Entre les vagues : la vie est une scène

Après s’être illustrée dans le court-métrage et avec le film Heis (chroniques), la réalisatrice française Anaïs Volpé revient avec le film Entre les Vagues, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au festival de Cannes cette année. Autodidacte, elle bénéficie d’un plutôt bon accueil de la critique, et Entre les Vagues n’y fera sans doute pas exception malgré ses quelques défauts. 

Alma et Margot, deux meilleures amies, aspirent à découvrir le monde et à devenir actrices. Leurs projets et liens indéfectibles seront mis en péril par la santé vacillante d’Alma, juste au moment où une occasion professionnelle pointe le bout de son nez pour les deux jeunes femmes. 

« Malgré une fin si prévisible qu’on ne la voyait même pas venir, Entre les vagues est un joli film sur l’amitié et l’abnégation […] »

Pour donner vie à cette amitié menacée, Volpé a choisi Déborah Lukumuena, déjà présente au festival pour le Robuste de Constance Meyer et Souheila Yacoub, qu’on a déjà vue dans Climax. Deux jeunes actrices très prometteuses, entre qui on sent une belle connexion pleine d’humour. Lukumuena, qui est souvent à l’écran pour son potentiel humoristique et sa gouaille, a ici l’occasion de démontrer à quel point elle peut exceller dans les rôles où il faut approfondir des vulnérabilités. Un pari gagnant, donc. Au niveau des rôles secondaires, on retrouve également un fonctionnement fluide, surtout du côté de Matthieu Longatte, qui incarne un acteur attachant mais pas trop écrasant, et de la chanteuse Angélique Kidjo, mère vaillante et forte à l’écran. 

Si le théâtre est au centre de l’intrigue, il faut reconnaître que les scènes de répétition qui la ponctuent sont souvent peu mémorables et archétypales, même si l’idée de nous plonger dans les têtes des héroïnes au lieu de nous les montrer jouer est plutôt intéressante et inhabituelle. De manière générale, il est parfois difficile de digérer la théâtralité du film, qui souvent fait dans le quitte ou double ; surtout avec le personnage de Margot, parfois un peu trop dans la démesure dramatique. 

Malgré une fin si prévisible qu’on ne la voyait même pas venir, Entre les vagues est un joli film sur l’amitié et l’abnégation, qui rappelle un peu à cet égard le film chinois L’Adieu. Une réalisatrice à suivre, donc.

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RÉALISATEUR : Anaïs Volpé
NATIONALITÉ : français
AVEC : Angélique Kidjo, Déborah Lukumuena, Matthieu Longatte
GENRE : drame
DURÉE : 1h39
DISTRIBUTEUR : KMBO
SORTIE LE 16 mars 2022