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	<title>Sébastien Lamothe, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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	<title>Sébastien Lamothe, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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		<title>Father : dans l’œil du cyclone</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2026 01:07:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AVANT-PREMIERES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le film a été présenté pour la première fois à la Mostra de Venise en 2025 pour le prix Orizzonti du meilleur film. Il obtient l’œil d’Or du meilleur long-métrage au Festival du Film de Zurich et celui du meilleur film au Festival de Stockholm. La réalisatrice slovaque, habitant entre Prague et New-York, aborde un sujet particulièrement difficile qui met à contribution tout le talent possible des acteurs mais nécessite aussi un scénario à l’écriture subtile. Michal et Zuzka forment [&#8230;]</p>
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<p>Le film a été présenté pour la première fois à la Mostra de Venise en 2025 pour le prix Orizzonti du meilleur film. Il obtient l’œil d’Or du meilleur long-métrage au Festival du Film de Zurich et celui du meilleur film au Festival de Stockholm. La réalisatrice slovaque, habitant entre Prague et New-York, aborde un sujet particulièrement difficile qui met à contribution tout le talent possible des acteurs mais nécessite aussi un scénario à l’écriture subtile. Michal et Zuzka forment un couple heureux et solidement établi dans la société. Lui est directeur d’un journal dont l’avenir est en balance et il doit gérer l’arrivée dans son équipe d’une personnalité chargée d’apurer la situation comptable. Elle travaille aussi de son côté. Ils ont une petite fille de deux ans, Dominika, qu’ils chérissent plus que tout. Le début du film nous montre la complicité évidente du père avec sa petite fille et les efforts qu’il fait pour lui être agréable. Il a d’ailleurs acheté un tout nouveau siège enfant pour elle car il doit l’emmener en voiture jusqu’à la crèche. Le film procède par longs plans-séquences du point de vue du père&nbsp;: nous vivons les évènements avec lui, proche de lui et comme à sa place.</p>



<p>La première partie du film, avant que ne survienne le drame, nous plonge dans le quotidien de Michal qui court à pied, prend sa douche, s’habille, s’occupe de Dominika, l’installe dans sa voiture et prend la route du journal. S’ensuivent une série d’actions aussi nombreuses que diverses où on assiste à une concentration du temps ou plutôt au resserrement d’un grand nombre d’actions dans un temps relativement court, qui souligne le caractère préoccupé, voire très occupé, de la journée de Michal. Ceci interviendra <em>a posteriori</em> comme une façon à visée explicative de déterminer le drame. Encore une fois, nous vivons les choses de l’intérieur et en accord avec son regard nous croyons voir ce qu’il perçoit comme la réalité. Une réalité trompeuse en vérité qui est à l’origine du drame. Celui-ci est sans doute le plus affreux que l’on puisse connaître et engage la responsabilité de Michal qui n’en peut mais de se sentir coupable malgré l’explication clinique du phénomène. En effet, ce dernier passe par toutes les phases du deuil, de la culpabilité à la dépression en passant par une tentative d’auto-justification de son geste. Nous suivons avec la caméra en gros plan et scrutons les moindres émotions du personnage, nous rendant solidaires de son destin.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>La publicité organisée autour de ce genre d’affaires laisse ici place au sentiment des acteurs du drame eux-mêmes et le film investigue à travers les réactions des personnages ce qu’on peut ressortir de ce type d’évènement</p>
</blockquote>



<p>La conception de ces longs plans-séquences a demandé une extrême précision et une préparation intense pour prévoir tous les mouvements de caméra afin de les synchroniser avec le mouvement des acteurs en plein jeu, passant d’une voiture en marche à la steadycam puis à une grue. Au moment du procès, Michal ressent comme une sensation de vertige et la caméra s’égare parmi les hauteurs de la salle tandis que le bruit extérieur à la source duquel va chercher la caméra en visant à travers la fenêtre fait entendre des cris d’enfants qui jouent, soulignant le manque affectif dont souffre Michal tout en rappelant de façon obsessionnelle le drame. La question reste de savoir si le couple – ou comment – va traverser cette crise brutale. Mais à aucun moment le film ne porte de jugement sur les personnages, nous laissant libres de réfléchir à ce que nous aurions fait à leur place et si la même chose pourrait nous arriver.</p>



<p>La publicité organisée autour de ce genre d’affaires laisse ici place au sentiment des acteurs du drame eux-mêmes et le film investigue à travers les réactions des personnages ce qu’on peut ressortir de ce type d’évènement, car il est aussi une histoire d’amour et celle d’un couple qui doit faire face à l’impensable avec le déchirement personnel que cela implique : Michal en appelle même à la sévérité de la justice contre lui-même, portant tout le poids de la culpabilité sur ses épaules et la relation de couple avec Zuzka est entièrement remise en question. La pression extérieure est intense et se fait durement ressentir avec l’étreinte exercée par les journalistes sur Michal et son procès, par le public – à travers Internet ou le vieil homme qui porte une pancarte – ainsi même que par sa collaboratrice du journal qui vitupère contre lui alors qu’elle se croit à l’abri d’être entendue. Mais il faut bien dire que cette attaque en règle se brise contre l’humanité du personnage de Michal et l’amour qu’il porte en lui pour sa fille comme pour sa compagne. Une exploration des pensées et des sentiments les plus intimes que peut vivre un homme en plein drame.</p>



<p></p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Tereza Nvotova<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Slovaquie, République tchèque, Pologne<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Milan Ondrik, Dominika Moravkova, Peter Bebjak<br><strong>DURÉE : </strong>1h42<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Epicentre Films<br><strong>SORTIE LE </strong>27 mai 2026</pre>
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		<title>Mon grand frère et moi : une recomposition de l’image de l’autre filmée avec beaucoup de tendresse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 15:41:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est le cinquième long-métrage de Ryota Nakano mais seulement le deuxième à être distribué en France après La Famille Asada en 2020. Le cinéaste adapte ici l’essai autobiographique de l’écrivaine japonaise Riko Murai avec laquelle il s’est entretenu directement, ce qui lui a permis d’insérer dans le film des anecdotes personnelles qui ne sont pas présentes dans l’essai. Comme dans ses précédents films, il explore le domaine du deuil et des relations familiales et intergénérationnelles. Riko se trouve au début [&#8230;]</p>
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<p>C’est le cinquième long-métrage de Ryota Nakano mais seulement le deuxième à être distribué en France après<a href="https://movierama.fr/la-famille-asada-la-photographie-sauvera-le-monde"> <strong>La Famille Asada</strong></a> en 2020. Le cinéaste adapte ici l’essai autobiographique de l’écrivaine japonaise Riko Murai avec laquelle il s’est entretenu directement, ce qui lui a permis d’insérer dans le film des anecdotes personnelles qui ne sont pas présentes dans l’essai. Comme dans ses précédents films, il explore le domaine du deuil et des relations familiales et intergénérationnelles. Riko se trouve au début du film dans son salon entourée de sa famille : son mari et ses deux fils adolescents, une scène qui donne le thème du récit qui va suivre. Lorsque soudain elle reçoit un coup de téléphone auquel elle répond à contrecœur : le commissaire de police lui apprend que son grand frère est décédé et qu’il lui faut venir reconnaître le corps afin de le transporter ensuite au funérarium pour la crémation. Riko ne semble pas ressentir beaucoup d’émotion et repousse le rendez-vous quatre jours plus tard, ce dont son fils s’étonne. C’est qu’elle entretenait des rapports difficiles avec son frère. Le récit qui suit est l’occasion de faire réapparaître des souvenirs et de redécouvrir l’homme qu’il était en définitive.</p>



<p>En effet, il ne cessait de lui envoyer des mails par internet pour lui demander de l’aide et surtout de l’argent en évoquant des motifs en lesquels Riko ne croit pas tant elle est habituée aux mensonges de son frère qui, du jour où il a appris le cancer dont était atteint leur mère, a fui le domicile maternel pour aller ailleurs débuter une nouvelle vie. Jusqu’au jour même des funérailles de cette dernière où il ne manque pas cyniquement d’extorquer de l’argent à Riko, soi-disant pour acheter un cadeau à son fils Ryoichi dont il a obtenu la garde suite à son divorce d’avec sa femme Kanako. On apprend que c’était la condition sine qua non qu’il avait émise pour accepter de se séparer d’elle. Kanako, elle, ne pouvait continuer à vivre avec un homme qui s’endettait en permanence et ne pouvait assurer la survie du foyer. Le film nous montre donc des personnages isolés, épars parmi la foule des hommes, séparés les uns des autres pour les rassembler quasiment sous la forme d’une nouvelle famille, élargie cette fois-ci. Ils vont se réunir sous le signe du deuil qui les frappe tous autant qu’ils sont.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Chaque geste, chaque expression sont soigneusement pesés et montrés à l’écran pour faire signe et c’est avec une extrême délicatesse que le cinéaste développe ici le travail de deuil indispensable à chacun pour continuer à vivre débarrassé de tout sentiment d’amertume.</p>
</blockquote>



<p>Et Riko va peu à peu s’apercevoir que son frère ne lui mentait pas autant qu’elle le pensait. Sa pompe à chaleur avait effectivement explosé et il devait en acheter une nouvelle. Il avait bien trouvé un professeur de piano pour Ryoichi qui n’aura pu bénéficier que des cinq premiers cours gratuits, mais ce n’est que lorsque le jeune garçon joue quelques notes sur le piano du foyer où il a été placé qu’on découvre cette face cachée de la personnalité du frère qui faisait bien tout pour l’éducation de son fils, l’emmenant sur le port pour voir les grues qui pointent au loin vers le ciel. Riko découvre aussi un CV de son frère où il a listé ses compétences et elle s’étonne de se rendre compte de tout ce qu’il était capable de faire : il cherchait bien un travail et comptait gagner ainsi de l’argent. Souvenir aussi d’une virée à vélo – avec Riko sur le porte-bagages – jusqu’au café du port où travaillaient leurs parents, image de la générosité de sentiment de son frère. Ryoichi, quant à lui, est affligé par le décès de son père et paraît timoré mais gagnant confiance peu à peu en sa mère qu’il connaît finalement assez peu pour rejoindre son foyer. A travers la peine de Ryoichi et les découvertes faites par Riko sur son frère mais aussi le dialogue avec Kanako, une nouvelle image du grand frère – recomposée – nous apparaît ainsi qu’à Riko. Car nous voyons les choses à travers son regard.</p>



<p>En effet, Riko a des visions de son frère qui la poursuivent jusque dans le supermarché où elle fait ses courses, et avec lequel elle dialogue. En fait, il s’agit d’un monologue intérieur de Riko avec elle-même. La réalisation tend à montrer que si l’on fait preuve d’un tant soit peu d’imagination ou même d’intuition, on se rend compte que la personne défunte continue de vivre dans nos cœurs et dans notre tête par-delà la mort. Ce n’est d’ailleurs plus qu’à travers nous que cette dernière continue d’exister. Façon de maintenir le lien familial et d’entretenir le souvenir collectif des hommes. Chaque geste, chaque expression sont soigneusement pesés et montrés à l’écran pour faire signe et c’est avec une extrême délicatesse que le cinéaste développe ici le travail de deuil indispensable à chacun pour continuer à vivre débarrassé de tout sentiment d’amertume. C’est avec légèreté – et humour – qu’il décrit de façon légère un sujet qui pourrait apparaître d’abord comme grave – et il l’est – et austère. Une merveille de petit bijou de fantaisie, pleine d’un sentiment réconfortant d’apaisement et de vie pour qui s’y laisse prendre.</p>



<p></p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Ryota Nakano<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Japon <br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Ko Shibasaki, Joe Odagiri, Hikari Mitsushima<br><strong>DURÉE : </strong>2h07<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Art House<br><strong>SORTIE LE </strong>6 mai 2026</pre>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/mon-grand-frere-et-moi-une-recomposition-de-limage-de-lautre-filmee-avec-beaucoup-de-tendresse/">Mon grand frère et moi : une recomposition de l’image de l’autre filmée avec beaucoup de tendresse</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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		<title>Les cloches des profondeurs : la foi par-dessus tout</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 01:38:09 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[REPRISES]]></category>
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<p>Le documentaire a été réalisé en 1993 par Werner Herzog qui s’intéresse ici au thème et à la réalité de la foi et des superstitions en Russie dans le cadre de l’effondrement de l’U.R.S.S. En Sibérie d’abord dans la République de Touva où il nous fait rencontrer des nomades qui s’apprêtent à partir en transhumance et dans ce but consultent le chaman du lieu afin d’avoir ses prévisions : fumée d’encens et cérémonie du thé. On y entre caméra à l’épaule pour s’immiscer progressivement dans l’intimité des habitants comme conviés par ces derniers qui souhaitent bonne chance au documentaire lui-même. Et l’on y respire la bienveillance et la simplicité qui sont la marque des petites gens. Le fil rouge du film est la rencontre – toujours en Sibérie &#8211; avec un mystique russe qui se fait appeler Vissarion d’une trentaine d’années qui prétend être la réincarnation de Jésus-Christ. Prétention qui n’engage que lui, même si tout dans la description extérieure est fait pour valider la ressemblance : barbe et moustache, cheveux longs aux épaules, port de la tête quelque peu penchée sur le côté, expression des mains et voix qui se veut rassurante, d’autres pourraient dire mielleuse. Pourtant, le fondateur de l’Église du Dernier Testament semble s’être attiré la sympathie des croyants avec lesquels on le voit entrer en discussion – notamment avec un couple d’handicapés. Puis interviennent trois chapitres – chacun des chapitres est annoncé par un carton où est inscrit le titre – qui ont relation avec le pouvoir de guérison de certains éléments extérieurs ou personnages : distribution d’eau bénite entre habitants du village, transmission d’énergie cosmique et séance d’exorcisme d’un sorcier sur un groupe de femmes assises face à lui.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Un film curieux qui nous montre que la ferveur religieuse – ou la superstition – n’a rien perdu de sa force surtout chez les gens pauvres des contrées de Russie où elle fait office de calmant et d’adoucissant à la vie.</p>
</blockquote>



<p>Les faits et propos des protagonistes sont présentés tels quels, sans commentaire du narrateur, seule une voix off – celle de Herzog – traduisant les paroles du russe à l’allemand, se refusant à interpréter ce que l’on voit à l’écran et mettant tout sur le même plan : légendes, foi, visions, cérémonial et tout ce qui va avec. Le cinéaste nous donne à réfléchir sur les restes ancrés d’une foi parfois millénaire dans l’esprit des pauvres gens qui habitent ces régions du monde, au milieu de la technologie la plus moderne : on voit des lignes à haute tension traverser le paysage. L’Église orthodoxe n’en a jamais véritablement disparu d’ailleurs et l’on fait la connaissance d’un sonneur de cloches orphelin qui n’a jamais malgré ses efforts réussi à retrouver ses parents. On se rend compte que son métier est tout un art et demande coordination et sens de la musique. Celle des chœurs sacrés qui envahit la bande-son soulignant la ferveur des croyants – gros plans à l’appui – qui viennent visiter et embrasser les icônes religieuses du monastère de Zagork qui abrite la sépulture de Saint Serge. Quant à la légende de Kitej, elle fait l’objet d’un traitement spécial, les premières images du film y renvoyant directement mais le thème n’étant repris qu’au cours de celui-ci. On voit des pèlerins raconter l’histoire de la ville de Kitej, fondée dans la circonscription administrative de Nijni Novgorod par Iouri II Vladimirski au XIIIème siècle, qui, menacée par les Mongols, fut miraculeusement engloutie par les eaux qui forment aujourd’hui le lac Svetloïard, ce qui en fait une sorte d’Atlantide russe. Les plus pieux comme cette dame interrogée pouvant voir les feux des processions religieuses. Des pèlerins avancent à quatre pattes autour du lac devenu sacré. Et Herzog y met du sien puisqu’il invente une séquence qui est de sa pure invention où l’on voit des hommes à plat ventre sur le lac essayer d’y voir à travers la ville de Kitej, tandis que les pêcheurs ont creusé un trou dans la glace pour y attraper le poisson et que des patineurs glissent sur la surface gelée ne semblant pas faire attention à tout ce manège. Un film curieux qui nous montre que la ferveur religieuse – ou la superstition – n’a rien perdu de sa force surtout chez les gens pauvres des contrées de Russie où elle fait office de calmant et d’adoucissant à la vie.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Documentaire<br><strong>AVEC : </strong>Werner Herzog, Vissarion, Anna Hitch<br><strong>DURÉE : </strong>1h<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/les-cloches-des-profondeurs-la-foi-par-dessus-tout/">Les cloches des profondeurs : la foi par-dessus tout</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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		<title>Les fleurs du manguier : un périple à très haute intensité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Apr 2026 11:03:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le film, présenté à la Mostra de Venise 2025 y obtient pas moins de trois prix dont le Prix Spécial du Jury, celui du Bisato d’Oro pour sa réalisation et le Netpac Award – prix dédié aux films et réalisateurs asiatiques de talent – avec une Mention spéciale. En effet, Akio Fujimoto est d’origine japonaise mais a passé ses douze dernières années en Birmanie en Asie du sud-est où il a travaillé comme cinéaste. C’est durant cette période qu’il a [&#8230;]</p>
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<p>Le film, présenté à la Mostra de Venise 2025 y obtient pas moins de trois prix dont le Prix Spécial du Jury, celui du Bisato d’Oro pour sa réalisation et le Netpac Award – prix dédié aux films et réalisateurs asiatiques de talent – avec une Mention spéciale. En effet, Akio Fujimoto est d’origine japonaise mais a passé ses douze dernières années en Birmanie en Asie du sud-est où il a travaillé comme cinéaste. C’est durant cette période qu’il a entendu parler à maintes reprises des persécutions subies par le peuple Rohingya, sujet tabou en Birmanie. Ces derniers sont une minorité musulmane originaire de l’État de Rakhine dans l’ouest du Myanmar (ex-Birmanie) où la population est à une très large majorité bouddhiste. Il subissent des persécutions depuis des décennies mais c’est en 2017 qu’une répression militaire majeure a forcé plus de 750 000 d’entre eux à fuir vers le Bangladesh – au nord – pour échapper à des viols et des massacres qualifiés par des enquêtes internationales de nettoyage ethnique. Depuis lors, l’exode est permanent pour rejoindre la Malaisie ou l’Indonésie, entraîné par la misère des conditions de vie dans les camps de réfugiés. C’est là que nous faisons connaissance avec les deux jeunes protagonistes du film que l’on suivra tout au long de leur périple&nbsp;: Shafi, 4 ans, et sa sœur Somira, 9 ans. Avec leur tante, il s’apprêtent, depuis le camp où les conditions de vie sont sommaires, à rejoindre la Malaisie où vit un des oncles des deux jeunes enfants.</p>



<p>Grimpant une pente escarpée jusqu’au bois qu’ils traversent, il parviennent jusqu’à une plage où ils sont pris en charge par une espèce de chalutier sur lequel ils s’embarquent tous autant qu’ils sont, transférés d’abord dans la cale d’où ils sortent enfin pour respirer à l’air libre le long du pont. La traversée est longue et pénible, peu à manger, les rohingyas sont serrés les uns contre les autres. Certains prient, comme prie déjà le père au début du film et ils ne manquent jamais de faire référence au secours qu’ils attendent de Dieu dans leur périple et pour leur avenir, soulignant ainsi leur caractère très pieux. A la merci de l’équipage du bateau, ils le seront toujours des passeurs qui les aident à s’enfuir mais ne manquent jamais de les menacer en leur extorquant le plus d’argent possible. Réduits à l’impuissance, enfermés dans des cages en bois aux barreaux pas assez serrés cependant pour que n’y échappent les deux enfants qui se glissent entre eux. Un vieillard ne supportera pas la traversée&nbsp;: la menace du danger et de la mort pèse sur les protagonistes tout au long du film.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Le spectateur est en pleine immersion avec ces naufragés de la misère cherchant à survivre en quête d’avenir.</p>
</blockquote>



<p>S&rsquo;ils ne viennent pas des circonstances mêmes du voyage, ils peuvent surgir des garde-côtes ou des soldats de l’armée préposés aux frontières qui les pourchassent en tirant sur eux à balles réelles. La caméra est à proximité, à l’épaule, suivant la course effrénée des rohingyas au sein de la forêt, la nuit ajoutant encore plus de confusion encore à leur fuite lorsqu’elle n’adopte pas le point de vue subjectif, à moitié immergée dans l’eau et mimant les mouvements des nageurs qui tentent à toute allure de rejoindre la côte depuis le bateau repéré par les garde-côtes. Le spectateur est en pleine immersion avec ces naufragés de la misère cherchant à survivre en quête d’avenir. Et l’émotion se fait ressentir à scruter ces hommes, ces femmes et ces enfants patients jusqu’au bout, résilients et animés par leur foi à travers un périple où le danger est partout et peut surgir à n’importe quel moment. Les acteurs jouent avec un naturel consommé, semblant avoir parfaitement adopté la caméra. Le cinéaste tourne de longues séquences qui permettent à celui-ci de s’installer peu à peu, un dialogue s’instaurant même entre chef opérateur – Yoshio Kitagawa &#8211; et les acteurs, ce dernier se déplaçant librement tout en s’accordant au rythme des enfants à travers le regard duquel nous assistons aux évènements.</p>



<p>Une spontanéité que l’on retrouve dans la relation qui unit ces derniers – frère et sœur dans la vie réelle – lorsqu’ils jouent ensemble – ils sont et restent des enfants &#8211; où errent dans les ruelles désolées de la ville, mendiant à boire et à manger. Des îlots de sécurité et de paix ménagés au sein de la narration qui permettent au spectateur en même temps que pour les personnages de souffler un peu, tant la misère est dure à supporter, tant le danger est constant au cours du périple. Comme cette séquence où les réfugiés sont accueillis chaleureusement par des thaïlandais au sein de leur habitation leur permettant de se restaurer et de se reposer pour mieux repartir. On s’attache facilement au regard des enfants sur ce monde périlleux dans lequel ils vivent et évoluent ensemble. Le jeune Shofik &#8211; qui joue le rôle de Shafi – est muni d’un charme particulièrement envoûtant qui s’exerce sur nous à travers son regard innocent et déjà habitué pourtant à voir des choses que ne devrait pas vivre un enfant. Un film qui a une dimension documentaire indéniable mais qui, à travers la fiction, atteint à un niveau d’émotion qui doit toucher notre sentiment d’humanité le plus profond. Une merveille.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-8"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:11%"></div></div><div class="score">4.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Akio Fujimoto<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Japon, France, Malaisie, Allemagne<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Muhammad Shofik Rias Uddin, Shomira Rias Uddin<br><strong>DURÉE : </strong>1h39<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Arizona Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
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		<title>Fitzcarraldo : une épopée sauvage à travers l’Amazonie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 08:00:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En lice pour la Palme d’Or, le film obtiendra tout de même le Prix de la mise en scène au Festival International de Cannes 1982. Et il s’agit pour Werner Herzog d’une nouvelle collaboration avec Klaus Kinski dans le rôle du personnage principal. Contrairement à ce que disait Serge Daney, ne lui en déplaise, Fitzcarraldo n’est pas un film à vocation touristique, bien au contraire. Car si le film se déroule en Amazonie, l’histoire se déroule selon le point de [&#8230;]</p>
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<p>En lice pour la Palme d’Or, le film obtiendra tout de même le Prix de la mise en scène au Festival International de Cannes 1982. Et il s’agit pour Werner Herzog d’une nouvelle collaboration avec Klaus Kinski dans le rôle du personnage principal. Contrairement à ce que disait Serge Daney, ne lui en déplaise, <strong>Fitzcarraldo</strong> n’est pas un film à vocation touristique, bien au contraire. Car si le film se déroule en Amazonie, l’histoire se déroule selon le point de vue extatique d’un aventurier hors-norme – qui pourrait bien être le double du cinéaste au parcours erratique – qui se fait appeler Fitzcarraldo pour Brian Sweeney Fitzgerald, plus facile à prononcer pour les indigènes. Sous l’impulsion de la révolution industrielle – nous sommes à la fin du XIXème siècle, début du XXème – l’automobile et l’industrie du pneumatique se développent faisant de la récolte du latex, indispensable à la fabrication du caoutchouc, un enjeu important pour l’Europe dont les capitaux affluent. C’est ainsi que se développe à une vitesse fulgurante la ville de Manaus, capitale de l’Amazonie dans le sud-ouest du Brésil. Le contraste qui existe entre le luxe tapageur des habitants les plus aisés et la misère quotidienne des <em>seringueiros</em> (travailleurs de l’hévéa) est bien souligné dans le film. Y règnent ceux que l’on appelle les barons du caoutchouc et ces derniers, avec la morgue qui les caractérise – une anecdote dit qu’ils envoyaient laver leur linge au Portugal – tournent en dérision le pauvre Fitz – gros plans sur leurs visages grotesques en train d’éclater de rire &#8211; avec son ambition de faire construire un théâtre à Iquitos, en Amazonie péruvienne d’où il est venu, aussi flamboyant que celui de Manaus pour y accueillir son idole, le célèbre ténor italien Caruso.</p>



<p>Il vit en compagnie de Molly (jouée par Claudia Cardinale) qui tient une pension de jeunes filles qu’elle place ensuite dans les meilleures familles de la ville. Ils s’aiment et partagent les mêmes goûts, et la même folie. Fitz, quant à lui, a déjà échoué dans une entreprise précédente, celle de créer un chemin de fer qui traverse l’Amazonie, et en attendant mieux, il fabrique des pains de glace qu’il distribue à l’occasion aux enfants. Mais cela ne l’enrichit pas suffisamment pour accomplir l’idée qu’il a en tête, qu’il hurle du clocher d’une église au sein de laquelle il s’est enfermé, fou criant à la foule qui l’observe sans comprendre. Il décide alors d’aller recueillir lui aussi le caoutchouc dans une parcelle laissée libre située sur le cours de l’Ucayali, l’un des affluents de l’Amazone. Pour cela il achète – avec l’aide de la petite fortune de Molly – un bateau à vapeur capable d’effectuer la traversée. Mais il faut d’abord le faire remettre en état. Et de le baptiser du nom de sa compagne. Le recrutement de son équipage est à l’image du caractère de son propriétaire, en apparence fantasque et boiteux : un pilote seul survivant d’une expédition ayant fini en catastrophe et un cuisinier ivrogne.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Entraînante aussi la folie du personnage qui nous gagne avec sa fièvre d’une quête démesurée au sein d’une nature hostile et de forces dangereuses.</p>
</blockquote>



<p>Fitzcarraldo parvient à nous faire croire à son projet tant sa détermination est intacte quelles que soient les avanies et malgré quelques moments de doute. C’est aussi la magie du cinéma que de nous entraîner dans son aventure. Car c’est d’une véritable aventure qu’il s’agit au cours de laquelle le personnage devra affronter les forces naturelles – les remous du Pongo – défier cette même nature &#8211; en faisant passer son bateau par-dessus une colline, et c’est vraiment ce que l’équipe du film fit avec l’aide des Indiens – ainsi que les Shuars, appelés improprement les Navajos (terme dont la signification est « barbare », « sauvage »), redoutable peuplade qui a pour particularité de pratiquer le rite de la réduction de tête, d’où leur réputation caricaturale de coupeurs de tête à laquelle n’échappe pas le film, relatant le sort des deux missionnaires jésuites retrouvés morts avec la tête tranchée.</p>



<p>Le film offre des panoramas fascinants sur la nature amazonienne et les péripéties de l’équipage du bateau se suivent à un rythme entraînant. Entraînante aussi la folie du personnage qui nous gagne avec sa fièvre d’une quête démesurée au sein d’une nature hostile et de forces dangereuses. Ainsi, le mouvement de sympathie qui s’instaure entre l’équipage de Fitz et les indiens est-il miraculeux mais l’on a envie de croire en cette fraternité soudaine même si elle est animée par un calcul plus intéressé qu’il n’y paraît. Il faut savoir que pendant le tournage, les indigènes en butte aux accès de folie furieuse de Kinski offrirent à Werner Herzog de le tuer tant il devenait insupportable à tous. Cet épisode est relaté dans le film qu’il fit ensuite sur ses relations entre lui et l’acteur dans <strong><a href="https://movierama.fr/ennemis-intimes-la-demesure-pour-modele">Ennemis Intimes</a></strong> (1999). Un grand souffle épique traverse ce film autour d’un conquistador de l’inutile à l’âme aussi noble que sauvage. L’occasion de voir ou de revoir une grande œuvre de l’histoire du cinéma, avec Kinski à l’écran, ce qui n’est pas rien.</p>



<p></p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Film d'aventures<br><strong>AVEC : </strong>Klaus Kinski, Claudia Cardinale, José Lewgoy<br><strong>DURÉE : </strong>2h38<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
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		<title>Cœur de verre : une catastrophe prévue d’avance</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 01:31:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la première fois que Werner Herzog travaille en collaboration avec un autre scénariste, Herbert Achternbusch mort récemment – en 2022 – lui-même écrivain, poète, dramaturge et réalisateur anarchiste voire surréaliste d’origine bavaroise comme lui. L’histoire s’inspire du folklore bavarois, mettant en scène le vacher visionnaire Hias au XVIIIème siècle. Il inaugure le film dès le premier plan, assis au milieu de ses vaches, immobile et visiblement en pleine méditation. C’est sa voix qui se superpose en off aux images [&#8230;]</p>
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<p>C’est la première fois que Werner Herzog travaille en collaboration avec un autre scénariste, Herbert Achternbusch mort récemment – en 2022 – lui-même écrivain, poète, dramaturge et réalisateur anarchiste voire surréaliste d’origine bavaroise comme lui. L’histoire s’inspire du folklore bavarois, mettant en scène le vacher visionnaire Hias au XVIIIème siècle. Il inaugure le film dès le premier plan, assis au milieu de ses vaches, immobile et visiblement en pleine méditation. C’est sa voix qui se superpose en off aux images montagneuses de la nature bavaroise propre à l’enfance du réalisateur avec sa mère. Les montagnes se dressent au- dessus des nuages qui filent à l’égal d’un fleuve au courant continûment agité, les images se confondant les unes avec les autres jusqu’à imprimer notre rétine : on ressent la sensation du temps qui s’écoule et en même temps se fige. État d’extase auquel Herzog fait participer le spectateur bercé par les images et accentué par la musique de Popol Vuh. Et lorsque Hias dit vouloir fixer un point précis au milieu de la chute d’eau que l’on voit à l’écran, notre regard à son tour se fige nous amenant presque à un état d’inconscience voulu. L’idée en est venue à Herzog au visionnage des <strong>Maîtres fous</strong> (1955) de Jean Rouch, ce film sur la transe rituelle pratiquée par une tribu d’Afrique.</p>



<p>Le cinéaste tente de reproduire l’expérience sur le spectateur, cherchant ainsi à surprendre ce qui se passe derrière le voile des apparences jusqu’au plus profond de la réalité. Ainsi, comme le faisait Carl Dreyer avant lui, il met ses acteurs sous hypnose selon les besoins de la scène, ce qui leur donne cette apparence un peu étrange à l’écran et cet aspect stylisé – gestes décomposés de façon théâtrale, regards dans le vide et parole heurtée. Il faut alors se laisser porter par le rythme du film au risque sinon de s’y ennuyer et de trouver le temps un peu long. La voix off de Hias décrit un monde en train de s’écrouler – la menace de décomposition du monde est constante tout au long du film –, de pourrir laissant place à un ordre nouveau : c’est un texte proprement apocalyptique, dans le sens révélateur du terme. Parole prophétique aussi. En effet, le village est en émoi et croît voir apparaître des signes attestant de la fin du monde, comme ce géant destructeur et anthropophage que les villageois croient avoir aperçu rôdant aux alentours.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>C’est ainsi que les personnages dans <strong>Cœur de verre</strong> semblent agis de l’extérieur, semblables à des automates obéissant à leurs pulsions internes les menant à la catastrophe inévitable de la fin du monde.</p>
</blockquote>



<p>Car rien ne va plus&nbsp;: la verrerie qui est la principale entreprise du coin et qui fabrique un verre particulier appelé le verre-rubis pour sa couleur rouge a perdu son principal maître d’œuvre, le contremaître Mühlbeck, mort sans avoir dévoilé le secret de la fabrication de son fameux verre. Les maîtres verriers se mettent à l’œuvre mais rien n’y fait et ils échouent lamentablement dans leurs tentatives. Tout l’espoir du village repose pourtant sur ce secret. Le maître de la verrerie, un jeune aristocrate guindé hanté par la folie, se met alors à en chercher la formule dans des grimoires, impuissant lui aussi, sa quête tournant bientôt à l’obsession. Les villageois semblent prisonniers de leur routine comme d’un rêve, accomplissant ainsi les prédictions de Hias. Herzog dénonce ici le caractère soumis de l’homme à un destin que des forces qui le dépassent– économiques, politiques ou autres – lui dictent car même s’ils savent ce qui va leur arriver, ils ne font rien pour l’empêcher. On retrouvera ce même sentiment d’impuissance et de chute dans le vide dans le personnage principal de <strong><a href="https://movierama.fr/la-ballade-de-bruno-lenfer-americain/">La Ballade de Bruno</a> </strong>(1977), même si dans ce dernier film, le héros se bat quant à lui tant qu’il peut pour échapper à son destin.</p>



<p>Il semble chez Herzog que l’humanité soit aveugle à son propre destin et soit vouée à disparaître pour mieux renaître sous une autre forme comme dans <strong><a href="https://movierama.fr/fata-morgana-a-la-recherche-dun-eden-perdu/">Fata Morgana</a></strong> (1971) où une civilisation meurt pour être remplacée par une autre toute aussi atteinte de cécité que l’autre. C’est ainsi que les personnages dans <strong>Cœur de verre</strong> semblent agis de l’extérieur, semblables à des automates obéissant à leurs pulsions internes les menant à la catastrophe inévitable de la fin du monde. Un éternel recommencement en somme similaire à la vision en partie nihiliste chez Nietzsche de l’éternel retour du même. Herzog nous emmène à travers cette fable dans un monde étrange fait de signes qu’il s’agit d’interpréter pour le spectateur saisi par l’hébétude et parfois l’incompréhension. C’est un cinéma exigeant qui demande une participation entière de nos sens. Mais qui nous relie au sens profond, souvent caché, de notre propre existence.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-6"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:31%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Josef Bierbichler, Stefan Güttler, Clemens Scheitz<br><strong>DURÉE : </strong>1h34<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/coeur-de-verre-une-catastrophe-prevue-davance/">Cœur de verre : une catastrophe prévue d’avance</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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		<title>Woyzeck : l’histoire d’un homme rendu fou de douleur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 00:36:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le film est sélectionné au Festival International du Film de Cannes en 1979 pour la Palme d’Or. C’est la troisième participation de Klaus Kinski à un film de Werner Herzog. Il est l’adaptation d’une pièce inachevée de l’écrivain, dramaturge, révolutionnaire et scientifique Georg Büchner mort du typhus en 1837 à l’âge d’à peine vingt-trois ans, elle-même inspirée de l’histoire vraie d’un soldat de Leipzig en 1821. Woyzeck est en effet un simple soldat de l’infanterie en compagnonnage avec la jeune [&#8230;]</p>
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<p>Le film est sélectionné au Festival International du Film de Cannes en 1979 pour la Palme d’Or. C’est la troisième participation de Klaus Kinski à un film de Werner Herzog. Il est l’adaptation d’une pièce inachevée de l’écrivain, dramaturge, révolutionnaire et scientifique Georg Büchner mort du typhus en 1837 à l’âge d’à peine vingt-trois ans, elle-même inspirée de l’histoire vraie d’un soldat de Leipzig en 1821. Woyzeck est en effet un simple soldat de l’infanterie en compagnonnage avec la jeune et belle Marie – Eva Mattes joue le personnage, elle qu’on a déjà vue dans <strong><a href="https://movierama.fr/la-ballade-de-bruno-lenfer-americain/">La Ballade de Bruno</a></strong> du même Herzog en 1977, et qui obtient pour sa performance dans <strong>Woyzeck</strong> le prix du meilleur second rôle à Cannes. Woyzeck a l’air <em>traqué</em>, comme le dit son capitaine&nbsp;: sans cesse affairé, marchant à grands pas d’un lieu à un autre, il tient aussi le rôle de barbier auprès de son officier supérieur qui philosophe pendant qu’on le rase, reprochant au soldat son manque de vertu et de croyance en Dieu.</p>



<p>Woyzeck est en proie à des hallucinations auditives et son regard semble parfois perdu dans les lointains sans qu’on sache jamais ce qu’il y perçoit. Personnage fantasque, un peu fou sur les bords, à l’esprit du moins dérangé. Il est un pur objet de curiosité scientifique pour le médecin militaire qui l’ausculte, le contraignant à un régime drastique à base de pois, lui reprochant son manque de volonté, émettant l’idée – c’est sa grande théorie – que la volonté peut tout et par-dessus toutes choses corriger ou du moins contrôler la nature. Car Woyzeck est un être naïf au sens premier du mot, innocent comme la nature, qui laisse libre cours à ses impulsions, doutant cependant de ce qu’il faut faire ou ne pas faire, en proie à l’hostilité ou au mépris du monde extérieur, obéissant aux ordres. Et ce même monde en profite, comme Marie qui, en douce, trompe son ami avec le tambour-major, espèce de grand escogriffe, ne se privant pas de danser avec sa dulcinée à la barbe et au nez de ce pauvre Woyzeck qui n’en peut mais.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Dépossédé de son corps, maltraité, humilié, trahi, Woyzeck cherche un sens à ce qui lui arrive mais n’y parvient pas. Quête sans fin à l’issue de laquelle on ne peut que se perdre.</p>
</blockquote>



<p>Alors ça tourne dans la tête du petit soldat qui se rend compte de la chose, lui qui adopte pourtant l’attitude du parfait mari et père de famille, offrant toute sa solde à Marie dès qu’il la perçoit. Cette dernière se laisse séduire par le prestige de l’uniforme et la prestance de son amant, victime de l’ennui mortel du quotidien qu’elle vit avec Woyzeck, une autre Emma Bovary en somme. A l’instar de Kaspar Hauser – autre héros de la filmographie de Herzog – Woyzeck se sait prisonnier du monde absurde dans lequel il vit. C’est un être doté d’une clairvoyance supérieure aux autres, une clairvoyance telle qu’elle peut mener à la folie, à la destruction et jusqu’à la mort. Dépossédé de son corps, maltraité, humilié, trahi, Woyzeck cherche un sens à ce qui lui arrive mais n’y parvient pas. Quête sans fin à l’issue de laquelle on ne peut que se perdre. Mais il ne peut s’en tenir à l’immobilisme, contraint qu’il est de regarder se dérouler le long fleuve absurde de la vie devant lui, et il se débat pour essayer de vivre.</p>



<p>Mais traité en cobaye par le médecin militaire aux discours creux qui se prévaut vaniteusement de son titre, humilié et en perte de repères – il perd ainsi le dernier abri où il pouvait se réfugier, c’est-à-dire son foyer imprégné de l’odeur et des traces laissées par son rival en amour – Woyzeck cherche à se confier à son camarade Andrès qui lui adresse en réponse un message de non-retour, lui conseillant de ne pas trop s’en faire. Mais il n’est pas homme à laisser les choses en l’état et c’est ainsi qu’il s’affirme aussi comme un héros cherchant à améliorer sa situation et à donner un sens à la vie et au monde. Kinski incarne à merveille son personnage, fatigué et torturé intérieurement – il sort à peine du tournage de <strong>Nosferatu</strong> – rendant sensible la tristesse profonde du personnage. Et Herzog est en empathie avec son personnage, prenant son parti, restant près de lui, sobre dans sa manière de le filmer et éloigné de tout pathos. Encore une histoire traduisant le pessimisme noir de son auteur ici merveilleusement sublimé par le film.</p>



<p></p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Drame historique<br><strong>AVEC : </strong>Klaus Kinski, Eva Mattes, Wolfgang Reichmann<br><strong>DURÉE : </strong>1h20<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
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		<title>La grande extase du sculpteur sur bois Steiner : l’art de planer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2026 01:15:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Werner Herzog réalise ce documentaire la même année où sort dans les salles L’énigme de Kaspar Hauser en 1974. Il faut savoir que le cinéaste envisagea un temps de devenir lui-même champion de saut à ski. Il suit ici le suisse Walter Steiner, menuisier de son état – ce sont les premières images du film nous le montrant en train de réaliser une sculpture sur bois en forme de bol. Surnommé l’homme oiseau, il est dans l’équipe nationale depuis 1968 [&#8230;]</p>
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<p>Werner Herzog réalise ce documentaire la même année où sort dans les salles <strong><a href="https://movierama.fr/lenigme-de-kaspar-hauser-portrait-dun-esprit-libre/">L’énigme de Kaspar Hauser</a></strong> en 1974. Il faut savoir que le cinéaste envisagea un temps de devenir lui-même champion de saut à ski. Il suit ici le suisse Walter Steiner, menuisier de son état – ce sont les premières images du film nous le montrant en train de réaliser une sculpture sur bois en forme de bol. Surnommé <em>l’homme oiseau</em>, il est dans l’équipe nationale depuis 1968 et remporte la médaille d’argent sur le grand tremplin aux Jeux Olympiques d’hiver de 1972. Nous le retrouvons ici pour le championnat du monde de saut à ski de Planica en Yougoslavie (aujourd’hui la Slovénie). Les séquences enchaînant les sauts alternent avec les interventions du réalisateur lui-même se muant en commentateur sportif, ou avec une caméra fixée sur le champion en pleine préparation ou attente de son tour pour sauter, la pression se faisant sentir de plus en plus au fur et à mesure que se rapproche le moment fatidique. Car le danger est là, omniprésent, de chute à l’atterrissage et de subir de graves traumas. Walter tombe et sa tête cogne contre le sol glacé&nbsp;; aussitôt les secours interviennent et il est soigné. Écorché et quelque peu sonné, il perdra la mémoire des quelques instants qui ont suivi sa chute. Le sauteur à ski est un héros sportif qui remet sans cesse sa vie en jeu et les images sont impressionnantes de la hauteur à laquelle il s’élève.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Car le danger est là, omniprésent, de chute à l’atterrissage et de subir de graves traumas.</p>
</blockquote>



<p>La caméra suit le sauteur dans son ascension vertigineuse, sa figure se découpant sur les nuages blancs du ciel bleu des montagnes. Et le risque est sensible pour le spectateur qui ne peut que s’émerveiller devant un tel exploit. Le skieur doit en faire abstraction avant de s’essayer à chaque fois sur la piste. Mais les limites sont à chaque fois repoussées. C’est que les spectateurs, arrivés par bus de tous les coins du pays et d’ailleurs, amassés au bas des pistes, en veulent toujours plus. Et nous en sommes partie prenante même si l’on tremble pour la vie des sauteurs. Les sauts – et les chutes qui en sont parfois l’aboutissement &#8211; donc se succèdent, rythmant à intervalles réguliers le déroulement du film. Le réalisateur utilise un procédé de ralentissement de l’image faisant en sorte que nous avons l’impression en voyant le sauteur à ski accomplir son geste qu’il est comme suspendu dans le ciel, en train littéralement de planer semblable à un oiseau. La sensation est encore soulignée par une bande-son adéquate puisque Werner Herzog utilise la musique du groupe allemand Popol Vuh formé en 1969 et ayant déjà contribué aux films du cinéaste pour <strong>Aguirre, la colère de Dieu</strong> en 1972. Ils continueront à accompagner celui-ci au cours des années suivantes, venant marquer de leur empreinte sa filmographie. Musique elle-même particulièrement planante et connue pour cela. Ici, comme dans plusieurs de ses autres films – dont <strong><a href="https://movierama.fr/la-soufriere-gasherbrum-la-montagne-lumineuse-de-lhomme-face-au-danger-fascinant-des-hauteurs/">Gasherbrum, la montagne lumineuse</a></strong> en 1984 – Werner Herzog s’intéresse à une personnalité hors-norme qui s’évertue à défier les lois naturelles comme à un héros en marge de la société.</p>



<p></p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Documentaire <br><strong>AVEC : </strong>Walter Steiner, Werner Herzog<br><strong>DURÉE : </strong>45 '<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
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		<title>Au pays du silence et de l’obscurité : un combat acharné pour l’intégration des handicapés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Apr 2026 00:17:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le film, sorti en octobre 1971 en Allemagne de l’Ouest, a été présenté en France à la Quinzaine des réalisateurs, en sélection parallèle du Festival de Cannes de mai 1972. Il nous emmène au pays des sourds-aveugles essentiellement en Bavière d’où est issue Fini Strraubinger, une munichoise assez âgée qui nous raconte son histoire comme en prélude au sujet du film portant sur la communauté à laquelle elle appartient. Frappée de cécité suite à un accident survenu dans ses escaliers [&#8230;]</p>
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<p>Le film, sorti en octobre 1971 en Allemagne de l’Ouest, a été présenté en France à la Quinzaine des réalisateurs, en sélection parallèle du Festival de Cannes de mai 1972. Il nous emmène au pays des sourds-aveugles essentiellement en Bavière d’où est issue Fini Strraubinger, une munichoise assez âgée qui nous raconte son histoire comme en prélude au sujet du film portant sur la communauté à laquelle elle appartient. Frappée de cécité suite à un accident survenu dans ses escaliers alors qu’elle n’a qu’une quinzaine d’années, mal diagnostiquée, elle devient progressivement sourde au fur et à mesure des mois et des années qui suivent, veillée par sa mère et visitée par quelques amis qui progressivement la délaissent. Elle fait état de l’extrême solitude qu’elle va vivre, alitée pendant plus de trente ans chez elle, complètement isolée du monde extérieur. C’est elle qui témoigne face caméra comme pour affronter le monde à découvert, photos de son enfance à l’appui. Elle communique grâce à une femme qui est son guide par le langage des doigts traçant des points et des traits sur la paume de la main correspondant à des signes alphabétiques. Langage complexe dont on comprend à quel point il est difficile de le maîtriser. Un homme témoigne dans le documentaire qu’il n’a jamais eu la patience de l’apprendre.</p>



<p>C’est alors qu’elle décide à un moment de sa vie de se dévouer à la cause de ceux qui sont comme elle et se met à la tête d’une association de sourds-aveugles en Bavière. Et le film suit ses pérégrinations à travers le territoire, par train et en voiture, pour visiter hommes et femmes qui souffrent du même handicap. Patience, empathie et faculté de compréhension sont mises à l’œuvre pour tenir compte de la situation particulière de chacun. Fini prend le temps de communiquer tant bien que mal avec eux, de se rendre compte de leurs conditions de vie et sa présence se veut réconfortante tant ces derniers ont l’impression d’être complètement oubliés du reste de la société. D’ailleurs, ils ne se plaignent pas mais souffrent en silence, réduits parfois à l’isolement le plus total, envoyés dans un centre psychiatrique au milieu des malades mentaux quand on ne sait plus où les mettre, faute de structure adaptée à leurs besoins. Comme cette femme qui semble avoir abandonné son sort au hasard, n’ayant aucun moyen de communiquer avec les autres, pas même le braille dont elle a oublié l’enseignement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Que de misère, de souffrance et de solitude nous ressentons à travers ce documentaire mais aussi tant de grandeur d’âme, d’abnégation et de résilience chez cette femme qui consacre sa vie à la communauté des sourds-aveugles dont elle fait elle-même partie.</p>
</blockquote>



<p>Laissés seuls à la garde d’un parent s’ils en ont un qui accepte de s’occuper d’eux comme cet ancien paysan qui suit les pas de sa vieille mère, tous deux vivant dans un dispensaire qui les a accueillis, et qui pendant longtemps a vécu au milieu des bêtes, réduit lui-même à l’animalité. Il a les moyens physiques et articulatoires de parler mais refuse pourtant obstinément d’ouvrir la bouche pour proférer des paroles si ce n’est un mot par-ci par-là à l’occasion, et ayant du mal à accepter une présence étrangère à ses côtés comme s’il avait abandonné le monde qui l’a réciproquement oublié et laissé seul face à son destin. C’est ainsi que le travail de Fini pour parvenir à intégrer ces sourds-aveugles à la société s’avère particulièrement difficile et ardu. Et c’est à cette aune que l’on perçoit l’abnégation et la force de résilience qu’elle porte en elle pour accomplir sa tâche. Rencontre avec un éducateur qui s’occupe de deux enfants handicapés auxquels on tente d’apprendre à parler mais aussi à se diriger tout simplement dans le monde.</p>



<p>Visites au zoo ou au jardin botanique : importance de se raccorder au monde par le truchement des sens, celui du toucher qu’il leur reste et contact revigorant avec les animaux. Puis la caméra délaisse par un travelling le groupe de Fini et de ses interlocuteurs pour se focaliser sur son sujet, celui des handicapés eux-mêmes : plan resserré sur cet enfant qui serre contre lui une radio dont il perçoit sans doute les vibrations. Rapport animal avec le monde : il trébuche, accroche la main de Fini dans laquelle il plante ses ongles comme pour y arracher le peu de douceur dont il peut bénéficier dans sa vie, laissé seul à la garde de son père qui n’en peut mais. Que de misère, de souffrance et de solitude nous ressentons à travers ce documentaire mais aussi tant de grandeur d’âme, d’abnégation et de résilience chez cette femme qui consacre sa vie à la communauté des sourds-aveugles dont elle fait elle-même partie. Peut-être un espoir à travers le discours prononcé par un ministre du gouvernement qui rappelle non seulement la tolérance qu’on doit avoir à leur égard mais aussi la nécessité de les intégrer à la société. Mais comme le chemin est long et difficile : briser le silence, éclairer la route semble pourtant essentiel.</p>



<p></p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'Ouest<br><strong>GENRE </strong>: Documentaire<br><strong>AVEC : </strong>Fini Straubinger, M. Baaske, Elsa Fehrer<br><strong>DURÉE : </strong>1h20<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
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		<title>Signes de vie : portrait d’un homme fou rebelle à un monde insensé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 12:54:33 +0000</pubDate>
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<p>L’article <a href="https://movierama.fr/signes-de-vie-portrait-dun-homme-fou-rebelle-a-un-monde-insense/">Signes de vie : portrait d’un homme fou rebelle à un monde insensé</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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<p>C’est le premier long-métrage de Werner Herzog qui, en 1968, est déjà un vieux baroudeur qui a multiplié les métiers (soudeur, gardien de parking) et voyagé à travers le monde (de l’Angleterre au sud du Soudan) afin de monter sa propre société de production en 1963 – la Werner Herzog Filmproduktion – qu’il dirige pendant de nombreuses années seul depuis son appartement avec un téléphone et une machine à écrire. En 1964, il obtient le prix Carl Mayer de la ville de Graz en Autriche pour le scénario de <strong>Signes de vie</strong>. L’histoire repose sur un fait historique relatant l’histoire d’un soldat fou retranché dans un fort et est proche du récit qui en est fait par l’écrivain allemand Achim von Arnim en 1818 sous le titre <strong>L’invalide fou de Fort Ratonneau</strong>, l’intrigue se déroulant à Marseille. Mais dans le film de Herzog nous sommes en Grèce, sur l’île de Cos, où Stroszek, un officier allemand de la Seconde Guerre mondiale, est affecté à la garde d’un château, après avoir été transféré en urgence suite à ses blessures. Etrangement, Stroszek sera également le nom du personnage principal de<strong> La Ballade de Bruno</strong>, ainsi que le titre original du film précité.</p>



<p>Il y emménage avec sa femme grecque épousée depuis peu ainsi que deux soldats, Meinhard et Becker. Très vite, le petit groupe trouve ses marques mais le temps se fait long et à part repeindre les portes et piéger, pour les attraper, les blattes qui envahissent les lieux, il n’y a pas grand-chose à faire. Le lieu pourtant y a laissé quelques traces historiques telle une inscription rédigée en grec ancien et que Becker, qui a une formation de philologue, va tenter de traduire en vain&nbsp;: le château garde ses mystères. Et également ces pierres, vieilles de deux millénaires. Nous sommes transportés dans le temps et dans un no man’s land où l&rsquo;Histoire semble s’être arrêtée. On apprend par la voix off que c’est une des rares villes de la région à n’avoir point été bombardée. Comme si le monde extérieur avait décidé de l’ignorer. Quelques plans pourtant nous mettent en contact avec la population&nbsp;: assis à la terrasse d’un café, Meinhard et Stroszek bavardent ensemble interpellés par un tzigane étrange qui dit être le roi d’une tribu dont il a perdu la trace. Lui aussi est donc un étranger perdu au milieu de cette guerre. Et puis il y a les enfants du port avec lesquels Stroszek tente dans une langue maladroite d’échanger.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>C’est l’histoire d’un homme destiné à une solitude existentielle et voué à combattre les forces cosmiques qu’il aspire à dépasser.</p>
</blockquote>



<p>Dans l’ensemble, rien ne semble devoir se passer et les habitants vaquent, indifférents, à leurs affaires. Alors, Stroszek s’adresse au commandement qui lui confie une mission de routine. Assisté de Meinhard, il effectue une patrouille à travers les espaces désolés d’une plaine quasi désertique – rencontre avec un vieux paysan et sa femme qui leur offrent à boire de leur eau, mais ils n’ont rien à manger, disent-ils&nbsp;; la petite fille chante à peu près une comptine et voilà tout. Soudain ils arrivent au sommet d’une colline où le paysage se découvre&nbsp;: longues enfilades d’éoliennes à perte de vue dont les pales tournent dans le vent comme les pensées de Stroszek tournent en rond dans sa tête. Le voilà pris de folie brandissant son arme contre un ennemi invisible. De là, revenu au fort, il s’en prend à Meinhard qu’il accuse de l’avoir dénoncé au commandement et pourchasse tout le monde en menaçant de leur tirer dessus. Il peut dès lors régner en maître sur le fort, empêchant quiconque de s’en approcher.</p>



<p>Le village est en alerte et les autorités peinent à trouver une solution à la situation. C’est l’histoire d’un homme destiné à une solitude existentielle et voué à combattre les forces cosmiques qu’il aspire à dépasser. Le plus étonnant est que rien extérieurement ne tend à venir annoncer la crise si ce ne sont les stridulations incessantes des insectes qui envahissent la bande-son à rendre fou. Et le point d’interrogation que constitue ce village, la situation d&rsquo;attente désespérée où se trouvent les personnages. Le trouble s’immisce secrètement dans la tête de Stroszek jusqu’à exploser comme les feux d’artifice qu’il lance depuis les remparts. L’intrigue met cependant du temps à se dévoiler. C’est que le scénario cherche à souligner le caractère étrange voire improbable de la situation pour mieux ménager l’effet de bouleversement qu’amène la crise du personnage principal. Comme cette rencontre avec un pianiste allemand jouant du Chopin derrière une porte entrouverte et avec lequel Stroszek aura une brève conversation, ce roi tzigane perdu au sein de l’immensité du monde, et ces villageois qui font comme si de rien n’était et continuent leur train-train quotidien sans but. Itinéraire d’un rebelle qui se bat contre l’absurdité du monde.</p>



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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Werner Herzog<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Allemagne de l'ouest<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Peter Brogle, Wolfgang Reichmann, Wolfgang von Ungern-Sternberg<br><strong>DURÉE : </strong>1h30<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Potemkine Films<br><strong>SORTIE LE </strong>22 avril 2026</pre>
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