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	<title>Alexandre Coudray, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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	<description>Nouvelles Images, Nouvelle Critique</description>
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	<title>Alexandre Coudray, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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		<title>Basic Instinct : Le Diable au corps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Coudray]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Jun 2021 22:00:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La scène est culte : interrogée par la police qui la suspecte d’avoir assassiné son amant, Catherine Tramell décroise les jambes avant de les recroiser, dévoilant allègrement le fait qu’elle ne porte pas de culotte. Visages nerveux des policiers qui ne savent plus où se mettre. Ils sont pourtant à leur place et elle ne l’est pas. Mais Catherine Tramell semble à l’aise partout et dans toutes les tenues. Femme à la sensualité étouffante, cette romancière manipulatrice, froide et bisexuelle, [&#8230;]</p>
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<p>La scène est culte : interrogée par la police qui la suspecte d’avoir assassiné son amant, Catherine Tramell décroise les jambes avant de les recroiser, dévoilant allègrement le fait qu’elle ne porte pas de culotte. Visages nerveux des policiers qui ne savent plus où se mettre. Ils sont pourtant à leur place et elle ne l’est pas. Mais Catherine Tramell semble à l’aise partout et dans toutes les tenues. Femme à la sensualité étouffante, cette romancière manipulatrice, froide et bisexuelle, ne bronche même pas quand elle passe le détecteur de mensonges. En même temps, elle le dit bien, il faudrait être sacrément stupide pour assassiner quelqu’un de la même manière qu’elle le décrit dans son roman&nbsp;: avec un pic à glace durant l’acte sexuel. Et stupide, Catherine ne l’est pas. Nick Curran, inspecteur de police de San Francisco est lui aussi loin d’être bête. Policier au lourd passé (une fusillade ayant causé la mort de touristes alors qu’il était sous cocaïne) avec une certaine attirance pour le danger, il sait bien que les résultats du détecteur de mensonges ne prouvent rien&nbsp;: il est lui-même passé au travers. Alors, au péril de sa carrière, Nick suit la piste Tramell pour ne plus la lâcher, quitte à tomber dans les bras et dans les draps de la vénéneuse romancière…</p>



<p>Dans la filmographie de Paul Verhoeven, Basic Instinct est un film important. Important parce que le cinéaste accède avec ce film à un statut privilégié à Hollywood. Après&nbsp;<em>Total Recall</em>, il réalise avec&nbsp;<em>Basic Instinct</em>&nbsp;l’un des cartons du box-office de l’année 1992 avec 352 millions de dollars de recette mondiale. Au passage, il offre également à Sharon Stone le statut de sex-symbol, marquant les esprits des cinéphiles du monde entier. Accédant à la célébrité après quelques petits rôles (dont un dans&nbsp;<em>Total Recall</em>), Sharon Stone livre l’une de ses meilleures prestations (l’autre étant son rôle de Ginger dans&nbsp;<em>Casino</em>) dans le rôle de Catherine Tramell. Ce n’était pourtant pas à elle que l’on avait pensé en premier mais la complexité du rôle et sa crudité (les scènes de sexe sont nombreuses et largement montrées) en ont fait fuir plus d’une (dont Kim Basinger et Michelle Pfeiffer).</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p> Puzzle habile et mystérieux,&nbsp;<em>Basic Instinct</em>&nbsp;représente non seulement la quintessence du style Eszterhas (qui fit des thrillers sulfureux son fond de commerce de manière souvent habile) mais permet aussi à Verhoeven de dévoiler l’efficacité de sa mise en scène sans en faire trop, épousant parfaitement un sujet taillé pour lui en offrant au passage l’écrin parfait à la sensualité de Sharon Stone et au talent monstre de Michael Douglas.  </p></blockquote>



<p>Aujourd’hui, on imagine difficilement le film sans Stone tant sa présence a imbibé l’écran de sensualité et d’érotisme. Impossible de sortir indemne du film, impossible de ne pas être fasciné par ce personnage vénéneux dont on ne sait pas si on voudrait tomber dans ses griffes ou les éviter à tout prix. Si Sharon Stone immortalise le rôle, Verhoeven a volontiers confié qu’il a du redoubler d’attention pour obtenir le meilleur de son actrice. Lors de son passage à Paris en février dernier pour une Master-Class à la Cinémathèque, il racontait à quel point les prises se multipliaient pour les scènes de Stone et il saluait le travail du monteur Frank J. Urioste&nbsp;qui a réussi à tirer le meilleur d’une multitude de prises différentes. Une telle attention portée à Stone rendit même un peu jaloux Michael Douglas sur lequel Verhoeven ne s’attardait pas plus de trois ou quatre prises. Et pour cause déclare Verhoeven&nbsp;: ‘’Michael était rapidement bon, je lui ai dit qu’on pouvait faire plus de prises s’il le voulait mais que ça ne servait à rien puisqu’il était bon tout de suite’’. En effet, il serait largement injuste de louer l’hypnotisante prestation de Stone sans parler de celle de Douglas. Impeccable quand il joue les personnages au bord de l’abysse, il campe un Nick Curran de plus en plus nerveux, toujours prêt à craquer. Son personnage est celui d’un flic rongé par les démons et qui n’a besoin que d’une seule petite poussée pour sombrer dans la paranoïa et la violence. C’est un homme qui aime le danger et qui est prêt à coucher avec la principale suspecte de son affaire sans préservatif&nbsp;! A l’époque où le SIDA fait des ravages, Verhoeven et son scénariste osent la provocation jusqu’au bout&nbsp;et ce jusque dans les dialogues, incisifs de bout en bout.</p>



<p>Car avant d’être un film de Paul Verhoeven, il faut souligner que&nbsp;<em>Basic Instinct</em>&nbsp;est un scénario écrit par Joe Eszterhas. Un scénario vendu pour 3 millions de dollars lors d’une guerre aux enchères à Hollywood qui fit des émules. Une première pour un scénario&nbsp;! Scénariste de&nbsp;<em>Flashdance</em>,&nbsp;<em>Music Box</em>&nbsp;ou&nbsp;<em>A double tranchant</em>, Eszterhas est un type qui n’a pas la langue dans sa poche et qui n’hésite pas à claquer la porte du tournage quand Verhoeven et lui ne peuvent s’entendre sur certaines modifications. Il faut dire que le film est soumis à certaines pressions, notamment de certaines ligues LGBT qui déplorent que Tramell, froide, manipulatrice et bisexuelle, donne une mauvaise image d’une partie de leur communauté. Verhoeven, fidèle à son habitude, n’en tient guère rigueur et filme comme si de rien n’était. Le scénario écrit par Eszterhas (plus tard scénariste de&nbsp;<em>Showgirls</em>, le bide total de Verhoeven) est un thriller sulfureux à la mécanique parfaitement huilée, aux personnages troublants et aux scènes marquantes, mélangeant sexe et mort.</p>



<p>Eros et Thanatos étant un mélange parfait pour Verhoeven (il n’en est pas à son premier film dépeignant une femme vénéneuse et mante-religieuse, en témoigne l’excellent et trop méconnu&nbsp;<em>Quatrième Homme</em>), le réalisateur embrase la matière initiale. Non content d’avoir un couple vedette à l’alchimie saisissante (reconnaissons à Michael Douglas qu’il n’a jamais eu peur du risque, s’acoquinant avec Glenn Close dans&nbsp;<em>Liaison Fatale</em>, Demi Moore dans&nbsp;<em>Harcèlement</em>&nbsp;ou Sharon Stone dans ce film), il entoure ces deux acteurs d’un casting d’impeccables seconds rôles (dans le genre beauté troublante, Jeanne Tripplehorn, au début de sa carrière, ne démérite pas) et mène son thriller d’une main de maître. On reconnaît d’ailleurs ici parfaitement le goût du réalisateur pour Hitchcock&nbsp;et plus particulièrement&nbsp;<em>Sueurs Froides</em>&nbsp;: l’intrigue se passe à San Francisco, Sharon Stone affiche la même blondeur de Kim Novak et la partition entêtante de Jerry Goldsmith a quelques allures rappelant Bernard Herrmann. En instituant un jeu de manipulation mais aussi de double (Nick allumant sa cigarette comme Catherine lorsqu’il est à son tour interrogé au cours de l’affaire, la relation trouble liant Catherine et Elisabeth mais aussi celle liant Nick à Catherine et à Elisabeth), Verhoeven s’amuse comme un petit fou à distiller dans son film certaines pièces du puzzle. Il filme les miroirs pour insister sur la dualité, multiplie les travellings, soigne chacun de ses cadres et s’attarde particulièrement sur les scènes de sexe au suspense insoutenable. Baigné dans l’impeccable photographie de Jan de Bont,&nbsp;<em>Basic Instinct</em>&nbsp;est le thriller érotique par excellence, lançant alors une certaine mode à Hollywood (<em>Sliver</em>&nbsp;avec Sharon Stone et écrit par Eszterhas mais aussi&nbsp;<em>Jade</em>&nbsp;réalisé par Friedkin et également écrit par Eszterhas).</p>



<p>Au-delà de l’aspect sulfureux du film (qui en choqua plus d’un dont votre serviteur lorsqu’il le découvrit à la télévision en même temps que sa mère),&nbsp;<em>Basic Instinct</em>&nbsp;est un thriller diablement ficelé qui n’a de cesse de fasciner. Impossible de se défaire de l’image provocatrice de Catherine Tramell cassant de la glace avec un pic à glace devant Nick Curran alors qu’elle est suspectée du meurtre de son amant, impossible d’oublier ce fameux interrogatoire et cette fameuse interdiction de fumer (parodiée dans&nbsp;<em>La Cité de la peur</em>) et surtout impossible de ne pas rester troublé devant cette fin volontairement ouverte. Puzzle habile et mystérieux,&nbsp;<em>Basic Instinct</em>&nbsp;représente non seulement la quintessence du style Eszterhas (qui fit des thrillers sulfureux son fond de commerce de manière souvent habile) mais permet aussi à Verhoeven de dévoiler l’efficacité de sa mise en scène sans en faire trop, épousant parfaitement un sujet taillé pour lui en offrant au passage l’écrin parfait à la sensualité de Sharon Stone et au talent monstre de Michael Douglas. Dans le genre, on n’a jamais vu mieux. Alors forcément, on finit par revenir régulièrement vers Catherine Tramell, tentant de percer son mystère sans jamais savoir ce qui se trame dans sa tête. Reste son corps, qui n’a désormais plus de mystères pour nous (et on ne va pas s’en plaindre).</p>



<p></p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Paul Verhoven
<strong>NATIONALITÉ : </strong>américaine
<strong>AVEC : </strong>Sharon Stone, Michael Douglas, Jeanne Tripplehorn 
<strong>GENRE : </strong>Thriller érotique 
<strong>DURÉE : </strong>2h10 
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Studio Canal (1ère sortie), Carlotta (reprise) 
<strong>SORTIE LE </strong>8 mai 1992, reprise le 16 juin 2021 </pre>
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		<title>Dix pour Cent : l&#8217;agence s&#8217;amuse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Coudray]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 14:40:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il faut bien se l&#8217;avouer, pour ce qui est des séries télévisées, les américains et les anglais auront toujours notre préférence. A part quelques exceptions notables, nées de l&#8217;imagination d&#8217;Alexandre Astier (Kaamelott, si chère à notre cœur) et des créations originales Canal +, la série française a globalement tiré la tronche, se contentant de pâles copies de séries policières ou de feuilletons pour retraités. L&#8217;arrivée de&#160;Dix pour cent&#160;sur France 2, annoncée depuis un moment, avait de quoi donner envie. On [&#8230;]</p>
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<p>Il faut bien se l&rsquo;avouer, pour ce qui est des séries télévisées, les américains et les anglais auront toujours notre préférence. A part quelques exceptions notables, nées de l&rsquo;imagination d&rsquo;Alexandre Astier (<em><strong>Kaamelott</strong></em>, si chère à notre cœur) et des créations originales Canal +, la série française a globalement tiré la tronche, se contentant de pâles copies de séries policières ou de feuilletons pour retraités. L&rsquo;arrivée de&nbsp;<em><strong>Dix pour cent</strong></em>&nbsp;sur France 2, annoncée depuis un moment, avait de quoi donner envie. On espérait une plongée dans le monde du cinéma et des agents de stars (le titre de la série faisant référence au pourcentage que prennent les agents sur les salaires des stars qu&rsquo;ils représentent) drôle, croustillante et énergique. Nous voilà gâtés.</p>



<p>Il faut dire que le principe de la série est irrésistible, provenant d&rsquo;une idée originale de Dominique Besnehard, Michel Vereecken et Julien Messemackers. Besnehard, ayant été lui-même agent pendant des années, a pu gaver Fanny Herrero, la créatrice et  »showrunner » de la série, d&rsquo;anecdotes croustillantes permettant de donner corps à cette première saison de&nbsp;<em><strong>Dix pour cent</strong></em>. Les rivalités, les problèmes d&rsquo;argent, les débats sur l&rsquo;âge d&rsquo;une actrice ayant passé 40 ans, les histoires d&rsquo;ego, les conflits, les doutes, les caprices, autant de choses auxquelles les agents sont confrontés, devant alors redoubler d&rsquo;inventivité et de roublardise pour chouchouter leurs stars, assurer leur cachet, mener à bien leur carrière et assurer la réputation de leur agence. A travers ces six épisodes, la série nous donne un bel aperçu du métier d&rsquo;agent, de ses difficultés, de ses variantes et de ses avantages. Pour mieux appuyer son propos,&nbsp;<em><strong>Dix pour cent</strong></em>&nbsp;convoque alors un joli petit casting de guests, chaque épisode étant centré sur un ou deux acteurs et ses soucis, donnant alors l&rsquo;une des trames de l&rsquo;épisode. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on pourra croiser Cécile de France, François Berléand, Audrey Fleurot, Julie Gayet ou encore Joey Starr et Line Renaud, chacun interprétant son propre rôle avec un sens de l&rsquo;auto-dérision assez savoureux. La prestation de ces invités de marque est d&rsquo;autant plus à saluer que de nombreux acteurs ont été frileux à l&rsquo;idée de s&#8217;embarquer pour le projet, Dominique Besnehard soulignant la peur des comédiens français de jouer avec leur image publique. Nul doute que la vision de la première saison suffira à dissiper des doutes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>D&rsquo;une richesse scénaristique incroyable, allant de ses personnages attachants à ses anecdotes croustillantes,&nbsp;<em>Dix pour cent</em>&nbsp;est l&rsquo;excellente surprise de cette année 2015, une série comme on les aime et dont on espère déjà en découvrir la suite.</strong></p></blockquote>



<p>Car&nbsp;<em><strong>Dix pour cent</strong></em>&nbsp;ne repose pas seulement sur un amoncellement d&rsquo;anecdotes sentant l&rsquo;histoire vraie à plein nez (l&rsquo;agent accompagnant son actrice au service des impôts, vécu par Besnehard avec Béatrice Dalle, les assistants d&rsquo;agents écrivant des critiques spectateurs sur Allociné pour augmenter les notes d&rsquo;un film), elle prend aussi le temps de reposer sur des personnages attachants qui sont tous très bien écrits, ne passant jamais au détriment d&rsquo;un gag ou d&rsquo;une scène. Non, ce qui compte dans la série, ce sont les personnages. Et ils sont variés, eux aussi également interprétés par de solides acteurs. On pourra ainsi retrouver Camille Cottin, la&nbsp;<em><strong>Connasse</strong></em>&nbsp;de Canal +, dévoilant une palette de jeu nuancée dans la peau d&rsquo;Andréa, lesbienne cassante mais travaillant exclusivement sur des projets auxquels elle croit. A ses côtés, Thibault de Montalembert impose un charisme saisissant dans la peau de Mathias, le type froid un peu salaud mais pas tant que ça tandis que la galerie de seconds rôles se voit sans cesse étoffée, de la nouvelle assistante débarquant en ville à la vieille matriarche aux paroles de sages ( »Quand ça ne va pas, il y aura toujours le cinéma », phrase tellement vraie pour nous autres cinéphiles) flanquée de son chien appelé Jean Gabin.</p>



<p>Tout dans la série est une véritable réussite. Des intrigues amoureuses aux intrigues familiales (la nouvelle venue Camille n&rsquo;est autre que la fille cachée de Mathias) en passant par les problèmes professionnels (l&rsquo;agence soumise à un contrôle fiscal et menacée d&rsquo;un rachat depuis la mort brutale de son patron),&nbsp;<em><strong>Dix pour cent</strong></em>&nbsp;adopte un aspect ne reniant pas les meilleurs soaps pour se transformer en une série touchante, finalement très humaine, brossant des portraits riches et complexes tout en dépeignant avec un certain amour un milieu qui a ses règles bien précises. Impossible de rester de marbre devant la richesse scénaristique d&rsquo;une saison jamais avare en dialogues croustillants ( »les concours de zizi, quand ce n&rsquo;est pas dans mon lit, ça ne m&rsquo;intéresse pas ») et qui ne s&rsquo;avère jamais artificielle, tapant toujours juste dans l&rsquo;humour et l&rsquo;émotion. Au final, le plus grand défaut de&nbsp;<em><strong>Dix pour cent</strong></em>, c&rsquo;est sa durée. On aurait bien visionné le double d&rsquo;épisodes pour rester un peu plus longtemps avec cette bande de personnages que l&rsquo;on a déjà l&rsquo;impression de si bien connaître, un peu comme des bons potes que l&rsquo;on est pressés de retrouver.</p>
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		<title>A la Maison-Blanche : la politique rêvée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Coudray]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 14:36:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques SERIES TV]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines a tout d’une fiction. Mais en ce 20 janvier, elle devient bien réelle et c’est à se demander si on ne préférait pas la fiction. Celle proposée par la série&#160;A la Maison-Blanche&#160;par exemple&#160;: une série politique férocement optimiste (à l’heure où le cynisme est de mise, notamment dans&#160;House of Cards) et pétrie de valeurs démocratiques. Dit comme ça, on dirait de la propagande et ce encore plus quand on regarde le [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>La victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines a tout d’une fiction. Mais en ce 20 janvier, elle devient bien réelle et c’est à se demander si on ne préférait pas la fiction. Celle proposée par la série&nbsp;<em><strong>A la Maison-Blanche</strong></em>&nbsp;par exemple&nbsp;: une série politique férocement optimiste (à l’heure où le cynisme est de mise, notamment dans&nbsp;<em><strong>House of Cards</strong></em>) et pétrie de valeurs démocratiques. Dit comme ça, on dirait de la propagande et ce encore plus quand on regarde le générique de la série avec ses images au ralenti et sa musique un peu pompeuse. Heureusement, il n’en est rien et bien au contraire. Tout en véhiculant un message souvent optimiste,&nbsp;<em><strong>A la Maison-Blanche</strong></em>&nbsp;a un regard lucide sur la société américaine. Et si les personnages sont pétris de bonnes intentions, ils doivent sans cesse se heurter à la réalité du terrain.</p>



<p>Créée par Aaron Sorkin en 1999,&nbsp;<em><strong>A la Maison-Blanche</strong></em>&nbsp;est née de toutes les idées que Sorkin n’avait pas pu caser dans la version finale de son scénario du&nbsp;<em><strong>Président et Miss Wade</strong></em>. Qu’importe, il décide de créer une série se déroulant donc dans les coulisses de la Maison-Blanche. Il a raflé suffisamment d’anecdotes pour créer une série sur la durée et a suffisamment d’idées pour mettre tout ça en place. Quoi de plus fascinant en effet que de voir tous les hommes (et toutes les femmes) de l’ombre (chef de cabinet, directeur de la communication) qui s’affairent autour de la figure publique qu’est le président de la première puissance mondiale&nbsp;? Plonger dans les coulisses de la Maison-Blanche, c’est s’offrir un panorama de tout ce qui fait l’Amérique, de toutes ses belles choses mais aussi tous ses problèmes qui ne cessent de tomber et ce à longueur de journée. Car les États-Unis est un grand pays qui fonctionne sur plusieurs fuseaux horaires. Résultat&nbsp;: quand tout le monde dort à Washington, une émeute raciale peut se produire à Los Angeles. Il faut donc être passionné pour travailler en politique&nbsp;: on dort peu, on a du mal à se trouver une relation stable et les plannings débordent tout le temps. La série nous présente donc ces coulisses avec une galerie de personnages hauts en couleur.</p>



<p><img decoding="async" src="https://web.archive.org/web/20201129072140im_/http://retro-hd.com/uploads/img/critic/gallery/99-a-la-maison-blanche.jpeg" alt="" width="232" height="170">Tout d’abord, il y a le président. Jed Bartlet que l’on suivra durant ses deux mandats. Sachant que la série dure sept saisons et que la saison 1 débute alors que Bartlet est déjà élu, il faut saluer la durée de vie que la série a eu, s’alignant parfaitement sur le temps que les personnages passent à la Maison-Blanche, une saison correspondant à peu près à une année. Une longévité pas forcément prévue au départ mais qui a su profiter à la série, celle-ci rencontrant chaque année un vif succès, auréolée de 26 Emmy Awards au fil des ans. Un succès quasi-impératif car&nbsp;<em><strong>A la Maison-Blanche</strong></em>&nbsp;avait un gros budget&nbsp;: 6 millions de dollars par épisode. L’équivalent du budget de chaque épisode de la première saison de&nbsp;<a href="https://web.archive.org/web/20201129072140/http://retro-hd.com/documents/dossiers/132-game-of-thrones-la-meilleure-serie-de-tous-les-temps.html">Game of Thrones</a>. Car oui, tourner à Washington coûte cher, recréer les intérieurs de la Maison-Blanche coûte cher et le casting (une dizaine de personnages principaux, au moins autant de secondaires) coûte cher.</p>



<p>Le succès a donc permis à Bartlet de faire deux mandats et c&rsquo;est Martin Sheen qui se glisse dans la peau du Président Bartlet, choix judicieux puisque l&rsquo;acteur est parfait pour le rôle, inspirant la confiance : on lui donnerait presque le bon Dieu sans confession même s&rsquo;il avait interprété un vrai salaud de candidat à la présidentielle dans le&nbsp;<em><strong>Dead Zone</strong></em>&nbsp;de Cronenberg. A noter cependant que la série, assez visionnaire sur certains points (le président élu à la fin de la série en 2006 est le premier président latino-américain soit deux ans avant l’élection d’Obama, premier président afro-américain) avait carrément proposé à Sidney Poitier (premier acteur afro-américain à recevoir l’Oscar du Meilleur Acteur) le rôle de Barlet et ce dès 1999&nbsp;! Autour de Martin Sheen (initialement prévu pour apparaître dans quatre épisodes, le président devant avoir un rôle très secondaire) évoluent des acteurs qui auront bien du mal à retrouver un rôle aussi fort que dans la série (Bradley Whitford, Richard Schiff, Allison Janney) et qui donnent vie à une galerie de personnages attachants.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>La série, dotée de 7 saisons et de 155 épisodes, est tout &#8211; brillante, drôle, intelligente, émouvante &#8211; sauf ennuyeuse.</strong></p></blockquote>



<p>Car la grande force de la série repose sur deux choses. D’abord ses personnages. Des gens pétris de bonne volonté et qui veulent profiter d’un mandat démocrate pour améliorer le système tout en se heurtant sans cesse à la réalité du terrain politique. On ne change pas les choses comme ça. Tout en étant bien intentionnés et en donnant l&rsquo;impression d&rsquo;une ambiance de travail amicale (c&rsquo;est tout juste si la série ne donne pas envie de se lancer en politique !), ces personnages ne sont pas exempts de défauts&nbsp;: Josh Lyman est un obsessionnel du travail, Toby Ziegler un homme égocentrique et triste, C.J. Cregg n’arrive pas à ouvrir son cœur à un homme qui l’aime ouvertement, Leo McGarry est un ancien alcoolique et même Bartlet cache au public une sclérose en plaques. Des personnages humains donc, avec leurs contradictions et leurs faiblesses. Des personnages touchants auxquels on s’attachera et dont les problèmes professionnels et personnels nous parleront. Des personnages qui partiront en cours de route pour nous laisser larmoyants&nbsp;notamment l’acteur John Spencer, décédé d’une crise cardiaque durant le tournage de la saison 7, forçant les scénaristes à faire mourir Leo, son personnage. Ironiquement, ces mêmes scénaristes avaient déjà fait subir une crise cardiaque au personnage en début de saison 6, loin de se douter de la tournure prophétique de certains de leurs écrits (<em>« la seule façon de me quitter, c’est de refaire une crise cardiaque »</em>&nbsp;dira Matt Santos à Leo quand celui-ci songe à laisser tomber sa candidature de vice-président pour Santos).</p>



<p>Si l’on retient surtout la série pour ses personnages (les répliques de Sorkin ayant contribué à leur gloire), on doit également saluer sa vive intelligence et son rythme soutenu que l’on doit à Sorkin qui a assuré pendant 4 saisons de 22 épisodes l’écriture de la quasi-totalité des épisodes. Son départ en tant que showrunner et scénariste principal se fera d’ailleurs ressentir durant la cinquième saison, clairement la moins bonne de la série, répétitive et peinant à se renouveler avant les saisons 6 et 7 qui bénéficient de nouveaux personnages et donc d’une nouvelle dynamique. Les scénaristes succédant à Sorkin sauront tout de même retrouver le ton du maestro (il faut dire que la plupart des personnages étaient déjà créés et avaient déjà trouvé leurs voix) pour continuer d’imposer à la série ses dialogues brillants et surtout ses points de vue politiques ouvertement démocratiques. N’y voyons pourtant aucune démagogie. Si elle est pro-démocrate, elle ne montre pas les républicains comme des salauds. En témoigne les personnages de Ainsley Hayes et Arnold Vinick, républicains jusqu’au bout des ongles mais foncièrement intelligents avec de vrais valeurs humaines. Car au-delà de promouvoir la démocratie, il s’agit d’aborder des problèmes qui sont encore d’actualité sans jamais occulter la dure réalité du monde. On pourra alors remarquer qu’en sept ans,&nbsp;<strong>A la Maison-Blanche</strong>&nbsp;a quasiment fait le tour de tous les sujets possibles et imaginables&nbsp;: le racisme, la peine de mort, le port d’armes, la politique étrangère, le problème de la Corée du Nord, le conflit israélo-palestinien, le mariage gay, l’éducation, la santé, la sécurité intérieure, le deuil, l’immigration, la conquête spatiale, les catastrophes naturelles mais aussi l’assassinat politique (pratiqué par Bartlet en cours de série) et bien évidemment le terrorisme sous toutes ses formes. Les attentats du 11 septembre ont&nbsp;d’ailleurs poussé Sorkin à écrire un épisode spécial et  »hors-série » où les personnages parlent de terrorisme en clamant qu’il ne vaincra jamais.</p>



<p><img decoding="async" src="https://web.archive.org/web/20201129072140im_/http://retro-hd.com/uploads/img/critic/gallery/101-a-la-maison-blanche.jpeg" alt="" width="233" height="171">Ces thèmes, entrecoupés par des élections passionnantes (surtout en saison 7, la plus dense de la série) et des problèmes personnels, ne sont cependant pas assénés avec lourdeur. Car il y a de la place pour l’humour dans la série. De l’humour vif, brillant et qui donne toujours naissance à quelques rires salvateurs. Que ce soit dans la façon dont C.J. répond aux journalistes, dans la maladresse de Sam et de Josh, dans les échanges piquants entre Josh et Donna (personnage qui resta tout au long de la série grâce à l’alchimie que Janel Moloney avait avec Bradley Whitford) ou encore dans le cynisme de Toby, il y a toujours un moment pour se détendre au long des épisodes. Car ces personnages ne sont pas des machines, ils sont humains, ils commettent des erreurs, font des gaffes, boivent de l’alcool et sont aussi nuls en relations humaines qu’ils sont doués en politique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Au-delà de la multitude de ses thèmes, on retiendra de la série ses personnages enthousiastes et attachants, interprétés par un casting de rêve que l&rsquo;on aimerait voir plus souvent à l&rsquo;écran.</strong></p></blockquote>



<p><em><strong>A la Maison-Blanche</strong></em>&nbsp;est donc une série profondément humaniste, complète par ses thématiques, attachante par ses personnages et rythmée par sa réalisation (les fameux walk and talk mis au point par le réalisateur Thomas Schlamme). Un combo qui ne laissera personne indifférent en dépit de certains défauts&nbsp;: quelques moments répétitifs et surtout une fâcheuse habitude à lâcher des personnages en cours de route. Une habitude prise dès la première saison avec le personnage de Mandy (Moira Kelly), ex de Josh dont les scénaristes n’ont visiblement pas su quoi faire. Elle disparaît donc dès le début de la deuxième saison sans aucune explication. Il en sera de même pour Ainsley Hayes, disparue sans explication après plusieurs saisons et surtout pour Sam Seaborn, l’un des pivots des trois premières saisons incarné par Rob Lowe. A cause d’un désaccord sur les salaires, Lowe quitte alors la série durant la quatrième saison même si les scénaristes ont tâché de trouver une justification à cette absence qui serait devenue trop visible si on avait essayé de la faire passer inaperçue. Remplacé par un nouveau personnage qui mettra également du temps à trouver sa place (Will Bailey, incarné par le très malicieux Joshua Malina), Sam Seaborn manquera cependant à la série mais Lowe reprendra le rôle dans la saison 7 le temps de deux épisodes.</p>



<p>Trop vaste et parfois sans fil rouge, il faut bien reconnaître qu’on peut facilement se perdre dans&nbsp;<em><strong>A la Maison-Blanche</strong></em>. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il faut bien souligner la qualité de l&rsquo;interprétation de l&rsquo;ensemble du casting qui aura su jongler avec les mots de Sorkin pour leur donner vie. Ces personnages sont souvent, au milieu du charabia politique, notre bouée de sauvetage. C&rsquo;est avant tout pour eux que l&rsquo;on regarde la série. A ce titre-là,&nbsp;<em><strong>A la Maison-Blanche</strong></em>&nbsp;aura fait preuve d&rsquo;une force de casting à toute épreuve. Outre le casting principal, on y croise la très classe Stockard Channing en Première Dame, l&rsquo;inénarrable Ron Silver en stratège en communication, la piquante Mary-Louise Parker en conseillère politique, le désabusé Oliver Platt en avocat, la pimpante Kristin Chenoweth mais aussi Mary McCormack, Jimmy Smits, Alan Alda, Emily Procter et même Elisabeth Moss qui incarne l&rsquo;une des filles de Bartlet.</p>



<p><img decoding="async" src="https://web.archive.org/web/20201129072140im_/http://retro-hd.com/uploads/img/critic/gallery/100-a-la-maison-blanche.jpeg" alt="" width="237" height="174">Un casting de seconds rôles qui n&rsquo;est presque rien quand on voit le nombre de guests que la série a attiré dans son giron le temps de plusieurs épisodes ou même d&rsquo;un seul&nbsp;: Karl Malden, Lisa Edelstein, Jorja Fox, Edward James Olmos, Evan Handler, Ian McShane, Nick Offerman, Mark Harmon, Hal Holbrook, Laura Dern, Christian Slater, William Fichtner, Glenn Close, John Goodman, James Cromwell, Christopher Lloyd, Terry O&rsquo;Quinn, J.K. Simmons, Amy Adams, Evan Rachel Wood, Dean Norris, Felicity Huffman, Matthew Perry, Lance Reddick et David Proval pour ne citer qu&rsquo;eux.</p>



<p>155 épisodes de 42 minutes, c&rsquo;est long, parfois même épuisant. Mais le fait est que l&rsquo;on n&rsquo;a pas trouvé série politique aussi forte et aussi positive que celle-ci, nous faisant vivre au rythme d&rsquo;un pays où chaque décision à prendre a l&rsquo;air d&rsquo;un vrai chemin de croix. 155 épisodes de 42 minutes, c&rsquo;est le temps que l&rsquo;on aura eu pour s&rsquo;attacher à Bartlet, à C.J., à Toby, à Josh, à Donna, à Charlie, à partager leurs joies et leur désarroi face aux problèmes de leur pays. 155 épisodes de 42 minutes qui donnent l&rsquo;impression de tout partager avec eux si bien que lorsque vient la fin de la série, il nous faudra énormément de temps pour faire le deuil. L&rsquo;Amérique, elle, va connaître une nouvelle ère. A la fin de la série, quand Abbey Bartlet demande à son mari à quoi il pense, celui-ci répond  »à demain ». Pas sûr que les lendemains de l&rsquo;Amérique de Trump soient aussi joyeux et aussi optimistes que ceux de Jed Bartlet et de Matt Santos. Oui, parfois la fiction est nettement meilleure que la réalité&#8230;</p>
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