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	<title>Berenice Paul, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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	<title>Berenice Paul, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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		<title>Hinterland : A l&#8217;est, rien de nouveau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Berenice Paul]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Dec 2022 23:01:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qui a dit que l’expressionisme allemand était mort&#160;? Dans son dernier film Hinterland, le cinéaste autrichien Stefan Ruzowitzshy ressuscite le mouvement cinématographique de l’entre-deux-guerres. En résulte une œuvre à l’esthétique dense et affirmée qui fait magnifiquement oublier la faiblesse du scénario. Peter Perg s’en va t-en (dehors) de la guerre «&#160;La guerre au cinéma&#160;» ressemble à un sujet de mémoire. Sans doute a-t-il déjà été fort bien traité. On ne compte plus, en effet, les ouvrages et autres classements évoquant [&#8230;]</p>
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<p><strong>Qui a dit que l’expressionisme allemand était mort&nbsp;? Dans son dernier film Hinterland, le cinéaste autrichien Stefan Ruzowitzshy ressuscite le mouvement cinématographique de l’entre-deux-guerres. En résulte une œuvre à l’esthétique dense et affirmée qui fait magnifiquement oublier la faiblesse du scénario.</strong></p>



<p><strong>Peter Perg s’en va t-en (dehors) de la guerre</strong></p>



<p>«&nbsp;La guerre au cinéma&nbsp;» ressemble à un sujet de mémoire. Sans doute a-t-il déjà été fort bien traité. On ne compte plus, en effet, les ouvrages et autres classements évoquant les films qui parlent de la guerre. Depuis ses débuts, l’invention des Frères Lumière n’a cessé de documenter et de mettre en scène les conflits armés. De D.W. Griffith (<strong>Coeurs du monde</strong>, 1918) à Jean Renoir (<strong>La Grande illusion</strong>, 1937) en passant par Joseph Losey (<strong>Pour l’exemple</strong>, 1964) et Sam Mendes (<strong>1917</strong>, 2019), la guerre constitue un passage obligé pour tout grand cinéaste qui se respecte. Il semble que le sujet soit inépuisable. La liste des œuvres qui l’évoquent ne cesse de s’allonger à mesure que les années passent. 2022 n’a pas failli à la règle. Le 28 décembre dernier est sorti <strong>Hinterland</strong>. Réalisé par le cinéaste autrichien Stefan Ruzowitzky, le film critique l’atmosphère délétère qui règne à Vienne au lendemain de la Première Guerre Mondiale.</p>



<p>Après quatre ans de conflit meurtrier, dont deux passés dans un camp en Russie, Peter Perg et ses hommes rentrent chez eux, à Vienne, par bateau. Accoudés au bastingage, ces derniers aperçoivent sur l’une des rives du Danube un cimetière. Ce sont les «<em>&nbsp;assassinés, les suicidés et les meurtriers qui sont là-bas&nbsp;</em>», annonce l’un des soldats. Autant de personnes indésirables dans la nouvelle société viennoise, ajoute celui-ci. Cette anecdote, située au début de l’histoire, donne le ton à ce qui va suivre. <strong>Hinterland </strong>est un film sur la naissance et la mort d’un monde qui – quoi qu’il fasse – est sur le déclin. L’Empire Austro-Hongrois n’est plus. Peter Perg apprend que l’Autriche est maintenant une République. Ayant défendu son pays dans les tranchées, le personnage est certain d’obtenir une compensation financière de la part de l’État. Ce dernier refuse pourtant de récompenser ces anciens combattants. Pour le nouveau gouvernement, la guerre est finie. Il faut passer à autre chose. Les soldats sont mis à la porte sans autre forme de reconnaissance que celle d’avoir servi leur pays (gratuitement).</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Dans son infinie mansuétude hypocrite, l’État indique aux soldats qu’il existe un hospice qui accueille les plus nécessiteux. Peter Perg se sépare à regret de ses compagnons de fortune laissés sur le carreau. S’il est riche et possède une belle demeure avec domestique, située dans le centre de Vienne, le personnage n’est plus que l’ombre de lui-même. Vienne a changé. La ville s’est transformée. Quelque chose dans l’air n’est plus le même. Le nationalisme rôde. Sa folie est déjà à l’oeuvre, s’infiltre dans les esprits, distille son poison. Les bolchéviques, ces « rouges » comme on les appelle communément, sont traqués, pointés du doigt par l’État. Les nouveaux tenants du gouvernement en place regrettent la poigne de l’Empereur. Aussi, la République et ses valeurs intéressent-elles peu les nouveaux fonctionnaires, désireux de restaurer la grandeur d’antan. Peter Perg peine à reconnaître l’Autriche. Son destin bascule lorsque la police découvre le cadavre mutilé d’un homme. Avant de s’engager sur le front, Peter Perg était médecin légiste dans le civil. Ce dernier est très vite sommé de reprendre du service par la police à mesure que les meurtres s’accélèrent</p>



<p><strong>Une œuvre à la beauté expressionniste</strong></p>
</blockquote>



<p>Le film emprunte la route ultra-référencée du thriller. L’histoire paraît, en ce sens, assez banale. L’enquête policière sur laquelle l&rsquo;oeuvre repose ne réinvente pas les codes du genre. La dernière scène impose la confrontation du héros avec le tueur en série. Les meurtres obéissent à un mode opératoire ainsi qu’à une mise en scène macabre. Celle-ci renferme, comme à l’accoutumée, un mystère qui révèle autant qu’il cache la clé du mystère. Ce n’est certes pas dans son scénario que <strong>Hinterland </strong>doit sa spécificité. L’oeuvre déploie une esthétique inspirée par l’expressionnisme allemand. Le générique, constitué de tableaux animés, s’affirme comme un clin d’oeil au <strong>Cabinet du docteur Caligari</strong> (Robert Wiene, 1920).</p>



<p>Dès le début, sur le bateau qui les mènent à Vienne, les soldats semblent être entourés par un décor de carton-pâte. Faire apparaître l’artifice, voire en faire un personnage à part entière du film, confère à l’image une dimension proprement surnaturelle. Cette impression se confirme par la suite. Les rues de Vienne apparaissent étonnamment tordues à l’écran. Le mobilier urbain est tour à tour anguleux et penché. Peter Perg est plongé dans un décor où les motifs géométriques sont poussés jusqu’à l’abstraction. Cet environnement est fait d’ombre et de lumière. La perspective y est écrasée. Seule subsiste cette impression de déambuler dans un soupirail à ciel ouvert. À l’instar du film de Robert Wiene, le décor possède évidemment une portée symbolique. Le décor tordu qui apparaît lorsque l’on entre dans Vienne peut être perçu de manière subjective.</p>



<p>Peter Perg revient de la guerre. Les dommages physiques qu’elle cause, qui sont d’ailleurs évoqués dans le film, sont aussi psychologiques. Le personnage est traumatisé par ce qu’il a vécu sur le front. Sa vision déformée de la ville répond peut-être aux images d’angoisse et de mort qu’il a vu au cours de la guerre. Le symbolisme du décor peut également trouver son origine dans une réflexion plus large. Au fond, ne faut-il pas être légèrement tordu pour envoyer des millions d’hommes à l’abattoir&nbsp;? N’est-ce pas la société qui est tordue plus que son personnage principal&nbsp;? La société autrichienne découvre l’entre-deux-guerres inconsciente des dangers qu’elle porte en son sein. Ce choix stylistique fascine l’oeil en faisant oublier la faiblesse du scénario. Le symbolisme typiquement expressionniste vient transpercer l’image pour s’imprégner dans la rétine du public. <strong>Hinterland </strong>tire, de fait, sa beauté et sa puissance de réflexion de son décor plus que de son assise scénaristique. C’est peut-être de cette façon qu’il renouvelle le genre du film policier et fait du dehors une voie d’entrée vers le dedans.</p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>   Stefan Ruzowitzky 
<strong>NATIONALITÉ :</strong>    Autriche, Belgique, Luxembourg, Allemagne 
<strong>GENRE </strong>: <strong> </strong>Thriller 
<strong>AVEC : </strong> Murathan Muslu (Peter Perg), Liv Lisa Fries (Theresa Korner), Max Von Der Groeben (Victor Renner) 
<strong>DURÉE : </strong>1h38
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Eurozoom 
<strong>SORTIE LE </strong>28 décembre 2022 </pre>
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		<title>Charlotte : la vie et rien d&#8217;autre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Berenice Paul]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Nov 2022 16:30:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vie&#160;? Ou théâtre&#160;? ressemble à s’y méprendre à du Shakespeare. Ne disait-il pas lui-même que&#160;: «&#160;Le monde entier est un théâtre. Et, tous hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles.&#160;» Si le théâtre est un art, la vie constitue son principal terrain de jeu – et d’expression. Charlotte Salomon devait connaître le dramaturge anglais lorsqu’elle baptisa son roman graphique – et seul chef-d’oeuvre – Vie&#160;? Ou théâtre&#160;? On dit souvent que [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-left"><strong>Vie&nbsp;? Ou théâtre&nbsp;?</strong><em> </em>ressemble à s’y méprendre à du Shakespeare. Ne disait-il pas lui-même que&nbsp;: «&nbsp;<em>Le monde entier est un théâtre. Et, tous hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles</em>.&nbsp;» Si le théâtre est un art, la vie constitue son principal terrain de jeu – et d’expression. Charlotte Salomon devait connaître le dramaturge anglais lorsqu’elle baptisa son roman graphique – et seul chef-d’oeuvre – <strong>Vie&nbsp;? Ou théâtre&nbsp;?</strong> On dit souvent que l’art n’a pas de frontières. La vie et l’oeuvre de Charlotte Salomon en sont le parfait exemple. Il y a dix ans, l’artiste était pourtant inconnue du grand public. En 2015, David Foenkinos publie un roman sobrement intitulé <strong>Charlotte</strong><em>. </em>L’héroïne éponyme est une artiste juive allemande décédée à Auschwitz, à l’âge de 26 ans et alors qu’elle est enceinte de cinq mois. L’auteur participe à la mise au jour des œuvres de la peintre. Son texte est, en effet, agrémenté de dizaines de reproductions papier de tableaux de Charlotte Salomon. Sept ans plus tard, c’est au tour du cinéma de rendre hommage à l’artiste à travers, là encore, un film prénommé <strong>Charlotte</strong>.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;<em>Le monde entier est un théâtre. Et, tous hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles</em>.&nbsp;» Si le théâtre est un art, la vie constitue son principal terrain de jeu – et d’expression. Charlotte Salomon devait connaître le dramaturge anglais lorsqu’elle baptisa son roman graphique – et seul chef-d’oeuvre – <strong>Vie&nbsp;? Ou théâtre&nbsp;?</strong> </p>
</blockquote>



<p>Le long-métrage retrace la vie d’une artiste qui a compris qu’il lui faudra vivre vite. La narration est ainsi divisée en deux parties. La première dresse un portrait de l’Allemagne Nazie. Nous sommes en 1933. Un certain Hitler vient d’être nommé Chancelier. Charlotte vit alors dans une famille aisée. Son père Albert Salomon est un brillant médecin et professeur à l’Université de Berlin. Elle perd sa mère Franze Grunwald lorsqu’elle a huit ans. Celle-ci s’est suicidée lorsqu’elle avait huit ans, bien qu’on lui raconte qu’elle aurait succombé à une grippe. Dans la famille de sa mère, les suicides sont légion, comme elle l’apprendra plus tard. Pour l’instant, Charlotte est une jeune étudiante à l’Académie des arts de Berlin. La jeune fille montre des aptitudes pour le dessin. Elle possède déjà ce style si caractéristique que l’on verra grandir au cours de l’histoire.</p>



<p>Cependant, très vite, le régime nazi met en place ses mesures discriminatoires et antisémites. Le film montre ainsi par petite touches l’exclusion des juifs de la vie artistique, économique et politique allemande. Ce sont les saluts nazis entre les professeurs. Les regards mauvais qui accompagnent Charlotte partout où elle va. Les musées dans lesquels sont séparés l’art noble – car «&nbsp;aryen&nbsp;» &#8211; de l’art déclaré et perçu comme «&nbsp;dégénéré&nbsp;». Ou encore les bancs sur lesquels on peut voir inscrit en lettres capitales «&nbsp;Réservé aux Aryens&nbsp;». Ces divers éléments constituent un contre-point pour le spectateur. Ils viennent contrecarrer la tendance à positiver le dessin animé et son contenu. Les couleurs à l’écran ne doivent pas nous tromper. L’animé atténue faussement la gravité de ce qui est raconté, montré ou simplement suggéré. L’horreur de l’Holocauste n’est pas effacée du cadre. Les couleurs bariolées et chatoyantes renvoient aux fresques peintes par Charlotte Salomon. Mieux, elles en constituent le pont. L’artiste transforme chaque évènement traumatique en œuvre d’art. A l’instar de la scène d’ouverture où l’intrusion brutale de soldats nazis lors d’un récital devient l’objet d’un tableau. Ce dernier naît à l’écran grâce à un ingénieux procédé technique (re)donnant vie à l’oeuvre de l’artiste.</p>



<p>C’est à la faveur d’un évènement historique que l’on doit le basculement vers la seconde partie. Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938 a lieu la Nuit de Cristal. Ce pogrom organisé par le Troisième Reich provoque une vague d’arrestations et de pillages de magasins juifs. Si, dans le film, Charlotte échappe de peu au lynchage, son père est arrêté et interné au camp de concentration de Sachsenhausen. Lorsqu’il en revient deux mois plus tard, il décide de quitter l’Allemagne. Charlotte est alors envoyée chez ses grands-parents maternels.&nbsp; Ses derniers résident à Villefranche-sur-Mer dans l’immense villa d’Ottilie Moore, une riche philanthrope américaine. Nous sommes en janvier 1939. Le cadre idyllique ainsi que la colorimétrie qui lui est associée ne doivent – là encore – pas nous induire en erreur. Charlotte n’est pas en vacances. Elle sait que le temps lui est compté. L’artiste s’active en coulisses pour raconter ce qu’elle voit. Cette violence dont elle est témoin qui écrase sa vie comme celles de millions d’autres avec elle. Les couleurs éclaboussent l’écran mais aussi – et surtout – l’indicible dont elles sont le nom. L’héroïne découvre tour à tour l’amour et la mort dans une opposition moins caricaturale qu’elle n’y paraît. La guerre révèle les secrets de famille. L’artiste assiste impuissante au délitement de sa grand-mère maternelle. Une menace plane. Elle porte le masque de la famille. Charlotte apprend enfin la triste vérité : sa mère s’est donnée la mort à l’image de sa sœur cadette. Le désespoir autant que le suicide sont abordés avec pudeur, sans voyeurisme ni sensationnalisme, à l’instar de la peur qui tiraille l’ensemble des personnages. Charlotte n’est en cela pas perçue ni mise en scène comme une héroïne. Elle n’est pas glorifiée, encore moins idéalisée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>La vie et l’oeuvre de Charlotte Salomon illustrent ainsi à merveille cette magnifique citation d’Annie Ernaux qui affirme que «<em> ce qui compte, ce n’est pas ce qui arrive. C’est ce qu’on fait de ce qui arrive</em> ».</p>
</blockquote>



<p>« <em>On ne doit pas attendre que la vie nous aime. On doit aimer la vie</em> » lui lance son premier amour, le professeur de chant Alfred Wolfsohn. Charlotte retient le message. Sa peinture en est une magnifique transposition. Ses tableaux témoignent d’une existence volée par les absurdités d’un régime abject empuanti par une idéologie tout aussi immonde. Charlotte fait sienne la citation de Shakespeare. Si le monde entier est un théâtre. Et que, tous hommes et femmes, en sommes les acteurs. Alors Charlotte choisit d’en être aussi l’unique créatrice. Peindre au jour au jour devient une source d’agentivité pour l’artiste en s’affirmant comme un moyen de sublimer la tristesse aussi bien que la joie, l’énergie de la vie autant que l’angoisse de la mort. La vie et l’oeuvre de Charlotte Salomon illustrent ainsi à merveille cette magnifique citation d’Annie Ernaux qui affirme que «<em> ce qui compte, ce n’est pas ce qui arrive. C’est ce qu’on fait de ce qui arrive</em> ».</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEURS :</strong>   Eric Warin et Tahir Rana
<strong>NATIONALITÉ : </strong> Canada, Belgique, France
<strong>AVEC : </strong> Marion Cotillard, Romain Duris, Philippe Peythieu, Annie Le Youdec 
<strong>DURÉE : </strong> 1h32
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Diaphana Distribution 
<strong>SORTIE LE </strong>9 novembre 2022 </pre>
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		<title>Le Serment de Pamfir : le renouveau du cinéma d&#8217;auteur ukrainien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Berenice Paul]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Oct 2022 18:25:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs (désormais Quinzaine des Cinéastes) lors du Festival de Cannes 2022, le premier long-métrage de Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk, Le Serment de Pamfir dresse un portrait sans complaisance (symbolique) de la société rurale ukrainienne, coincée entre la violence et l’envie d’ailleurs. Un homme revient chez lui après plusieurs années d’absence. Voyou repenti, il s’est juré de ne jamais tremper dans les affaires. Un évènement inattendu l’oblige, malgré lui, à reprendre du service. Il se retrouve bientôt mêlé [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/le-serment-de-panfir-le-renouveau-du-cinema-dauteur-ukrainien/">Le Serment de Pamfir : le renouveau du cinéma d&rsquo;auteur ukrainien</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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<p>Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs (désormais Quinzaine des Cinéastes) lors du Festival de Cannes 2022, le premier long-métrage de Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk, <strong>Le Serment de Pamfir</strong> dresse un portrait sans complaisance (symbolique) de la société rurale ukrainienne, coincée entre la violence et l’envie d’ailleurs.</p>



<p>Un homme revient chez lui après plusieurs années d’absence. Voyou repenti, il s’est juré de ne jamais tremper dans les affaires. Un évènement inattendu l’oblige, malgré lui, à reprendre du service. Il se retrouve bientôt mêlé à une mafia tentaculaire, de laquelle il ne pourra s’extirper. Ce synopsis vous paraît-il familier ? Vous vous demandez peut-être où vous l’avez déjà vu ? N’essayez pas de faire de liste car vous seriez surpris d’apprendre qu’il existe dans la quasi-totalité des films, l’histoire œdipienne du héros voulant échapper à sa propre malédiction. Si le cinéma américain raffole des rédemptions tuées dans l’œuf, à la manière de<strong> L’Impasse</strong> ou de<a href="https://movierama.fr/better-call-saul-saison-6-partie-2-goodbye-saul/"> <strong>Better Call Saul</strong></a> (pour les séries), ce canevas inspire également les cinématographies européennes.</p>



<p><strong>Le Serment de Pamfir</strong> réactive le mythe de l’antihéros à l’américaine, en le transposant dans un univers aux antipodes du cliché originel. Pour son premier long-métrage, Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk a choisi de planter sa caméra dans la campagne ukrainienne. Alors qu’il travaille en Pologne, Leonid décide de passer quelques jours en famille. Le personnage redécouvre les siens dans une scène de retrouvailles qui, par ses emprunts à la culture théâtrale, déjoue le topos littéraire classique. Le film assume d’emblée une dimension double, que n’aurait pas reniée Janus. L’Eden retrouvé s’affirme comme le préambule d’un enfer redouté. Le paysage idyllique porte en lui les germes en puissance d’une menace en acte. La brume caressante du début, légère comme un voile de tulle, s’épaissit au fur et à mesure de l’intrigue, révélant ironiquement la menace qu’elle laissait planer jusque-là.</p>



<p><strong>Soi-même comme un autre</strong></p>



<p>Si la nature préfigure les évènements à venir, elle s’inscrit, plus globalement, au cœur d’un environnement métaphorique. « <em>Chacun de nous porte en lui le ciel et l’enfer</em>.» affirmait Oscar Wilde. Le réalisateur confère à ces paroles l’aura d’une tragédie grecque. Le retour au pays implique, pour le héros, de se confronter à une partie de lui-même qu’il aurait préféré oublier, et dont il croit être débarrassé. « Je » n’est pas un autre. Du moins, ne l’est-il plus. Leonid n’est pas moins Pamfir que Pamfir n’est plus Leonid. Au dilemme cornélien, le réalisateur préfère le chiasme rimbaldien saupoudré de références bibliques. « <em>Je ne fais pas le bien que je veux, mais je fais le mal que je hais </em>». Les mots de Saint Paul résonnent curieusement avec la trajectoire du héros. S’il n’est déjà pas en odeur de sainteté, en raison de son impiété affichée, ce dernier s’affiche, néanmoins, respectueux des valeurs traditionnelles.</p>



<p>Leonid fait figure d’homme courageux et fort. Celui qui s’est volontairement exilé afin de subvenir aux besoins des siens –, et dans, le même temps, de fuir le paternel (à qui il a crevé un œil). Le fils ne tue plus le père, il l’aveugle en lui rendant (symboliquement) la vue. La soudaine cécité du père tuait Pamfir en faisant (re)naître Leonid. Il en sera de même pour son propre fils – ou presque. Car, comme dans toute tragédie grecque, si l’histoire est toujours connue d’avance, son dénouement échappe nécessairement aux personnages. Leonid est rappelé à la réalité lorsque son fils Nazar met le feu à l’église du village. Un prénom qui ne s’invente pas. Signifié pour le moins signifiant, le terme «nazar », issu de l’arabe « œil » ou « regard », est souvent traduit en français par l’expression (injuste) de « mauvais œil ». Or, le mot renvoie, en réalité, à une amulette de forme oculaire destinée à conjurer le mauvais sort. Le réalisateur se plaît à jouer avec les croyances et autres mythologies religieuses.</p>



<p><strong>Tel père, tel fils ?</strong></p>



<p>Nazar ne protège pas son père du malheur. Pire, l’adolescent précipite la chute de son père. Invoquée, la fatalité sera inexorable. Leonid reprend le costume de Pamfir. Cette fois, il n’est plus tout seul mais fait face à un ennemi dénommé Oreste. Encore un nom qui ne s’invente pas. Encore une histoire de famille maudite. Encore un personnage de mafieux aux airs de Don Vito Corleone. On vous l’avait dit. Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk aime les références et le fait savoir. Ce combat de coqs aurait pu agacer. Il énerve parfois. Mais intéresse, cependant, lorsqu’il révèle – et se moque – de l’idéologie viriliste et de la surenchère guerrière qui règnent dans la société rurale ukrainienne.</p>



<p>Le carnaval de la fin prend alors tout son sens. Les hommes enfilent le costume de la bête de foire. Finis la belle et la bête. Voici le conte de « l’homme est la bête ». A mille lieux du village et de son feu de joie, dans le silence d’une forêt enneigée, un père sermonne son fils. Ainsi Pamfir devient-il Socrate, intimant à son disciple Nazar de se plier au ciel de ses propres idées. Voilà donc, pour un temps, le mauvais œil tragique chassé par le fils. Après tout, le fatum n’a qu’à bien se tenir. </p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk
<strong>NATIONALITÉ : </strong>ukrainienne 
<strong>AVEC : </strong> Oleksandr Yatsentyuk, Stanislav Potiak, Solomiya Kyrylova
<strong>GENRE : </strong>Drame 
<strong>DURÉE : </strong>1h42 
<strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Condor Distribution 
<strong>SORTIE LE </strong>2 novembre 2022 </pre>
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