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	<title>Sébastien Lamothe, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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	<title>Sébastien Lamothe, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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		<title>Yellow Letters : un plaidoyer pour la liberté d’expression</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 11:00:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ilker Çatak nous avait déjà séduit avec son précédent long-métrage sur le milieu scolaire et ses dérives dans La Salle des Profs en 2023 sélectionné pour représenter l’Allemagne aux Oscars. Ici, avec Yellow Letters, le réalisateur s’attaque à un sujet plus vaste encore qui est celui de la liberté d’expression et des attaques qui la ciblent à travers le monde sous quelque forme que ce soit. Le film a obtenu l’Ours d’or du meilleur film à la Berlinale 2026. Si [&#8230;]</p>
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<p>Ilker Çatak nous avait déjà séduit avec son précédent long-métrage sur le milieu scolaire et ses dérives dans <strong><a href="https://movierama.fr/la-salle-des-profs-entre-quete-de-verite-et-dilemme-moral">La Salle des Profs</a></strong> en 2023 sélectionné pour représenter l’Allemagne aux Oscars. Ici, avec <strong>Yellow Letters</strong>, le réalisateur s’attaque à un sujet plus vaste encore qui est celui de la liberté d’expression et des attaques qui la ciblent à travers le monde sous quelque forme que ce soit. Le film a obtenu l’Ours d’or du meilleur film à la Berlinale 2026. Si l’action se situe en Turquie, à Ankara et Istanbul, le tournage a eu lieu en Allemagne à Berlin et Hambourg, les sites ayant été précautionneusement choisi pour qu’on ne voie pas la différence, tous les acteurs faisant partie de la diaspora turque. A rappeler que le réalisateur lui-même est allemand et né en Allemagne bien qu’issu de l’immigration. C’est l’histoire d’un couple formé par Aziz et Derya. Le premier est dramaturge en même temps que professeur de théâtre à l’université. Quant à son épouse, célèbre comédienne, elle joue dans ses pièces y figurant le rôle principal. La scène d’ouverture nous les présente tous deux à l’issue d’une représentation théâtrale au Théâtre National de la ville, déjà bien installés dans leur routine.</p>



<p>Celle-ci va être brisée par un évènement inattendu. En effet, Aziz, en même temps que nombre de ses collègues, reçoit une lettre de révocation ainsi qu’une convocation au tribunal pour les propos et la position pacifistes qu’il affiche dans ses publications sur Internet et en général, en pleine période de guerre. Plans d’ensemble récurrents sur des manifestations en pleine rue tenues par des militants pour la paix. Aziz monte sur l’estrade et s’apprête à prendre la parole, un peu déboussolé par ce qui lui arrive. En même temps, sa pièce a quitté l’affiche et Derya, qui a reçu la même lettre, est interdite jusqu’à nouvel ordre de jouer. Dès lors, le couple se voit contraint à vivre une situation difficile. D’autant plus que Derya croit voir au pied de l’immeuble des personnes louches qui pourraient bien être des agents de l’État chargés de les surveiller. Paranoïa ou pas, voilà cependant un élément qui aurait mérité d’être exploité plus à fond et d’intensifier le rythme d’un film plutôt monotone et qui a du mal à démarrer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Le film s’inspire de faits réels&nbsp;: entre 2016 et 2019, environ deux mille artistes turcs ont été suspendus et traduits en justice pour avoir signé une pétition pour la paix.</p>
</blockquote>



<p>En outre, il leur faut s’occuper de leur fille Ezgi. Quelque peu rebelle, pas loin d’avoir ses dix-huit ans, cette dernière ne manque pas d’inquiéter ses parents qui n’en peuvent mais. La petite famille décide alors, faute de moyens de s’installer chez la mère d&rsquo;Aziz à Istanbul qui les accueille à bras ouverts. Et ce dernier de prendre temporairement le métier de chauffeur de taxi pour subvenir aux besoins les plus immédiats tandis qu’il continue d’écrire et de prendre des notes pour une future pièce de théâtre. L’idéal n’est donc pas abandonné de <em>sauver le monde</em> comme il le dit lui-même grâce à son art. Mais la question qui se pose est de savoir s’il pourra déjà au moins sauver son couple. Des disputes naissent en son sein sur des sujets divers, notamment sur la scolarité d’Ezgi. Des tensions apparaissent malgré une complicité manifeste entre eux. L’orgueil et la vanité, comme tous les mauvais instincts, surgissent des profondeurs de leur âme noire. Aziz s’entête dans son rêve idéal d’un théâtre sans compromis avec le pouvoir et libre d’exprimer ses opinions. Tandis que Derya se voit proposer un rôle dans une série télé pour une chaîne qui leur était pourtant opposée.</p>



<p>On voit comment pèse sur les individus un système coercitif et autoritaire, de manière sournoise et particulièrement violente socialement. Aziz accompagne son beau-frère à la mosquée, lui qui semble étranger à cet univers. Il s’agit de montrer patte blanche et de se comporter comme un bon citoyen selon la définition de l’État. Surtout ne pas faire de vagues et laisser ses opinions politiques à la maison. Le film s’inspire de faits réels&nbsp;: entre 2016 et 2019, environ deux mille artistes turcs ont été suspendus et traduits en justice pour avoir signé une pétition pour la paix. Il s’agissait de purges massives dans les milieux universitaires et culturels. Or, on voit ce phénomène s’accentuer jusque dans des pays dits démocratiques comme les États-Unis où les subventions sont distribuées au bon plaisir d’un gouvernement belliciste, raciste et autoritaire. Nous sommes donc tous directement concernés par le sujet et sommés de nous questionner sur ce que nous ferions à la place des personnages. Et la question reste en suspens.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Ilker Çatak<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne, France, Turquie<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Tansu Biçer, Özgü Namal, Leyla Smyrna Cabas<br><strong>DURÉE : </strong>2h08<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Haut et Court<br><strong>SORTIE LE </strong>1er avril 2026</pre>
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		<title>Une jeunesse indienne : un combat sans relâche pour le droit au respect et à la dignité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Mar 2026 22:00:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
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<p>Ce n’est seulement que le troisième long-métrage de son réalisateur, et il a la particularité d’être en partie produit par Martin Scorcese. En outre, il était nommé au Festival de Cannes 2025 dans la catégorie Un Certain Regard. <strong>Une jeunesse indienne</strong> porte un regard imprégné de réalisme sur la société indienne et ne particulier la jeunesse de ce pays dont sont issus les deux personnages principaux du film. Deux jeunes hommes unis par une très forte amitié d’enfance décident de se présenter au concours de la police nationale. Dès leur arrivée en gare pour se rendre sur le lieu de l’examen, il y a foule et le nombre de postes à pourvoir est relativement faible. Mais Shoaib et Chandan se serrent les coudes et finissent par monter dans le train ensemble. C’est leur union qui tout au long du film leur permettra de surmonter les obstacles liés à leur condition qui nous est présentée d’avance comme primordiale. En effet, Shoaib est musulman et souffre – au moins autant que c’est le cas en France – de l’ostracisme du reste de la population. Quant à Chandan, il fait partie des basses castes et malgré la Constitution de 1950 qui affirme l’égalité de tous ses citoyens – et notamment l’article 15 – les intouchables pâtissent d’une discrimination à tous les étages de la société.</p>



<p>Ainsi la mère de Chandan est-elle persécutée dans son nouveau travail par les autres qui lui reprochent son origine et le jeune homme doit-il indiquer sur son formulaire d’entrée à l’université de quelle caste il est issu&nbsp;: droit de surveillance et pouvoir de domination que s’accorde en toute illégalité la société sur ses membres. En effet, le résultat se fait attendre – plus d’une année – et la misère dans laquelle vivent les parents de nos deux jeunes héros les pressent de subvenir aux besoins du foyer. Pourtant ces derniers laissent le choix à Chandan de faire des études malgré leur position. Ce qui n’est pas le cas du père de Shoaib qui se tourmente de voir son fils à son âge encore sans travail. Le travail, c’est celui des chantiers décrit comme une entreprise de fourmis harassante à laquelle œuvrent les plus démunis des indiens, si ce n’est celui des entreprises textiles mécanisées auquel se décide finalement Chandan en attendant le résultat de son concours, mû par un sentiment de culpabilité vis à vis de sa sœur qui, quant à elle, n’a jamais eu le droit de choisir ce qu’elle voulait faire. Le sort des femmes est en effet peu enviable, travaillant comme les hommes jusqu’à s’user le corps et l’âme – les crevasses aux pieds de la mère de Chandan sont autant de plaies qu’une vie dure et sans pitié entraîne &#8211; en plus du foyer dont elles ont la charge.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>C’est une vision réaliste et pessimiste de la société indienne que nous propose le réalisateur, traversée par la misère et le sentiment de rejet vécu par les personnages.</p>
</blockquote>



<p>Shoaib parvient bien à se trouver un travail de commercial et même à se faire remarquer positivement par sa direction, aspirant à une promotion au sein de l’entreprise. Mais il sera vite désabusé, victime de mesures administratives coercitives ainsi que de quolibets et de blagues racistes de la part de ses supérieurs. L’honneur et la dignité à laquelle aspirent les deux garçons est mise à rude épreuve. Qui tendent pourtant à n’être traités qu’en égaux du reste de la population. Le fait qu’ils habitent un village les oblige à utiliser les transports pour se rendre au loin sur le site industriel&nbsp;et à vivre misérablement sur place: on dirait une usine construite au milieu des ruines. Paysage désolé. Quand en outre intervient l’épisode du Covid. L’usine ferme et il s’agit de rentrer au village. Mais le couvre-feu fait loi et les deux amis sont stoppés par la police avant d’être tabassés parce qu’il sont désignés comme musulmans – Chandan, prend un nom à consonance arabe par pure amitié et pour se solidariser du sort de Shoaib.</p>



<p>C’est une vision réaliste et pessimiste de la société indienne que nous propose le réalisateur, traversée par la misère et le sentiment de rejet vécu par les personnages. Les parents n’ont pas même une maison en dur dont ils rêvent pourtant. Et le père de Shoaib devient inapte au travail en raison de son genou abîmé, conséquence d’années passées à travailler comme un forçat. Si ce n’est la misère, c’est donc l’usure qui vous prend. Et si vous avez la chance d’être jeunes, il faut encore faire front aux injustices liées à votre origine sociale ou à votre appartenance religieuse. Chandan sait bien que même s’il réussit son concours, il restera simple policier – et donc respecté, ce à quoi il aspire par dessus tout, lui le maudit de la société – et qu’il ne pourra jamais atteindre le grade d’inspecteur. Ce pourquoi sa petite amie Sudha l’encourage à passer son diplôme universitaire, seule clef d’un changement possible. Mais tout est difficile et demande énormément d’effort aux deux amis liés par leur différence autant que par l’amour qu’ils ressentent l’un pour l’autre.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Neeraj Ghaywan<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Inde, France<br><strong>GENRE </strong>: Drame social<br><strong>AVEC : </strong>Ishaan Khatter, Vishal Jethwa, Janhvi Kapoor<br><strong>DURÉE : </strong>1h59<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Ad Vitam<br><strong>SORTIE LE </strong>25 mars 2026</pre>
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		<title>Les chroniques de Darko &#8211; La danse des renards : l’adolescence dans le combat pour la vie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Mar 2026 00:30:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[NEWS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est le premier long-métrage pour le cinéma de Valéry Carnoy qui avait réalisé deux courts-métrages auparavant – Ma Planète en 2019 et Titan en 2021 &#8211; ayant fait la tournée des festivals. La Danse des renards était nommé dans plusieurs catégories à Cannes – notamment la Caméra d’Or – et a obtenu le Label Europa Cinemas, prix créé en 2003 et remis à un film européen par un jury d’exploitants membres d’Europa Cinemas dans cinq festivals européens dont la Quinzaine [&#8230;]</p>
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<p>C’est le premier long-métrage pour le cinéma de Valéry Carnoy qui avait réalisé deux courts-métrages auparavant – <strong>Ma Planète</strong> en 2019 et <strong>Titan</strong> en 2021 &#8211; ayant fait la tournée des festivals. <strong>La Danse des renards</strong> était nommé dans plusieurs catégories à Cannes – notamment la Caméra d’Or – et a obtenu le Label Europa Cinemas, prix créé en 2003 et remis à un film européen par un jury d’exploitants membres d’Europa Cinemas dans cinq festivals européens dont la Quinzaine des cinéastes au Festival de Cannes, ainsi que le prix de la SACD. Film sur l’adolescence et ses choix primordiaux pour l’avenir mettant en scène de jeunes garçons résidant dans un internat sportif et se&nbsp;consacrant à la boxe. Camille, l’un d’entre eux, est la célébrité du groupe&nbsp;: il semble en effet voué à un avenir prometteur. Plutôt taciturne, il entretient une amitié indéfectible avec Matteo, un autre jeune boxeur de la bande au tempérament rebelle. Ils passent leur temps libre à nourrir et à suivre les renards dans la forêt qui jouxte l’établissement en accrochant de la nourriture aux branches des arbres – <em>l’arbre à viande</em> est leur point de ralliement.</p>



<p>Mais Camille est victime d’un accident, chutant du haut d’une falaise, il est récupéré et emmené à l’hôpital par Matteo. Blessure au bras heureusement sans gravité puisque deux mois plus tard son médecin l’autorise à reprendre son sport. Camille a en point de mire la compétition pour laquelle son coach l’a sélectionné. Mais tout à coup plus rien n’est comme avant et Camille se ressent d’une douleur au bras alors que son kinésithérapeute lui confirme qu’il n’a physiquement aucun traumatisme perceptible à l’examen. Il retient ses coups, est repoussé dans les cordes par son sparring partner et jette l’éponge avant même d’avoir terminé le combat face à un adversaire qui semblait pourtant être à sa portée. Il n’arrive plus à courir comme avant et établit même un faux certificat médical pour échapper à l’entraînement. Il est secoué par des crises d’angoisse en pleine nuit. Son corps défaille. Image intéressante d’un corps fragilisé en lutte avec lui-même et d’un mal psychosomatique qui remet en question le mythe du sportif de haut niveau invincible et faisant fi de la douleur, représenté idéalement par son entraîneur qui va pousser Camille jusque dans ses retranchements.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Car c’est bien en partie d’un récit d’initiation qu’il s’agit et qui doit mener Camille à voir la réalité autour de lui d’une autre manière.</p>
</blockquote>



<p>Le film fait la part belle aux corps virils et musclés des boxeurs qui établissent leur danse – référence à la boxe anglaise et jeu de jambes <em>ad hoc</em> oblige – autour de leur adversaire. Mais en même temps corps d’adolescents en pleine transformation physique et intellectuelle. Car c’est bien en partie d’un récit d’initiation qu’il s’agit et qui doit mener Camille à voir la réalité autour de lui d’une autre manière. De là à tout remettre en question, à commencer par son choix d’avoir élu la boxe comme perspective professionnelle ? Camille sera peu à peu rejeté par les autres, accusé de détruire leurs rêves en ne jouant pas le jeu et soupçonné de simuler son mal. Ce qui va mettre en danger son amitié avec Matteo avec lequel il a pourtant des relations fraternelles très fortes. C’est que la fragilité dans ce monde viriliste de la boxe est mal appréciée – les dialogues portant sur le sujet des femmes sentent quelque peu la misogynie – et Camille devient le bouc émissaire du groupe, celui qui va porter la poisse et vaut donc d’être éliminé sinon physiquement, du moins mentalement.</p>



<p>Samuel Kircher est absolument bluffant, jouant de son habileté corporelle pour les scènes de boxe et parvenant à exprimer à travers son maintien, sa voix et sa gestuelle toute la tension qui peut exister entre la fragilité prédominante de sa personnalité en pleine métamorphose et son caractère fort et déterminé. Une mention spéciale pour lui et son charisme à toute épreuve retenant l’attention du spectateur : on a tellement envie de savoir ce qui va lui arriver. Faycal Anaflous dans le rôle de Matteo n’est pas mal non plus et n’oublions pas le personnage de la jeune fille (Anna Heckel), déterminant pour la mise en place psychologique du personnage et le dévoilement de sa sensibilité. Un film en forme de récit initiatique sur l’adolescence et l’amitié bien vu et exprimé de façon claire et percutante qui en apprend sur le destin que l’on se forge et les aléas de la vie qui s’y opposent parfois et auxquels malheureusement on n’échappe pas.</p>



<p class="has-drop-cap"></p>
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		<title>Ce qu’il reste de nous : un cœur qui bat encore et c’est tout</title>
		<link>https://movierama.fr/ce-quil-reste-de-nous-un-coeur-qui-bat-encore-et-cest-tout/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 00:34:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est le troisième long-métrage pour le cinéma de sa réalisatrice américaine, plus habituée aux séries pour la télévision. Le film porte son regard sur trois générations de Palestiniens en croisant la grande Histoire avec la relation intimiste du quotidien familial. Nous, ce sont les Palestiniens bien sûr. Et l’œuvre retrace plus de soixante-dix ans de guerre entre Israël et la Palestine, ou plutôt soixante-dix ans de tensions, de violences exercées par l’État juif contre les natifs de la terre arabe. [&#8230;]</p>
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<p>C’est le troisième long-métrage pour le cinéma de sa réalisatrice américaine, plus habituée aux séries pour la télévision. Le film porte son regard sur trois générations de Palestiniens en croisant la grande Histoire avec la relation intimiste du quotidien familial. <em>Nous</em>, ce sont les Palestiniens bien sûr. Et l’œuvre retrace plus de soixante-dix ans de guerre entre Israël et la Palestine, ou plutôt soixante-dix ans de tensions, de violences exercées par l’État juif contre les natifs de la terre arabe. Une vieille femme s’adresse à la caméra comme si elle s’adressait directement au spectateur : son but est de nous expliquer comment on en est arrivé là, c’est à dire à la situation initiale du film que nous ne comprendrons qu’après avoir suivi pas à pas le déroulement du film. Et tout commence en 1948, date de la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël. Jaffa est sous les bombes : elle est encore palestinienne. Mais les habitants fuient sous la pression qui s’exerce contre eux, encouragés par leur maire même qui émigre à son tour. Ils sont peu nombreux à décider de rester. Parmi eux, Sharif, qui a pris soin avant toutes choses d’envoyer sa petite famille – sa femme et ses enfants – au loin chez un frère à lui. Il possède une belle villa entourée d’une orangeraie. Mais les Israéliens s’emparent de la ville et la réduit en esclavage.</p>



<p>Le film montre le dur labeur et l’humiliation à laquelle sont en butte les prisonniers palestiniens dépossédés de leurs terres. Dépouillés au sens strict du terme. Ce qui leur a été enlevé : leurs biens, leur patrimoine, leur fierté d’hommes. L’humiliation est un des leviers utilisé à outrance par les soldats israéliens imbus de leur pouvoir arbitraire sur les Arabes et particulièrement sadiques, comme lors de cette séquence où Salim, le père de Noor, est mis à genoux et contraint de s’infliger des insultes par une patrouille censée faire respecter le couvre-feu. Le soldat pointe son arme sur le père devant les yeux de son fils, humiliation suprême. Salim aura bien du mal à retrouver l’autorité de père mise à mal par cet épisode. Humiliations qui se métamorphosent en rage impuissante comme celle de Sharif, devenu grand-père, usé par les années de souffrance qu’il a vécues, qui ne cesse de lancer des insultes à tout va contre les Israéliens, qui ne lâcheront rien tant qu’ils n’auront pas tout pris.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>En effet, s’il reste encore bien une chose aux Palestiniens, c’est leur cœur, ce cœur qui bat encore</p>
</blockquote>



<p>Noor, son petit-fils a une relation privilégiée avec son grand-père qui lui transmet sa colère mais aussi la fierté qu’il lui reste encore et son esprit de résistance. Ce dernier se révèle être un modèle pour lui qui n’entend plus les conseils de son père devenu pour lui un lâche. Famille brisée comme conséquence directe de l’occupation israélienne et de la morgue de ses troupes. Noor rejoint par hasard une manifestation – nous sommes désormais en 1988 &#8211; dans laquelle il voit enfin la possibilité de mettre à l’épreuve son esprit de rébellion. En effet, s’il reste encore bien une chose aux Palestiniens, c’est leur cœur, ce cœur qui bat encore, même si c’est au travers d’une autre personne à laquelle il a été greffé. La nation palestinienne survit à travers son courage et son esprit de résistance mis à mal et contre lequel butte l’ennemi viscéral. Et il semble que ce dernier ne pourra jamais le lui enlever.</p>



<p>Mais Salim ne sait décidément plus à quel saint se vouer entre la fidélité qu’il doit à sa nation et le souci de protéger sa femme et ses enfants de la guerre et de l’occupation. Il est le symbole vivant de la confusion au sein de laquelle vit le peuple palestinien, tiraillé entre une terre qu’il chérit plus que tout et l’absence d’avenir à laquelle les Arabes sont destinés. Reste l’exil. Le film se boucle – nous sommes en 2022 &#8211; comme il avait commencé à Jaffa, cycle qui souligne le retour aux origines du couple formé par Salim et son épouse, Salim dont le parcours avait commencé à Jaffa lorsqu’il était enfant, obligé de quitter le domicile familial menacé par les bombes. Est-ce à dire que l’histoire recommence indéfiniment et qu’il n’existe aucun espoir &#8211; Salim retrouve la maison paternelle en ruines devant laquelle il se fait prendre en photo par sa femme comme un touriste étranger à sa patrie devant un monument historique ? A moins que les Israéliens, par l’effet d’une compassion qu’on n’attend plus, se décident à reconnaître les souffrances endurées par le peuple palestinien et y mettent un terme. Tout est entre les mains du personnage de ce Juif auquel s’adresse la vieille femme – en fait l’épouse de Salim – et qui représente à lui seul l’avenir de la région. Car en définitive il ne reste que ce cœur qui bat.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Cherien Dabis<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne, Chypre, Palestine, Etats-Unis, Jordanie, Emirats Arabes Unis<br><strong>GENRE </strong>: Drame <br><strong>AVEC : </strong>Adam Bakri, Saleh Bakri, Cherien Dabis<br><strong>DURÉE : </strong>2h26<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Nour Films<br><strong>SORTIE LE </strong>11 mars 2026</pre>
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		<title>Ennemis Intimes : la démesure pour modèle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 21:03:50 +0000</pubDate>
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<p>Le documentaire réalisé en 1999 retrace l’aventure cinématographique qui amena le réalisateur Werner Herzog et l’acteur Klaus Kinski à collaborer de 1972 à 1987 pour cinq longs-métrages&nbsp;: <strong><a href="https://movierama.fr/aguirre-la-colere-de-dieu-lennemi-invisible/">Aguirre, la colère de Dieu</a></strong>&nbsp;; <strong>Nosferatu, fantôme de la nuit</strong>&nbsp;; <strong>Woyzeck</strong>&nbsp;; <strong>Fitzcarraldo</strong> et <strong>Cobra Verde</strong>. Aventure humaine tout autant car le film nous parle d’une relation intime entre les deux hommes faite d’amour et de répulsion mêlées. Histoire de folie partagée par deux hommes prêts à tout pour marquer l’histoire du cinéma de leur empreinte, ce qu’ils sont réellement parvenus à faire. Pourtant le pari semblait impossible et c’est aussi cette aspiration à l’extrême que nous conte le récit de cette relation. Le destin paraissait pourtant les réunir dès les années 1950. En effet, en préambule, Werner Herzog se rend dans l’appartement qu’il occupait adolescent – il n’avait que treize ans – avec sa mère à ce moment-là dans une ancienne pension d’Elizabethstrasse à Munich. Or, Klaus Kinski était locataire en même temps que le futur cinéaste de cette résidence qui accueillait les artistes fauchés du temps. Il y raconte les excès &#8211; déjà – de cet acteur à l’époque sans le sou, capable de détruire dans une de ses rages folles &#8211; souvent pour des raisons minimes – une salle de bains entière.</p>



<p>Le film alterne extraits de films, images d’archives et interviews de personnes, d’acteurs ou de membres de l’équipe ayant travaillé avec eux quand Werner Herzog lui-même, ne se met pas en scène face caméra pour monologuer sur sa relation avec l’acteur sulfureux. Dispositif habilement dynamique qui ne permet pas au spectateur de s’ennuyer une minute. La mégalomanie de Klaus Kinski s’inscrit d’emblée dans la ligne du récit&nbsp;: on le voit dès les premières images du film invectivant son public sur une scène de théâtre où il se prend tout simplement pour Jésus – martelant son message évangélique &#8211; dont il a été amené à jouer le rôle pour l’une de ses prestations. Il en vient presque à se battre avec des membres de l’équipe théâtrale qui tentent de le faire taire en s’emparant du micro. La scène se déroule en 1971 lorsque l’acteur décide de tenter une performance scénique dans laquelle il incarne une version furieuse et provocatrice de Jésus-Christ. Image flamboyante d’un démon en rage. Puis le documentaire suit chronologiquement les étapes de son parcours.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Herzog, cinéaste de l’impossible. Un documentaire qui souligne la démesure d’une entreprise gigantesque à la gloire du cinéma.</p>
</blockquote>



<p>Ses accès de rage sont devenus légendaires. Sur le tournage de <strong><a href="https://movierama.fr/aguirre-la-colere-de-dieu-lennemi-invisible/">Aguirre</a></strong>, il se jette sur le groupe d’acteurs jouant les soldats espagnols avec son épée qu’il abat sur le crâne casqué de l’un d’entre eux. Ce dernier en garde encore plus de vingt ans après la trace qu’il montre à la caméra. En fait, Kinski ne supporte pas de ne pas être en permanence le centre d’attention des autres, se trouvant lui-même formidable et phénoménal. Et en tant qu’acteur certes il l’est, crevant littéralement l’écran à lui seul. Mais ses frasques entre les prises mettent à mal le bon déroulement du tournage. Faisant peur et révoltant les Indiens qui jouent en tant qu’acteurs eux aussi dans le film, ces derniers proposent à Herzog de le supprimer ! Kinski est à l’image de ses personnages : obsédé et terrifiant. Il fait régner la peur sur le tournage. Cette image entre cependant en contradiction avec sa façon de se comporter, douce, avenante et pleine d’attention à l’égard des femmes : Claudia Cardinale en témoigne ainsi que Eva Mattes avec laquelle il joue dans <strong>Woyzeck</strong>.</p>



<p>En outre, Kinski était un vrai professionnel, répétant inlassablement ses rôles, sachant repérer dès son entrée en scène si une chose n’allait pas – notamment du point de vue de la photographie – et se se jetant pour ainsi dire à fond dans son personnage. Des images nous le montrent avec Herzog se prenant franchement dans les bras à l’occasion d’un festival de cinéma, plaisantant et riant ensemble. Une vraie amitié semble se dégager entre les deux hommes. Et la folie de l’un n’a d’équivalent que celle de l’autre&nbsp;: Herzog faisant franchir une montagne à son bateau à vapeur de 300 tonnes sans effets spéciaux à l’image, sachant que le tournage fut émaillé d’incidents – deux crashes aériens et une morsure de serpent venimeux au pied d’un technicien qui décidera de l’amputer à l’aide d’une tronçonneuse pour survivre. Herzog, cinéaste de l’impossible. Un documentaire qui souligne la démesure d’une entreprise gigantesque à la gloire du cinéma. Il fallait donc bien un acteur qui soit à l’aune de son réalisateur et ce fut Kinski.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:21%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Documentaire<br><strong>AVEC : </strong>Werner Herzog, Klaus Kinski, Claudia Cardinale<br><strong>DURÉE : </strong>1h35<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>25 février 2026</pre>
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		<title>Leçons de ténèbres : un drame grandiose</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Mar 2026 02:14:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le film est réalisé en 1992 pour la télévision. Il relate les conséquences de la Guerre du Golfe peu après la fin des hostilités &#8211; celle-ci a pris fin en février 1991 – et la fuite de l’armée irakienne du Koweït, ayant pris soin avant son départ d’incendier 732 puits de pétrole afin d’obscurcir le ciel dans l’idée de gêner l’activité aérienne de la Coalition et de nuire à l’économie mondiale : environ vingt millions de tonnes de pétrole furent ainsi [&#8230;]</p>
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<p>Le film est réalisé en 1992 pour la télévision. Il relate les conséquences de la Guerre du Golfe peu après la fin des hostilités &#8211; celle-ci a pris fin en février 1991 – et la fuite de l’armée irakienne du Koweït, ayant pris soin avant son départ d’incendier 732 puits de pétrole afin d’obscurcir le ciel dans l’idée de gêner l’activité aérienne de la Coalition et de nuire à l’économie mondiale : environ vingt millions de tonnes de pétrole furent ainsi déversées dans le sol. C’est ce que nous montre le documentaire. Les plans aériens tournés en hélicoptère se succèdent, en même temps qu’une musique grandiloquente occupe la bande-son soulignant la gravité des images, faisant se dérouler en travelling les immenses étendues désertiques jonchées de véhicules militaires, de wagons et d’édifices étranges à moitié détruits sur lesquels la nature semble avoir repris ses droits, images nous rappelant un peu celles prises pour son autre documentaire <a href="https://movierama.fr/fata-morgana-a-la-recherche-dun-eden-perdu"><strong>Fata Morgana</strong> </a>(1971) en Afrique.</p>



<p>La voix off de Werner Herzog se superpose discrètement aux images, se constatant d’établir le constat : un pays dévasté par la guerre et la folie des hommes. Le film est construit en treize fragments de longueur variable allant de quelques secondes à plusieurs minutes, déployant diverses thématiques liées à l’évènement. Présenté hors compétition au festival de Berlin, il est hué par les spectateurs qui lui reprochent d’esthétiser le malheur alors qu’au contraire il dénonce la dédramatisation de l’horreur qui est à l’œuvre dans les médias télévisés. Et en effet, les plans somptueux qu’il nous propose auxquels s’ajoute une musique ample et majestueuse, rendant aux évènements leur caractère tragique. <em>La première créature que nous rencontrons essaye de nous dire quelque chose</em> : alors qu’il s’agit vraisemblablement d’un pompier l’invitant à se protéger du feu qui menace, le réalisateur fait comme s’il explorait une planète inconnue peuplée d’êtres étranges, réactivant ainsi l’imaginaire d’un spectateur devenu actif et se prêtant au jeu.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Par la majesté des plans, les mouvements somptueux de caméra et la musique grandiose qui accompagne les images, Herzog rend à la catastrophe son caractère tragique en imprégnant durablement les yeux et les oreilles du spectateur.</p>
</blockquote>



<p>Tout comme dans <strong><a href="https://movierama.fr/fata-morgana-a-la-recherche-dun-eden-perdu">Fata Morgana</a></strong>, nous assistons un spectacle de fin du monde qui fascine. Mais nous passons à un témoignage, celui d’une femme koweïtienne qui explique face caméra son bambin dans les bras l’attaque violente qu’elle a subie des soldats irakiens qui ont assassiné son mari et torturé son fils qui depuis, traumatisé, a perdu l’usage de la parole. Les traces de la guerre dans l’esprit des victimes. L’humanité rentre en jeu dans cette partie-là du documentaire. La caméra visite une ancienne chambre de torture où sont encore alignés les instruments destinés à fouailler et à meurtrir les corps. Puis elle nous emmène dans ce que Herzog appelle <em>Le Parc national de Satan</em>, rivières et immense étendue d’un lac de pétrole qui ont dévasté toute végétation sur leur passage. Paysage de désolation où le ciel se reflète sur la nappe d’or noir. La caméra s’élève et dévoile des puits de pétrole en feu, des nuages d’un noir de cendre qui assombrissent telle la nuit la clarté des cieux.</p>



<p>Les pompiers font tout pour éteindre les colonnes de feu qui se dressent démesurément au- dessus d’eux. La caméra s’applique en plan serré à décrire leurs actes, leurs gestes de fourmis au milieu de ce théâtre de géants au milieu duquel ils semblent écrasés. Leurs visages charbonnés apparaissent, sérieux et concentrés, voire même souriants comme pris de la folie du moment. Des bâtons de dynamite à faire exploser pour éteindre un volcan. Des boulons gigantesques qu’on resserre. Des jets puissants d’eau qui convergent pour éteindre le feu. Spectacle dantesque qui met aux prises l’homme avec les forces naturelles. Par la majesté des plans, les mouvements somptueux de caméra et la musique grandiose qui accompagne les images, Herzog rend à la catastrophe son caractère tragique en imprégnant durablement les yeux et les oreilles du spectateur.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-9"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:10%"></div></div><div class="score">4.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Documentaire de guerre<br><strong>AVEC : </strong>Werner Herzog<br><strong>DURÉE : </strong>54'<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>25 février 2026</pre>
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		<title>Échos d’un sombre Empire : une Tragédie africaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Feb 2026 02:03:58 +0000</pubDate>
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<p>Le génie de Werner Herzog est un esprit tout à fait cohérent avec lui-même. Fustigeant l’autorité en tant que telle et d’où qu’elle vienne en la déclinant sous toutes ses formes pour la ridiculiser ou la pointer du doigt, promouvant en parallèle une marginalité souvent associée à un esprit libre et frondeur, il fait dans ce film le récit d’une trajectoire pour le moins singulière, celle de Jean-Bedel Bokassa qui accède au pouvoir le soir du 31 décembre 1965 en tant que président de la République de Centrafrique après un coup d’État fomenté contre son prédécesseur et cousin David Dacko – qui sera aussi son successeur – avant de s’autoproclamer président à vie en 1972 puis Empereur de Centrafrique le 4 décembre 1977. Un sacre qui sera diffusé par les chaînes principales françaises de TF1 et d’Antenne 2 en direct avec tout le faste ridicule qu’on lui a depuis reconnu, imitation grotesque du sacre de Napoléon – pour lequel Bokassa avait une admiration énorme &#8211; qui vaut lui-même une satire du régime autoritaire et sanguinaire de celui que De Gaulle lui-même appelait <em>le Soudard</em>. Car il fut reçu comme nous le montrent les images par les chefs d’État les plus prestigieux du monde comme Valéry Giscard d’Estaing, De Gaulle donc ou encore Nikita Khrouchtchev.</p>



<p>Le film, réalisé en 1990, suit l’enquête menée par le journaliste Michael Goldsmith sur les traces du passé de Bokassa. En effet, il fut le prisonnier – car pris pour un espion – de ce dernier. Il revient d’ailleurs sur les lieux de sa détention devenus un dépotoir aux murs décrépits, pillés de tout ce qu’il y avait à l’intérieur par les habitants du village. Vestiges de l’Empire. Une porte donne sur l’ancienne chambre froide où selon certains dires il maintenait à température idéale le cadavre des hommes qui composaient son menu, allusion aux rumeurs de cannibalisme qui couraient sur lui. Mais le documentaire débute au château d’Hardricourt en France, dernière demeure connue de Bokassa en exil, juste avant qu’il ne retourne en Centrafrique pour y être jugé. Sa dernière épouse – il en eut 17&nbsp;! – raconte&nbsp;; entourée des enfants de l’Empereur – des filles surtout – sur lesquelles, dit-elle, elle n’a aucune autorité. Enfants donc quasiment orphelines de leur père et qui n’ont jamais connu ou très peu leur propre mère.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>L’Histoire semble se répéter et ne rien retirer des leçons du passé. L’actualité est encore là pour nous le démontrer et la Bête n’est pas achevée.</p>
</blockquote>



<p>L’une d’entre elles est vietnamienne et le journaliste la rencontre dans son périple à Paris, issue d’une rencontre entre sa mère et Bokassa, alors qu’il servait l’armée française pendant la guerre d’Indochine. Car ce dernier est le pur produit de la France et de sa politique de colonisation de l’Afrique. Dont les crimes furent protégés pendant de longues années par le pays des Droits de l’Homme. Avant qu’une opération militaire – l’opération Caban &#8211; dirigée par la France ne le fasse tomber et rétablisse la République. C’est alors qu’il est jugé et condamné à mort par contumace en décembre 1980. A son retour en Centrafrique il est de nouveau jugé, mais cette fois-ci il a droit à un avocat et à un procès en bonne et due forme : le film déroule certains extraits du jugement et se tourne vers ce dernier pour l’interviewer. Et même dans cette situation difficile, Bokassa semble sûr de lui-même, souriant presque au réquisitoire de son avocat. Il ne semble pas vraiment comprendre qu’il risque la mort tant il a  confiance en lui-même et en sa grandeur.</p>



<p>Le film ne manque pas de nous rappeler les exactions commises par Bokassa – meurtres nombreux de ses opposants politiques, tortures, atrocités &#8211; il faisait couper les oreilles des voleurs &#8211; , mariages forcés avec certaines de ses femmes qu’il faisait enlever – et le caractère effrayant et à la fois bouffon du personnage. Le constat pourrait d’ailleurs s’appliquer à tous les tyrans sanguinaires de l’Histoire et plus proche de nous à un certain Benito Mussolini que l’ on raillait de la même façon qu’on moquait la mégalomanie du dictateur africain. L’Histoire semble se répéter et ne rien retirer des leçons du passé. L’actualité est encore là pour nous le démontrer et la Bête n’est pas achevée. Dernier regard ironique sur le personnage à l’occasion d’un détour du journaliste par le parc animalier délaissé et en friche : celui d’un singe fumant une cigarette que lui offre le gardien. Comme l’animal mime l’être humain, Bokassa se comporta quant à lui comme un animal politique tyrannique et sanguinaire. Un portrait glaçant et sans concessions sur ce que l’humanité peut produire de pire.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Documentaire historique<br><strong>AVEC : </strong>Michael Goldsmith, Augustine Assemat, David Dacko<br><strong>DURÉE : </strong>1h31<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>25 février 2026</pre>
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		<title>Justa : une histoire de fantômes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Feb 2026 08:00:18 +0000</pubDate>
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<p>La réalisatrice nous avait déjà impressionné par le très beau et puissant long-métrage qu’elle avait produit en 1998, nommé dans la catégorie Un Certain Regard à Cannes, <strong>Les mutants</strong> (titre original&nbsp;: <strong>Os Mutantes</strong>) qui s’attelait à suivre le destin d’adolescents à la dérive au Portugal. Son cinéma semble en effet s’intéresser aux âmes blessées et tourmentées par la vie, aux expériences chaotiques et au parcours semé d’embûches. C’est le cas ici avec le portrait de personnages relevant d’un drame qui précède le début du film. Teresa Villaverde s’est en effet inspiré des incendies meurtriers &#8211; une soixantaine de morts et plus de deux cent blessés &#8211; de 2017 au Portugal et des personnes qui se sont trouvé piégées sur la route, des maisons qui ont brûlé et du paysage dévasté par la catastrophe. C’est en traversant l’étendue de terres ravagées par les flammes qu’elle aura l’idée du film. Et c’est dire que cette nature si mal traitée par les hommes – Justa, la petite fille dans le film, n’indique-t-elle pas qu’on aurait dû s’occuper des arbres – est omniprésente tout le long du film. A l’occasion d’un cadre formé par une fenêtre donnant sur le paysage extérieur à l’intérieur même du cadre de la caméra, ou filmée à travers un point de vue subjectif – celui de la vieille dame aveugle – en inversant la lentille de la caméra fixée sur l’objectif, donnant une impression d’étrangeté comme si la Nature était habitée d’une âme extérieure en proie à la douleur. Une douleur qu’elle partage avec les habitants à la conscience tout aussi ébranlée qu’elle-même a été dévastée par le feu.</p>



<p>Les personnages semblent ne pas en vouloir à la Nature et n’envisagent par ailleurs nullement la possibilité d’aller vivre ailleurs. Là sont leurs souvenirs, là sont leurs morts. La caméra erre ainsi parmi les branches et les feuilles d’arbre au hasard d’une rencontre avec les habitants dont font partie Justa et son père, gravement brûlé par l’incendie et qui en porte d’ailleurs les séquelles. Personnages qui disent leur texte d’une façon détachée à la manière dont on lirait un poème savamment appris, ajoutant à l’impression d’irréalité du film. C’est que l’intention est ici de créer un film-poème autour des conséquences du drame et de la douleur humaine. Au risque de manquer d’incarnation et de se perdre au sein de l’abstrait. Les personnages hantent le film plutôt qu’il ne l’habitent&nbsp;: reflet d’Elsa, la vieille dame, hors-champ dans les eaux du ruisseau qui s’écoule à ses pieds, apparition discontinue et sans suite de l’adolescent jouant au ballon contre le mur du cimetière ou fouillant les eaux du marais. Le village quant à lui n’est jamais filmé comme si les personnages se déplaçaient à travers un espace déshumanisé, réduit à l’intérieur confiné des maisons. Seul le cimetière, lieu de mort par excellence, fait exception à la règle. On y vient déposer des fleurs sur les tombes ou retrouver le fantôme des disparus.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>C’est que l’intention est ici de créer un film-poème autour des conséquences du drame et de la douleur humaine. Au risque de manquer d’incarnation et de se perdre au sein de l’abstrait.</p>
</blockquote>



<p>C’est que les survivants du drame sont eux-mêmes hantés par son souvenir, et par là même celui des personnes qu’ils y ont perdues – Elsa, devenue aveugle suite à l’incendie, se remémore les circonstances, retrace les évènements dans sa tête inlassablement tels qu’il se sont déroulés le jour de l’incendie où elle a perdu son mari. Privée de repère visuels, elle se perd dans les bois comme elle se perd dans son souvenir. L’adolescent a aménagé sa maison comme un mémorial destiné à maintenir une vie artificielle de famille et semble ne pas se résoudre à la perte des êtres qui lui sont chers. Justa quant à elle, refuse obstinément l’assistance du médecin en charge de la suivre sur le plan psychologique et inverse le rapport en questionnant et analysant cette dernière comme le ferait justement un psychologue. Elle impressionne par son sang froid et son sens des responsabilités – elle doit s’occuper de son père et le rejoint régulièrement à ses séances de physiothérapie – en petite fille qui a grandi trop vite.</p>



<p>Les personnages sont déchirés entre leur refus d’être stigmatisés – sentiment de dignité, refus de Mariano d’être privé de son emploi à cause de son handicap, prêt à aller jusqu’au procès malgré l’offre qu’on lui fait d’une somme d’argent importante – et leur besoin de reconnaissance, voire d’amour tout court. Le hasard des rencontres fait que chacun d’entre eux trouve à travers l’autre une famille de substitut – il le faut bien quand sa propre famille, comme celle d’Elsa, vous rejette : la vieille femme en l’adolescent qui vient la sauver et réciproquement, Justa en la psychiatre qui fait office de mère pour elle avec la fragilité que la relation comporte. Justa sait que cette dernière devra retourner un jour chez elle une fois son travail accompli. Mais il semble exclu, ou du moins difficile, en tous cas que les survivants retrouvent un jour le monde dit « normal ». Double sanction après celle du drame qu’ils ont vécu. C’est tout le drame de la reconstruction personnelle qui nous est donné à voir à travers le film. Un désir louable de suivre ces personnages fracassés par l’existence mais un film parfois décousu et qui manque peut-être singulièrement de chair pour donner vie à tout cela.  L’enfer est pavé de bonnes intentions.</p>



<p></p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Teresa Villaverde<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Portugal, France<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Betty Faria, Madalena Cunha, Alexandre Batista<br><strong>DURÉE : </strong>1h48<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Epicentre Films<br><strong>SORTIE LE </strong>25 février 2026</pre>
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		<title>La Ballade de Bruno : L’enfer américain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Feb 2026 05:00:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans ce film réalisé en 1977, Werner Herzog nous dresse encore une fois le portrait d’un de ces marginaux dont il a le secret. Et c’est l’acteur Bruno S. qui joue le personnage principal comme il avait endossé le rôle titre de L’Énigme de Kaspar Hauser trois ans plus tôt. Bruno Stroszek est un immigré hongrois qui sort de la prison de Berlin après avoir purgé sa peine. Le greffe récapitule la liste de ses affaires qu’il récupère dont un [&#8230;]</p>
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<p>Dans ce film réalisé en 1977, Werner Herzog nous dresse encore une fois le portrait d’un de ces marginaux dont il a le secret. Et c’est l’acteur Bruno S. qui joue le personnage principal comme il avait endossé le rôle titre de <strong><a href="https://movierama.fr/lenigme-de-kaspar-hauser-portrait-dun-esprit-libre/">L’Énigme de Kaspar Hauser</a></strong> trois ans plus tôt. Bruno Stroszek est un immigré hongrois qui sort de la prison de Berlin après avoir purgé sa peine. Le greffe récapitule la liste de ses affaires qu’il récupère dont un cornet à piston. Il est alcoolique et le directeur de la prison le sermonne à ce sujet. Il jure de s’amender mais ne peut s’empêcher de commander une bière au premier bar venu. Décidément, il semble ne pas faire preuve d’une très grande volonté. Il y fait la rencontre d’une prostituée prénommée Eva à qui il propose de venir dormir chez lui. Heureusement, son voisin lui a gardé son appartement pendant la durée de son incarcération. Il joue dans les cours d’immeuble pour se faire quelque argent : de l’accordéon et du xylophone. Il pianote chez lui pendant qu’Eva lui fait du café. Et le couple improbable d’entretenir le quotidien.</p>



<p>Mais Eva est poursuivie par ses proxénètes qui la battent et la torturent. Sachant qu’elle habite chez Bruno, ce dernier fait les frais de l’irruption des escrocs dans son foyer qui le ridiculisent et cassent tout chez lui. La situation est intenable. Jusqu’à ce que son voisin lui parle d’un neveu à lui qui vit dans le Wisconsin. Pourvus d’un maigre pécule – dont une partie de l’argent gagné par Eva à faire ses passes dans le quartier turc de la ville – ils décident tous les trois de faire le grand saut pour l’Amérique. Ellipse. Les voilà arrivés à New-York : plans en forme de carte postale de la cité vue en plongée du haut des gratte-ciel. Noyés au sein de la Grosse Pomme. Ils achètent une voiture d’occasion. Puis c’est la route à travers les vastes espaces américains – là aussi, détour par l’un des thèmes traditionnels de la culture étatsunienne, et clichés soulignés par une musique typiquement américaine – country et folk. C’est le Paradis promis aux immigrés qui semble s’offrir à eux. La suite n’en sera que plus sombre comparativement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Mais de complot il n’y a que le scénario du film qui voue ses personnages à la déchéance tandis qu’il dénonce en filigrane le miroir aux alouettes que constitue le rêve américain.</p>
</blockquote>



<p>Bruno est engagé comme mécano par le neveu tandis qu’Eva trouve un boulot de serveuse dans un resto routier. Ils achètent une maison préfabriquée et s’installent ensemble, tel un couple heureux à qui tout réussit. Mais Bruno pensait s’enrichir en émigrant aux États-Unis : apparemment, il semblait croire au rêve américain qu’on lui avait vendu. Au lieu de cela, il trime comme un forcené et Eva de son côté commence à se lasser de cette vie de patachon. Elle décide de faire chambre à part et le couple semble commencer à se déliter. Sur ces entrefaites, un employé de la banque vient leur réclamer les traites impayées de leur emprunt sur l’appartement. Impossible de faire face. En outre, ce dernier utilise le fait que Bruno ne comprenne pas l’anglais pour lui faire signer des documents en sa défaveur. Eva, quant à elle, ne peut s’empêcher de reprendre sa routine de prostituée avec les clients routiers du restaurant où elle travaille. Scènes crues qui soulignent l’humiliation à laquelle est voué le personnage principal. Comme il le dit lui-même, il n’a échappé à la violence physique dont il souffrait à Berlin que pour retrouver une violence d’autant plus intense qu’elle est sourde et avance à pas feutrés en présentant un visage souriant – et portant une cravate.</p>



<p>La suite n’est qu’une destruction à marche forcée de toutes les illusions de Bruno qui s’enfonce peu à peu dans la folie, associé à son voisin qui dénonce un complot contre eux. Mais de complot il n’y a que le scénario du film qui voue ses personnages à la déchéance tandis qu’il dénonce en filigrane le miroir aux alouettes que constitue le rêve américain. Le film s’achève dans le non-sens le plus total qui souligne l’absurdité même du destin de son anti-héros. Passage d’un état de misère à un autre. Le tout ponctué des rires gras et obscènes du neveu et de son acolyte indien ou des routiers qui tendent à humilier Bruno. Une leçon implacable de mise en scène où les éléments s’enchaînent selon la logique du <em>fatum </em>à laquelle sont soumis les personnages du film. Et c’est encore une fois l’innocence qui est bafouée. Le cinéaste nous offre là le portrait d’un homme à l’existence bien sombre. Un constat noir et tragique sur la vie dans notre société.</p>



<p></p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Bruno S., Eva Mattes, Clemens Scheitz<br><strong>DURÉE : </strong>1h55<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>25 février 2026</pre>
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		<title>L’Enigme de Kaspar Hauser : portrait d’un esprit libre</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Feb 2026 01:28:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce film vient juste après Aguirre, la colère de Dieu (1972) dans la filmographie de Werner Herzog. Réalisé en 1974, il prend le contre-pied de son film précédent en mettant en scène comme personnage principal un « simple d’esprit » &#8211; au sens noble du terme – après avoir dressé le portrait d’un fou tyrannique joué par Klaus Kinski. Le film en compétition à Cannes en 1975 se voit décerner le Grand Prix du jury, le Prix FIPRESCI (prix de la presse) [&#8230;]</p>
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<p>Ce film vient juste après <strong><a href="https://movierama.fr/aguirre-la-colere-de-dieu-lennemi-invisible/">Aguirre, la colère de Dieu</a></strong> (1972) dans la filmographie de Werner Herzog. Réalisé en 1974, il prend le contre-pied de son film précédent en mettant en scène comme personnage principal un « simple d’esprit » &#8211; au sens noble du terme – après avoir dressé le portrait d’un fou tyrannique joué par Klaus Kinski. Le film en compétition à Cannes en 1975 se voit décerner le Grand Prix du jury, le Prix FIPRESCI (prix de la presse) et le Prix du jury Œcuménique – deuxième édition de ce prix dont le jury est composé de chrétiens issus du monde du cinéma fait pour récompenser les films de qualité artistique au service d’un message sans pour autant que ce soient des films religieux, certains étant même issus d’autres cultures que la civilisation chrétienne. En effet, l’innocence du personnage et le caractère humaniste du film transmettent un message bienveillant à l’endroit de marginaux tels que Kaspar Hauser. On peut remarquer que Werner Herzog entretient d’ailleurs une certaine sympathie pour les personnages en marge de la société ou qui se rebellent contre elle.</p>



<p>Le film reprend l’histoire vraie de Kaspar Hauser, adolescent d’origine inconnue, qui apparaît le 26 mai 1828 aux habitants de Nuremberg venant d’une rue titubant, gesticulant et grognant de façon incompréhensible, tenant en sa main une lettre destinée au commandant en chef du 4ème escadron du 6ème régiment de chevau-légers, indiquant que son père aurait appartenu à ce régiment ainsi que sa date de naissance – le 30 avril 1812. On l’emmène devant le capitaine en question et un examen a lieu au cours duquel on se rend compte que le garçon ne parle pas, se tient à peine debout et recrache ce qu’on lui donne à manger. Il ne sait écrire que son nom. Il est ainsi d’emblée le sujet d’une curiosité bien naturelle de la part des habitants. Un prologue nous le montre en effet enfermé enchaîné dans un cachot au pain et à l’eau, un homme seul venant le visiter avant de lui apprendre les rudiments de la marche puis de l’abandonner en pleine ville. D’abord enfermé dans une tour, il est ensuite recueilli par un employé du capitaine qui le prend chez lui. La famille de ce dernier, gens simples, se montrent bienveillants avec lui. Mais il est hébergé et nourri aux frais de la ville qui s’inquiète de ses finances.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Kaspar est en fait un trouble-fête, sans le savoir – ou le vouloir &#8211; et s’érige de plus en plus en libre penseur.</p>
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<p>Il est alors confié à un forain qui monte un petit spectacle à destination des citadins afin de leur présenter ce qu’il considère comme des merveilles de la nature humaine ou animale. Kaspar Hauser prend ainsi place au milieu d’un ours acrobate, d’un cracheur de feu ou d’un joueur indien de flûte, sans parler d’un roi nain – joué par Helmut Döring qui faisait déjà l’acteur dans <strong><a href="https://movierama.fr/les-nains-aussi-ont-commence-petits-un-vent-de-revolte-souffle/">Les nains aussi ont commencé petits</a></strong> &#8211; où il fait figure de monstre de foire. Dénonciation de l’exploitation de l’homme par l’homme et du caractère voyeuriste du public qui est faite ici par le cinéaste. Mais Kaspar s’enfuit et est recueilli par un philanthrope bourgeois qui le prend sous son aile et le fait loger chez lui. Dès lors, il fait d’énormes progrès, apprend à lire et à écrire &#8211; il entame même une autobiographie – et à parler, donc aussi surtout à raisonner. Il fait ainsi figure de « bon sauvage » à qui l’on aurait appris les rudiments de la vie civilisée et entraîne la curiosité de tout un tas de personnes qui s’entichent de lui. Cependant, la nature humaine que Kaspar dévoile à cette occasion se révèle contraire aux mœurs policées et évangéliques de la société.</p>



<p>Kaspar est en fait un trouble-fête, sans le savoir – ou le vouloir &#8211; et s’érige de plus en plus en libre penseur. Aux ecclésiastiques qui cherchent à le convertir il répond avec la simplicité de la raison qui le caractérise qu’il ne peut <em>croire en un Dieu qui aurait tout fait à partir de rien.</em> Du philosophe qui tente de lui inculquer les principes de la logique il bat en brèche son dogmatisme. Quant au lord anglais qui a l’ambition d’en faire son protégé, il se fait ridiculiser par Kaspar qui fuit la soirée mondaine qui lui est pourtant en partie consacrée, ce dernier étouffant au milieu des gens de la bonne société curieux de découvrir le phénomène. C’est que cette fois-ci, Kaspar refuse d’être exploité par ce gentilhomme vaniteux qui n’a d’autre désir que de se faire valoir au détriment du malheureux. Jusqu’au bout, il est l’objet d’une attention extrême, du désir des autres de scruter ses moindres gestes, paroles et jusqu’à son âme. A tel point que même mort, son cadavre éveille la curiosité du médecin légiste et de ses assistants qui pointent une anomalie de son cerveau&nbsp;: il eût été trop simple qu’il fût taillé sur le modèle des autres. Là point l’ironie de Werner Herzog. Mais jusqu’au bout, Kaspar est et restera un mystère à l’origine inconnue pour une société qui ne le comprend pas.</p>



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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Bruno S., Walter Ladengast, Brigitte Mira<br><strong>DURÉE : </strong>1h50<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>25 février 2026</pre>
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