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	<title>Archives des La Gradiva - MovieRama</title>
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	<description>Nouvelles Images, Nouvelle Critique</description>
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	<title>Archives des La Gradiva - MovieRama</title>
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		<title>La Gradiva : Lis ta lie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Pouteau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 10:00:58 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Marine Atlan vient de l&rsquo;image avant de venir du récit. Cheffe opératrice remarquée du <strong><a href="https://movierama.fr/le-ravissement-secrets-et-mensonges/">Ravissement</a></strong> d&rsquo;Iris Kaltenbäck et de <strong><a href="https://movierama.fr/lengloutie-entre-huis-clos-et-conte-sensuel/">L&rsquo;Engloutie</a></strong> de Louise Hémon, elle signe avec <strong>La Gradiva</strong> un premier long métrage qui vient d&rsquo;être consacré par le Grand Prix de la Semaine de la Critique. Le film s&rsquo;organise comme une fleur dont chaque pétale referme un visage : un centre, Toni, et trois corolles qui ne cessent de graviter autour de lui sans jamais s&rsquo;y fixer — Suzanne, Madame Mercier, Jame — auxquelles s&rsquo;ajoute, en toile de fond continue, la classe entière, dont même les rôles les plus discrets suffisent à faire groupe, à faire classe.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2560" height="1546" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_3©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-52909" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_3©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-scaled.jpg 2560w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_3©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-300x181.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_3©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-1024x618.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_3©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-768x464.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_3©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-1536x928.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_3©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-2048x1237.jpg 2048w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_3©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-770x465.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_3©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-1400x845.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_3©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-1320x797.jpg 1320w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Tandem</figcaption></figure>
</div>


<p>Cette gravitation se déploie dans un paradoxe de rythme que peu de films sur l&rsquo;adolescence assument jusqu&rsquo;au bout : cinq jours de voyage scolaire, dilatés jusqu&rsquo;à l&rsquo;ennui, puis compressés par des urgences soudaines — la vie de ces jeunes comme un long fleuve intranquille. On glande, on traîne dans les rues de Naples, on s&rsquo;ennuie aux explications de la professeure, on attend que quelque chose arrive, une éruption ; et puis on court, on bascule, on s&rsquo;excite, le temps se resserre sans prévenir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>C&rsquo;est sans doute là que se loge la réussite la plus singulière du film : avoir su filmer une jeunesse comme un sol vivant plutôt que comme une surface lisse, capable d&rsquo;ennui et de précipitation, de légèreté et de strates enfouies, sans jamais qu&rsquo;une de ces qualités n&rsquo;écrase les autres.</p>
</blockquote>



<p>Dès l&rsquo;ouverture, le compartiment de train condense cette économie du désir circulant qui irriguera tout le film. Jame fait l&rsquo;amour avec une camarade ; Toni l&rsquo;observe, traversé par un sentiment qu&rsquo;il ne nommera jamais frontalement ; Suzanne, à quelques mètres, regarde Toni regarder Jame, dans un jeu de regards en cascade où chacun semble vouloir ce que l&rsquo;autre possède. Atlan ne hiérarchise aucun de ces désirs : elle les fait coexister comme un fait de mise en scène, non comme une intrigue à dénouer.</p>



<p>Les adolescents de <strong>La Gradiva</strong> échappent ainsi aux fonctions dramatiques qui tiennent d&rsquo;ordinaire lieu de personnage dans le teen movie : leurs désirs sont mouvants, leurs personnalités en cristallisation, capables de contredire en une scène ce qu&rsquo;elles affirmaient dans la précédente. Comme dans <strong><a href="https://movierama.fr/mektoub-my-love-canto-due-ete-violent">Mektoub, My Love</a></strong> de Kechiche, toutes proportions gardées, le film sait agencer dans un même geste la tristesse, la joie et la mélancolie — ce sont des œuvres où la vie, simplement, explose, sans qu&rsquo;aucun affect ne vienne neutraliser les autres. Cette vitalité s&rsquo;accompagne d&rsquo;une intelligence prêtée aux personnages qui tranche avec le genre : aucun n&rsquo;est jamais réduit à sa maladresse ou à son ignorance, chacun perçoit, à sa manière, ce qui se joue autour de lui, quitte à ne pas savoir encore le nommer. Cette justesse-là doit sans doute beaucoup aux jeunes acteurs eux-mêmes, non-professionnels associés à l&rsquo;écriture de leurs propres répliques, dont le jeu semble avoir nourri en retour la précision du scénario. Le film évite ainsi toute condescendance : il les laisse se chercher, parfois maladroitement, sans jamais se substituer à eux pour formuler ce qu&rsquo;ils ne savent pas encore dire<br></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="616" src="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_1-©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-1024x616.jpg" alt="" class="wp-image-52910" srcset="https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_1-©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-1024x616.jpg 1024w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_1-©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-300x180.jpg 300w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_1-©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-768x462.jpg 768w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_1-©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-1536x924.jpg 1536w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_1-©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-2048x1232.jpg 2048w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_1-©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-770x463.jpg 770w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_1-©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-1400x842.jpg 1400w, https://movierama.fr/wp-content/uploads/2026/06/LA-GRADIVA_PHOTO_1-©Films-du-poisson-Bibi-Film-TV-Arte-France-Cinema-1320x794.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Tandem</figcaption></figure>
</div>


<p><strong>La Gradiva</strong> ouvre d&rsquo;ailleurs son récit non sur les ruines, mais sur quelques photographies plus intimes : le visage souriant de la grand-mère de Toni, un sourire qui retient autant qu&rsquo;il donne à voir. Cette image-seuil installe d&#8217;emblée la tension qui travaillera tout le film, entre vie et pétrification : la photographie comme un pouvoir, qui figerait elle aussi, à sa façon, ce qu&rsquo;elle prétend conserver. Face aux statues du musée archéologique, le regard ne va plus seulement des adolescents vers l&rsquo;antiquité : il semble aussi revenir, en sens inverse, de la pierre vers les corps vivants — comme si les figures mythologiques, à leur tour, dévisageaient ce qui continue de battre devant elles. Ce renversement-là vaut mieux qu&rsquo;une simple sidération touristique : il fait du musée un lieu où des corps encore fragiles se sentent jugés par une éternité qui pourtant ne leur demande rien. Le sol lui-même est fait de strates, comme les personnages qui le traversent. Toni porte en lui une strate qu&rsquo;il n&rsquo;a pas choisie — l&rsquo;histoire fragmentaire d&rsquo;une grand-mère napolitaine, domestique amoureuse d&rsquo;un aristocrate disparu dans le séisme de 1980, dont l&rsquo;écho a fêlé sa propre mère. Venir d&rsquo;un lieu qu&rsquo;on n&rsquo;a jamais habité, porter une mémoire qui n&rsquo;est pas tout à fait la sienne, sentir qu&rsquo;on est d&rsquo;ici sans y être de plein droit : cette condition d&rsquo;exil intérieur, le film la murmure sans jamais l&rsquo;asséner, jusqu&rsquo;à la dédicace qui clôt le générique — adressée à celles et ceux qui viennent d&rsquo;ailleurs, et où l&rsquo;on reconnaît, en creux, la propre condition de la réalisatrice, fille d&rsquo;un père tunisien dans un pays qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais foulé.</p>



<p>Les trois autres pétales portent leur propre dépôt. Jame cherche dans l&rsquo;accumulation des conquêtes ce qu&rsquo;aucune d&rsquo;elles ne lui donnera jamais vraiment. Madame Mercier, tout entière vouée à son métier, semble n&rsquo;avoir personne à qui transmettre ce qui, chez elle, excède la salle de classe. Suzanne, elle, fixe par le dessin ce qu&rsquo;elle ne peut retenir autrement : à l&rsquo;encre rouge, elle reproduit sans relâche les corps de ses camarades qu&rsquo;elle observe, comme si représenter revenait à conjurer la fuite de ce qu&rsquo;on désire. Chacun, à sa façon, lit sa lie : ce dépôt intime qu&rsquo;on porte sans toujours le voir, qui trouble l&rsquo;eau qu&rsquo;on croyait claire dès qu&rsquo;on la remue un peu.&nbsp;</p>



<p>C&rsquo;est sans doute là que se loge la réussite la plus singulière du film : avoir su filmer une jeunesse comme un sol vivant plutôt que comme une surface lisse, capable d&rsquo;ennui et de précipitation, de légèreté et de strates enfouies, sans jamais qu&rsquo;une de ces qualités n&rsquo;écrase les autres. <strong>La Gradiva</strong> ne perce aucun mystère — elle en relève les couches, patiemment, et laisse à qui regarde le soin d&rsquo;y reconnaître, par endroits, sa propre lie.</p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATRICE :</strong>  Marine Atlan<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> française<br><strong>GENRE </strong>: drame<br><strong>AVEC</strong> :  Antonia Buresi, Julie Sokolowski, Colas Quignard<br><strong>DURÉE : </strong>2h25<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Tandem Films<br><strong>SORTIE LE </strong>4 novembre 2026</pre>
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