miroir des maudites</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Mallard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 08:50:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dire qu&#8217;Anita Rocha da Silveira est l&#8217;une des réalisatrices contemporaines les plus prometteuses du Brésil serait un euphémisme. Cinq ans après son fascinant premier long-métrage, Mate-me por favor, la réalisatrice brésilienne présente cette année à la Quinzaine des Réalisateurs Medusa, relecture du mythe de la méduse dans le Brésil évangélique et machiste de Jair Bolsonaro. Un film de genre fulgurant, confirmant la naissance d&#8217;une réalisatrice hors pair aux talents remarquables de mise en scène. Le jour, Mariana appartient au groupe [&#8230;]</p>
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</div></div>



<p>Dire qu&rsquo;Anita Rocha da Silveira est l&rsquo;une des réalisatrices contemporaines les plus prometteuses du Brésil serait un euphémisme. Cinq ans après son fascinant premier long-métrage, <strong>Mate-me por favor</strong>, la réalisatrice brésilienne présente cette année à la Quinzaine des Réalisateurs <strong>Medusa</strong>, relecture du mythe de la méduse dans le Brésil évangélique et machiste de Jair Bolsonaro. Un film de genre fulgurant, confirmant la naissance d&rsquo;une réalisatrice hors pair aux talents remarquables de mise en scène.</p>



<p>Le jour, Mariana appartient au groupe Les Précieuses, chœur de jeunes femmes chrétiennes évangélistes faisant tout pour fuir le pêché. La nuit, elle prend en embuscade dans son quartier les femmes de mauvaise réputation, les humiliant et les terrorisant jusqu&rsquo;à les faire rentrer dans le droit chemin de la morale chrétienne. Masques énigmatiques au visage et téléphones à la main, elles s&rsquo;inspirent d&rsquo;une héroïne mystique et mystérieuse devenue une icône lorsque, armée d&rsquo;un verre de kérosène et d&rsquo;un masque blanc comme neige, elle défigura une actrice de petite vertu en l&rsquo;immolant dans une boîte de nuit. Fascinée par cette légende urbaine, Mariana entreprend de retrouver la victime brûlée pour montrer au monde ce que méritent les femmes qui cèdent aux tentations charnelles. Mais face à la rage diabolique de cette femme devenue monstre, Mariana pourrait bien elle-même perdre sa vertu&#8230;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8"><meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8">Réussite à tous les niveaux, <strong>Medusa</strong> brille autant par l&rsquo;ironie renfermée dans sa mise en scène léchée que par le génie des numéros musicaux kitsch et baroques qui rythment le film. Plantant sa caméra devant ses héroïnes comme pour leur renvoyer un miroir, Anita Rocha da Silveira s&rsquo;illustre tout en verve et en humour comme une grande cinéaste de genre, mais aussi une grande réalisatrice féministe, jouant à armes égales avec des autrices comme Céline Sciamma dans sa capacité à interroger le regard que le cinéma porte sur les femmes. »</p></blockquote>



<p>Film de genre musical, baroque et populaire, <strong>Medusa</strong> saisit le spectateur d&#8217;emblée par sa photographie exemplaire, sa bande-son fascinante et plus encore par la maîtrise de la réalisatrice. Quelque part entre un <strong>Us</strong> de Jordan Peele, un <strong>Suspiria</strong> d&rsquo;Argento ou un <strong>Carrie</strong> de De Palma, la réalisatrice n&rsquo;hésite pas à en mettre plein les yeux, baignant ses scènes nocturnes tantôt d&rsquo;un vert vif contre-nature devenu le symbole de cette Méduse moderne qui hante Les Précieuses, tantôt d&rsquo;un rouge saturé connotant la luxure, mais aussi l&rsquo;émancipation du désir. Délicieusement kitsch, <strong>Medusa</strong> n&rsquo;en reste pas là : car la réalisatrice brille dans la mise en scène de performance face caméra, que ce soient les numéros musicaux des Précieuses risibles de mièvrerie ou encore les tutos beauté de Mariana et de sa meilleure amie Michela. Regardant dans la caméra comme on regarde un miroir dans sa salle de bain, les personnages d&rsquo;Anita Rocha da Silveira sont poussés à la performance constante, à la mise en scène de leur propre corps sous la lumière des néons ou l&rsquo;éclairage parfait d&rsquo;un studio. Mais quand la Méduse frappe dans la ville, le miroir que tend la réalisatrice aux personnages n&rsquo;est plus celui dans lequel elles peuvent se faire belles : au contraire, il devient celui dans lequel toutes les immondices ressortent au grand jour, devant lequel les masques tombent et les personnages ôtent leur maquillage, révélant des imperfections terrifiantes, inimaginables dans l&rsquo;ordre moral et esthétique qui les gouverne. Dispositif cinématographique brillant, ces scènes de numéro théâtral réussissent l&rsquo;exploit d&rsquo;être à la fois extrêmement accrocheuses et parfaitement ridicules, sublimes dans leur kitsch et dramatiques dans leur perfection surfaite. Des performances impossibles qui poussent peu à peu les femmes à la rupture, jusqu&rsquo;à un climax final rondement mené, une scène d&rsquo;hystérie collective qui résonne comme une libération face au joug de la morale évangéliste machiste.</p>



<p>Si <strong>Medusa</strong> est une telle réussite, c&rsquo;est non seulement grâce au style exemplaire de la réalisatrice, mais aussi grâce à l&rsquo;approfondissement judicieux des thématiques qui étaient en germe dans son premier long-métrage. Car la réalisatrice prend cette fois le parti de compléter ses personnages féminins en représentant frontalement ceux qui sont leur première menace, à savoir les hommes. À la fois hilarants dans leur caricature de machisme, terrifiants dans leur violence et érotiques dans leur performance physique, les séquences d&rsquo;entraînement chorégraphié du groupe machiste paramilitaire Les Fils de Zion sont le parfait pendant masculin des scènes de chorégraphie et de chant des Précieuses. Mettant les deux directement face à sa caméra, faisant jouer en miroir les performances de virilité machiste et les performances d&rsquo;une féminité stigmatisante, Anita Rocha da Silveira fait se répondre les modèles paradigmatiques de la bonne épouse et du militaire macho. Renvoyés dos à dos, les deux performances de genre structurant cette secte évangéliste frisent le caricatural dans des numéros musicaux fascinants d&rsquo;humour et de malice, mais aussi de sinistre et de menaçant. Réunissant désir et terreur, esthétique pomponnée et décors sordides, la réalisatrice s&rsquo;illustre alors assurément à la fois comme une grande cinéaste de genre et féministe, poussant la morale patriarcale chrétienne jusqu&rsquo;à l&rsquo;absurde avec un dynamisme fascinant et une mise en scène hypnotique.</p>



<p>Réussite à tous les niveaux, <strong>Medusa</strong> brille autant par l&rsquo;ironie renfermée dans sa mise en scène léchée que par le génie des numéros musicaux kitsch et baroques qui rythment le film. Plantant sa caméra devant ses héroïnes comme pour leur renvoyer un miroir, Anita Rocha da Silveira s&rsquo;illustre tout en verve et en humour comme une grande cinéaste de genre, mais aussi féministe, jouant à armes égales avec des autrices comme Céline Sciamma dans sa capacité à interroger le regard que le cinéma porte sur les femmes.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-9"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:10%"></div></div><div class="score">4.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Anita Rocha da Silveira
<strong>NATIONALITÉ : </strong>Brésilienne
<strong>AVEC : </strong>Bruna G, Bruna Linzmeyer, Felipe Frazão
<strong>GENRE : </strong>Drame, Épouvante
<strong>DURÉE : </strong>2h02
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Wayna Pitch
<strong>SORTIE LE </strong>16 mars 2022</pre>
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		<title>Ali &#038; Ava : aimer encore</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Mallard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Mar 2022 13:34:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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<p>Trois ans après son dernier long-métrage <strong>Dark River</strong>, Clio Barnard revient dans les salles obscures avec <strong>Ali &amp; Ava</strong>, un film porté par les deux acteurs Adheel Akhtar et Claire Rushbrook. Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, le nouveau film de la réalisatrice britannique touche par la justesse de certaines de ses scènes, mais se perd dans une narration contrastée qui oscille entre différents styles hétérogènes sans parvenir à les faire entrer en harmonie.</p>



<p>Ali &amp; Ava sont deux adultes éreintés par la vie, résolus à la solitude. Propriétaire immobilier énergique passionné de rap, rock et musique électronique, Ali est coincé dans un couple ruiné par le passage du temps. Assistante scolaire, mère et grand-mère, Ava est une femme d&rsquo;ascendance irlandaise, seule depuis le départ et le décès de son ancien mari. Se rencontrant grâce à leur affection mutuelle pour une petite fille slovaque scolarisée dans une école primaire locale, les deux redécouvrent ensemble les joies de l&rsquo;amour &#8211; quand le souvenir de la solitude ne les hante pas. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8">Partagé entre plusieurs genres, divisé en une série de scènes particulièrement convaincantes et une suite de scènes plus décevantes, <strong>Ali &amp; Ava </strong>est un film contrasté qui approche de la justesse de ton autant de fois qu&rsquo;il la laisse filer entre les doigts. Un film en demi-teinte donc qui restera tout de même agréable par moments pour la justesse de certains de ses passages.</p></blockquote>



<p><strong>Ali &amp;</strong> <strong>Ava</strong> est un film contrasté, oscillant entre hauts et bas de manière chaotique, ne parvenant pas à pleinement convaincre malgré quelques scènes touchantes. D&rsquo;une part,  quand Clio Barnard fait pencher son film du côté de la comédie romantique, elle échoue à mettre en place des scènes convaincantes, ne proposant que des scènes de joie surfaite, parfois écœurantes dans la manière dont Ali &amp; Ava exultent d&rsquo;une joie dégoulinante. Dans ces séquences très génériques, le jeu du duo d&rsquo;acteurs principaux est à la traîne et peine à inviter à la sympathie, donnant des scènes pleines de bons sentiments qui font parfois penser à des publicités tant elles semblent exagérées.</p>



<p>D&rsquo;autre part, quand la réalisatrice s&rsquo;attaque à des enjeux plus dramatiques et même politiques, elle tend vers un film intéressant, qui aurait pu être l&rsquo;occasion de fournir un discours porteur sur la barrière que posent les préjugés à l&rsquo;amour. C&rsquo;est dans ces scènes où se confrontent violemment la famille raciste d&rsquo;Ava et un Ali plein de verve que la réalisatrice revient vers la lumière, avec des scènes sincèrement drôles autant qu&rsquo;elles sont violentes et porteuses de sens. De même, les séquences musicales d&rsquo;un Ali égaré dans la brume, seul avec ses émotions et son baladeur, ponctuent le film d&rsquo;épisodes atmosphériques très réussis et pleins de charme. Cependant, la magie s&rsquo;arrête là, en même temps que le film retourne du côté de la comédie romantique. Fonctionnant par fulgurances douchées autant de fois qu&rsquo;elles sont ravivées, <strong>Ali &amp; Ava</strong> est alors un film qui déçoit non pas parce qu&rsquo;il trahit nos attentes, mais bien parce qu&rsquo;il touche plusieurs fois au cœur de la cible, avant de laisser filer entre ses doigts des instants de beauté qui, malgré tout, tirent le film vers le haut.</p>



<p>Partagé entre plusieurs genres, divisé en une série de scènes particulièrement convaincantes et une suite de scènes plus décevantes, <strong>Ali &amp; Ava </strong>est un film contrasté qui approche de la justesse de ton autant de fois qu&rsquo;il la laisse filer entre les doigts. Un film en demi-teinte donc qui restera tout de même agréable par moments pour la justesse de certains de ses passages.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Clio Barnard
<strong>NATIONALITÉ : </strong>Britannique
<strong>AVEC : </strong>Adeel Akhtar, Claire Rushbrook, Ellora Torchia
<strong>GENRE : </strong>Comédie romantique, Drame
<strong>DURÉE : </strong>1h35
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Rezo Films
<strong>SORTIE LE </strong>Prochainement</pre>
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