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	<title>Thomas Pouteau, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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	<title>Thomas Pouteau, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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		<title>Hair, Paper, Water&#8230; : sortir de Saigon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Pouteau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 19:00:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On parle souvent du cinéma documentaire comme d’un moyen de découvrir des lieux, des cultures ou des modes de vie éloignés des nôtres. Mais certains films déplacent légèrement cette attente : ils ne cherchent pas seulement à montrer un territoire, ils tentent de retrouver la manière dont un monde tient encore debout à travers quelques gestes, quelques objets, quelques récits. C’est ce que réussit Hair, Paper, Water… de Nicolas Graux et Trương Minh Quý. À partir du portrait d’une femme [&#8230;]</p>
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<p>On parle souvent du cinéma documentaire comme d’un moyen de découvrir des lieux, des cultures ou des modes de vie éloignés des nôtres. Mais certains films déplacent légèrement cette attente : ils ne cherchent pas seulement à montrer un territoire, ils tentent de retrouver la manière dont un monde tient encore debout à travers quelques gestes, quelques objets, quelques récits. C’est ce que réussit <strong>Hair, Paper, Water…</strong> de Nicolas Graux et Trương Minh Quý. À partir du portrait d’une femme rục vivant dans une région reculée du Vietnam, le film construit moins une enquête qu’une circulation sensible entre les matières, les souvenirs et les saisons. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1477" height="1078" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival.jpg" alt="" class="wp-image-52414" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival.jpg 1477w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival-300x219.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival-1024x747.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival-768x561.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival-770x562.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival-1400x1022.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival-1320x963.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1477px) 100vw, 1477px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Petit Chaos</figcaption></figure>
</div>


<p>Dès les premières images, quelque chose échappe à la logique du portrait documentaire. Madame Hậu, née dans une grotte il y a plus de soixante ans, apparaît moins comme un “personnage” que comme un point de passage entre plusieurs états du monde. Le mot rục lui-même désigne l’eau qui ruisselle entre les roches et les grottes : impossible de ne pas voir dans cette définition une sorte de programme secret du film, comme l’exposait le <strong><a href="https://movierama.fr/dao-une-experience-de-cinema-rare-et-intense/">Dao</a> </strong>d’Alain Gomis. <strong>Hair, Paper, Water…</strong> épouse cette circulation lente, discontinue, presque souterraine. Rien ici ne relève de l’événement spectaculaire ; tout procède par glissements, par écoulements successifs. La caméra semble attendre que les choses apparaissent d’elles-mêmes : un geste domestique, un visage, une parole, une branche déplacée par le vent. Le film avance comme cette eau invisible qui façonne pourtant la pierre. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Là où tant de films contemporains cherchent à imposer un regard sur le monde, celui-ci accepte simplement de se laisser traverser par lui.</p>
</blockquote>



<p>Cette logique innerve aussi sa structure narrative. Le titre évoque une forme élémentaire, presque enfantine — entre haïku et variation poétique de “pierre-feuille-ciseaux”. Les trois éléments deviennent les trois mouvements du récit, rappelant le chapitrage cyclique de <strong>Printemps, été, automne, hier…et printemps</strong>. L’ensemble ne fonctionne pas comme des chapitres explicatifs mais comme des états successifs de la matière et de la mémoire. Le cheveu d’abord : les très longues chevelures, leur coupe, leur commerce. Puis le papier, lié à la saison de coupe des acacias et à leur transformation. Le bruit des pages qu’on tourne accompagne alors l’image d’un mausolée de bois morts : le papier devient soudain la trace d’une transformation végétale. Enfin l’eau, celle des crues, des déplacements forcés en barque, du territoire modifié par les saisons. Ces trois éléments composent une chaîne discrète du vivant où tout se transforme continuellement — le corps, l’arbre, le paysage. </p>



<p>Le film atteint quelque chose de singulier, moins parce qu’il ne construit pas son récit à partir d’actions, mais lorsqu’il le fait à partir d’associations sensibles. Ici, le mot appelle l’image, et l’image semble à son tour déplacer le montage. À plusieurs reprises, des mots sont énoncés ou écrits — soleil, pluie, inondation, noms d’animaux, sports — et le film paraît aussitôt chercher leur prolongement matériel dans le monde. Comme si le langage n’était jamais abstrait, mais toujours relié à une texture, une lumière, un mouvement. Le cinéma de Graux et Trương Minh Quý retrouve alors quelque chose de très ancien : filmer comme un acte de nomination. Enseigner une langue au petit-fils revient aussi à réapprendre à regarder. D’ailleurs, ce même petit-fils porte à un moment donné des lunettes en papier. Qui conserve les mots, les récits, les savoirs ? Voilà la matrice de ce cinéma. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="746" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival_2-1024x746.jpg" alt="" class="wp-image-52415" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival_2-1024x746.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival_2-300x219.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival_2-768x560.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival_2-770x561.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival_2-1400x1020.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival_2-1320x962.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/05/https___www.filmfestival_2.jpg 1479w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Petit Chaos</figcaption></figure>
</div>


<p>Pourtant, cette transmission demeure fragile. Un récit ancestral raconte qu’un homme aurait écrit l’histoire du monde sur une peau de daim avant que la pluie n’efface le texte. Pendant ce temps, le petit-fils apprend laborieusement à lire et à écrire. Le film met ainsi en relation deux régimes de mémoire : celui des mythes et celui d’un apprentissage contemporain encore hésitant. Rien n’est frontalement opposé ; tout coexiste dans une tension silencieuse. Le montage travaille constamment cette logique du contraste. D’un côté, Saigon : ville bruyante, saturée, traversée par une violence diffuse du mouvement. De l’autre, la province reculée où persistent des gestes ancestraux. Sans jamais idéaliser la ruralité, le film montre autant l’hôpital que les remèdes transmis oralement, les feuilles médicinales récoltées en forêt ou les savoirs post-partum. À rebours d’un certain documentaire saturé narrativement, <strong>Hair, Paper, Water…</strong> refuse la thèse et le commentaire explicatif. Le film réaffirme la puissance d’une attention sensorielle en faisant confiance aux matières, au grain du 16 mm, aux sons.</p>



<p>Cette radicalité atteint toutefois parfois ses limites. Certaines scènes tournées en extérieur adoptent une caméra très tremblante qui produit un véritable inconfort visuel. Là où ce vacillement pourrait traduire une immersion organique dans le paysage, il finit parfois par rompre l’état contemplatif que le film construit parfois avec tant de finesse. Quelques motifs symboliques paraissent également un peu trop soulignés par le montage sonore.</p>



<p>Mais ces réserves restent mineures face à ce que le film accomplit. Ce que transmet Madame Hậu à ses petits-enfants n’est pas seulement une langue menacée ; c’est une manière d’être relié aux arbres, aux animaux, à l’eau et aux morts. Le cinéma devient alors moins un outil de conservation qu’un espace fragile de circulation entre les êtres, les matières et les temps.</p>



<p><strong>Hair, Paper, Water… </strong>laisse finalement l’impression d’avoir observé non pas un récit, mais un ruissellement continu. Le film avance comme le rục — cette eau glissant entre les pierres — et trouve précisément sa beauté dans ce mouvement discret. Là où tant de films contemporains cherchent à imposer un regard sur le monde, celui-ci accepte simplement de se laisser traverser par lui.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEURS :</strong>  Nicolas Graux, Minh Quý Trương<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> belge<br><strong>GENRE </strong>: documentaire<br><strong>DURÉE : </strong>1h11<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Petit Chaos<br><strong>SORTIE LE </strong>9 septembre 2026</pre>
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		<title>Entretien avec Valentina Maurel, réalisatrice de Ton animal maternel : regarder les choses telles qu&#8217;elles sont.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Pouteau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Sep 2026 12:41:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>t on animal maternel sort au cinéma le mercredi 7 octobre. Avec ce deuxième long-métrage abouti, la réalisatrice franco-costaricaine du magnifique mais trop méconnu Tengo Sueños Eléctricos élargit son récit père-fille à celui d&#8217;une famille entière, où des forces souterraines continuent de travailler les relations, les désirs et les rapports au monde. Selon ses propres mots, regardons les choses telles qu&#8217;elles sont et plongeons dans le territoire cinématographique de Valentina Maurel. Le titre original, Siempre soy tu animal materno — [&#8230;]</p>
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<p class="has-drop-cap">t</p>



<p><a href="https://movierama.fr/ton-animal-maternel-la-grammaire-des-corps/"><strong>on animal maternel</strong> </a><strong>sort au cinéma le mercredi 7 octobre. Avec ce deuxième long-métrage abouti, la réalisatrice franco-costaricaine du magnifique mais trop méconnu <em>Tengo <strong>Sueños Eléctricos</strong></em> élargit son récit père-fille à celui d&rsquo;une famille entière, où des forces souterraines continuent de travailler les relations, les désirs et les rapports au monde. Selon ses propres mots, regardons les choses telles qu&rsquo;elles sont et plongeons dans le territoire cinématographique de Valentina Maurel.</strong></p>



<p><strong>Le titre original, <em>Siempre soy tu animal materno</em> — « je suis toujours ton animal maternel » — porte une adresse directe, une durée sans fin, entre dette et possession. Avant même d&rsquo;entrer dans l&rsquo;intrigue et dans la matière de votre film : qu&rsquo;est-ce que ce titre dit du lien que vous vouliez filmer ?&nbsp;</strong></p>



<p>Le titre est venu avant le film. Je parlais avec un journaliste qui me demandait sur quoi je travaillais à cette époque-là et, parfois, quand on est face à un journaliste, on se sent obligé de répondre quelque chose. Je lui ai donné ce titre, « <em>Siempre soy tu animal materno</em> », qui est le vers d’un poème écrit par ma mère. C’est un poème qui m’émeut beaucoup et qui m’a inspirée pour l’écriture du film. Par ailleurs, j’écris plutôt en pensant à des personnages, à des scènes, à des endroits où les choses vont évoluer. Avec ce titre et par ce qui se déroule dans le film, ce dernier est devenu un film sur le rapport entre une mère et ses filles, entre une sœur et sa petite sœur, sur un retour au pays… La thématique s’est élargie. A posteriori, j’ai voulu changer le titre, mais je n’ai pas réussi à le changer. Je ne sais pas exactement pourquoi. Rétrospectivement, le titre annonce ce qu’est un lien, ce lien maternel qui est à la fois celui d’une promesse, mais qui peut aussi sonner comme une menace, comme une condamnation. Cela me parlait également puisque je suis devenue mère durant le processus de création de ce film. Ça résume bien l’espoir, la crainte et la joie que ce vers renferme. Tout ça m’est apparu après avoir terminé le film, après avoir constaté que je ne pouvais pas le changer.</p>



<p><strong><em>Tengo Sueños Eléctricos</em> concentrait toute sa tension dans un seul lien, la dyade père-fille, électrique et frontal. Ici, vous l&rsquo;élargissez à un chœur à quatre voix — la mère, les deux sœurs, le père en creux. Pourquoi ce choix ? </strong></p>



<p>Dans <strong>Tengo Sueños Eléctricos</strong>, initialement il y avait plus de personnages secondaires, mais j’ai dû les sacrifier au montage. Ce resserrement autour de la relation père-fille s’explique principalement parce que c’était un premier film et qu’il fallait éviter l’indigestion. J’avais un film plus long à la base. À l’issue de cette expérience, j’étais un peu frustrée par l’étiquette qu’on lui avait collée de « coming of age ». Avec ce projet, j’ai voulu me prouver à moi-même que j’étais capable de développer tout un univers, de passer d’un personnage à l’autre, sans avoir de figure principale. C’est pour cela que j’ai souhaité tous les faire exister, et c’est aussi pour ça que j’ai décidé de changer de point de vue à un moment donné dans le film.</p>



<p><strong><strong>Qu’est-ce que ça change cinématographiquement de passer de deux personnages principaux à une famille ?&nbsp;</strong></strong></p>



<p>Cela m’a permis de satisfaire un désir de ne pas avoir un film trop linéaire et d’obtenir un film peuplé de davantage de personnages dont les expériences font écho les unes aux autres. Montrer quelque chose de cyclique — la vie fonctionnant ainsi —, montrer quelque chose qui n’avance pas, ou avance de façon subtile. Tout ça, c’est plus facile à montrer quand on a davantage de personnages qui s’entrechoquent les uns contre les autres, qui n’ont pas de relations simples. C’est facile à dire maintenant, mais quand j’écrivais, ce n’était pas clair pour moi. Une famille, elle est faite de plein de mondes, même d’animaux domestiques, donc j’avais envie qu’ils puissent tous exister.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="620" height="413" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/1778593781387_0620x0413_0x0x0x0_1778597981410-1.jpg" alt="" class="wp-image-52651" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/1778593781387_0620x0413_0x0x0x0_1778597981410-1.jpg 620w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/1778593781387_0620x0413_0x0x0x0_1778597981410-1-300x200.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/1778593781387_0620x0413_0x0x0x0_1778597981410-1-360x240.jpg 360w" sizes="(max-width: 620px) 100vw, 620px" /><figcaption class="wp-element-caption">© JHR Films</figcaption></figure>
</div>


<p><strong><strong>Dans <em>Tengo Suenos Eléctricos</em>, la violence était frontale, montrée et omniprésente. Ici, la violence n’est plus physique, même si elle affecte toujours les corps. Elle est plus psychologique, urbaine voire relationnelle. Est-ce pour vous un changement de direction, et pourquoi ce changement ?</strong></strong></p>



<p>J’ai voulu parler de ce qui reste de la famille après la secousse de la violence. Comment se construit-on après ce qui s’est passé ? Dans mon premier film, c’était la découverte du désir, mais aussi de la violence du monde. Ici, il y a quelque chose de plus « apaisé » parce qu’on est en train d’assister à ce que peuvent construire ces filles malgré tout ça, avec tout ça. Les personnages sont différents. J’ai laissé de côté la violence paternelle, mais il y a tout de même une violence qui est plus diffuse, de la société vis-à-vis du désir féminin, qui est plus insidieuse parce qu’elle est plus anonyme, plus souterraine. En même temps, je voulais aussi parler des rapports entre les hommes et les femmes de manière plus apaisée, car je voulais sortir du cliché du Latino-violent. J’ai l’impression qu’avec mon premier film, on parlait beaucoup de la violence latino-américaine, mais on n’a pas le monopole de la violence. À la différence d’autres pays sud-américains, le Costa Rica n’est pas un pays tout à fait violent, pas tout à fait mystique… On n’arrive même pas à la hauteur de nos stéréotypes. Ici, j’ai des personnages masculins qui sont ambigus, qui sont violents sans l’être. Ça me permet de sortir des clichés et de représenter ce que je perçois des hommes au Costa Rica.</p>



<p><strong>Par rapport à cette famille, où est-ce que vous vous situez ? Vous avez dit vous-même dans un autre entretien : « la caméra est proche des personnages, on ne les lâche pas », avant d&rsquo;ajouter qu&rsquo;il vous arrive de la trouver « trop proche ». Est-ce un inconfort d&rsquo;ordre esthétique, ou une inquiétude plus politique ?&nbsp;</strong></p>



<p>Ma réponse va sûrement être décevante. Je crois qu’il y a parfois des considérations très concrètes et pragmatiques qui sont plus importantes que la pensée théorique d’un dispositif. J’aime bien être près des acteurs, car j’ai envie, plus que de composer, de filmer leurs corps, car j’ai l’impression que c’est là que ça se passe, que c’est l’information que j’ai envie d’enregistrer. Sur le tournage, je ne fais pas de pré-découpage. On filme en fonction de ce que vont improviser les acteurs et je fais de longues prises, des prises où je ne dis parfois pas « action », mais « coupé » longtemps après qu’on a commencé. En filmant de longues prises, au plus proche des acteurs, j’évite que quelqu’un d’autre puisse intervenir entre eux et moi. En tout cas, j’ai essayé cette fois-ci de m’éloigner de la ville. J’ai voulu utiliser des zooms — c’est un outil peu noble, un outil un peu tape-à-l’œil hérité de la télévision ou des films de genre —, mais ça me permet de prendre des choses à la volée dans la ville. Cela me permet aussi d’être plus loin de mes acteurs et de filmer la ville comme si c’était une ville importante. Ça a été la seule façon de pouvoir m’éloigner.</p>



<p><strong>Il y a une scène de voiture où la mère reproche à Elsa de juger sa famille depuis un « piédestal européen ». C&rsquo;est un moment où le film semble se juger lui-même. En la filmant, cherchiez-vous à désamorcer par avance une critique qu&rsquo;on pourrait vous faire ?</strong></p>



<p>J’ai une relation similaire à celle d’Elsa avec son propre pays. J’entretiens un rapport ambigu avec le Costa Rica puisque je suis venue vivre en Europe, mais, malgré tout, je décide de filmer là-bas. Je viens filmer avec un regard étranger, en étant passée par une éducation européenne, par le cinéma européen. Ce n’est pas une question que j’essaie de régler, parce que ce qui m’intéresse, c’est de montrer les angles morts du personnage d’Elsa, sans qu’elle-même les voie. Je ne veux pas en faire un discours qui critique le néocolonialisme. Ce ne sont pas des choses qui m’intéressent de représenter à l’écran, car je n’ai pas réussi à les traiter personnellement. Par ailleurs, elles sont là… Je n’ai pas envie d’avoir un regard en surplomb sur la réalité costaricaine, donc il fallait que j’évacue cette question-là dans ce que la mère dit à Elsa. C’est une remarque que je comprends, qui me fait autant mal qu’elle me libère de cette culpabilité-là.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/7-photos-du-film-format-paysage-siempre-soy-tu-animal-materno-1024x576.jpg" alt="© JHR Films" class="wp-image-52652" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/7-photos-du-film-format-paysage-siempre-soy-tu-animal-materno-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/7-photos-du-film-format-paysage-siempre-soy-tu-animal-materno-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/7-photos-du-film-format-paysage-siempre-soy-tu-animal-materno-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/7-photos-du-film-format-paysage-siempre-soy-tu-animal-materno-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/7-photos-du-film-format-paysage-siempre-soy-tu-animal-materno.jpg 1028w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© JHR Films</figcaption></figure>
</div>


<p><strong>Dans le film, on a un évier bouché, une cafetière qui ne produit plus rien, la porte de la maison familiale condamnée pour certains : ce ne sont jamais des symboles clairement énoncés, mais ils reviennent avec une insistance presque comique, jusqu&rsquo;à contaminer le corps et le plaisir sexuel d&rsquo;Elsa qui ne jouit plus. D&rsquo;où vient ce motif de l’empêchement, du blocage, de l’obstruction ?&nbsp;</strong></p>



<p>Je suis très influencée par la poésie. Ma mère est poétesse, mon père écrit aussi de la poésie. J’ai aussi une sorte de méfiance face à la posture poétique. Je sais ce qu’est un poète : c’est quelqu’un qui sait écrire des choses très profondes sur l’existence, parfois dans un lyrisme très magnifié, mais c’est aussi un être humain comme n’importe qui, très prosaïque, qui est confronté à des problèmes de la vie quotidienne. C’est aussi quelqu’un qui peut être parfois très opaque à lui-même. Dans le film, il y a quelque chose de cette poésie incandescente, de cette poésie amoureuse qu’a écrite cette mère pour un père qui est en fait assez banal, défectueux en tout cas, et qui condamne un peu cette famille à savoir que c’était peut-être une illusion, que c’est peut-être complètement fini, que la poésie ne va pas réparer le réel. Je pense que c’est ça qui fait que les filles ont un rapport au désir désenchanté et qui ne fonctionne pas comme fonctionne une cafetière. Le réel prend le dessus, le réel est plus important. On a beau dire ce qu’on veut, ce qui importe, c’est l’objet qu’on a en face. Quand j’étais jeune, il y a un poète américain que j’aimais bien — j’étais coupable de ne pas aimer la poésie latino-américaine —, mais un poète comme William Carlos Williams disait : « <em>No ideas, but in things</em>. » Il ne faut pas avoir des métaphores, des idées sur les choses, mais ce qu’il faut, c’est regarder les choses telles qu’elles sont. C’est ce que j’aime : voir les choses telles qu’elles sont. Non pas parler de la poésie, mais des coulisses de celle-ci. De la façon dont les gens aimeraient l’écrire, aimeraient la vivre. Peut-être qu’ils se plantent. Peut-être qu’ils devraient aimer le concret de l’existence, très prosaïque, très trivial.</p>



<p><strong>À cet égard, le titre du recueil dans le film, <em>La grammaire des corps</em>, pourrait aussi bien décrire votre méthode de mise en scène — filmer ce que les corps disent sans discours accolés.</strong></p>



<p>Effectivement, il ne faut pas entrer dans de la psychologisation, dans une théorisation, dans l&rsquo;abstrait d&rsquo;un personnage. </p>



<p><strong>Est-ce que la poésie vous aide, vous accompagne dans votre travail ?&nbsp;</strong></p>



<p>Oui, elle me sert. J’ai l’impression d’écrire mes films sans m’inquiéter d’avoir une narration qui avance, linéaire ou accumulative. J’aime bien écrire des scènes et qu’elles aient des échos les unes avec les autres. J’aime qu’il y ait des répétitions, des anaphores, des refrains, comme dans les poèmes, parce que ce qui est beau, c’est quand quelque chose se répète, mais qu’il y a une petite chose qui a changé entre le vers d’avant et le suivant. Je sais qu’il y a des spectateurs qui trouvent ça répétitif, mais moi, ça me plaît. Ça rend bien compte de la dimension répétitive et cyclique de la vie, surtout de la vie intime et de la vie familiale, qui n’est faite que de répétitions, d’héritages, d’effets de miroir…</p>



<p><strong>Par rapport à la famille, on a Amalia qui croit simultanément en Dieu, aux Illuminati, aux reptiliens ; Elsa, à l&rsquo;inverse, est dans le contrôle et la retenue. Vous avez dit que cette opposition ne dit pas laquelle des deux va « le plus mal ». Pensez-vous que la famille soit, par nature et structurellement, le lieu de création d’un mal, ou il en est le terrain d’observation privilégié ?  </strong></p>



<p>C’est tout à la fois. La famille, comme un héritage, c’est le plus grand trésor et, à la fois, ça nous condamne. Il y a quelque chose de rassurant dans ce qui est familier, en même temps, c’est un enfermement, c’est une distance par rapport au réel. Les mythes fondateurs sont aussi très rassurants, mais ils nous enferment. Moi, ce que je fais, c’est que je me méfie de tous les mythes, de toute certitude, de toute assurance qu’on peut avoir au sein d’une famille, mais aussi dans sa relation à un pays. Par exemple, le Costa Rica, pendant longtemps, je l’ai considéré comme un « pays nul ». On n’est pas comme les autres pays latino-américains, on n’a pas une histoire politique forte, on n’a pas de grands récits fondateurs. On est un petit pays d’Amérique centrale. Quand on est devenus indépendants, on l’a su un mois plus tard, on ne voulait pas l’être. Il y a quelque chose dans l’identité de très diffus. Récemment, je me suis rendu compte que c’était une chance, qu’il y avait un vide à remplir. C’est comme la famille : c’est ce qu’on a de singulier, il faut composer avec, mais on peut justement en faire quelque chose de bien.</p>



<p><strong>J&rsquo;associe le cinéma costaricain à un cinéma de l’intime qui est majoritairement réalisé par des femmes. Est-ce une réalité de terrain, ou l&rsquo;effet d&rsquo;un regard extérieur qui cherche une signature commune ?&nbsp;</strong></p>



<p>C’est complètement une réalité de terrain. Il y a plus de femmes que d’hommes à faire du cinéma au Costa Rica. Je ne sais pas trop pourquoi. J’ai tendance à vouloir — et, comme je désacralise tout, à me raconter — qu’on est une société démocratique avec un bon niveau d’éducation, etc. Mais peut-être, je pense aussi, comme le cinéma, il n’y en avait pas auparavant et que ça n’a jamais été considéré comme quelque chose de sérieux, on a obligé les hommes à faire des études sérieuses et on a laissé les femmes faire du cinéma. Ce n’est pas terrible de le dire comme ça, mais je pense que c’est une réalité, et tant mieux ! Encore une fois, on peut partir d’un manque, d’un défaut, pour en faire quelque chose de bien. Nous, on a maintenant le champ libre pour réinventer l’industrie et la façon de se raconter comme pays.</p>



<p><strong>Avez-vous un projet en cours de préparation ?&nbsp;</strong></p>



<p>Oui, j’ai un projet. Je n’ai surtout pas donné de titre à ce projet, qui s’intitule « Film 3 ». J’aimerais parler plus frontalement de mon rapport à la France, mais aussi au Costa Rica. J’ai été au lycée français. J’ai vu ce que c’était que l’institutionnalité française à l’étranger, d’autant plus dans un pays qui n’est pas une ancienne colonie. C’est une chose un peu à part. J’imagine des personnages qui sont en lien avec ces Européens, ces Français qui vont chercher le sens de la vie là-bas, ou qui travaillent dans les instituts culturels, et comment ils se perdent dans ces tropiques à l’identité diffuse. On nous a souvent envoyé les meilleurs, comme ce n’est pas un pays avec de grands enjeux. On avait toutes sortes de diplomates étranges qui se sont régulièrement perdus là-bas. J’avais envie de planter mon prochain film là-dedans.</p>



<p></p>
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		<title>Irish Travellers : le voyage intérieur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Pouteau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Sep 2026 06:37:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AVANT-PREMIERES]]></category>
		<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Dulac Distribution]]></category>
		<category><![CDATA[Irish Travellers]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine de la Critique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une porte bat contre la façade d’un mobil-home. Elle s’ouvre, se referme, laisse apparaître un enfant, puis un autre, la crinière d&#8217;une mère et le ventre imposant d’un père. Ils sont dix à vivre là. La caméra reste dans l’embrasure, chahutée par les enfants comme si elle avait déjà trouvé sa place parmi eux. Dès ce premier mouvement, Irish Travellers trouve son paradoxe : filmer une communauté de voyageurs en suivant une famille qui, elle, ne va presque nulle part. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Une porte bat contre la façade d’un mobil-home. Elle s’ouvre, se referme, laisse apparaître un enfant, puis un autre, la crinière d&rsquo;une mère et le ventre imposant d’un père. Ils sont dix à vivre là. La caméra reste dans l’embrasure, chahutée par les enfants comme si elle avait déjà trouvé sa place parmi eux. Dès ce premier mouvement, <strong>Irish Travellers</strong> trouve son paradoxe : filmer une communauté de voyageurs en suivant une famille qui, elle, ne va presque nulle part.</p>



<p>Alexander Murphy a rencontré les O’Reilly en 2020 et les a filmés pendant près de six ans. Le temps long donne au film sa forme véritable : non pas celle d’une enquête, mais d’une chronique. Les saisons passent, les enfants grandissent, les chevaux courent, le générateur tombe en panne, l’argent manque.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1600" height="1067" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/f7e97ef8e8ee9baa3eca77a7c3398c5f-1.webp" alt="" class="wp-image-53858" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/f7e97ef8e8ee9baa3eca77a7c3398c5f-1.webp 1600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/f7e97ef8e8ee9baa3eca77a7c3398c5f-1-300x200.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/f7e97ef8e8ee9baa3eca77a7c3398c5f-1-1024x683.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/f7e97ef8e8ee9baa3eca77a7c3398c5f-1-768x512.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/f7e97ef8e8ee9baa3eca77a7c3398c5f-1-1536x1024.webp 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/f7e97ef8e8ee9baa3eca77a7c3398c5f-1-360x240.webp 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/f7e97ef8e8ee9baa3eca77a7c3398c5f-1-720x480.webp 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/f7e97ef8e8ee9baa3eca77a7c3398c5f-1-770x513.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/f7e97ef8e8ee9baa3eca77a7c3398c5f-1-1400x934.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/f7e97ef8e8ee9baa3eca77a7c3398c5f-1-1320x880.webp 1320w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Dulac Distribution</figcaption></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Un monde qui tente de rester debout entre tradition et modernité, entre désir de liberté et nécessité de s’adapter. Une bien belle découverte sélectionnée à la Semaine de la Critique.</p>
</blockquote>



<p></p>



<p><strong>Irish Travellers</strong> est d&rsquo;abord un film de présences. Les enfants débordent de la caravane comme ils débordent du cadre : ils passent la tête par les fenêtres des voitures, courent autour des chevaux, s’interpellent, se chamaillent. Un garçon promet ainsi à sa sœur de défoncer celui qui osera lui demander sa main, avant de détailler avec un sérieux admirable les dégâts qu’il compte infliger à son futur beau-frère. Ailleurs, les prières et les jurons s’enchaînent dans la même respiration. Murphy ne cherche pas à corriger ces contradictions : il les regarde devenir une famille.</p>



<p>Le plus beau choix du film est peut-être là : ne pas commencer par expliquer les Travellers, mais par les laisser exister. Le titre original, <strong>Tin Castle</strong> — le château de tôle — dit bien ce déplacement. Pour un regard extérieur, deux caravanes fatiguées posées au bord d’une route constituent un décor de précarité. Pour les enfants, c’est une maison, un royaume, un terrain de jeu. Murphy adopte leur regard sans pour autant nier ce que l’image contient de pauvreté. Il filme simultanément un refuge et une impasse.</p>



<p>Car le mouvement qui traverse le film est moins celui du voyage que celui de la menace de ne plus pouvoir choisir. Les chevaux et les chiens appartiennent à une tradition dont les O’Reilly sont fiers ; la sédentarisation, elle, promet davantage de stabilité, mais implique précisément d’abandonner une partie de ce qui fait leur manière de vivre. La modernité ne se présente donc jamais comme un progrès évident : elle prend la forme d’un échange. Que gagne-t-on à avoir une maison si le prix à payer est de perdre ce qui faisait de cette maison un lieu à soi ?</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1600" height="1067" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/7d24e28ce57d5aa649fe2b66f4f39823.jpg" alt="" class="wp-image-53859" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/7d24e28ce57d5aa649fe2b66f4f39823.jpg 1600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/7d24e28ce57d5aa649fe2b66f4f39823-300x200.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/7d24e28ce57d5aa649fe2b66f4f39823-1024x683.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/7d24e28ce57d5aa649fe2b66f4f39823-768x512.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/7d24e28ce57d5aa649fe2b66f4f39823-1536x1024.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/7d24e28ce57d5aa649fe2b66f4f39823-360x240.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/7d24e28ce57d5aa649fe2b66f4f39823-720x480.jpg 720w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/7d24e28ce57d5aa649fe2b66f4f39823-770x513.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/7d24e28ce57d5aa649fe2b66f4f39823-1400x934.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/09/7d24e28ce57d5aa649fe2b66f4f39823-1320x880.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Dulac Distribution</figcaption></figure>
</div>


<p>Murphy ne transforme pourtant jamais cette tension en démonstration politique. Les adultes parlent peu de leurs problèmes ; les enfants les devinent. Même lorsque le père est condamné à six mois de prison, le film ne donne pas les causes de cette condamnation. Ce choix protège l’intimité de la famille, mais il déplace aussi le documentaire : ce qui compte n’est pas tant de comprendre les mécanismes de leur marginalisation que de saisir ce que signifie grandir à l’intérieur.</p>



<p>La mise en scène accompagne cette douceur sans toujours trouver la même justesse. La lumière laiteuse, parfois magnifique, donne aux paysages une dimension presque irréelle et transforme les champs du Tipperary en territoire d’enfance. La musique de Kevin O’Leary et Mathias Levy Valensi épouse même parfois le rythme des sabots sur le bitume. Mais cette beauté peut aussi devenir un filtre : à certains moments, la chaleur de l’image et de la musique enveloppe tellement les O’Reilly qu’elle atténue la rudesse de ce qu’elle filme. Là où le réel devrait accrocher, le film caresse.</p>



<p>Dans cette famille où tout semble circuler, malgré l&rsquo;exiguïté de leur logement — les enfants, les chiens, les chevaux, les histoires — la caméra finit par occuper une place paradoxale : elle voyage avec eux tout en restant, elle aussi, au bord de la route. Elle regarde un monde qui tente de rester debout entre tradition et modernité, entre désir de liberté et nécessité de s’adapter. Une bien belle découverte sélectionnée à la Semaine de la Critique.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-6"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:31%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Alexander Murphy<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> irlandaise<br><strong>GENRE </strong>: documentaire<br><strong>DURÉE : </strong>1h36<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Dulac Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>28 octobre 2026</pre>
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		<title>Les Recommencements : comme un poison dans l&#8217;eau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Pouteau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Aug 2026 06:06:59 +0000</pubDate>
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<p>Chaque automne, sur l&rsquo;estuaire du fleuve Klamath, les Yurok attendent les saumons. Le rendez-vous se répète depuis des siècles — sauf que la rivière, cette année, se fait plus avare, plus trouble, et que sur les barques on ne parle plus que de l&rsquo;eau malade. Cette scène d&rsquo;ouverture pourrait n&rsquo;être qu&rsquo;un tableau écologique parmi d&rsquo;autres, une de ces images-alertes dont le documentaire a fait un genre. Elle est en réalité la clé de tout un film : car ce que charrie le Klamath, ici, n&rsquo;est pas seulement du poison — c&rsquo;est une mémoire. Et cette mémoire a un visage, longtemps tenu dans l&rsquo;ombre : celui d&rsquo;Al Moon, vétéran du Vietnam, dont le film suit, sur des milliers de kilomètres, le lent chemin de retour vers lui-même, de retour à lui-même.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Les Recommencements</strong> rappelle que le documentaire demeure l&rsquo;un des derniers territoires de création véritablement libre au cinéma, libre dans ses formes comme dans son rapport au réel.</p>
</blockquote>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1280" height="720" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/4X9J0i7A.jpeg" alt="" class="wp-image-53705" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/4X9J0i7A.jpeg 1280w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/4X9J0i7A-300x169.jpeg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/4X9J0i7A-1024x576.jpeg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/4X9J0i7A-768x432.jpeg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/4X9J0i7A-770x433.jpeg 770w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><figcaption class="wp-element-caption">© VraiVrai Films</figcaption></figure>
</div>


<p>Il faut d&rsquo;abord dire ce que ce film n&rsquo;est pas. Ni reconstitution, ni enquête, ni même récit de guerre au sens strict : le combat n&rsquo;y occupe presque aucune image, et les retrouvailles avec les hommes de sa section, quarante-quatre ans après, n&rsquo;arrivent que dans le dernier quart d&rsquo;heure. Isabelle Ingold et Vivianne Perelmuter déplacent l&rsquo;enjeu ailleurs : leur sujet n&rsquo;est pas l&rsquo;événement mais son écho, pas la bataille mais ce qui, en l&rsquo;homme, continue de se battre. « <em>La guerre me fait l&rsquo;effet d&rsquo;un rêve</em> », dit Al Moon — phrase qui pourrait servir de programme à un film qui choisit de filmer des états plutôt que des faits, une hantise plutôt qu&rsquo;une chronologie.</p>



<p>Cette hantise, le film la donne d&rsquo;abord à voir avant de la donner à entendre. Toute la première partie tient Al Moon dans une pénombre presque totale : on devine sa silhouette, son grain de peau dans un contre-jour, bien avant de distinguer nettement ses traits. Le choix dépasse la coquetterie esthétique — il fait de l&rsquo;image elle-même le lieu du refoulement. On ne voit pas Al Moon parce que lui non plus ne se voit pas encore, ne s&rsquo;est pas autorisé à se retourner sur ce qu&rsquo;il porte. La lumière, dans ce film, est un outil narratif à part entière : elle raconte, avant les mots, l&rsquo;état de dévoilement du personnage.</p>



<p>Autour de lui, une voix off incantatoire n&rsquo;explique jamais rien : elle avance par fragments, par images obliques, comme si elle cherchait elle-même ses mots à mesure qu&rsquo;Al Moon cherche les siens. Cette porosité entre commentaire et vécu intérieur prolonge une manière de filmer déjà éprouvée par les deux cinéastes dans <strong><a href="https://movierama.fr/ailleurs-partout-ici-et-maintenant/">Ailleurs, partout</a></strong> (2020), où le parcours d&rsquo;un jeune exilé iranien se racontait par bribes, à travers des images de vidéosurveillance, comme une tentative de rejoindre par le dehors une intériorité qu&rsquo;aucun plan direct ne pouvait saisir. Ici, le dispositif change de territoire : ce ne sont plus les écrans qui structurent le hors-champ, mais le paysage américain lui-même — la route, la brume, des visages burinés qu&rsquo;on filme comme un état intérieur plutôt qu&rsquo;un décor.</p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1280" height="720" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHRMLfmA.jpeg" alt="" class="wp-image-53704" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHRMLfmA.jpeg 1280w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHRMLfmA-300x169.jpeg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHRMLfmA-1024x576.jpeg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHRMLfmA-768x432.jpeg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHRMLfmA-770x433.jpeg 770w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><figcaption class="wp-element-caption">© VraiVrai Films</figcaption></figure>
</div>


<p>C&rsquo;est là, d&rsquo;ailleurs, la vraie réussite plastique du film : transformer un road-movie en cartographie mentale. Les plans, souvent vaporeux, ne documentent pas des lieux mais une traversée intime. Les cinéastes convoquent une imagerie que l&rsquo;on croit connaître — vétéran taiseux, motels au néon fatigué, communauté à la dérive — non pour la répéter, mais pour en déplacer le regard : la douleur y affleure sans jamais céder au misérabilisme, la rudesse n&rsquo;exclut jamais une forme de douceur. Cette rudesse a une histoire, que le film n&rsquo;esquive pas. Al Moon est indien, membre de la nation Yurok, et sa réserve porte des cicatrices plus anciennes que le Vietnam. En tissant le trauma de la guerre à celui, plus sourd, de la dépossession amérindienne, <strong>Les Recommencements</strong> refuse le récit à blessure unique. Le débat sur les armes à feu y est abordé sans grandiloquence : Al Moon n&rsquo;en portera plus, mais ne juge pas ceux qui choisissent d&rsquo;en porter. Rien n&rsquo;est asséné ; tout est laissé à l&rsquo;épaisseur contradictoire du réel.</p>



<p>Le geste le plus singulier du film reste ailleurs, dans ce qu&rsquo;on pourrait appeler sa visée ésotérique — le mot est d&rsquo;Al Moon lui-même : « <em>Si tu crois que ce que tu ressens, entends et touches est tout ce qui existe, tu dors encore. </em>» Cette phrase, presque incongrue dans un documentaire, dit l&rsquo;ambition des deux cinéastes : ne pas se contenter de raconter, mais viser, par la forme, un au-delà du visible. Ambition qui pose une question plus large — celle de la place qu&rsquo;occupe encore, aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;inventivité formelle dans un genre de plus en plus happé par les récits balisés et les formats d&rsquo;enquête calibrés pour le streaming. <strong>Les Recommencements</strong> rappelle que le documentaire demeure l&rsquo;un des derniers territoires de création véritablement libre au cinéma, libre dans ses formes comme dans son rapport au réel.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/DWbEPZaw-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-53703" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/DWbEPZaw-1024x576.jpeg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/DWbEPZaw-300x169.jpeg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/DWbEPZaw-768x432.jpeg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/DWbEPZaw-770x433.jpeg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/08/DWbEPZaw.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© VraiVrai Films</figcaption></figure>
</div>


<p>Sur la carcasse d&rsquo;un mobil-home, au détour d&rsquo;un plan : « <em>Chez-soi, c&rsquo;est un endroit que certains d&rsquo;entre nous ne trouvent jamais. </em>» <strong>Les Recommencements</strong> en est le récit patient et bouleversant. On sort de ce dernier habité par ses images, comme par une eau trouble qui continue de circuler longtemps après le générique — et par une question qui dépasse le seul Al Moon : combien de temps peut-on repousser ce qu&rsquo;on refuse de regarder, avant que le courant ne nous y ramène ?</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATRICES :</strong> Isabelle Ingold et Vivianne Perelmuter<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> belge<br><strong>GENRE </strong>: documentaire<br><strong>DURÉE : </strong>1h27<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>VraiVrai Films<br><strong>SORTIE LE </strong>21 octobre 2026</pre>
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		<title>Gavagai, et autres malentendus : noeud papillon et éléphant dans la pièce</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Jul 2026 08:03:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le cinéma a souvent représenté le racisme, parfois avec force, parfois avec simplification. Plus rarement, il s’est regardé lui-même — comme industrie, comme dispositif — capable d’en produire, d’en reconduire les logiques. D’un côté, un lot innombrable de comédies françaises, qui n’ont cessé de se justifier elles-mêmes, rejouant des stéréotypes sous couvert de désamorçage — « j’ai un ami noir… », « j’ai un gendre arabe… » — comme si l’énonciation suffisait à neutraliser ce qu’elle reconduit. De l’autre, des [&#8230;]</p>
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<p>Le cinéma a souvent représenté le racisme, parfois avec force, parfois avec simplification. Plus rarement, il s’est regardé lui-même — comme industrie, comme dispositif — capable d’en produire, d’en reconduire les logiques. D’un côté, un lot innombrable de comédies françaises, qui n’ont cessé de se justifier elles-mêmes, rejouant des stéréotypes sous couvert de désamorçage — « <em>j’ai un ami noir…</em> », « <em>j’ai un gendre arabe…</em> » — comme si l’énonciation suffisait à neutraliser ce qu’elle reconduit. De l’autre, des films qui ont ouvert une brèche, de <strong>La Noire de</strong>&#8230; à <strong><a href="https://movierama.fr/get-out-noir-cest-noir-il-ny-a-plus-despoir/">Get Out</a></strong>, en déplaçant la question : non plus seulement montrer le racisme, mais interroger les places, les regards, les structures qui le rendent possible. Le problème n’est plus seulement ce qui est représenté, mais depuis où l’on regarde. C’est dans cet écart — entre discours et position — que s’inscrit <strong>Gavagai, et autres malentendus</strong> d&rsquo;Ulrich Köhler.</p>



<p>Le titre engage déjà une méthode. <em>Gavagai</em> — emprunté à la philosophie du langage — dit l’impossibilité de fixer un sens stable ; « <em>et autres malentendus</em> » en déploie les effets. Le film ne cherchera pas à résoudre ces écarts, mais à les faire travailler.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Le film touche à ce point sensible : lutter ne protège pas de reproduire — il arrive même que l’on reconduise, autrement, ce que l’on croyait défaire.</p>
</blockquote>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1600" height="900" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/81189d5f358941c87676d639ae990354.jpg" alt="" class="wp-image-51249" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/81189d5f358941c87676d639ae990354.jpg 1600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/81189d5f358941c87676d639ae990354-300x169.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/81189d5f358941c87676d639ae990354-1024x576.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/81189d5f358941c87676d639ae990354-768x432.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/81189d5f358941c87676d639ae990354-1536x864.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/81189d5f358941c87676d639ae990354-770x433.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/81189d5f358941c87676d639ae990354-1400x788.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/81189d5f358941c87676d639ae990354-1320x743.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><figcaption class="wp-element-caption">© New Story</figcaption></figure>
</div>


<p>Dès l’ouverture, cette logique s’incarne presque brutalement : à quoi assiste-t-on exactement ? À une scène de tournage, celle d’une adaptation contemporaine de Médée. Un bateau chargé d’un exotisme un peu factice, des enfants supposés porter la tragédie… en gilets de sauvetage (photo ci-dessus). Très vite, le dispositif se dérègle. La metteuse en scène s’agace, force, cherche une intensité qui lui échappe, brusque son actrice jusqu’à la jeter à l’eau. Le plateau apparaît alors pour ce qu’il est : un espace profondément politique, traversé de rapports de force, où chacun occupe une place assignée — avec son degré d’autorité, de visibilité, de précarité. Autour, tandis que le calme revient difficilement, les positions se fissurent : figurants relégués à leur fonction, beau-père de l’acteur principal maintenu à la marge et qui s’en offusque, début de fronde vite ramenée à des enjeux plus concrets — manger, tenir, exister un peu dans le cadre. Le tragique est là, mais déplacé : moins dans la fiction que dans l’organisation même de ce qui la rend possible.</p>



<p>À partir de là, le film déplie sa logique. Multiplicité des langues d’abord — allemand, anglais, français — comme autant de régimes de sens partiels. Multiplicité des temps ensuite : le tournage, la présentation du film avec ses discours et ses questions-réponses, et, en creux, la troisième strate — celle de la <strong>Médée </strong>rejouée. Ces niveaux ne s’additionnent pas, ils se frottent. Le film avance dans cet entrelacs, où rien ne coïncide tout à fait.</p>



<p>Dans cet espace, les personnages — portés avec précision par Maren Eggert et Jean-Christophe Folly — rejouent, malgré leur amour, des rapports de pouvoir discrets. Une scène, plus tard, en amont d’une projection, en condense les lignes : un maître d’hôtel blanc apprend à nouer un nœud papillon au personnage de Folly, sous le regard d&rsquo;Eggert. Geste anodin, presque attentionné — mais qui suppose aussi une incompétence préalable, comme si certaines manières ne lui appartenaient pas d’emblée. Le film n’insiste pas ; il laisse affleurer ce léger déséquilibre.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1600" height="900" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/f0f92108cfc633ac13a85592bd406edd.webp" alt="© New Story" class="wp-image-51251" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/f0f92108cfc633ac13a85592bd406edd.webp 1600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/f0f92108cfc633ac13a85592bd406edd-300x169.webp 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/f0f92108cfc633ac13a85592bd406edd-1024x576.webp 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/f0f92108cfc633ac13a85592bd406edd-768x432.webp 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/f0f92108cfc633ac13a85592bd406edd-1536x864.webp 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/f0f92108cfc633ac13a85592bd406edd-770x433.webp 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/f0f92108cfc633ac13a85592bd406edd-1400x788.webp 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/04/f0f92108cfc633ac13a85592bd406edd-1320x743.webp 1320w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><figcaption class="wp-element-caption">© New Story</figcaption></figure>
</div>


<p>Plus tôt, à l’hôtel, Nourou est soumis à un contrôle au faciès. Lui cherche à passer, à ne pas prolonger. Maja, au contraire, s’empare de la situation : exige des excuses, relance, insiste auprès de la direction de l&rsquo;hôtel — sans réellement demander à Nourou ce qu’il souhaite. Qu&rsquo;on lui fiche la paix semble vouloir exprimer son visage&#8230; L&rsquo;attention première se veut juste, mais Maja parle à la place de l’autre, impose une scène. Une forme d’engagement qui reconduit une asymétrie : agir pour, sans partir de. Tout un programme. C’est là que le film touche quelque chose de plus profond — un racisme diffus, indissociable de réflexes hérités du colonialisme, où l’on prend en charge l’autre tout en le dépossédant de sa propre voix, le tout au nom de lutte contre le racisme. </p>



<p>Ulrich Köhler filme ces écarts avec retenue : plans ouverts, durée tenue, rien ne vient assigner un sens. Ce qui aurait pu être un très grand film vient ici buter à une limite : l&rsquo;exposition à l&rsquo;écran de l&rsquo;adaptation du mythe de Médée. D’un côté, tout ce qui relève du tournage — ses ratés, ses tensions — reste vivant, imprévisible. De l’autre, les scènes de Médée, rejouées frontalement, figent le geste. Le mythe, ainsi exposé, devient illustration. </p>



<p><strong>Gavagai, et autres malentendus</strong> avance ainsi sur une ligne fragile. Inégal, parfois trop appuyé, souvent très fin, mais toujours traversé par une intuition juste : les rapports de domination ne disparaissent pas, ils se déplacent, s’infiltrent dans les gestes les plus anodins. Le film touche à ce point sensible : lutter ne protège pas de reproduire — il arrive même que l’on reconduise, autrement, ce que l’on croyait défaire. </p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Ulrich Köhler<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> allemande<br><strong>GENRE </strong>: drame<br><strong>AVEC </strong>: Jean-Christophe Folly, Maren Eggert, Nathalie Richard<br><strong>DURÉE : </strong>1h31<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>New Story<br><strong>SORTIE LE </strong>22 juillet 2026</pre>
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		<title>Playtime : circulez, il y a tout à voir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Pouteau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 07:49:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les villes modernes conjuguent davantage passer que contempler. Circulez, il n’y a rien à voir. Les corps, les voitures, l’information — et tant d’autres flux encore — transitent sans relâche ; rien ne semble fait pour les retenir. La salle de cinéma fait figure d’exception. Un espace de stationnement rare, où le mouvement se suspend et où l’attention peut enfin s’exercer. Playtime s’y déploie comme une expérience : suivre Hulot dans un labyrinthe de verre, apprendre à voir là où [&#8230;]</p>
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<p>Les villes modernes conjuguent davantage passer que contempler. Circulez, il n’y a rien à voir. Les corps, les voitures, l’information — et tant d’autres flux encore — transitent sans relâche ; rien ne semble fait pour les retenir. La salle de cinéma fait figure d’exception. Un espace de stationnement rare, où le mouvement se suspend et où l’attention peut enfin s’exercer. <strong>Playtime</strong> s’y déploie comme une expérience : suivre Hulot dans un labyrinthe de verre, apprendre à voir là où tout semblait se dérober, et découvrir que le rire naît moins du gag que de ce moment où le corps insiste là où le monde voudrait qu’il glisse. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1941" height="1080" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02.jpeg" alt="" class="wp-image-52600" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02.jpeg 1941w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02-300x167.jpeg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02-1024x570.jpeg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02-768x427.jpeg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02-1536x855.jpeg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02-770x428.jpeg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02-1400x779.jpeg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-02-1320x734.jpeg 1320w" sizes="(max-width: 1941px) 100vw, 1941px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Carlotta</figcaption></figure>
</div>


<p>Voilà un Paris reconstruit de toutes pièces, vitré, homogène, sans aspérité. Moins un décor qu’un système continu, où chaque surface répond à une autre. À sa sortie, en 1967, le film déroute : démesuré, presque muet, traversé de paroles flottantes et de langues qui se croisent sans s’accrocher. Dans <strong>Playtime</strong>, l’ouïe comme le regard ne sont jamais guidés ; ils doivent choisir eux-mêmes où se poser. Mais cette désorientation n’est pas un piège, Tati fait confiance à l’attention du spectateur, à sa capacité de discerner les détails dans la profondeur du cadre. Tout est visible, rien n’est immédiatement lisible ; l’œil hésite, circule, compose son propre trajet.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Playtime </strong>ne commente pas le monde : il en déplace les réglages. Là où l’ordre voulait des trajectoires, Tati retrouve des gestes.</p>
</blockquote>



<p>Chez Tati, les objets parlent plus distinctement que les hommes : le claquement d’une semelle, le froissement d’un cuir artificiel ou le sifflement d’une porte automatique deviennent les voix de la modernité. L’espace sonore ne double pas l’image, il la déborde. Dans le hall d’exposition, les objets se neutralisent à force d’accumulation ; dans les bureaux, les silhouettes se confondent ; dans la rue, les corps se réduisent à des reflets. Le film fonctionne autant par saturation que par soustraction. Les vitres ne séparent plus intérieur et extérieur, elles remplacent le réel par sa circulation en images. Ce qui à l’époque relevait de l’anticipation est devenu décor ordinaire. Aujourd’hui, certains halls d’aéroport, open spaces ou coworking semblent sortis du film.</p>



<p>Hulot, dès lors, ne peut plus faire centre. Il passe, hésite, disparaît, parfois sans que l’on sache quand il quitte le champ. Il faut le traquer parmi les imperméables gris et les trajectoires parallèles. Le film devient jeu : un Où est Hulot ? sans indice ni hiérarchie. On serait tenté de lui prêter un signe distinctif — un bonnet, une écharpe, un pull à rayures rouges et blanches — n’importe quoi pour stabiliser la perception. Mais le cinéaste s’y refuse. Hulot devient un personnage fantôme, présent par intermittence, comme si le monde moderne dissolvait toute figure trop nette. Dans cet univers d’équivalences, la singularité survit par éclats : maladresses, retards, gestes infimes.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="569" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-1024x569.jpeg" alt="" class="wp-image-52601" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-1024x569.jpeg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-300x167.jpeg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-768x427.jpeg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-1536x853.jpeg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-2048x1138.jpeg 2048w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-770x428.jpeg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-1400x778.jpeg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/PLAYTIME-05-2500x1389-1-1320x733.jpeg 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Carlotta</figcaption></figure>
</div>


<p>La longue séquence du Royal Garden concentre cette logique pour mieux la fissurer. Trop neuf pour tenir, le lieu se dérègle par glissements successifs. Une dalle cède, une porte vitrée se brise, un uniforme lâche, une erreur circule. À la rectitude du décor répond l’élasticité des corps. Un serveur remplace une porte absente par un geste improvisé ; les clients s’y adaptent sans lever les yeux. Ce que l’architecture voulait figer, Tati le remet en mouvement.</p>



<p>Peu à peu, la ville cesse de tenir en ligne droite. Au rond-point final, les flux se courbent, se répondent, composent un mouvement circulaire, presque rituel. On pense à la France des ronds-points, où la circulation devient négociation et friction des corps. Rien ne s’effondre vraiment, rien ne se résout ; quelque chose se desserre simplement. <strong>Playtime </strong>ne commente pas le monde : il en déplace les réglages. Là où l’ordre voulait des trajectoires, Tati retrouve des gestes.<br></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  Jacques Tati<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> française<br><strong>GENRE </strong>: comédie<br><strong>AVEC</strong> : Jacques Tati, Barbara Dennek, Jacqueline Lecome<br><strong>DURÉE : </strong>2h04<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Carlotta Films<br><strong>RESSORTIE LE </strong>15 juillet 2026</pre>
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		<title>Gabin : disons que je change</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Jul 2026 17:50:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Gabin commence par une séquence qui n&#8217;est pas tout à fait propre au film : les premiers plans ont été tournés lors des Héritiers, moyen métrage que Maxence Voiseux avait consacré au père, Dominique. Avant cela, c&#8217;est le grand-père qui avait été son sujet, dans un court métrage de fin d&#8217;études. La famille Jourdel, dans le Nord, est ainsi la matière première de toute une cinématographie en construction — et Gabin est le troisième volet d&#8217;un geste documentaire qui s&#8217;est [&#8230;]</p>
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<p><strong>Gabin</strong> commence par une séquence qui n&rsquo;est pas tout à fait propre au film : les premiers plans ont été tournés lors des <strong>Héritiers</strong>, moyen métrage que Maxence Voiseux avait consacré au père, Dominique. Avant cela, c&rsquo;est le grand-père qui avait été son sujet, dans un court métrage de fin d&rsquo;études. La famille Jourdel, dans le Nord, est ainsi la matière première de toute une cinématographie en construction — et <strong>Gabin</strong> est le troisième volet d&rsquo;un geste documentaire qui s&rsquo;est approfondi en se resserrant, du lieu vers le lignage, du lignage vers l&rsquo;enfant.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1920" height="1440" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN.jpg" alt="" class="wp-image-53033" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN.jpg 1920w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN-300x225.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN-1024x768.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN-768x576.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN-1536x1152.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN-770x578.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN-1400x1050.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/2-GABIN-1320x990.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Arizona Distribution</figcaption></figure>
</div>


<p>Voiseux ne filme pas le hasard. Il filme une confiance lentement constituée, avec des gens qui savent ce qu&rsquo;une caméra leur demande. La comparaison avec <strong>Boyhood</strong> de Linklater s&rsquo;impose et s&rsquo;épuise vite : là où Linklater construisait une fiction sur le temps réel, Voiseux laisse chaque scène dériver au-delà de sa mise en place initiale, vers ce moment imprévisible où la conversation bifurque. Le document absorbe le dispositif.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Le film mesure, avec une précision presque impitoyable, l&rsquo;écart entre ce qu&rsquo;on désire et ce qu&rsquo;on réalise, entre ce qu&rsquo;on transmet et ce qu&rsquo;on lègue sans le savoir.</p>
</blockquote>



<p>Le format 1:33 — choix revendiqué — dit cela autrement. Ce cadre qui rogne les bords contraint l&rsquo;image comme le milieu contraint Gabin : le monde de l&rsquo;obligation et de l&rsquo;autorité entre par le hors-champ plutôt que de s&rsquo;imposer frontalement. Et parce que ce format a un cousinage avec la photographie, avec la mémoire figée, il dit d&#8217;emblée que ce qu&rsquo;on regarde appartient déjà, d&rsquo;une certaine façon, au passé — que ce petit garçon qui conduit à toute berzingue dans les champs est déjà, en même temps, un souvenir.</p>



<p>On ne voit pas Gabin vieillir, on le constate : une mâchoire qui s&rsquo;affirme, une voix qui descend, une posture dans la voiture qui n&rsquo;est plus tout à fait celle d&rsquo;un enfant. Regarder un enfant grandir, c&rsquo;est aussi assister à une expérience capillaire. Entre chaque bloc temporel, les saisons ont tourné, les rapports se sont déplacés, les rêves ont changé de forme. La mère rêvait du Canada ; c&rsquo;est son fils qui finira par y partir. Le film mesure, avec une précision presque impitoyable, l&rsquo;écart entre ce qu&rsquo;on désire et ce qu&rsquo;on réalise, entre ce qu&rsquo;on transmet et ce qu&rsquo;on lègue sans le savoir.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN--1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-53035" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN--1024x768.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN--300x225.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN--768x576.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN--770x578.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN--1400x1050.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN--1320x990.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/3-ABIN-.jpg 1440w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Arizona Distribution</figcaption></figure>
</div>


<p>Le père a la tronche d&rsquo;un Galabru et la figure du patriarche à la Gabin — comme si le prénom de l&rsquo;enfant était une revanche sur le silence paternel. Bourru, souvent cassant, il ne laisse rien passer à son fils et semble parfois ne pas voir à quel point il lui ressemble. Pourtant, la scène où il craque devant son propre frère révèle une faille que le film guettait sans la forcer : sous le patriarche, un homme épuisé qui se projette dans Gabin en comparant leurs enfances, deux garçons également contraints par un monde qui ne leur laissait pas beaucoup de choix. Gabin, lui, a cette phrase dite un soir dans une voiture : “<em>le monde des garçons, il comprendrait pas des choses que je veux dire</em>.” C&rsquo;est peut-être la clé de tout le film — un garçon trop sensible pour son milieu, trop attaché à sa mère pour se laisser modeler par son père, trop lucide pour croire qu&rsquo;on peut hériter sans choisir.</p>



<p>Le premier plan montre le père et Gabin au petit-déjeuner ; le dernier montre la mère, dont le regard seul convoque l&rsquo;absence du fils. Cette circularité dit ce que les ellipses avaient tu : que l&rsquo;identité de Gabin se situe quelque part entre ces deux plans, entre ces deux regards, dans l&rsquo;espace que dix ans de film ont lentement ouvert. Avant l&rsquo;aéroport, une larme coule sur le museau d&rsquo;une vache dans le tracteur. À l&rsquo;aéroport, une larme coule sur le visage de Gabin. <em>Disons que je change</em> — voilà ce qu&rsquo;il dit, bien jeune, bien lucide, à peine la puberté démarrée et que le cinéma, patiemment, l&rsquo;aura vu tenir.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  Maxence Voiseux<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> française<br><strong>GENRE </strong>: documentaire<br><strong>DURÉE : </strong>1h45<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Arizona Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>18 novembre 2026</pre>
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		<title>Everytime : mettre un carré dans un rond</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Pouteau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Jul 2026 07:38:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On a longtemps cru que la Terre était plate. Puis on a découvert qu&#8217;elle était ronde. Le deuil, lui, reste obstinément sans forme — et c&#8217;est là que commence Everytime. Lauréat du prix Un Certain Regard à Cannes, le film s&#8217;ouvre sur des panoramiques à presque 360 degrés d&#8217;une maîtrise sèche : la rue, la gare, la chambre que Jessie (Carla Hüttermann) et Melli (Lotte Shirin Keiling) se partagent en se marchant dessus. La circularité y est une condition du [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>On a longtemps cru que la Terre était plate. Puis on a découvert qu&rsquo;elle était ronde. Le deuil, lui, reste obstinément sans forme — et c&rsquo;est là que commence <strong>Everytime</strong>. Lauréat du prix Un Certain Regard à Cannes, le film s&rsquo;ouvre sur des panoramiques à presque 360 degrés d&rsquo;une maîtrise sèche : la rue, la gare, la chambre que Jessie (Carla Hüttermann) et Melli (Lotte Shirin Keiling) se partagent en se marchant dessus. La circularité y est une condition du regard, comme si le monde se refermait sur lui-même, indifférent à qui l&rsquo;habite. Puis deux verticales viendront briser cet arrondi : une chute, et longtemps après, une larme.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1280" height="692" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/8qQrkejg.jpeg" alt="" class="wp-image-53028" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/8qQrkejg.jpeg 1280w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/8qQrkejg-300x162.jpeg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/8qQrkejg-1024x554.jpeg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/8qQrkejg-768x415.jpeg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/8qQrkejg-770x416.jpeg 770w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><figcaption class="wp-element-caption">© New Story</figcaption></figure>
</div>


<p>Le tout premier échange entre les sœurs : “<em>tu laisses toujours tout traîner</em>”. La phrase, banale, résonnera longtemps, parce que c&rsquo;est précisément ce que fera l&rsquo;absence de Jessie dans le reste du film : traîner partout, sans jamais se laisser ramasser. La nuit qui précède leur départ en vacances, Jessie monte sur un toit avec Lux (Tristan López), son petit ami. Ils ont pris des substances. Le soleil se lève, orange vif, imprégné de quelque chose de trop intense. La chute est filmée par quelqu&rsquo;un dont on ne saura jamais l&rsquo;identité, la caméra souple, large, suit le regard de Jessie vers un oiseau avant de revenir lentement, sans hâte. Après, elle continue son chemin, indifférente, vers la quiétude des arbres du matin. On pense à un Tati inversé : chez Tati, l&rsquo;œil navigue à l&rsquo;intérieur d&rsquo;un tableau fixe ; ici, le monde est un tableau et la caméra en révèle les parties l&rsquo;une après l&rsquo;autre, comme si plusieurs réalités coexistaient.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Everytime </strong>tient dans cet écart : entre la circularité des espaces et la verticalité brutale d&rsquo;une mort, entre la précision documentaire du début et la dissolution onirique de la fin.</p>
</blockquote>



<p>L&rsquo;ellipse plonge ensuite le spectateur dans une temporalité étrange, celle du deuil qui comprime, dilate, suspend le temps selon ses propres règles. On retrouve la mère, Ella (Birgit Minichmayr), qui parle de comptabilité avec un collègue tout en arrosant les plantes posées sur la tombe de sa fille. On y lit : 2007-2024. Jessie avait dix-sept ans. Aucune larme — pendant une heure entière, le film refuse le pathos qu&rsquo;on lui tend. Lux revient du Texas où il était parti après le drame. La petite sœur, Melli, continue d&rsquo;envoyer des messages sur le téléphone de Jessie. Pendant ce temps, c&rsquo;est elle qui reprend la manette de la console, joue à Minecraft : un monde que l&rsquo;on construit bloc par bloc, carré par carré, qui se révèle infini à mesure qu&rsquo;on avance, exactement comme ces souvenirs de Jessie que le film laisse affleurer par fragments.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="554" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/zI1xp-YQ-1024x554.jpeg" alt="" class="wp-image-53029" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/zI1xp-YQ-1024x554.jpeg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/zI1xp-YQ-300x162.jpeg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/zI1xp-YQ-768x415.jpeg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/zI1xp-YQ-770x416.jpeg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/07/zI1xp-YQ.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© New Story</figcaption></figure>
</div>


<p>La mère décide de les emmener tous les deux à Tenerife, ce lieu des premières vacances de Jessie enfant. Sous un soleil qui irradie tout, les cœurs s&rsquo;entrouvrent et la réalité se plie. Dans les couloirs de l&rsquo;hôtel, on retrouve Jessie enfant, même image que celles des archives regardées un soir de nostalgie. La côte montagneuse devient un quatrième personnage, silencieux et envahissant, témoin d&rsquo;une histoire écrite il y a longtemps. La mère s&rsquo;en occupe. Des scènes fantasmagoriques succèdent à la retenue berlinoise — enfants perdus en bord de mer, fusée de détresse qui ressemble à une étoile filante, et dans le ciel, un carré minecraftien aux angles nets qui s&rsquo;ouvre sur quelque chose d&rsquo;autre. La nouvelle dimension où la voix de Melli dit que le soleil ne s&rsquo;est jamais couché.</p>



<p><strong>Everytime </strong>tient dans cet écart : entre la circularité des espaces et la verticalité brutale d&rsquo;une mort, entre la précision documentaire du début et la dissolution onirique de la fin. Ce qu&rsquo;il fait du deuil — le projeter vers l&rsquo;extérieur, laisser l&rsquo;intériorité brisée métamorphoser le monde jusqu&rsquo;à ce que Jessie soit à la fois nulle part et partout, mais everytime là — reste, malgré quelques lourdeurs symboliques dans son dernier tiers, une réussite formelle rare : un carré dans un rond, et l&rsquo;étrange beauté de ne pas savoir lequel finit par contenir l&rsquo;autre.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATRICE:</strong>  Sandra Wollner<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> autrichienne<br><strong>GENRE </strong>: drame<br><strong>AVEC</strong> : Birgit Minichmayr, Tristan López, Lotte Shirin Keiling<br><strong>DURÉE : </strong>2h04<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>New Story<br><strong>SORTIE LE </strong>11 novembre 2026</pre>
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		<title>Six mois dans la maison rose et bleue : le mystérieux regard de l&#8217;enfant rose</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Pouteau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jun 2026 06:58:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce premier long-métrage de fiction s&#8217;ouvre sur ses propres coutures. Bruno Santamaría Razo voulait d&#8217;abord faire un documentaire, c’est de là qu’il vient, puis la fiction est venue après, presque par nécessité. On reconnaît un visage réel, celui de la mère, avant de comprendre que des acteurs ont remplacé le reste de la famille sur une photo les rassemblant : un micro qu&#8217;on ajuste, une mise au point qui se cherche encore composent les tout premiers plans. Cette mise en [&#8230;]</p>
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<p>Ce premier long-métrage de fiction s&rsquo;ouvre sur ses propres coutures. Bruno Santamaría Razo voulait d&rsquo;abord faire un documentaire, c’est de là qu’il vient, puis la fiction est venue après, presque par nécessité. On reconnaît un visage réel, celui de la mère, avant de comprendre que des acteurs ont remplacé le reste de la famille sur une photo les rassemblant : un micro qu&rsquo;on ajuste, une mise au point qui se cherche encore composent les tout premiers plans. Cette mise en abîme assumée installe d&#8217;emblée une incertitude féconde — on ne sait plus très bien ce qu&rsquo;on regarde.</p>



<p>Ce titre répond en écho à un autre film de la même saison, <strong><a href="https://movierama.fr/le-mysterieux-regard-du-flamant-rose-elle-a-les-yeux-revolver/">Le Mystérieux Regard du Flamant Rose</a></strong> : là aussi, un enfant grandit dans un milieu où l&rsquo;homosexualité se côtoie sans s’énoncer clairement, et où la séropositivité d&rsquo;un adulte vient un jour fissurer l&rsquo;insouciance. La mère, interrogée face caméra, revient sur l&rsquo;annonce qui a changé la vie de la famille : le père est séropositif, à une époque où le sida n&rsquo;a ni traitement ni guérison. Le médecin ne lui donne que trois ans. On lui demande ce qu&rsquo;elle a ressenti, et c&rsquo;est de cette parole, tremblante trente ans plus tard, que le film bascule vers la reconstitution. Les couleurs y deviennent le premier langage de la mise en scène : une chaleur d&rsquo;intérieur, des teintes vives qui contredisent la gravité du sujet plutôt que de l&rsquo;illustrer. On peut rapprocher ce film du huis clos de <a href="https://movierama.fr/totem-malade-comme-un-sien/"><strong>Tótem</strong> </a>réalisé par Lila Avilés, autre maison mexicaine où rôde la maladie d&rsquo;un père ; mais là où Avilés referme son film sur l&rsquo;attente, Santamaría Razo l&rsquo;ouvre, par le geste documentaire, sur tout un hors-champ restant à dessiner.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1600" height="1061" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/seis_meses_en_el_edificio_rosa_con_azul.jpg" alt="" class="wp-image-52937" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/seis_meses_en_el_edificio_rosa_con_azul.jpg 1600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/seis_meses_en_el_edificio_rosa_con_azul-300x199.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/seis_meses_en_el_edificio_rosa_con_azul-1024x679.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/seis_meses_en_el_edificio_rosa_con_azul-768x509.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/seis_meses_en_el_edificio_rosa_con_azul-1536x1019.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/seis_meses_en_el_edificio_rosa_con_azul-360x240.jpg 360w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/seis_meses_en_el_edificio_rosa_con_azul-770x511.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/seis_meses_en_el_edificio_rosa_con_azul-1400x928.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/seis_meses_en_el_edificio_rosa_con_azul-1320x875.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Epicentre films</figcaption></figure>
</div>


<p>Dans les séquences du passé, l&rsquo;énergie de cette maison rose et bleue est presque androgyne. Bruno essaie un chemisier et une jupe ; son père se travestit pour l&rsquo;anniversaire du garçon, courbe une mèche de cheveux de sa femme pour lui en faire une moustache ; tout le monde danse, tout le monde chante, tout le monde se maquille. Cette fluidité de genre n&rsquo;a pas besoin de discours pour exister, elle se filme comme une évidence festive. L&rsquo;homosexualité, elle, ne se dit pas encore, mais se laisse deviner par petites touches, avant même que le film n&rsquo;accepte de la désigner.</p>



<p>Un hélicoptère, qu&rsquo;on entend et voit revenir plusieurs fois, indique qu&rsquo;une scène de <strong>Roméo et Juliette</strong> avec Di Caprio se tourne dans l&rsquo;église voisine. Le grand cinéma rôde en bordure du cadre familial : Bruno répète, lui aussi, son propre désir, dans une scène d&rsquo;une grande douceur où Vladimir, son meilleur ami, lui apprend à embrasser avec la langue en s&rsquo;exerçant sur son propre poing. D&rsquo;un côté, une superproduction mythologise un amour impossible ; de l&rsquo;autre, un garçon de onze ans répète en secret le geste d&rsquo;un amour qu&rsquo;il ne sait pas encore nommer. Le dessin, chez les deux hommes de la maison, joue un rôle voisin : le père, illustrateur de profession, dessine des corps nus — probablement d&rsquo;anciennes conquêtes — et Bruno dessine Vladimir en plein entraînement de boxe. Une raison de le regarder longtemps, d&rsquo;en saisir les courbes, sans devoir s&rsquo;en justifier.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Le film reste fidèle, jusqu&rsquo;au bout, à ce qu&rsquo;il annonçait dès l&rsquo;ouverture : que filmer sa famille n&rsquo;est jamais un geste innocent.</p>
</blockquote>



<p>Avec l&rsquo;annonce du diagnostic, vient tout un système de signes pour dire la peur sans l&rsquo;expliciter : le père passe un appel à un inconnu depuis une cabine téléphonique, dans la rue, le petit bonhomme vert de passage piéton repasse au rouge. Bientôt, la mort passera. On retrouve cette peur à l&rsquo;école, dans des dessins animés qui apprennent aux enfants à se protéger.</p>



<p>En plongeant dans ce passé familial, le cinéaste dépeint tout un Mexique des années 90. Les voisines rappellent sans relâche à Bruno ce que doit être un garçon, un vrai — bras discrets, bassin immobile — en contrepoint d&rsquo;une maison qui ne connaît, elle, aucune de ces règles. Si c&rsquo;est la mère, intelligente et farouchement indépendante, qui devient peu à peu le véritable centre de gravité du récit, l&rsquo;héritage que réclame Bruno vient pourtant du père : ses illustrations, son matériel, son talent, qu&rsquo;ils peignent ensemble sur un mur — et en creux, son attirance pour les hommes, transmise sans avoir jamais été nommée.</p>



<p>Face à cet exercice qui la replonge dans une zone sensible, la mère peine à trouver les mots, et le film ne détourne pas le regard de cette peine. L&rsquo;interview s&rsquo;inverse à son tour : c&rsquo;est elle, désormais, qui interroge son fils, et c&rsquo;est lui qui peine à répondre, mal à l&rsquo;aise face à sa propre caméra. Tourner un film sur les siens, c&rsquo;est toujours un peu les exploiter ; ici, l&rsquo;exploiteur se retrouve exploité à son tour, sommé de faire émerger des mots, des émotions qu&rsquo;il avait lui-même tus.</p>



<p>Le sujet de <strong>Six mois dans la maison rose et bleue</strong> n&rsquo;est pas neuf, ni le geste qui le porte : le cinéma récent a déjà arpenté cette zone trouble entre documentaire et fiction familiale, la séropositivité comme déflagration intime. Le film aurait sans doute gagné à se montrer plus ramassé, à resserrer certaines scènes qu&rsquo;il prend le temps de répéter plutôt que d&rsquo;approfondir. Dans tout ce qu’il contient de farouchement fictif, le documentaire aurait mérité d’avoir une place plus conséquente, mais le film reste fidèle, jusqu&rsquo;au bout, à ce qu&rsquo;il annonçait dès l&rsquo;ouverture : que filmer sa famille n&rsquo;est jamais un geste innocent.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-6"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:40%"></div></div><div class="score">3</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR:</strong>   Bruno Santamaría Razo<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> mexicaine<br><strong>GENRE </strong>: drame<br><strong>AVEC</strong> : Jade Reyes, Sofía Espinosa, Lázaro Gabino Rodríguez<br><strong>DURÉE : </strong>1h44<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Epicentre films<br><strong>SORTIE LE </strong>18 novembre 2026</pre>
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		<title>Viva : À quel sein se vouer ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Pouteau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 10:16:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un sein écrasé entre les plaques d&#8217;un mammographe, avant même qu&#8217;on ait vu le visage qui va avec : Viva s&#8217;ouvre sur ce geste d&#8217;écrasement, littéral d&#8217;abord, puis bientôt métaphorique, tant le film va décliner cette sensation à toutes les échelles. Le visage, c&#8217;est celui de Nora —&#160; jouée par Aina Clotet elle-même, qui signe ici son premier long-métrage à quarante ans — en rémission d&#8217;un cancer du sein. À la suite de cet examen, sa médecin réclame une ponction. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Un sein écrasé entre les plaques d&rsquo;un mammographe, avant même qu&rsquo;on ait vu le visage qui va avec : <strong>Viva</strong> s&rsquo;ouvre sur ce geste d&rsquo;écrasement, littéral d&rsquo;abord, puis bientôt métaphorique, tant le film va décliner cette sensation à toutes les échelles. Le visage, c&rsquo;est celui de Nora —&nbsp; jouée par Aina Clotet elle-même, qui signe ici son premier long-métrage à quarante ans — en rémission d&rsquo;un cancer du sein. À la suite de cet examen, sa médecin réclame une ponction. Nora ne répondra pas. Tout le film naît de cette esquive initiale, une politique du déni qui, faute de pouvoir s&rsquo;exercer sur la maladie elle-même, va se déplacer sur chaque pan de son existence.</p>



<p>Cet écrasement, chez Clotet, n&rsquo;est jamais seulement médical : il se loge jusque dans le travail de Nora, chercheuse au laboratoire de biologie dirigée par son père, où l&rsquo;on planche sur le rajeunissement cellulaire et la promesse de vivre jusqu&rsquo;à cent vingt ans en bonne santé. Sa mère, psychologue, l&rsquo;écoute professionnellement sans jamais vraiment l&rsquo;entendre. Tout, autour de Nora, théorise la maîtrise du corps et du temps, sans qu&rsquo;aucun de ces savoirs ne sache rien faire de sa peur.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1600" height="669" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/6baaef675e35345c4e60302c1bf779da.jpg" alt="" class="wp-image-52920" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/6baaef675e35345c4e60302c1bf779da.jpg 1600w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/6baaef675e35345c4e60302c1bf779da-300x125.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/6baaef675e35345c4e60302c1bf779da-1024x428.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/6baaef675e35345c4e60302c1bf779da-768x321.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/6baaef675e35345c4e60302c1bf779da-1536x642.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/6baaef675e35345c4e60302c1bf779da-770x322.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/6baaef675e35345c4e60302c1bf779da-1400x585.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/6baaef675e35345c4e60302c1bf779da-1320x552.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Haut et Court</figcaption></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Viva</strong> est un premier long-métrage foisonnant, brouillon, généreux jusqu&rsquo;au débordement, qui change sans cesse de ton, et ce désordre formel finit par épouser celui de Nora elle-même</p>
</blockquote>



<p>C&rsquo;est dans ce climat de sursis que surgit Max, jeune danseur et DJ, cousin de la meilleure amie de Nora, qui ne sait pas plus où il va qu&rsquo;elle ne sait où elle en est. Même si elle s’y refuse, le jeunot l&rsquo;obsède au point de remplacer tous les visages de l&rsquo;amphithéâtre où elle enseigne. Clotet filme cette intrusion fantasmatique avec une franchise qui évite l&rsquo;élégance facile du fantasme romantique : ce qui attire Nora vers Max, ce sont des rapports fiévreux, humides, là où ceux avec Tom sont filmés comme un mouvement qui ne produit rien. Ne plus savoir à quel saint se vouer, c&rsquo;est peut-être cela : ne plus savoir, non plus, à quel homme s&rsquo;abandonner, ni à quelle version de soi-même rester fidèle. Le film matérialise cet écartèlement jusque dans les objets. Dans l&rsquo;ancien appartement de Nora et Max, des attrape-mouches pendent au plafond, et une scène entière s&rsquo;attarde sur ses cheveux qui s&rsquo;y prennent malgré elle. L&rsquo;image dit, mieux qu&rsquo;aucun dialogue, l&rsquo;impossibilité du choix : se dégager d&rsquo;un piège, c&rsquo;est immanquablement se prendre dans l&rsquo;autre.</p>



<p>Avec Max, Nora redevient jeune en redevenant insouciante : fête foraine, barbe à papa, sexe permanent. Mais la mort ne quitte jamais le cadre. Elle est dans le corps mutilé de Nora, dont le film filme la cicatrice sans pudeur ni fétichisme. Elle est aussi dans sa relation à sa grand-mère vivant à l&rsquo;Ehpad, dont la présence douce et lucide contraste avec sa propre fuite en avant : c&rsquo;est elle qui s&rsquo;apprête à mourir, et le lien entre les deux femmes, fait de patience là où tout le reste du film est vitesse, en devient d&rsquo;autant plus émouvant. Des bonnes sœurs glissant le long des murs de l&rsquo;Ehpad, la Faucheuse sur leurs pas, hantent ces scènes en images hallucinées : l&rsquo;épée de Damoclès suspendue depuis l&rsquo;ouverture finit par prendre forme humaine.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="429" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/d5e9f8653db2aa95029ac86ca7483662-1024x429.jpg" alt="" class="wp-image-52921" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/d5e9f8653db2aa95029ac86ca7483662-1024x429.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/d5e9f8653db2aa95029ac86ca7483662-300x126.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/d5e9f8653db2aa95029ac86ca7483662-768x322.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/d5e9f8653db2aa95029ac86ca7483662-1536x643.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/d5e9f8653db2aa95029ac86ca7483662-770x322.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/d5e9f8653db2aa95029ac86ca7483662-1400x586.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/d5e9f8653db2aa95029ac86ca7483662-1320x553.jpg 1320w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/d5e9f8653db2aa95029ac86ca7483662.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Haut et Court</figcaption></figure>
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<p>Cette tension entre vitalisme et angoisse rapproche <strong>Viva</strong> d&rsquo;un certain cinéma de l&rsquo;effondrement intime, à la manière d&rsquo;<strong>Avant l&rsquo;effondrement</strong> d&rsquo;Alice Zeniter, où l&rsquo;urgence individuelle se love dans une urgence plus large, ici climatique, ces sécheresses dessinant en creux une Catalogne au bord de la rupture, comme le corps de Nora.&nbsp;</p>



<p><strong>Viva</strong> est un premier long-métrage foisonnant, brouillon, généreux jusqu&rsquo;au débordement, qui change sans cesse de ton, et ce désordre formel finit par épouser celui de Nora elle-même, qui ne veut, dit-elle, que « <em>vivre sa vie avec passion</em> ». Clotet ne s&rsquo;épargne rien : dans les scènes de sexe, frontales, dénudées, elle filme aussi bien le plaisir avec Max que le corps qui se rétracte avec Tom, jusqu&rsquo;à cette scène de vomissement, presque burlesque, sur le corps de son compagnon. Le corps dit non quand les mots n&rsquo;osent pas, et c&rsquo;est tout le projet du film : faire du dérèglement des sentiments un symptôme aussi lisible que celui de la maladie. Le plan final, Nora allongé, chemisier ouvert, cicatrice du sein retiré offert au soleil, scelle cette logique : non plus écrasé entre deux plaques de métal, mais exposé, vivant.&nbsp;</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATRICE :</strong>  Aina Clotet <br><strong>NATIONALITÉ :</strong> espagnole<br><strong>GENRE </strong>: comédie dramatique<br><strong>AVEC</strong> : Aina Clotet, Marc Soler, Naby Dakhli<br><strong>DURÉE : </strong>1h53<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Haut et Court<br><strong>SORTIE LE </strong>13 janvier 2027</pre>
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