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	<title>Xavier Affre, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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	<description>Nouvelles Images, Nouvelle Critique</description>
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	<title>Xavier Affre, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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		<title>Les matins merveilleux : le goût des rencontres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jul 2026 10:16:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présenté en séance spéciale au dernier Festival de Cannes, Les matins merveilleux, premier long métrage d&#8217;Avril Besson, est un film qui épouse le rythme de ses personnages plutôt que celui de son intrigue. Distribué par Arizona Distribution et porté par un trio d&#8217;interprètes particulièrement inspiré – India Hair, Raya Martigny et Éric Cantona –, ce récit initiatique prend la forme d&#8217;une errance douce, entre deuil, rencontres et renaissance. Charlie prend la route sans véritable destination. Encore bouleversée par la disparition [&#8230;]</p>
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<p>Présenté en séance spéciale au dernier Festival de Cannes, <strong>Les matins merveilleux</strong>, premier long métrage d&rsquo;Avril Besson, est un film qui épouse le rythme de ses personnages plutôt que celui de son intrigue. Distribué par Arizona Distribution et porté par un trio d&rsquo;interprètes particulièrement inspiré – India Hair, Raya Martigny et Éric Cantona –, ce récit initiatique prend la forme d&rsquo;une errance douce, entre deuil, rencontres et renaissance.</p>



<p>Charlie prend la route sans véritable destination. Encore bouleversée par la disparition de sa grand-mère, elle avance au volant de sa vieille Twingo, avec pour seul bagage quelques vinyles disco. Ces disques deviennent le fil invisible qui relie les êtres : ils réveillent les souvenirs de Titou, caviste sensible et mélancolique, tout en accompagnant la rencontre avec Marina, jeune femme en quête d&rsquo;une liberté qu&rsquo;elle peine à trouver dans le quotidien d&rsquo;une petite pizzeria méditerranéenne. Plus qu&rsquo;un road-movie, <strong>Les matins merveilleux</strong> est un voyage intérieur où chaque rencontre semble ouvrir une nouvelle possibilité de se reconstruire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>La réalisatrice privilégie une narration impressionniste, laissant les émotions émerger sans jamais les souligner avec insistance.</p>
</blockquote>



<p>Avril Besson signe une mise en scène délicate, attentive aux silences, aux regards et aux instants suspendus. La réalisatrice privilégie une narration impressionniste, laissant les émotions émerger sans jamais les souligner avec insistance. Cette approche confère au film une authenticité touchante, même si elle peut parfois donner le sentiment d&rsquo;un récit qui s&rsquo;étire, tout comme on peut regretter un manque de tension narrative.</p>



<p>Cependant, la véritable force du film réside dans son casting. India Hair compose une Charlie d&rsquo;une grande justesse, fragile sans jamais tomber dans le pathos. Son interprétation tout en retenue traduit avec finesse le poids du deuil et l&rsquo;élan timide vers une nouvelle vie. Face à elle, Raya Martigny, actrice trans, apporte une énergie lumineuse et une spontanéité qui insufflent de la vitalité au récit. Leur relation se construit avec beaucoup de naturel et offre au film ses plus beaux moments. Éric Cantona surprend également. Habitué à imposer une présence magnétique à l&rsquo;écran, il incarne ici un homme discret, rêveur et profondément humain. Son jeu, tout en sobriété, apporte une émotion sincère qui contraste agréablement avec son image habituelle et participe pleinement au charme de l&rsquo;ensemble.</p>



<p>Visuellement, <strong>Les matins merveilleux </strong>s&rsquo;imprègne de la lumière méditerranéenne sans jamais tomber dans la carte postale. Les paysages accompagnent les personnages plus qu&rsquo;ils ne les écrasent, tandis que les vinyles disco apportent une touche chaleureuse et nostalgique qui fait écho au thème central du film : celui des souvenirs qui continuent de nous faire avancer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>On pourra reprocher à Avril Besson un certain manque d&rsquo;ampleur dramatique. Quelques scènes semblent s&rsquo;étirer </p>
</blockquote>



<p>On pourra reprocher à Avril Besson un certain manque d&rsquo;ampleur dramatique. Quelques scènes semblent s&rsquo;étirer davantage qu&rsquo;elles ne développent réellement les personnages, et le film ne trouve pas toujours le rythme qui lui permettrait de transformer sa délicatesse en véritable émotion durable. Mais cette modestie constitue aussi sa singularité. Dans un paysage cinématographique souvent tenté par la surenchère émotionnelle, <strong>Les matins merveilleux</strong> choisit la simplicité et la sincérité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Sans révolutionner le genre du récit initiatique, Avril Besson signe avec <strong>Les Matins merveilleux</strong>, un premier film touchant, délicat et profondément humain</p>
</blockquote>



<p>Sans révolutionner le genre du récit initiatique, Avril Besson signe avec <strong>Les Matins merveilleux</strong>, un premier film touchant, délicat et profondément humain. Un film qui séduit moins par ce qu&rsquo;il raconte que par la manière dont il accompagne ses personnages, porté par trois très belles prestations d&rsquo;India Hair, Raya Martigny et Éric Cantona. Une parenthèse douce et charmante qui laisse derrière elle un agréable parfum de mélancolie, comme les dernières notes d&rsquo;un vieux morceau disco que l&rsquo;on continue d&rsquo;entendre longtemps après la fin de la musique.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-5"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:41%"></div></div><div class="score">3</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Avril Besson<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> France<br><strong>GENRE </strong>: Comédie, romance<br><strong>AVEC : </strong> India Hair, Raya Martigny, Eric Cantona<br><strong>DURÉE : </strong>1h27<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Arizona Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>29 juillet 2026</pre>
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		<title>La Bataille de Gaulle &#8211; J&#8217;écris ton nom : La grande fresque académique à la française</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jun 2026 20:15:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après L&#8217;Âge de fer, un premier volet décevant, sorti dans les salles le 3 juin dernier, ce second chapitre de la fresque gaullienne imaginée par Antonin Baudry (dont la sortie a été avancée par le distributeur à la suite de résultats jugés décevants) ne parvient toujours pas à convaincre pleinement. Plus resserré dans sa construction, plus lisible dans ses enjeux, J&#8217;écris ton nom confirme pourtant les limites d&#8217;un projet dont les ambitions historiques semblent constamment dépasser les capacités de mise [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Après <a href="https://movierama.fr/la-bataille-de-gaulle-lage-de-fer-beaucoup-de-bruit-pour-peu-de-choses/"><strong>L&rsquo;Âge de fer</strong>,</a> un premier volet décevant, sorti dans les salles le 3 juin dernier, ce second chapitre de la fresque gaullienne imaginée par Antonin Baudry (dont la sortie a été avancée par le distributeur à la suite de résultats jugés décevants) ne parvient toujours pas à convaincre pleinement. Plus resserré dans sa construction, plus lisible dans ses enjeux, <strong>J&rsquo;écris ton nom</strong> confirme pourtant les limites d&rsquo;un projet dont les ambitions historiques semblent constamment dépasser les capacités de mise en scène.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Pourtant, comme dans le premier volet, Baudry semble incapable de trouver une véritable incarnation cinématographique à son matériau</p>
</blockquote>



<p>Couvrant la période 1943-1944, le film suit simultanément l&rsquo;affirmation de la France libre et la lutte de De Gaulle pour exister auprès des alliés anglo-américains, ainsi que les efforts de Jean Moulin pour unifier les mouvements de résistance intérieure. Sur le papier, le sujet est passionnant. Pourtant, comme dans le premier volet, Baudry semble incapable de trouver une véritable incarnation cinématographique à son matériau. Les événements s&rsquo;enchaînent sous forme de vignettes successives, de séquences illustratives reliées entre elles par la seule nécessité du récit historique. Malgré une ossature légèrement plus solide que celle de <strong><a href="https://movierama.fr/la-bataille-de-gaulle-lage-de-fer-beaucoup-de-bruit-pour-peu-de-choses/">L&rsquo;Âge de fer</a></strong>, le film conserve cette impression persistante de survol permanent, comme si chaque scène n&rsquo;était qu&rsquo;une case supplémentaire dans un manuel d&rsquo;histoire luxueusement illustré.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Là où l&rsquo;on attendrait du souffle, de la tension ou de l&rsquo;émotion, Baudry privilégie un lyrisme académique particulièrement pesant. </p>
</blockquote>



<p>Le principal problème demeure celui de la mise en scène. Là où l&rsquo;on attendrait du souffle, de la tension ou de l&rsquo;émotion, Baudry privilégie un lyrisme académique particulièrement pesant. La bande originale, omniprésente, accompagne pratiquement chaque scène et semble avoir pour fonction de dicter systématiquement au spectateur ce qu&rsquo;il doit ressentir. Cette musique grandiloquente, souvent assourdissante, finit par souligner lourdement des séquences qui peinent déjà à exister par elles-mêmes.</p>



<p>Certaines séquences atteignent parfois des sommets embarrassants. La rencontre entre De Gaulle et Leclerc (par ailleurs remarquablement interprété par Niels Schneider, le personnage le plus fascinant) dans le désert évoque moins la grande épopée militaire qu’une imagerie de carte postale héroïque. Plus problématique encore, le final consacré à la Libération sombre dans un symbolisme très démonstratif. Le tout mis en scène avec une solennité appuyée, illustrant parfaitement cette volonté permanente de transformer chaque image en monument. Plusieurs moments tombent également dans une simplification déconcertante. La réunion des chefs de partis autour de Jean Moulin et le subterfuge du coup de téléphone permettant de débloquer la création du Conseil national de la Résistance donnent l&rsquo;impression d&rsquo;une histoire réduite à quelques astuces scénaristiques. Les conflits politiques, les rivalités idéologiques et la complexité des négociations sont plus présents que dans le premier volet mais une fois encore des raccourcis dramaturgiques sont quelque peu problématiques.</p>



<p>Le traitement des personnages n&rsquo;échappe pas à cette tendance. Thierry Lhermitte compose un général Giraud qui semble parfois s&rsquo;être échappé de <strong>Quai d&rsquo;Orsay</strong> (dont Baudry était le scénariste). Cette tonalité burlesque rappelle les maladresses du premier volet. Une fois encore, le film oscille sans cesse entre la reconstitution solennelle et la caricature. Figure centrale de cette période, Jean Moulin bénéficie de plusieurs séquences importantes, notamment lors de son arrestation et des tortures infligées par la Gestapo à Lyon. Là où un cinéaste comme Laszlo Nemes, dans <strong><a href="https://movierama.fr/moulin-la-resistance-a-hauteur-dhomme/">Moulin</a></strong>, parvenait à interroger la violence et la mémoire historique à travers une véritable proposition de cinéma, Baudry choisit une représentation appuyée (à l’image du montage alterné juxtaposant la mort du héros de la Résistance à l’apparition d’un rayon de soleil dans le bureau du général de Gaulle).</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Très peu de scènes demeurent en mémoire après la projection. Très peu de plans imprègnent réellement la rétine</p>
</blockquote>



<p>Le plus frustrant reste peut-être le décalage entre l&rsquo;importance du sujet et la faiblesse des images produites. Très peu de scènes demeurent en mémoire après la projection. Très peu de plans imprègnent réellement la rétine. Malgré ses moyens considérables, <strong>J&rsquo;écris ton nom</strong> raconte beaucoup mais montre finalement très peu.</p>



<p>En définitive, ce diptyque laisse surtout l&rsquo;impression d&rsquo;une occasion manquée : celle de faire de l&rsquo;épopée gaullienne une grande œuvre de cinéma. Antonin Baudry signe au contraire une fresque aussi ambitieuse que superficielle, aussi spectaculaire qu’assez pauvre dans son incarnation (malgré le recours à la fin du film au célèbre refrain du poème de Paul Éluard<strong>, Liberté</strong>).</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-4"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:60%"></div></div><div class="score">2</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Antonin Baudry<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> France, Belgique<br><strong>GENRE </strong>: Film historique<br><strong>AVEC : </strong>Simon Abkarian, Niels Schneider, Anamaria Vartolomei<br><strong>DURÉE : </strong>2h40<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Pathé Films<br><strong>SORTIE LE </strong>26 juin 2026</pre>
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		<title>Maspalomas : vieillir sans renoncer à être soi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 09:59:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Maspalomas, Aitor Arregi (qui avait réalisé l&#8217;an passé Marco, l&#8217;énigme d&#8217;une vie, sur un retraité imposteur) et José Mari Goenaga livrent un drame d&#8217;une délicatesse rare, porté par une profonde humanité. Loin des récits spectaculaires, le duo de cinéastes espagnols choisit l&#8217;intime pour évoquer des sujets universels : le vieillissement, la solitude, le poids des conventions sociales et la quête de liberté. Un film tout en retenue, baigné d&#8217;une mélancolie lumineuse, qui trouve sa force dans les silences autant [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Avec <strong>Maspalomas</strong>, Aitor Arregi (qui avait réalisé l&rsquo;an passé <strong><a href="https://movierama.fr/marco-lenigme-dune-vie-la-verite-si-je-mens/">Marco, l&rsquo;énigme d&rsquo;une vie</a></strong>, sur un retraité imposteur) et José Mari Goenaga livrent un drame d&rsquo;une délicatesse rare, porté par une profonde humanité. Loin des récits spectaculaires, le duo de cinéastes espagnols choisit l&rsquo;intime pour évoquer des sujets universels : le vieillissement, la solitude, le poids des conventions sociales et la quête de liberté. Un film tout en retenue, baigné d&rsquo;une mélancolie lumineuse, qui trouve sa force dans les silences autant que dans les regards.</p>



<p>Sous le soleil brûlant de Maspalomas, aux îles Canaries, Vicente savoure depuis vingt-cinq ans une retraite insouciante. Mais un accident l’arrache à son paradis. Rapatrié à Donostia, il est placé par sa fille dans une maison de repos où le temps semble figé et où ressurgissent les fantômes du passé. À nouveau contraint de masquer son identité, une seule idée l’obsède : s’évader… et retrouver la liberté perdue.</p>



<p>Ce qui frappe d&#8217;emblée, c&rsquo;est la manière dont le film traite l&rsquo;homosexualité à un âge où le cinéma s&rsquo;intéresse encore trop rarement aux désirs et aux sentiments. Sans jamais tomber dans le didactisme et le graveleux, <strong>Maspalomas </strong>raconte la violence silencieuse que représente le fait de devoir, une fois encore, cacher qui l&rsquo;on est. Vicente croyait avoir enfin trouvé un lieu où vivre pleinement son identité ; son retour forcé au Pays basque le replonge dans un environnement où les regards, les habitudes et les traditions réveillent des blessures qu&rsquo;il pensait définitivement refermées.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Les réalisateurs abordent plus largement la masculinité, le temps qui passe et la difficulté d&rsquo;être soi dans une société encore profondément marquée par certains héritages culturels</p>
</blockquote>



<p>Mais réduire le film à cette seule thématique serait injuste. Les réalisateurs abordent plus largement la masculinité, le temps qui passe et la difficulté d&rsquo;être soi dans une société encore profondément marquée par certains héritages culturels. La maison de repos devient alors un espace suspendu où les corps vieillissent tandis que les regrets, eux, demeurent intacts. Chaque couloir, chaque chambre semble rappeler que le passé ne disparaît jamais complètement, surtout lorsqu&rsquo;il a fallu vivre une partie de sa vie dans le secret. C’est tout le sens des séquences qui confrontent Vicente à sa fille, dont on comprend assez vite que les relations étaient devenues quasi inexistantes (Vicente découvre par exemple son petit-fils, qu’il ne connaissait pas).</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Sans effets démonstratifs, la photographie traduit parfaitement ce tiraillement entre un présent subi et le souvenir d&rsquo;une liberté perdue.</p>
</blockquote>



<p>Cette réflexion s&rsquo;accompagne d&rsquo;une mise en scène d&rsquo;une grande sobriété. Les cinéastes privilégient les gestes du quotidien, les visages marqués par les années et les paysages en opposition permanente : la lumière éclatante de Maspalomas répond à la grisaille mélancolique de Donostia, comme deux états d&rsquo;esprit irréconciliables. Sans effets démonstratifs, la photographie traduit parfaitement ce tiraillement entre un présent subi et le souvenir d&rsquo;une liberté perdue.</p>



<p>Le film doit également beaucoup à l&rsquo;interprétation remarquable de José Ramón Soroiz. Dans ce rôle de retraité homosexuel contraint de renouer avec les non-dits de son passé, l&rsquo;acteur livre une composition tout en nuances, d&rsquo;une pudeur bouleversante. Il exprime avec une économie de mots impressionnante les frustrations, les peurs mais aussi la détermination d&rsquo;un homme qui refuse de renoncer une nouvelle fois à son identité. Son sacre du Goya du meilleur acteur apparaît comme une récompense pleinement méritée tant il porte le film avec une justesse constante.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Touchant, mélancolique et profondément humain, <strong>Maspalomas </strong>rappelle que la liberté d&rsquo;être soi ne devrait jamais avoir d&rsquo;âge</p>
</blockquote>



<p>Touchant, mélancolique et profondément humain, <strong>Maspalomas </strong>rappelle que la liberté d&rsquo;être soi ne devrait jamais avoir d&rsquo;âge. À travers le parcours de Vicente, Aitor Arregi et José Mari Goenaga signent une œuvre sensible qui parle autant d&rsquo;amour que de dignité, et qui invite à réfléchir sur la place laissée aux différences dans des sociétés où les traditions continuent parfois d&rsquo;étouffer les individualités. Un film profondément émouvant, qui laisse une empreinte durable bien après la projection.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Aitor Arregi et José Mari Goenaga <br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Espagne<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong> José Ramón Soroiz, Nagore Aranburu, Kandido Uranga<br><strong>DURÉE : </strong>1h55<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Épicentre Films<br><strong>SORTIE LE </strong>24 juin 2026</pre>
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		<title>Seuls les rebelles : Beyrouth n’existe plus, leur amour si</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 19:01:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Seuls les rebelles, présenté en ouverture de la section Panorama du Festival de Berlin 2026, la cinéaste Danielle Arbid signe sans doute l’un de ses films les plus émouvants. Après avoir exploré les tourments du désir dans Passion Simple ou les blessures intimes de Beyrouth dans Beyrouth Hôtel, elle revient à ses thèmes de prédilection – l’amour, l’exil, les frontières sociales et identitaires – pour les inscrire dans un contexte politique d’une brûlante actualité. la cinéaste Danielle Arbid signe [&#8230;]</p>
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<p>Avec <strong>Seuls les rebelles</strong>, présenté en ouverture de la section Panorama du Festival de Berlin 2026, la cinéaste Danielle Arbid signe sans doute l’un de ses films les plus émouvants. Après avoir exploré les tourments du désir dans <strong><a href="https://movierama.fr/passion-simple-lempire-du-neant/">Passion Simple</a></strong> ou les blessures intimes de Beyrouth dans <strong>Beyrouth Hôtel</strong>, elle revient à ses thèmes de prédilection – l’amour, l’exil, les frontières sociales et identitaires – pour les inscrire dans un contexte politique d’une brûlante actualité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>la cinéaste Danielle Arbid signe sans doute l’un de ses films les plus émouvants</p>
</blockquote>



<p>L’histoire paraît presque impossible : Suzanne, veuve libanaise d’origine palestinienne d’une soixantaine d’années, rencontre Osmane, jeune migrant soudanais sans papiers. Tout les sépare : l’âge, la couleur de peau, la condition sociale, les regards extérieurs. Pourtant, ils tombent amoureux. Dans un Liban au bord de l’effondrement, leur relation devient immédiatement un sujet de scandale et de rejet. Mais là où d’autres récits auraient fait de cet amour une simple métaphore politique, Danielle Arbid choisit d’abord de raconter la rencontre de deux êtres profondément seuls, deux âmes blessées qui décident, contre toute logique apparente, de s’offrir un peu de lumière.</p>



<p>Le contexte du film est d’ailleurs au cœur de sa mise en scène. Dès les premières minutes, la réalisatrice adresse un court texte au spectateur pour préciser que le Beyrouth montré à l’écran est une reconstruction. Le tournage n’a pas pu avoir lieu au Liban en raison des bombardements israéliens, et la ville a été recréée en France. Loin de constituer un simple détail de production, cette impossibilité irrigue tout le film. Beyrouth devient un espace fantomatique, un décor reconstitué qui porte en lui la mémoire d’une ville absente. Cette artificialité assumée confère au récit une dimension presque irréelle, comme si les personnages eux-mêmes tentaient de préserver un îlot d’humanité au milieu d’un monde qui se dérobe.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>La réussite de <strong>Seuls les rebelles</strong> tient précisément à cet équilibre délicat entre l’intime et le politique.</p>
</blockquote>



<p>La réussite de <strong>Seuls les rebelles</strong> tient précisément à cet équilibre délicat entre l’intime et le politique. Le film n’ignore jamais la violence qui entoure ses personnages : celle du racisme, des frontières, des rapports de domination ou du contexte géopolitique. Pourtant, Danielle Arbid refuse de laisser ces enjeux écraser son récit. Elle filme avant tout des corps, des regards, des instants suspendus. Pour autant, la réalisatrice évite constamment l’écueil de l’idéalisation. Suzanne (formidable Hiam Abbass, comédienne et réalisatrice franco-palestinienne) est un personnage complexe, libre, parfois contradictoire, mais toujours déterminé à vivre selon ses propres désirs. Comme souvent chez Arbid, les figures féminines occupent le centre du récit et affirment leur indépendance face à des structures sociales profondément patriarcales. Le film montre la violence des hommes sans jamais réduire ses héroïnes à leur statut de victimes. Au contraire, il célèbre leur capacité à résister, à choisir, à aimer malgré tout.</p>



<p>Cette résistance passe également par la forme. <strong>Seuls les rebelles</strong> revendique pleinement son goût du mélodrame, allant jusqu’à convoquer l’ombre de Rainer Werner Fassbinder dans une filiation assumée. Les couleurs, les cadrages, le travail sur les lumières composent un univers visuellement très beau où chaque image semble traversée par une tension entre beauté et désolation. Néanmoins, cette stylisation ne relève jamais de l’exercice de style. Cela sert le fond. Suzanne et Osmane ne prétendent pas changer le monde. Ils cherchent simplement à s’accorder un moment de répit dans un pays où tout paraît s’effondrer. Leur histoire prend alors une portée universelle : celle de deux êtres qui choisissent de se faire du bien, ne serait-ce qu’un instant, alors même que tout autour d’eux invite au renoncement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Et puis il y a ce dernier plan, magnifique, l’un des plus beaux vus cette année au cinéma</p>
</blockquote>



<p>Et puis il y a ce dernier plan, magnifique, l’un des plus beaux vus cette année au cinéma. En révélant soudain l’artificialité des décors du studio parisien où Beyrouth a été recréée, Danielle Arbid condense toute la démarche du film. Ce geste de cinéma rappelle que les images sont des constructions, mais aussi que l’émotion qu’elles suscitent est, elle, profondément réelle. Dans ce dévoilement final, le faux et le vrai se rejoignent avec une grâce bouleversante. Le cinéma apparaît alors comme un acte de foi : une illusion capable de dire quelque chose d’essentiel sur notre humanité.</p>



<p>Avec <strong>Seuls les rebelles</strong>, Danielle Arbid livre un mélodrame généreux, politique sans être démonstratif, profondément humain sans jamais céder à la facilité. Un film sur la solitude, le désir et la dignité, mais surtout une vibrante célébration de la force de l’amour.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Danielle Arbid<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> France, Liban, Emirats Arabes Unis<br><strong>GENRE </strong>: Drame, romance<br><strong>AVEC : </strong>Hiam Abbass, Amine Benrachid, Shaden Fakih<br><strong>DURÉE : </strong>1h38<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>JHR Films<br><strong>SORTIE LE </strong>24 juin 2026</pre>
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		<title>Jim Queen : quand l&#8217;hétéro nuit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 14:01:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Présenté en Séance de Minuit lors du dernier Festival de Cannes, Jim Queen confirme une nouvelle fois la singularité du studio français Bobbypills dans le paysage de l&#8217;animation française. Après avoir bâti sa réputation sur des productions irrévérencieuses et visuellement explosives (comme Vermin en 2018), le studio livre ici un long métrage qui pousse encore plus loin son goût pour la provocation, sans jamais sacrifier son véritable sujet. Derrière son humour outrancier, son rythme effréné et son esthétique volontairement bariolée [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Présenté en Séance de Minuit lors du dernier Festival de Cannes, <strong>Jim Queen</strong> confirme une nouvelle fois la singularité du studio français Bobbypills dans le paysage de l&rsquo;animation française. Après avoir bâti sa réputation sur des productions irrévérencieuses et visuellement explosives (comme <strong>Vermin</strong> en 2018), le studio livre ici un long métrage qui pousse encore plus loin son goût pour la provocation, sans jamais sacrifier son véritable sujet. Derrière son humour outrancier, son rythme effréné et son esthétique volontairement bariolée se cache en réalité une satire particulièrement fine des codes de la communauté LGBT+, mais aussi un récit initiatique étonnamment touchant.</p>



<p>Jim est une véritable icône sexy de la scène gay parisienne. Star des réseaux sociaux, adulé dans les clubs et convaincu que rien ne peut atteindre son statut, il voit pourtant son existence voler en éclats lorsqu&rsquo;il contracte l&rsquo;Hétérose, un mystérieux virus transformant progressivement les hommes gays&#8230; en hétérosexuels. Devenu un paria, abandonné par tous ceux qui faisaient auparavant partie de son entourage, il ne peut compter que sur Lucien, son unique follower et admirateur de longue date, un jeune homme timide qui peine encore à accepter pleinement son homosexualité. Ensemble, ils entreprennent un voyage à la recherche d&rsquo;un hypothétique remède capable de sauver Jim&#8230; et, à travers lui, d&#8217;empêcher la disparition pure et simple de l&rsquo;homosexualité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Derrière son humour outrancier, son rythme effréné et son esthétique volontairement bariolée se cache en réalité une satire particulièrement fine des codes de la communauté LGBT+</p>
</blockquote>



<p>Sur le papier, le concept pourrait facilement n&rsquo;être qu&rsquo;un prétexte à une succession de gags provocateurs. Pourtant, <strong>Jim Queen</strong> surprend constamment par l&rsquo;intelligence avec laquelle il exploite son idée de départ. L&rsquo;Hétérose devient rapidement une métaphore absurde mais redoutablement efficace pour parler de normes sociales, d&rsquo;identité, de conformisme et du regard que chacun porte sur l&rsquo;autre. Le film détourne les discours de peur, de rejet ou de stigmatisation en les inversant complètement, créant ainsi une mécanique satirique particulièrement savoureuse. L&rsquo;une des plus grandes réussites du film réside dans sa connaissance extrêmement précise du milieu LGBT+. Les réalisateurs s&rsquo;amusent à explorer les nombreux sous-groupes qui composent cette communauté, leurs codes, leurs rivalités parfois dérisoires, leurs références et leurs contradictions. Bears, twinks, cuir, drag… Tout ce petit monde est passé au crible avec un regard acéré mais jamais méprisant. <strong>Jim Queen</strong> ne cherche jamais à ridiculiser la communauté qu&rsquo;il met en scène ; il en souligne simplement les travers, les egos, les effets de mode ou les guerres internes avec une tendresse permanente. Le film évite ainsi aussi bien la caricature facile que la complaisance.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Les réalisateurs s&rsquo;amusent à explorer les nombreux sous-groupes qui composent cette communauté, leurs codes, leurs rivalités parfois dérisoires, leurs références et leurs contradictions.</p>
</blockquote>



<p><strong>Jim Queen</strong> est trash. Très trash, même. Les dialogues fusent à toute vitesse, les situations flirtent régulièrement avec le mauvais goût assumé, les références sexuelles abondent et certaines séquences repoussent volontairement les limites de l&rsquo;absurde. Mais cette vulgarité n&rsquo;existe jamais pour elle-même. On rit énormément, souvent de manière inattendue, tant le film multiplie les idées visuelles et les répliques percutantes.</p>



<p>Fidèle à l&rsquo;identité graphique de Bobbypills, le long métrage adopte un style extrêmement dynamique, coloré et exagéré, presque punk dans son approche. La mise en scène ne cesse d&rsquo;inventer de nouvelles trouvailles visuelles, soutenant un rythme qui ne laisse quasiment aucun temps mort. Cette énergie débordante rappelle constamment que l&rsquo;animation demeure un formidable terrain de jeu pour raconter des histoires impossibles à transposer en prises de vues réelles avec une telle liberté.</p>



<p>Si Jim donne son nom au film et semble en être le personnage principal, c&rsquo;est progressivement Lucien qui devient le véritable cœur émotionnel du récit. Son parcours d&rsquo;acceptation de lui-même apporte une profondeur inattendue à cette aventure complètement déjantée. À travers lui, <strong>Jim Queen</strong> évoque avec beaucoup de justesse les difficultés que rencontrent encore aujourd&rsquo;hui de nombreux homosexuels pour vivre pleinement leur identité. Le poids du regard familial, la peur d&rsquo;assumer qui l&rsquo;on est, les violences verbales ou physiques, l&rsquo;intolérance toujours présente : sans jamais devenir pesant ni moralisateur, le film rappelle que derrière les couleurs flashy et les punchlines se cache une réalité encore douloureuse. Cette mélancolie discrète donne finalement beaucoup plus de poids à l&rsquo;ensemble. Les réalisateurs savent constamment alterner les éclats de rire et des instants plus sensibles, sans casser le rythme ni donner l&rsquo;impression de forcer l&rsquo;émotion. C&rsquo;est précisément cet équilibre qui rend <strong>Jim Queen</strong> aussi attachant.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Jim Queen</strong> évoque avec beaucoup de justesse les difficultés que rencontrent encore aujourd&rsquo;hui de nombreux homosexuels pour vivre pleinement leur identité.</p>
</blockquote>



<p>Bien sûr, son ton extrêmement irrévérencieux ne séduira pas tout le monde. Son humour frontal, ses provocations permanentes et son refus absolu du politiquement correct risquent d&rsquo;en dérouter certains (tout comme l’absence de personnages lesbiens). Avec <strong>Jim Queen</strong>, Marco Nguyen et Nicolas Athane livrent un film d&rsquo;animation totalement débridé, hilarant et bien écrit. Sous ses dehors de comédie trash se cache une satire mordante, intelligente et étonnamment sensible, qui parle autant d&rsquo;identité que de tolérance, d&rsquo;appartenance et d&rsquo;acceptation de soi.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:20%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Marco Nguyen et Nicolas Athane<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> France, Belgique<br><strong>GENRE </strong>: Animation, comédie <br><strong>AVEC : </strong>les voix de Alex Ramires, Jérémy Gillet, Shirley Souagnon<br><strong>DURÉE : </strong>1h25<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>The Jokers Films<br><strong>SORTIE LE </strong>17 juin 2026</pre>
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		<title>La Bataille de Gaulle &#8211; L’âge de fer : beaucoup de bruit pour peu de choses</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2026 18:16:27 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présenté au dernier Festival de Cannes hors compétition, La Bataille de Gaulle &#8211; l&#8217;âge de fer d’Antonin Baudry (auteur d’une belle réussite en 2019, Le Chant du Loup) affichait de grandes ambitions : raconter l&#8217;un des épisodes les plus décisifs de l&#8217;histoire de la France libre à travers la figure du général de Gaulle. Malgré un sujet passionnant et des moyens manifestement conséquents, le film peine à convaincre et laisse l&#8217;impression d&#8217;une occasion manquée. Juin 1940. La France s&#8217;effondre et [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Présenté au dernier Festival de Cannes hors compétition, <strong>La Bataille de Gaulle &#8211; l&rsquo;âge de fer</strong> d’Antonin Baudry (auteur d’une belle réussite en 2019, <strong>Le Chant du Loup</strong>) affichait de grandes ambitions : raconter l&rsquo;un des épisodes les plus décisifs de l&rsquo;histoire de la France libre à travers la figure du général de Gaulle. Malgré un sujet passionnant et des moyens manifestement conséquents, le film peine à convaincre et laisse l&rsquo;impression d&rsquo;une occasion manquée.</p>



<p>Juin 1940. La France s&rsquo;effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s&rsquo;échappe vers Londres pour sauver ce qu&rsquo;il reste d&rsquo;un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n&rsquo;a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n&rsquo;est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l&rsquo;ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l&rsquo;Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.</p>



<p></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>La Bataille de Gaulle &#8211; L&rsquo;âge de fer</strong> finit par passer à côté de la complexité de son sujet et de la singularité de son personnage.</p>
</blockquote>



<p>L’un des problèmes majeurs de cette <strong>Bataille de Gaulle</strong> réside dans le fait de vouloir embrasser trop de sujets à la fois. Entre les enjeux militaires, diplomatiques, familiaux et politiques, il y aurait largement matière à nourrir plusieurs longs métrages. À force de multiplier les intrigues et les personnages, le récit finit par survoler ses propres thématiques. Les raccourcis historiques sont nombreux, parfois vertigineux. Comment celui qui n&rsquo;était au départ qu&rsquo;un général marginalisé réussit-il à fédérer autant de soutiens autour de lui ? Comment se construisent les alliances, les rapports de force et les fidélités ? Le film l&rsquo;affirme davantage qu&rsquo;il ne l&rsquo;explique, laissant souvent le spectateur combler lui-même les vides. Cette volonté de tout raconter produit un effet paradoxal : malgré la richesse du matériau historique, l&rsquo;ensemble paraît étonnamment superficiel. Le scénario manque de resserrement et de focalisation. Beaucoup d&rsquo;événements majeurs sont abordés à toute vitesse, donnant parfois l&rsquo;impression de parcourir une fiche Wikipédia illustrée plutôt qu&rsquo;une véritable fresque historique.</p>



<p>La mise en scène participe également à cette frustration. Le film mise beaucoup sur la pyrotechnie et les effets spectaculaires mais montre finalement assez peu de choses. Certaines séquences qui auraient mérité davantage d&rsquo;ampleur semblent tronquées par un montage particulièrement saccadé. La bataille de Bir Hakeim (en 1942), pourtant essentielle dans le récit de la France libre, apparaît ainsi presque coupée et rabotée, réduite à quelques éclats sans véritable souffle épique ni portée dramatique (l’ensemble se résumant à quelques explosions et à des indications du nombre de jours).</p>



<p>Côté interprétation, Simon Abkarian et Benoît Magimel tirent plutôt leur épingle du jeu grâce à une présence solide et assez convaincante (le premier dans le rôle principal, l’autre dans le général Koenig qui commande la première division française libre). À l&rsquo;inverse, le Churchill du film (Simon Russell Beale) apparaît souvent caricatural. Quelques touches d&rsquo;ironie fonctionnent plutôt bien, mais certains dialogues semblent sortis d&rsquo;une parodie ou d&rsquo;un sketch. Des répliques comme «<em> les moustiques ne piquent pas de Gaulle</em> » provoquent davantage la perplexité que l&rsquo;adhésion.</p>



<p>Le film souffre aussi d&rsquo;une hésitation permanente dans son regard sur son personnage principal. Veut-il humaniser de Gaulle en le désacralisant ? En proposer un portrait critique ? Ou participer à la construction de sa légende ? À force de poursuivre simultanément ces différentes directions, le projet ne parvient jamais à trouver un véritable équilibre ni un point de vue clair, même si sur ce point il conviendra d’attendre la deuxième partie (intitulée <strong>La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom</strong>) qui sortira en salle le 3 juillet prochain.</p>



<p>En définitive, si l&rsquo;ennui n&rsquo;a guère le temps de s&rsquo;installer (la musique est presque omniprésente et le montage multiplie les effets pour maintenir artificiellement le rythme), cette agitation permanente ne suffit pas à rendre l&rsquo;ensemble captivant. Ambitieux mais dispersé, faussement spectaculaire mais superficiel, scolaire alors qu’on était en droit d’attendre un côté plus flamboyant, <strong>La Bataille de Gaulle &#8211; L&rsquo;âge de fer</strong> finit par passer à côté de la complexité de son sujet et de la singularité de son personnage.</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-3"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:70%"></div></div><div class="score">1.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Antonin Baudry<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> France, Belgique<br><strong>GENRE </strong>: Drame historique<br><strong>AVEC : </strong>Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Florian Lesieur, Benoît Magimel<br><strong>DURÉE : </strong>2h40<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Pathé Films<br><strong>SORTIE LE </strong>3 juin 2026</pre>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/la-bataille-de-gaulle-lage-de-fer-beaucoup-de-bruit-pour-peu-de-choses/">La Bataille de Gaulle &#8211; L’âge de fer : beaucoup de bruit pour peu de choses</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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		<title>Une petite immersion globalement peu convaincante… au Carlton</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2026 21:48:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette première immersion dans la compétition immersive du Festival de Cannes (dont c’est la troisième édition cette année) laisse une impression contrastée. L’expérience en elle-même avait quelque chose d’assez séduisant : découvrir ce pan encore marginal du festival, dans le cadre feutré du Carlton, donnait à l’ensemble une atmosphère à la fois curieuse et privilégiée. On sent une volonté de faire entrer de nouvelles formes narratives dans le champ du cinéma, d’ouvrir Cannes à des expériences plus sensorielles et expérimentales. [&#8230;]</p>
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<p class="has-drop-cap">Cette première immersion dans la compétition immersive du Festival de Cannes (dont c’est la troisième édition cette année) laisse une impression contrastée. L’expérience en elle-même avait quelque chose d’assez séduisant : découvrir ce pan encore marginal du festival, dans le cadre feutré du Carlton, donnait à l’ensemble une atmosphère à la fois curieuse et privilégiée. On sent une volonté de faire entrer de nouvelles formes narratives dans le champ du cinéma, d’ouvrir Cannes à des expériences plus sensorielles et expérimentales.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>On sent une volonté de faire entrer de nouvelles formes narratives dans le champ du cinéma, d’ouvrir Cannes à des expériences plus sensorielles et expérimentales.</p>
</blockquote>



<p>J’ai pu assister à deux projections de réalité virtuelle : <strong>Lucido</strong> (Vier / Portugal) et <strong>Voooooo Peeeeee</strong> (Hyeunjoo Woo, Jiyun Park / Corée du Sud)<strong>.</strong> Le premier, présenté comme une expérience immersive mêlant rêve lucide, perception et narration fragmentée, m’a franchement laissé perplexe. Pendant une bonne partie de la séance, j’ai même cru assister à une sorte d’introduction ou de phase d’attente avant le “vrai” début de la projection. L’ensemble m’a paru assez pauvre dans sa proposition, comme si le dispositif technologique prenait le dessus sur le contenu lui-même. On devine l’intention artistique, mais elle peine à produire une émotion ou une véritable expérience mémorable.</p>



<p>À l’inverse, <strong>Voooooo Peeeeee</strong> m’a davantage convaincu. Il s’agit d’une expérience XR multisensorielle où une femme découvre que son corps est devenu creux après avoir été reconstruite en données. Le vent s’échappe de l’intérieur, et une étrange créature s’installe dans le vide, respirant en rythmes d’expansion et d’effondrement. Son monologue dérive entre souvenirs de perte, nuages de données sous-marins et mondes virtuels sans fin. L’univers visuel y était plus abouti, plus hypnotique aussi. Il y avait quelque chose de réellement fascinant dans la manière dont l’œuvre jouait avec l’espace, les textures et la sensation de présence. Sans être totalement bouleversant, le projet parvenait au moins à créer une forme d’étrangeté poétique et une cohérence esthétique qui rendaient l’expérience intéressante.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>À ce stade, beaucoup de ces propositions donnent encore une impression de gadget. </p>
</blockquote>



<p class="has-drop-cap">Cela dit, malgré le caractère sympathique de cette découverte et l’enthousiasme que peut susciter l’idée d’un “cinéma immersif”, je ressors avec une réserve de fond. À ce stade, beaucoup de ces propositions donnent encore une impression de gadget. La technologie attire l’attention, impressionne parfois quelques minutes, mais peine encore à justifier pleinement son usage sur le plan artistique ou narratif. On sent un terrain d’expérimentation plus qu’un langage arrivé à maturité. Peut-être est-ce justement ce qui intéresse Cannes aujourd’hui : observer ces tentatives avant qu’une véritable écriture immersive n’émerge réellement.</p>
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		<title>De toutes les nuits, les amants : la lumière comme cœur émotionnel du film</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2026 21:21:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec De toutes les nuits les amants, adaptation du roman éponyme de Mieko Kawakami, la réalisatrice Yukiko Sode signe sans doute son film le plus ambitieux à ce jour, après notamment Aristocrats (sorti en 2022). Présenté dans la section Un Certain Regard du 79ème Festival de Cannes, ce mélodrame feutré autour d’une correctrice solitaire qui voit sa vie bouleversée par la rencontre d’un professeur de physique fasciné par la lumière, prolonge avec fidélité les obsessions du roman : l’isolement, les [&#8230;]</p>
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<p>Avec <strong>De toutes les nuits les amants</strong>, adaptation du roman éponyme de Mieko Kawakami, la réalisatrice Yukiko Sode signe sans doute son film le plus ambitieux à ce jour, après notamment <strong>Aristocrats</strong> (sorti en 2022). Présenté dans la section Un Certain Regard du 79<sup>ème </sup>Festival de Cannes, ce mélodrame feutré autour d’une correctrice solitaire qui voit sa vie bouleversée par la rencontre d’un professeur de physique fasciné par la lumière, prolonge avec fidélité les obsessions du roman : l’isolement, les difficultés du lien social, le poids du silence et cette incapacité à habiter pleinement le monde.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>la réalisatrice Yukiko Sode signe sans doute son film le plus ambitieux à ce jour, après notamment <strong>Aristocrats</strong> (sorti en 2022)</p>
</blockquote>



<p>Fuyuko mène une vie discrète et solitaire, rythmée par son travail de traductrice et quelques rares sorties avec une collègue extravertie. Sa rencontre fortuite avec un professeur de physique, avec qui elle partage une fascination pour la lumière, vient peu à peu bousculer ses habitudes. À son contact, Fuyuko commence à regarder le monde différemment, sort de son isolement et se confronte, pour la première fois, à ce qu’elle n’avait jamais osé vivre.</p>



<p>Le film frappe immédiatement par sa beauté plastique. Yukiko Sode transforme Tokyo en paysage mental : les néons, les vitrines, les halos diffus des rues nocturnes deviennent les prolongements directs de l’état intérieur de Fuyuko. La lumière n’est jamais un simple motif esthétique ; elle constitue le cœur émotionnel du film. La cinéaste elle-même évoque d’ailleurs ce travail autour de « l’invisible » et des émotions captées par la lumière, renforcé par un tournage en pellicule 16 mm qui donne aux images une texture presque tactile. Sode filme les nuits japonaises avec une douceur mélancolique : les corps semblent flotter dans la ville, absorbés par des zones intermédiaires entre obscurité et clarté. Le froid de l’hiver, les lumières artificielles, les espaces vides composent un univers profondément sensoriel où chaque plan paraît pensé comme une vibration affective. À ce titre, le film rappelle parfois le cinéma de Naomi Kawase dans sa manière de capter les états émotionnels à travers les textures du réel, mais aussi celui de Ryūsuke Hamaguchi pour son goût des temporalités étirées, des dialogues suspendus et des sentiments qui émergent lentement.</p>



<p>Le cœur du film repose aussi sur l’interprétation remarquable de Yukino Kishii, dont le jeu minimaliste exprime constamment davantage que les mots. Son visage devient lui aussi une surface de projection pour les variations lumineuses du film : un regard perdu dans un reflet, une hésitation avant une phrase, un silence prolongé suffisent à faire exister tout un monde intérieur. Son partenaire, Tadanobu Asano (vu dans <strong>Tabou, Ichi the Killer</strong>, <strong>Vers l’autre rive</strong> ou <strong>Harmonium</strong>), est tout aussi remarquable.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p> Le film semble parfois plus préoccupé par l’élégance de ses compositions que par sa progression dramatique</p>
</blockquote>



<p>Mais cette sophistication formelle constitue également la limite de l’œuvre. À force de vouloir faire de chaque scène un tableau mélancolique, Yukiko Sode frôle parfois une certaine préciosité. Le film semble parfois plus préoccupé par l’élégance de ses compositions que par sa progression dramatique. Certains passages donnent l’impression de s’étirer moins par nécessité émotionnelle que par volonté contemplative. Cette lenteur hypnotique pourra fasciner autant qu’elle pourra tenir certains spectateurs à distance.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Cette lenteur hypnotique pourra fasciner autant qu’elle pourra tenir certains spectateurs à distance.</p>
</blockquote>



<p>Pourtant, malgré ces réserves, <strong>De toutes les nuits les amants</strong> demeure un film d’une sincérité profonde : celle d’une femme qui tente maladroitement d’entrer en relation avec le monde et avec les autres. Yukiko Sode réussit alors à faire de la lumière non seulement un motif visuel, mais une véritable matière émotionnelle.</p>



<p>En définitive, <strong>De toutes les nuits, les amants</strong> est une œuvre exigeante, parfois trop consciente de sa beauté, mais traversée par une grâce mélancolique qui continue de hanter bien après la projection.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Yukiko Sode<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Japon<br><strong>GENRE </strong>: Comédie dramatique, romance<br><strong>AVEC : </strong> Tadanobu Asano, Yukino Kishii<br><strong>DURÉE : </strong>2h19<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Art House<br><strong>SORTIE </strong>Prochaînement</pre>
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		<title>Moulin : la Résistance à hauteur d’homme</title>
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		<pubDate>Tue, 19 May 2026 16:16:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après la projection marquante du Fils de Saul (Grand Prix et Prix Fipresci en 2015), Moulin marque le retour de László Nemes sur la Croisette. Présenté en compétition au Festival de Cannes, le film évite assez adroitement le piège du grand récit patrimonial sur Jean Moulin. Là où beaucoup auraient construit une fresque biographique classique, Nemes choisit au contraire l’épure : action recentrée sur quelques jours, un espace réduit, un affrontement mental et physique avec Klaus Barbie. C’est précisément ce [&#8230;]</p>
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<p>Après la projection marquante du <strong>Fils de Saul</strong> (Grand Prix et Prix Fipresci en 2015), <strong>Moulin</strong> marque le retour de László Nemes sur la Croisette. Présenté en compétition au Festival de Cannes, le film évite assez adroitement le piège du grand récit patrimonial sur Jean Moulin. Là où beaucoup auraient construit une fresque biographique classique, Nemes choisit au contraire l’épure : action recentrée sur quelques jours, un espace réduit, un affrontement mental et physique avec Klaus Barbie. C’est précisément ce refus du biopic traditionnel qui donne au film sa force et explique sans doute pourquoi il peut laisser une impression aussi dense malgré une relative sobriété narrative.</p>



<p>Juin 1943, Jean Moulin, chef de la Résistance, est arrêté alors qu&rsquo;il tente de réunifier les forces de l’Armée Secrète. Interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, Moulin est entraîné dans une confrontation implacable. Son ultime combat face à la manipulation et la brutalité commence.  Le destin de la France libre en dépend. </p>



<p>Le geste de mise en scène est immédiatement identifiable. Nemes retrouve cette manière de filmer les corps enfermés dans le cadre, déjà au cœur de ses œuvres précédentes : cadres serrés, profondeur de champ limitée, sensation permanente d’étouffement, une immersion quasi carcérale, où le hors-champ devient aussi important que ce qui est montré. Le cinéaste transforme progressivement le film historique en huis clos psychologique. La première partie, plus classique dans sa reconstitution de la Résistance clandestine, peut parfois sembler un peu démonstrative, mais dès l’arrestation de Moulin à Caluire, le film se resserre brutalement. Chaque déplacement devient une variation sur l’enfermement : couloirs, caves, bureaux, cellules. La lumière joue un rôle essentiel dans cette stratégie. Nemes a choisi de tourner en 35 mm avec une texture particulière : bruns, verts sombres, jaunes sales, halos lumineux qui percent difficilement l’obscurité. La lumière devient ainsi un instrument dramatique. Les rares moments lumineux ressemblent à des respirations provisoires dans un univers condamné. Dans certaines scènes, notamment durant les interrogatoires, Nemes utilise la surexposition comme une violence : le visage de Moulin est littéralement forcé à regarder l’horreur.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Nemes refuse toute héroïsation de son personnage. </p>
</blockquote>



<p>Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Nemes refuse toute héroïsation de son personnage. Son Jean Moulin n’est jamais filmé comme une statue républicaine. Le réalisateur l’a lui-même expliqué : son ambition était bien d’immerger le spectateur dans les derniers instants d’un homme dont la faillibilité reste centrale. Cette idée traverse tout le film. Moulin doute, souffre, craint de parler sous la torture. Il ne devient héroïque qu’à travers sa fragilité même. Dans cette logique, le face-à-face entre Moulin et Barbie devient le véritable moteur du film. Gilles Lellouche, dans la peau du résistant, surprend énormément par son intériorité. Son jeu est construit sur la retenue, les silences. Nemes filme un homme qui lutte autant contre la douleur que contre la possibilité de céder. Face à lui, Lars Eidinger compose un Klaus Barbie inquiétant (mais le surjeu n&rsquo;est jamais très loin). Tantôt calme, presque charmeur, tantôt traversé d’accès de brutalité incontrôlables, il transforme les interrogatoires en jeux de domination psychologique. Ce qui rend le film intéressant, c’est que Nemes ne cherche jamais la glorification de la Résistance. Même dans ses moments tendus, <strong>Moulin</strong> reste un film de résistance intérieure plutôt qu’un récit d’action. Nemes y ajoute également une réflexion sur la coexistence du bien et du mal chez les êtres humains, loin des représentations simplifiées.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Moulin </strong>n’est assurément pas l’œuvre la plus réussie de Nemes, mais par ses choix et sa focale sur le protagoniste, elle reste plutôt intéressante et marquante</p>
</blockquote>



<p>Toutefois, par moments, le film est un peu trop programmatique, certaines scènes apparaissent même un peu lourdes. Aussi brillante soit-elle, la stylisation est parfois appuyée (notamment dans les scènes de torture). <strong>Moulin </strong>n’est assurément pas l’œuvre la plus réussie de Nemes, mais par ses choix et sa focale sur le protagoniste, elle reste plutôt intéressante et marquante, choisissant de filmer l&rsquo;homme derrière le symbole national (la dépouille de Jean Moulin a été transférée au Panthéon en 1964).</p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>  László Nemes<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> France<br><strong>GENRE </strong>: Drame historique<br><strong>AVEC : </strong> Gilles Lellouche, Lars Eidinger, Louise Bourgoin<br><strong>DURÉE : </strong>2h10<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Studio TF1<br><strong>SORTIE LE </strong>28 octobre 2026</pre>
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		<title>La Libertad Doble : une expérience de cinéma toujours aussi fascinante</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Xavier Affre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 16:51:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Présenté en 2001 à Cannes dans la section Un Certain Regard, La libertad, portrait sans fioritures d’un jeune bûcheron solitaire, révélait un auteur singulier au style radical. Après d’autres passages sur la Croisette (Liverpool en 2008, Jauja en 2014 ou Eureka en 2023), vingt-cinq ans plus tard, le cinéaste Lisandro Alonso retrouve Misael Saavedra pour une suite, La libertad doble, projeté à la Quinzaine des Cinéastes. Misael continue à vivre seul, maniant sa hache pour abattre des arbres au fin fond [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Présenté en 2001 à Cannes dans la section Un Certain Regard, <strong>La libertad</strong>, portrait sans fioritures d’un jeune bûcheron solitaire, révélait un auteur singulier au style radical. Après d’autres passages sur la Croisette (<strong>Liverpool </strong>en 2008, <strong>Jauja </strong>en 2014 ou <strong>Eureka </strong>en 2023), vingt-cinq ans plus tard, le cinéaste Lisandro Alonso retrouve Misael Saavedra pour une suite, <strong>La libertad doble</strong>, projeté à la Quinzaine des Cinéastes.</p>



<p>Misael continue à vivre seul, maniant sa hache pour abattre des arbres au fin fond de la forêt, loin de la présence des autres. Sa liberté tranquille est perturbée lorsqu&rsquo;il est contraint de s&rsquo;occuper de sa sœur aînée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Avec <strong>La libertad doble</strong>, Alonso réussit précisément parce qu’il ne cherche jamais à refaire son film d’origine. </p>
</blockquote>



<p>Le retour de Lisandro Alonso sur les terres de son premier film avait quelque chose de risqué : comment revisiter, vingt-cinq ans plus tard, une œuvre devenue une référence dans son genre sans tomber dans l’autocitation nostalgique&nbsp;? Avec <strong>La libertad doble</strong>, Alonso réussit précisément parce qu’il ne cherche jamais à refaire son film d’origine. La mise en scène conserve cette frontalité documentaire typique d’Alonso : gestes répétitifs, longues séquences de travail (couper du bois ici veut dire quelque chose), attention extrême portée aux sons naturels et au poids du temps réel. Mais cette fois-ci, l’arrivée de la sœur de Misael, Micaela, souffrant de troubles psychiatriques, transforme le film en réflexion douloureuse sur les limites de la liberté individuelle.</p>



<p>C’est sans doute la grande réussite du film. Dans son cinéma, les personnages d’Alonso semblaient exister hors du monde social, dans des espaces presque mythologiques (que l’on songe à <strong>Jauja</strong>). Ici, la réalité politique et économique finit par entrer dans le cadre, le long métrage évoquant indirectement l’Argentine contemporaine et les politiques d’austérité mise en place, comme la fermeture partielle des structures psychiatriques, ce qui oblige Misael à prendre sa sœur en charge. Si Alonso ne fait pas à proprement parler du cinéma à thèse, le monde extérieur contamine progressivement cette utopie de l’isolement (qui est celle du personnage principal).</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Alonso continue de filmer les corps et les paysages avec une patience hypnotique, mais aussi avec une sorte de mélancolie.</p>
</blockquote>



<p>Visuellement, le film est d’une austérité magnifique. Les plaines de la Pampa, les branches mortes, les animaux errants, les sons du vent composent un univers suspendu, hors du temps. Alonso continue de filmer les corps et les paysages avec une patience hypnotique, mais aussi avec une sorte de mélancolie.</p>



<p>Le personnage de Micaela apporte aussi quelque chose de nouveau dans son œuvre : une fragilité sensorielle et émotionnelle qui contraste avec l’impassibilité de Misael. Là où lui coupe, transporte, mesure, organise, elle touche les arbres (scène vraiment splendide), observe les oiseaux, semble habiter le monde de manière intuitive et presque mystique. Cette opposition donne au film une profondeur inattendue. La « double liberté » du titre devient alors ambiguë : on pourrait l’interpréter comme deux manières d’être libre, incompatibles l’une avec l’autre.</p>



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<p>La « double liberté » du titre devient alors ambiguë : on pourrait l’interpréter comme deux manières d’être libre, incompatibles l’une avec l’autre.</p>
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<p>Le film pourra évidemment irriter ceux qui restent hermétiques au rythme d’Alonso. Les scènes s’étirent, les dialogues sont rares, et certains passages flirtent volontairement avec l’abstraction. Cependant, <strong>La libertad doble</strong> ne donne jamais le sentiment d’une esthétique tournant à vide. Chaque durée produit ici un effet précis : le spectateur éprouve physiquement l’épuisement, la répétition, mais aussi l’impossibilité de fuir la responsabilité de l’autre.</p>



<p>Sans avoir peut-être la puissance de sidération des œuvres antérieures du cinéaste, <strong>La libertad doble</strong> n’en reste pas moins une expérience fascinante et une proposition de cinéma fortement recommandable. Alonso ne filme plus seulement un homme seul dans le paysage, il filme ce qui arrive lorsque cette solitude devient impossible à préserver.</p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Lisandro Alonso<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Argentine, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Chili, Luxembourg, Allemagne <br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Misael Saavedra, Catalina Saavedra<br><strong>DURÉE : </strong>1h40<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Météore Films<br><strong>SORTIE </strong>Prochainement</pre>



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