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	<title>CINEMA : TOUTES NOS CRITIQUES / MovieRama</title>
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	<title>CINEMA : TOUTES NOS CRITIQUES / MovieRama</title>
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		<title>L&#8217;Inconnue : ni vu ni connu(e)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2026 21:58:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Arthur Harari est un peu le célèbre inconnu du Festival de Cannes : révélé par Diamant noir (Prix du meilleur premier film pour le Syndicat français de la critique, deux nominations aux César en 2017) avec Niels Schneider, très remarqué avec Onoda, 10 000 nuits dans la jungle qui a fait l&#8217;ouverture d&#8217;Un Certain Regard et qui, pour certains, était l&#8217;un des meilleurs films français de l&#8217;année (César du meilleur scénario original en 2022) et aurait mérité de figurer en [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Arthur Harari est un peu le célèbre inconnu du Festival de Cannes : révélé par <strong>Diamant noir</strong> (Prix du meilleur premier film pour le Syndicat français de la critique, deux nominations aux César en 2017) avec Niels Schneider, très remarqué avec <strong><a href="https://movierama.fr/onoda-la-guerre-du-pacifique-naura-pas-de-fin/">Onoda, 10 000 nuits dans la jungle</a> </strong>qui a fait l&rsquo;ouverture d&rsquo;Un Certain Regard et qui, pour certains, était l&rsquo;un des meilleurs films français de l&rsquo;année (César du meilleur scénario original en 2022) et aurait mérité de figurer en compétition, récompensé enfin partout dans le monde avec <strong><a href="https://movierama.fr/anatomie-dune-chute-scenes-de-la-vie-conjugale/">Anatomie d&rsquo;une chute</a></strong> de Justine Triet, sa compagne, film dont il a été le brillant co-scénariste (Golden Globe, César et Oscar du meilleur scénario original en 2024). Cette année, il apparaît donc en pleine lumière avec <strong>L&rsquo;Inconnue</strong>, son troisième film, issu d&rsquo;un roman graphique, <strong>Le Cas David Zimmerman</strong>, coécrit avec son frère Lucas et scénarisé avec Vincent Poymiro. Aucun de ses films ne ressemble aux autres : thriller pour <strong>Diamant noir</strong>, film japonais dans l&rsquo;esprit de Kurosawa pour <strong><a href="https://movierama.fr/onoda-la-guerre-du-pacifique-naura-pas-de-fin/">Onoda</a></strong>, science-fiction et fantastique pour <strong>L&rsquo;Inconnue</strong>. Ce nouveau film devrait le consacrer comme un auteur radical, à la limite de l&rsquo;abstraction, captant un étrange air du temps à travers une fiction singulière et profondément originale.</p>



<p>À bientôt 40 ans, David Zimmerman est photographe mais personne ne le sait. Alors qu&rsquo;il ne sort presque jamais de chez lui, des amis le traînent dans une fête insensée. Il y repère une femme dans la foule, ne peut en détacher le regard, la suit&#8230; Quelques heures plus tard, David se réveille : il est dans le corps de l’inconnue.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Pour comprendre <strong>L&rsquo;Inconnue</strong>, il faut donc réaliser que ce qu&rsquo;on voit à l&rsquo;écran n&rsquo;est pas forcément la vérité et savoir regarder derrière l&rsquo;apparence des corps</p>
</blockquote>



<p>Le tout début de <strong>L&rsquo;Inconnue</strong> est assez anodin, voire peu attirant : un photographe qui ne publie pas ses photos, David Zimmerman (Niels Schneider, excellent et méconnaissable) au faux air d&rsquo;Andalou ténébreux, ne sort que pour sillonner les environs de la banlieue de Paris. Très mal dans sa peau, il reste le soir dans son modeste appartement, sauf quand des amis parviennent à le traîner à une soirée où il croise une inconnue qu&rsquo;il a déjà photographiée lors d&rsquo;un mariage. Cette dernière le force presque à avoir avec elle un rapport sexuel, orgasmique et très animal. Il quitte les lieux. Nous suivons l&rsquo;inconnue qui, de manière surprenante, rejoint l&rsquo;appartement de David. Nous comprenons que David est devenu l&rsquo;inconnue, par un étrange phénomène inexplicable. Sur Internet, l&rsquo;inconnue recherche des explications pour ce qui s&rsquo;est passé : changement de corps, délire de réincarnation, métempsychose, utilisation de drogue hallucinatoire&#8230;Aucune explication ne s&rsquo;avère réellement satisfaisante. Elle part à la recherche de David Zimmerman, du moins de son enveloppe corporelle&#8230;On finira par apprendre qu&rsquo;elle est Eva Helsinger, une actrice allemande, et que donc David habite désormais son corps. Mais on ne saura jamais où est passée l&rsquo;âme de la véritable Eva Helsinger. </p>



<p>A partir de là, Arthur Harari se lance dans une quête vertigineuse de l&rsquo;identité, où l&rsquo;on s&rsquo;aperçoit que, si l&rsquo;on ne connaît jamais réellement autrui, on ne se connaît jamais non plus vraiment soi-même. Entre Kafka, Antonioni et Lynch (<strong><a href="https://movierama.fr/lost-highway-faux-fuyant/">Lost Highway</a></strong> en particulier), il utilise le changement de corps comme une allégorie queer et trans, une métaphore de la dysphorie de genre (les personnes qui se sentent mal dans un genre qui leur est assigné dès leur naissance) mais finit par dépasser cet état de fluidité des genres pour invoquer l&rsquo;angoisse existentielle, la schizophrénie et la dépression (cf. le personnage de Sophie). <strong>L&rsquo;Inconnue</strong> est un film passionnant qui ne livre pas tous ses secrets à la première vision, loin de là. Peut-être même une lecture du roman graphique qui l&rsquo;a précédé serait fortement recommandée pour saisir toutes les arcanes et tous les sous-entendus de l&rsquo;intrigue du film. Comme dans certains grands films, <strong>Eyes wide shut</strong> (cf. les quatre ou cinq notes de piano, leitmotiv obsédant de la bande-son de <strong>L&rsquo;Inconnue</strong>) ou <strong>Mulholland Drive</strong>, il faudra voir plusieurs fois <strong>L&rsquo;Inconnue</strong> pour pouvoir décrypter tous ses secrets. </p>



<p><strong>L&rsquo;Inconnue</strong> pourrait passer pour une condamnation du libertinage en raison de ce changement de corps incessant qui nous destine à perdre notre âme. Ce n&rsquo;est pas forcément le propos d&rsquo;Arthur Harari, même si cela pourrait représenter un arrière-plan puritain sous-jacent. D&rsquo;un point de vue positif, cela pourrait aussi être une stigmatisation forte de la prédation sexuelle, Eva Helsinger pouvant être une prédatrice et manipulatrice hors normes qui aurait pour but de s&#8217;emparer de tous les corps, tel un virus qui contaminerait tous par voie sexuelle, ce qui rappellerait fortement un syndrome existant. Harari s&rsquo;appuie surtout stylistiquement sur un parti pris très fort : vouloir réaliser une histoire relevant du fantastique, sans recourir au moindre effet spécial, en l&rsquo;inscrivant dans la banalité du quotidien, ce qui ferait que cette métaphore du changement de corps et du mal-être qui lui préexiste ou s&rsquo;ensuit, pourrait s&rsquo;appliquer à presque toutes les situations. Cela peut parfois desservir le film auprès de certains qui vont lui reprocher de rester relativement terne dans sa photographie et de n&rsquo;avoir pas créé autour de cette histoire l&rsquo;atmosphère sensorielle qu&rsquo;elle aurait pu mériter. La mise en scène, pourtant précise et au cordeau, reste ainsi relativement en-deçà du scénario extraordinaire qu&rsquo;elle est censée servir. Ce parti pris esthétique quasi-naturaliste va dans le sens du film, en recouvrant d&rsquo;un voile réaliste une histoire fantastique, tout comme David va se cacher à l&rsquo;intérieur d&rsquo;Eva. Mais cela n&#8217;empêche pas Harari de marquer fortement les esprits grâce à une interprétation exceptionnelle où ses deux acteurs principaux repoussent chacun leurs limites : Niels Schneider en complet contre-emploi, jouant un artiste dépressif, et Léa Seydoux, ayant à peine récupéré de l&rsquo;accouchement de son deuxième enfant, se dépêtrant comme elle peut, d&rsquo;un corps encore alourdi, ce qui sert parfaitement le concept du film.</p>



<p>Pour comprendre <strong>L&rsquo;Inconnue</strong>, il faut donc réaliser que ce qu&rsquo;on voit à l&rsquo;écran n&rsquo;est pas forcément la vérité et savoir regarder derrière l&rsquo;apparence des corps, tout comme dans <strong>Dogville</strong>, Lars von Trier nous avait incité à regarder des décors imaginaires. C&rsquo;est le point de vue abstrait et fantastique, dans tous les sens du terme, qu&rsquo;Arthur Harari a adopté, ce qui devrait lui valoir a minima tous les prix du scénario, sinon beaucoup mieux.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-9"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:10%"></div></div><div class="score">4.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Arthur Harari <br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  française <br><strong>GENRE </strong>: drame, thriller, fantastique <br><strong>AVEC : </strong>Léa Seydoux, Niels Schneider, Lilith Grasmug, Valérie Dréville, Radu Jude, Victoire Du Bois, Shanti Masud <br><strong>DURÉE : </strong>2h20 <br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Pathé Films <br><strong>SORTIE LE </strong>26 août 2026 </pre>
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		<title>The Dog Stars : fin de partie?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2026 21:30:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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<p>Avec son trentième film, <strong>The Dog Stars</strong>, Ridley Scott, l&rsquo;un des plus anciens cinéastes en activité à 88 ans (seul Clint Eastwood paraît plus avancé), fête ses cinquante ans de carrière, son premier film <strong>Les Duellistes</strong> datant de 1977. Après avoir abordé de nombreux genres différents (le film historique, la science-fiction, le thriller-polar, le road-movie, le film épique, le péplum, le film de guerre, etc.), il s&rsquo;attaque cette fois-ci au western post-apocalyptique sur les traces de<strong> La Route</strong>. Malgré quelques passages à vide et nombre de situations relativement prévisibles, il en tire une conclusion étonnamment sereine et plutôt optimiste, surprenante de la part d&rsquo;un cinéaste connu pour son pessimisme foncier. </p>



<p>Depuis une dizaine d&rsquo;années, une mystérieuse&nbsp;pandémie&nbsp;a décimé les Etats-Unis. Hig, un jeune pilote, survit sur une base aérienne abandonnée du&nbsp;Colorado&nbsp;avec son chien Jasper et un ancien soldat, Bangley. Lorsque son&nbsp;Cessna 182 capte une&nbsp;trasnmission radio, il reprend espoir en une terre accueillante et une vie agréable.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Une possible conclusion à son oeuvre étonnamment sereine et plutôt optimiste, surprenante de la part d&rsquo;un cinéaste connu pour son pessimisme foncier. </p>
</blockquote>



<p>D&rsquo;après les prémices scénaristiques du film, on aurait pu s&rsquo;attendre à un film post-confinement, le virus décimant la Terre étant bien plus méchant que le COVID-19. Las, ce n&rsquo;est pas du tout le but de Ridley Scott qui ne s&rsquo;attarde guère sur les origines de la pandémie et encore moins sur la manière de la guérir. Son but n&rsquo;est pas non plus de créer un film d&rsquo;horreur à la <strong>28 jours plus tard</strong>. L&rsquo;action se trouve en retrait et n&rsquo;intervient véritablement que lors d&rsquo;une séquence explosive, la plus remarquable du film, aux deux tiers du film.</p>



<p>The Dog stars enchaîne surtout les plans de désolation, des images dépeuplées qui font penser que Ridley Scott n&rsquo;a rien perdu de son sens légendaire de l&rsquo;image. En revanche, l&rsquo;histoire est presque aussi dépeuplée que le monde qu&rsquo;elle décrit. Trois personnages solitaires vont tenter de retrouver des traces de vie dans un univers abandonné par la présence humaine. Peu d&rsquo;histoire et une caractérisation assez faible des personnages semblent la marque de <strong>The Dog Stars</strong>. On s&rsquo;étonnera de l&rsquo;inconsistance du personnage féminin offert à Margaret Qualley, uniquement destinée à devenir l&rsquo;intérêt amoureux du veuf éploré incarné par Jacob Elordi, surtout venant de la part d&rsquo;un cinéaste ayant donné maints signes de féminisme convaincu (Ripley, le personnage de Sigourney Weaver, dans <strong>Alien</strong>, ou les iconiques <strong>Thelma et Louise</strong>).</p>



<p><strong>The Dog Stars</strong> est en fait essentiellement un film de deuil, le héros traînant sa peine de veuf dépressif pendant tout le film. Mais une séquence va quasiment à elle seule sauver le film, celle de Grand Junction, grâce à une performance exceptionnelle d&rsquo;Alison Janney dans le rôle de Darlene qui va réveiller tous les personnages de leur torpeur post-apocalyptique. Nonobstant cette scène, le film ira vers une résolution étrangement heureuse, le militaire incarné par Josh Brolin se fondant avec bonheur dans la communauté Amish. Comme si Ridley Scott avait voulu donner un ultime signe d&rsquo;espoir dans une filmographie globalement pessimiste et désespérée, à rapprocher de l&rsquo;hédoniste <strong>Une Grande année</strong>. A tel point que <strong>The Dog Stars</strong>, sans être du tout un grand film, pourrait apparaitre comme un post-scriptum détaché, serein et réconfortant et une sorte de conclusion apaisée à toute son oeuvre. Mais la fin n&rsquo;est pas si proche : Ridley Scott prépare un <strong>Gladiator 3</strong>! </p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-5"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:50%"></div></div><div class="score">2.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Ridley Scott<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  américano-britannique<br><strong>GENRE </strong>: aventure, drame, thriller<br><strong>AVEC : </strong>Jacob Elordi, Margaret Qualley, Josh Brolin, Guy Pearce                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           <br><strong>DURÉE : </strong>1h59<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>20th Century Fox, The Walt Disney Company France <br><strong>SORTIE LE </strong>26 août 2026</pre>
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		<title>Dégel : la fonte d&#8217;une époque</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre LARVOL]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2026 21:05:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 1992, une curiosité surprend les visiteurs de l’Exposition universelle de Séville : un iceberg tout droit venu du Chili. Présenté comme l&#8217;emblème d&#8217;un pays en mutation, qui tourne la douloureuse page de la dictature, l&#8217;amas de glace, arraché à son habitacle, fond lentement. Il disparaît sous les yeux du monde. Second long-métrage de la réalisatrice Manuela Martelli (Chily 1976), Dégel fait de la fonte l&#8217;allié de la vérité : la fin d&#8217;une ère d&#8217;omerta. Un film à la force [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>En 1992, une curiosité surprend les visiteurs de l’Exposition universelle de Séville : un iceberg tout droit venu du Chili. Présenté comme l&#8217;emblème d&rsquo;un pays en mutation, qui tourne la douloureuse page de la dictature, l&rsquo;amas de glace, arraché à son habitacle, fond lentement. Il disparaît sous les yeux du monde. Second long-métrage de la réalisatrice Manuela Martelli (Chily 1976), <strong>Dégel </strong>fait de la fonte l&rsquo;allié de la vérité : la fin d&rsquo;une ère d&rsquo;omerta. Un film à la force tranquille sur une nation et une jeunesse prises en étau.</p>



<p>Gardée par ses grands-parents et vivant dans un hôtel en station de ski, la jeune Inès, 9 ans, se lie d&rsquo;amitié avec Hanna, une jeune sportive venue d&rsquo;Allemagne. Un jour, Hanna disparaît. Sa mère fait le voyage jusqu&rsquo;au Chili pour comprendre et retrouver sa fille. Elle pourra compter sur l&rsquo;aide de la curieuse et bilingue petite Inès.</p>



<p>D&rsquo;une certaine manière, <strong>Dégel </strong>est une variation chilienne de Shining : comme dans le livre de l&rsquo;écrivain Stephen King, tout est question d&rsquo;isolement, de comportements toxiques et de contamination du présent par le passé. Lorsque la jeune Inès, à la coupe au bol, se balade dans l&rsquo;hôtel de ses grands-parents, on croirait reconnaître Danny. Le pouvoir d&rsquo;Inès réside toutefois dans son regard, à la fois mélancolique et absent. Elle connaît parfaitement l’hôtel et sait se faufiler dans la vie des habitués comme dans celle des voyageurs de passage. L&rsquo;absence de ses parents est un poids aux conséquences silencieuses. Elle semble à la recherche d&rsquo;un palliatif, d&rsquo;une substitution : d&rsquo;un modèle pour grandir. La petite peut encore tout devenir, et c&rsquo;est pour cette raison que la cinéaste Manuela Martelli situe son récit en 1992 dans un pays en pleine mutation. Inès, comme Hanna, vit à la frontière de deux mondes : l’ancien, figé dans la dictature, l’omerta et les traditions, et l’autre, encore incertain, qu’incarne un iceberg en lente dissolution. Le film a par ailleurs la bonne idée de croiser les destins du Chili et de l&rsquo;Allemagne, les deux pays partageant, à cette époque, la chute d&rsquo;un régime et le début d&rsquo;une nouvelle page.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Un film à la force tranquille sur une nation et une jeunesse prises en étau</p>
</blockquote>



<p>Film sur l&rsquo;omerta et les secrets enfouis, <strong>Dégel</strong> tisse un lien entre les trajectoires individuelles et l’histoire d’un pays : comment faire cohabiter nos quotidiens avec les spectres et les erreurs du passé ? Le tragique passé du pays flotte dans l&rsquo;air, et, à l&rsquo;occasion, réapparaît : sur un poste de télévision, on découvre des squelettes lors de fouilles archéologiques. La mère d&rsquo;Hanna, ancienne sportive de haut niveau, lègue à sa fille sa vie de souffrance et de reniement. Au milieu de tout ça, Inès devient à la fois une sœur pour la plus jeune, et une seconde chance de voir sa fille grandir pour la mère. Tant bien que mal, chacun fait son chemin, quitte à taire les vérités envahissantes. L&rsquo;ambiance du film dépeint parfaitement cet état de trouble, cette pesanteur du silence. Un brouillard épaissi par une bande originale singulière et réussie faite de voix et de râles venues de loin. À la lisière entre le drame et le thriller paranoïaque, <strong>Dégel </strong>cultive le mystère. Hanna a promis à Inès de revenir en été. Seule la fonte nous le dira.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Manuela Martelli<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Chili, U.S.A., Espagne, Mexique<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Maya O’Rourke, Saskia Rosendahl, Maia Rae Domagala<br><strong>DURÉE : </strong>1h48<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Les Films du Losange<br><strong>SORTIE LE </strong>26 août 2026</pre>
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		<title>Memory of Princess Mumbi : les nouvelles technologies face aux anciennes énigmes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hanna Hromovetska]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2026 20:30:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[FESTIVALS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quatrième long métrage du jeune prodige kényano-suisse Damien Hauser, Memory of Princess Mumbi explore les possibilités offertes par l’intelligence artificielle tout en s’appuyant sur la structure apparemment inévitable du triangle amoureux. Aussi coloré qu’audacieux dans sa forme, le film renverse également les conventions du récit, proposant moins une révolution de l’écriture scénaristique qu’un rebondissement inattendu à découvrir. L’histoire se déroule dans un futur alternatif, en 2093, après une série de guerres dévastatrices dans les années 2070 ayant conduit à l’interdiction [&#8230;]</p>
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<p>Quatrième long métrage du jeune prodige kényano-suisse Damien Hauser, <strong>Memory of Princess Mumbi</strong> explore les possibilités offertes par l’intelligence artificielle tout en s’appuyant sur la structure apparemment inévitable du triangle amoureux. Aussi coloré qu’audacieux dans sa forme, le film renverse également les conventions du récit, proposant moins une révolution de l’écriture scénaristique qu’un rebondissement inattendu à découvrir.</p>



<p>L’histoire se déroule dans un futur alternatif, en 2093, après une série de guerres dévastatrices dans les années 2070 ayant conduit à l’interdiction des technologies et à la restauration des royaumes traditionnels. Kuve, un documentariste européen, se rend à Umata, un pays côtier d’Afrique, afin de filmer le rapport de ses habitants à leur passé. Mais au cours du tournage, sa nouvelle accompagnatrice, Mumbi, le pousse à renoncer à l’intelligence artificielle pour célébrer la réalité. Kuve accepte, et une tension romantique naît peu à peu entre eux. Pourtant, Mumbi est promise au prince d’un royaume voisin et doit l’épouser à la fin du tournage, ensevelissant à la fois son amour pour Kuve et son rêve de devenir une actrice de renommée mondiale.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Celui-ci souligne à son tour la frontière infranchissable entre le personnage social qu’incarne une femme et son monde intérieur, lequel devient d’autant plus insaisissable que le cinéma échoue à le décrypter. Et <strong>Memory of Princess Mumbi</strong> vient s’ajouter à cette liste.</p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Le scénario semble toutefois offrir une part de satisfaction à presque chacun de ses personnages. Plutôt que de suivre le chemin tout tracé qui leur est destiné, ils expérimentent toutes les possibilités de leur existence : la fuite avec l’être aimé, les conséquences d’un tel choix, les retrouvailles après de longues années, puis une réunion qui ne comble pourtant pas leurs attentes. Plus étonnant encore, une véritable amitié naît entre les deux rivaux annoncés — le fiancé et l’amant désiré. Ce qui rend l’ensemble encore plus captivant, c’est le lien constant avec la volonté de Kuve de comprendre Mumbi en tant que femme, une quête qui demeure irrésolue jusqu’aux toutes dernières minutes du film. Coincée entre deux hommes, Mumbi ne se voit pourtant jamais réellement accorder une véritable subjectivité et reste, de ce fait, difficilement comprise par eux — voire par le réalisateur lui-même — ce qui conduit finalement à la seule issue possible, aussi inévitable que profondément mélancolique.</p>



<p>Dans cette perspective, la méthode même de fabrication des images — un peu naïve, mais saturée de retouches par intelligence artificielle, de visuels audacieux et des couleurs riches caractéristiques du cinéma africain — crée un contraste émotionnel troublant entre la mélancolie du récit et la vitalité des images. Celui-ci souligne à son tour la frontière infranchissable entre le personnage social qu’incarne une femme et son monde intérieur, lequel devient d’autant plus insaisissable que le cinéma échoue à le décrypter. Et <strong>Memory of Princess Mumbi</strong> vient s’ajouter à cette liste.</p>



<p>Premier film kényan sélectionné aux Venice Days (Giornate degli Autori) de la Mostra de Venise, ce long métrage séduit avant tout par l’originalité naïve de son univers visuel, mais, sur le plan conceptuel, invite surtout à poursuivre la découverte de ce dont son réalisateur de 25 ans, Damien Hauser, ainsi que le cinéma kényan dans son ensemble, semblent être capables.</p>



<p></p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-6"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:40%"></div></div><div class="score">3</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Damien Hauser<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Suisse, Kenya<br><strong>GENRE </strong>: Drame, Science Fiction<br><strong>AVEC : </strong>Shandra Apondi, Ibrahim Joseph, Damien Hauser<br><strong>DURÉE : </strong>1h 19min<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Destiny Films<br><strong>SORTIE LE </strong>26 août 2026</pre>
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		<title>Face à la mer : une chronique sensible des désirs empêchés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2026 20:18:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Face à la mer, Helen Walsh signe un drame intimiste qui s’inscrit dans une tradition bien connue du cinéma britannique : celle des récits de communautés rurales confrontées au poids des traditions, des normes sociales et des secrets de famille. Le film ne cherche pas véritablement à révolutionner le genre, et son déroulement demeure assez prévisible, mais il compense ce manque de surprise par une approche sensible et nuancée de personnages pris entre leurs désirs personnels et les attentes [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Avec <strong>Face à la mer</strong>, Helen Walsh signe un drame intimiste qui s’inscrit dans une tradition bien connue du cinéma britannique : celle des récits de communautés rurales confrontées au poids des traditions, des normes sociales et des secrets de famille. Le film ne cherche pas véritablement à révolutionner le genre, et son déroulement demeure assez prévisible, mais il compense ce manque de surprise par une approche sensible et nuancée de personnages pris entre leurs désirs personnels et les attentes de leur entourage.</p>



<p>Jack est marié à Maggie depuis plus de la moitié de sa vie. Il travaille comme ramasseur de moules dans les bancs du nord du Pays de Galles, aux côtés de son jeune frère Dyfan et de ses trois fils. Dans cette famille où le métier se transmet naturellement d’une génération à l’autre, Jack imagine que Tom, après ses études, reprendra l’entreprise familiale. Mais le jeune homme ne semble pas disposé à suivre cette trajectoire toute tracée. Cette première fracture au sein de la famille se double bientôt d’une crise beaucoup plus intime lorsque Daniel, un matelot itinérant, révèle à Jack les sentiments qu’il éprouve pour lui.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>À travers ce dilemme, Helen Walsh explore moins la question de l’homosexualité en elle-même que celle du poids des conventions.</p>
</blockquote>



<p>À travers ce dilemme, Helen Walsh explore moins la question de l’homosexualité en elle-même que celle du poids des conventions. Jack est un homme profondément intégré à son environnement : mari, père, frère, travailleur, membre d’une communauté soudée autour de l’Église et des traditions. Son éventuel désir de sortir de ce cadre menace donc un équilibre construit durant toute une vie. Le film montre avec justesse que l’obstacle n’est pas seulement extérieur : Jack a lui-même intériorisé les règles et les valeurs de son milieu, ce qui rend son conflit particulièrement douloureux. La description de cette petite communauté côtière constitue d’ailleurs l’une des réussites du film. Walsh prend le temps de montrer un monde rural isolé, marqué par la rudesse du travail, les traditions familiales et religieuses, mais aussi par une forme de conservatisme patriarcal. De la même manière, les paysages maritimes sont assez bien exploités. La mer n’est pas un simple décor, c’est un prolongement de l’état intérieur des personnages.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Le scénario suit une trajectoire relativement prévisible et certains développements auraient gagné à être davantage approfondis</p>
</blockquote>



<p>La mise en scène d’Helen Walsh reste toutefois assez (trop&nbsp;?) classique. Elle est efficace, discrète et au service de son sujet, mais rarement véritablement surprenante. Le scénario suit une trajectoire relativement prévisible et certains développements auraient gagné à être davantage approfondis. Le film privilégie clairement l’émotion et l’observation des personnages à une véritable prise de risque formelle. Cette réserve n’empêche pas les deux interprètes principaux, Barry Ward et Lorne MacFadyen, de livrer des prestations convaincantes. Barry Ward apporte à Jack une grande retenue. Face à lui, Lorne MacFadyen incarne Daniel avec une sensibilité qui évite d’en faire un simple élément perturbateur. Leur relation fonctionne assez bien.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Cette réserve n’empêche pas les deux interprètes principaux, Barry Ward et Lorne MacFadyen, de livrer des prestations convaincantes.</p>
</blockquote>



<p>On peut également apprécier la manière dont <strong>Face à la mer</strong> évite, dans l’ensemble, de réduire ses personnages à des archétypes. Maggie, notamment, n’est pas simplement présentée comme l’épouse qui fait obstacle à l’épanouissement de Jack. Elle appartient elle aussi à ce monde et à cette histoire familiale, et son existence est intimement liée aux choix que son mari a faits pendant des décennies. Le film suggère ainsi que toute émancipation individuelle peut avoir des conséquences douloureuses sur ceux qui nous entourent.</p>



<p>Sans être un film particulièrement novateur, <strong>Face à la mer</strong> demeure donc une œuvre sensible et honnête. Sa principale force réside dans son atmosphère, la beauté de ses paysages et sa peinture d’une communauté rurale prise entre traditions et aspirations individuelles. Le film aurait sans doute pu aller plus loin dans l&rsquo;exploration de certains personnages et éviter quelques facilités narratives, mais son regard nuancé et sa dimension sociale lui donnent une véritable pertinence. Dans le contexte actuel, cette histoire de désir empêché et de liberté individuelle conserve une résonance particulière.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-5"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:41%"></div></div><div class="score">3</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Helen Walsh<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Grande-Bretagne<br><strong>GENRE </strong>: Drame, romance<br><strong>AVEC : </strong>Barry Ward, Lorne MacFadyen, Liz White<br><strong>DURÉE : </strong>1h56<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Optimale Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>26 août 2026</pre>
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		<title>Fjord : reconnaître à chacun sa part d&#8217;humanité</title>
		<link>https://movierama.fr/fjord-reconnaitre-a-chacun-sa-part-dhumanite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Aug 2026 15:44:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Cannes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Fjord, Cristian Mungiu a présenté son septième film au Festival de Cannes. Sept films en vingt-quatre ans, dont un film collectif, Contes de l&#8217;Age d&#8217;or : une oeuvre ramassée, dense et essentielle, dont tous les films ont été sélectionnés dans des sections diverses au Festival de Cannes, ce qui fait de Mungiu l&#8217;un des piliers du cinéma européen, voire mondial. En 2007, il a même été le plus brillant représentant de la vague du cinéma roumain (Poromboiu, Puiu, Nemescu) [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Avec <strong>Fjord</strong>, Cristian Mungiu a présenté son septième film au Festival de Cannes. Sept films en vingt-quatre ans, dont un film collectif, <strong>Contes de l&rsquo;Age d&rsquo;or</strong> : une oeuvre ramassée, dense et essentielle, dont tous les films ont été sélectionnés dans des sections diverses au Festival de Cannes, ce qui fait de Mungiu l&rsquo;un des piliers du cinéma européen, voire mondial. En 2007, il a même été le plus brillant représentant de la vague du cinéma roumain (Poromboiu, Puiu, Nemescu) déferlant en ces années-là, en parvenant à remporter la prestigieuse Palme d&rsquo;or du 60ème Festival de Cannes, avec <strong>4 mois, 3 semaines et 2 jours</strong>, un drame social sur les difficultés de l&rsquo;avortement en Roumanie, assez proche stylistiquement des Dardenne. Presque vingt ans plus tard, Mungiu est revenu avec <strong>Fjord</strong>, disposant cette fois-ci de deux têtes d&rsquo;affiche internationales, Sebastian Stan (<strong>Captain America : le Soldat de l&rsquo;hiver</strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/the-apprentice-ca-trump-enormement/">The Apprentice</a></strong>) et Renate Reinsve (<strong><a href="https://movierama.fr/julie-en-douze-chapitres-entre-lancien-et-le-nouveau-monde/">Julie (en douze chapitres)</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/la-convocation-linconscient-dune-femme/">La Convocation</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/valeur-sentimentale-la-tentation-du-vertige/">Valeur sentimentale</a></strong>, <strong><a href="https://movierama.fr/backrooms-le-mystere-de-la-chambre-jaune/">Backrooms</a></strong>), passant ainsi en vingt ans de jeune talent prometteur à metteur en scène confirmé et ayant une stature internationale, lui permettant ainsi d&rsquo;obtenir sa deuxième Palme d&rsquo;or, et de rentrer dans ce club très fermé des Dix lauréats d&rsquo;une double Palme d&rsquo;or (en fait neuf, les Dardenne comptant pour une unité). <strong>Fjord </strong>est ainsi un beau film humaniste, parfaitement non-manichéen, qui renvoie dos à dos conservatisme rigoriste et progressisme borné, magistralement écrit, dialogué et réalisé en plans-séquences souvent fixes, où la fluidité de la mise en scène et du jeu d&rsquo;acteurs n&rsquo;a d&rsquo;égale que sa discrétion.</p>



<p>Le couple roumano-norvégien Gheorghiu s&rsquo;installe avec ses enfants dans un village&nbsp;norvégien&nbsp;situé au fond d&rsquo;un&nbsp;fjord. Cette famille très&nbsp;croyante&nbsp;se lie rapidement d&rsquo;amitié avec ses&nbsp;voisins, les Halberg. Malgré leurs styles&nbsp;éducatifs&nbsp;différents, les enfants des deux familles tissent des liens étroits. Un jour, lorsque des&nbsp;enseignants&nbsp;constatent des traces de&nbsp;maltraitance physique&nbsp;sur Elia, l’aînée des Gheorghiu, le soupçon s’installe dans la communauté. Les pratiques éducatives conventionnelles des parents auraient-elles franchi la limite de la violence&nbsp;? L’enquête qui s’ensuit plonge toute la famille dans le chaos</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>un beau film humaniste, parfaitement non-manichéen, qui renvoie dos à dos conservatisme rigoriste et progressisme borné, magistralement écrit, dialogué et réalisé en plans-séquences souvent fixes, où la fluidité de la mise en scène et du jeu d&rsquo;acteurs n&rsquo;a d&rsquo;égale que sa discrétion. </p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Le dernier jour du Festival de Cannes, <strong>Fjord </strong>faisait partie des favoris pour la Palme au même titre que <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev/">Minotaure </a></strong>d&rsquo;Andrei Zviaguintsev et <strong><a href="https://movierama.fr/fatherland-le-chronotope-perdu/">Fatherland </a></strong>de Pawel Pawlikowski. Dans un festival un peu gris, où aucun choc esthétique ne s&rsquo;est signalé et aucun film ne se détachait véritablement, on ne peut que se féliciter avec le recul du choix effectué par le jury. Grâce à la précision de son écriture quasi chirurgicale et son humour pince-sans-rire, laissant deviner les mensonges des uns et les a priori des autres, <strong>Fjord </strong>l&#8217;emportait assez justement sur les évolutions de caméra somptueuses et ostentatoires de <strong><a href="https://movierama.fr/minotaure-dans-les-labyrinthes-de-zvyaguintsev/">Minotaure </a></strong>ou le formalisme hiératique de <strong><a href="https://movierama.fr/fatherland-le-chronotope-perdu/">Fatherland</a></strong>.</p>



<p>Partant d&rsquo;un fait divers s&rsquo;étant déroulé en Norvège dix ans auparavant, Cristian Mungiu interroge les extrêmismes idéologiques, d&rsquo;où qu&rsquo;ils viennent. le rigorisme chrétien qui est assez évident dans ses limites mais surtout le progressisme imbu de lui-même, de ses valeurs et son bien-fondé idéologique. Cela lui a valu suite à sa projection cannoise et sa Palme d&rsquo;or méritée, une levée de boucliers de la gauche bien-pensante, lui reprochant d&rsquo;avoir retourné sa veste, depuis sa défense de l&rsquo;avortement dans <strong>4 mois, 3 semaines et 2 jours</strong>. Or il n&rsquo;en est évidemment rien, Mungiu souhaitant réunir tout le monde dans un esprit mutuel de compréhension réciproque, en reconnaissant une intangible part d&rsquo;humanisme aux chrétiens radicaux du couple Gheorghiu mais aussi en questionnant l&rsquo;acharnement suspect des services sociaux de l&rsquo;enfance qui décide de retirer leurs enfants au couple.</p>



<p>Ce faisant, Mungiu procède à une inversion des valeurs, se moquant un peu des films-dossiers complètement manichéens qui instruisent uniquement à charge contre telles personnes qui n&rsquo;ont pas l&rsquo;heur d&rsquo;avoir les valeurs politiquement correctes du moment. Ceux qui protestent contre le film sont paradoxalement les progressistes qui se considèrent ridiculisés. Pourtant il ne s&rsquo;agit pas ici de ridiculiser les wokistes comme le fait Todd Field dans <a href="https://movierama.fr/tar-prova-dorchestra/"><strong><strong>Tár</strong></strong> </a>ou Agnès Jaoui dans <strong><a href="https://movierama.fr/lobjet-du-delit-folie-bourgeoise/">L&rsquo;Objet du délit</a></strong>, en montrant des personnages stupides et intellectuellement limités (l&rsquo;élève du cours de Lydia Tàr ou la metteuse en scène débile d&rsquo;opéra). Imaginons ainsi <strong>Fjord </strong>mis en scène par un metteur en scène moins profond et subtil, cela aurait donné un film de type « soviétique » où les chrétiens seraient accablés tout au long de l&rsquo;intrigue, comme des individus ignobles et tortionnaires. Dans <strong>Fjord</strong>, le doute est au contraire permis, aucune scène ni le moindre dialogue n&rsquo;attestant de réelle maltraitance ni de châtiments corporels. Rappelons que, lors de l&rsquo;Antiquité, les chrétiens étaient persécutés par les Romains. Remplaçons « chrétiens » par « musulmans » ou « pro-palestiniens », on se rendra compte que, comme par magie, la donne s&rsquo;en trouve complètement modifiée de la part de la gauche idéologiquement bornée. Mungiu montre ainsi que toutes les positions sont finalement réversibles, qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas forcément un camp du Bien immuable, et qu&rsquo;il faut laisser sa chance surtout à l&rsquo;humanité.</p>



<p>Du côté de la mise en scène, Mungiu organise admirablement sa gestion de l&rsquo;espace en plans-séquences autonomes, souvent fixes (mais pas toujours) qui pourrait ravir les admirateurs de Tati et d&rsquo;Haneke car il laisse totalement le choix au spectateur de voir ce qu&rsquo;il souhaite voir dans chaque plan, certains réunissant parfois plus de dix personnages dans le même cadre. Les membres de la famille Gheorghiu, ceux de la famille Halberg, les représentants de l&rsquo;Aide Sociale à l&rsquo;enfance, se partagent souvent l&rsquo;écran, sans que la mise en scène n&rsquo;exprime de préférence nette, les traitant sur un pied d&rsquo;égalité, comme dans la vie, selon une vision démocratique de la mise en scène. Tout est si fluide et peu ostentatoire que le spectateur novice pourrait très bien ne pas remarquer le formidable travail de mise en scène et de direction d&rsquo;acteurs, permettant une circulation apparemment libre des acteurs au sein d&rsquo;un même plan, le tout ayant le bel effet du plus grand naturel. Narrativement, Mungiu organise une narration à deux étages en fonction des générations, montrant une aussi grande facilité à dépeindre les tourments des parents adultes que les enthousiasmes et débordements des enfants adolescents.</p>



<p>Avec <strong>Fjord</strong>, Cristian Mungiu poursuit et prolonge ses oeuvres antérieures : l&rsquo;amitié et plus si affinités de Noora et Elia évoque l&rsquo;amitié sororale et indéfectible des deux colocataires de <strong>4 mois, 3 semaines et 2 jours</strong>, ainsi que celle des deux orphelines d&rsquo;<strong>Au-delà des collines.</strong> De même, son nouveau film est lié à son précédent <strong><a href="https://movierama.fr/r-m-n-transylvania-versus-europea/">R.M.N. </a></strong>qui montrait comment le mépris des classes populaires pouvait réveiller à tort l&rsquo;étincelle du nationalisme. Comme dans tous ses films, Mungiu ne cherche pas à opposer le Bien au Mal mais à explorer une zone grise, où personne n&rsquo;a vraiment tort ni totalement raison, comme dans la vie. Concernant Mungiu, comme personne ne tombera jamais d&rsquo;accord, il se permet de poser la question fondamentale : comment réussir à vivre ensemble, malgré toutes les croyances, les opinions, les expériences différentes, comment comprendre ceux qui ne pensent pas comme nous, ceux que l&rsquo;on croit avoir toujours tort, ceux qui peuvent avoir peut-être raison tout autant que nous. Alors que Jean Renoir disait dans <strong>La Règle du jeu</strong>, « <em>ce qui est terrible sur cette terre, c&rsquo;est que tout le monde a ses raisons</em>« , Cristian Mungiu se montre digne du tragique constat de son brillant devancier car, entre conservatisme et progressisme, entre Charybde et Scylla, <strong>Fjord </strong>pourrait en être l&rsquo;une des plus justes illustrations.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Cristian Mungiu <br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  roumaine <br><strong>GENRE </strong>: drame <br><strong>AVEC : </strong>Sebastian Stan, Renate Reinsve, Alin Panc, Lisa Loven Kongsli, Ellen Dorrit Petersen, Henrikke Lund-Olsen, Vanessa Ceban<br><strong>DURÉE : </strong>2h26 <br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Le Pacte <br><strong>SORTIE LE </strong>19 août 2026 </pre>
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		<title>Oklahoma Honey : le miel et les abeilles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Aug 2026 14:45:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si Oklahoma Honey, le second long métrage d&#8217;Andrew Patterson (après The Vast of night, sorti directement sur Prime Video en 2020), possède une vraie personnalité, une atmosphère immédiatement identifiable et quelques jolis moments, il souffre malheureusement aussi d&#8217;une volonté permanente d&#8217;en faire beaucoup trop à tous les niveaux. Au cœur des terres reculées de l’Oklahoma rural, Amziah King, personnage charismatique au talent musical hors du commun, veille sur une bande de marginaux passionnés de bluegrass tout en supervisant la plus [&#8230;]</p>
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<p>Si <strong>Oklahoma Honey</strong>, le second long métrage d&rsquo;Andrew Patterson (après <strong>The Vast of night</strong>, sorti directement sur Prime Video en 2020), possède une vraie personnalité, une atmosphère immédiatement identifiable et quelques jolis moments, il souffre malheureusement aussi d&rsquo;une volonté permanente d&rsquo;en faire beaucoup trop à tous les niveaux.</p>



<p>Au cœur des terres reculées de l’Oklahoma rural, Amziah King, personnage charismatique au talent musical hors du commun, veille sur une bande de marginaux passionnés de bluegrass tout en supervisant la plus importante exploitation apicole de la région. Lorsque sa fille adoptive, dont il était éloigné depuis des années, réapparaît soudainement, Amziah y voit l’occasion de renouer les liens et de bâtir avec elle une entreprise familiale. Mais le monde du miel est sans pitié, et les rivaux d’Amziah menacent de détruire tout ce qu’il a construit.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Et il faut reconnaître au film une véritable capacité à créer son univers. L&rsquo;Amérique rurale qu&rsquo;il dépeint possède une chaleur et une étrangeté assez communicatives.</p>
</blockquote>



<p>Le film a, au départ, tout pour séduire&nbsp;: un coin perdu des États-Unis, le milieu du commerce du miel, du bluegrass, une histoire de transmission entre un père adoptif et sa fille, des histoires de rivalité et de vengeance. Et il faut reconnaître au film une véritable capacité à créer son univers. L&rsquo;Amérique rurale qu&rsquo;il dépeint possède une chaleur et une étrangeté assez communicatives. On a presque envie de rester dans cette petite communauté, de s&rsquo;asseoir avec eux autour d&rsquo;une table et d&rsquo;écouter jouer de la musique. La bande-son est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;une des réussites du film. Le bluegrass n&rsquo;est pas simplement utilisé comme une couleur locale : il participe pleinement à l&rsquo;identité du récit. Les séquences musicales comptent parmi les moments où <strong>Oklahoma Honey</strong> semble le plus naturellement trouver son rythme.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Il y a une recherche formelle, c&rsquo;est indéniable, mais elle finit par devenir un peu envahissante.</p>
</blockquote>



<p>Le problème, c&rsquo;est que Patterson semble parfois tellement amoureux de son propre dispositif qu&rsquo;il ne peut s&#8217;empêcher de nous le montrer. La première partie est, à ce titre, vraiment épuisante. Le réalisateur veut constamment affirmer sa mise en scène : arrêts sur image, montage heurté, mouvements de caméra, changements de rythme, effets de montage et petits effets de style clinquants. Il y a une recherche formelle, c&rsquo;est indéniable, mais elle finit par devenir un peu envahissante. C&rsquo;est assez paradoxal, parce que son film est beaucoup plus intéressant lorsqu&rsquo;il accepte simplement de regarder vivre ses personnages&nbsp;: l&rsquo;ouverture installe immédiatement cet univers si particulier et la scène de l&rsquo;école fonctionne également très bien, avec cette capacité à faire cohabiter l&rsquo;étrange, l&rsquo;humour et une certaine tension.</p>



<p>Pris séparément, certains morceaux du film sont réussis ; assemblés, ils forment un ensemble nettement plus bancal. La faute sans doute à un scénario qui donne parfois l&rsquo;impression de vouloir raconter plusieurs films à la fois. On commence avec une chronique familiale et communautaire, on glisse vers une sorte de comédie rurale, puis vers le thriller, le western contemporain et enfin le film de vengeance. Cette évolution n&rsquo;est pas forcément un défaut en soi, mais les transitions sont parfois brutales. De plus, la durée du long métrage n&rsquo;aide pas. Le film possède une tendance assez prononcée à s&rsquo;attarder sur ses personnages, ses chansons, ses abeilles et son petit monde. Même les métaphores sont parfois surlignées. Le parallèle entre la ruche et la communauté humaine est assez évident : chacun a sa place, chacun contribue à l&rsquo;équilibre du groupe, et la disparition d&rsquo;un élément menace l&rsquo;ensemble. Le réalisateur insiste tellement dessus qu&rsquo;il finit par expliquer ce que le spectateur avait déjà compris.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Oklahoma Honey</strong> ressemble davantage à un assemblage d&rsquo;idées qu’à un récit vraiment cohérent.</p>
</blockquote>



<p>La deuxième partie est plus classique, moins nerveuse. Pour autant, si sur le papier ce changement pouvait être stimulant, à l’écran, il apparaît moins surprenant et surtout moins incarné. Le personnage de Kateri, pourtant appelé à prendre une place centrale, est moins convaincant, Angelina LookingGlass étant beaucoup plus monolithique que Matthew McConaughey. C&rsquo;est d&rsquo;autant plus dommage que le film repose finalement beaucoup sur elle. À l&rsquo;inverse, Matthew McConaughey est clairement la force du film. Il retrouve ici un rôle qui semble avoir été écrit pour lui : un type un peu lunaire, charismatique et chaleureux. Kurt Russell, malheureusement, est davantage sous-employé. Son personnage aurait pu constituer un véritable antagoniste à la hauteur d&rsquo;Amziah, mais le film ne lui donne pas suffisamment de matière pour que cette rivalité devienne vraiment passionnante.</p>



<p>Toutefois, le film aime profondément ses personnages et son petit morceau d&rsquo;Amérique. Il décrit une communauté qui repose davantage sur la solidarité, la musique et la transmission que sur les clichés habituels associés à l&rsquo;Amérique rurale. Cette dimension-là fonctionne réellement même si cela ne suffit pas à en faire le grand film que certains ont vu. <strong>Oklahoma Honey</strong> ressemble davantage à un assemblage d&rsquo;idées qu’à un récit vraiment cohérent.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-5"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:41%"></div></div><div class="score">3</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Andrew Patterson<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> États-Unis<br><strong>GENRE </strong>: Drame, Thriller<br><strong>AVEC : </strong>Matthew McConaughey, Angelina LookingGlass, Kurt Russell<br><strong>DURÉE : </strong>2h10<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong> Metropolitan FilmExport <br><strong>SORTIE LE </strong>19 août 2026</pre>



<p></p>
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		<title>La fin d&#8217;Oak Street : le jardin des dinosaures</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David SPERANSKI]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Aug 2026 10:42:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>David Robert Mitchell fait partie des petits prodiges du cinéma indépendant américain qui ont connu leur heure de gloire, avec quelques films, et puis le soufflé est retombé avec un film trop exposé, souvent au Festival de Cannes. On pourra comparer avec profit les trajectoires assez similaires de Richard Kelly et de David Robert Mitchell : un succès certain (Donnie Darko pour Kelly, It follows pour David Robert Mitchell), qui a engendré une hype inévitable, puis une oeuvre (trop?) ambitieuse [&#8230;]</p>
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<p>David Robert Mitchell fait partie des petits prodiges du cinéma indépendant américain qui ont connu leur heure de gloire, avec quelques films, et puis le soufflé est retombé avec un film trop exposé, souvent au Festival de Cannes. On pourra comparer avec profit les trajectoires assez similaires de Richard Kelly et de David Robert Mitchell : un succès certain (<strong>Donnie Darko</strong> pour Kelly,  <strong>It follows</strong> pour David Robert Mitchell), qui a engendré une hype inévitable, puis une oeuvre (trop?) ambitieuse qui obtient des retours, sinon catastrophiques, du moins mitigés (<strong>Southland Tales</strong> de Kelly,  <strong>Under the Silver Lake </strong>de DRM). Pourtant il convient de distinguer les deux cinéastes : Kelly ne s&rsquo;est jamais remis de ce rejet massif ; David Robert Mitchell tente, quant à lui, de se réinventer, qui plus est, dans le cinéma commercial. <strong>La Fin d&rsquo;Oak Street </strong>prend ainsi les atours d&rsquo;un blockbuster estival, pour rendre hommage à un certain Steven Spielberg et à une franchise qui s&rsquo;est inscrite dans le prolongement de l&rsquo;utilisation révolutionnaire d&rsquo;effets numériques.. </p>



<p>Suite à un étrange événement cosmique, le quartier d’Oak Street se retrouve transporté en un lieu mystérieux. Les Platt, qui ne reconnaissent plus leur environnement familier, ne tardent pas à comprendre qu’il leur faut absolument rester unis s’ils veulent s’en sortir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>La Fin d&rsquo;Oak Street </strong>prend ainsi les atours d&rsquo;un blockbuster estival, pour rendre hommage à un certain Steven Spielberg et à une franchise qui s&rsquo;est inscrite dans le prolongement de l&rsquo;utilisation révolutionnaire d&rsquo;effets numériques..</p>
</blockquote>



<p></p>



<p><strong>Under the Silver lake </strong>était un film fourre-tout, farci de citations en tous genres, où David Robert Mitchell a voulu trop en faire et se trouvait constamment en surrégime, en surchauffe permanente. A la différence de ce précédent film, <strong>La Fin d&rsquo;Oak Street </strong>est au contraire très cadré, localisé dans un quartier précis, et resserré sur une famille en particulier. David Robert Mitchell est une sorte de cinéaste convalescent et doit reprendre le B,A BA, plutôt que de s&rsquo;aventurer dans des volutes baroques et maniéristes. Ce réflexe de retour aux automatismes s&rsquo;avère assez payant car DRM se pose la question la plus élémentaire et la résout de la manière la plus simple et efficace possible : comment faire cohabiter les membres d&rsquo;une même famille ainsi que d&rsquo;autres entités dans le même cadre. </p>



<p>DRM s&rsquo;en tire plutôt bien, en utilisant la profondeur de champ pour l&rsquo;apparition discrète d&rsquo;un serpent de mer, et en organisant un passage de relais entre tous les membres d&rsquo;une famille au sein d&rsquo;un plan. Le fait d&rsquo;insérer des dinosaures dans le quotidien le plus banal rend le film paradoxalement beaucoup plus crédible que dans les suites à rallonge de <strong>Jurassic Park</strong>, se passant dans des parcs d&rsquo;attraction géants. Avec le soutien de JJ Abrams, fan inconditionnel de Spielberg, <strong>La Fin d&rsquo;Oak Street</strong> est un immense hommage au Maître Steven et à la manière dont il a révolutionné Hollywood dans les années 80 (période du film). On notera également quelques clins d&rsquo;oeil aux <strong>Oiseaux </strong>d&rsquo;Hitchcock, voire quant à [ATTENTION SPOILERS] l&rsquo;explication du phénomène, les fameux trous de ver d&rsquo;<strong>Interstellar.</strong> Tourné en 2024, le film a vu plusieurs fois sa date de sortie modifiée, de mai 2025 à août 2026; Finalement, il a été décidé de le glisser dans la foulée de <a href="https://movierama.fr/lodyssee-partir-revenir/" type="link" id="https://movierama.fr/lodyssee-partir-revenir/"><strong>L&rsquo;Odyssée</strong>,</a> afin qu&rsquo;il puisse profiter de l&rsquo;impulsion du film de Nolan, étant donné la présence commune de la rayonnante Anne Hathaway. Conçu comme un divertissement estival, ce film ne va pas chercher midi à quatorze heures, ne nécessitera guère de réflexions approfondies mais apportera sa dose de grands frissons, sans trop de difficultés.</p>



<p>C&rsquo;est donc un exercice de style dont DRM se tire plutôt de manière satisfaisante, ou si l&rsquo;on veut, une séance de remise en forme pour un cinéaste ayant perdu ses moyens et en quête d&rsquo;une réussite réconfortante aux niveaux artistique et financier. Rendre hommage se révèle parfois difficile, entre excès d&rsquo;humilité et désintérêt profond. David Robert Mitchell trouve une assez bonne distance avec son sujet, en le traitant de manière ludique et malicieuse, sans respect excessif. Dans <strong>La Fin d&rsquo;Oak Street,</strong> il s&rsquo;agit en effet de constater si l&rsquo;unification d&rsquo;une communauté peut permettre de la sauver. Dans une perspective idéaliste, conforme au modèle spielbergien et aux conventions hollywoodiennes, le metteur en scène répond oui et nous donne déjà rendez-vous avec un <strong>They follow</strong>, destiné à réactiver le succès de son film initial. </p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> David Robert Mitchell <br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  américaine <br><strong>GENRE </strong>:  Action, Aventure, Science-fiction<br><strong>AVEC : </strong>Anne Hathaway, Ewan McGregor, Maisy Stella, Christian Convery, <br><strong>DURÉE : </strong>1h40<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Warner Bros France <br><strong>SORTIE LE </strong> 12 août 2026 </pre>
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		<title>Soudain : le bouleversant mélodrame humaniste de Ryusuke Hamaguchi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Aug 2026 22:43:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Asako I &#38; II, puis Drive My Car, Ryusuke Hamaguchi était de retour sur la Croisette en compétition avec Soudain, l’un des longs métrages les plus attendus. &#160;D’emblée, le film s’impose comme une œuvre d’une rare délicatesse qui prolonge, tout en la renouvelant profondément, la réflexion du cinéaste sur les liens humains, le langage et la possibilité d’une vérité émotionnelle partagée. Avec une ampleur mélodramatique inattendue mais jamais démonstrative, Hamaguchi signe peut-être son film le plus bouleversant : un [&#8230;]</p>
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<p>Après <strong>Asako I &amp; II</strong>, puis <strong>Drive My Car</strong>, Ryusuke Hamaguchi était de retour sur la Croisette en compétition avec <strong>Soudain</strong>, l’un des longs métrages les plus attendus. &nbsp;D’emblée, le film s’impose comme une œuvre d’une rare délicatesse qui prolonge, tout en la renouvelant profondément, la réflexion du cinéaste sur les liens humains, le langage et la possibilité d’une vérité émotionnelle partagée. Avec une ampleur mélodramatique inattendue mais jamais démonstrative, Hamaguchi signe peut-être son film le plus bouleversant : un grand récit sur le soin, la dignité et la puissance presque miraculeuse de la rencontre.</p>



<p>Directrice d&rsquo;un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou tente d&rsquo;y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l&rsquo;écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire. En nouant une amitié profonde, les deux femmes engagent ensemble un combat pour “rendre possible l’impossible”.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Dès les premières scènes, <strong>Soudain </strong>impressionne par la précision de son regard. </p>
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<p>Dès les premières scènes, <strong>Soudain </strong>impressionne par la précision de son regard. Le film suit Marie-Lou, directrice d’un établissement pour personnes âgées interprétée par Virginie Efira, qui tente d’y instaurer une philosophie de soins fondée sur l’écoute, la patience et la dignité des résidents. Cet espace médicalisé n’est pas qu’un simple décor social. Le cinéaste transforme le quotidien d’un EHPAD en territoire métaphysique. À travers les gestes répétitifs des soignants, les silences des pensionnaires, les regards fatigués ou les corps diminués, il interroge ce que signifie véritablement « prendre soin ». Rarement le cinéma contemporain aura filmé avec autant de justesse la vieillesse et la dépendance sans jamais tomber dans le misérabilisme ou le pathos. Hamaguchi refuse toute sentimentalité facile.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Hamaguchi ne cherche jamais à arracher les larmes, et c’est précisément pour cela que le film bouleverse, le cinéma devenant un lieu d’écoute et de réparation</p>
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<p>La rencontre entre Marie-Lou et Mari, metteuse en scène japonaise atteinte d’un cancer, fait alors basculer le film dans une dimension intime et spirituelle. Ce qui aurait pu devenir un récit de maladie classique se transforme en méditation vertigineuse sur la possibilité de continuer à créer, aimer et transmettre face à la disparition imminente. Hamaguchi construit leur relation avec une pudeur exceptionnelle. Rien n’est souligné, rien n’est forcé : l’amitié naît dans le quotidien, dans les conversations apparemment anodines. C’est précisément là que la mise en scène du cinéaste japonais est remarquable. Comme dans <strong>Drive My Car</strong>, il déploie un art du dialogue unique dans le cinéma contemporain. Les scènes s’étirent, les visages sont filmés avec une attention quasi documentaire, laissant affleurer les hésitations, les émotions, les dilemmes intérieurs. La parole devient un espace de révélation, comme dans d’autres œuvres de Hamaguchi. Mais ce qui rend <strong>Soudain</strong> véritablement immense, c’est sa capacité à produire de l’émotion sans manipulation. Hamaguchi ne cherche jamais à arracher les larmes, et c’est précisément pour cela que le film bouleverse, le cinéma devenant un lieu d’écoute et de réparation. Comme l’indique le titre, le cinéaste filme la fragilité de la vie avec une vraie douceur. Son cinéma demeure profondément humaniste, mais, dans le même mouvement lucide.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Soudain</strong> parle de la mort mais aussi et surtout de l’attention portée aux autres, de la mémoire, de l’art, des gestes de tendresse et de la capacité à transformer les institutions de l’intérieur.</p>
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<p>Côté mise en scène, Hamaguchi privilégie des cadres fixes (quelques mouvements), une lumière naturelle sublime rendant l’ensemble très élégant. Chaque plan semble respirer. Le cinéaste laisse au spectateur le temps de regarder réellement les êtres. Cette temporalité dilatée produit un effet profondément immersif. Le travail sur les espaces est tout aussi remarquable. L’établissement pour personnes âgées devient progressivement un espace de fin de vie ainsi qu’une sorte de laboratoire d’utopie humaine. La présence de Mari, dans la dernière partie, vient alors redonner au lieu une énergie de création inattendue. Ensemble, les deux femmes cherchent à « rendre possible l’impossible ». <strong>Soudain</strong> parle de la mort mais aussi et surtout de l’attention portée aux autres, de la mémoire, de l’art, des gestes de tendresse et de la capacité à transformer les institutions de l’intérieur.</p>



<p>Le film doit aussi énormément à ses interprètes. Virginie Efira livre probablement l’une des plus grandes performances de sa carrière. Son jeu, tout en retenue, épouse parfaitement le cinéma d’Hamaguchi. Son alchimie avec Tao Okamoto est le cœur du film, le duo fonctionnant à merveille.</p>



<p>Chef-d’œuvre de sensibilité et de mise en scène, <strong>Soudain</strong> confirme Ryusuke Hamaguchi comme l’un des plus grands cinéastes contemporains. Il livre ici un film d’une grande beauté, humaniste et poétique. Une œuvre majeure.</p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Ryūsuke Hamaguchi<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> France, Japon, Allemagne, Belgique<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Virginie Efira, Tao Okamoto, Gabriel Dahmani, Jean-Charles Clichet<br><strong>DURÉE : </strong>3h16<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Diaphana Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>12 août 2026</pre>
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		<title>Une affaire turque : le prix très lourd de l’ascension sociale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Aug 2026 17:41:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Une affaire turque, son premier long métrage, Hüseyin Aydin Gürsoy s’attaque à un sujet à la fois intime et politique : celui de l’identité, de l’intégration et du poids des origines dans une société française qui prétend volontiers avoir dépassé ces questions. À travers Mathieu, avocat d’affaires brillant et ambitieux, le réalisateur raconte le parcours d’un homme qui a réussi à force de travail, mais dont la réussite s’est aussi construite sur une forme de rupture avec son milieu [&#8230;]</p>
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<p>Avec <strong>Une affaire turque</strong>, son premier long métrage, Hüseyin Aydin Gürsoy s’attaque à un sujet à la fois intime et politique : celui de l’identité, de l’intégration et du poids des origines dans une société française qui prétend volontiers avoir dépassé ces questions.</p>



<p>À travers Mathieu, avocat d’affaires brillant et ambitieux, le réalisateur raconte le parcours d’un homme qui a réussi à force de travail, mais dont la réussite s’est aussi construite sur une forme de rupture avec son milieu d’origine. Lorsque l’arrivée d’un jeune Turc en situation précaire vient bouleverser son existence, le personnage se retrouve confronté à un passé et à une communauté dont il pensait s’être définitivement éloigné.</p>



<p>Le point de départ est particulièrement intéressant parce qu’il permet au film de ne pas réduire la question de l’intégration à un simple débat de société. Elle est ici vécue de l’intérieur, à travers les contradictions d’un personnage qui a fait le choix de l’assimilation sociale et professionnelle. Mathieu n’est pas un homme qui aurait échoué à s’intégrer : il représente au contraire une forme de réussite. Avocat reconnu, il évolue dans les milieux privilégiés du monde des affaires et travaille sans relâche dans l’espoir de devenir associé d’un prestigieux cabinet parisien. Mais cette ascension a un coût. Pour parvenir à cette position, il s’est éloigné de sa famille, de sa culture et, plus largement, de la communauté dont il est issu. Mathieu voudrait croire que ses compétences et son travail suffisent à définir son identité. Pourtant, son environnement professionnel continue à le renvoyer à ses origines. Le film montre ainsi qu’il peut être difficile pour certains Français issus de l’immigration de se débarrasser du regard que les autres portent sur eux. Mathieu se trouve placé entre deux mondes. Il n’est plus vraiment celui de sa famille et de sa communauté, mais il n’est pas non plus totalement accepté par celui auquel il aspire. Son parcours devient alors celui d’une deuxième génération confrontée à une question particulièrement douloureuse : jusqu’où faut-il s’éloigner de ses origines pour être considéré comme pleinement intégré ?</p>



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<p>Cependant, le scénario utilise un ressort plus classique pour faire émerger ces interrogations : celui du thriller judiciaire et de l’affaire de corruption</p>
</blockquote>



<p>Cependant, le scénario utilise un ressort plus classique pour faire émerger ces interrogations : celui du thriller judiciaire et de l’affaire de corruption. Le jeune homme turc que Mathieu accepte d’aider va progressivement l’entraîner dans une histoire qui menace directement sa carrière et tout ce qu’il a construit. Cette mécanique narrative permet au film de maintenir une tension constante et de donner un rythme efficace au récit. <strong>Une affaire turque</strong> sait ainsi rester accessible et relativement prenant. Mais cette efficacité a aussi son revers. Le film, très (trop ?) classique, ne surprend pas toujours là où il aurait pu prendre davantage de risques. Les étapes du récit sont relativement prévisibles et l’intrigue de corruption finit parfois par donner l’impression d’être davantage un moyen de faire avancer le scénario qu’un véritable objet de réflexion. Le dernier acte est particulièrement problématique. En voulant intensifier la tension et apporter une résolution spectaculaire, le film s’engage dans une direction qui paraît moins crédible et affaiblit quelque peu la cohérence de l’ensemble. Cette dernière partie aurait gagné à être plus sobre, voire plus ambiguë. Ceci est d’autant plus regrettable que le film est plus convaincant lorsqu’il s’intéresse aux dilemmes personnels de Mathieu qu&rsquo;à la mécanique du thriller.</p>



<p>La réussite du film repose également sur son interprétation.</p>



<p>La réussite du film repose également sur son interprétation. Lionel Erdogan apporte à Mathieu une certaine retenue qui convient bien à un personnage partagé entre ambition, fragilité et culpabilité. Il évite notamment de transformer son personnage en héros irréprochable : Mathieu est aussi un homme qui a fait des choix, parfois discutables, et dont les convictions sont mises à l’épreuve lorsque son passé revient le rattraper. Face à lui, Charles Berling est très convaincant dans le rôle du directeur du cabinet d’avocats. Il incarne avec justesse cet univers professionnel où se mêlent pouvoir, ambition et rapports de domination.</p>



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<p>le film est plus convaincant lorsqu’il s’intéresse aux dilemmes personnels de Mathieu qu&rsquo;à la mécanique du thriller.</p>
</blockquote>



<p>Pour un premier long métrage, <strong>Une affaire turque</strong> témoigne donc d’une volonté manifeste d’utiliser les codes du thriller pour raconter autre chose qu’une simple histoire de corruption. Le film parle finalement davantage de la difficulté à trouver sa place que de l’affaire elle-même. Il évoque avec justesse les fractures de l’identité et les paradoxes de l’intégration, tout en dressant un portrait critique de la société française. S’il ne révolutionne ni le thriller judiciaire ni le film social, <strong>Une affaire turque</strong> demeure une œuvre imparfaite mais pertinente, qui trouve sa véritable force dans le portrait d’un homme ayant voulu s’affranchir de ses origines avant de comprendre qu’elles continuent, malgré lui, à faire partie de son histoire.</p>



<p></p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Hüseyin Aydin Gürsoy<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> France <br><strong>GENRE </strong>: Thriller<br><strong>AVEC : </strong> Lionel Erdogan, Charles Berling, Metehan Aygün<br><strong>DURÉE : </strong>1h32<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Paname Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>12 août 2026</pre>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/une-affaire-turque-le-prix-tres-lourd-de-lascension-sociale/">Une affaire turque : le prix très lourd de l’ascension sociale</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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