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	<title>Emilie Bochard, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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	<title>Emilie Bochard, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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		<title>Million Dollar Baby : défier la fatalité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emilie Bochard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jul 2024 17:13:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blu-Ray/DVD]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Parmi les films les plus appréciés de Clint Eastwood se trouve&#160;Million Dollar Baby, ayant connu un très large succès public et reçu quatre Oscars, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. Après avoir longtemps marché sur le fil d’une violence souvent équivoque, Eastwood livre ici un combat contre les préjugés, notamment en parvenant à insuffler une bonne dose de sentiments dans un univers masculin et brutal, celui de la boxe. Il faut dire que les aléas de l’existence [&#8230;]</p>
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<p>Parmi les films les plus appréciés de Clint Eastwood se trouve&nbsp;<strong>Million Dollar Baby</strong>, ayant connu un très large succès public et reçu quatre Oscars, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. Après avoir longtemps marché sur le fil d’une violence souvent équivoque, Eastwood livre ici un combat contre les préjugés, notamment en parvenant à insuffler une bonne dose de sentiments dans un univers masculin et brutal, celui de la boxe. Il faut dire que les aléas de l’existence et la souffrance mêlée des corps et des cœurs auront rarement autant brillé que sur le ring de&nbsp;<strong>Million Dollar Baby</strong>.</p>



<p>Dans ce film où Eastwood fait rimer force physique et choc émotionnel, deux êtres écorchés par la vie se rencontrent et vont s’aimer, contre toute attente. D’un côté, Maggie (Hilary Swank), une serveuse de 31 ans qui n’a pas un sou en poche, récupère les restes de ses clients et rêve de monter un jour sur le ring. De l’autre, Frankie (Clint Eastwood lui-même), un vieil entraîneur de boxe qui n’a plus de nouvelle de sa propre fille et se rend à l’église tous les dimanches sans pouvoir y trouver de réponses. Accompagné de son vieil acolyte Scrap (interprété royalement par Morgan Freeman), Frankie, après quelques réticences, prendra Maggie sous son aile pour la mener au sommet.</p>



<p><img decoding="async" src="https://web.archive.org/web/20170616054553im_/http://retro-hd.com/media/cache/landscapem/uploads/img/document/gallery/659-clint-eastwood-dans-le-jardin-du-bien-et-du-mal.jpeg" alt="" width="198" height="145">S’entremêlent alors des scènes de combat, où la fulgurance des coups s’accompagne d’une lutte furieuse contre l’injustice de la vie humaine, et des séquences plus douces, où la relation entre Frankie et Maggie évolue doucement et sincèrement vers un lien père-fille profondément bouleversant. Chacun trouve son compte dans ce nouveau contact inattendu et pourtant, la cruauté reprendra ses droits sur les âmes de ces deux êtres qui avaient bel et bien retrouvé espoir. Dans un savant mélange d’émotions, on passe d’une effervescence grisante au drame le plus complet, qui émerge véritablement dans le dernier tiers du film. Le mouvement et le raffut qui régnaient dans les championnats de boxe laissent alors place au silence religieux d’une chambre d’hôpital et à l’immobilité de Maggie, paralysée suite à un accident lors d’un duel.</p>



<p>Face à son erreur qui a causé l’échec de la jeune femme, Frankie se retrouve face à un dilemme&nbsp;: croire encore en la guérison de sa fille de substitution, ou lui rendre la liberté en l’aidant à mettre fin à son existence. A défaut de lui avoir donné la vie, Frankie se confronte à la possibilité de donner la mort à celle qui est devenue l’enfant qu’il n’attendait plus. Après lui avoir fait vivre diverses sensations, cette manière qu’a le protagoniste de s’emparer du destin et de défier la fatalité envoie un coup de poing fatal dans les tripes du spectateur. La maestria avec laquelle Eastwood explore la complexité de ses personnages confère à&nbsp;<strong>Million Dollar Baby</strong>&nbsp;une aura éminemment humaine et un caractère purement inoubliable.</p>



<blockquote class="wp-block-quote">
<p><strong>Les aléas de l’existence et la souffrance mêlée des corps et des cœurs auront rarement autant brillé que sur le ring de Million Dollar Baby.</strong></p>
</blockquote>



<p>Dans cette décision impossible, la figure eastwoodienne se métamorphose complètement&nbsp;: autrefois impassible en cow-boy impitoyable ou en flic sanguinaire, Clint Eastwood montre ici qu’il est plus que jamais capable d’émotions. Sublimé par la photographie de Tom Stern et par des gros plans soulignant son grand âge, l’acteur adopte pour la première fois un faciès meurtri et creusé par la culpabilité. De ce point de vue, le final s’avère d’une beauté saisissante, tant il dessine à la fois l’accès du personnage vers un au-delà indéterminé et la disparition progressive de la figure eastwoodienne des écrans, qui prendra réellement effet avec&nbsp;<strong>Gran Torino</strong>, quatre ans plus tard.</p>



<p><strong>Million Dollar Baby</strong>&nbsp;s’affirme alors comme un excellent film de boxe couplé d’une odyssée humaine et bouleversante, où la rage de vaincre et la douleur de vivre ont rarement été représentées d’une manière si fusionnelle et tragique à la fois. «&nbsp;Tough ain’t enough&nbsp;» dit Frankie à Maggie en début de film&nbsp;: Eastwood nous assène le même sermon, pour nous rappeler que la force et la volonté ne suffisent pas pour affronter les violences que nous réservent nos destinées. En mêlant frénésie physique, tragédie de l’existence et sentiments humains, Clint Eastwood prouve une nouvelle fois qu’il a lui aussi défié la fatalité et qu’il n’a pas volé sa place d’immortel, en tant qu’acteur mais aussi en tant que cinéaste, au panthéon du septième art.</p>



<p></p>



<p></p>



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		<title>Un monde parfait : un film parfait</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emilie Bochard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Apr 2024 16:10:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blu-Ray/DVD]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les plus beaux films de Clint Eastwood sont sûrement ceux où le cinéaste se montre capable d’une grande sensibilité. Contrairement à l’image publique controversée qui s’est inscrite dans l’imaginaire collectif, Clint Eastwood est en fait un homme au cœur tendre, apte à créer de grandes œuvres où l’émotion prime. Parmi elles, Sur la route de Madison s’est affirmé comme l’un des plus beaux mélodrames du Septième Art, Gran Torino a séduit des millions de spectateurs au moment de sa sortie et Million Dollar Baby a été [&#8230;]</p>
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<p>Les plus beaux films de Clint Eastwood sont sûrement ceux où le cinéaste se montre capable d’une grande sensibilité. Contrairement à l’image publique controversée qui s’est inscrite dans l’imaginaire collectif, Clint Eastwood est en fait un homme au cœur tendre, apte à créer de grandes œuvres où l’émotion prime. Parmi elles, <strong><a href="https://movierama.fr/sur-la-route-de-madison-les-cendres-des-reves/">Sur la route de Madison</a></strong><a href="https://movierama.fr/sur-la-route-de-madison-les-cendres-des-reves/"> </a>s’est affirmé comme l’un des plus beaux mélodrames du Septième Art, <strong>Gran Torino</strong> a séduit des millions de spectateurs au moment de sa sortie et <strong>Million Dollar Baby</strong> a été multi-oscarisé. Leur point commun ? Le thème de la filiation, que Clint Eastwood explore en profondeur pour mieux exploiter le potentiel romantique, voire romanesque, de ses productions. En 1993, le cinéaste réalise <strong>Un Monde parfait</strong>, certainement son film le plus abouti, où les relations filiales prennent une tournure particulièrement dramatique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote">
<p>Face à l&rsquo;échec de son personnage et devant les destins brisés de Butch et Philip, Clint Eastwood dit surtout que la perfection du monde ne peut plus être qu&rsquo;ironique : ici-bas, la haine, la violence et l&rsquo;inconscience auront toujours le dernier mot.</p>
</blockquote>



<p>Dans ce road-movie non dénué de violence, le destin de Philip, un jeune garçon élevé dans une famille attachée à l’idéologie des Témoins de Jéhovah et où la figure du père fait défaut, croise celui de Butch (incarné par Kevin Costner), un criminel en cavale, lui aussi en mal d’autorité paternelle, qui kidnappera l’enfant. A partir d’un scénario policier, où il s’agirait surtout de rattraper le prisonnier et de libérer le garçon, Clint Eastwood crée une histoire toute autre, inattendue, où se tisse une relation amicale, puis filiale, entre les deux protagonistes. Etonné par le mode de vie du jeune garçon, Butch fait découvrir le monde à Philip&nbsp;: Halloween et son fameux «&nbsp;trick or treat&nbsp;», les déguisements et les friandises ainsi que les virées en voiture sont autant de choses auxquelles Philip n’avait pas accès et qu’il peut enfin goûter aux côtés de Butch, figure masculine auprès de laquelle il deviendra un homme, un vrai.</p>



<p>A travers cette transmission d’une virilité revendiquée, Butch entend surtout réparer les erreurs de son propre patriarche, en étant présent pour Philip et en le préparant à affronter le monde. Dans ses efforts pour que le petit garçon commence réellement à vivre, Butch prône surtout un amour parental trop peu présent dans son éducation et dans la société qui l’entoure. Durant leur voyage, Butch et Philip rencontrent des familles, en apparence heureuses et soudées, qui ne communiquent pourtant que par la violence et les cris&nbsp;: la relation à peine naissante, si temporaire soit-elle, entre le criminel et le jeune garçon paraît donc bien plus naturelle et sincère qu’au sein de ces familles «&nbsp;normales&nbsp;» et de ces foyers désertés par l’affection et la bienveillance.</p>



<p>Tout en nous laissant adhérer à cette surprenante connexion entre deux êtres que tout opposait a priori, Clint Eastwood ne nous laisse jamais oublier pour autant que celle-ci peut prendre fin à tout moment, en nous rappelant le statut éminemment précaire de cette situation d’affection nouvelle. Nous savons pertinemment que la séparation est inéluctable et pourtant, la scène finale ne manque jamais de nous ébranler à chaque nouvelle vision, tant ce qui s’y déroule semble d’une parfaite injustice. Là où la violence règne au final de&nbsp;<strong>L’Inspecteur Harry</strong>&nbsp;ou d’<strong>Impitoyable</strong>, la fin d’<strong>Un Monde parfait</strong>&nbsp;baigne dans une tristesse incommensurable, d’autant plus qu’elle vient expliquer le tout premier plan du film d’une manière éminemment tragique et inoubliable.</p>



<p>De son côté, Clint Eastwood, ici dans la peau du Texas Ranger Red Garnett, se met également en scène dans un rôle un tantinet burlesque, mais principalement et profondément dramatique. Outre le fait que l’acteur commence à mettre à mal sa silhouette invincible de cow-boy en se dessinant comme un homme vieillissant et un peu rustique, son personnage est profondément hanté par une faute passée, qu’il passera l’entièreté du film à vouloir racheter. Face à l’échec de son personnage à retrouver bonne conscience et devant les destins brisés de Butch et Philip, Clint Eastwood dit surtout, en ancrant son film à la veille de l’assassinat de Kennedy et de la fin du «&nbsp;rêve américain&nbsp;», que la perfection du monde ne peut plus être qu’ironique&nbsp;: ici-bas, la haine, la violence et l’inconscience auront toujours le dernier mot. «&nbsp;<em>I don’t know nothing, not one damn thing</em>&nbsp;» prononce d’ailleurs Eastwood/Garnett en dernier ressort, effondré face à un monde au bord du chaos dont la cruauté n’aura jamais autant brillé que dans ce film tout simplement parfait.</p>



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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Clint Eastwood 
<strong>NATIONALITÉ :</strong>  américaine 
<strong>GENRE </strong>: Drame, policier, thriller
<strong>AVEC : </strong>Kevin Costner, Clint Eastwood, Laura Dern, T.J. Lowther 
<strong>DURÉE : </strong>2h17 
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Warner Bros France 
<strong>SORTIE LE </strong>15 décembre 1993 </pre>
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		<title>Un monde parfait : un film parfait</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emilie Bochard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Jun 2023 16:38:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les plus beaux films de Clint Eastwood sont sûrement ceux où le cinéaste se montre capable d’une grande sensibilité. Contrairement à l’image publique controversée qui s’est inscrite dans l’imaginaire collectif, Clint Eastwood est en fait un homme au cœur tendre, apte à créer de grandes œuvres où l’émotion prime. Parmi elles, Sur la route de Madison s’est affirmé comme l’un des plus beaux mélodrames du Septième Art, Gran Torino a séduit des millions de spectateurs au moment de sa sortie et Million Dollar Baby a été [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading"></h2>



<p><img decoding="async" width="198" height="145" src="https://web.archive.org/web/20170616054553im_/http://retro-hd.com/media/cache/landscapem/uploads/img/document/gallery/650-clint-eastwood-dans-le-jardin-du-bien-et-du-mal.jpeg" alt=""> Les plus beaux films de Clint Eastwood sont sûrement ceux où le cinéaste se montre capable d’une grande sensibilité. Contrairement à l’image publique controversée qui s’est inscrite dans l’imaginaire collectif, Clint Eastwood est en fait un homme au cœur tendre, apte à créer de grandes œuvres où l’émotion prime. Parmi elles, <strong>Sur la route de Madison</strong> s’est affirmé comme l’un des plus beaux mélodrames du Septième Art, <strong>Gran Torino</strong> a séduit des millions de spectateurs au moment de sa sortie et <strong>Million Dollar Baby</strong> a été multi-oscarisé. Leur point commun ? Le thème de la filiation, que Clint Eastwood explore en profondeur pour mieux exploiter le potentiel romantique, voire romanesque, de ses productions. En 1993, le cinéaste réalise <strong>Un Monde parfait</strong>, certainement son film le plus abouti, où les relations filiales prennent une tournure particulièrement dramatique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote">
<p><strong>Face à l&rsquo;échec de son personnage et devant les destins brisés de Butch et Philip, Clint Eastwood dit surtout que la perfection du monde ne peut plus être qu&rsquo;ironique : ici-bas, la haine, la violence et l&rsquo;inconscience auront toujours le dernier mot.</strong></p>
</blockquote>



<p>Dans ce road-movie non dénué de violence, le destin de Philip, un jeune garçon élevé dans une famille attachée à l’idéologie des Témoins de Jéhovah et où la figure du père fait défaut, croise celui de Butch (incarné par Kevin Costner), un criminel en cavale, lui aussi en mal d’autorité paternelle, qui kidnappera l’enfant. A partir d’un scénario policier, où il s’agirait surtout de rattraper le prisonnier et de libérer le garçon, Clint Eastwood crée une histoire toute autre, inattendue, où se tisse une relation amicale, puis filiale, entre les deux protagonistes. Etonné par le mode de vie du jeune garçon, Butch fait découvrir le monde à Philip&nbsp;: Halloween et son fameux «&nbsp;trick or treat&nbsp;», les déguisements et les friandises ainsi que les virées en voiture sont autant de choses auxquelles Philip n’avait pas accès et qu’il peut enfin goûter aux côtés de Butch, figure masculine auprès de laquelle il deviendra un homme, un vrai.</p>



<p>A travers cette transmission d’une virilité revendiquée, Butch entend surtout réparer les erreurs de son propre patriarche, en étant présent pour Philip et en le préparant à affronter le monde. Dans ses efforts pour que le petit garçon commence réellement à vivre, Butch prône surtout un amour parental trop peu présent dans son éducation et dans la société qui l’entoure. Durant leur voyage, Butch et Philip rencontrent des familles, en apparence heureuses et soudées, qui ne communiquent pourtant que par la violence et les cris&nbsp;: la relation à peine naissante, si temporaire soit-elle, entre le criminel et le jeune garçon paraît donc bien plus naturelle et sincère qu’au sein de ces familles «&nbsp;normales&nbsp;» et de ces foyers désertés par l’affection et la bienveillance.</p>



<p>Tout en nous laissant adhérer à cette surprenante connexion entre deux êtres que tout opposait a priori, Clint Eastwood ne nous laisse jamais oublier pour autant que celle-ci peut prendre fin à tout moment, en nous rappelant le statut éminemment précaire de cette situation d’affection nouvelle. Nous savons pertinemment que la séparation est inéluctable et pourtant, la scène finale ne manque jamais de nous ébranler à chaque nouvelle vision, tant ce qui s’y déroule semble d’une parfaite injustice. Là où la violence règne au final de&nbsp;<strong>L’Inspecteur Harry</strong>&nbsp;ou d’<strong>Impitoyable</strong>, la fin d’<strong>Un Monde parfait</strong>&nbsp;baigne dans une tristesse incommensurable, d’autant plus qu’elle vient expliquer le tout premier plan du film d’une manière éminemment tragique et inoubliable.</p>



<p><img decoding="async" width="198" height="145" src="https://web.archive.org/web/20170616054553im_/http://retro-hd.com/media/cache/landscapem/uploads/img/document/gallery/651-clint-eastwood-dans-le-jardin-du-bien-et-du-mal.jpeg" alt=""> De son côté, Clint Eastwood, ici dans la peau du Texas Ranger Red Garnett, se met également en scène dans un rôle un tantinet burlesque, mais principalement et profondément dramatique. Outre le fait que l’acteur commence à mettre à mal sa silhouette invincible de cow-boy en se dessinant comme un homme vieillissant et un peu rustique, son personnage est profondément hanté par une faute passée, qu’il passera l’entièreté du film à vouloir racheter. Face à l’échec de son personnage à retrouver bonne conscience et devant les destins brisés de Butch et Philip, Clint Eastwood dit surtout, en ancrant son film à la veille de l’assassinat de Kennedy et de la fin du « rêve américain », que la perfection du monde ne peut plus être qu’ironique : ici-bas, la haine, la violence et l’inconscience auront toujours le dernier mot. « I don’t know nothing, not one damn thing » prononce d’ailleurs Eastwood/Garnett en dernier ressort, effondré face à un monde au bord du chaos dont la cruauté n’aura jamais autant brillé que dans ce film tout simplement parfait.</p>



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		<title>Tu mérites un amour : embrasser la vie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emilie Bochard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Apr 2022 15:08:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blu-Ray/DVD]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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</div></div>



<p>Découverte dans<strong><em>&nbsp;La Graine et le Mulet&nbsp;</em></strong>d’Abdellatif Kechiche, Hafsia Herzi se lance désormais dans la réalisation avec son tout premier long-métrage, qui répond au doux nom de&nbsp;<strong>Tu mérites un amour</strong>. Présentée à la Semaine de la critique, cette œuvre réalisée avec très peu de moyens mais avec une immense générosité n’a pas fini de courir sur toutes les lèvres, de faire battre les cœurs. Inspirée par un poème sublime écrit par Frida Kahlo, la jeune actrice-réalisatrice nous parle d’amour sans concession, avec une sincérité telle que son film finit par déborder de vie.</p>



<p>Comme pour rendre hommage à son mentor, Hafsia Herzi reprend d’abord plusieurs facettes du cinéma de Kechiche. Dans une danse des corps qui rappelle évidemment la sensualité estivale de <a href="https://airsatz.wordpress.com/2018/03/24/mektoub-my-love/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Mektoub, my Love</strong></a>, <strong>Tu mérites un amour</strong> plonge à cœur perdu dans un naturalisme rafraîchissant, qui s’exprime aussi bien par le jeu instinctif des acteurs, tous merveilleux, que dans les petites choses de la vie qui transparaissent à l’écran (les regards en coin, les conversations tapageuses, les repas partagés entre amis). Hafsia Herzi n’oublie pas non plus de lancer des clins d’œil personnels au cinéaste qui l’a révélée, en filmant de façon impertinente, évidemment en gros plan, les fesses de l’une de ses actrices, ou en insérant dans les dialogues un malicieux « <em>c’est le mektoub, c’est le destin »</em>.</p>



<blockquote class="wp-block-quote">
<p>Cette œuvre réalisée avec très peu de moyens mais avec une immense générosité n’a pas fini de courir sur toutes les lèvres, de faire battre les cœurs. </p>
</blockquote>



<p>Fort heureusement, Hafsia Herzi ne se contente pas d’être une pâle copie d’Abdellatif Kechiche. À travers le parcours de Lila, une jeune fille trompée par un petit ami manipulateur, la cinéaste parvient à imposer sa propre sensibilité, sa féminité et son franc-parler qui ne manquent pas de toucher en plein cœur. Comment se reconstruire après avoir perdu la personne que l’on aime ? Telle est la question que pose délicatement cette œuvre sensible et authentique, où la rédemption sentimentale passe à la fois par le corps et l’esprit. Là où Kechiche parlait plutôt de désir dans&nbsp;<strong>Mektoub, my Love</strong>, Hafsia Herzi explore l’amour sous toutes ses coutures : qu’il soit charnel ou romantique, libertin ou homosexuel, sincère ou égoïste, le sentiment amoureux a rarement paru aussi bien mis en valeur, sans complexe ni tabou.</p>



<p>Hafsia Herzi fait également preuve d’une étonnante maîtrise des émotions. En oscillant constamment entre légèreté et mélancolie, entre un humour à l’état brut (notamment dans les scènes où apparaît l’acteur Djanis Bouzyani, véritable force comique du film), et une sentimentalité à fleur de peau souvent dévastatrice, le film parvient à installer une véritable dynamique, à insuffler un souffle de vie dont on ne peut ressortir indemne. On passe donc du rire aux larmes avec une facilité déconcertante, jusqu’à finir en mille morceaux après une séquence finale où les passions éclatent, dans la violence ou la douceur la plus pure.</p>



<p>En convoquant son modèle tout en trouvant sa propre voie, Hafsia Herzi parvient à créer une œuvre lumineuse et torturée, intimiste et profondément touchante.&nbsp;<strong>Tu mérites un amour&nbsp;</strong>est donc un film à ressentir pleinement, fort et vibrant, dans lequel les sentiments se bousculent pour mieux embrasser la vie. Espérons qu’Hafsia Herzi nous offrira à l’avenir d’autres réalisations aussi belles et inspirées.</p>



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<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  Hafsia Herzi 
<strong>NATIONALITÉ : </strong>française 
<strong>AVEC : </strong>Hafsia Herzi, Anthony Bajon, Djanis Bouzyani
<strong>GENRE : </strong>comédie dramatique 
<strong>DURÉE : </strong>1h42 
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Rezo films 
<strong>SORTIE LE </strong>11 septembre 2019 </pre>



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		<title>Elephant Man : l&#8217;homme est un loup pour l&#8217;homme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emilie Bochard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 May 2021 00:19:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CONSEIL TV]]></category>
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<p>Lorsque l’on évoque David Lynch aujourd’hui, on pense d’abord à un cinéma expérimental, plutôt opaque, surtout destiné à une sphère de cinéphiles avisés, dans lequel brillent des œuvres à la narrativité complexe, à la forme extravagante et à l’ambiance surréaliste telles que&nbsp;<em>Mulholland Drive</em>,&nbsp;<em>Twin Peaks</em>&nbsp;ou encore&nbsp;<em>Lost Highway</em>. On oublie souvent, en réalité, que David Lynch est aussi l’auteur de films plus accessibles qui, sans pour autant trahir l’étrangeté inhérente à son style, se montrent aptes à réunir le plus grand nombre autour d’un propos fédérateur. En 1980,&nbsp;<strong>Elephant Man</strong>,qui revient sur l’existence brisée de Joseph Merrick, prouve plus que jamais que le cinéma de David Lynch est capable d’épure et d’humanité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p><strong>Avec une réalisation subtile, Lynch orchestre l’entrée en scène du personnage de Joseph Merrick, titille habilement notre impatience et nous confronte à notre propre voyeurisme, à notre soif de divertissement.</strong></p></blockquote>



<p>Dès les premières secondes d’<strong>Elephant Man</strong>, son deuxième long métrage après&nbsp;<em>Eraserhead</em>, la patte de Lynch s’affirme déjà, annonçant la liberté de forme de ses œuvres suivantes. Le film s’ouvre sur une séquence cauchemardesque, où ralentis, surimpressions, bande sonore inquiétante et contrastes de lumière créent d’emblée une atmosphère saisissante, entre réalité, imaginaire et onirisme. Très vite, l’étrangeté formelle s’atténue pour laisser place à un style élégant, tout en noir et blanc, qui vient encadrer sublimement un récit chronologique et tout à fait linéaire et donner corps à un univers où le jour, dessinant la respectabilité de la haute société, et la nuit, révélant la perfidie du monde du spectacle, s’opposent, comme dans&nbsp;<em>Blue Velvet</em>,&nbsp;<em>Twin Peaks</em>&nbsp;et bien d’autres œuvres lynchiennes. Quittant la forme du film jusqu’au dénouement, la bizarrerie glisse vers le protagoniste lui-même, le fameux «&nbsp;homme-éléphant&nbsp;» (interprété par le regretté John Hurt), bête de foire pour les curieux auxquels il est jeté en pâture et objet de convoitise pour les spectateurs que nous sommes.</p>



<p>Avec une réalisation subtile, construite par des jeux de regards tantôt effrayés tantôt émus aux larmes, des ombres chinoises laissant apparaître la silhouette difforme et des râles surgissant de l’obscurité, Lynch orchestre l’entrée en scène du personnage de Joseph Merrick (dit John dans le film), dont on découvre le visage au bout d’une trentaine de minutes seulement. De cette façon, le cinéaste titille habilement notre impatience et nous confronte à notre propre voyeurisme. En nous comparant aux spectateurs diégétiques avides de spectacle et en nous renvoyant à notre soif de divertissement, qui nous pousse à vouloir découvrir cet énergumène dont la malformation physique est devenue légendaire,&nbsp;<strong>Elephant Man</strong>&nbsp;montre en réalité que la monstruosité et l’humanité ne se cachent pas forcément là où on les espérait.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p><strong>Devenu l’un des personnages les plus fascinants du septième art, John Merrick nous rappelle que les êtres que l’injustice et la solitude accablent dès la plus tendre enfance recèlent peut-être la plus grande bonté et les meilleurs esprits que l’on puisse rencontrer en ce bas monde.</strong></p></blockquote>



<p>En effet, Lynch bouleverse nos attentes et opère une inversion qui a de quoi nous sortir de notre zone de confort. La monstruosité apparaît chez des hommes lambda, voyeurs qui payent pour venir observer «&nbsp;l’homme-éléphant&nbsp;» dans un freak show mené de front par l’horrible Bytes, puis, dans un déferlement de méchanceté, entrent par effraction dans sa chambre pour lui faire subir la plus grande des humiliations. L’humanité, elle, s’affirme du côté de Frederick Treves (un Anthony Hopkins très émouvant), médecin qui a pris Merrick sous son aile, d’abord pour l’étudier tel un objet scientifique, puis pour le présenter à la bourgeoisie anglaise afin de le familiariser à la compagnie des hommes. Comme le pendant positif de Bytes, Treves, avec plus de respect et de sobriété, finit lui aussi par exhiber Merrick aux yeux de l’élite britannique, ce qui le mènera vers des interrogations existentielles propres à de nombreux protagonistes lynchiens. Affichant une limite ténue entre le bien et le mal,&nbsp;<strong>Elephant Man</strong>, à travers le personnage passionnant de Treves, sonde avec beauté et profondeur l’ambiguïté du cœur humain.</p>



<p>L’humanité surgit surtout des entrailles de Merrick, qui, sous son apparence a priori repoussante, apparaît finalement comme un être cultivé, capable de réciter des psaumes entiers de la Bible ou de construire une maquette d’église plus vraie que nature. Progressivement, par la peur ressentie par le personnage et son attitude d’enfant sauvage, Lynch parvient à nous ranger aux côtés de Joseph Merrick, qui redoute toute confrontation avec autrui et préfère fuir les regards inquisiteurs. Notre attachement au personnage finit par emporter la mise, tant son combat pour être reconnu comme un homme paraît semé d’embûches. Dans une scène bouleversante, Merrick revendique d’ailleurs son humanité en criant de toute son âme, face à une foule déchaînée&nbsp;: «&nbsp;<em>I am not an elephant, I am not an animal, I am a human being, I am a man&nbsp;!</em>&nbsp;». Cette phrase, à la fois dérangeante et inoubliable, cristallise l’immense hymne à la tolérance qu’est&nbsp;<strong>Elephant Man</strong>.</p>



<p>Devenu l’un des personnages les plus fascinants du septième art, John Merrick, à l’instar du Quasimodo de Victor Hugo, nous rappelle que les êtres que l’injustice et la solitude accablent dès la plus tendre enfance recèlent peut-être la plus grande bonté et les meilleurs esprits que l’on puisse rencontrer en ce bas monde. Toujours soumis au regard de l’autre, Joseph Merrick n’est parvenu à révéler sa véritable nature qu’à une infime partie de la société victorienne et n’a pu trouver la délivrance que dans un acte ultime et délibéré. «<em>&nbsp;L’essentiel est invisible pour les yeux</em>&nbsp;», affirme l’actrice Madge Kendal, interprétée par la sublime Anne Bancroft. Cette citation, irriguant profondément le cœur d’<em>Elephant Man</em>, est devenue le leitmotiv du cinéma de Lynch&nbsp;: en nous livrant des œuvres allant bien au-delà d’une simple expérience visuelle pour le spectateur, le cinéaste nous a fait et nous fera vivre, grâce à des récits bouleversés, une audace novatrice et un goût prononcé pour le mystère, des moments de pure transcendance.</p>
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		<title>Mindhunter : la bête qui sommeille en nous</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emilie Bochard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 14:45:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SERIES]]></category>
		<category><![CDATA[SERIES PLATEFORMES]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Un grand nombre de cinéastes connus et reconnus ont été attirés par les lueurs du petit écran. David Lynch a ouvert la voie avec&nbsp;<em><a href="http://web.archive.org/web/20190218161823/http://retro-hd.com/critiques/series-tv/1815-twin-peaks-saison-3.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Twin Peaks</a></em>&nbsp;en 1990, suivi par Steven Spielberg et&nbsp;<em>Band of Brothers</em>, Steven Soderbergh avec&nbsp;<em>The Knick</em>, ainsi que Martin Scorsese, à l’origine de&nbsp;<em>Boardwalk Empire</em>&nbsp;et&nbsp;<em><a href="http://web.archive.org/web/20190218161823/http://retro-hd.com/critiques/series-tv/1465-vinyl-saison-1.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Vinyl</a></em>. Les femmes réalisatrices n’ont pas su résister non plus à l’appel de la télévision, puisque&nbsp;<em><a href="http://web.archive.org/web/20190218161823/http://retro-hd.com/critiques/series-tv/1811-top-of-the-lake-saison-2.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Top of the Lake</a></em>&nbsp;et&nbsp;<em><a href="http://web.archive.org/web/20190218161823/http://retro-hd.com/critiques/series-tv/1776-sense8-saison-2.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sense8</a></em>, créées par Jane Campion et les sœurs Wachowski, font aujourd’hui partie des meilleures séries contemporaines. Depuis les deux premiers épisodes de la série&nbsp;<em>House of Cards</em>&nbsp;et son dernier film&nbsp;<em><a href="http://web.archive.org/web/20190218161823/http://retro-hd.com/critiques/cinema/549-gone-girl.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Gone Girl</a></em>&nbsp;sorti en 2014, David Fincher n’avait pas fait acte de présence derrière une caméra, pour mieux préparer en toute intimité de nouveaux projets. Après trois ans d’absence, le cinéaste aura su combler notre impatience tant&nbsp;<em>Mindhunter</em>, dernière-née Netflix dont il est le producteur exécutif aux côtés de Charlize Theron et dont il a réalisé les quatre épisodes majeurs, semble bel et bien s’inscrire dans son univers.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p><strong>Dans&nbsp;<em>Mindhunter</em>, pas de scène de crime insoutenable, pas de décomposition organique ou d’exposition de corps mutilé&nbsp;: ce qui intéresse la série, c’est l’exploration psychologique et scientifique de l’esprit des meurtriers américains les plus redoutables de la fin des années 1970.</strong></p></blockquote>



<p>Depuis longtemps fasciné par la figure du tueur en série, qu’il a déjà exploitée dans ses films&nbsp;<em><a href="http://web.archive.org/web/20190218161823/http://retro-hd.com/critiques/cinema/282-seven.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Seven</a></em>&nbsp;et&nbsp;<em>Zodiac</em>, Fincher n’en finit pas de revenir à ses obsessions. Pourtant, dans&nbsp;<em>Mindhunter</em>, pas de scène de crime insoutenable, pas de décomposition organique ou d’exposition de corps mutilé&nbsp;: ce qui l’intéresse ici, aux côtés du créateur Joe Penhall, c’est l’exploration psychologique et scientifique de l’esprit des meurtriers américains les plus redoutables de la fin des années 1970, tels que Jerry Brudos, Richard Speck et surtout Ed Kemper. Baignée dans une image jaunâtre et dans un climat âpre – il suffit de voir la première séquence du neuvième épisode pour se remémorer les ambiances suffocantes de&nbsp;<em><a href="http://web.archive.org/web/20190218161823/http://retro-hd.com/critiques/cinema/1851-fight-club.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Fight Club</a></em>&nbsp;ou&nbsp;<em>Millenium</em>&nbsp;–, la série, à coup de dialogues longs et extrêmement travaillés, analyse en profondeur le comportement, les motivations, le passé, les pulsions et les relations familiales de ces criminels, non pas pour tenter de les humaniser, mais pour mieux comprendre ce fléau qui a rongé la société américaine de l’époque, et qui s’est largement perpétué au fil du XXIe siècle.</p>



<p>En s’interrogeant sur les horreurs que sont capables de s’infliger les êtres humains les uns aux autres, Fincher ramène rapidement la série dans l’un de ses thèmes de prédilection&nbsp;: la misanthropie. Selon les personnages, la mutation profonde que connaît la société à la fin des années 1970, tant par la musique, le style vestimentaire, les drogues que par les conséquences de la révolution sexuelle et les remous politiques de la guerre du Vietnam et de l’affaire du Watergate, aurait entraîné une évolution majeure de la criminalité, devenue obscure, sans motif tangible et pour le moins incontrôlable. L’apparition des tueurs en série, dont le terme a vu le jour à cette époque même aux États-Unis, serait «&nbsp;la réaction anarchiste à une société anarchiste.&nbsp;» On retrouve ici le même genre de discours que dans&nbsp;<em>Fight Club</em>,&nbsp;<em>Seven</em>&nbsp;ou&nbsp;<em>The Social Network</em>, dans lesquels Fincher pointait du doigt la perte de repères totale de l’être humain au sein d’une société contemporaine régie par le matérialisme, l’apathie et l’incapacité à communiquer.</p>



<p>Cette perte de repères touche particulièrement les trois personnages principaux. Holden Ford, jeune premier au FBI qui tente coûte que coûte de faire ses preuves quitte à dépasser les limites de bienséance et de transparence, entend bien percer le mystère de ces criminels complexes en les interrogeant d’égal à égal, mais se trouve bien incapable de mener à bien sa relation amoureuse. Bill Tench, agent acariâtre et introverti, préfère préserver son épouse des horreurs qu’il croise dans son métier, quitte à couper toute communication, et s’inquiète des similitudes entre ses enquêtes récentes et le comportement de son fils adoptif, enfermé depuis son arrivée dans la famille dans un mutisme inexpliqué. Wendy Carr, quant à elle, chercheuse universitaire en psychologie comportementale, met de côté sa vie sentimentale pour se consacrer pleinement à sa nouvelle profession. Tous trois, devenus de véritables obsessionnels concernant les études qu’ils sont en train de mener, voient leur vie privée considérablement mise en échec. De cette façon,&nbsp;<em>Mindhunter</em>&nbsp;montre à quel point la découverte de cette nouvelle forme criminelle influe sur l’intimité des personnages et modifie radicalement les relations humaines.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p><strong>Si la série ne lui appartient pas en propre, force est de constater que Fincher a su insuffler toute son aura dans&nbsp;<em>Mindhunter</em>, aussi bien dans la complexité de ses personnages, l’audace de son intrigue, la noirceur de son atmosphère que dans le choix pointilleux de ses acteurs.&nbsp;</strong></p></blockquote>



<p>Au centre de cette série intelligente, fascinante et parfois perturbante, David Fincher réussit une nouvelle fois à imposer sa patte, quitte à éclipser presque totalement les noms du créateur Joe Penhall et des autres réalisateurs Tobias Lindholm (<em>Hijacking</em>,&nbsp;<em>A War</em>), Andrew Douglas (<em>Amityville</em>) et Asif Kapadia (dont le côté investigateur, déjà croisé dans ses documentaires&nbsp;<em>Amy</em>&nbsp;et&nbsp;<em>Senna</em>, se retrouve largement ici). Si la série ne lui appartient pas en propre, force est de constater que Fincher a su insuffler toute son aura dans&nbsp;<em>Mindhunter</em>, aussi bien dans la complexité de ses personnages, l’audace de son intrigue, la noirceur de son atmosphère que dans le choix pointilleux de ses acteurs (Jonathan Groff, en pleine reconversion salvatrice après son rôle dans&nbsp;<em>Glee</em>, Holt McCallany, déjà inspecteur dans la série&nbsp;<em>Les Experts</em>, et Anna Torv, que l’on retrouve avec plaisir quatre ans après la fin de&nbsp;<em>Fringe</em>). Il est alors légitime de s’interroger sur la politique des auteurs au cœur de la série télévisée&nbsp;: qui est le véritable auteur de&nbsp;<em>Mindhunter</em>&nbsp;? Le créateur de la série, également scénariste, le producteur exécutif ou bien les réalisateurs des différents épisodes&nbsp;? Devant un talent comme celui de Fincher, dont le style et la personnalité s’immiscent partout où ils passent, la réponse est toute trouvée.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</p>



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