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	<title>Sébastien Lamothe, auteur/autrice sur MovieRama</title>
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		<title>La porte des dieux : une jeunesse en manque de perspectives</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2026 23:40:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Wang Toon qui a atteint l’âge honorable de 84 ans est réalisateur depuis 1981 après avoir été directeur artistique pour le cinéma. C’est là son avant-dernier film – il n’a plus tourné depuis 2015 &#8211; réalisé en 2002 et qui aura dû attendre tout ce temps pour trouver un distributeur en France qui veuille bien de lui. L’histoire se déroule entre Taïwan -d’où est originaire le cinéaste – et New-York. Elle nous raconte la vie quotidienne d’une famille dont les [&#8230;]</p>
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<p>Wang Toon qui a atteint l’âge honorable de 84 ans est réalisateur depuis 1981 après avoir été directeur artistique pour le cinéma. C’est là son avant-dernier film – il n’a plus tourné depuis 2015 &#8211; réalisé en 2002 et qui aura dû attendre tout ce temps pour trouver un distributeur en France qui veuille bien de lui. L’histoire se déroule entre Taïwan -d’où est originaire le cinéaste – et New-York. Elle nous raconte la vie quotidienne d’une famille dont les membres – essentiellement le père et son fils, Ah Hui &#8211; jouent dans une fanfare qu’on voit accompagner un enterrement dès les premières images du film, et de leurs amis jouant dans le même orchestre. Comédie bouffonne pour l’essentiel comme le montre cette séquence autour d’un billet de loterie où l’on veut faire croire à la mère qu’elle a gagné le gros lot, cette dernière chassant à coups de balai les protagonistes du stratagème. La famille a deux fils dont le cadet d’environ 16 ans, Ah Ming, est handicapé des jambes et ne marche pas sans ses béquilles. Il entretient dans une grande cage des pigeons qu’il recueille parfois blessés pour les soigner et leur redonner une seconde vie tandis qu’il rêve de briser la monotonie de ses jours en acquérant une moto aménagée pour s’échapper quand il en a envie.</p>



<p>Si les adultes s’accommodent du quotidien auquel ils sont voués, les plus jeunes rêvent à une existence meilleure, comme l’ami de Ah Hui qui est ouvrier-soudeur dans une usine de fabrication de portes blindées pour les particuliers et qui s’appelle Ah Gou. Et justement, il lorgne sur les portes du temple voisin qu’il entreprend de dérober avec Ah Hui, bien qu&rsquo;il en coûte à ce dernier qui refuse de prendre sa part du butin eu égard au caractère sacrilège de leur acte, pour les vendre à un antiquaire peu regardant sur l’origine des objets qu’on lui apporte. On retrouvera ces portes transportées ailleurs dans le film de façon quelque peu invraisemblable, la coïncidence étant un peu trop manifeste pour être vraie. Mais Ah Gou ne compte pas s’en arrêter là et l’appétit vient en mangeant. Il s’enquiert donc de commettre un nouveau larcin, toujours avec la complicité de Ah Hui. Et c’est à ce moment-là que le film bascule dans le drame.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>C’est cette mise bout à bout de scènes légères et enjouées avec d’autres relevant plus du drame de la jeunesse qui rend le film quelque peu bancal, empêchant que l’on s’investisse dans la trame du récit, le spectateur oscillant toujours d’un sentiment à un autre jusqu’à l’indifférence générale avant un bouquet final tonitruant versant quelque peu dans le mélo.</p>
</blockquote>



<p>Mais loin de s’en tenir à ce nouveau fil narratif et de le suivre précieusement, le film alterne en montage parallèle les frasques de la famille de Ah Hui à New York dans la plus pure tradition comique – là mère ne comprenant pas le langage des policiers qui cherchent à l’aider puis retrouvant les membres de l’équipée au pied de la Statue de la Liberté, à noter que le film a été tourné en 2001 et que l’on y voit les Twin Towers encore debout quelques mois avant leur effondrement – avec le parcours des deux jeunes garçons et leur trafic, sans que les deux séquences ne se rejoignent vraiment à aucun moment. C’est cette mise bout à bout de scènes légères et enjouées avec d’autres relevant plus du drame de la jeunesse qui rend le film quelque peu bancal, empêchant que l’on s’investisse dans la trame du récit, le spectateur oscillant toujours d’un sentiment à un autre jusqu’à l’indifférence générale avant un bouquet final tonitruant versant quelque peu dans le mélo. On a du mal à s’y retrouver et la cohérence du film en prend un coup. On aurait préféré que le réalisateur se focalise plus sur le trio de jeunes gens en approfondissant la misère sociale qui les enveloppe.</p>



<p>Car il y a un intérêt évident à voir évoluer ces trois personnages en quête d’une autre vie chacun avec ses rêves particuliers, avec ses difficultés et l’amitié voire l’amour qui les unit les uns aux autres. Misère sexuelle et sociale pour Ah Ming qui reste la plupart du temps cloîtré chez lui à moins que Ah Gou ne vienne le chercher en moto pour le balader dans Taipei en le déposant au passage chez le vétérinaire, ville mondialisée où les individus se perdent au milieu du trafic international et du monde industriel. Que dire de la routine qui guide les journées de Ah Hui obligé de suivre l’orchestre de son père éternellement voué à suivre des enterrements sans toujours avoir la certitude d’être payé au juste prix, et du travail de soudeur de Ah Gou qui s’est déjà blessé plusieurs fois dans l’exercice de son travail et qui se bat à la sortie des boîtes de nuit, tandis qu’il rend quotidiennement visite à son père dans le coma depuis son accident de voiture. Misère affective, sociale et sexuelle que le film aurait gagné à montrer dans ses profondeurs en adoptant le style plus réaliste que le cinéaste n’avait pourtant pas manqué de développer dans ses films précédents.</p>



<p></p>



<p></p>



<p></p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-6"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:40%"></div></div><div class="score">3</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong>   Wang Toon<br><strong>NATIONALITÉ :</strong> Taïwan<br><strong>GENRE </strong>: <strong> </strong>Comédie dramatique<br><strong>AVEC : </strong>Chen Bor Jeng, Jiayu Chen, Lee Kang-sheng<br><strong>DURÉE : </strong>2h12<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Contre-jour Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>14 octobre 2026</pre>
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		<title>Les roches rouges : l’enfance libre</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Sep 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le film a été présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2026 en séance spéciale. Devant le refus de l’industrie cinématographique française de le financer, Bruno Dumont a dû être obligé de faire appel à des capitaux étrangers, premier film financé à l’étranger pour le cinéaste. D’où une équipe technique très internationale. L’histoire se situe sur le bord de la Méditerranée. Géo, un jeune garçon de 5 ans à peine attend à son point de rendez-vous – [&#8230;]</p>
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<p>Le film a été présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2026 en séance spéciale. Devant le refus de l’industrie cinématographique française de le financer, Bruno Dumont a dû être obligé de faire appel à des capitaux étrangers, premier film financé à l’étranger pour le cinéaste. D’où une équipe technique très internationale. L’histoire se situe sur le bord de la Méditerranée. Géo, un jeune garçon de 5 ans à peine attend à son point de rendez-vous – au pied d’un pont soutenant une voie ferrée qui passe au dessus d’une crique &#8211; que ses camarades le rejoignent. Le jeune garçon est souvent filmé en gros plan sûrement pour essayer de capter ses émotions au plus près : il faut dire que le jeune acteur a un visage très expressif et use de moues diverses et variées pour exprimer son impatience ou réagir à l’environnement naturel. Le petit groupe se dirige vers les falaises de roches rouges qu’ils escaladent pour sauter dans l’eau du plus haut qu’ils peuvent.</p>



<p>On est tout de suite angoissé à l’idée qu’un accident survienne tant le jeu s’avère dangereux – la caméra en plongée fixe le gouffre qui s’ouvre sous les pieds des jeunes inconscients qu’ils paraissent être, nous les montre s’accrochant aux saillies des roches pour grimper, ou déraper le long des sentiers qu’ils arpentent simplement attifés d’un maillot de bain et de tennis aux pieds. Car l’inconscience, ou plutôt l’insouciance des enfants saute d’abord aux yeux du spectateur qui voit déambuler les petits êtres à travers champs comme s’il s’agissait d’adultes, conduisant un quad ou une voiturette électrique sur la route, dévalisant les voitures de touristes garés le long de la plage, prenant même le train pour se rendre à Vintimille à la frontière de l’Italie où réside le grand-père de la jeune Eve, et admirant le panorama du haut d’une colline. Car Geo est amoureux d’Eve. Seul problème&nbsp;: un autre garçon – d’un autre groupe rencontré par hasard parmi les roches – est son officiel.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Comme si Bruno Dumont avait construit un laboratoire en plein air où l’on observerait comment les enfants se comportent entre eux en dehors de l’influence des parents</p>
</blockquote>



<p>Un sentiment de jalousie féroce se développe chez ce dernier et une lutte, à distance d’abord, s’instaure entre les deux garçons, en même temps qu’un jeu de séduction enfantin entre Géo et Eve. Le monde adulte apparaît bien absent de l’histoire – à part l’irruption soudaine des gendarmes pour interdire aux enfants de sauter des roches ou la rencontre avec la mère ou le grand-père d’Eve – comme si Bruno Dumont avait construit un laboratoire en plein air où l’on observerait comment les enfants se comportent entre eux en dehors de l’influence des parents, ce qui donne lieu à des notations fugitives – embrassades, jeux, répartition du butin, courts dialogues où les mots sont parfois à peine formés. Des enfants abandonnés laissant libre cours à leur volonté de liberté, cela nous rappelle <strong>Gummo</strong>, le film de Harmony Korine réalisé en 1997, en nettement moins <em>trash</em> cependant. Les gosses échappent donc pleinement ou presque à l’autorité du monde adulte, rappelée tout de même à la fin du film par l’intervention des gendarmes.</p>



<p>Un film solaire – le cadre s’y prête &#8211; où l’on s’ennuie parfois un peu à suivre les mimiques et les manies de Géo, toujours aussi remuant du début à la fin. Mais enfin joyeux et heureux de vivre ces moments premiers de l’existence qui nous conditionnent à tout jamais, selon un point de vue naturaliste comme l’est la bande-son purgée de toute musique additionnelle, et comme le sont les paysages filmés en grand angle faisant éclater les couleurs&nbsp;: une débandade de bleu turquoise, de jaune, de vert, de rouge à qui veux-tu en voilà. Un film lumineux qui laisse toute sa libre part de spontanéité aux gamins.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Bruno Dumont<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Portugal, France, Italie, Espagne, Qatar<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Kaylon Lancel, Kelsie Verdeilles, Mohamed Coly<br><strong>DURÉE : </strong>1h30<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Les Films du Losange<br><strong>SORTIE LE </strong>23 septembre 2026</pre>
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		<title>Adieu Monde Cruel : une initiation à la vie</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 19:38:30 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Présenté à la Semaine de la Critique dont il fait la clôture au Festival de Cannes 2026, le film a été en lice pour décrocher la Caméra d’Or. C’est un premier long-métrage de Félix de Givry qui avait notamment coécrit le scénario du film animé de science-fiction <strong><a href="https://movierama.fr/arco-retour-vers-le-futur">Arco</a></strong>. Le sujet de départ est celui des disparitions volontaires, en l’occurrence ici celle d’un adolescent de 14 ans, élève d’un collège catholique privé, prénommé Otto, qui décide du jour au lendemain de disparaître. Le film débute par une poursuite à laquelle échappe le jeune garçon chassé par d’autres élèves de son établissement dont les visages sont savamment masqués par la nuit qui s’est abattue sur la ville, comme pour mieux cacher lâchement leur identité dans le noir. Le film est traversé par une voix off qui met à distance les évènements à la manière d’un conte et pas n’importe laquelle puisque c’est celle de Françoise Lebrun, actrice devenue culte en partie grâce à sa performance dans <a href="https://movierama.fr/la-maman-et-la-putain-le-temps-de-lamour/"><strong>La Maman et la Putain</strong> </a>(1973) de Jean Eustache. Sa douceur maternelle réconforte en même temps qu’elle supporte l’histoire.</p>



<p>Otto tente de se suicider en vain : comme quoi, il n’est pas si facile de mourir. Il se réfugie dans un couvent désaffecté, lieu propice à un recueillement dont a bien besoin notre héros, cadre religieux qui renvoie à l’Église, qui désigne la Mère-épouse du Christ. Otto n’est pas encore en état de surgir du sein maternel et protecteur qui l’empêche d’agir pour rompre avec son enfance. Dans le même temps, la nouvelle s’est propagée dans l’établissement suite à la lettre que le jeune garçon a adressée à ses camarades de classe et autres élèves du collège. C’est l’étonnement et la tristesse qui prédominent. Des bougies et des photos votives de lui sont déposées devant l’école. Une minute de silence est même décrétée en classe. C’est que les jours passant, les chances de le retrouver vivant s’amenuisent et que tout le monde le croit mort. Puis c’est l’emballement médiatique : en première page dans les journaux, aux informations – flash infos &#8211; de la télévision. C’est l’heure de gloire post-mortem du jeune homme.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Mais qui est Otto&nbsp;? C’est la question que le jeune garçon se pose à lui-même et qu’il devra résoudre au fil de ses aventures.</p>
</blockquote>



<p>Sa rencontre avec Lena, une élève de l’établissement qui l’a aperçu le soir en promenant son chien, va en effet tout changer. Elle parvient à entrer en contact avec lui et décide de le cacher dans une chambre condamnée de l’hôtel détenu par sa mère, le ravitaillant et lui rendant visite régulièrement en secret. Alors se noue une vraie relation entre les deux jeunes êtres faite de conversations existentielles et de moments tendres passés entre eux. Mais la situation ne peut durer et se pose la question, exprimée ouvertement, de savoir ce qu’Otto va faire de sa vie désormais. Incapable de retourner chez sa mère, il projette de s’évader au loin, voire de vivre en ermite au sein de la forêt. Et bientôt tout cela devient un rêve partagé avec Lena dont décidément il est tombé amoureux – et c’est réciproque. La figure féminine de Lena se substitue alors à celle de la mère comme objet d’affection et Otto franchit un cap dans sa vie de jeune homme, symbolisé par sa nouvelle couleur de cheveux.</p>



<p>Mais qui est Otto ? C’est la question que le jeune garçon se pose à lui-même et qu’il devra résoudre au fil de ses aventures. Thème de l’identité qui traverse tout le film. Un portrait subtil filmé avec beaucoup de tendresse et la présence charismatique de Milo Machado-Graner, découvert dans <strong><a href="https://movierama.fr/anatomie-dune-chute-scenes-de-la-vie-conjugale/">Anatomie d’une chute</a> </strong>(2023), Palme d’Or à Cannes, si jeune et pourtant si plein de maîtrise déjà dans son jeu, frêle en apparence mais sachant à quoi s’en tenir, d’une beauté angélique à faire faillir les cœurs ! Un film solaire sur un sujet pourtant déconcertant et grave dont l’actualité est malheureusement beaucoup plus sombre. Otto est un héros de conte qui nous dit qu’on peut surmonter tous les obstacles.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-6"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:31%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Félix de Givry<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  France, Belgique<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Milo Machado-Graner, Jane Beever, Françoise Lebrun<br><strong>DURÉE : </strong>1h33<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Diaphana Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>9 septembre 2026</pre>
<p>L’article <a href="https://movierama.fr/adieu-monde-cruel-une-initiation-a-la-vie/">Adieu Monde Cruel : une initiation à la vie</a> est apparu en premier sur <a href="https://movierama.fr">MovieRama</a>.</p>
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		<title>Hair, Paper, Water : l’esprit d’un peuple menacé de disparaître</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 18:10:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est le deuxième documentaire de format long-métrage réalisé par Nicolas Graux après Century of Smoke (2019) s’intéressant à un fumeur d’opium laotien, présenté dans de nombreux festivals où il a obtenu quelques prix dont celui du Léopard d’Or 2025 à Locarno dans une sélection exclusivement réservée aux premières et deuxièmes œuvres de jeunes réalisateurs venant du monde entier&#160;: le Concours des cinéastes du présent. Le film nous dresse le portrait d’une vieille femme appartenant à une petite communauté vietnamienne située [&#8230;]</p>
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<p>C’est le deuxième documentaire de format long-métrage réalisé par Nicolas Graux après <strong>Century of Smoke </strong>(2019) s’intéressant à un fumeur d’opium laotien, présenté dans de nombreux festivals où il a obtenu quelques prix dont celui du Léopard d’Or 2025 à Locarno dans une sélection exclusivement réservée aux premières et deuxièmes œuvres de jeunes réalisateurs venant du monde entier&nbsp;: le Concours des cinéastes du présent. Le film nous dresse le portrait d’une vieille femme appartenant à une petite communauté vietnamienne située dans la province de Quang Binh traditionnellement chasseuse-cueilleuse dont la langue est en grave danger d’extinction. C’est le <em>ruc</em> dont le vocabulaire est égrené sous la forme d’un abécédaire en voix off par la vieille femme qui tente d’en transmettre la connaissance à son petit-fils qui répète après elle plus ou moins maladroitement les mots prononcés. Elle est née dans une grotte – première image du film – il y a plus de soixante ans et se rend à Saïgon pour y assister sa fille qui vient d’accoucher d’un nouveau bébé.</p>



<p>Tout de suite la grande ville est représentée à travers tout ce qui perturbe le flux calme et indolent de la vieille femme&nbsp;: le capharnaüm des cyclos, des motos et des voitures qui klaxonnent au milieu d’une ruée vers on ne sait quel Graal, et les hautes tours d’immeubles qui la terrifient, craignant le peu de solidité des édifices, en ayant vu d’autres à la télévision s’écrouler&nbsp;: une grotte est tout de même plus solide. La caméra vole des moments fugaces pris à la vie quotidienne de l’aînée de trois sœurs qui posent pour la photo ensemble&nbsp;: cueillant au sein de la forêt des herbes médicinales pour apaiser les douleurs de l’accouchement ou pour protéger l’enfant nouveau-né. Il y a même de quoi lutter contre le COVID, un remède sûr d’après ses dires. Les conditions de vie sont sommaires et la misère, sociale comme matérielle, guette. Ainsi, le petit enfant explique vouloir rester vivre avec sa mère car son père le frappe. Un autre enfant témoigne dans le même sens, pointant du doigt l’alcoolisme de ce dernier qui travaille au loin.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Un film à la dimension spirituelle évidente propice à la méditation</p>
</blockquote>



<p>Mais au milieu de tout cela, la poésie des mots et des images règne tout au long du documentaire. L’eau envahit tout, dévastant les villages, en trombes s’abattant le long des ruelles boueuses, et les maisons, faites de bric et de broc, sont rapidement inondées. Il faut alors écoper. Mais l’eau est aussi source de vie et de flânerie au fil de laquelle la barque évolue, le petit enfant s’endormant au creux des bras de la grand-mère qui lui apprend les vertus de certains fruits pour éviter la morsure des sangsues. Soudain, cette dernière fait un rêve, celui de sa mère lui enjoignant de revenir à la grotte, de rentrer au foyer. Retour aux origines en quelque sorte et à la vie primitive du peuple <em>ruc </em>menacé de disparaître. Étude sur la maternité et sur tout ce qu’elle révèle de soins, d’attention et de tendresse à l’égard des enfants de l’avenir desquels elle se soucie – conseil de bien apprendre à l’école donné à son petit-fils.</p>



<p>Le documentaire alterne les flashes poétiques d’images semblant prises à la volée surgissant du noir de l’écran avec des séquences relativement plus longues où l’on suit les pérégrinations de la vieille femme le long des routes, dans la forêt ou en barque sur l’eau, imprimant un rythme fait de sursauts d’extase magique sur un fond de quotidien rendu à sa dimension poétique. Une grande réussite visuelle et sonore qui respecte son sujet tout en en délivrant un regard fortement subjectif fait d’humanité et de tendresse. Réalisé avec le concours de Minh Quy Truong, un jeune cinéaste vietnamien dont on avait fait la connaissance via son premier long-métrage intitulé <strong><a href="https://movierama.fr/viet-and-nam-chant-funebre-et-ode-a-lamour/" type="link" id="https://movierama.fr/viet-and-nam-chant-funebre-et-ode-a-lamour/">Viet and Nam</a></strong> en 2024. Un film à la dimension spirituelle évidente propice à la méditation. A voir en salles.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:21%"></div></div><div class="score">4</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Nicolas Graux, Minh Quy Truong<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Belgique, France<br><strong>GENRE </strong>: Documentaire<br><strong>AVEC : </strong>Thi Hau Cao, Xuan Doanh Cao, Thi Hieu Cao<br><strong>DURÉE : </strong>1h11<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Petit Chaos Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>9 septembre 2026</pre>
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		<title>La Frappe : à l’épreuve du père</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Sep 2026 23:42:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un premier long-métrage du réalisateur, par ailleurs acteur et homme de théâtre, Julien Gaspar-Oliveri, qui était en lice pour la Caméra d’Or à la Semaine de la Critique du dernier Festival de Cannes et qui avait offert auparavant au public quelques court-métrages appréciés de la critique ayant fait la tournée des festivals – L’Âge tendre par exemple sera nommé pour le César du meilleur court-métrage en 2022. Il nous raconte ici l’histoire d’Enzo, un jeune garçon d’à peine 19 [&#8230;]</p>
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<p>C’est un premier long-métrage du réalisateur, par ailleurs acteur et homme de théâtre, Julien Gaspar-Oliveri, qui était en lice pour la Caméra d’Or à la Semaine de la Critique du dernier Festival de Cannes et qui avait offert auparavant au public quelques court-métrages appréciés de la critique ayant fait la tournée des festivals – <strong>L’Âge tendre </strong>par exemple sera nommé pour le César du meilleur court-métrage en 2022. Il nous raconte ici l’histoire d’Enzo, un jeune garçon d’à peine 19 ans qui travaille comme vendeur au détail d’électroménager sur les marchés et qui vit avec sa sœur étudiante Carla au sein d’un petit appartement. Intervient alors la sortie de prison de leur père qui vient de purger une peine de 5 années pour fraude fiscale. Enzo est ravi de cette nouvelle, contrairement à sa sœur qui ne comprend pas que son frère ait décidé d’héberger leur père en attendant qu’il se refasse une santé. L’idée de reformer une famille presque normale surgit dans la tête d’Enzo qui propose à ce dernier de le prendre comme employé.</p>



<p>Mais très vite et contrairement au rôle de subordonné qu’est censé jouer Anthony – le père – celui-ci se montre plus à l’aise que son fils dans le domaine commercial et prend les décisions nécessaires au métier. On pourrait presque croire à la refondation idyllique d’une relation harmonieuse entre un père et son fils parallèlement à celle qui unit Enzo et Roxane, sa petite amie. Autour d’un verre ou d’un repas pris en commun avec la famille de Roxane, Anthony se montre affable et bienveillant avec tout le monde. Mais on n’est pas censé avoir le même humour que tout le monde et une anecdote racontée par Carla, forcée par son père à le faire, qui tient au vécu de leur famille et qui vire au drame est présentée comme un évènement comique qui les fait d’ailleurs mourir de rire alors qu’elle aurait pu virer au drame. Il y a quelque chose de décalé dans cette famille par rapport aux autres.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Un silence qui est symbolique de celui qui règne au sein de ces familles dont les relations reposent sur un trauma profond et qui gangrène le devenir adulte de ces enfants maltraités au sein de leur entourage familial.</p>
</blockquote>



<p>On le sent aux non-dits ou aux paroles plus suggestives qu’autre chose prononcées par les personnages et qui recouvrent une réalité terrible à laquelle Enzo refuse de se confronter dans son désir d’unité et de fusion quasi charnelle &#8211; la scène du lit sur lequel ils sont allongés ensemble – avec son père. D’où l’attention privilégiée donnée aux visages filmés en gros plan durant tout le film et qui montrent l’ambiguïté des sentiments qui s’affrontent à l’intérieur de la psyché mise en panique du jeune homme. Capable de passer instinctivement du rire aux larmes, la plasticité du jeu de Diego Murgia est pour beaucoup dans la réussite du film, lui que le grand public avait découvert dans son rôle de petit frère adolescent de Raphaël Quenard dans <strong>Les Trois Fantastiques </strong>en 2023. Il fait ici preuve d’un instinct exacerbé pour parvenir à nous décrire le personnage du fils quelque peu penaud et inhibé qui se cache derrière la stature de son père tout en engrangeant une émotion sourde prête à tout moment à exploser, et franchement il crève l’écran. Il faut dire que c’est un enfant de la balle – parents comédiens et père metteur en scène – ce qui n’enlève rien au talent du jeune Belge.</p>



<p>Le réalisateur prend donc le parti du silence. Un silence qui est symbolique de celui qui règne au sein de ces familles dont les relations reposent sur un trauma profond et qui gangrène le devenir adulte de ces enfants maltraités au sein de leur entourage familial. Une très grande violence est comme mise en sourdine toute une grande partie du film, avant d’exploser au visage des protagonistes. Le spectateur explore les moindres traces d’émotion que laisse transparaître le visage des acteurs du drame : la colère de Carla, la recherche d’affection d’Enzo. Nous sommes ici à fleur de peau au sens premier du terme et la caméra nous plonge au cœur de la mêlée des sentiments contradictoires des personnages à tel point que cela en constitue une épreuve pour eux comme pour nous. Il semble n’y avoir pas d’échappatoire mais sait-on jamais?</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-6"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:31%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Julien Gaspar-Oliveri<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  France<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Diego Murgia, Romane Fringeli, Bastien Bouillon<br><strong>DURÉE : </strong>1h45<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Ad Vitam<br><strong>SORTIE LE </strong>2 septembre 2026</pre>
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		<title>Girl : une adolescence vécue au sein de la grisaille d’un quotidien sombre et sans pitié</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Aug 2026 00:16:56 +0000</pubDate>
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<p>C’est le premier passage derrière la caméra pour Shu Qi, actrice égérie de Hou Hsiao-Hsien vue dans <strong>Millenium Mambo</strong> (2001) et <strong>The Assassin</strong> ( 2015). Le film est apparu en sélection à la Mostra de Venise édition 2025. Le résultat est le fruit d’un long travail de réflexion semé de doutes et de retours en arrière mené sur les conseils du grand maître taïwanais lui-même qui l’encourage à écrire une histoire intime inspirée de ce qu’elle connaît le mieux. Et en effet, le film a quelque chose d’autobiographique. L’action se situe en 1988 et raconte l’histoire d’une adolescente timorée vivant au sein d’une famille dysfonctionnelle. Le père est un ivrogne invétéré qui rentre tous les soirs saoul à l’appartement terrorisant toute la famille. Lin Hsiao-li vit recluse sous la tente qui lui sert de chambre à coucher redoutant l’effraction au sein du cocon qu’elle s’est formée, de la part de son père qui ne sait plus ce qu’il fait. Homme au masculinisme toxique, dominateur et violent avec son épouse, il travaille dans un garage dirigé par un ami de son père qui, malgré ses retards et son peu d’entrain au travail, s’honore de tenir la promesse qu’il a faite à ce dernier de l’aider. Un pauvre type en somme qui rentre chez lui ivre au volant de sa motocyclette au risque d’avoir un accident. Rien ne semble devoir racheter ce personnage sombre qui symbolise à lui seul les aspects sombres du patriarcat taïwanais.</p>



<p>Aucun geste de tendresse à l’égard de ses enfants ou de sa femme qu’il viole allègrement lorsqu’elle fait mine de se rebeller. En outre, la petite famille vit pauvrement, la mère travaillant comme aide dans un salon de coiffure, réunissant au passage des bouquets de fleurs pour les vendre. L’ambiance est globalement sombre à l’image des décors et de l’appartement envahi par les odeurs de cuisine et la fumée. Une mère qui à son tour, décidément, ne sait pas aimer sa fille, personnage quelque peu plus complexe que celui du père, cherchant dans toute la ville sa fille lorsqu’elle s’enfuit, mais la punissant et l’humiliant dès que c’est possible même devant ses camarades à l’école. Lin Hsiao-li au milieu de tout ça cherche le moindre tunnel de lumière qui pourrait la sortir du sentiment de morosité qu’elle entretient à l’égard du monde, toujours à part, en retrait, ayant pour confidente sa sœur avec qui elle se rend à l’école tous les matins.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Un constat amer, un environnement sombre et qui paraît sans espoir d’échappatoire&nbsp;: l’histoire vire au pathos.</p>
</blockquote>



<p>Un constat amer, un environnement sombre et qui paraît sans espoir d’échappatoire : l’histoire vire au pathos. Le scénario force ainsi un peu le caractère des personnages qui font preuve sinon de cruauté, d’une bonne dose de malveillance en général et à l’encontre de la jeune fille en particulier. On éprouve un sentiment de frustration et d’étouffement en adoptant le point de vue de Lin Hsiao-li à travers lequel on entre dans le monde créé par le film. Et on aimerait crever la bulle à l’intérieur de laquelle celle-ci s’est enfermée pour mieux se protéger. Au point qu’elle ne semble pas avoir d’amis au sein de son école jusqu’à ce qu’une jeune fille de son âge fasse son apparition à l’école à laquelle elle vient d’être transférée pour des raisons familiales. Nouvelle mise en perspective de la situation des couples à Taïwan où on divorce facilement et en toute discrétion même si le préjudice est plus grand pour les femmes que pour les hommes. Signe d’une mésentente généralisée au sein du couple et d’une volonté d’autonomie accrue de la part des femmes que l’on comprend au vu de l’exemple qui est donné à travers le film.</p>



<p>Les deux jeunes filles vont faire ensemble l’école buissonnière et redécouvrir les joies de la liberté, la nouvelle amie de Lin Hsiao-li étant plutôt du genre dégourdi et à l’aise dans sa communication avec les autres. En ce sens, les deux personnages s’opposent et pourtant se complètent au sein d’une amitié qui va fonder l’espace de quelques heures un nouveau foyer où s’investir émotionnellement. Le film se déroule suivant un ordre parfois confus et manque d’une trame qui viendrait étayer l’histoire un peu relâchée de la jeune adolescente. Aucune intrigue réelle ne vient relier les scènes entre elles qui se déroulent pour signifier un quotidien morne et gris auquel sont soumis les personnages prisonniers de leur situation. Un fatalisme qui plombe l’atmosphère du film malgré une fin quelque peu plus lumineuse. Une première réalisation honnête mais qui manque d’un peu d’éclat pour parvenir à nous convaincre totalement.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-5"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:41%"></div></div><div class="score">3</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Shu Qi<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Taïwan, Chine<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Xiao-Ying Bai, Roy Chiu, Pin-Tung Lin<br><strong>DURÉE : </strong>2h05<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Ad Vitam<br><strong>SORTIE LE </strong>5 août 2026</pre>
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		<title>I Want Your Sex : la tornade d’une relation sado-masochiste</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jul 2026 00:36:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cela fait douze ans que Gregg Araki n’avait pas réalisé de long-métrage pour le cinéma depuis White Bird en 2014, date à laquelle il reçoit un scénario original qui se présente comme une version humoristique de 50 nuances de Grey centrée sur la relation entre une stagiaire et son patron. Suite au mouvement #MeToo, le réalisateur américain décide d’inverser les rôles et de faire intervenir un stagiaire qui entretient une relation sexuelle avec sa patronne. Dans ce film, il se [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Cela fait douze ans que Gregg Araki n’avait pas réalisé de long-métrage pour le cinéma depuis <strong>White Bird</strong> en 2014, date à laquelle il reçoit un scénario original qui se présente comme une version humoristique de <strong>50 nuances de Grey</strong> centrée sur la relation entre une stagiaire et son patron. Suite au mouvement #MeToo, le réalisateur américain décide d’inverser les rôles et de faire intervenir un stagiaire qui entretient une relation sexuelle avec sa patronne. Dans ce film, il se préoccupe de la génération Z, abreuvée d’images séparant les êtres entre eux au moyen d’écrans interposés comme autant de barrières à des relations normales. Le moins que l’ on puisse dire, c’est que le film s’en donne à cœur joie, proclamant une libération sexuelle totale entre une artiste dont l’œuvre est regroupée sous le thème central de la sexualité la plus débridée malgré une histoire de manipulation dont est victime le jeune homme interprété par Cooper Hoffman et qui se prénomme Elliot. On sait avec quelle sensualité Gregg Araki a l’habitude de tourner les scènes sexuelles de ses films dans un décor aux couleurs flashy à tendance pop.</p>



<p>Elliot est fiancé avec Minerva, une étudiante en pharmacologie très sérieuse qui place en priorité ses études avant toute autre chose, à tel point qu’elle ne prête que peu d’attention aux envies soudaines de faire l’amour de son compagnon qui n’en peut mais. Voici donc un jeune garçon frustré qui rencontre une femme nymphomane plus âgée que lui. Mais attention, les règles sont strictes et la relation ne doit être avant tout que d’ordre sexuel sans empiéter sur le boulot. Elliot se voit donc proposer le rôle d’assistant de Erika Tracy – Olivia Wilde, vue notamment dans <strong><a href="https://movierama.fr/le-cas-richard-jewell-lheroisme-des-gens-ordinaires/">Le Cas Richard Jewell</a></strong> de Clint Eastwood en 2020. Scènes humoristiques et gags à gogo s’enchaînent tout le long du film, qui ont pour effet de dédramatiser le traitement d’un sujet pour le moins délicat sinon scabreux. Et Gregg Araki fait preuve de toute son inventivité et de son imagination délirante pour nous décrire la relation sado-masochiste – usant de sex-toys et de situations limites &#8211; qui unit les deux personnages ainsi que la figure de l’amoureux transi, quasi dépendant, représenté par Elliot.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>On s’amuse plutôt et on sort de là ragaillardi et optimiste à l’égard d’une génération qui saura sortir de sa torpeur pour vivre une vie plus émancipée</p>
</blockquote>



<p>Le film est vu à travers le regard halluciné d’Elliot, rendu complètement fou par cette femme qui l’attire comme un aimant, enchaînant les scènes à un rythme de plus en plus effréné tenant le spectateur en haleine. Car <strong>I want your sex </strong>pourrait être rangé aussi parmi les films à suspense, puisque le montage alterné nous présente le jeune homme d’une part interrogé par un couple de policiers dans un commissariat s’expliquant autant qu’il le peut sur la disparition de l’artiste, d’autre part son parcours érotique initiatique qui le mène toujours de plus en plus loin – jusqu’à tout perdre – avec cette dernière : logement, boulot, dignité etc. Heureusement, Elliot peut se confier à son collègue Zap, homosexuel revendiqué qui saura accepter de l’héberger dans ses moments de galère, ainsi que Apple, une amie chère avec qui il fait de la colocation. Ainsi, ces figures secondaires reviennent souvent dans le cinéma de Gregg Araki. On reconnaît d’ailleurs dans ce dernier opus la patte caractéristique de ce qui fait le caractère frondeur du cinéaste indépendant.</p>



<p>Gregg Araki n’a rien perdu de sa superbe et revient donc en force avec ce film qui n’atteint pourtant pas les sommets d’un <strong>Mysterious Skin</strong> (2004) au charme subversif et envoûtant sans conteste. On s’amuse plutôt et on sort de là ragaillardi et optimiste à l’égard d’une génération qui saura sortir de sa torpeur pour vivre une vie plus émancipée : Elliot à la fin du film a fait du chemin et n’est plus tout à fait le même quoique toujours obsédé par Erika ! Tout est permis et le rythme entraînant de ce film bourré d’humour et d’ingéniosité marque le point. Une œuvre qui ne renouvelle pas vraiment l&rsquo;univers d&rsquo;Araki mais suit sa ligne directrice provocatrice – sexuellement et sur d’autres aspects aussi &#8211; depuis longtemps. Pas le meilleur film du cinéaste mais à voir tout de même.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Gregg Araki<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Etats-Unis<br><strong>GENRE </strong>: Comédie, Drame<br><strong>AVEC : </strong>Olivia Wilde, Cooper Hoffman, Mason Gooding<br><strong>DURÉE : </strong>1h30<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Metropolitan FilmExport<br><strong>SORTIE LE </strong>29 juillet 2026</pre>
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		<title>Sur la route d’Omaha : état des lieux d’une Amérique désespérée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Lamothe]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2026 01:12:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est le premier long-métrage de son réalisateur. Présenté en avant-première à Sundance en 2025, sélectionné dans la catégorie Cannes Écrans Juniors, il remporte le Prix du jury au Festival de Deauville. Le film s’inscrit dans la tradition du road-movie. En effet, un matin très tôt, un père, dont on apprendra qu’il est veuf – ce qui souligne son caractère isolé tout au long du récit – réveille ses deux enfants, le jeune Charlie, six ans, et une petite fille prénommée [&#8230;]</p>
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<p>C’est le premier long-métrage de son réalisateur. Présenté en avant-première à Sundance en 2025, sélectionné dans la catégorie Cannes Écrans Juniors, il remporte le Prix du jury au Festival de Deauville. Le film s’inscrit dans la tradition du road-movie. En effet, un matin très tôt, un père, dont on apprendra qu’il est veuf – ce qui souligne son caractère isolé tout au long du récit – réveille ses deux enfants, le jeune Charlie, six ans, et une petite fille prénommée Ella qui a neuf ans. La petite famille, à laquelle il faut ajouter le chien Rex, embarque dans une voiture après avoir amassé tant bien que mal le peu d’affaires qu’ils comptent emporter avec eux. Il ne faut pas longtemps pour qu’une policière apparaisse à la porte de la maison pour s’instruire de la situation : c’est ainsi que l’on apprend facilement que l’homme et sa famille sont expulsés de leur maison et l’agente des forces de l’ordre d’apposer un avis punaisé à la porte d’entrée.</p>



<p>Il est à noter que le personnage du père ne porte pas de nom avant la fin du film, lui conférant le titre de représentant anonyme de la classe pauvre, sans que le film ne tombe dans les clichés portant sur la <em>white trash</em> américaine. C’est en effet l’envers du décor d’une Amérique triomphante que nous présente le film. Ainsi, même si les enfants ne manquent de rien au cours de leur voyage, le père doit faire attention au peu d’argent qu’il a su conserver – n’achetant qu’un cerf-volant sur deux mais leur offrant des glaces à chaque halte. De même, il n’a pas les moyens d’acheter une nouvelle voiture, la sienne démarrant difficilement à tel point qu’il lui est parfois nécessaire de la pousser avec l’aide de la petite Ella. Si les lieux obligés de la route tels le motel, la station-service sont visités et/ou habités temporairement par l’équipée, les paysages grandioses défilent le long de la route comme une échappatoire à l’espace clos de la maison familiale, leitmotiv du road-movie. Ils offrent un terrain de jeu propice aux enfants faisant voler leur cerf-volant sur un terrain contingent au bitume de la route. De même, la piscine du motel offre une parenthèse enchantée à la petite famille.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>C’est en effet l’envers du décor d’une Amérique triomphante que nous présente le film.</p>
</blockquote>



<p>La destination du voyage reste secrète malgré les questions insistantes d’Ella sur le sujet. Secret soigneusement gardé par le personnage du père jusqu’à ce qu’il cite le Nebraska comme point de chute. Mais pourquoi le Nebraska : c’est ce que se demandent les enfants en même temps que le spectateur. Seule la fin du film nous l’explique, qu’il n’est pas question ici de dévoiler. Ils devront ainsi traverser pour parvenir au but pas moins de trois États : l’Utah, le Wyoming et le Nebraska jusqu’à Omaha, d’où le titre du film. Et pourquoi un tel secret ? C’est que le père de famille, malgré la patience et le caractère gai et enjoué des enfants en général, contraste violemment avec leur comportement – même s’il se veut rassurant &#8211; par son mutisme et une angoisse sourde qui ne le quitte pas. La bande sonore se tait alors et nous sommes plongés avec lui dans un abîme sans fond qui respire l’inquiétude. Avec pour seuls mots, lorsque sa fille vient le rejoindre la nuit, assis sur son lit : <em>Je suis fatigué.</em></p>



<p>Fatigue d’un homme au bout du rouleau malgré les apparences, lui si doux et attentionné avec ses enfants. Ce n’est pas par goût pour la liberté et les grands espaces que celui-ci a décidé de prendre la route mais contraint et forcé, ne sachant plus quoi faire d’autre et s’en remettant à l’âme montée au ciel de sa femme qu’il invoque la nuit lorsque les enfants dorment. Constat amer d’une Amérique qui se délabre à travers un homme isolé du reste du monde qui se heurte au mur de l’indifférence et de l’hostilité de la société – cf. le gérant d’un café avec lequel il se querelle. Histoire universelle d’un homme brisé par la société et qui décide de partir en abandonnant tout, miné par le désespoir. Une interprétation magistrale de la part de John Magaro (le père) mais aussi des deux enfants particulièrement formidables et criants de vérité dans le film. Une réussite.</p>



<p></p>


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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Cole Webley<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Etats-Unis<br><strong>GENRE </strong>: Drame, road-movie<br><strong>AVEC : </strong>John Magaro, Molly Belle Wright, Wyatt Solis<br><strong>DURÉE : </strong>1h33<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Condor Distribution<br><strong>SORTIE LE </strong>22 juillet 2026</pre>
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		<title>Evil Dead Burn : Famille, je te hais !</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 00:44:15 +0000</pubDate>
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<p>C’est le sixième volet de la franchise Evil Dead initiée par Sam Raimi en 1981 qui mettait en scène le personnage d&rsquo;Ash Williams brillamment interprété par l’acteur Bruce Campbell. Mais, comme c’était déjà le cas pour le cinquième épisode – <strong>Evil Dead Rise</strong> (2023) &#8211; il rompt avec la continuité du récit en s’inspirant de l’atmosphère et en s’emparant des thèmes de la série plutôt qu’en en poursuivant la trame. Et cette fois-ci c’est un petit Français qui est aux manettes de la réalisation de l’opus&nbsp;: rappelons que Sébastien Vanicek nous avait ébloui de son talent avec <strong>Vermines</strong>, son premier long-métrage au cinéma réalisé en 2023 et qui nous racontait l’histoire des habitants d’un immeuble en banlieue en proie à une armée d’araignées particulièrement agressives. Si l’équipe du film a été sélectionnée par Sam Raimi lui-même – qui produit en même temps le film &#8211; le réalisateur a pu imposer le choix de son coscénariste Florent Bernard pour écrire la suite de la saga. Vanicek semble donc se spécialiser dans le film de genre – ici d’horreur. Toujours au centre de l’histoire, l’existence du Necronomicon, manuel de sorcellerie inventé par l’écrivain culte américain Howard Philips Lovecraft et cité pour la première fois en 1924 dans sa nouvelle <strong>Le Molosse</strong>.</p>



<p>Comme à l’origine du mythe, il s’agit de ne pas lire l’ouvrage si l’on ne veut pas voir resurgir le Mal sous la forme du Diable et des démons qui lui sont attachés. Le scénario ne manque pas d’y faire référence sous la forme d’un récit rétrospectif direct – ou à travers les paroles d’un autre personnage – du grand-père de Joseph, espèce de docteur en sciences occultes qui parle dans ses notes du Necronomicon et de son pouvoir sulfureux ainsi que d’une certaine dague censée mettre fin au pouvoir démoniaque du Diable. Will est marié à Alice qui gère avec lui un restaurant. C’est l’occasion de célébrer l’anniversaire de Joseph – le frère de Will – un écrivain en herbe. Le couple se dispute et Will agit de façon particulièrement machiste et agressive à l’encontre d’Alice. Furieux, il décide de fuir la soirée au volant de son automobile. Conduisant à toute allure il ne peut éviter de foncer sur une démone sise au milieu de la route, et d’effectuer une embardée qui le mène à l’accident, voiture sur le toit et lui empêtré dans sa ceinture de sécurité. Il ne peut échapper à l’incendie du véhicule provoqué par l’entité maléfique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Le Mal semblait déjà présent au sein d’une famille finalement prédisposée à fabriquer de la violence.</p>
</blockquote>



<p>Alice, Joseph et sa petite amie sont conviés, suite à la cérémonie funéraire, au sein de la demeure familiale pour y faire plus ample connaissance et entamer le deuil collectivement. La maison est particulièrement délabrée et témoigne symboliquement du caractère putride de la lignée familiale. A plusieurs reprises, les membres de la famille, transformés en démons, vocifèrent qu’Alice ne serait rien sans la famille comme Will lui lançait – flash-back à l’appui – qu’elle ne serait rien sans lui. Le film met en scène un personnage et une famille contaminés par le principe de domination d’un patriarcat particulièrement archaïque et dévastateur. Le masculinisme toxique de Will y est clairement souligné et dénoncé par le récit. Le Mal semblait déjà présent au sein d’une famille finalement prédisposée à fabriquer de la violence. Un instinct destructeur habite les personnages contre lesquels lutte Alice. Instinct de mort qui se retourne contre lui-même lorsque le père de famille se tire plusieurs fois une balle dans la tête ou comme quand la grand-mère se coupe une jambe.</p>



<p>Mais c’est surtout aux armes blanches par nature ou par destination &#8211; ainsi de différents ustensiles de cuisine ou de jardinage – qu’utilisent les belligérants, armes tranchantes qui provoquent une angoisse particulière chez le spectateur – on pense à l’utilisation qui en est faite dans le <em>giallo</em>. Ainsi, l’horreur est partout et les scènes s’enchaînent selon un rythme particulièrement élevé mettant à l’épreuve nos nerfs, le tout souligné d’une musique d’ambiance elle aussi tendue à l’extrême. En outre, le scénario décide d’employer la forme d’un huis-clos étouffant semblable à celui qui avait été mis en place pour le premier film du réalisateur. Les survivants se cloîtrent au sein d’une maison peu à peu investie par le Mal qui craque sous toutes ses coutures. Le personnage central d’Alice est formidablement interprété par Souheila Yacoub vue dans la deuxième partie de <a href="https://movierama.fr/dune-deuxieme-partie-quand-tes-dans-le-desert-depuis-trop-longtemps/"><strong>Dune</strong> </a>(2024) et chez Philippe Garrel notamment. Son passé de gymnaste rythmique lui aura sûrement servi à accomplir les nombreuses scènes d’action du film. Un film qui, sans renouveler le genre – gore et sanglant à souhait, gros plans privilégiés &#8211; se montre particulièrement efficace et actuel sur le fond.</p>



<p></p>


<div class="lets-review-block__wrap lets-review-block__wrap-10 lr-cf  lets-review--center lets-review-skin-1 lets-review-design-5 lets-review-ani-1 lets-review-score-type-3 lets-review-type- lets-review-score-type__icon conclusion__off proscons__off" data-design="5" data-score-type="3" data-skin="1"><div class="lets-review-block lets-review-block__final-score lets-review-block__final-score-type-3 lets-review-block__pad score-level-7"><div class="score__wrap lr-all-c score__wrap__with__title" style="background:#67dad5; color: #fff"><div class="score-overlay-wrap score-overlay-wrap__icon"><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><i class="codetipi-15zine-i-star"></i><div class="score-overlay" style="width:30%"></div></div><div class="score">3.5</div><div class="score__title lr-font-h"><p></p></div></div></div></div><script type="application/ld+json">{"@context": "http://schema.org/",
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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Sébastien Vanicek<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  Etats-Unis <br><strong>GENRE </strong>: Horreur<br><strong>AVEC : </strong>Souheila Yacoub, Hunter Doohan, Erroll Shand<br><strong>DURÉE : </strong>1h50<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Metropolitan FilmExport<br><strong>SORTIE LE </strong>8 juillet 2026</pre>
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		<title>La Chaleur : dans la tête d’un adolescent tourmenté</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 00:25:24 +0000</pubDate>
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<p>C’est le cinquième long-métrage de Stéphane Demoustier qui nous avait laissé il n’y a pas si longtemps sur <strong><a href="https://movierama.fr/linconnu-de-la-grande-arche-controverses-autour-de-lauteur-et-de-la-creation/">L’inconnu de la Grande Arche</a></strong> (2025) et qui nous avait séduit avec un film de procès <strong>La fille au bracelet</strong> (2019) ou encore le thriller <a href="https://movierama.fr/borgo-innocence-ou-culpabilite/"><strong>Borgo</strong> </a>(2024). Il s’agit ici d’une production aux dimensions plus modestes, l’action étant resserrée en un lieu unique -celui du camping – et interprétée par des acteurs pour la plupart débutants, des visages jeunes et nouveaux. Le réalisateur enchaîne donc les films, ayant enfin trouvé son rythme de croisière. Comme l’indique le titre du film, adaptation du roman d’un jeune écrivain français publié en 2019, Victor Jestin, l’action se déroule un été au camping de Contis dans les Landes. Marouane, un adolescent de 17 ans, adepte de musique classique, sur le point de commencer ses études en musicologie, y est déjà depuis deux semaines en compagnie de ses parents, de son petit frère Sabri et de sa petite sœur Inès. Ils sont venus en caravane, Marouane ayant sa propre tente. Entre indépendance et relations familiales obligatoires donc, difficile de se faire un peu d’intimité. D’entrée de jeu, les adolescents se confrontent à la puissance hostile des vagues comme l’est celle de l’environnement pour le personnage principal.</p>



<p>Réservé, Marouane, même s’il flâne en compagnie de son ami Noé – qui n’a de cesse de trouver une fille sur une application en ligne pour enfin coucher avec elle  &#8211; et le suit partout dans ses errances au sein du camping et sur la plage, cherche la solitude si tant est qu’elle ne s’impose pas à lui. Se dégage de lui une certaine fragilité par rapport au comportement parfois rude sinon enjoué et communautaire des autres. L’accident qui mène à la mort d’Oscar est traité de façon tout à fait réaliste et sans chichis. La volonté de cacher le corps qui vient de Marouane équivaut au désir de faire comme si rien ne s’était passé, alors que c’est justement ce secret qui n’a de cesse tout au long du film de peser comme un poids mort – c’est le cas de le dire – sur les épaules du jeune homme. La musique qui évoque le flux et le reflux des vagues, associée aux sons et aux images hallucinatoires rendent compte du suspense dans lequel vit Marouane, détaché d’une réalité qui n’a de cesse de le pourchasser &#8211; sous la forme des forces de police par exemple.</p>



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<p><br>On suit avec intérêt le parcours psychologiquement chaotique du jeune homme bouleversé par un évènement extérieur qui a eu lieu sans qu’il ait pu avoir aucune prise sur lui.</p>
</blockquote>



<p>Marouane est un adolescent comme les autres, peut-être plus effrayé par le monde extérieur que les autres sans doute et qui a un lourd secret qu’il ne peut partager avec personne. Si le film appartient au genre du thriller en ce sens qu’il repose sur une attente sans cesse repoussée du spectateur d’une fin tragique, il est aussi récit d’initiation aux deux pôles de l’existence que sont l’amour d’une part et la mort de l’autre. Car Marouane fait la rencontre d’une certaine Giulia qui habite une grande et vaste maison avec ses parents. D’une catégorie sociale plus élevée que lui, elle est aussi plus mature et rayonnante que son jeune ami, élément solaire du film auquel elle donne son ton mélancolique d&rsquo;amour de vacances. La cohérence du scénario veut qu’elle ait un lien, même fugace, avec Oscar le disparu. Le monde de ce dernier est représenté par ses amis qui s’étonnent de ne plus le voir, et par sa mère qui s’inquiète terriblement. Un monde dont il se sent séparé par son caractère singulier. En tous les cas, le film donne une image très éloignée des codes habituels – par exemple dans la comédie française, pour ne pas dire franchouillarde &#8211; qui font du camping un lieu misérabiliste.</p>



<p>La mise en scène y est plutôt réaliste et donne l’impression d’une prise sur le vif des moments de vie de ces jeunes gens – avec ou sans leurs parents – prêts à tout ou presque pour passer un bon moment. Le film donne à voir deux mondes qui se côtoient sans jamais se mêler entre eux, celui des jeunes gens laissés libres de faire ce qu’ils veulent – une fête sauvage sur la plage la nuit par exemple &#8211; et celui plus oppressant de la famille&nbsp;: les scènes familiales sont d’ailleurs filmées en plans-séquences avec un Marouane pris dans le flux familial et le jeune Sabri de quatorze ans qui s’inquiète auprès de son frère de ce que dirait leur mère si elle savait ce qu’il fait en dehors de sa surveillance. Comme tout adolescent en pleine transition, le jeune garçon oscille entre ces deux mondes, le suspense reposant sur la question de savoir s’il va franchir le pas qui le mènera à l’âge et à la vie adultes. On suit avec intérêt le parcours psychologiquement chaotique du jeune homme bouleversé par un évènement extérieur qui a eu lieu sans qu’il ait pu avoir aucune prise sur lui. Mais on n’efface pas le passé sous le sable aussi aisément qu’on le croit.</p>



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<pre class="wp-block-verse has-black-color has-text-color"><strong>RÉALISATEUR :</strong> Stéphane Demoustier<br><strong>NATIONALITÉ :</strong>  France, Italie, Belgique<br><strong>GENRE </strong>: Drame<br><strong>AVEC : </strong>Hadrien Hussein, Tristan Richard, Martina La Manna<br><strong>DURÉE : </strong>1h32<br><strong>DISTRIBUTEUR : </strong>Memento<br><strong>SORTIE LE </strong>8 juillet 2026</pre>
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