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	<title>SORTIES VIDEO - MovieRama</title>
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		<title>Je verrai toujours vos visages : des mots pour apaiser les maux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lisandrina Rehabi]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jan 2024 18:37:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Pupille sur le thème de l’adoption, la cinéaste française Jeanne Herry aborde pour son troisième film un sujet peu traité dans les œuvres fictionnelles: la justice restaurative. Mise en place en 2014, cette procédure légale alternative propose des rencontres entre victimes et auteurs d’infractions similaires, encadrées par des médiateurs bénévoles. Centrée sur la guérison et non la punition, cette méthode permet de remettre en question certaines idées reçues sur les détenus et de mettre en lumière la puissance transformationnelle [&#8230;]</p>
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<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
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</blockquote>



<p>Après <strong>Pupille</strong> sur le thème de l’adoption, la cinéaste française Jeanne Herry aborde pour son troisième film un sujet peu traité dans les œuvres fictionnelles: la justice restaurative. Mise en place en 2014, cette procédure légale alternative propose des rencontres entre victimes et auteurs d’infractions similaires, encadrées par des médiateurs bénévoles. Centrée sur la guérison et non la punition, cette méthode permet de remettre en question certaines idées reçues sur les détenus et de mettre en lumière la puissance transformationnelle de l’empathie, de la solidarité humaine et de la communication dans la résolution des conflits au sein du système judiciaire.</p>



<p>Poignant et émouvant, <strong>Je verrai toujours vos visages</strong> captive par ses prestations exceptionnelles, ses dialogues engageants et une solide construction narrative. Au carrefour de la fiction et du documentaire, il offre une immersion intimiste dans le monde carcéral, loin des clichés habituels, à travers une galerie de personnages complexes et touchants. Dali Benssalah incarne avec justesse Nassim, un jeune détenu issu des quartiers difficiles en quête de rédemption. Son personnage démontre la capacité de changement même face à des défis apparemment insurmontables. Sa performance est remplie d’authenticité et transmet habilement les sentiments contradictoires de colère, de peur et d’espérance.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Je verrai toujours vos visages</strong> constitue assurément une expérience cinématographique marquante et nécessaire, qui encourage la mise en œuvre de la justice restaurative et représente une importante contribution aux débats sur la réforme de la justice pénale.</p>
</blockquote>



<p>Face à lui,<strong> </strong>Leïla Bekhti livre une prestation magistrale dans le rôle de Nawelle, victime d’un braquage. Elle incarne la grâce et la détermination face à l’adversité, suscitant une réflexion sur les attentes de la société en matière de responsabilité. Gilles Lellouche endosse le rôle de Grégoire, une victime de séquestration à domicile hantée par son agression, tandis qu’Adèle Exarchopoulos prête ses traits à Chloé, survivante de viols incestueux qui aspire à se reconstruire et à trouver la paix intérieure. Ces trajectoires s&rsquo;entrecroisent sous la houlette de Judith (Elodie Bouchez), Fanny (Suliane Brahim) et Michel (Jean-Pierre Darroussin), médiateurs impliqués et bienveillants. Les autres membres du casting ne sont pas en reste, apportant tous leur pierre à l’édifice pour créer un tableau réaliste et touchant de la société française contemporaine.</p>



<p>La mise en scène de Jeanne Herry est sobre et efficace, privilégiant les dialogues percutants, les regards complices et les émotions aux effets spéciaux ou à l’action pure. Les séances de médiation sont particulièrement bien mises en valeur grâce à une caméra discrète mais attentive, qui capte chaque regard, chaque geste, chaque silence. On sent toute la tension, la fragilité et la force qui se dégagent de ces moments intenses où chacun tente de se livrer sans filtre. Car au fur et à mesure que progressent les ateliers, on observe les participants s’ouvrir progressivement, apprivoiser leur vulnérabilité et oser exprimer leurs émotions. Un montage expert assure une transition harmonieuse entre les histoires et les points de vue, tissant ensemble plusieurs intrigues de manière cohérente. Quant à la partition minimaliste mais impactante de Pascal Sangla, elle ajoute des couches de signification et d’ambiance, amplifiant les séquences clés et intensifiant les émotions.&nbsp;</p>



<p>Si le sujet peut sembler difficile et sombre, il n’en reste pas moins porteur d’espoir et de lumière. En montrant comment la médiation permet à ces hommes et femmes brisés par la vie de retrouver confiance en eux et en l’humanité, ce film choral nous rappelle combien le dialogue peut être salvateur, libérateur et transformateur. Il montre également les limites et les contradictions inhérentes au système carcéral actuel, entre volonté affichée de réinsertion sociale et réalités concrètes beaucoup plus nuancées.&nbsp;</p>



<p>Face à ces interrogations morales et existentielles, le film ne cherche jamais à fournir des réponses toutes faites. Au contraire, cette œuvre bouleversante et profondément humaine invite simplement le spectateur à réfléchir et à s’interroger sur sa propre conception de la justice, de la responsabilité et de la compassion, sans jamais tomber dans le sensationnalisme ni le manichéisme. Grâce à sa distribution talentueuse, sa narration subtile et son approche sensible d’un univers souvent stigmatisé, <strong>Je verrai toujours vos visages</strong> constitue assurément une expérience cinématographique marquante et nécessaire, qui encourage la mise en œuvre de la justice restaurative et représente une importante contribution aux débats sur la réforme de la justice pénale.</p>



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<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Jeanne Herry 
<strong>NATIONALITÉ :</strong>  française
<strong>GENRE </strong>: Drame
<strong>AVEC : </strong>Adèle Exarchopoulos, Leila Bekhti, Gilles Lellouche, Miou-Miou, Jean-Pierre Darroussin, Elodie Bouchez, Dali Benssalah, Suliane Brahim
<strong>DURÉE : </strong>1h58
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>StudioCanal 
<strong>SORTIE LE </strong>29 mars 2023 </pre>
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		<title>X : le renouveau du slasher sort en édition DVD et Blu-Ray</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Jaufry]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Feb 2023 13:44:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blu-Ray/DVD]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sorti en France le 2 novembre 2022, X, réalisé par Ti West, a parfaitement remis au goût du jour le slasher, genre horrifique en vogue dans les années 1970 et 1980, puis tombé en désuétude depuis. Quelques cinéastes ont néanmoins essayé de relancer la mode du slasher, avec de vains et laborieux remakes. Ti West est connu également pour The House of the Devil et The Innkeepers. Avec X, le metteur en scène souhaitait rendre un hommage aux films de [&#8230;]</p>
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<p class="has-drop-cap">Sorti en France le 2 novembre 2022, <strong><a href="https://movierama.fr/x-le-renouveau-du-slasher/">X</a></strong>, réalisé par Ti West, a parfaitement remis au goût du jour le slasher, genre horrifique en vogue dans les années 1970 et 1980, puis tombé en désuétude depuis. Quelques cinéastes ont néanmoins essayé de relancer la mode du slasher, avec de vains et laborieux remakes. Ti West est connu également pour <strong>The House of the Devil</strong> et <strong>The Innkeepers</strong>. Avec <strong>X</strong>, le metteur en scène souhaitait rendre un hommage aux films de genre vintage qu&rsquo;il admire tant, ainsi que réinventer un cinéma d&rsquo;horreur qu&rsquo;il juge trop rarement dérangeant. La société Kinovista édite ce film en format DVD et Blu-Ray. La date de sortie de ces éditions standards est prévue pour le 16 février 2023. Voici l&rsquo;occasion de découvrir ce long-métrage, accompagné par des bonus intéressants.</p>



<p>L&rsquo;édition propose une copie d&rsquo;excellente qualité, avec un menu permettant d&rsquo;écouter la musique du célèbre morceau In the Summertime, de Mungo Jerry. Ce tube datant de 1970 annonce un film résolument tourné vers la nostalgie du vintage, et d&rsquo;un certain type de cinéma révolu. En appuyant sur lecture, vous pourrez alors vous plonger dans l&rsquo;univers de <strong>X</strong>, film incarnant le renouveau du slasher. Si vous êtes friands de ce thème longtemps indissociable du cinéma d&rsquo;horreur, vous trouverez assurément du plaisir à regarder ce film qui s&rsquo;amuse à dépoussiérer les codes horrifiques, et à se les approprier efficacement. Ti West distille des clins d&rsquo;œils à des films cultes, tel que <strong>Massacre à la tronçonneuse</strong>, et rend hommage à d&rsquo;autres œuvres, moins connues, comme <strong>Carnage</strong> ou <strong>Survivance</strong>. Tous les ingrédients composant la recette d&rsquo;un bon slasher sont réunis, avec bien sûr la présence d&rsquo;un être humain dérangeant et dérangé, prêt à décimer cette petite bande de jeunes venu tourner un film pornographique dans une ferme lugubre et isolée. L&rsquo;originalité de <strong>X </strong>est que ce tueur ne présente aucune particularité physique terrifiante, juste les affres d&rsquo;une vieillesse délirante et paranoïaque. Avec ce penchant gore, et ses scènes d&rsquo;une sanglante barbarie, Ti West évoque le fait que vieillir rend fou, oppose le temps qui passe à une jeunesse extravertie et vigoureuse. Surtout, le film se double d&rsquo;un hommage à l&rsquo;industrie pornographique des années 1970, souvent une porte d&rsquo;entrée vers un cinéma plus classique.</p>



<p>Parmi les bonus, vous trouverez les coulisses du film, où l&rsquo;équipe du film donne ses impressions sur le tournage et sur le point de vue du metteur en scène. C&rsquo;est l&rsquo;occasion d&rsquo;en découvrir plus sur Ti West, ses intentions, ses références, son objectif de redonner du souffle à un genre qu&rsquo;il pense être en perte de vitesse depuis de nombreuses années. Les autres suppléments vous feront voir une Mia Goth enlaidie par le maquillage donnant vie au terrifiant personnage de Pearl (l&rsquo;actrice joue deux rôles), puis un petit film, Les Filles du Fermier, dont le titre très évocateur annonce la couleur d&rsquo;un film interdit au moins de dix-sept ans lors de sa sortie dans les salles américaines.</p>



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		<title>Un amour impossible : une histoire d&#8217;amour et de mépris</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Sep 2022 19:15:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blu-Ray/DVD]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ne faisant pas partie des admirateurs ou des détracteurs de Christine Angot, spécialiste de l&#8217;autofiction (même si elle renie en fait ce terme),on attendait néanmoins avec une certaine curiosité cette adaptation d&#8217;Un Amour impossible, Prix Décembre 2015. Car, même pour ceux qui n&#8217;apprécient pas forcément ses livres,&#160;Un Amour impossible&#160;est sans doute son livre le plus accessible et bouleversant. Pour Christine Angot, il s&#8217;agit de son&#160;Pedigree&#160;simenonien ou modianesque, c&#8217;est-à-dire, la description neutre et clinique de ce qui a pu la constituer [&#8230;]</p>
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<p>Ne faisant pas partie des admirateurs ou des détracteurs de Christine Angot, spécialiste de l&rsquo;autofiction (même si elle renie en fait ce terme),on attendait néanmoins avec une certaine curiosité cette adaptation d&rsquo;<em>Un Amour impossible</em>, Prix Décembre 2015. Car, même pour ceux qui n&rsquo;apprécient pas forcément ses livres,&nbsp;<em>Un Amour impossible</em>&nbsp;est sans doute son livre le plus accessible et bouleversant. Pour Christine Angot, il s&rsquo;agit de son&nbsp;<em>Pedigree</em>&nbsp;simenonien ou modianesque, c&rsquo;est-à-dire, la description neutre et clinique de ce qui a pu la constituer comme personne, et en particulier la rencontre entre ses deux parents, deux êtres que tout sépare, &#8211; le milieu social, la culture, le tempérament,&nbsp;&#8211; et qui n&rsquo;auraient peut-être dû jamais se rencontrer. De cette histoire a priori romantique, il fallait absolument essayer de préserver la part sèche et cruelle qui ressort essentiellement&nbsp;du livre de Christine Angot. Catherine Corsini y est-elle réellement parvenue?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Bilan donc mitigé pour un film qui évite le mélo mais ne parvient pas à se hisser à la hauteur de son sujet. On se surprend alors à penser que la véritable bonne idée, c&rsquo;eût été de confier la mise en scène et le commentaire en voix off à Christine Angot elle-même, qui aurait sans doute su en faire un témoignage vibrant et personnel.</strong></p></blockquote>



<p>A la fin des années 50,&nbsp;à Châteauroux, Rachel Schwartz, modeste&nbsp;employée de bureau, tombe amoureuse de Philippe Arnold, traducteur brillant. Le coup de foudre, surtout physique,&nbsp;est réciproque mais la conscience de classe de Philippe les sépare. Il ne l&rsquo;épousera pas, bien que Rachel tombe enceinte. Rachel est juive et n&rsquo;appartient pas au milieu bourgeois des Arnold, tares absolument rédhibitoires pour Philippe. Mère célibataire, elle élèvera seule avec beaucoup de courage sa fille Chantal, affrontant le regard et la possible désapprobation de ceux qui l&rsquo;entourent. Pourtant, un jour, elle renoue avec Philippe et voudra obtenir l&rsquo;impossible, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;il reconnaisse enfin sa fille devant l&rsquo;état-civil. Mal lui en a pris ;&nbsp;Philippe lui fera payer cher cette défaite en niant socialement Rachel, avec l&rsquo;arme la plus redoutable qu&rsquo;il possède.</p>



<p>De cette histoire de mépris social et de conscience de classe, il eût été possible d&rsquo;en tirer un très grand film. Il aurait fallu pour cela dépasser le simple constat d&rsquo;injustice sociale et de revanche sexuelle qui en a découlé. Catherine Corsini livre ici une adaptation très sage et appliquée du livre de Christine Angot, très fidèle, voire beaucoup trop. Tout y est, les passages en voix off restituant le texte du roman, l&rsquo;opposition de classes sociales, le constat clinique. Pourtant, alors que le livre s&rsquo;avérait de plus en plus bouleversant au fur et à mesure de sa lecture, les mêmes éléments mis en scène produisent un intérêt moyen, à la limite de l&rsquo;indifférence. Car Catherine Corsini, comme souvent dans ses films précédents, manque d&rsquo;imagination visuelle et se cantonne à une restitution plate, presque télévisuelle du conflit existant dans l&rsquo;œuvre. Elle ne parvient pas à inscrire suffisamment ses corps dans l&rsquo;espace et à faire comprendre leur séparation indéfectible, uniquement par le pouvoir de sa mise en scène.</p>



<p>En résumé, la première partie, l&rsquo;histoire d&rsquo;amour entre le père et la mère est traitée de manière physique et érotique, alors qu&rsquo;en raison de l&rsquo;intelligence intrinsèque et la pétulance naturelle de Virginie Efira, on ne ressent pas trop le fossé culturel existant entre les deux. On saluera à juste titre l&rsquo;excellence des effets spéciaux qui l&rsquo;ont rajeunie de vingt ans pour l&rsquo;occasion, en gommant ses quelques cernes et rides. La deuxième partie, l&rsquo;amour que voue Chantal à son père si longtemps absent, se passe en fait judicieusement hors champ et permet de révéler une actrice étonnante, Estelle Lescure, dans le rôle de l&rsquo;adolescente. Enfin la troisième partie, peut-être la plus crédible, se focalisant sur la mère et la fille, finit par réellement fonctionner, grâce au passage du&nbsp;temps et au maquillage très réussi de Virginie Efira. La&nbsp;longue scène d&rsquo;explications, fidèlement restituée du livre, prend toute son ampleur, entre le personnage tendu et sec comme une lame de couteau de Chantal&nbsp;adulte (Jehnny Beth, la chanteuse du groupe Savages et l&rsquo;ex-égérie de Jean-Paul Civeyrac)&nbsp;et le corps devenu lourd et lent de Rachel.&nbsp;</p>



<p>Comme dans le livre, on finit par se demander de quel amour impossible, il s&rsquo;agit: de la romance vouée à l&rsquo;échec entre deux personnes de classes sociales trop différentes? De la fascination qu&rsquo;une fille éprouve pour son père qui représente un idéal de culture et de raffinement qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais connu? Ou bien d&rsquo;un lien indéfectible entre une mère et sa fille, en dépit du fossé culturel qui s&rsquo;est creusé entre elles? &nbsp;</p>



<p>Par conséquent, le film finit par toucher et émouvoir, un peu en bout de course, surtout grâce à la direction d&rsquo;acteurs, bien plus que par la mise en scène. Bilan donc mitigé pour un film qui évite le mélo mais ne parvient pas à se hisser à la hauteur de son sujet. On se surprend alors à penser que la véritable bonne idée, c&rsquo;eût été de confier la mise en scène et le commentaire en voix off à Christine Angot elle-même, qui aurait sans doute su en faire un témoignage vibrant et personnel.</p>



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<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-6"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:40%"></div></div><div class="score">3</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  Catherine Corsini 
<strong>NATIONALITÉ : </strong>française 
<strong>AVEC : </strong>Virginie Efira, Niels Schneider, Iliana Zabeth, Jehnny Beth, Estelle Lescure
<strong>GENRE : </strong>Drame 
<strong>DURÉE : </strong>2h15 
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Le Pacte 
<strong>SORTIE LE </strong>7 novembre 2018</pre>



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<!-- INTERLUDE 2 -->
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		<title>Sibyl : une héroïne borderline</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Jan 2022 18:49:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Justine Triet persiste et signe dans sa volonté de montrer des héroïnes « borderline », femmes libérées qui ne savent pas quoi faire exactement de leur liberté. Dans&#160;La Bataille de Solférino,&#160;remarqué à l&#8217;ACID et&#160;Victoria&#160;qui faisait l&#8217;ouverture de la Semaine de la Critique, elle se focalisait déjà sur ces figures de battantes, précieuses dans notre monde contemporain. Dans&#160;Sibyl, son nouveau film présenté au Festival de Cannes, elle retrouve Virginie Efira, en passe de devenir son alter ego officiel et élargit sa palette, passant [&#8230;]</p>
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<p>Justine Triet persiste et signe dans sa volonté de montrer des héroïnes « borderline », femmes libérées qui ne savent pas quoi faire exactement de leur liberté. Dans&nbsp;<strong>La Bataille de Solférino</strong><em>,&nbsp;</em>remarqué à l&rsquo;ACID et&nbsp;<strong>Victoria&nbsp;</strong>qui faisait l&rsquo;ouverture de la Semaine de la Critique, elle se focalisait déjà sur ces figures de battantes, précieuses dans notre monde contemporain. Dans&nbsp;<strong>Sibyl</strong>, son nouveau film présenté au Festival de Cannes, elle retrouve Virginie Efira, en passe de devenir son alter ego officiel et élargit sa palette, passant de la « screwball comedy » à une comédie dérivant vers le drame et les interrogations existentielles féminines. &nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Sibyl représente une belle tentative pour acclimater la comédie psy à la manière de Woody Allen à notre contrée plus cartésienne et moins introspective.</strong></p></blockquote>



<p>Sibyl (Virginie Efira) est une ex-romancière reconvertie en psychanalyste. Rattrapée par le désir d&rsquo;écrire, elle décide de quitter la plupart de ses patients. Alors qu&rsquo;elle cherche l&rsquo;inspiration, Margot(Adèle Exarchopoulos), une jeune actrice en détresse, la supplie de la recevoir. En plein tournage, elle est enceinte de l&rsquo;acteur principal (Gaspard Ulliel)… qui est en couple avec la réalisatrice du film (Sandra Huller, revenue de&nbsp;<em>Toni Erdmann</em>). Tandis qu&rsquo;elle lui expose son dilemme passionnel, Sibyl, fascinée, l’enregistre secrètement. La parole de sa patiente nourrit son roman et la replonge dans le tourbillon de son passé.</p>



<p>Dans la première partie du film, grâce à un montage très affûté,&nbsp;<strong>Sibyl</strong>&nbsp;alterne confessions de psychanalysés, retours dans le passé et atermoiements du présent. On reconnaît sans trop de difficulté l&rsquo;influence de Woody Allen, en particulier celle revendiquée d&rsquo;<em>Une Autre Femme</em>, dans ces questionnements incessants sur la conscience, le choix, le mensonge, ce qu&rsquo;on aurait dû faire et ce qu&rsquo;on pourrait faire aujourd&rsquo;hui. Alors que Sibyl veut redevenir romancière et jouer un rôle actif à l&rsquo;opposé de l&rsquo;activité a priori passive de psychanalyste, elle décide de garder une seule patiente, une actrice en détresse, Margot. Ce qui pourrait paraître une erreur va s&rsquo;avérer une chance pour sa vie.</p>



<p>La deuxième partie du film, se passant sur le tournage d&rsquo;un film, avec mise en abyme obligatoire, est nettement plus risquée et malheureusement moins réussie. Se passant aux alentours du volcan rossellinien de Stromboli, elle bénéficie pourtant de l&rsquo;apport non négligeable de Sandra Huller (<em>Toni Erdmann</em>) qui réussit le prodige de se montrer à la fois très drôle et immensément pathétique, en réalisatrice dépassée par les événements. Mais l&rsquo;ensemble se résume à un adultère pratiqué entre personnes consentantes, qui finit par déclencher les effets normalement induits, jalousie, mortification et sentiment de rejet. En dépit de péripéties assez bien vues, (l&rsquo;oreillette), cette partie reste dans le domaine du convenu.</p>



<p>Confirmant l&rsquo;essor pris grâce à&nbsp;<em>Victoria</em>,&nbsp;<strong>Sibyl</strong>&nbsp;est surtout l&rsquo;occasion pour Virginie Efira de confirmer toute sa palette dramatique. Elle est certes encore un peu jeune et en retrait pour concurrencer Gena Rowlands qui n&rsquo;avait guère de concurrence dans ce registre de protagonistes&nbsp;<em>borderline</em>.&nbsp; Même si le film se perd parfois dans ses effets et ses intentions,&nbsp;<strong>Sibyl</strong>&nbsp;représente une belle tentative pour acclimater la comédie psy à la manière de Woody Allen à notre contrée plus cartésienne et moins introspective.&nbsp;</p>



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<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  Justine Triet 
<strong>NATIONALITÉ : </strong>française
<strong>AVEC : </strong>Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel, Sandra Huller, Laure Calamy, Niels Schneider
<strong>GENRE : </strong>comédie dramatique 
<strong>DURÉE : </strong>1h40
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Le Pacte
<strong>SORTIE LE </strong>24 mai 2019</pre>
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		<title>La La Land : merci aux doux rêveurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Dec 2021 20:50:37 +0000</pubDate>
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<p>« <em>Merci aux doux rêveurs/Même s&rsquo;ils nous laissent songeurs/Merci à nos fêlures/Merci à nos ratures</em>« . Damien Chazelle réaffirme avec brio la prééminence du rêve sur la réalité, dans un film qui s&rsquo;annonce déjà comme un classique instantané. Il fallait pourtant de l&rsquo;audace à Damien Chazelle pour proposer comme troisième film un projet de comédie musicale, genre réputé en perte de vitesse, et qui plus est, avec des chansons dans le registre du jazz, musique que la jeune génération n&rsquo;écoute quasiment plus. Rénover la comédie musicale, c&rsquo;est le style de pari fou que peu de cinéastes, même les plus chevronnés,&nbsp;se risqueraient à expérimenter. Dans ces cas-là, de pari risqué et innovant, soit on se révèle un grand talent, soit on se plante lamentablement. Avec l&rsquo;inconscience de sa jeunesse (il n&rsquo;avait que 31 ans quand il a tourné&nbsp;<strong>La La Land</strong>&nbsp;et a donc décroché l&rsquo;Oscar du meilleur réalisateur à 32 ans, plus jeune lauréat de sa catégorie), Chazelle n&rsquo;a pas hésité, a osé et a&nbsp;raflé la mise. Faisons donc pour le plaisir un retour sur l&rsquo;un des plus grands films de l&rsquo;année, le meilleur film de l&rsquo;année selon la rédaction de Retro-HD. &nbsp;&nbsp;</p>



<p>La comédie musicale a permis à Damien Chazelle de réunir ses deux plus grandes passions, musique et cinéma. Après avoir montré la souffrance dans l&rsquo;art (cf. le chemin de croix du batteur de&nbsp;<em>Whiplash</em>, le film qui l&rsquo;a mis sur orbite), il souhaitait montrer la joie de créer, car toute chose, comme dirait Truffaut, contient à la fois sa joie et sa souffrance. Cette joie communicative dans&nbsp;<strong>La La Land</strong>, qui se perçoit dans&nbsp;des mouvements de caméra rapides et jouissifs et dans des plans-séquences étourdissants de virtuosité, devait pourtant&nbsp;également montrer le miroir aux alouettes que représente la&nbsp;quête de la célébrité à Hollywood.&nbsp;Rien de mieux alors&nbsp;que la comédie musicale pour montrer la cruauté de la loi du spectacle, tout en continuant à rendre palpable la magie du rêve.</p>



<p>Car le projet de Chazelle n&rsquo;était pas uniquement de réussir une comédie musicale à l&rsquo;ancienne, comparable à aux grandes comédies musicales américaines&nbsp;de Vincente Minnelli, de Kelly-Donen ou&nbsp;tournées par Fred Astaire et Ginger Rogers, mais de parvenir à inscrire le genre dans le quotidien et la réalité d&rsquo;aujourd&rsquo;hui dans la droite lignée d&rsquo;un Jacques Demy (Chazelle est à moitié français). Il souhaitait aboutir aussi à une version aboutie et propre du brouillon&nbsp;<em>Guy et Madeline</em>, son premier film, déjà une comédie musicale mais tournée caméra à l&rsquo;épaule. Les morceaux de bravoure ne manquent donc pas ici (l&rsquo;ouverture exceptionnelle avec 100 danseurs sur une bretelle d&rsquo;autoroute, le duo dans le parc, plan-séquence de six minutes où la moindre erreur des deux comédiens pouvait se révéler fatale, clin d&rsquo;œil au numéro « Dancing in the dark » de<em>&nbsp;Tous en scène</em>, ou encore la synthèse finale, dix minutes muettes en musique qui résument une vie rêvée qui n&rsquo;aura jamais lieu).</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Damien Chazelle réaffirme avec brio la prééminence du rêve sur la réalité, dans un film qui s&rsquo;annonce déjà comme un classique instantané.</strong></p></blockquote>



<p>Pourtant Chazelle frise parfois l&rsquo;overdose dans sa première partie (le numéro&nbsp;<em>Someone in the crowd</em>, la séquence du planétarium), comme si son film était un gâteau un peu trop sucré&nbsp;et si le film parvient à rester un chef-d&rsquo;oeuvre, c&rsquo;est surtout parce qu&rsquo;il lui a insufflé une veine bien plus noire et mélancolique dans la seconde, s&rsquo;inspirant du romantisme tourmenté d&rsquo;un Alfred Hitchcock, l&rsquo;une de ses plus grandes influences&nbsp;(cf. la lumière verte dans l&rsquo;appartement de Sébastian et Mia, s&rsquo;inspirant directement du fiévreux&nbsp;<em>Vertigo</em>). Dans la première heure, on recense en effet pas moins de six numéros musicaux, alors que la deuxième n&rsquo;en compte plus que deux, l&rsquo;histoire prenant le pas sur la musique. La réalité reprend ainsi progressivement le dessus, avec ses ennuis et son lot de désillusions.</p>



<p>Car Mia et Sébastian sont deux artistes qui ont eu la chance de se rencontrer, de s&rsquo;encourager l&rsquo;un l&rsquo;autre dans la poursuite de leurs objectifs et de parvenir à les atteindre, mais séparément. Chacun aura réussi dans son rêve mais le prix à payer aura été lourd, la fin d&rsquo;une histoire d&rsquo;amour qui s&rsquo;annonçait comme idéale. C&rsquo;est cette lucidité qui constitue toute la valeur de&nbsp;<strong>La La Land</strong>. Il eût été facile pour Chazelle de raconter une histoire d&rsquo;amour qui finit bien. Il commence par le faire et l&rsquo;on croit alors, arrivé au milieu de son film, qu&rsquo;il a déjà tout raconté, et qu&rsquo;il n&rsquo;osera pas décrire la dégradation d&rsquo;une romance. Il le fait pourtant, ce qu&rsquo;aucune comédie musicale hollywoodienne n&rsquo;a jamais osé présenter, mais parvient à&nbsp;la mettre en scène, en restant positif, sans s&rsquo;apitoyer inutilement sur le&nbsp;triste sort de ses personnages. Contrairement à&nbsp;<em>New York New York</em>&nbsp;de Scorsese qui laisse un goût amer car ses protagonistes ne renouent pas après s&rsquo;être revus et donné rendez-vous, les personnages&nbsp;de Chazelle se revoient et partent sur des chemins différents, en étant réconciliés entre eux et avec eux-mêmes car ils savent qu&rsquo;ils ont vécu ensemble quelque chose de beau&nbsp;que personne ne pourra jamais leur enlever.</p>



<p><strong>La La Land</strong>&nbsp;ne fait pas seulement penser aux comédies musicales hollywoodiennes et de Jacques Demy mais aussi surtout à deux cinéastes contemporains. L&rsquo;un assez âgé, l&rsquo;autre nettement moins. Par de nombreux aspects, il rappelle le cinéma de Woody Allen (<em>Tout le monde dit I love you</em>,&nbsp;<em>Minuit à Paris</em>,&nbsp;<em>Magic in the Moonlight</em>, etc. ) dans sa présentation d&rsquo;artistes en devenir, encore immatures, en quête d&rsquo;un achèvement artistique et son amour volontairement désuet du&nbsp;jazz. Par le personnage de&nbsp;Ryan&nbsp;Gosling, porte-parole de Chazelle, s&rsquo;exprime d&rsquo;ailleurs la grande problématique du film, c&rsquo;est-à-dire comment rendre moderne et accessible une forme du passé, que ce soit le jazz ou la comédie musicale. L&rsquo;autre grande influence&nbsp;non revendiquée du film, n&rsquo;en déplaise à&nbsp;ses détracteurs, c&rsquo;est&nbsp;Xavier Dolan.&nbsp;Du nom de la protagoniste féminine (Mia Dolan)&nbsp;au premier plan du film, un écran&nbsp;s&rsquo;élargissant en cinémascope (comme dans&nbsp;<em>La Blonde et moi</em>&nbsp;de Frank Tashlin mais aussi comme dans&nbsp;<em>Mommy</em>) à l&rsquo;exubérance des personnages, en&nbsp;passant par ce home movie de fin sur une vie non vécue&nbsp;(cf. toujours&nbsp;<em>Mommy</em>), s&rsquo;inspirant aussi de<em>&nbsp;L&rsquo;Aurore&nbsp;</em>de Murnau,&nbsp;<em>Paris, Texas</em>&nbsp;et&nbsp;la fin de<em>&nbsp;Six Feet Under</em>,&nbsp;Dolan est assez souvent cité.&nbsp;</p>



<p>Néanmoins, si&nbsp;<strong>La La Land</strong>&nbsp;s&rsquo;impose dans les esprits comme le film qu&rsquo;on retiendra de 2017, qu&rsquo;on l&rsquo;aime ou pas, ce sera surtout grâce à deux atouts maîtres, sa musique et sa comédienne Emma Stone. Les chansons de&nbsp;<strong>La La Land</strong>, composées par Justin Hurwitz,&nbsp;sont exceptionnelles (<em>Another Day in the sun</em>,&nbsp;<em>Someone in the crowd</em>, la fameuse&nbsp;<em>City of Stars</em>, celle de l&rsquo;audition, etc.), ce qui n&rsquo;est pas forcément le cas dans les autres comédies musicales. Quant à Emma Stone, elle y trouve sans doute le rôle de sa vie, ce qui justifie pleinement son Oscar de la Meilleure Actrice, Gosling étant légèrement en retrait du point de vue de l&rsquo;interprétation. Avec ses grands yeux qui lui dévorent le visage, des yeux incroyablement expressifs qui lui vaudront sans doute d&rsquo;être comparée un jour à Bette Davis, sa maladresse fuyante et sa cinégénie singulière, elle parvient à faire passer son visage imparfait et charmant par toutes les expressions possibles, entre la jubilation et la mélancolie. Dans la séquence de l&rsquo;audition (<em>The Fools who dream</em>), Emma Stone se montre d&rsquo;une puissance émotionnelle rare et terrassante (Chazelle a d&rsquo;ailleurs l&rsquo;excellente idée de traiter par des ellipses le travail artistique de Mia, nous laissant seul juges de sa performance, un peu comme Scorsese à l&rsquo;égard de Pumpkin dans&nbsp;<em>La Valse des Pantins</em>). Ce sera sans doute, avec Elisabeth Moss pour les séries, la comédienne qu&rsquo;on retiendra de l&rsquo;année 2017, une fois que le temps aura passé. On ne reverra sans doute pas de sitôt des comédiens et un metteur en scène du même âge parvenir à être exactement au même diapason pour réussir une œuvre artistique.</p>



<p>Si&nbsp;<strong>La La Land</strong>&nbsp;est un grand film, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il frôle la perfection, sans jamais vouloir réellement l&rsquo;atteindre, pour préserver des éclairs précieux&nbsp;de vie et d&rsquo;énergie. En témoignent les efforts de Chazelle pour salir sa toile, ou faire prendre du vrai pour du faux (les vrais paysages de Los Angeles qui ressemblent à de fausses visions panoramiques recréées par des effets spéciaux). En témoignent aussi les erreurs involontaires d&rsquo;Emma Stone que Chazelle a conservées au montage: lorsqu&rsquo;elle heurte une de ses partenaires dans le numéro&nbsp;<em>Someone in the crowd</em>, ou quand elle trébuche et se rattrape joliment de justesse dans le parc. Chazelle a ainsi cherché à relier dans son film l&rsquo;imperfection de la vie et l&rsquo;irréalité du rêve&nbsp;en Technicolor et Cinémascope. Pour citer encore une fois Truffaut (car c&rsquo;est un film très truffaldien),&nbsp;<strong>La La Land</strong>&nbsp;parvient à synthétiser dans une&nbsp;histoire unifiée par son style la logique ascendante du spectacle et celle descendante de la vie. Ce n&rsquo;est pas un moindre prodige de pouvoir réussir cela.&nbsp;Cela s&rsquo;appelle même un miracle.</p>
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		<title>Ready Player One : Pop Culture</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Dec 2021 19:20:18 +0000</pubDate>
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<p>On avait laissé Steven Spielberg deux mois auparavant sur&nbsp;<em>Pentagon Papers</em>&nbsp;qui exprimait un net regain de forme de sa part. Néanmoins le sujet beaucoup trop classique de journalisme politique ligotait un peu l&rsquo;expression de son style. On attendait avec<strong>&nbsp;Ready Player One</strong>&nbsp;la confirmation de cette inspiration revivifiée. Le Boss (un peu comme Springsteen dans le rock) est réellement de retour avec ce film de science-fiction qui s&rsquo;avère être sans doute le seul classique instantané de ce genre cette année, voire de cette décennie. Il a enfin fallu ce film pour retrouver Spielberg à son plus haut niveau d&rsquo;inventivité narrative et de prouesse technologique, alliance rare qu&rsquo;il est le seul à pouvoir offrir ainsi au grand public.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>A travers son personnage, qui est d&rsquo;ailleurs son portrait craché à l&rsquo;adolescence, Spielberg souhaite nous dire que, bien maîtrisée, la fiction n&rsquo;isole pas mais permet bien au contraire de s&rsquo;épanouir, de connaître l&rsquo;amour et l&rsquo;amitié.</strong></p></blockquote>



<p>Ce n&rsquo;était pourtant pas partie gagnée au vu de ses derniers films.&nbsp;<em>Lincoln</em>,&nbsp;<em>Le Pont des espions</em>,&nbsp;<em>Le Bon Gros Géant</em>, etc. étaient des films mineurs qu&rsquo;on allait voir en étant un peu obligés, pour ne pas manquer un chapitre de son œuvre. Il faut remonter à&nbsp;<em>La Guerre des Mondes</em>&nbsp;(2005) pour se souvenir d&rsquo;un Spielberg véritablement enthousiasmant. Néanmoins il fallait compter sur la schizophrénie assumée du bonhomme: il s&rsquo;attache souvent à produire alternativement un film pour l&rsquo;Académie des Oscars (<em>La Couleur Pourpre</em>,&nbsp;<em>L&rsquo;Empire du Soleil</em>,&nbsp;<em>La Liste de Schindler</em>,&nbsp;<em>Amistad</em>,&nbsp;<em>Il faut sauver le soldat Ryan</em>,&nbsp;<em>Munich</em>, etc. ) et un film pour le fun, le divertissement, pour l&rsquo;adolescent qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais cessé d&rsquo;être (<em>Les Dents de la mer</em>,&nbsp;<em>Rencontres du troisième type</em>,&nbsp;<em>Les Aventuriers de l&rsquo;arche perdue</em>,&nbsp;<em>E.T.</em>,&nbsp;<em>Jurassic Park</em>,&nbsp;<em>Minority Report</em>,&nbsp;<em>Arrête-moi si tu peux</em>, etc.). Souvent ses films les plus sérieux ne sont pas forcément ses films les plus personnels et inversement.&nbsp;</p>



<p><strong>Ready Player One</strong>&nbsp;est ainsi une fiction dystopique où le monde va particulièrement mal, sur les plans social, politique et écologique : les gens vivent pour leur plus grande majorité dans des bidonvilles et se réfugient par mode compensatoire dans un univers de fiction partagée, l&rsquo;OASIS, créée par un mystérieux démiurge, James Halliday, qui vient de disparaître. Ce dernier a laissé une énigme disséminée dans son monde virtuel. Celui qui trouvera les trois clés de cette énigme deviendra le propriétaire de l&rsquo;OASIS. Face à Nolan Sorrento, propriétaire de l&rsquo;OAI, multinationale dominant une partie du monde économique, quelques rebelles, Wade Watts, un jeune homme à peine sorti de l&rsquo;adolescence, Samantha et quelques autres, cherchent à résoudre l&rsquo;énigme avant lui.&nbsp;</p>



<p>Cette intrigue, inspirée par le roman culte d&rsquo;Ernest Cline, s&rsquo;avère être le prétexte pour Spielberg, tel un Janus à deux visages, pour regarder à la fois le passé et l&rsquo;avenir. Du côté passé, comme Halliday fait des références incessantes à la culture de sa jeunesse, les années 80 sont à l&rsquo;honneur.&nbsp;<strong>Ready Player One</strong>&nbsp;ressemble à une synthèse ahurissante de la pop culture issue de cette décennie: la musique (Van Halen, New Order, Duran Duran, Tears for fears, etc. ), la littérature (<em>Le Seigneur des anneaux</em>, les mangas), le cinéma (<em>Alien</em>,&nbsp;<em>Shining</em>,&nbsp;<em>Retour vers le futu</em>r, via le Cube Zemeckis et la musique pour une fois laissée à Alan Silvestri, en lieu et place de John Williams). Du côté de l&rsquo;avenir, Spielberg explore le terrain des identités virtuelles et des jeux vidéo en VR. Chaque personnage ou presque possède ainsi un double virtuel, plus beau, plus élégant, plus fort, Parzival pour Wade, Art3miz pour Samantha, etc. Parfois les âges et les sexes ne correspondent pas forcément mais tout est permis dans l&rsquo;enclave de l&rsquo;univers fictionnel de l&rsquo;OASIS. Tout n&rsquo;est qu&rsquo;illusion et l&rsquo;OASIS est bien entendu une métaphore sublime du cinéma qui « <em>substitue à notre regard un monde qui s&rsquo;accorde à nos désirs</em>« , comme le disait André Bazin ou plutôt Michel Mourlet. &nbsp;</p>



<p>De nombreux réalisateurs pressentis (Christopher Nolan, Matthew Vaughn, Peter Jackson, Edgar Wright, Robert Zemeckis) ont tous échoué à mettre en scène ce projet. La plupart sont d&rsquo;ailleurs cités dans le film, nommément (Nolan Sorrento, Zemeckis) ou par l&rsquo;image (<em>King Kong</em>&nbsp;de Peter Jackson). Cependant, seul Steven Spielberg pouvait réussir ce cocktail d&rsquo;humour et de technologie de haute volée. Seul Spielberg, hormis peut-être James Cameron, pouvait réussir à montrer aussi bien la séparation et l&rsquo;alternance de deux mondes, le virtuel et le réel, montrer le premier en motion captures, en faisant des dizaines de clins d&rsquo;œil à la culture geek et le second, sombre et désespéré, avec la photographie typique du cinéma des années 80. Seul Spielberg pouvait aussi bien relier les deux, en intégrant des personnage de VR dans le réel ou inversement, sans que le public ne s&rsquo;y perde un seul instant. Seul Spielberg pouvait enfin se montrer aussi virtuose dans l&rsquo;enchaînement et la fluidité des mouvements de caméra, passant de l&rsquo;un à l&rsquo;autre, sans discontinuer. La caméra flotte dans la virtualité, tout comme les personnages, comme dans ce numéro hallucinant de danse de Parzival et d&rsquo;Art3mis sur<em>&nbsp;Saturday Night Fever</em>&nbsp;des Bee Gees.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Le Boss est réellement de retour avec ce film de science-fiction qui s&rsquo;avère être sans doute le seul classique instantané de ce genre cette année, voire de cette décennie. Il a enfin fallu ce film pour retrouver Spielberg à son plus haut niveau d&rsquo;inventivité narrative et de prouesse technologique, alliance rare qu&rsquo;il est le seul à pouvoir offrir ainsi au grand public.</strong></p></blockquote>



<p>Tout comme sa caméra, Steven Spielberg n&rsquo;a plus de limites et peut même se permettre de rendre hommage avec humour à un de ses maîtres et amis, Stanley Kubrick. Pourtant dans cet univers dépourvu de frontières, hormis celles de l&rsquo;imagination, Spielberg n&rsquo;oublie pas en définitive de renvoyer vers le réel, l&rsquo;ultime limite car « <em>la réalité a pour principale qualité d&rsquo;être réelle</em>« . A travers son personnage, qui est d&rsquo;ailleurs son portrait craché à l&rsquo;adolescence, Spielberg souhaite nous dire que, bien maîtrisée, la fiction n&rsquo;isole pas mais permet bien au contraire de s&rsquo;épanouir, de connaître l&rsquo;amour et l&rsquo;amitié. En tant que Rosebud du film, c&rsquo;est sans doute l&rsquo;une des plus belles leçons de confiance en son moyen d&rsquo;expression qu&rsquo;un cinéaste pouvait nous donner.&nbsp;</p>



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<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  Steven Spielberg
<strong>NATIONALITÉ : </strong>américaine
<strong>AVEC : </strong>Tye Sheridan, Olivia Cooke, Mark Rylance, Ben Mendelsohn
<strong>GENRE : </strong>Action, aventure, science-fiction 
<strong>DURÉE : </strong>2h20
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Warner Bros
<strong>SORTIE LE </strong>28 mars 2018</pre>
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		<title>The Trip : rupture sanglante</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Oct 2021 23:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blu-Ray/DVD]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[FILMS PLATEFORMES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Disponible en DVD/Blu-ray et VOD. Bonus : Making-of du film (10 minutes). Cinéaste décomplexé, le norvégien Tommy Wirkola ne cache pas son intérêt pour les séries B. Après l&#8217;ambitieux et inégal Seven Sisters, le réalisateur retrouve l&#8217;actrice Noomi Rapace dans The Trip, un drame conjugal qui vire rapidement à la comédie noire. Lars (Aksel Hennie) ne supporte plus sa femme Lisa (Noomi Rapace), la rupture est proche. Malgré une tension palpable, le couple décide de partir ensemble dans un chalet [&#8230;]</p>
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<pre class="wp-block-verse">Disponible en DVD/Blu-ray et VOD. Bonus : Making-of du film (10 minutes).</pre>



<p>Cinéaste décomplexé, le norvégien Tommy Wirkola ne cache pas son intérêt pour les séries B. Après l&rsquo;ambitieux et inégal <strong>Seven Sisters</strong>, le réalisateur retrouve l&rsquo;actrice Noomi Rapace dans <strong>The Trip</strong>, un drame conjugal qui vire rapidement à la comédie noire. </p>



<p>Lars (Aksel Hennie) ne supporte plus sa femme Lisa (Noomi Rapace), la rupture est proche. Malgré une tension palpable, le couple décide de partir ensemble dans un chalet isolé au bord d&rsquo;un lac, Pour Lars, qui s&rsquo;inquiète auprès de ses proches de l&rsquo;envie de Lisa de partir seule faire une randonnée lors du séjour, c&rsquo;est le moment idéal pour mettre un point final à cette relation toxique. En réalité, Lisa n&rsquo;a aucune envie de partir faire une balade, bien au contraire, la comédienne ne souhaite qu&rsquo;apprendre son texte : de son côté, elle raconte à ses proches que Lars, son mari réalisateur de sitcoms, a comme projet de partir à la chasse. Des récits et alibis pour cacher un terrible secret : ils ont prévu de se tuer. Un concours de circonstances va les amener à s&rsquo;entraider plutôt qu&rsquo;à s&rsquo;entretuer. Un véritable bad trip.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Si <strong>The Trip</strong> n&rsquo;agite pas beaucoup nos neurones, le voyage auquel nous convie le réalisateur Tommy Wirkola ne manque toutefois pas de turbulences : c&rsquo;est un joyeux et surprenant chaos</p></blockquote>



<p>Passé une introduction un peu sage, le pot aux roses apparaît enfin au grand jour, un élan de liberté s&#8217;empare alors du film, lui donnant à la fois tension et efficacité. Mauvais esprit, <strong>The Trip </strong>est en permanente mutation : le rapport de forces ne tient jamais en place. Rien ne va de soi dans ce divertissement malicieux et rythmé qui, malgré son penchant prononcé pour l&rsquo;impertinence, ne perd pas de vue son couple déchu. Cette expérience cathartique est évidemment une occasion pour eux de se retrouver, non plus unie par une volonté de mort, mais de vie : ils veulent s&rsquo;en sortir, ensemble. Une solidarité nécessaire face à trois prisonniers en cavale, dont un tueur roublard et sadique. Au fil des situations, le registre change et s&rsquo;adapte à la détresse du couple : on passe de la comédie noire au drame, en passant par le thriller. Particulièrement gore et désinvolte, le film accumule joyeusement les plans de membres arrachés ou mutilés. Malgré les blessures et plaies ouvertes, l&rsquo;énergie du désespoir anime les protagonistes jusqu&rsquo;à leurs derniers souffles&#8230; pour notre plus grand plaisir.</p>



<p>Si <strong>The Trip</strong> n&rsquo;agite pas beaucoup nos neurones, le voyage auquel nous convie le réalisateur Tommy Wirkola ne manque toutefois pas de turbulences : c&rsquo;est un joyeux et surprenant chaos. Un divertissement maîtrisé, aussi insolite que grisant, où, au prix de litres d&rsquo;hémoglobines, l&rsquo;amour d&rsquo;un couple en perdition renaît. Âmes sensibles s&rsquo;abstenir !</p>



<p> </p>



<p></p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Tommy Wirkola
<strong>NATIONALITÉ : </strong>norvégien
<strong>AVEC : </strong>Noomi Rapace, Aksel Hennie, Atle Antonsen
<strong>GENRE : </strong>Action, thriller
<strong>DURÉE : </strong>1h54
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>The Jokers
<strong>SORTIE LE </strong>19 octobre 2021 (VOD et DVD/Blu-ray)</pre>
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		<title>Phantom Thread : l&#8217;étoffe des rêves</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Oct 2021 17:46:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Metteur en scène surdoué, Paul Thomas Anderson a longtemps divisé la critique. Pourtant couvert de prix (Ours d&#8217;or à Berlin pour Magnolia, Prix de la mise en scène à Cannes pour Punch-Drunk Love, Lion d&#8217;argent à Venise pour The Master), cet enfant gâté du cinéma peinait à gagner l&#8217;affection et l&#8217;admiration de l&#8217;ensemble des critiques et des spectateurs. Il a fallu attendre son huitième film Phantom Thread pour qu&#8217;elle trouve enfin un point d&#8217;accord. Célébrée comme un chef-d&#8217;oeuvre, cette oeuvre [&#8230;]</p>
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<p>Metteur en scène surdoué, Paul Thomas Anderson a longtemps divisé la critique. Pourtant couvert de prix (Ours d&rsquo;or à Berlin pour <strong>Magnolia</strong>, Prix de la mise en scène à Cannes pour <strong>Punch-Drunk Love</strong>, Lion d&rsquo;argent à Venise pour <strong>The Master</strong>), cet enfant gâté du cinéma peinait à gagner l&rsquo;affection et l&rsquo;admiration de l&rsquo;ensemble des critiques et des spectateurs. Il a fallu attendre son huitième film <strong>Phantom Thread </strong>pour qu&rsquo;elle trouve enfin un point d&rsquo;accord. Célébrée comme un chef-d&rsquo;oeuvre, cette oeuvre cérébrale et raffinée sur le milieu de la mode anglaise n&rsquo;aura pourtant pas permis à Paul Thomas Anderson d&rsquo;être prophète en son pays, ne remportant que l&rsquo;Oscar des meilleurs costumes, le strict minimum pour une oeuvre sur la mode, alors que <strong>La Forme de l&rsquo;eau</strong> et <strong>Three billboards </strong>se partageaient les récompenses majeures.</p>



<p></p>



<p>Dans le Londres des années 50, juste après la guerre, le couturier de renom Reynolds Woodcock et sa soeur Cyril règnent sur le monde de la mode anglaise. Ils habillent aussi bien les familles royales que les stars de cinéma, les riches héritières ou le gratin de la haute société avec le style inimitable de la maison Woodcock. Les femmes vont et viennent dans la vie de ce célibataire aussi célèbre qu’endurci, lui servant à la fois de muses et de compagnes jusqu’au jour où la jeune et très déterminée Alma ne les supplante toutes pour y prendre une place centrale. Mais cet amour va bouleverser une routine jusque-là ordonnée et organisée au millimètre près.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Phantom Thread </strong>est une histoire d&rsquo;amour maléfique, dysfonctionnel et empoisonné, où les membres du couple s&rsquo;aiment autant qu&rsquo;ils se détestent, où ils souhaitent se tuer autant qu&rsquo;ils peuvent s&rsquo;entraider et se soutenir. </p></blockquote>



<p>Pour apprécier <strong>Phantom Thread</strong>, il faut aller au-delà des apparences, comme c&rsquo;est souvent le cas, pour les grandes oeuvres. Le sujet laissait craindre un film engoncé dans l&rsquo;aristocratie britannique, les coutumes ancestrales, les jeux de codes et de morales, un peu ce que l&rsquo;on reproche aux mauvais films de James Ivory, lorsque ce dernier manque d&rsquo;inspiration. Pour se sortir de ce carcan de ce qu&rsquo;on a l&rsquo;habitude de qualifier de film académique, c&rsquo;est-à-dire reproduisant les conventions de ce qui a déjà été vu et revu, il fallait un fantastique tempérament à la manière de Robert Altman dans <strong>Gosford Park</strong>, revisitant les clichés, les revitalisant par une mise en scène alerte. Or Robert Altman est l&rsquo;un des mentors de Paul Thomas Anderson, à qui ce dernier a dédié <strong>There will be blood.</strong> On retrouve donc dans <strong>Phantom Thread </strong>une mise en scène qui suit de manière très ophulsienne le long d&rsquo;escaliers sinueux des mannequins de mode. Dans sa manière de dépoussiérer le film d&rsquo;époque, <strong>Phantom Thread </strong>renvoie également au <strong>Temps de l&rsquo;innocence</strong> de Martin Scorsese, où l&rsquo;on voyait déjà (ce qui ne constitue pas du tout un hasard) un certain Daniel Day-Lewis. </p>



<p>Loin de la joliesse parfois désincarnée de James Ivory, Paul Thomas Anderson a plutôt convié l&rsquo;âpreté d&rsquo;Ingmar Bergman via le prénom de la protagoniste féminine, clin d&rsquo;oeil direct à <strong>Persona</strong>. Les échanges devenus légendaires autour de la table de petit déjeuner, par leur cruauté sardonique et leur sécheresse sans appel, évoquent ainsi bien davantage les <strong>Scènes de la vie conjugale</strong> de l&rsquo;illustre maître suédois. D&rsquo;un point de vue culinaire et cinématographique, la fameuse séquence de l&rsquo;omelette aux champignons restera comme un classique des scènes de meurtre filmées comme des scènes d&rsquo;amour, selon la formulation hitchcockienne. On retiendra également parmi d&rsquo;autres scènes marquantes celle du bal de fin d&rsquo;année où Reynolds va rechercher Alma ou encore la séquence du délire où le styliste croit revoir dans une vision de mauvais rêve sa mère ressuscitée. </p>



<p>Car <strong>Phantom Thread </strong>est une histoire d&rsquo;amour maléfique, dysfonctionnel et empoisonné, où les membres du couple s&rsquo;aiment autant qu&rsquo;ils se détestent, où ils souhaitent se tuer autant qu&rsquo;ils peuvent s&rsquo;entraider et se soutenir. Dans ces rapports passionnels, Reynolds et Alma trouvent une espèce d&rsquo;équilibre paradoxal, au point que le spectateur est en droit de se demander si cette expérience ne reflète pas celle de l&rsquo;immense majorité des couples. L&rsquo;ironie du sort a voulu qu&rsquo;il sorte en France un 14 février. Il est en revanche impossible de dire si le film est féministe, proclamant le triomphe d&rsquo;Alma ou au contraire regrettant le système patriarcal de domination masculine mis en place par Reynolds pour emprisonner son épouse. Les deux en même temps, ce qui est le propre des grandes oeuvres, d&rsquo;échapper à toute thèse préconçue. On pourrait même suggérer que <strong>Phantom Thread</strong> serait le film-témoin qui illustre le point de basculement d&rsquo;un monde à l&rsquo;autre. Pour cela, il a fallu le concours de très grands interprètes, Daniel Day-Lewis, dont c&rsquo;est le dernier rôle, passant ainsi le relais à Vicky Krieps qui est devenue la comédienne indispensable et omniprésente que nous connaissons aujourd&rsquo;hui. Le moment où elle rougit lors de la première rencontre relève du pur génie, dont on ne sait s&rsquo;il appartient en propre à la comédienne ou aux prouesses extraordinaires de mise en scène de Paul Thomas Anderson, cinéaste majeur dressant un autoportrait peu flatteur de lui-même en créateur dominateur et égocentrique qui se laisse peu à peu subjuguer par sa femme. </p>



<p></p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-10"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:0%"></div></div><div class="score">5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  Paul Thomas Anderson 
<strong>NATIONALITÉ : </strong>américaine, britannique
<strong>AVEC : </strong>Daniel Day-Lewis, Vicky Krieps, Lesley Manville
<strong>GENRE : </strong>Drame
<strong>DURÉE : </strong>2h11
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Universal Pictures International France
<strong>SORTIE LE </strong>14 février 2018</pre>
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		<title>Midsommar : sous le soleil exactement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Oct 2021 21:45:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blu-Ray/DVD]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Révélation du cinéma américain de ces dernières années, Ari Aster divise depuis le surgissement de son premier film Hérédité au Festival de Sundance, en février 2018. Certains voient en lui un petit génie, sur lequel repose une partie de l&#8217;avenir du cinéma des Etats-Unis. D&#8217;autres lui reprochent de ne rien inventer et de reprendre avec un savoir-faire consommé des recettes éprouvées, se situant dans la mouvance de Rosemary&#8217;s Baby, Ne vous retournez pas ou L&#8217;Exorciste. Midsommar, son nouveau film, permet de lever certains doutes et interrogations au sujet d&#8217;Ari Aster. Thématiquement, [&#8230;]</p>
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<p>Révélation du cinéma américain de ces dernières années, Ari Aster divise depuis le surgissement de son premier film <em>Hérédité</em> au Festival de Sundance, en février 2018. Certains voient en lui un petit génie, sur lequel repose une partie de l&rsquo;avenir du cinéma des Etats-Unis. D&rsquo;autres lui reprochent de ne rien inventer et de reprendre avec un savoir-faire consommé des recettes éprouvées, se situant dans la mouvance de <em>Rosemary&rsquo;s Baby</em>, <em>Ne vous retournez pas</em> ou <em>L&rsquo;Exorciste</em>. <strong>Midsommar</strong>, son nouveau film, permet de lever certains doutes et interrogations au sujet d&rsquo;Ari Aster. Thématiquement, Aster n&rsquo;y invente toujours rien : son intrigue relativement classique de huis clos à ciel ouvert fait penser selon les moments au <em>Village</em> du Shyamalan de la bonne période ou à <em>The Wicker Man</em>. Mais c&rsquo;est surtout esthétiquement que le film tient joliment la route, complètement barré et déversant de grands moments de mise en scène distillés avec une fièvre et une intensité rarement vues depuis longtemps, réussissant presque à couvrir la durée de deux heures et demie, sans trop relâcher la tension. Et si, pour le dire de manière provocatrice, le meilleur film du mois d&rsquo;août était ce <strong>Midsommar </strong>et non <em>Once upon a time in&#8230;Hollywood</em>?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>L&rsquo;expérience cinématographique la plus hallucinante qu&rsquo;on ait vue sur un écran depuis assez longtemps</strong></p></blockquote>



<p>Le film commence sous le signe très sombre de la dépression et du deuil. Dani et Christian ne s&rsquo;entendent plus vraiment mais alors que Dani est frappée par une terrible épreuve dramatique, Christian n&rsquo;a pas le cœur de s&rsquo;en séparer et l&#8217;embarque, ainsi que deux autres amis de faculté, dans des vacances&nbsp;proposées par leur ami commun, Pelle. Ils sont invités à un festival estival qui ne se passe que tous les 90 ans, dans un village isolé de Suède, où Pelle a de la famille&#8230;Dans ce village toujours illuminé, dans tous les sens du terme, où le soleil ne se couche jamais, les Hårga sont toujours accueillants, souriants et sympathiques.&nbsp;Mais ce n&rsquo;est peut-être qu&rsquo;une apparence&#8230;</p>



<p>Prenant le contrepied absolu de la maison sombre et ténébreuse de&nbsp;<em>Hérédité</em>, Ari Aster choisit de nous plonger dans un monde festif et champêtre, très lumineux, peut-être trop au point que cette joie, cette bonne humeur, ce ciel implacable, privé de nuages, apparaissent finalement comme agressifs, inquiétants et profondément déstabilisants. Aster reprend ici une idée de génie d&rsquo;un certain Alfred Hitchcock : éviter le cliché de l&rsquo;ambiance sombre et faire ressentir le plus grand danger en plein soleil, lors de la séquence du champ de maïs&nbsp;dans&nbsp;<em>La Mort aux trousses</em>. On ne peut alors s&#8217;empêcher de ressentir un profond malaise, à l&rsquo;unisson de Dani qui est restée assez fragile psychologiquement. En&nbsp;voyant le film par ses yeux, on mettra ainsi un certain temps sur le compte de son état les perturbations ou hallucinations que nous percevons, alors qu&rsquo;elles sont bien effectives dans l&rsquo;ordre de la fiction. On ne pourra depuis lors plus regarder les fêtes en pleine nature, que comme des déchaînements sauvages&nbsp;de nature dionysiaque, plutôt que comme des soi-disant paisibles célébrations païennes.</p>



<p>Sans dévoiler les tenants et les aboutissants de l&rsquo;histoire, le village semble être une émanation de l&rsquo;Enfer, d&rsquo;autant plus effrayante qu&rsquo;elle s&rsquo;était montrée auparavant sous des dehors agréables et futiles. Entre rites sacrificiels, fornications volontairement incestueuses et danses faussement joviales mais réellement maléfiques,&nbsp;Aster en tire le prétexte d&rsquo;une pure démonstration de mise en scène à la fois sur le plan sonore, ce grésillement d&rsquo;atmosphère qui nous met sur un gril permanent, qu&rsquo;au niveau visuel, où chaque plan en plongée ou mouvement de caméra panoramique a profondément son sens et sa fonction dans la gestion de l&rsquo;espace. Néanmoins, au-delà de la pure virtuosité, Aster parvient, et c&rsquo;est bien plus important, à nous figurer la représentation par ce que ce village va faire aux deux amoureux, d&rsquo;un état de rupture en progression galopante. L&rsquo;une, Dani, deviendra au terme d&rsquo;une compétition absurde la Reine de Mai, tandis que Christian sera condamné à être le géniteur forcé d&rsquo;une jeune vierge rousse. Ils ne se rejoindront dès lors plus et le film tout entier deviendra l&rsquo;expression d&rsquo;une rupture déchirante, où celui qui voulait rompre sera finalement puni alors que celle qui ne se doutait de rien, sera finalement sauvée.</p>



<p>Bien évidemment, Ari Aster continuera à diviser avec ce film, certains le trouvant extraordinaire alors que d&rsquo;autres le supporteront à grand&rsquo;peine.&nbsp;<strong>Midsommar</strong>&nbsp;se tenant sur la corde raide des émotions, n&rsquo;échappe pas ainsi complètement au ridicule avec par exemple son chœur de vestales grecques entonnant des chants dignes de Björk (les cyniques ricaneront), mais bascule très vite dans l&rsquo;émotion totale, lorsque Dani exprime sa souffrance et que des femmes l&rsquo;entourant renchériront au lieu de la consoler. Le film d&rsquo;Ari Aster souffre aussi légèrement de sa longueur relative,&nbsp;dépassant allégrement les 2h20, ce qui se révèle être assez rare pour un film d&rsquo;horreur et l&#8217;empêche de maintenir&nbsp;totalement sur la durée son caractère miraculeux. Mais ces vingt minutes superfétatoires ne représentent pas grand&rsquo;chose face à l&rsquo;expérience cinématographique assez hallucinante qu&rsquo;on ait vue sur un écran depuis assez longtemps. Après la dernière séquence extatique et libératoire, on ne peut plus entendre au générique la chanson de Frankie Valli,&nbsp;<em>The Sun ain&rsquo;t gonna shine anymore</em>, que comme un chant de désespoir sur des amours défuntes à jamais évanouies.</p>



<p></p>



<p></p>



<p></p>



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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  Ari Aster 
<strong>NATIONALITÉ : </strong>américaine 
<strong>AVEC : </strong>Florence Pugh, Jack Reynor, Will Poulter  
<strong>GENRE : </strong>Horreur, drame
<strong>DURÉE : </strong>2h27 / 2h51 (director's cut) 
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Metropolitan FilmExport 
<strong>SORTIE LE </strong>31 juillet 2019</pre>
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		<title>Grave : les infortunes de la chair</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Oct 2021 19:04:51 +0000</pubDate>
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<p>Au Festival de Cannes 2016, traversant toutes les sélections, de l&rsquo;Officielle à la Semaine de la Critique, en passant par Un Certain Regard ou la Quinzaine des Réalisateurs, une thématique principale s&rsquo;est imposée: le cannibalisme. Des mannequins de&nbsp;<a href="http://web.archive.org/web/20180306174030/http://retro-hd.com/critiques/cinema/1375-the-neon-demon.html"><em>The Neon Demon</em></a>&nbsp;de Nicolas Winding Refn aux étudiants vétérinaires de&nbsp;<strong><em>Grave</em></strong>, sans omettre les prolos de&nbsp;<a href="http://web.archive.org/web/20180306174030/http://retro-hd.com/critiques/cinema/1360-ma-loute.html"><em>Ma Loute</em></a>&nbsp;ou les protagonistes de&nbsp;<a href="http://web.archive.org/web/20180306174030/http://retro-hd.com/critiques/cinema/1393-the-strangers.html">The Strangers</a>, l&rsquo;anthropophagie se trouvait partout. Cette obsession cinématographique révélait la gravité d&rsquo;une maladie dont est atteinte notre société, le fait de s&rsquo;autodévorer tel Cronos dans un festin complaisant et peu ragoûtant. La société n&rsquo;avance plus, elle se nourrit d&rsquo;elle-même, de ses propres idées, de ses propres enfants, d&rsquo;un avenir qui ressemble un peu trop à son passé. La situation est grave. C&rsquo;est justement le titre du premier film de Julia Ducournau, sensation à la Semaine de la Critique, Grand Prix au Festival de Gérardmer. récompensé au PIFFF et au Festival du Film Fantastique de Strasbourg.</p>



<p>Le cannibalisme est un symptôme d&rsquo;une société qui va très mal. Justine, issue d&rsquo;une famille végétarienne, entreprend des études dans une école vétérinaire à Maisons-Alfort. Par l&rsquo;expérience du bizutage, elle sera amenée à ingurgiter un rein de lapin. De végétarienne, elle se découvrira par ce biais antispéciste et cannibale, ne faisant plus la moindre différence entre la chair animale et la chair humaine.  Elle découvrira que sa soeur, étudiante dans la même école, l&rsquo;a précédée sur ce chemin sinueux et a même franchi le pas de tuer ceux qu&rsquo;elle se croit contrainte de dévorer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em><strong>Grave</strong> </em>révèle donc une cinéaste à la fois abstraite et concrète, réfléchie et sauvage, mystérieuse et rebelle, dont le sens inné de l&rsquo;atmosphère rend pour le moins curieux et impatient de voir la suite de son oeuvre. </p></blockquote>



<p>L&rsquo;imaginaire mis à contribution dans&nbsp;<em><strong>Grave</strong>&nbsp;</em>détonne dans le cinéma français, où le cinéma de genre est souvent méprisé. L&rsquo;apparition de&nbsp;<em><strong>Grave</strong>&nbsp;</em>est d&rsquo;autant plus fracassante qu&rsquo;elle vient du cerveau d&rsquo;une ex-étudiante de la Fémis qui a décidé de ne rien renier de son amour du cinéma de genre. Il apparaît évident que bien que Julia Ducournau provienne de la section scénario de la Fémis, son cinéma organique et provocateur n&rsquo;a strictement rien à voir avec celui de ses consoeurs Léa Fehner, Céline Sciamma, Katell Quillévéré ou Rebecca Zlotowski. Il se rapproche bien davantage de celui d&rsquo;une Claire Denis (<em>Trouble Everyday</em>) ou d&rsquo;une Marina de Van (<em>Dans ma peau</em>), un cinéma brut de décoffrage, troublant et remuant, mal coiffé et insolent. Celui de femmes qui ont décidé d&rsquo;interroger la psychologie féminine, en quête de fantasmes inacceptables. Au-delà de ces exemples, Julia Ducournau invoque l&rsquo;influence d&rsquo;un David Cronenberg, quasiment le seul à avoir montré l&rsquo;aspect organique de l&rsquo;être humain dans sa vérité la moins séductrice. Ajoutons à cela une formation cinématographique très libre et précoce: tout le monde n&rsquo;a pas vu, comme Julia Ducournau,&nbsp;<em>Massacre à la tronçonneuse</em>&nbsp;de Tobe Hooper à six ans et&nbsp;<em>Psychose</em>&nbsp;d&rsquo;Hitchcock à&nbsp; sept. Ceci explique peut-être le mélange des genres et la spontanéité de son cinéma.</p>



<p>Car <em><strong>Grave</strong> </em>mélange allégrement les genres, en alternant des scènes gore peu aimables et de la pure comédie. Pour Justine, les infortunes de la vertu ne ressemblent pas à une fiction du Marquis de Sade. Elles relèvent davantage du calvaire de l&rsquo;adolescence où les jeunes éprouvent des difficultés à admetre leur corps et celui des autres. Epilation douloureuse, masturbation frénétique, vomissements intempestifs, tout y passe dans <em><strong>Grave</strong></em>. On ressent même au début l&rsquo;impression trompeuse de voir un téléfilm de M6, un énième teen movie sur les tourments de l&rsquo;adolescence, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un doigt coupé fasse son apparition et qu&rsquo;il soit ingurgité sans le moindre remords par l’héroïne. Justine, parfaite Girl Next Door (surprenante Garance Marillier), représente le vecteur idéal pour conduire le spectateur au-dessus de l&rsquo;abîme de la monstruosité. A partir de là, à ses risques et périls, il assistera à une fascinante régression vers l&rsquo;état animal qui a peu d&rsquo;équivalents dans le cinéma français contemporain. <em><strong>Grave</strong> </em>révèle donc une cinéaste à la fois abstraite et concrète, réfléchie et sauvage, mystérieuse et rebelle, dont le sens inné de l&rsquo;atmosphère rend pour le moins curieux et impatient de voir la suite de son oeuvre.</p>



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					"name": "David SPERANSKI"
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  Julia Ducournau 
<strong>NATIONALITÉ : </strong>française 
<strong>AVEC : </strong>Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella, Joanna Preiss, Laurent Lucas
<strong>GENRE : </strong>Horreur, drame 
<strong>DURÉE : </strong>1h38
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Wild Bunch Distribution
<strong>SORTIE LE </strong>15 mars 2017</pre>
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